Entre albums pour enfants et Roman national…

Entre 1936 et 1939, entre le Front populaire et le début de la Seconde Guerre mondiale, la librairie Gründ publiait les douze volumes de sa collection Albums de France. Cette collection a été rééditée plusieurs fois, en particulier dans les années cinquante, et c’est à Emmaüs que j’ai trouvé quatre de ces albums édités dans les années cinquante pour deux d’entre eux et dans les années soixante pour les deux autres.

 

Cette collection qui présentait à chaque fois un homme (ou une femme puisqu’il y en a un consacrée à Jeanne d’Arc) tentait de montrer comment la France s’était construite par l’action de ces personnages. En théorie, les albums s’adressaient plutôt aux adolescents avec un texte qui naviguait entre histoire et roman national, c’est-à-dire que ces vies étaient bien quelque peu romancées…

 

L’illustration participait abondement à cet aspect réécriture de l’histoire et certaines des images ont un côté « légende dorée » de la France, de la monarchie en particulier. De Vercingétorix à Napoléon III, on voit comment certains voulaient enseigner l’histoire nationale aux jeunes Français… On est dans le prolongement de l’histoire de la III° République, un peu comme si la France était le centre du monde et la « fille aînée de l’Église » car il y a bien un aspect national et religieux dans cette version de l’histoire…

 

Le choix des personnages est déjà par lui-même un engagement avec : Vercingétorix, Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François 1er, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III bon dernier, la collection égrène Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III. D’ailleurs, pourquoi aucun homme de la République ? Ne doit-on rien à Jules Ferry ou quelques autres ?

 

Alors, me direz-vous, pourquoi acheter ces quatre albums ? J’ai acheté ces livres car travaillant souvent sur les liens entre images et « roman national », cela me permettait d’avoir quatre beaux exemples pour illustrer mon propos. Il y avait dans ce lot (50 centimes seulement par album !) Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV et Louis XIV. Comme j’avais déjà le Louis XV, ma collection se complète progressivement…

 

Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…

 

Mon exemplaire a été donné à l’issue de l’année scolaire 1963-1964 à Martine Duchet lors de la remise des prix de l’école Jeanne d’Arc à Paris. C’était une très bonne élève, visiblement, du moins en CM1 et, du coup, je serai curieux de savoir ce qu’elle est devenue… Elle doit même avoir le même âge que moi ou presque ce qui m’a beaucoup amusé…

 

Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…

Une belle rencontre avec Cécile Coulon à Chalon-sur-Saône !

Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie Mandragore a permis une fois de plus une belle rencontre entre une romancière et un groupe de lectrices, plus largement entre une jeune autrice et ses lecteurs…

Il faut bien avouer que Cécile Coulon est une femme de caractère. Elle va là où elle veut quand elle veut et ne semble pas trop de soucier du quand dira-t-on… Elle est présente dans la version livre papier depuis ses 16 ans mais elle aussi sur Facebook et très bientôt elle sera même en librairie pour de la poésie… On peut même ajouter qu’elle souhaiterait réconcilier le sport et la littérature, les fringues et la littérature, la nature et la ville, la vie et la mort… D’ailleurs, comme elle le dit bien, rien n’est grave !J’étais donc bien curieux de suivre le déroulement de la rencontre car une telle autrice pourrait bien être déstabilisante pour un public calfeutré de bibliothèque… Regardez, le voilà qui met même ses pieds sur la table, qui menace de s’allonger par terre pour répondre à une question géante ou de prendre trois heures pour philosopher sur la vie, la mort, le sport… N’en ferait-elle qu’à sa tête ? Allez savoir…

Une fois encore il est difficile de prétendre faire le tour complet d’une telle soirée, mais j’espère que les participants s’y retrouveront et que les lecteurs qui n’ont pu être avec nous hier soir seront curieux d’aller voir du côté des romans de Cécile Coulon…

On vous présente comme une romancière emblématique de la génération Z ?

La génération Zorro !

Elle n’en dit pas plus sur le sujet mais souvent cette génération est dite utopiste, peu docile et se donnant droit à l’erreur… Rien n’est grave, quoi !

Votre écriture est jubilatoire, intense comme une course à pied… Un lien entre courir et écrire ?

Je ne peux pas écrire si je ne suis pas en position d’écriture. C’est après avoir couru que je suis dans les meilleures dispositions pour écrire. J’ai besoin de la course. Ce n’est pas un sport, c’est un geste quotidien et naturel. C’est mon dopant naturel pour écrire…

L’écriture est-elle un rite initiatique ?

Non, c’est la vie qui est initiatique. L’écriture, les histoires permettent d’exorciser. Ce n’est pas chez moi autobiographique mais, comme le dit la romancière Marie-Hélène Lafon, écrire c’est mettre un nuage de fumée entre la vie de l’auteur et l’imagination du lecteur. Chez moi, le nuage est assez épais. Pour moi, le romancier se crée une position pour exorciser… mais très vite je laisse l’imagination prendre le dessus…Chez vous les lieux ont beaucoup d’importance… Pourquoi avoir pris l’Amérique pour le roman Méfiez-vous des enfants sages ?

