Sarah explose d’émotion en compagnie de Navie et Audrey Lainé…

Souriez à la vie, vous êtes avec Navie !

Avez-vous déjà eu l’impression de vivre votre histoire à travers un récit que vous lisez ? Moi si ! C’est cette impression que j’ai eu lorsque j’ai lu le roman graphique  “Moi en double“ de Navie.

Une rencontre forte en émotion…

C’est par beau temps sur la Manche – si, cela existe bien ! – et sur le Quai des bulles de Saint-Malo que nous avons eu le plaisir de rencontrer l’autrice de la bande dessinée “Moi en double”. Elle était accompagnée d’Audrey Lainé, la dessinatrice de cet album.

C’est pendant la conception de sa précédente bande dessinée “Collaboration horizontale” que Navie, conseillée par son éditrice, eut l’idée et l’envie d’écrire “Moi en double“. Elle traverse à cette époque une période difficile et choisit alors de partager tout cela en BD.

Navie est une jeune femme forte qui choisit de se battre contre ses démons et surtout contre son obésité qu’elle arrive à matérialiser par un double. Un double qui prend peu à peu une place dans sa vie et qui va l’accompagner dans ses moments joyeux mais aussi tristes comme nous le raconte l’autrice. Elle choisit de se dévoiler aux yeux du monde et partage une douleur qui l’a longtemps rongée… Un poids qu’on porte sur les épaules et qui ne se lit pas forcément sur ce sourire qu’on s’efforce de montrer.

Navie souffre réellement et choisit un alliée de force, Audrey Lainé jeune illustratrice qui prend pleinement possession de ce personnage et saura l’interpréter à travers ses dessins expressifs et dans une narration très graphique. Un univers contrasté en blanc et noir, une touche de rouge, cet additif qui est son double et aussi des éléments de son quotidien. Audrey arrivera parfaitement à représenter ce mal être quotidien par ses coups de crayonnés vifs et épais. Pas besoin de lire le texte, on comprend toute de suite l’histoire et sa profondeur tragique…

Cette histoire est touchante mais aussi thérapeutique comme l’explique Navie, cette BD s’adresse à toutes ces personnes qui se sentent mal  dans leur peau !

Ce magnifique duo à réussi en mettre en images un mal qui ronge un certain nombre de personnes, la question de l’identité.

J’ai apprécié cette rencontre, je me suis sentie mieux toute suite après et on peut dire que parfois les lectures aussi peuvent être thérapeutiques !

Hugo rencontre Hamon et Zako l’espace d’un rêve à Saint-Malo…

C’est donc durant Quai des bulles 2018 que nous avons eu l’occasion d’interviewer Jérôme Hamon et Suheb Zako, auteurs de la bande dessinée Dream Factory.Suheb Zako, dessinateur de cette BD a commencé par nous raconter son parcours avant de réaliser ce projet. Avant de se lancer en tant que dessinateur, il travaillait dans l’animation. Bien que la BD ait toujours été un rêve d’enfant, il a d’abord refusé de dessiner lorsque l’opportunité s’est présentée, par manque d’expérience de ce milieu. Mais à force d’encouragements, il finit par accepter ce défi qu’il ne regrette pas et qu’il souhaite même renouveler.

Pour ce premier tome, les couleurs ont été réalisées par Lena Sayaphoum avec de très beaux camaïeux de bleu tout au long de l’histoire, ce qui nous donne une atmosphère froide et mystérieuse.

Quand à la scénarisation, Jérôme Hamon a choisi de nous placer dans une grande période industrielle de l’Angleterre où la pauvreté pousse souvent les parents à abandonner leurs enfants. Dans cette situation, les enfants sont forcés de travailler pour pouvoir survivre chaque jour.

Dans Dream Factory, on perçoit les contrastes entre pauvreté et société de consommation. Il y a un petit qui rêve d’un jouet mécanique mais qui se retrouve finalement piégé par la société industrielle… Sa sœur cherchera à le protéger mais s’attaque à quelque chose de bien plus puissant qu’elle ne l’aurait imaginé… et le mystère gagne Dream Factory !

Vous pourrez rencontrer ces auteurs lors du festival de la BD à Angoulême qui débutera dans quelques mois, enfin si vous y allez, bien sûr !

Les sorties BD de la rentrée 2018 !!!

