Chambéry BD 2017 : Franck Bonnet

Franck Bonnet – aucun lien de famille même si nous portons le même nom et que nous nous sommes déjà rencontrés il y a plus de 20 ans – est le dessinateur de la série Les pirates de Barataria, une magnifique série qui compte déjà une dizaine d’albums… Dans ce travail il est associé à son ami Marc Bourgne qui joue le scénariste…

J’avais bien prévenu mes étudiants que ce dessinateur était devenu un expert de très haute volée dans le domaine de la marine à voile et qu’il n’était pas question d’improviser les questions sur les voiles, les cordages et autres accessoires de ces grands voiliers qui traversaient l’Atlantique même quand la tempête soufflait… Trop pointu l’artiste, il fallait se méfier…Alors, quand on est passé près de lui le samedi et qu’il devisait gaiement avec un lecteur sur les avantages et inconvénients des cordages anglais… personne n‘a été surpris et nous avons passé notre chemin, l’air de rien…

Mais, attention, cela ne signifie aucunement que la série serait à éviter car Les pirates de Barataria est une série à lire et nous allons quand même en dire quelques mots…

Les pirates !!! Tout un programme et c’est vrai que depuis le plus petit âge j’ai toujours aimé les Pirates, les Corsaires, les Cap-horniers, les Marins en général… Pour ce qui est de la bande dessinée, j’ai baigné dans Barbe-Rouge, une bande dessinée de Pilote que j’aimais beaucoup et dont les albums sont restés en belle place dans ma bibliothèque… Mais je ne suis pas le seul à penser ainsi car je crois que les pirates en font rêver plus d’un…Donc, cette série de Bourgne et Bonnet parle de pirates. J’ai lu le premier au moment de sa sortie et j’avais apprécié le scénario de Marc Bourgne ainsi que la mise en dessin très dynamique de Franck Bonnet mais je n’ai pas suivi régulièrement. Les sorties sont nombreuses et si on se laisse surprendre, on prend trop de retard…

C’est l’année dernière, quand j’ai vu que Franck Bonnet serait à Angoulême, que le déclic a eu lieu, j’ai relu toute la série complète jusqu’au dixième, le dernier paru. Grand bien m’en a pris car la série est d’une grande qualité. Un scénario bien construit et dosé qui donne au lecteur l’envie d’aller jusqu’au bout, pas pour d’obscurs artifices d’auteur mais parce que les destins d’Artémis Delambre, des frères Laffite, de la Prussienne de service et de Catherine finissent par nous obséder, on les aime ou on les déteste, mais on veut les accompagner jusqu’à la fin…Même si la mer n’est pas omniprésente, même si beaucoup de l’histoire se déroule au sol, dans les bayous ou dans les déserts, dans les palais ou des abris de fortune, il n’en demeure pas moins que je suis fasciné par grand nombre de scènes de mer, combats maritimes, tempêtes tropicales… Les bateaux de Franck Bonnet semblent naviguer réellement, pour un peu on les verrait presque disparaitre à l’horizon…

Derrière toute cette saga, il y a un cadre bien réel et historique. Nous sommes au début du dix-neuvième siècle, Artémis est française et elle a un secret dont je ne dirai rien mais que vous allez découvrir au fur et à mesure. Les frères Laffite ont bien existé et ce sont bien eux qui ont créé la république de Barataria dans les bayous de Louisiane. Les différents conflits entre Américains, Anglais et Français sont eux aussi bien réels… et toute cette histoire est une grande série d’aventures, d’espionnage, de fidélité et de trahison, d’amour et de passion, de manipulation et de secrets…

Alors, cette fois-ci, à Chambéry, on n’a pas pris le temps d’une interview car nous n’y étions qu’une seule journée que je n’avais pas de spécialiste des cordages dans l’équipe… Mais ce n’est que partie remise et s’il est à Saint-Malo, on prendra qui sait, la mer avec lui pour qu’il nous explique tout cela… et on n’en reviendra peut-être pas qu’il soit dessinateur et pas marin !