J’ai écrit finalement très jeune. Or, souvent, le jeune romancier est regardé avec des yeux particuliers. On va le traiter très vite de nouveau Rimbaud, de nouvelle Françoise Sagan, et on va lire son ouvrage comme s’il s’agissait d’une autobiographie… Je n’avais pas envie de plonger dans des fictions trop marquées par ma vie et je ne voulais pas être seulement l’autrice d’un roman… Je voulais construire un édifice, exister au-delà d’un livre… Pour cela, il m’a semblé qu’il fallait délocaliser mon histoire, aller dans une autre époque, un autre territoire…

Cela ne signifie pas que je ne puisse pas connaitre certains lieux ou époques. Par exemple, pour Trois saisons d’orage, je parle d’un village de la Drome que je connais très bien…Les références musicales sont très nombreuses dans vos romans. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie ?

Il faut savoir que j’écris toujours en musique. Je pense même que je ne peux pas écrire dans le silence… Je crois que l’état de l’auteur change profondément en fonction des musiques, que l’écriture change même si elle ne suit pas strictement la musique. Pour Le cœur de pélican, j’ai écouté de la chanson française acoustique tandis que pour Trois saisons d’orage, j’ai préféré la bande son du film Barry Lyndon, la musique Sarabande de Georg Friedrich Haendel… Mais j’écoute toutes sortes de musiques !

On s’est interrogé sur la place de l’humour dans vos romans ?

Mes romans ne sont pas si drôles que cela quand même. D’ailleurs, c’est très difficile d’écrire un livre drôle et je n’ai pas les outils pour cela. Chez moi, je ne pense pas que l’humour soit si visible que cela. En fait, j’ai un humour noir, cruel, cynique… Quand j’ai de l’humour, je dirais que c’est un humour dégoutant presque…

Par contre, sur ma page Facebook, je peux essayer de faire rire tous les jours avec un petit mot, une historiette… mais c’est autre chose !

Avec vos personnages, on sent parfois des problèmes de milieu. Sont-ils enfermés dans leur milieu, sont-ils libres ?

Je me pose souvent la question de la liberté de l’être humain par rapport à son milieu social, professionnel, territorial… Se sentir libre au stade ultime c’est se sentir bien dans son milieu, ne pas avoir un besoin vital d’en sortir mais pouvoir en sortir y revenir. Je suis bien là où je suis, je n’ai pas envie de fuir ma réalité mais je suis au contact de ce qui se passe ailleurs… La liberté, c’est aller de l’un à l’autre sans quitter les siens !

Etre libre, c’est composer avec tous les petits pays que nous portons en nous… La famille, le métier, les passions… Tout cela forme un continent, chacun a le sien et il faut vivre avec… Etre libre c’est accepter cela et se dire toujours que rien n’est grave ! Certes, les évènements peuvent être graves, blessants, douloureux, déchirants, angoissants mais… rien n’est grave ! Je fais ce que je peux !

D’ailleurs, sur ce thème, il faut lire la poésie de Thomas Vinau, Bleu de travail…

Vos personnages sont toujours en lien, d’une certaine façon avec leur famille. Pour cette omniprésence de la famille dans vos romans ?

Plus que la famille en tant que telle, je crois qu’il y a dans mes romans un rapport perpétuel aux rapports entre parents et enfants. Les parents semblent absents mais quand on regarde bien : ils veulent d’abord bien faire, ils sont alors trop présents et quand ils constatent qu’ils n’ont pas pu arriver à ce qu’ils croyaient leur mission, ils capitulent… C’est un peu comme si les parents étaient dans un pays, les enfants dans un autre…

J’ai toujours été habitée par des questions sur la famille. Peut-on exister en dehors de sa famille ? Faut-il vivre avec sa famille imposée, celle que l’on subit, ou s’en construire une propre, celle que l’on choisit… Je n’ai pas d’enfant mais je me pose beaucoup de questions sur la parentalité…

Les parents qui veulent faire de leurs enfants une œuvre se trompent, c’est du moins mon avis ! On voit cela en sport, en art, dans l’industrie…

Dans vos thèmes de prédilection, il semblerait que la mort soit bien là. Que représente la mort pour vous ?

En fait, la mort ne m’inquiète pas du tout mais je suis très gênée que l’on ne puisse pas en parler tout simplement… La mort c’est comme gagner au loto mais elle arrive plus souvent que les gains. C’est un moment naturel, cela fait partie de l’existence…

Je crois que la mort ne fait pas peur en soi, c’est la disparition, que l’on craint, l’absence et donc la solitude…

La mort devrait nous faire grandir et pas souffrir… Ce que nous avons vécu avec la personne qui meurt, ce qui était beau, tout cela reste dans nos yeux, dans notre mémoire, dans nos cœurs… C’est toujours vivant !