J’avoue ma perplexité face aux sorties des nouveautés en bandes dessinées depuis quelques mois… Les nouveautés sont très nombreuses, parfois de grande qualité et je me demande comment les auteurs vont bien pouvoir tirer leur épingle du jeu… Et je ne parle pas des jeunes auteurs qui doivent batailler avec autant de concurrence !Tous les jours ou presque, je découvre des albums, des séries, des auteurs que j’aurais bien envie de défendre immédiatement… et dans le même temps, des séries prennent fin mais nous ont tenu en haleine durant de longues années comme Les pirates de Barataria, Le chant des Stryges, Sasmira pour n’en citer que quelques unes…Le centenaire de la fin de la Grande guerre a poussé des éditeurs dans des albums, des séries ou des coups éditoriaux – que je peux comprendre – mais qui parfois ont donné naissance à de véritables œuvres de qualité comme la série 14-18 de Corbeyran et Le Roux que j’apprécie beaucoup…Alors, comment garder la tête froide, comment privilégier la qualité, l’émotion et le bonheur de lire dans cette affluence d’albums ? C’est difficile, angoissant presque, et c’est avec beaucoup de prudence que j’avance et continue de vous inviter à la lecture de la bande dessinée… Je tente de prendre du recul, de relire avant d’écrire ou enregistrer mes chroniques et je vous présente mes excuses par anticipation si un travail de qualité m’a échappé. Je ne réclame pas l’indulgence mais la compréhension… Trop, c’est trop !J’espère, malgré tout, que vous trouverez chez moi quelques belles idées de lectures, que vous aurez envie d’aller à la rencontre d’auteurs que j’aime bien comme Zelba le 10 novembre à Chalon-sur-Saône… Et si vous trouviez un petit trésor inconnu, une histoire dont je n’aurais jamais parlé et qui m’aurait échappé, dites-le moi car j’adore découvrir et je n’ai aucune honte à le faire même quelques mois ou années après la sortie en librairie… La qualité n’est pas liée au marché, au commerce et à la présence en librairie !

Enfin, que les auteurs et éditeurs ne m’en veuillent pas trop, j’ai beau faire des efforts, je ne peux pas tout présenter, je n’ai qu’une émission par semaine – 25 minutes sur RCF en Bourgogne – et je n’ai qu’une chronique par semaine – Déclic Toul et RCF Jérico Metz – donc, je sélectionne avec mes goûts, mes expériences de lectures et mes rencontres…

Heureusement, sur le site www.vivre-a-chalon.com je suis un peu moins limité mais malgré tout je ne pourrai jamais tout présenter. Qu’on se le dise, qu’on en soit bien conscient !

Ceci étant, très bonne lecture à tous et belle journée !

Nathan joue dans l’univers de Bolchoï Arena avec Boulet et Aseyn…

“Ne me parlez pas de Ready Player One ! Tout le monde m’en parle ! “

Nous avons débuté notre série d’interviews de la journée par Boulet et Aseyn. Ils viennent de sortir le premier tome d’une nouvelle aventure de science fiction, Bolchoï Arena.

Boulet se présente avec un sweat shirt arborant le logo du Bolchoï, l’univers virtuel tout droit sorti des méandres de son esprit. Le thème de la réalité virtuelle a le vent en poupe en ce moment. Mais il nous met en garde : “Ne me parlez pas de Ready Player One ! Tout le monde m’en parle ! “ Il est, en effet, difficile de ne pas faire le rapprochement entre la nouvelle production hollywoodienne signée Spielberg, peignant aussi un monde futuriste agrémenté d’un jeu de réalité virtuelle omniprésent, sorti aussi cette année dans les salles obscures.

Mais cet univers, cela fait 5 ans que Boulet l’a pensé et créé, nous dit-il, le sourire aux lèvres. Avant même que le projet ne soit totalement sur les rails, il avait déjà une panoplie de produits dérivés. C’est là sa façon de travailler; créer tout un univers aussi étendu et complet  que le Bolchoï est complexe.

Boulet invente sa fiction tout en la dessinant, il fait des story-boards, se projette. Trouver un dessinateur pour sa création n’a donc pas été une chose aisée. Car après tout, cela revient à laisser partir son bébé. Mais c’est aussi lui apporter un nouveau regard. Et puis après tout, “il ne sait pas dessiner les vaisseaux !”