Chambéry BD 2017 : une journée de découvertes et rencontres par Viviane

A l’occasion du festival de la BD à Chambéry, deux de mes camarades et moi-même sommes allés à la rencontre de plusieurs dessinateurs, scénaristes ou encore producteurs en compagnie de notre professeur Michel Bonnet.Nous avons eu la chance de rencontrer Valp, dessinatrice de BD chez Delcourt, afin de discuter de sa BD « Les fantômes de Neptune », mais également Thibaud de Rochebrune pour ses dessins dans le diptyque « Michel Ange, le banquet des damnés » scénarisé par Eric Adam, ou encore Philippe Xavier pour parler de sa BD « Hyver 1709 » qu’il a créé avec sa compagne. Dans leurs cas, nous avions déjà prévu de les interviewer pour la radio RCF (et surtout pour le plaisir, on ne va pas se mentir). Mais tout ne s’est pas passé comme nous l’aurions voulu ; Vehlmann par exemple, très occupé lors de ses dédicaces, n’a pas eu le temps de se retirer afin que nous fassions un enregistrement. En revanche, il a gentiment accepté de répondre aux questions de mes deux camarades en direct de sa table de dédicace afin d’en apprendre plus sur sa série « Seuls » et les incontournables aventures de « Spirou et Fantasio ». Nous aurions évidemment voulu avoir un entretien avec le célèbre Boucq, invité d’honneur du festival, mais il fallait participer à un tirage au sort pour avoir une dédicace, alors imaginez pour une interview… Nous espérons que ce ne soit que partie remise !Et pour ce qui est des imprévus agréables et surprenants, nous avons rencontré Laurent Segal, producteur dans Kanari Films, une société de production indépendante spécialisée en documentaires, qui nous a fait partager son expérience quant au documentaire dit de création paru en 2008 sur Largo Winch. Ce long-métrage retrace le périple de deux auteurs à la recherche de leur personnage et propose de répondre à la question : comment s’élabore un album de bande dessinée ? Un sujet d’autant plus intéressant de par le récit qu’en a fait Laurent Segal, mettant un point d’honneur sur la relation de confiance, la rencontre et les liens humains.Une autre rencontre inattendue que nous avons eu la chance de faire concerne Thierry Mornet, appelé Terry Stillborn, responsable éditorial Comics chez Delcourt, qui nous a parlé de sa seconde vie, celle de scénariste. Depuis quatre ans en effet, il publie une série de comics « Le garde Républicain », qui a remporté le premier « Éléphant d’Or Comics » attribué lors de la précédente édition du « Festival BD Chambéry Savoie ». Personnage patriote et non pas nationaliste, le garde républicain provient en réalité d’un concours qu’il avait perdu lors de ses 15-16 ans dont le but était de créer un super héros français. C’est finalement 35 ans plus tard que Thierry Mornet décide de le ressortir, de l’améliorer, dont la démarche principale est de défendre le citoyen et les valeurs de la République, allant même jusqu’à lui créer une partenaire pourtant évidente appelée « Marianne ». C’est un projet qu’il qualifie de collectif, car il fait constamment appel à de nouveaux dessinateurs, en fonction des époques à laquelle se trouve son personnage, tels que Danny Rhodes, Stéphane Roux ou encore Elsa Charretier.Enfin, sous le chapiteau situé à l’extérieur du centre socio-culturel, nous avons discuté avec deux femmes surprenantes, Sophie dite « Sof », illustratrice, et Anne-Françoise dite « Raf », scénariste, de la collection « Dis-moi Manou ». Issue de l’association « Un autre sens », cette collection pour la jeunesse relate des thématiques apparemment complexes car non-visibles, telles que la conscience d’âme ou encore la notion de la part créative de l’être. C’est donc à travers la bande dessinée et avec pertinence qu’elles permettent aux enfants de comprendre des notions que les parents peuvent parfois, si ce n’est souvent, avoir du mal à expliquer.Cette journée fût finalement une vague d’informations, de rencontres et pour ma part de totale découverte du monde de la BD, et c’est avec un grand plaisir que je vous ai partagé mon expérience.