La mort est dans mes romans car elle trop absente de nos vies. J’ai envie de dire que mort et sexe sont les deux sujets les plus difficiles à aborder à l’apéritif avec des amis… La mort encore plus que le sexe d’ailleurs…

Bien sûr, Cécile Coulon a aussi parlé de sport, de  la nature mais c’est avec une question d’une lectrice dans la salle que la soirée a pris fin… du moins pour la rencontre publique. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez écrit autre chose qu’une rédaction scolaire ?

En CM2, si je me souviens bien, j’ai écrit un poème sur une feuille de papier. Après je l’ai tapé à l’ordinateur, j’ai voulu soigner la mise en page, mettre un fond… Le texte n’était pas extraordinaire mais je me souviens, c’était la première fois…

Plus tard, quand j’étais en cinquième, j’écrivais des petites nouvelles pour mes amis…

Enfin, quand j’étais en seconde, lycéenne plutôt pénible pour les enseignants, j’écrivais durant les cours… Un jour, mon enseignante de français m’a demandé ce que je faisais durant les cours… J’ai été obligé de lui montrer ce que j’écrivais… Non seulement elle a lu, mais elle m’a rendu le texte corrigé. Chaque semaine par la suite je lui donnais l’équivalent d’un chapitre qu’elle me rendait corrigé…

Ce fut un certain choc. Un adulte s’intéressait à ce que j’écrivais, me lisait, me corrigeait… Finalement, c’est devenu mon premier roman…

Voilà, une belle soirée en compagnie de Cécile Coulon, une dernière par cette édition 2018 de Pages en partage, et il ne vous reste plus qu’à lire et on n’est pas obligé d’attendre l’été, même si comme chacun le sait bien ici que l’été c’est fait pour lire !

Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d’émotion…

Jeudi soir 27 avril, dans le cadre de Pages en partage 2018, manifestation littéraire organisée par la bibliothèque de Chalon-sur-Saône et la librairie Mandragore, Angélique Villeneuve faisait escale au théâtre Piccolo pour rencontrer ses lecteurs, on devrait même dire ses lectrices car les femmes étaient beaucoup plus nombreuses que les hommes malgré quelques présences remarquées…

La romancière a été très touchée de se retrouver devant des lecteurs qui s’étaient donné comme objectif de lire beaucoup de ses romans et du coup elle a dû répondre à des questions qui ont touché à Grand Paradis, Un territoire, Les fleurs d’hiver, Nuit de septembre ou Maria, le dernier arrivé… Ses autres ouvrages, jeunesse ou cuisine, ne furent que juste évoqués et c’est bien une discussion essentiellement littéraire qui a eu lieu hier soir : inspiration, écriture, création, place de la nature, personnages…

De façon simple et précise je vais essayer de vous partager quelques-uns des moments forts de cette soirée chaleureuse et pleine d’émotion…

Pourquoi utilisez-vous des thèmes aussi dérangeants dans vos romans ?

« Je crois que je ne saurais pas écrire sur la vie de tous les jours, sur un couple qui s’aime puis se sépare… Je n’aime pas écrire sur la vie ordinaire, d’autres le font très bien mais ma voix n’aurait aucun intérêt. J’ai besoin de femmes ordinaires – pour bien m’incarner dans les personnages – et par contre des situations et évènements extraordinaires. J’utilise des femmes comme personnages car je serais incapable de m’incarner dans des enfants ou des hommes…

Comme la femme est ordinaire comme moi, le roman est plein de petits gestes ordinaires, quotidiens, mais c’est dans la confrontation avec l’extraordinaire, le dérangeant, que l’histoire prend son sens, sa force, que le roman existe…

La littérature doit être l’occasion d’être dérangé, percuté, questionné… Cela fait du bien d’être bousculé ! »

Pourquoi vos personnages donnent-ils le sentiment d’être en décalage avec la société, avec les mœurs, avec la modernité ?

« En fait, les tourments qui habitent souvent mes personnages font écho à mon enfance et j’ai été moi-même habitée par ces difficultés, ces décalages, ces incompréhensions, cette société, cette modernité…

Mes personnages sont ordinaires mais ils trouvent leur existence et leur force dans la confrontation avec la difficulté et les souffrances. Les souffrances ont beaucoup d’importance pour moi… »

Dans vos romans, il y a beaucoup de flash-back. Pourquoi ces nombreux retours sur le passé des personnages ?

« Oui, il y en a beaucoup et probablement parce que je ne peux pas faire autrement. Je ne sais pas écrire de façon linéaire et j’ai donc besoin de revenir très souvent sur un point, un évènement, une rencontre… Je suis certaines aussi que notre présent est construit par notre passé… »

Puis, la discussion a dérivé sur son inspiration, sa façon de choisir un thème, un personnage, de construire ses romans et nous en sommes arrivés aux émotions dans ses romans…

« Les émotions peuvent passer de plusieurs façons dans les romans. Il y a les mots, bien sûr, et c’est essentiel pour la romancière que je suis. Il y a aussi une façon presque physique de les vivre. Les émotions, je les ressens en tout premier et certaines scènes ont déclenché chez moi des pleurs quand je les ai écrites… Enfin, on peut transmettre ces émotions par le silence, comme dans la vie, tout n’est pas dit et ce qui est tu est important aussi… »

Pourquoi les femmes sont-elles si présentes, les hommes si absents ?