C’est donc Aseyn qu’il a choisi pour l’aider dans cette aventure “en trois tomes au minimum”. Ils se connaissent bien… En fait, Boulet a découvert devant nous qu’Aseyn était d’origine bourguignone comme lui… Aseyn apporte au récit (en plus de ses vaisseaux ) un dessin fin et rappelant des mangas tels que Otome et Shiro mais surtout une palette pastel de bleu, pêche et de rose. Un ensemble très doux qui nous plonge dans un univers futuriste certes, mais qui vibre d’une science-fiction des années 80 qui nous fait rêver…

Retrouvez bientôt notre rencontre complète avec Boulet et Aseyn !

La TAIS à Saint-Malo, jour 3

Une nouvelle journée bien chargée commence puisque c’est le premier jour du festival Quai des Bulles! Tout le monde se lève, se prépare et nous voilà en route pour Saint-Malo! Après avoir cherché une place de parking, la troupe se dirige vers la cité corsaire de la ville. Nous avons pris plaisir à découvrir les remparts malgré les vagues qui nous ont quelque peu surpris et failli nous éclabousser. Nous avons découvert l’intra-muros puis nous nous sommes retrouvés dans une rue remplie de restaurants et d’odeurs alléchantes qui nous ont donné faim. Nous avons jetez notre dévolu sur une crêperie, dans laquelle certains ont mangé des moules, histoire de rester dans le thème. En entrée, Hugo a eu l’honneur de goûter sa première huitre ce qui lui a laissé un sentiment plutôt mitigé.Le comportement de la patronne nous a quelque peu surpris : dictatrice envers ses employés, suspicieuse envers les jeunes, nous avons mis 20 minutes à payer l’addition à cause d’une erreur de note. Sans aucune excuse de sa part et malgré cette expérience peu agréable, nous nous sommes dirigés vers le lieu du festival afin d’effectuer les premières interviews.Le stress monte au fond de chacun à mesure que le moment se rapproche…

C’est tout d’abord Anton et Antoni qui ont fait l’expérience de l’interview à deux et qui ont pu en mesurer toutes les difficultés. Puis la pression est peu à peu retombée à mesure de la journée et des rencontres avec les nombreux auteurs. La journée fut intense et les sentiments à propos de celle-ci variés : épuisant, heureux, découverte, effervescence, apprentissage, stressant, enrichissant, satisfaction. Nous sommes donc rentrés, vidés mais comblés de cette première journée. Puis nous avons eu le plaisir d’accueillir Charline, une ancienne étudiante de la TAIS pour partager le repas du soir avec nous. Elle nous a d’ailleurs fait le plaisir de ramener en dessert un Kouign-amman, spécialité culinaire de Bretagne. La fin de soirée sera consacrée à la rédaction d’articles et à la préparation de la journée de demain, qui s’annonce encore bien remplie…  

La TAIS à Saint-Malo, jour 2

Le gîte se réveille doucement sur un ciel orangé. La nuit a été courte pour certains qui se sont affrontés dans une partie endiablée de jeu de société, jusqu’à point d’heure. Ce sont donc des petits yeux fatigués qui se présentent au petit déjeuner.La matinée était chargée, au programme, visite extérieure de St Malo en Minibus, et repérage de nos futurs lieux d’interviews. Après un tour au supermarché, nous revoilà de retour au gîte pour partager un repas préparé par notre professeur, nous dévoilant son talent pour la cuisine. Une joue de lotte qui en a surpris plus d’un. Les autres temps-forts de ce repas ont été la dégustation d’un cidre et de différents fromages d’ici.C’est avec le ventre rempli, que nous entamons la route pour le Cap Fréhel, très bel endroit qui par ailleurs, nous a pleinement fait découvrir les joies de la météo bretonne (cf article Cap Fréhel). Nous étions totalement trempés, comme vous avez pu le comprendre ; Cela n’a pas empêché certains d’entre nous de se baigner dans la Manche, à la plage Pen-Guen de Saint-Cast (Une chose est sûre, Anton, Hugo, Nathan et Michel auront probablement un bon rhume demain). Une douce odeur de vêtements mouillés et d’algues nous a tenu compagnie pendant le trajet du retour.Nous nous sommes remis de toutes ces émotions autour d’un délicieux riz Poulet-Curry-Coco préparé par Sarah et Nathan, que Michel a su agrémenter de bières locales savamment sélectionnées et le tout ponctué de blagues, elles aussi « savamment sélectionnées » distillées par nos soins. La veillée de ce soir sera réservée aux derniers préparatifs des rencontres que demain apportera.

