Quai des bulles 2017 : La fin du festival pour Romane en compagnie d’Istin…

Quai des bulles : deuxième jour  –  18h30 ….dernière interview !

Un festival de bandes dessinées c’est avant tout des auteurs, des aléas et quelquefois des imprévus. C’est après une journée épuisante que je m’arme de courage pour finir avec la présence de Jean-Luc Istin, « un des cerveaux de la série Elfes, Nains, Orcs et Gobelins », d’après Jean-Paul Bordier,  dessinateur.

En réalité, derrière ce monde débordant de fantaisie, se cachent deux cerveaux, Jean-Luc Istin et Nicolas Jarry. Tout commence, comme dans un film américain des années 20, par une conversation téléphonique. Cette tournure, beaucoup trop romancée me direz-vous, constitue un point important de leur travail. Suite à leur rencontre à un festival du roman à Figeac, ils collaborent sur différents projets comme Les Brumes d’Asceltis jusqu’à la création de la série Elfes.  S’en suivent les albums de la série Nains et enfin Orcs et Gobelins à la demande générale des lecteurs qui souhaitaient que l’on s’occupe des « culs-verts ».

C’est une œuvre de grande envergure que viennent de créer les deux amis et qui est en constante amélioration de l’idée. Le premier des Albums se penche sur un personnage nommé Turuk assez « salopard » selon Istin qu’il imagine, sans nous divulguer plus d’information, en pensant à quelqu’un de son entourage. Véritable beau parleur et non altruiste, si ce personnage charmera certains lecteurs ou lectrices, ce n’est pas dans le prochain album que vous pourrez découvrir la suite de son histoire palpitante. Il faudra pour cela vous procurer le Tome 21 de la série Elfes.

Le rythme de sortie sera assez soutenu puisque tous les 3 mois sortira un nouvel album dédié à un personnage. Notons que l’univers est immense et recouvre près de 165 pages d’un catalogue réunissant personnages, lieux, clans, etc. Ce qui est énorme. Et cela promet pour la suite …

A ma clef de toutes ces lectures, bien sûr, une meilleure connaissance des terres d’Arran que tous ces auteurs, Istin en tête, parcourent sans cesse en nous présentant tous ces personnages de légende qui les habitent… Enfin, légende, ce n’est pas si sûr car j’ai bien eu l’impression qu’Istin les avait rencontrés réellement…

Quai des bulles 2017 : Rencontre avec Serge Carrère par Michel

Parfois, certains auteurs s’amusent avec leurs héros et cela provoque une bande dessinée atypique, bien sympathique et très agréable à lire… C’est ce qui arrive avec le dernier Leo Loden paru, que dis-je le dernier Leo Lodanum enquêteur privé à Massilia… Et c’est à la nuit tombante que la pauvre Ala Vacumjtepus vient frapper à son bureau pour une affaire très délicate…

Leo Lodanum… Certains auront bien vite compris qu’il s’agit là de la parodie antique d’un certain Leo Loden, privé marseillais… En effet, Serge Carrère, Christophe Arleston et Loïc Nicoloff ont décidé de plonger – seulement durant un épisode – leurs personnages – en effet Leo Loden n’est pas le seul concerné – dans la Massilia gallo-romaine. C’est à la fois un jeu pour ces amoureux de Marseille, un hommage rendu à Goscinny et Uderzo au moment de la sortie d’un nouvel album de cette série mythique et un grand moment de rigolade…Il faut dire que la ville de Massilia est secouée par des travaux énormes… Le nouveau port intrigue beaucoup et les terres au nord ne sont pas encore devenues ce qu’elles sont aujourd’hui… Le tribun Deferrus tente de régner sur la ville mais rien n’est simple car Massilia est une maitresse bien singulière… Enfin, certains aspects relèvent de la fiction la plus déjantée comme l’existence de sorte de caïds, chefs d’entreprises, on dirait aujourd’hui mafieux, qui tentent de mettre la main sur les travaux, les marchés en manipulant les acteurs administratifs et les syndicats… Mais là on s’éloigne considérablement de la réalité comme le faisait en son temps René Goscinny…A Saint-Malo, à l’occasion du festival Quai des bulles 2017, je rencontre Serge Carrère qui me raconte le plaisir de déguiser ses personnages en romains ou gaulois… Imaginez que la belle de Leo Loden devient tout simplement la centurionne Marlena… d’ailleurs, il me fera la plaisir de la dessiner dans mon livre d’or…

Serge m’explique bien qu’il ne s’agit que d’une petite récréation à l’occasion du vingt-cinquième album de la série et dès le prochain épisode Leo Loden reviendra à notre époque contemporaine… Mais, il reconnait que rien n’empêche qu’un jour ou l’autre ils ne se permettront pas une nouvelle expédition dans l’histoire…

Un bel album et une très bonne rencontre !