« En fait, rien n’est calculé et ce n’est pas un choix rationnel. C’est un fait. Je suis incapable de m’incarner dans un homme. Aussi, je parle des femmes, j’incarne des femmes, je fais vivre des femmes. Dans ma vie ordinaire, je n’ai aucun problème avec les hommes, enfin, surtout avec mon mari avec qui je vis depuis plus de 35 ans… Mais comme je l’ai dit, mes romans, ce n’est pas la vie ordinaire… Enfin, pas la mienne !

Cela vient peut-être de mon enfance où je devais compter essentiellement sur moi, sur moi seul ! »

La nature est tellement présente dans vos romans que l’on finit par se demander si elle n’est pas un personnage à part entière ?

« Oui, il n’y a aucun doute sur ce sujet, la nature est un pilier de mon œuvre. Oui, c’est un personnage à proprement parler. Mon enfance, encore elle, c’est aussi des cabanes, des arbres, des animaux, des feux de bois, des étangs, une tête mal coiffée, un chemin à travers les champs… Un chemin à la campagne, c’est comme ma vie en fait, tout simplement. A la campagne, pas dans la forêt…

La campagne, c’est ce qui m’a permis de tenir durant mon enfance… L’arbre est comme un être vivant et en grandissant il cicatrise, il se répare, il oublie…

Oui, la nature est importante et on la retrouve souvent avec les fleurs, les oiseaux… Jeanne est ouvrière d’appartement et elle fabrique des fleurs artificielles…

Enfin – mais on n’a pas vu le temps passer – la question sur la résilience est arrivée. Il faut dire que le thème est omniprésent dans ses romans… Alors, pourquoi ?

« Tout simplement parce que j’ai tendance à toujours voir les choses par le bon côté. Je vois toujours le verre à moitié plein. Les livres cela peut aider à vivre, à se réparer, à se consoler, à repartir… Cela aide aussi bien l’auteur que les lecteurs et c’est bien ainsi ! On a besoin pour vivre, pour survivre, d’épaules ! Les épaules des autres, des mots, des silences, des herbes… Et je le sais depuis que mon fils s’est suicidé… »

A l’issue de la rencontre, Angélique Villeneuve nous a confié son bonheur… Oui, elle avait visiblement apprécié cette soirée…

« C’est juste un moment formidable. On a un métier très isolé, je suis dans la solitude de mon bureau, moi qui ne fais qu’écrire. Là, j’ai la chance de rencontrer celles qui ont lu mes romans, je vois comment elles ont perçu les choses… Je vois comment mes mots ont trouvé écho chez les lecteurs. Ici à Chalon, ce fut plus fort qu’ailleurs car il y a eu ce groupe de lecteurs/lectrices qui s’est retrouvé plusieurs fois, qui a lu, partagé… J’étais très intrigué de voir le résultat… En fait, il y a quelque chose d’intime qui s’est noué, d’abord à distance et avec Internet, puis avec la rencontre. C’est très fort pour moi et je trouve que cette formule est très intéressante car elle va dans la profondeur. C’est plus fort que les rencontres en librairie pour une dédicace… C’est rare et cela m’a beaucoup touchée… »

Il ne vous reste donc plus qu’à découvrir vous-mêmes les romans d’Angélique Villeneuve à commencer par son dernier, Maria… Bonne lecture à tous !

 

