Pascal Regnault vient pour une séance de dédicaces à Chalon-sur-Saône…

Pascal Regnault vient à Chalon-sur-Saône samedi 16 février, à la librairie L’antre des bulles pour une magnifique séance de dédicaces à partir de 15h. Ce sera l’occasion de rencontrer et deviser avec le dessinateur des histoires Trou de mémoire et Balle tragique pour une série Z, deux bandes dessinées dont je vous ai déjà parlé… Mais, Pascal Regnault c’est aussi un dessinateur qui s’est retrouvé progressivement aux commandes graphiques de la série Canardo, excusez du peu !Canardo est une série qu’a créée Benoît Sokal à partir de 1978 en collaborant au magazine (A suivre). Au départ, ce furent des petits récits puis on en vit à des histoires longues qui prirent place dans de très beaux albums… J’avoue avoir aimé ce canard, que dis-je, cet inspecteur pas très futé, un privé à l’ancienne, capable de quelques facilités, approximations et autres vulgarités… mais qui finit toujours, plus ou moins, à conclure le travail… On dit que ses modèles furent Philip Marlowe et Mike Hammer. Oui, vous l’avez bien compris, on est au cœur du roman noir américain… Le vieux polar couvert de poussière que l’on dégage à coup de souffle pour le plaisir…Attention, roman noir mais bande dessinée animalière et en couleurs… L’inspecteur est bien un canard anthropomorphe. Comme souvent ses illustres modèles, il est alcoolique, fumeur, dragueur, dépressif… Mais tout cela en beaux dessins en couleur ce qui évite aux lecteurs la chute trop violente dans cet univers glauque car ici on est bien au cœur du glauquissime !Seulement voilà, Benoît Sokal n’est pas le genre à se laisser enfermer dans une seule série, une seule activité même s’il fait tout du scénario au dessin sans oublier les couleurs… Aussi, en 1994, quand il se lance dans le jeu vidéo, une autre de ses passions, il pense à se faire aider sur la série Canardo… La rencontre entre Pascal Regnault et Benoît Sokal a lieu grâce à un intermédiaire et finalement le contact initial se transforme en collaboration… qui dure ! Le créateur de Canardo lui demande de travailler avec lui pour garder le rythme d’un album par an… Au départ une aide graphique, les couleurs puis le dessin seul !Alors, oublions un instant Pascal Regnault qui s’est fondu dans la série et revenons à Canardo lui-même… Depuis quelques albums, il se passe des évènements dramatiques dans le duché du Belgambourg… En effet, la population wallonne, du moins la partie ouvrière et populaire, passe clandestinement le lac Belga pour venir « envahir » le duché qui vivait paisiblement… Jusqu’à cette date, les seuls étrangers qui arrivaient au Belgambourg venaient pour ne pas subir leur fiscalité nationale, pour blanchir des revenus pas très nets, pour vivre paisiblement de leur fortune… Ainsi, on verra l’ancien policier Garenni prendre la tête de la police du lac…

Attention, il ne faut pas que je vous en dise trop car ces albums (Mort sur le lac, La mort aux yeux verts, Un con en hiver) sont liés entre eux et je dois préserver le suspense. Oui, je sais bien que le suspense n’est pas le point capital de la série, il n’en demeure pas moins que dans une série policière on ne peut pas tout vous dire si on veut que vous puissiez lire avec plaisir… Donc, je vais faire état de mon devoir et droit de réserve !

Il n’en demeure pas moins que l’on sent un renouveau et une redynamisation de la série. Au scénario, Benoît Sokal est aidé par son fils Hugo et au dessin, Pascal Regnault œuvre seul avec assurance et talent. Le tout fonctionne très bien, c’est le bonheur garanti pour les lecteurs et il se dit même que certains lecteurs des origines qui avaient oublié la série y reviennent avec délectation…

Il me semble donc juste et raisonnable de venir rencontrer à Chalon, ce samedi 16 février 2019, Pascal Regnault qui est bien en train de devenir un grand de la bande dessinée ! C’est en tout cas mon avis et je suis fasciné par ses talents pour mettre en scène ces histoires policières et noires qu’il semble bien aimer !