Le cap Fréhel…

Il n’est pas toujours simple de choisir les lieux que l’on va montrer dans le cadre de la découverte d’une région. Quand on est quatre jours à Saint-Malo – dont deux consacrés à réaliser des interviews dans le carde du festival Quai des bulles – il faut aller à l’essentiel, bien intégrer que mes étudiants dans leur grande majorité ne connaissent pas ces lieux et que nous sommes dans une saison intermédiaire, entre beau temps pour aller à la plage et tempêtes pour connaitre de belles émotions… C’est ainsi que j’ai choisi le Cap Fréhel…

Le cap Fréhel est une pointe tournée vers le nord, à l’ouest de Saint-Malo… Il est, dit-on, en grès rose, mais par ce temps gris, il est bien délicat de le voir en couleur… D’autant plus qu’au bout de quelques minutes nous avons essuyé un grain digne de la Bretagne… Bref, nous étions gaugés comme on dit chez nous en Bourgogne…Ceci étant dit, la Manche était calme, ses couleurs ou plus exactement ses variations de couleurs en fonction des profondeurs, des algues et du sable, nous ont fascinés… Entre la Baie de Saint-Brieuc et la Baie de Saint-Malo, à quelques kilomètres de l’illustre Mont Saint-Michel, nous avons retrouvé un site naturel sans les milliers de touristes qui y viennent tous les jours en été.

Ce site naturel est une réserve ornithologique exceptionnelle qui fait la richesse de la Côte d’Emeraude. Ce nom vient de la couleur de la mer qui souvent est aussi rayonnante que la pierre précieuse…Deux phares dominent ce cap, un vieux et un plus récent. Le premier phare construit en 1702 par un disciple de Vauban avait pour vocation de prévenir les attaques de la flotte anglaise. Son état dégradé, Leonce Reynaud décide de construire une nouvelle tour plus haute en 1840. Cet édifice tenu par les Allemands en tant que poste d’observation pendant la Seconde Guerre mondiale sera détruit par ces mêmes Allemands. C’est à la fin de cette guerre que commencera la construction du phare actuel qui s’achèvera en 1950 avec une tour avoisinant les 33 mètres de hauteur.  Par tous les temps, ce cap reste un magnifique point de vue sur l’entrée de la baie de Saint-Malo ce qui en fait un lieu stratégique – cf le fort La Latte – et qui en fera aussi un point de ralliement de tous ceux qui voudront admirer le départ de la quarantième Route du Rhum le 4 novembre prochain… Et si vous y alliez… Non ?Merci à Antoni pour sa participation à cet article…

La TAIS à Saint-Malo Jour 1

C’est ce mercredi 10 octobre que la licence TAIS entame son périple de 5 jours au festival Quai des Bulles de Saint-Malo. Matériels et valises encoffrés, il ne manquait plus que Sarah à l’appelle. Sa valise et du raisin fraîchement acheté du marché et nous voilà en route. Sept longues heures de voyage nous attendent dans un minibus aux couleurs de l’IUT. Sept longues heures, mais la bonne ambiance était au rendez-vous.

D’est en ouest, la nature nous a offert un assortiment de saisons en passant du brouillard typique de la vallée de la Saône au soleil d’été. Contrairement aux idées reçus, nous avons été accueillis en Bretagne par une forte pluie accompagnée d’un coucher de soleil.

La nuit tombée, nous arrivons dans un petit village nommé “Les Gastines”. Je vous invite, d’ailleurs, à chercher à quoi fait référence ce nom breton, vous risquez d’être plutôt surpris de l’origine de ce nom atypique. Le plus dur reste alors de trouver notre gîte. Après quelques manœuvres compliquées dans des chemins pas toujours large et sous une bruine locale. Et alors que nous errons désespérément dans le patelin, nous rencontrons un peu par hasard nos sauveurs qui s’avèrent être nos hôtes.