Bande dessinée et Histoire, épisode 1

Par les temps qui courent, on sent bien qu’il est de plus en plus délicat de parler d’Histoire sans basculer dans les manipulations diverses qui peuvent aller du Roman national à la réécriture de l’Histoire sans parler du pur révisionnisme, qui existe aussi…Car finalement, qu’est-ce que l’Histoire ? Le débat ne date pas d’aujourd’hui et de nombreux historiens se sont déjà affrontés. Il y a les tenants des dates, des chronologies, des faits tandis que d’autres contemplent et expliquent les grands phénomènes sociaux, les façons de vivre, les lois en vigueur en fonction des époques et des lieux… Il y a ceux qui s’attachent aux grands de ce monde, aux rois et princes, aux présidents et aux leaders politiques… Il y a ceux qui pistent les petits, les professionnels, les artistes… Et on pourrait lister à l’infini les façons de concevoir l’Histoire car il y a bien Histoire et Histoire… L’historien Lenotre parlait de « Petite histoire », d’autres osent aborder cette science en y mettant un s, Histoires, tandis que les derniers préfèrent ne jamais écrire le mot qui leur fait peur…Donc l’histoire est une science qui est difficile à définir mais tient en haleine des historiens une vie entière. Pour certains c’est comme une « foi dans une impalpable survivance du passé » et pour d’autres une science pour guider l’homme… et on peut imaginer une multitude d’autres définitions dont celle qui conviendra à chacun !Cette Histoire sert-elle à quelque chose ? Bonne question, non ? Car si elle ne sert à rien autant cesser d’y consacrer autant de temps (recherches, écriture, lecture…). En fait, l’Histoire ne semble pas servir au quotidien car pour aller acheter son pain, passer son permis de conduire, s’inscrire dans une école, inviter ses amis à déjeuner, déclarer la naissance de son enfant ou partir en vacances… l’Histoire semble n’apporter aucune plus-value, aucune aide… et pourtant…On peut entendre, ici ou là, que l’Histoire est une science molle et donc que son utilité serait très secondaire pour ne pas dire pire… Certains ont proposé de la supprimer ou de la réduire à la part congrue des études… et pourtant…Pourtant, l’Histoire est profondément existentielle car c’est elle qui nous aide à comprendre qui nous sommes, d’où nous venons ! On voit d’ailleurs pour toutes les populations migrantes l’importance de bien comprendre d’où elles viennent, ce qu’elles sont, de connaitre leur Histoire. Et il faut s’en souvenir, la transmettre… C’est vital et bien des concitoyens devraient cultiver cela au lieu de tout perdre, de ne rien transmettre… Une société de la consommation ne permet pas de vivre en humain au sens plein du terme… Il manque du sens que peut apporter l’Histoire !L’Histoire ne prédit pas l’avenir mais peut permettre de comprendre le présent, de donner des indications sur les orientations à prendre pour construire le futur… Elle nous évite même parfois des erreurs déjà commises par le passé !

Pourquoi ce long préambule ? Tout simplement pour mettre en lumière des bandes dessinées qui abordent depuis quelques années notre Histoire, de façon variée mais efficace, avec des publics visés différents tout en cherchant indiscutablement une large assiette dans le lectorat… Alors, pourquoi ne pas s’en servir pour parler d’histoire ?

Prenons, par exemple pour aujourd’hui, la série Ils ont fait l’Histoire, une coédition Glénat-Fayard. Tout d’abord, il s’agit bien d’une série bédé et cela permet indiscutablement à un large public d’y avoir accès et prendre connaissance de ces récits historiques. Je précise quand même, je crois que c’est nécessaire, que bédé ne signifie pas lecture pour enfants ! Cela signifie simplement qu’il s’agit d’un récit avec des images et du texte et cette forme hybride n’est pas toujours simple à lire, les sujets peuvent être très variés et, dans notre cas, un récit historique n’est pas spécifiquement adapté aux enfants !

Les albums de cette collection sont centrés sur des personnages, des personnalités fortes ayant joué des rôles importants dans l’Histoire, avec des présentations à jour au niveau des recherches historiques, le tout contrôlé par un « expert » reconnu dans le domaine. On trouve, par exemple, Philippe le Bel, Napoléon, Saint Louis, Luther, Churchill, François 1er

Certes, il s’agit donc de biographies, plutôt très classiques, et cela peut dissuader quelques lecteurs. J’en suis conscient et c’est bien pour cela que je viendrai vous présenter d’autres albums et séries dans les jours qui viennent de façon à vous montrer que la bande dessinée est bien un vecteur de transmission de l’Histoire… enfin, à condition que l’on prenne le temps de lire ces ouvrages !

Mais ne comptez pas sur moi pour tenter de vous dire ce que serait ou devrait-être la « bonne » Histoire ou la « mauvaise ». Il me semble utile de préciser que plus vous lisez, vous vous documentez, vous recoupez vos informations, vous visitez des monuments et musées, vous participez à des colloques ou conférences et plus vous cheminerez sur une voie de vérité même si elle n’est ni la plus directe ni la plus rapide… C’est cela la vie humaine, on est façonné par ses lectures, ses rencontres, ses expériences, son éducation… et il faut être patient !

Encore une belle rencontre par Chloé et Charline… avec Alessandro Barbucci !

Parfois, on est tellement admiratrices d’un auteur que l’on prend mille et une précautions pour en parler. On ne veut pas bien faire, on veut la perfection pour rendre hommage à celui ou celle que l’on admire ! Voilà pourquoi nous avons mis tant de temps pour écrire sur Alessandro Barbucci car Charline et Chloé sont des admiratrices inconditionnelles de ce dessinateur, tout simplement !

Pour nous « He is the best ever !! », alors en s’approchant de lui pour l’interviewer ce samedi 27  janvier, nous étions toutes excitées, mais aussi paralysées, angoissées, pétrifiées !Le grand Alessandro Barbucci, le dessinateur des W.I.T.C.H. et plus récemment de Ekhö et Sky doll était là devant nous, à notre disposition… et nous allions pouvoir en apprendre un plus sur sa façon de travailler… Et, vous, si vous voulez savoir, restez avec nous, c’est le moment !