Rencontres à Angoulême : Wilfrid Lupano et Relom avec Michel

Wilfrid Lupano est un scénariste, certes, prolixe, mais surtout pertinent ! Je lis ses ouvrages depuis longtemps, presque depuis le premier, et je l’ai interviewé plusieurs fois, toujours avec autant de plaisir, d’attention et de satisfaction… En fait, pour être précis, c’est avec la série Alim le tanneur que je l’ai découvert (dessin de Virginie Augustin) et jamais je n’ai été déçu par ses bandes dessinées. Certes, elles peuvent être plus ou moins fortes, géniales ou agréables, mais elles ne sont jamais mauvaises, du moins à mes yeux, et ce malgré l’avis de certains…

Chaque année, à Angoulême ou Saint-Malo, je tente de le rencontrer car ses productions multiples permettent des interviews variées même si elles sont régulières. Cette année, durant le festival international de la bande dessinée, il fut question, avec lui et son dessinateur Relom, de la série Traquemage qui se termine avec son tome 3, Entre l’espoir et le fromage.Il s’agit-là d’une fable, d’une drôlerie, d’une fantaisie – qu’importe le nom pourvu que l’on ait l’ivresse – qui pourrait être qualifiée d’écolo, alternative, anticapitaliste, fromagère, délirante, déjantée… Mais, là encore, n’allons pas trop vite ni trop loin. Cette fable pourrait être aussi humaniste, philosophique, métaphysique, politique, économique (et chacun remettra les mots dans l’ordre qui lui convient).Quant à moi, je trouve cette fable lupanesque, tout simplement. C’est-à-dire qu’elle est tout cela à la fois et c’est justement ce qui me plait chez ce scénariste depuis toujours… Dans Alim le tanneur, en faisant preuve d’une réflexion forte avant beaucoup, il pointait du doigt les religions quand elles sortent de leur cadre traditionnel – la vie privée et intérieure de chacun – pour devenir un objet de pouvoir politique. En clair, c’était la dictature des clercs… Et, ici, avec Traquemage, il continue et enfonce le clou !

Pistolin, son village de Troussec, ses cornebiques et son fromage, le Pécadou, tout cela, c’est nous, l’humanité normale et paisible… Enfin, celle qui aimerait bien rester paisible ! Seulement, voilà, dans ce monde de fou il y a des perturbateurs, des mages, des tyrans de toute nature et même un Dieu un peu perdu… La survie va s’avérer délicate mais il ne faut pas désespérer de voir Troussec retrouver un peu de tranquillité+…

Pour une fable, pour raconter une telle histoire décalée, il fallait trouver un dessinateur de qualité et il a bien été trouvé, Relom. Or, durant ce festival, j’ai eu la chance de rencontrer les deux, Relom et Lupano, et ce fut un plaisir…On a pu parler du projet, de la recherche de l’équipe pour le réaliser, de son apparition dans le monde éditorial, des objectifs déclarés de Lupano, de la façon de travailler de ce duo improbable…  Que faut-il garder en mémoire de cet entretien ? Le mieux est que vous patientez un peu pour l’écouter à la radio et vous faire votre opinion vous-mêmes… Mais… Je peux quand même vous donner mon avis…

En fait, on rencontre-là un Lupano simple, modeste, paisible et profond. Il dit le respect qu’il a pour les différents dessinateurs qui ont travaillé avec lui… Il parle aussi de ceux avec qui il aimerait travailler mais qu’il n’ose pas venir déranger dans leur travail… Il démontre, une fois encore, qu’il est tout simplement un grand, timide et modeste, chaleureux et plein d’humanité, un homme que je suis content de rencontrer régulièrement et qui fait grandir la bande dessinée même s’il ne revendique surtout pas cette mission…

« Moi, je me contente de raconter des histoires… C’est mon plaisir ! »

Et c’est le nôtre aussi. Merci !