Nous découvrons une maison chaleureuse, guidée par nos accueillants qui s’avèrent travailler également dans le milieu de l’audiovisuel. Chacun se précipite pour trouver le meilleur lit, et à ce petit jeu, les plus rapides n’ont pas forcément été récompensés. La découverte d’un appareil à raclette dans une armoire en fait sourire quelques-uns. Le rendez-vous est déjà pris pour une soirée raclette !

Place maintenant à l’organisation de ces cinq jours ensemble autour d’un bon repas préparé par Nathan et Sarah. Le ventre rempli et les yeux fatigués, il ne nous reste plus qu’à dormir. C’est avec hâte et envie que nous nous endormons sur ce jour qui fut long, mais qui n’est que le début d’une belle aventure.

Entre albums pour enfants et Roman national…

Entre 1936 et 1939, entre le Front populaire et le début de la Seconde Guerre mondiale, la librairie Gründ publiait les douze volumes de sa collection Albums de France. Cette collection a été rééditée plusieurs fois, en particulier dans les années cinquante, et c’est à Emmaüs que j’ai trouvé quatre de ces albums édités dans les années cinquante pour deux d’entre eux et dans les années soixante pour les deux autres.

 

Cette collection qui présentait à chaque fois un homme (ou une femme puisqu’il y en a un consacrée à Jeanne d’Arc) tentait de montrer comment la France s’était construite par l’action de ces personnages. En théorie, les albums s’adressaient plutôt aux adolescents avec un texte qui naviguait entre histoire et roman national, c’est-à-dire que ces vies étaient bien quelque peu romancées…

 

L’illustration participait abondement à cet aspect réécriture de l’histoire et certaines des images ont un côté « légende dorée » de la France, de la monarchie en particulier. De Vercingétorix à Napoléon III, on voit comment certains voulaient enseigner l’histoire nationale aux jeunes Français… On est dans le prolongement de l’histoire de la III° République, un peu comme si la France était le centre du monde et la « fille aînée de l’Église » car il y a bien un aspect national et religieux dans cette version de l’histoire…

 

Le choix des personnages est déjà par lui-même un engagement avec : Vercingétorix, Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François 1er, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III bon dernier, la collection égrène Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Ier et Napoléon III. D’ailleurs, pourquoi aucun homme de la République ? Ne doit-on rien à Jules Ferry ou quelques autres ?

 

Alors, me direz-vous, pourquoi acheter ces quatre albums ? J’ai acheté ces livres car travaillant souvent sur les liens entre images et « roman national », cela me permettait d’avoir quatre beaux exemples pour illustrer mon propos. Il y avait dans ce lot (50 centimes seulement par album !) Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV et Louis XIV. Comme j’avais déjà le Louis XV, ma collection se complète progressivement…

 

Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…

 

Mon exemplaire a été donné à l’issue de l’année scolaire 1963-1964 à Martine Duchet lors de la remise des prix de l’école Jeanne d’Arc à Paris. C’était une très bonne élève, visiblement, du moins en CM1 et, du coup, je serai curieux de savoir ce qu’elle est devenue… Elle doit même avoir le même âge que moi ou presque ce qui m’a beaucoup amusé…

 

Certes, il ne faut pas prendre ces ouvrages pour parole d’Évangile – certains ne manqueront pas de sourire à cette image verbale – mais reconnaissons qu’ils sont bien construits, surprenants sur le fond et la forme, très bien écrits et illustrés et que le jeu du lecteur peut être de chercher les erreurs (dans le texte ou dans l’illustration)… Cette collection offre de l’Histoire une version engagée, orientée, partiale et parcellaire, moralisante et religieuse pour ne pas dire pieuse, mais elle permet de comprendre comment s’est construite une certaine vision de la France dont on n’est pas complètement sorti…

Une belle rencontre avec Cécile Coulon à Chalon-sur-Saône !

Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie Mandragore a permis une fois de plus une belle rencontre entre une romancière et un groupe de lectrices, plus largement entre une jeune autrice et ses lecteurs…

Il faut bien avouer que Cécile Coulon est une femme de caractère. Elle va là où elle veut quand elle veut et ne semble pas trop de soucier du quand dira-t-on… Elle est présente dans la version livre papier depuis ses 16 ans mais elle aussi sur Facebook et très bientôt elle sera même en librairie pour de la poésie… On peut même ajouter qu’elle souhaiterait réconcilier le sport et la littérature, les fringues et la littérature, la nature et la ville, la vie et la mort… D’ailleurs, comme elle le dit bien, rien n’est grave !J’étais donc bien curieux de suivre le déroulement de la rencontre car une telle autrice pourrait bien être déstabilisante pour un public calfeutré de bibliothèque… Regardez, le voilà qui met même ses pieds sur la table, qui menace de s’allonger par terre pour répondre à une question géante ou de prendre trois heures pour philosopher sur la vie, la mort, le sport… N’en ferait-elle qu’à sa tête ? Allez savoir…

Une fois encore il est difficile de prétendre faire le tour complet d’une telle soirée, mais j’espère que les participants s’y retrouveront et que les lecteurs qui n’ont pu être avec nous hier soir seront curieux d’aller voir du côté des romans de Cécile Coulon…

On vous présente comme une romancière emblématique de la génération Z ?

La génération Zorro !

Elle n’en dit pas plus sur le sujet mais souvent cette génération est dite utopiste, peu docile et se donnant droit à l’erreur… Rien n’est grave, quoi !

Votre écriture est jubilatoire, intense comme une course à pied… Un lien entre courir et écrire ?

Je ne peux pas écrire si je ne suis pas en position d’écriture. C’est après avoir couru que je suis dans les meilleures dispositions pour écrire. J’ai besoin de la course. Ce n’est pas un sport, c’est un geste quotidien et naturel. C’est mon dopant naturel pour écrire…

L’écriture est-elle un rite initiatique ?

Non, c’est la vie qui est initiatique. L’écriture, les histoires permettent d’exorciser. Ce n’est pas chez moi autobiographique mais, comme le dit la romancière Marie-Hélène Lafon, écrire c’est mettre un nuage de fumée entre la vie de l’auteur et l’imagination du lecteur. Chez moi, le nuage est assez épais. Pour moi, le romancier se crée une position pour exorciser… mais très vite je laisse l’imagination prendre le dessus…Chez vous les lieux ont beaucoup d’importance… Pourquoi avoir pris l’Amérique pour le roman Méfiez-vous des enfants sages ?

J’ai écrit finalement très jeune. Or, souvent, le jeune romancier est regardé avec des yeux particuliers. On va le traiter très vite de nouveau Rimbaud, de nouvelle Françoise Sagan, et on va lire son ouvrage comme s’il s’agissait d’une autobiographie… Je n’avais pas envie de plonger dans des fictions trop marquées par ma vie et je ne voulais pas être seulement l’autrice d’un roman… Je voulais construire un édifice, exister au-delà d’un livre… Pour cela, il m’a semblé qu’il fallait délocaliser mon histoire, aller dans une autre époque, un autre territoire…

Cela ne signifie pas que je ne puisse pas connaitre certains lieux ou époques. Par exemple, pour Trois saisons d’orage, je parle d’un village de la Drome que je connais très bien…Les références musicales sont très nombreuses dans vos romans. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie ?

Il faut savoir que j’écris toujours en musique. Je pense même que je ne peux pas écrire dans le silence… Je crois que l’état de l’auteur change profondément en fonction des musiques, que l’écriture change même si elle ne suit pas strictement la musique. Pour Le cœur de pélican, j’ai écouté de la chanson française acoustique tandis que pour Trois saisons d’orage, j’ai préféré la bande son du film Barry Lyndon, la musique Sarabande de Georg Friedrich Haendel… Mais j’écoute toutes sortes de musiques !

On s’est interrogé sur la place de l’humour dans vos romans ?

Mes romans ne sont pas si drôles que cela quand même. D’ailleurs, c’est très difficile d’écrire un livre drôle et je n’ai pas les outils pour cela. Chez moi, je ne pense pas que l’humour soit si visible que cela. En fait, j’ai un humour noir, cruel, cynique… Quand j’ai de l’humour, je dirais que c’est un humour dégoutant presque…

Par contre, sur ma page Facebook, je peux essayer de faire rire tous les jours avec un petit mot, une historiette… mais c’est autre chose !

Avec vos personnages, on sent parfois des problèmes de milieu. Sont-ils enfermés dans leur milieu, sont-ils libres ?