Quai des bulles 2017 : La rencontre avec Paul Salomone par Michel

Alors que je suivais la série L’homme qui n’aimait pas les armes à feu depuis la sortie du premier album en 2011, alors que je suis fan depuis toujours du western et du western spaghetti, alors que j’ai toujours été séduit par les scénarii de Wilfrid Lupano depuis Alim le tanneur, je n’avais jamais rencontré le dessinateur de cette très belle série de western scénarisé par Lupano, Paul Salomone !

Paul Salomone en interview

Il aura donc fallu attendre la sortie du quatrième et dernier album de la série, attendre ce Quai des bulles 2017, pour que je puisse rencontrer et interviewer Paul Salomone… et ce fut une très belle rencontre… J’espère juste que d’autres rencontres suivront et que l’on n’attendra pas à chaque fois sept ou huit ans !J’aime beaucoup son dessin appliqué, précis et méticuleux. Sa narration graphique est diablement efficace, son graphisme facilite la lecture et nous immerge dans un univers particulier entre sérieux, drame et comédie… Il a su faire de Margot un personnage inoubliable… d’ailleurs, il avoue avoir du mal à lui dire au revoir tant il s’y était attaché… Heureusement, les dédicaces sont là pour prolonger le bonheur de la dessiner même si j’avoue avoir demandé en dessin un autre personnage, la jeune indienne navajo Lucile…

Concentré pour dessiner Lucile

Un beau moment autour d’une série qui m’a beaucoup plu mais comme j’ai déjà écrit sur cet Homme qui n’aimait pas les armes à feu, je n’insisterai pas plus… Ah, si, je peux préciser que le même jour, j’ai eu sur les bords de la Manche, le plaisir de discuter avec le scénariste de la série, Wilfrid Lupano puis avec Paul Salomone. Deux moments très marquants même si le scénariste m’est beaucoup plus familier…

Une précision, puisque nous étions à Saint-Malo pour le festival Quai des bulles, Paul Salomone a été bénévole au festival international de la BD de Nîmes, ville où il habite… Oui, on oublie trop souvent que tous ces festivals fonctionnent, en BD, en musique, en théâtre… avec des équipes de bénévoles et de passionnés… Occasion de féliciter et remercier ceux qui ont rendu notre séjour à Saint-Malo si agréable !

Quai des bulles 2017 : La rencontre miraculeuse avec Vincent Froissart et Etienne Le Roux par Michel…

On a beau être habitué et depuis longtemps aux petits miracles de la vie, il n’en demeure pas moins vrai que chaque fois qu’il s’en produit un c’est le bonheur…

La journée n’avait pas si bien commencé que cela car on m’avait dit que je n’allais pas pouvoir rencontrer Vincent Froissart ! Vous ne le connaissez probablement pas, et c’est justement pour cela que je voulais le rencontrer, pour vous le présenter… C’est un illustrateur hors norme, un dessinateur merveilleux et sa dernière bande dessinée, La Mille et unième nuitest un petit diamant à admirer en paix ! Mais, comme le rendez-vous n’allait pas avoir lieu, il était temps de passer à la suite du programme…

Étienne Le Roux

Deux heures plus tard, c’était au tour d’Etienne Le Roux de venir parler devant le micro… Il arrive, à l’heure et de très bonne humeur, nous présente son épouse – je dis « nous » car je suis accompagné de Romane – et nous lui expliquons que les questions porteront sur son rôle de dessinateur dans la série 14-18 – que je suis depuis le premier album et le huitième vient de sortir – et sur Sept macchabées – que Romane a beaucoup apprécié – avant de lui préciser que comme il est aussi scénariste de La Mille et unième nuit, on finirait probablement sur ce travail très différent…

Son épouse qui n’a pas perdu une miette de ce qui se dit rebondit immédiatement et nous propose :

« Puisque vous voulez parler de La Mille et unième nuit, je vais aller chercher Vincent car il est là et nous attend pour aller manger ! »

Vincent Froissart

Et c’est ainsi que nous allons finalement pouvoir recevoir Vincent Froissart. Le dessinateur et le scénariste de ce très beau conte d’inspiration soufie et si beau et agréable à lire…

Une très belle rencontre à plusieurs voix car, finalement nous sommes quatre autour du micro pour parler d’univers fort différents qui vont du réalisme de la guerre de 14-18 au conte oriental en passant par une histoire de morts vivants…