Chambéry BD 2017 : La reprise de nos reportages…

La 41ème édition du festival Chambéry BD s’est déroulée à partir du vendredi 6 octobre aux pieds des montagnes… et j’y suis allé avec une équipe de trois étudiants, Viviane, Pauline et Vincent…Il y avait du monde, des auteurs, des livres, de la passion et en une journée nous n’avons pas eu la prétention ni la possibilité de rencontrer tout le monde… Oui, il faut faire des choix… Parfois, il y a tellement de monde qui attend un auteur que l’on a quelques scrupules à prendre le temps d’un entretien qui va « léser » ces lecteurs et collectionneurs qui viennent parfois de loin… Alors on se contente de quelques mots, d’une photo… Cela fait des souvenirs fugitifs et fragiles mais souvenirs quand même…Parfois, il y a des rencontres que l’on n’a pas vu venir, des coups de cœurs fruits du hasard ou des circonstances, des moments qui resteront forts comme l’interview avec Laurent Segal, producteur de documentaires (sur Largo Winch ou Boucq par exemple).Enfin, il se dégage de cette manifestation de la chaleur, du plaisir partagé, de la curiosité et du dialogue… On voit très souvent des lecteurs parler entre eux, échanger, donner leurs sentiments sur un album, une série, une dédicace, un auteur, une rencontre… Il n’est pas faux d’affirmer qu’il existe bien une communauté des lecteurs de bandes dessinées, voire même une communauté bédé, tout simplement…Et le soir, il faut repartir, reprendre la route… Toutes les rencontres resteront dans nos esprits comme des petites richesses à conserver… Valp, Philippe Xavier, Fabien Vehlmann, Thibaud de Rochebrune, Thierry Mornet, Laurent Segal, Jacques Chupin…Et maintenant, il faut mettre tout cela en place, écrire, monter des émissions et revenir vous parler avec détails de tout cela… Le plaisir – oui, c’en est bien un – du retour de reportage ! Et nous espérons bien que cela vous donnera envie de lire quelques bandes dessinées qui vous auraient échappé !

Rencontre avec Didier tarquin à Paris

Il y a quelques années, sous la pression amicale, filiale et bien sympathique d’un de mes enfants, je plongeais dans la série Lanfeust de Troy. Le scénariste Christophe Arleston et le dessinateur Didier Tarquin étaient pour moi de grands inconnus et je n’avais pas beaucoup lu à cette époque d’Heroic fantasy !Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’avais lu quelques petites choses (je pense aux bandes dessinées Aria et Thorgal, au roman Le Seigneur des Anneaux…), j’avais joué à certains jeux de rôle (merci à la revue Jeux & stratégie) et je n’avais malgré tout aucune attente spécifique vis-à-vis de cette série dont trois tomes étaient déjà parus…Ainsi donc j’entrais dans l’univers de Lanfeust de Troy ! Une série étonnante qui allait me convaincre, ainsi que toute la famille, probablement un peu comme la série des Aventures d’Astérix le Gaulois avait conquis toute la Gaule… Oui, une série avec de l’aventure, de l’humour, des références et des citations, des grands décors, des personnages extraordinaires, des situations époustouflantes… Et avec tout cela de la fantaisie c’est-à-dire une pointe de magie, des personnages mythiques, de l’imaginaire débridé… Bref tout et son contraire et, surtout, du bonheur pour le lecteur !Comme il existe probablement quelques personnes ignorant tout de cet univers, disons que Troy est un monde, un univers, une planète, où vivent des humains et de nombreuses créatures extraordinaires comme des trolls. Les humains ont des pouvoirs magiques très variés, ce qui fait la particularité de chacun, et les trolls sont des sauvages qui sont persuadés d’être très civilisés. Parmi les humains, il y a un certain Lanfeust, un apprenti forgeron, qui va découvrir qu’il a le don de faire fondre le métal… et je vais cesser de tout vous raconter car c’est à vous de découvrir tout cela si ce n’est pas encore fait !Il se trouve que depuis 1994, date de la parution du premier album du premier cycle, j’ai eu l’occasion d’interviewer plusieurs fois le scénariste Christophe Arleston mais je n’avais jamais rencontré le dessinateur Didier Tarquin ! Après plusieurs échecs – oui les journalistes n’obtiennent pas toujours tout, immédiatement – c’est durant le dernier salon du livre de Paris, Livre Paris 2017, que j’ai pu interviewer Didier Tarquin !Ce fut donc l’occasion de balayer une grande durée, de feuilleter ensemble près de 24 tomes, de tirer les leçons d’un tel succès… Un moment bien sympathique dont vont profiter les auditeurs du Kiosque à BD, mon émission hebdomadaire sur la bande dessinée…

A la fin, alors que je faisais le rapprochement entre Astérix et Lanfeust, Didier m’avouait que cette similitude était très souvent faite par les lecteurs, les fans, les critiques, les journalistes… Oui, probablement les conséquences d’un humour puissant, de personnages forts (Lanfeust = Astérix, Hébus = Obélix), d’aventures plaisantes à lire et qui permettent aux différentes générations de trouver de quoi satisfaire les instincts de lecteurs…

Comme le dit très bien Tarquin, le succès ne s’explique pas et pour les auteurs, il faut juste en profiter sans se prendre la grosse tête ! En tout cas, je ne peux que le remercier de cette rencontre et j’espère n’avoir pas à attendre aussi longtemps pour la prochaine rencontre !!!