Arleston nous avait dit : travailler avec Barbucci pour Ekhö, c’est travailler avec un boulimique du travail. Et bien en réalité, Barbucci possède un coup de crayon assez précis et rapide pour tenir une allure de parution élevée. Oui mais ce n’est pas tout : il ne peut s’empêcher de dessiner, partout où il va, un petit carnet l’accompagne. D’ailleurs, il préfère dessiner des lieux qu’il a visités. Vous savez maintenant que dans Ekhö, la quasi-totalité des endroits est inspirée par ses visites, ses souvenirs, ses dessins réalisés dans différentes villes. Il faut dire que c’est quand même plus facile de réadapter une ville quand on connaît déjà un peu les rues, les bâtiments, les proportions…

Alessandro Barbucci aime raconter des histoires à travers ses dessins. Et même s’il ne fait que le crayon et l’encrage pour ses commandes, Alessandro est un curieux qui va toujours chercher à se perfectionner dans différentes techniques de graphismes : cours de peinture, d’aquarelle, essais à la tablette graphique, chaque style représente une façon de raconter ses histoires. Mais pourquoi on ne voit toujours que le même style ? Et bien le dessinateur est piégé par son propre succès. Son style charme et il n’est pas question d’en changer lors d’une commande.

Mais il n’est pas curieux que de la technique ! Il aime rencontrer de nouveaux talents, des artistes en herbe. C’est pourquoi il a l’intention de créer une plateforme de partage avec tous ceux veulent sur laquelle il donnera des conseils et des réflexions sur les œuvres ! Ce nouveau projet est né d’une envie de partager ses connaissances car pour lui le dessin est très important et permet d’exprimer beaucoup de choses. Il a toujours dessiné et a toujours voulu en faire son métier, même si il a dû galérer pour y arriver, car les métiers artistiques ne sont pas les mieux payés, il n’a jamais lâché !

Étant de grandes fans de Barbucci nous sommes super contentes d’avoir pu échanger avec lui et en apprendre plus sur son travail. Nous avons eu droit à quelques anecdotes comme par exemple qu’il aimait dessiner des pin-up quand il était au lycée. Ce qui l’a inspiré pour ses personnages féminins par la suite.

De plus le saviez-vous : Barbucci s’est essayé au manga !

Merci Alessandro Barbucci pour cette interview, il nous tarde de découvrir votre prochain travail ! Enfin, dans quelques temps, vous pourrez aussi écouter cet entretien sur RCF en Bourgogne, dans le Kiosque à BD !

La bande dessinée, les auteurs et la culture…

Ce n’est pas parce que nous allons refermer – délicatement – le dossier Angoulême 2018 que nous allons cesser de parler de bande dessinée car ces dernières semaines les parutions furent très nombreuses et la qualité fut et est encore au rendez-vous… Donc, très vite vous allez pouvoir découvrir des albums !

Nous allons aussi suivre la situation des auteurs – dessinateurs en particulier – car même si la ministre de la Culture a dit qu’elle voulait que les choses bougent, le problème n’est pas réglé pour autant… La Culture est un dossier capital sur lequel il va falloir être très vigilant dans les mois à venir… C’est tellement facile de diminuer ou supprimer les subventions et budgets que l’on finirait par oublier que la Culture est quelque chose d’essentiel à une société…

Or dans cette culture, la bande dessinée, comme les arts de la rue, est un des volets populaire et incontournable. Populaire n’est pas un gros mot, cela signifie simplement que Schtroumpf, Astérix, Tintin, Spirou, Titeuf et Lucky Luke sont des personnages, aujourd’hui, plus connus que Pons, Bette, Goriot ou Béatrix. La question n’est pas de regretter cette situation mais en tirer toutes les conséquences !

Depuis des années, souvent sans aucun financement, je suis allé intervenir dans les classes pour apprendre à lire la bande dessinée, pour créer du lien entre ces albums et la vie, pour préparer des venues d’auteurs et dessinateurs, pour apprendre à raconter une histoire en bédé… Souvent, les enseignants on reconnu que tout cela servait l’évolution des enfants, les aidait à accéder à la culture qui n’était pas chez eux, les poussait à entrer dans une bibliothèque…

Donc, maintenant, il est urgent de faire en sorte que demain les livres eux-mêmes ne disparaissent pas par asphyxie complète des auteurs… Car sans livre, plus de lecture ! Sans livre, plus de bibliothèque ! Sans livre plus de bonheur de lire ! Sans livre, plus de culture ! Sans culture plus de citoyenneté ! Sans livre nous mourrons de façon certaine !

Quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : « Alors pourquoi nous battons-nous ? » Tout est dit là ! La bande dessinée est un outil majeur de la culture et des arts aujourd’hui et il est capital de na pas la laisser mourir ! Il y a urgence !

La collection Aire Libre fête ses 30 ans !!!

Aujourd’hui, la collection Aire libre fête ses 30 ans d’existence et Jean Van Hamme avouait un jour :

« Aire libre est née d’une idée toute simple ».