Et c’est bien cela le petit miracle de la vie quotidienne, accepter que l’improbable, l’imprévu, s’installe à notre table et en profiter pleinement… Il nous faut donc remercier avec beaucoup de chaleur et d’amitié l’épouse d’Etienne Le Roux qui a su réagir instantanément et sans qui, ce jour-là, je n’aurais pas rencontré Vincent Froissart…

Quai des bulles 2017 : Autres temps, autres bandes dessinées…

Partir à Saint-Malo pour le festival Quai des bulles 2017, c’était – même si cela n’était pas formulé de façon claire – accepter le choc culturel et générationnel. En effet, un prof de 61 ans ne peut pas avoir les goûts d’un jeune de 22 ans. Ce n’est ni un constat pessimiste, ni un regret, ni une lamentation… c’est juste factuel !

Alors, bien sûr, certaines bandes dessinées peuvent faire l’unanimité dans le groupe et ce fut le cas pour certaines. Je pense par exemple à Petitd’Hubert et Gatignol.

Hubert

La bande dessinée a suscité des vagues d’enthousiasme, tout le monde voulait être là pour l’entretien et je pense que certains s’en souviendront longtemps de cette rencontre presque magique…

D’autres – bandes dessinées ou auteurs – ont réveillé des passions pour la poésie, le destin des femmes ou la fantaisie… Moins d’universalité mais bien des envies transgénérationnelles évidentes avec des rencontres pour partager des goûts spécifiques…

Enfin, il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver seul devant un auteur qui pour mes étudiants était vieillot, désuet, ringard… même s’ils n’osaient pas le dire comme cela. Je pense à deux auteurs importants pour moi qui défendaient des albums de séries que je suivais depuis longtemps…Je pense en tout premier lieu à Alain Dodier. C’est 1982 qu’il créait avec ses amis la série Jérôme K Jérôme Bloche que maintenant il continue seul. Je l’ai découverte presqu’à sa sortie et depuis je lui suis resté fidèle…

Alain Dodier

Des histoires policières sympathiques et profondément humaines, un dessin très classique, une narration assez proche de la ligne claire… Les thèmes récents sont très importants, pas du tout négligés par les étudiants mais on sent bien que le style, le graphisme, la narration ne passent plus très bien et je suis seul durant l’interview… Ce qui, il faut le dire, ne gâche absolument pas mon plaisir !Je pense aussi à André Le Bras… Je ne le connaissais pas du tout mais il a réalisé le dessin du dernier album sorti des aventures de Buck Danny. Là la série à 70 ans et je n’étais pas là à sa naissance. Plus fort, je ne l’ai découvert que sur le tard. Pourtant, très jeune les séries aéronautiques m’ont captivé mais élevé à l’école pilote, j’ai d’abord suivi les aventures tout aussi passionnantes de Tanguy et Laverdure… Puis je me suis mis à Dan Cooper, Adler et, enfin, j’ai découvert Buck Danny. Depuis j’ai rattrapé mon retard de lecture et j’étais très heureux de pouvoir évoquer ce personnage avec un dessinateur qui lui non plus n’était pas là à la naissance de la série avec Charlier, Hubinon…

André Le Bras

Mais je comprends bien que les goûts, les préférences, les choix soient variés avec les âges et ce type de reportages intergénérationnels met en lumière ces différences qu’il faut assumer…

Autres temps autres bédés, en quelque sorte !

Quai des bulles : La rencontre avec Olivier Petit par Michel

Parfois, on vit à Saint-Malo des rendez-vous atypiques. On n’est plus en face d’un auteur, d’une dessinatrice ou d’un coloriste mais bien avec un éditeur… Ok, Olivier Petit n’est peut-être pas le plus grands des éditeurs, le plus spectaculaire, le plus connu ou le plus riche, mais, c’est indiscutable, il tente de faire, avec soin et attention, les livres dont il a envie, ceux qu’il voudrait lire ou qui manquent dans les librairies…

Vendredi en fin de journée, face à la Manche, nous parlons ensemble de son Guide de Paris en bandes dessinées… aux éditions Petit à Petit. Oui, certains pourraient être tentés de dire qu’il s’agit là d’un guide de Paris de plus, ou d’un coup commercial parce que la bédé  se vend bien ou du travail inutile de quelqu’un qui ne sait pas quoi inventer pour faire parler de lui…

En fait, c’est avant tout un excellent guide de Paris, basé sur les monuments les plus visités de la ville. On trouve tous les éléments dont on a besoin pour les visiter, les comprendre et s’en souvenir… Chaque monument est accompagné d’une petite bande dessinée pour nous raconter un peu de ce monument. Olivier me dit que c’est comme si on visitait le monument en compagnie d’un guide ou, mieux, puisque l’on est dans la bédé, d’Oncle Paul… En trois pages, une anecdote qui viendra habiter notre mémoire et qui rend vivante notre visite à venir… Parfois, elle vient donner sens à la visite passée car on peut aussi lire l’ouvrage en rentrant de Paris !