Vincent Wagner à Dijon ce week-end !

Attendez, vous ne connaissez pas Vincent Wagner ? Sérieusement ? Bon, vous allez pouvoir vous rattraper car il vient à Dijon ce week-end… Il y a quelques années, je découvrais un jeune dessinateur et voici ce que j’écrivais :

« Vincent Wagner est un jeune dessinateur qui a suivi l’atelier d’illustration de Strasbourg. Mais, malgré son talent, il a connu quelques difficultés pour trouver un éditeur qui lui fasse confiance : c’est bien ce que vous faites mais vous êtes inconnu… Il a donc accepté de dessiner pour la pub, puis pour un musée, il a fait le conteur, l’illustrateur pour enfant et, enfin, il est devenu dessinateur pour la bande dessinée, son rêve et son objectif absolu ! Tout a commencé avec une rencontre, celle avec Roger Seiter. Des envies communes, une amitié qui nait, un travail qui prend forme puis une concrétisation avec un album, La sorcière de Bergheim. Puis ce sera une série en deux albums chez Casterman, Mysteries. Il se peut, d’ailleurs, qu’un jour un nouveau dytique vienne prendre sa place derrière le premier… Mais depuis deux ans, c’est un nouveau projet qui est venu occuper les deux amis, Wild River.

Nous sommes au dix-neuvième siècle, dans le Missouri. Robert Frazer, le héros de cette histoire très western dans son esprit, est un ancien soldat de l’armée américaine. Au moment de sa libération à la vie civile, il a touché une somme d’argent qui lui a permis de s’installer. Il a construit une ferme, il s’est marié et il a un fils. Bref, la vie est belle et il va régulièrement à la ville pour y vendre le produit de son travail. L’histoire commence quand il y va pour récupérer son frère qui vient de terminer ses études de médecin. Un médecin dans sa région, voilà qui a de quoi l’exalter et rassurer les pionniers de cette région assez éloignée de la civilisation… »C’est vrai que c’est cette histoire en trois tomes, Wild River que j’ai aimé le plus, sans aucun doute même si ce qu’il fait depuis me touche beaucoup. Si vous allez le rencontrer demain au festival Vini-BD de Dijon, vous pourrez découvrir ses albums sans parole qui sont de toute beauté, je pense en particulier à Cromalin et Cromignonne… Pour les réaliser il utilise une sorte de technique d’ombres chinoises mais je suis certain qu’il vous expliquera cela très bien…

Emmanuel Michalak est à Dijon ce week-end !

Un des dessinateurs de bandes dessinées que l’on va retrouver à Dijon, dans le cadre du festival Vini-BD des 4 et 5 mars 2017, et que j’aime beaucoup est Emmanuel Michalak. Il dessine depuis quelques années la série scénarisée par Hub (celui de la série Okko), Aslak, une belle série de Vikings !Comment donner le ton de cette série ? En disant que le chef d’un clan, qui en a marre d’entendre toujours les mêmes histoires, exécute sauvagement son barde raconteur… Comme cela ne lui redonne pas le sourire, il convoque la famille de ce pauvre artiste et il met le marché suivant en place : il garde la femme en otage, il demande aux deux fils, Skeggy (l’ainé) et Sligand (le cadet) de partir à la recherche d’une nouvelle et belle histoire… Quand ils reviendront, il les écoutera et il exécutera celui qui aura la moins bonne histoire… S’ils ne reviennent pas, il exécutera la famille en otage : la mère et le petit dernier de la tribu…Je ne vais pas vous en dire plus, c’est très bien construit au niveau du scénario, très bien dessiné, il y a une petite pointe d’humour, d’originalité et on se laisse emporter dans cette quête farfelue de littérature ! Oui, voilà un peuple pour qui le récit est essentiel, vital devrais-je dire !J’ai rencontré il y a quelques années Michalak à Angoulême et j’en garde un très bon souvenir et, du coup, je ne peux que vous conseiller cette rencontre et cette série bien sûr, Aslak !!!