Certes, on peut le croire mais je vous avoue que lorsque la collection est née, quand j’ai lu le premier album de cette collection, probablement Voyage en Italie de Bernard Cosey, je ne me souviens pas avoir pensé que cette collection existerait trente ans plus tard. Mieux, qu’elle aurait engendré autant de bonheur chez moi en tant que lecteur !Il faut dire que certains titres de cette collection sont inscrits à tout jamais dans ma mémoire et si j’en cite quelques-uns ce n’est pas pour faire plaisir aux auteurs ou me fâcher avec ceux qui ne le seront pas, c’est juste pour vous montrer, vous démontrer, que si chacun de nous devait en citer 5 et seulement 5, les résultats seraient si différents que l’on finirait par avoir le catalogue entier d’Aire libre…Alors, jouons le jeu. Mes cinq préférés pourraient être – du moins aujourd’hui – les albums suivants : Dali de Baudoin, Le photographe de Guibert, Lefèvre et Lemercier, Lune de guerre de Van Hamme et Hermann, Quelques mois à l’Amélie de Jean-C Denis, SOS bonheur de Van Hamme et Griffo… et j’ai déjà mangé mon quota !!! Quelle tristesse quand je pense à tous les autres que j’ai dévorés avec plaisir !!! Disons pour être parfaitement honnête que je n’ai pas pris en compte dans mon choix les deux derniers car je n’ai pas encore de recul même si la lecture fut jubilatoire… Je parle ici des deux merveilles que sont Cinq branches de coton noir de Steve Cuzor et Yves Sente et Jolies ténèbres de Fabien Vehlmann et Kerascouët…

 

Ce qui me fascine dans cette collection c’est de voir que s’y rencontrent des auteurs très différents, des thèmes opposés, des genres graphiques les plus divers, des narrations classiques et très modernes pour ne pas dire futuristes… Bref, c’est presque une vitrine représentative de la bande dessinée contemporaine…Il a donc fallu beaucoup de travail d’attention, d’écoute, de lecture, pour arriver à faire vivre une telle collection d’année en année, sans jamais aller trop vite ni s’endormir sur le côté de la route… J’ai été très heureux de voir cette collection mise à l’honneur durant le festival d’Angoulême avec une exposition pour Cinq branches de coton noir et une pour Jolies ténèbres. Si on complète cela par l’exposition sur Cosey dont de nombreuses illustrations provenaient de ses albums dans cette collection – Le voyage en Italie, Orchidea, Joyeux Noël, May, Zeke raconte des histoires ou Le Bouddha d’Azur – on voit bien l’empreinte qu’est en train de laisser cette collection, ce label, dans l’histoire de la bande dessinée…Je ne peux pas vous livrer tous les titres, tous les auteurs  de la collection, mais il serait juste et honnête que je cite en dernier un Lorrain que j’aime particulièrement et je connais bien, Baru. Avec son livre L’enragé, lui-aussi, il est dans cette collection… D’ailleurs, il serait intéressant de compter combien de Grand Prix de la BD d’Angoulême sont dans ce catalogue… Hervé Baru c’était en 2010…Enfin, puisque je parle de catalogue, il est bon de savoir que le catalogue édité à l’occasion de cet anniversaire est un petit bijou que tous les amateurs de bande dessinée devraient avoir dans leur bibliothèque… En tous cas, moi, c’est fait !Je ne peux donc que vous souhaiter de magnifiques lectures à venir parmi ces auteurs et je vous dis à très bientôt !

Angoulême 2018 et la rencontre avec Pierre-Denis Goux par Vincent…

Pierre-Denis Goux est un auteur de bandes dessinées de notre région, la Bourgogne-Franche-Comté. En effet, il est né à Besançon en 1985 ! Si certains auteurs de Fantasy le sont devenus en lisant le Seigneur des Anneaux, lui, c’est plutôt en regardant le film éponyme de Peter Jackson, adaptation du roman de Tolkien. Même s’il aimait dessiner depuis son enfance, c’est avec la Fantasy qu’il va trouver et construire son chemin… Et quel chemin !

A partir de 2010, on le retrouve au dessin de plusieurs albums…Merlin le Prophète, Mjöllnir, Les Maîtres inquisiteurs et maintenant, Nains. C’est d’ailleurs probablement avec cette série qu’il s’éclate le plus et démontre son talent !Il faut rappeler que dans cette série Nains, les auteurs ne travaillent pas sur tous les albums. On leur propose, dans un univers donné et créé, de faire vivre un personnage, une famille de nains particulière. Cette technique permet d’une part d’explorer un univers en profondeur et avec diversité, d’autre part de proposer aux lecteurs des albums beaucoup régulièrement…

Dans le cas de Pierre-Denis Goux, il est chargé de dessiner et faire vivre le personnage de Redwin et sa famille, ce qui n’est pas une sinécure mais de cette tragédie il a su faire une magnifique histoire très bien dessinée avec une narration enlevée et dynamique (tomes 1, 6 et 11).