Je me pose souvent la question de la liberté de l’être humain par rapport à son milieu social, professionnel, territorial… Se sentir libre au stade ultime c’est se sentir bien dans son milieu, ne pas avoir un besoin vital d’en sortir mais pouvoir en sortir y revenir. Je suis bien là où je suis, je n’ai pas envie de fuir ma réalité mais je suis au contact de ce qui se passe ailleurs… La liberté, c’est aller de l’un à l’autre sans quitter les siens !

Etre libre, c’est composer avec tous les petits pays que nous portons en nous… La famille, le métier, les passions… Tout cela forme un continent, chacun a le sien et il faut vivre avec… Etre libre c’est accepter cela et se dire toujours que rien n’est grave ! Certes, les évènements peuvent être graves, blessants, douloureux, déchirants, angoissants mais… rien n’est grave ! Je fais ce que je peux !

D’ailleurs, sur ce thème, il faut lire la poésie de Thomas Vinau, Bleu de travail…

Vos personnages sont toujours en lien, d’une certaine façon avec leur famille. Pour cette omniprésence de la famille dans vos romans ?

Plus que la famille en tant que telle, je crois qu’il y a dans mes romans un rapport perpétuel aux rapports entre parents et enfants. Les parents semblent absents mais quand on regarde bien : ils veulent d’abord bien faire, ils sont alors trop présents et quand ils constatent qu’ils n’ont pas pu arriver à ce qu’ils croyaient leur mission, ils capitulent… C’est un peu comme si les parents étaient dans un pays, les enfants dans un autre…

J’ai toujours été habitée par des questions sur la famille. Peut-on exister en dehors de sa famille ? Faut-il vivre avec sa famille imposée, celle que l’on subit, ou s’en construire une propre, celle que l’on choisit… Je n’ai pas d’enfant mais je me pose beaucoup de questions sur la parentalité…

Les parents qui veulent faire de leurs enfants une œuvre se trompent, c’est du moins mon avis ! On voit cela en sport, en art, dans l’industrie…

Dans vos thèmes de prédilection, il semblerait que la mort soit bien là. Que représente la mort pour vous ?

En fait, la mort ne m’inquiète pas du tout mais je suis très gênée que l’on ne puisse pas en parler tout simplement… La mort c’est comme gagner au loto mais elle arrive plus souvent que les gains. C’est un moment naturel, cela fait partie de l’existence…

Je crois que la mort ne fait pas peur en soi, c’est la disparition, que l’on craint, l’absence et donc la solitude…

La mort devrait nous faire grandir et pas souffrir… Ce que nous avons vécu avec la personne qui meurt, ce qui était beau, tout cela reste dans nos yeux, dans notre mémoire, dans nos cœurs… C’est toujours vivant !

La mort est dans mes romans car elle trop absente de nos vies. J’ai envie de dire que mort et sexe sont les deux sujets les plus difficiles à aborder à l’apéritif avec des amis… La mort encore plus que le sexe d’ailleurs…

Bien sûr, Cécile Coulon a aussi parlé de sport, de  la nature mais c’est avec une question d’une lectrice dans la salle que la soirée a pris fin… du moins pour la rencontre publique. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez écrit autre chose qu’une rédaction scolaire ?

En CM2, si je me souviens bien, j’ai écrit un poème sur une feuille de papier. Après je l’ai tapé à l’ordinateur, j’ai voulu soigner la mise en page, mettre un fond… Le texte n’était pas extraordinaire mais je me souviens, c’était la première fois…

Plus tard, quand j’étais en cinquième, j’écrivais des petites nouvelles pour mes amis…

Enfin, quand j’étais en seconde, lycéenne plutôt pénible pour les enseignants, j’écrivais durant les cours… Un jour, mon enseignante de français m’a demandé ce que je faisais durant les cours… J’ai été obligé de lui montrer ce que j’écrivais… Non seulement elle a lu, mais elle m’a rendu le texte corrigé. Chaque semaine par la suite je lui donnais l’équivalent d’un chapitre qu’elle me rendait corrigé…

Ce fut un certain choc. Un adulte s’intéressait à ce que j’écrivais, me lisait, me corrigeait… Finalement, c’est devenu mon premier roman…

Voilà, une belle soirée en compagnie de Cécile Coulon, une dernière par cette édition 2018 de Pages en partage, et il ne vous reste plus qu’à lire et on n’est pas obligé d’attendre l’été, même si comme chacun le sait bien ici que l’été c’est fait pour lire !