La maison circulaire de Rachel Deville

C’est à Angoulême, lors du festival international de la bande dessinée, que j’ai rencontré, un peu par hasard, Rachel Deville. Elle présentait son travail, La maison circulaire, à la Maison des peuples et de la paix d’Angoulême. Une pièce entière lui était consacrée pour une exposition de qualité. Tout de suite son graphisme m’a attiré avant de plonger dans sa narration graphique que j’ai adorée !La maison circulaire est une bande dessinée atypique, c’est le moins que l’on puisse dire. Rachel y raconte des rêves qu’elle a mis en images sous forme de bédé. Chaque chapitre est un rêve, tout simplement. Il n’y aura donc pas moins ni plus de cohérence scénaristique qu’il n’y en a dans un rêve ! Cela aura donc la connotation parfois d’une histoire fantastique, parfois sentimentale ou sociale…A chaque fois, ces récits sont tournés vers le fort intérieur humain, sur des sensations et des émotions comme la solitude, l’angoisse du futur, l’admiration des lieux, la recherche ou la fuite des autres, l’incompréhension de ce qui se passe… Bref, très vite, on se met à rêver avec Rachel…Du coup, au bout de quelques pages, on ne sait plus si on est dans le rêve de Rachel ou le nôtre. D’autant plus que certaines situations peuvent nous sembler habituelles, rencontrées ou maitrisées… Chacun met du sien dans cette lecture et c’est ce qui la rend intime, personnelle, profondément humaine…Oui, même si je n’ai jamais été à Barcelone, ville visitée par Rachel – dans la réalité et dans ses rêves – j’avoue m’être senti chez moi plus d’une fois et je peux dire que j’ai beaucoup apprécié cette lecture de La maison circulaire ! Lors de la visite de son exposition, j’ai eu le plaisir d’interviewer Rachel Deville. J’ai évoqué son univers, son travail, la difficulté d’être autrice de bandes dessinées aujourd’hui… et l’omni présence de la construction humaine dans cette dernière bande dessinée. Oui, les rêves ne l’entrainent pas dans la nature ou l’érotisme torride, elle se meut presque tout le temps dans des villes, dans des constructions, dans des univers architecturaux… Le titre, La maison circulaire, est d’une grande logique quand on termine la lecture même si tout n’est pas maison ni encore circulaire…Voici, en tous cas, un magnifique roman graphique à découvrir, lire et faire lire ! Cette autrice est à faire connaitre et cela montre aussi la qualité de cette maison d’éditions, Actes Sud BD, qui produit chaque année des albums de grande valeur !!!

Quant à Rachel Deville, je la remercie pour le temps passé, sa gentillesse et sa disponibilité ! A une prochaine fois !!!

Angoulême 2017 et la grande rencontre avec Christophe Arleston !!!

Il y a de nombreuses années, je découvrais « L’Incal » De Bilal et était fasciné devant la richesse de son l’univers. Puis s’est déroulé quelques années ou mes mains n’avaient frôlé que peu de BD.Et ce fut par le travail de Christophe Arleston que le déclic s’est opéré. Un brin de fantaisie et d’humour qui fait mouche *sic*. Vous le connaissez notamment pour avoir créé le monde de Troy avec  Lanfeust, Trolls, mais également des Forêt d’opale, d’Ekho ou plus récemment de Sangre.Dans le monde du journalisme, il parait que ce Monsieur est ce que l’on appelle un « bon client ». Il est généreux en interview et parle assez facilement de sa passion. Cela ne fut pourtant pas mince affaire pour nous, tant l’engouement était présent, mais il a su nous mettre à l’aise.Nous avons rapidement pris plaisir à découvrir ce grand monsieur. Impressionnant par la taille, le talent et l’humour, ce n’est pas ce trait de caractère qui nous aura le plus surpris mais bien son discours altruiste et humble vis à vis de ses collaborations.Car avant d’être un auteur prolifique et reconnu, c’est avant tout un homme simple et un scénariste qui aime partager et s’entourer de talents. C’est le cas par exemple de la pépinière de talents que représente le Lanfeust Magazine, ou il a passé le plus clair de son temps à travailler et ou la chance est donnée aux jeunes talents de s’exprimer.Il nous a également raconté ses plus belles rencontres dans le milieu. Ce fut le cas avec Jean-Louis Mourier (dessinateur de Trolls de Troy) avec qui il deviendra par la suite un de ses grands amis et contributeur, mais aussi de Tarquin ou Barbucci.