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rencontré Pierre-Denis Goux et qu’il m’a raconté la vie de Redwin, ce nain qui voulait être le plus grand et connaitre la gloire en devenant le meilleurs forgerons et des combattants. Malheureusement, certaines réussites n’apportent pas systématiquement le bonheur…

Le dessin de Goux est splendide et me fascine complètement. Tout est impeccable et les scènes proposées par son scénariste Nicolas Jarry permettent de mettre en lumière ses forces narratives et graphiques. Certes, les combats sont violents mais le monde des nains n’est pas construit à l’eau de rose… ce qui n’est pas pour me déplaire. La grande bataille à la fin du tome 6 est tout particulièrement réussie. Du grand œuvre !

Pour les fans d’héroïque fantasy et de nains en particulier, cette série est certainement un incontournable, même quand elle dessinée par d’autres que Pierre-Denis Goux.

Angoulême 2018, rencontre avec Charlie Adlard par Nicolas !

Dans une ambiance post-apocalyptique tant par la masse de journalistes et auteurs que par le bruit ambiant dans l’espace presse, un Anglais connu sous le nom de Charlie Adlard s’est dirigé vers notre table. Nous avions rendez-vous… Oui, parfois, l’apprenti journaliste rencontre des grands, voire des très grands !Ce dessinateur connu pour être extrêmement rapide est avant tout un être humain (et non un rôdeur) ayant la tête bien sur les épaules, arborant un sourire toujours radieux, restant très accessible malgré les chiffres de ses ventes…Il a commencé à travailler sur « The Walking Dead » suite a l’appel du scénariste Robert Kirkman.

Étonnamment ou non, Charlie n’est pas un grand adepte du genre « Zombie », mais il apprécie beaucoup le surnaturel, expliquant certainement le niveau de détails sur ses dessins. Quant à lui, le choix du noir et blanc n’en étais pas réellement un, puisque c’est le scénariste Kirkman qui a imposé cette condition à Charlie.Si nous prenons le temps de revenir sur cette série, alors que beaucoup de téléspectateurs de la série TV (à partir de 2010) ignorent encore que ce fut avant tout une série dessinée sur papier, il est important de rappeler que lors de la parution des premiers albums (2003), personne ne croyait à son succès, ni les auteurs ni l’éditeur… Aujourd’hui, c’est devenu le succès éditorial par excellence…Pour Charlie Adlard, Walking Dead est une « succes story » à laquelle il ne s’attendait pas ! Cela lui permet désormais de travailler sur de futurs projets tels que « Vampire State Building »… On lui souhaite de continuer encore longtemps, et de faire cauchemarder petits et grands durant des décennies encore. Ce qui est fort probable puisque le scénariste avait présenté cette série comme n’ayant pas de fin…

Angoulême 2018 et la rencontre avec Sean Phillips par Nicolas

En cette journée pluvieuse sur Angoulême du jeudi 25 Janvier 2018, nous avons eu la chance de rencontrer un rayon de soleil perçant les nuages et réchauffant le festival, Sean Phillips.Avant toute chose, il faut savoir que Sean Phillips est un dessinateur britannique de comics américain de renommée internationale. Il est notamment réputé pour son dessin réaliste et sombre. Cela fait 15 ans qu’il est en collaboration avec le scénariste Ed Brubaker, avec qui il apprécie créer et travailler.

Ce jour-là, nous avons pu lui poser des questions sur son œuvre « Fondu au Noir » sortie il y a peu. Au travers des ses dessins, Sean arrive parfaitement à retranscrire la période « Hollywood Classic » qui s’étend des années 20 aux années 60.

Soucieux du détail il nous à confié avoir effectué de nombreuses recherches sur cette période  mythique du cinéma en s’inspirant de nombreux films de cette époque et des scandales étouffés qui servent de toile de fond.Sean a parfaitement su retranscrire cet univers aussi fascinant que mystérieux par des techniques propres à sa personne en jouant énormément sur les jeux d’ombre et les expressions faciales.

Comme dit précédemment, Sean à un Style hyper réaliste et il joue sur les codes du cinéma, il intègre la mise en scène du cinéma dans cette enquête aux proportions gigantesques.

Son travail combiné avec celui de la coloriste Elizabeth Breitweiser permet une immersion totale dans cet univers bien particulier qu’est le cinéma hollywoodien des années 40.

Autant d’ingrédients qui font de cette œuvre un élément incontournable de ce début d’année et nous vous invitons fortement à découvrir Fondu au noir. On peut aussi lire le tome 1 de Kill or be killed, il vient juste de sortir et nous ne l’avions pas lu avant la rencontre et c’est aussi excellent !Par ailleurs nous remercions Sean Phillips pour le temps qu’il nous a accordé et sa bonne humeur qui se lisait sur son visage et dans ses paroles. On est reparti de cette interview avec une énergie incroyable !