Rencontres à Angoulême : Jean Dytar avec Estelle

« Florida » est une bande dessinée qui peut à la fois faire peur par son impressionnant volume (256 pages)  et attirer par la poésie se dégageant de la couverture. Une fois ouverte, il est très difficile de la lâcher. En effet, Jean Dytar nous emmène avec cet ouvrage dans le Londres de la fin du XVIe siècle. Nous suivons à travers le regard d’Eléonore, l’histoire de la conquête de la Floride par la France et plus particulièrement le destin de Jacques Le Moynes, son mari. Ce dernier a fait partie, alors qu’il était un jeune cartographe, d’une expédition en Floride qui fut un véritable échec. Traumatisé par son expérience, il lui faudra du temps avant de confier son histoire à sa femme et aux lecteurs….

Jean Dytar signe ici son troisième ouvrage historique et nous apprend que l’Histoire n’est pas toujours celle que l’on croit… Lorsque que nous avons rencontré cet auteur complet avec Roxane, nous avons pu l’interroger sur son choix de concentrer l’histoire sur le point de vue d’Eléonore. Il nous expliqua que cela était né de son envie de créer un personnage féminin fort et du mystère qui entourait l’épouse de Jacques Le Moynes, dont on ne savait que très peu de choses.

Jean nous parla également de son dessin, qui exploite deux atmosphères différentes : l’une pour les souvenirs, l’autre pour le présent. Un autre point à noter est qu’il a structuré ses pages autour d’un réseau de lignes que l’on retrouve dans les cartes marines. Associé au dessin vaporeux des souvenirs, ces lignes créent une cartographie mentale des personnages, inspirée du travail de Pascal Rabaté dans « Ibicus ».Alors que l’on pourrait s’attendre à un nouveau récit historique se déroulant pendant la Renaissance, l’auteur nous surprend en nous informant de la sortie de son prochain album, qui se trouve être une bande dessinée jeunesse et se déroulant dans le monde contemporain ! Mais comme l’action se passe au Louvre, une dimension historique restera néanmoins présente… On ne se change jamais totalement !

Cette rencontre fut très plaisante et le temps que Jean a pris pour nous faire nos dédicaces nous a permis à Roxane et moi de poursuivre plus longuement notre discussion et de poser encore quelques questions. Une discussion très enrichissante, indiscutablement ! Merci !

Rencontres à Angoulême : Robin Cousin avec Roxane

Les nouvelles technologies dont désormais bien ancrées dans nos vies. Il y a des applications pour tous nos besoins : GPS, réseaux sociaux, météo, … Il existe même un coach personnel pour nous aider à mieux gérer notre vie. Enfin ça c’est ce qui existe dans la bande dessinée «Le profil de Jean Melville».

Dans l’œuvre de Robin Cousin, une application révolutionnaire de coaching individuel sur lunettes connectées voit le jour. Ces lunettes peuvent être des alliées très utiles : connaître le meilleur chemin pour se rendre au boulot, avoir un guide pour la cuisine, nous souffler les meilleures réponses à dire à nos interlocuteurs… Toutefois, attention de ne pas perdre tout pouvoir de décision et réflexion, et même notre humanité. Eh oui car l’humanité, c’est, aussi, se tromper, c’est ne pas savoir quoi faire, découvrir !

Robin Cousin nous livre une œuvre questionnant et critiquant notre usage de ces nouvelles technologies et non les technologies en elles-mêmes. Et tout ça sur fond de polar car il ne faut pas oublier cette partie. «Le profil de Jean Melville» a été pensé avant tout comme une enquête policière. Enfin policière pas tout à fait, nous suivons le détective Gary enquêter sur les sabotages des câbles sous-marins d’Internet pour le compte de la multinationale de consulting Jimini, les créateurs des fameuses lunettes.