Plus récemment, Christophe Arleston il nous invite à plonger dans l’histoire de Sangre dans laquelle il s’amuse sur le thème de la vengeance. Une quête personnelle divisée en une dizaine de tomes, mêlant psychologie et mysticisme.

Nous avons pu finalement aborder ses divers passages par l’écriture de scénario de films, par le roman, ou encore son engagement syndical pour la reconnaissance de cet art qu’est la BD. Car comme il le dit lui-même, le monde regorge de talent. Alors si un doyen, qui a lui aussi connu ces périodes de doutes, peut participer à améliorer les choses, c’est important qu’il apporte sa modeste contribution. On ne vous le cache pas, cette interview fut un grand moment pour nous. Merci Monsieur Arleston.

Damien / Brice

Angoulême 2017 et la rencontre avec Les Légendaires !

Les Légendaires: une BD qui fait rêver la jeunesse depuis maintenant 13 ans. Derrière ce titre se cache Patrick Sobral, auteur et illustrateur qui nous a fait l’honneur de nous accorder une interview.

Ce qui saisit de prime abord chez Patrick c’est sa simplicité. Vous avez beau être face à un créateur de talent qui a le vent en poupe, le monsieur n’en reste pas moins disponible et abordable. Nous nous sommes donc trouvés face à un personnage plein d’enthousiasme et disposé à notre parler de son œuvre avec ferveur et passion.

Il nous a conté l’histoire des débuts de son aventure : comment il a eu l’idée de créer et dessiner cette série qui, désormais, est reconnue comme culte. Nous avons été étonnés de constater qu’elle a commencé sur un malentendu, l’auteur ayant proposé cette bande dessinée à son éditeur sans véritable espoir de poursuite.

En effet, Patrick Sobral dessinait à l’époque des BD d’horreur très matures qui étaient systématiquement refusées par les éditeurs. Il a donc écrit les Légendaires jusqu’au tome 5 sans savoir dans quelle direction il se dirigeait, ni le succès qui l’attendait.

Patrick entretient également un rapport très particulier avec ses fans, pour qui il a beaucoup d’affection. Sa communauté est très active, sur internet comme dans les festivals, et lui donne l’inspiration et la motivation pour développer son monde, qu’il a aujourd’hui totalement apprivoisé.

Nous aussi, tous comme ses personnages, retombons en enfance lorsque nous pénétrons le monde des Légendaires, et c’est sur nos écrans que nous pourrons les retrouver dès le mois d’avril, pour la sortie du dessin animé éponyme. Pour Patrick Sobral, l’arrivée de ces héros sur ce nouveau support est vécu comme une consécration car c’est l’animation qui l’avait poussé dans cette carrière !

Brice, Alexandre et Damien

Mon coup de coeur à Angoulême, Yannis

Angoulême est une formidable occasion pour les étudiants de la licence TAIS de Chalon d’appréhender le travail de journaliste dans des conditions réelles. Rencontrer des auteurs, participer aux conférences de presse… Des expériences assez inédites pour nombre d’entre nous, avec une vraie valeur humaine et professionnelle.

Le festival offre aussi son lot de surprises, avec la découverte de bédés et d’auteurs dont le travail est des plus remarquables. Pour ma part, la série des Ogres-Dieux, dessinée par Bertrand Gatignol et scénarisée par Hubert, a été une vraie révélation. Amateur d’univers fantastiques sortant des sentiers battus, j’ai dévoré les deux premiers tomes, et attends avec impatience le troisième. Ma rencontre avec Arthur De Pins, dont je trouvais le travail remarquable déjà bien avant le festival, avec Zombillénium et La Marche Du Crabe, est aussi un souvenir mémorable.

Parlons aussi de l’équipe ; sympathique et enjouée, nous avons su mettre à profit l’ensemble de nos compétences pour mener à bien le projet, le tout dans la bonne humeur !

Sur ce, je vous laisse, j’ai une émission de radio à monter !

Yannis