Toute cette histoire est accompagnée d’un dessin au style très simple mais très efficace. On voit se mettre en place un dessin épuré à l’extrême ou presque : moins de détails, des personnages plus simples, des décors non surchargés. Le dessin est donc au service de l’histoire, de sa compréhension et non l’inverse. De plus avec la couleur, Robin Cousin traite la superposition de la réalité et des éléments virtuels lisibles et envoûtants à regarder. D’un point de vue pratique, ce style graphique permet de sortir des livres plus rapidement. Et à l’instar du Tintin d’Hergé, grand maitre de la ligne claire, ce dessin permet de lire rapidement et ne pas s’arrêter sur chaque page. Ça permet de retranscrire la rapidité des mouvements comme le disait Hergé. «Le profil de Jean Melville» est une bande dessinée à la fois intéressante dans le dessin et dans l’histoire. Avec d’autres projets en cours, dont plusieurs collaborations en tant que scénariste, Robin Cousin avec 10 ans de festival d’Angoulême en tant qu’étudiant, d’actif et d’auteur, derrière lui, reviendra l’année prochaine pour nous présenter de nouvelles œuvres.

J’ai été contente de rencontrer et interviewer Robin Cousin lors du festival d’Angoulême. J’ai pu lui poser les questions qui me taraudaient sur sa bande dessinée et j’ai beaucoup apprécié ses réponses… mais pour en savoir plus il faudra écouter l’émission de radio…

Rencontres à Angoulême : Nathalie Ferlut avec Estelle

Ma première rencontre avec Nathalie Ferlut fut à travers la poétique bande dessinée « Dans la forêt des lilas » dont elle est la scénariste. J’ai immédiatement été attirée par la sublime couverture créée par Tamia Boudouin avec qui, je l’appris par la suite, Nathalie avait déjà travaillé pour « Artemisia ».

En rencontrant l’autrice, juste après une de ses séances de dédicaces, j’étais très interrogative. Pourquoi avait-elle choisi d’être seulement scénariste sur cette BD alors qu’elle sait elle-même dessiner ? Comment construit-on une histoire qui se caractérise surtout par son dessin et son atmosphère ?Nathalie Ferlut me raconta que justement, cette histoire, elle l’avait écrite pour Tamia. Pour son dessin à elle. Elle compare leur collaboration à du Jazz : « Même quand c’est de l’improvisation, pour le peu qu’on se connaisse bien, on se répond et on essaye de mettre en valeur les choses ».

Ce fut aussi l’occasion de parler de ses inspirations. Si « Dans la forêt des lilas » m’avait fait penser à un mélange d’Alice au pays des merveilles, à l’univers des sœurs Brontë et à la bande dessinée « Emma G.Wilford » par Zidrou et Edith, j’ai pu apprendre que c’est surtout les contes de la comtesse de Ségur qui ont influencé son travail. Mais elle me confia également que cette histoire représentait une partie de sa vie où beaucoup de personnes de son entourage étaient malades, l’écriture lui avait donc certainement permis d’évacuer tout cela.

Après cela, Nathalie m’expliqua la relation entre les deux sœurs de l’histoire. Celles-ci sont toutes deux opposées mais complémentaires, comme les deux faces d’une seule pièce. C’est pourquoi ces personnages sont aussi intéressants.

Notre échange fut donc très instructif pour moi, et ce fut un réel plaisir de rencontrer cette femme très sympathique et pleine de bienveillance. Je suis donc repartie non seulement avec une très jolie dédicace, mais aussi avec le sourire aux lèvres, heureuse d’avoir découvert et rencontré une autrice très talentueuse.

Rencontres à Angoulême : Claude Guth avec Roxane

La couleur fait pour moi partie intégrante du dessin. Je ne peux pas imaginer le trait et la couleur séparés l’un de l’autre. Et pourtant, le monde de la dessinée découpe le dessin en plusieurs métiers, le scénariste, le dessinateur, le lettreur, l’encreur et le coloriste…

C’est sur ce dernier métier que nous allons nous attarder. Dans les dernières nouveautés de la maison d’édition Soleil, Il y a Sangre, une nouvelle série de planet-fantasy d’Arleston, le créateur de Lanfeust de Troy. Cette fois-ci, il est accompagné d’Adrien Floch au dessin et Claude Guth à la couleur !Et c’est justement Claude Guth que j’ai pu interviewer. Saviez vous que les deux noms présents sur la couverture sont ceux du scénariste et du dessinateur, et que celui du coloriste n’a jamais cette chance. Toutefois cela ne gène pas Claude Guth. Il se considère comme l’auteur des couleurs. Le coloriste est un métier de l’ombre. Ironiquement son rôle est de mettre en lumière l’action au sein des cases, donner une ambiance et fluidifier l’histoire.Rien ne destinait Claude Guth à la bande dessinée. C’est dans les assurances qu’il a commencé pour ensuite aller dans le graphisme et la communication. Au final, il reprit des études d’art après avoir découvert le mondes des couleurs en colorisant des bédés pour un magasine de sa région natale : l’Alsace.

A l’école des arts déco de Strasbourg, il apprit le métier d’illustrateur, la narration par l’image. Au terme de trois années d’études, il pu commencer à travailler sur des projets de bande dessinée de plus en plus intéressants en tant qu’illustrateur et de coloriste. Ces projets l’ont mené par la suite sur Lanfeust et Troll de Troy. Économiquement, ce fut une occasion en or mais aussi l’occasion de rencontrer Arleston et Adrien Floch. Il travailla par la suite à de nombreuses reprises avec eux sur divers projets jusqu’à Sangre. L’entente entre le dessinateur et le coloriste semble essentiel. En effet, le dessinateur doit accepter de déléguer la couleur de son dessin à une autre personne. Une entente qui se passe donc très bien entre Adrien Floch et Claude Guth qui n’en sont plus à leur première collaboration.Malheureusement, les coloristes sont très peu représentés et mis en avant dans le monde de la bande dessinée au grand regret de Claude Guth. Son souhait serait de voir un prix au festival d’Angoulême pour les coloristes et donner ainsi une visibilité à sa profession au niveau national et international… Quand sera-t-il entendu et suivi ?

Rencontres à Angoulême : Pacco et Margaux Motin avec Estelle

Lorsqu’à Angoulême, on m’a annoncé qu’une interview avec Pacco et Margaux Motin s’était ajoutée, j’ai tout de suite voulu y être ! Car ces deux là, ça fait déjà des années que je les suis et lis leurs petites notes rigolotes sur Internet. Donc vous pouvez imaginer ô combien j’étais excitée à l’idée de les rencontrer !

A peine l’interview avec Hubert et Gatignol terminée avec Roxane, nous cherchons du regard les deux auteurs. Ils arrivent avec un peu de retard et Pacco donne le ton de la rencontre en nous disant : « Attendez, faut vraiment que j’aille aux toilettes sinon cette interview va être une catastrophe! ». L’ambiance est tout de suite détendue et le stress descend directement. Tout du long, Pacco fait le clown et Margaux terriblement sympathique, si bien qu’on a l’impression d’avoir deux bons amis en face de nous plutôt que deux auteurs que l’on voit en vrai pour la première fois.Le couple nous raconte comment une de leurs amies a complètement paniqué à son mariage, se demandant si finalement elle faisait le bon choix. C’est ainsi qu’est né « OUI ! 101 questions à se poser avant de se marier ». Le ton de cette bande dessinée est léger et humoristique, c’est pourquoi je suis surprise d’apprendre qu’ils ont tout deux mené de longues recherches sur des sites très sérieux sur le mariage pour créer cet ouvrage. Car après tout c’est vrai, si jamais votre compagne a un casier judiciaire, comment pourriez vous le savoir si vous ne lui demandez pas ?Les 101 questions peuvent donc faire véritablement réfléchir sur son couple, même si dans la forme, on sent que les auteurs se sont amusés sur la création de l’album. Ils nous expliquent avoir voulu représenter un très large panel de personnages, pour que chacun s’y retrouve et ils en ont même profité pour intégrer certains de leurs amis !Nous nous attardons ensuite sur « Les Raspberry ». Si Pacco en est l’auteur complet, Margaux l’a beaucoup aidé à sa construction. Comme il le dit si bien « de toute façon, tout ce que l’on fait c’est nous deux! ». Je connaissais déjà cette petite famille préhistorico-futuriste, dont les petites aventures étaient publiées sur les réseaux sociaux. Je ne m’attendais donc pas, à ma lecture de cette bande dessinée, à une interrogation sur la paternité, les pressions sociales et les masculinités. Réussir de parler de tout ça en 56 pages et avec humour, quelle prouesse ! Surtout qu’il est plutôt rare de voir des hommes s’emparer du sujet, j’ai donc été agréablement surprise et 100% conquise. J’attends les suites avec impatience !

Cette rencontre a été vraiment intense et m’a permis de clore ma série d’interview en beauté ! Il arrive parfois d’être déçu par les gens que l’on admire lorsqu’on les rencontre en vrai, mais avec Pacco et Margaux ce ne fut pas du tout le cas ! Ce sont des personnes vraiment entières et sympathiques avec qui nous avons pu passer un très bon moment, au point où nous nous sommes quittés en nous faisant la bise, ce qui était tout de même incroyable !

Rencontres à Angoulême : Etienne Le Roux avec Michel et Estelle

J’ai toujours eu une forme d’admiration pour ceux qui se lançaient dans des projets au long terme et qui allaient jusqu’au bout de leur idée, de leur concept… Quand Eric Corbeyran et Etienne Le Roux m’avaient parlé de leur idée, suivre un groupe de personnes durant toute la guerre de 1914-1918, avec une série de dix albums, sans être dubitatif, je me disais quand même que ce serait long d’aller jusqu’à la fin, surtout avec des albums qui sortiraient tout au long des années 2014-2018. Oui, un anniversaire, c’est un anniversaire, pas un à-peu-près !

Alors, j’ai lu le premier album, fait connaissance avec ces jeunes hommes appelés à partir à la guerre alors qu’ils avaient des projets de vie en gestation, en devenir… Ils avaient aussi des amours, des passions, des sacrés caractères… En lisant, j’ai découvert un talent graphique, celui d’Etienne Le Roux. Je le connaissais un peu mais là ce fut une belle révélation. Ses personnages étaient crédibles, vivants, attachants…Chaque année, je retrouvais Etienne, parfois accompagné de son scénariste Eric Corbeyran que je connais bien et depuis fort longtemps, et nous parlions de ces personnages et de cette guerre qui allait changer leur vie… Je me suis attaché à ces personnages, j’ai souffert avec eux, j’ai attendu la fin de la série pour qu’enfin ils puissent retrouver la vie… Mais dans quel état ?La question qui se posait pour moi et Estelle, seule étudiante à être tombée sous le charme de cette magnifique série, était de savoir comment le dessinateur se sentait après avoir terminé cette grande saga humaine…Alors, on peut dire qu’il va bien, qu’il est partagé entre le soulagement d’avoir terminé et le fait que ses personnages le quittent, en quelque sorte… Il faut passer à autre chose et c’est le propre des auteurs qui dans une carrière font plusieurs séries, racontent plusieurs histoires… Etienne Le Roux avait commencé avec difficultés sa carrière en bandes dessinées car il n’avait pas eu la chance de tomber sur la bonne série qui allait fonctionner et trouver ses lecteurs. Je l’avais lu dans l’Education des assassins, série de qualité, et c’est pour cela que j’ai été heureux de le voir arriver avec 14-18. En cours de série, il a aussi écrit un très bon scénario qui est devenu une magnifique bédé avec le dessin de Vincent Froissard ce qui démontre que cet homme, Etienne Le Roux, est un très bon auteur de BD.Après une belle rencontre où j’ai laissé Estelle mener les débats, j’attends maintenant avec impatience et curiosité les prochains travaux d’Etienne Le Roux… J’ai le sentiment que l’on ne sera pas déçu… Quant à Estelle, elle est repartie avec une très belle dédicace d’un des personnages qu’elle affectionnait, Maurice !

Préparons nos rencontres d’Angoulême 2019 : Mr et Mme Béka

Si vous avez appris à lire avec les aventures de Spirou, alors vous connaissez bien Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, Comte de Champignac… Des cheveux blancs, une grosse moustache de la même couleur, une passion spéciale pour les champignons, une curiosité scientifique incroyable… Voilà, vous y êtes ! Et, pourtant, vous seriez bien incapable de raconter sa vie… Et pour cause, personne ne savait ce qu’il avait vécu avant que Spirou et Fantasio n’entrent dans sa vie…

Grâce à un attelage de compétition, le couple Béké et le dessinateur Etien, le voile va se lever et on va découvrir ce que fut la guerre de Champignac ! Dit comme cela, les fans de la série Spirou pourraient avoir de se précipiter et les autres de partir à grandes enjambées… Pourtant, cet album pourrait décevoir les premiers et enchanter les seconds…

En fait, il faudrait dans un premier temps lire cet album comme un one shot indépendant de la saga Spirou. On va découvrir un savant fou de champignons dans sa demeure, le château de Champignac, et cela au moment où les nazis envahissent son pays… Champignac, le comte, reçoit alors une lettre codée de Londres… Et notre aventure commence !

Les auteurs, monsieur et madame Béka comme j’aime les appeler, nous raconte non seulement un épisode de la vie de Champignac, du temps où ses cheveux n’étaient pas encore blancs, mais aussi et surtout, un épisode de la Seconde Guerre Mondiale, la machine à coder Enigma des Allemands. Mieux, ils arrivent à expliquer le fonctionnement de cette machine complexe de façon simple et non simpliste… Mieux encore, ils nous montrent comment des grands savants – et pas seulement notre ami Pacôme – travaillent ensemble sous l’égide des Britanniques pour déjouer les nazis… Et on voit naitre sous nos yeux l’ancêtre de nos ordinateurs…

Alors, seulement, après, une fois que l’on s’est régalé avec cette très bonne bande dessinée, on pourra réaliser que Champignac va devenir le héros des aventures de Spirou et Fantasio…

Comme j’ai trouvé cette bande dessinée excellente, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on a organisé un rendez-vous avec les scénaristes et que l’on va pouvoir interviewer monsieur et madame Béka à Angoulême durant le festival international de la bande dessinée 2019 !

Gradimir Smudja à Chalon-sur-Saône…

Gradimir Smudja, brillantissime dessinateur de bandes dessinées, sera présent à Chalon-sur-Saône le mardi 4 décembre à partir de 14h à la librairie L’Antre des bulles. Cet auteur originaire de Novi Sad (Serbie) vient à l’occasion de la sortie de son très bon album Mausart ! Quand les chats ne sont pas là, les souris font de la musique… Non ?Je me souviens, il y a quelques années, de ma première rencontre avec Gradimir… Il ne parlait pas beaucoup le français et mes connaissances en serbo-croate ne permettaient pas une interview complète… je me contentais donc de parler un peu avec lui, d’évoquer la Serbie que j’appréciais et connaissais un peu puis nous passions par un interprète…Maintenant – je l’ai rencontré plusieurs fois à Paris, Montreuil et Angoulême – il parle beaucoup mieux notre langue et c’est toujours un plaisir de mesurer la profondeur de sa culture artistique… Il aime les arts – la peinture en tout premier lieu – et il cherche à partager cette passion avec tous ceux qui prennent le temps de discuter avec lui…Son dernier album mélange finement son art – il dessine définitivement remarquablement bien – avec l’histoire de la musique… certes, Mozart est devenu Mausart, le jeune homme un souriceau, mais, du coup, c’est un très bel ouvrage pour introduire la musique… Celle de Mozart mais aussi toutes les autres ! C’est donc un livre à lire en famille, à écouter en famille, à vivre en famille…C’est aussi l’illustration évidente et incontestable que la bande dessinée est toujours accompagnée d’une bande son… mais c’est une autre histoire !Donc, n’hésitez pas à lire Mausart – scénario de Thierry Joor, éditeur chez Delcourt – et venez rencontrer Gradimir lors de son passage à Chalon-sur-Saône… Une belle dédicace c’est aussi un beau cadeau à offrir à Noël… Non ?