Franchement, je ne vois pas les minutes s’égrener et je découvre là un personnage sympathique, direct, clair… Nous sommes en fin de journée donc la discussion se terminera car il est temps de rentrer sur Saint-Jacut-de-la-Mer, lieu de notre villégiature nocturne, mais j’espère bien rencontrer plus souvent cet homme… D’ailleurs, dès le lendemain, chaque fois que je le croise, il m’envoie un signe très amical ponctué d’un « Tout va bien Michel ? »…

Durant l’entretien, il évoque tous les auteurs de bandes dessinées qui ont participé à cette aventure et il précise que tous les auteurs sont venus avec enthousiasme avec des envies très particulières de lieux à faire vivre… Chacun a pu choisir et du coup dessine ou raconte un lieu qui l’aime ! Au résultat, que du bonheur !

Il va être temps d’aller tester ce guide à Paris !!!

Quai des bulles 2017 : La non rencontre avec Virginie Augustin par Michel

Quand on attend un auteur pour l’interviewer, on construit toujours – même de façon inconsciente – l’entretien idéal à l’avance… Ce qui est risqué car l’auteur ne va pas toujours aller dans votre sens et vous avez peut-être eu une lecture de son ouvrage qui va dans le sens opposé à celui qu’il croyait suivre… Je dis tout cela avec beaucoup de prudence car finalement le livre étant devenu une chose publique, chacun peut lui trouver un sens et celui de l’auteur n’est pas le seul ni le meilleur…J’en étais là de mes cheminements intellectuels – sans aucune prétention – quand Virginie Augustin n’est pas venue à notre rendez-vous… Ce n’était pas par bouderie, coup de colère ou mépris mais tout simplement parce qu’elle devait participer à une cérémonie de remise de prix…

Pourtant, j’étais très motivé pour cette rencontre, surtout après la lecture des deux derniers ouvrages que j’avais lus, Monsieur désire ? et 40 éléphants, Florrie, doigts de fée. Deux belles histoires avec Londres en toile de fond, des femmes au premier plan et des femmes décidées surtout. D’ailleurs si cela n’avait pas été le cas, probablement que Virginie aurait refusé ces projets… Enfin, là je repars dans les questions-réponses sans la dessinatrice…

Monsieur Désire ? est un très bel album scénarisé par Hubert que nous avons bien rencontré durant le festival et cela raconte une histoire très particulière… Une sorte de relation immobile entre un jeune dandy anglais d’origine noble et riche et une femme de chambre plutôt moche et profondément humaine. L’un est dépravé, l’autre pure et paisible, l’un est puissant l’autre sans aucune défense… Tout les sépare et rien ne pourra abolir les frontières entre eux d’autant plus que nous sommes dans l’Angleterre victorienne…40 éléphants, Florrie, doigts de fée est une histoire dans un quartier de Londres mais cette fois-ci plus dans les bas-fonds, avec des voleuses, une population qui tente de survivre comme elle peut et qui se déroule en 1920… Un peu plus polar-social, un peu plus aventures mais là encore avec quelques femmes de caractère… et ce n’est pas si simple d’être voleuse à Londres, les voleurs tentent de défendre leur espace de travail… Non mais !

Bref, même si nous n’avons pas rencontré la dessinatrice, deux bandes dessinées à lire et offrir… Quant à Virginie, je lui dit à la prochaine fois, sans rancune !

Quai des bulles 2017 : La rencontre avec Marie Spénale par Charline

Aujourd’hui le 27 octobre 2017, je viens de fouler les coulisses du festival de la BD, Quai des Bulles, à Saint-Malo. J’ai reçu mon accréditation presse et me voilà plongée dans le monde du journalisme, entourée de mes camarades et de Michel Bonnet.

A peine entrée dans la salle dédiée aux interviews, Michel Bonnet, notre professeur, nous montre du doigt une table ronde près de la baie vitrée qui donne sur la mer. C’est La table ! Celle autour de laquelle nous allons accueillir nos artistes. Nous sommes un peu stressés, c’est une première, et c’est le professeur qui ouvre le bal, ce qui nous a permis de consolider nos questions.

Heidi au printemps ou le passage à l’âge adulte…Il est 15h30, ma première interview commence. Je reçois Marie Spénale, qui porte les trois casquettes dans la réalisation de son premier album graphique, Heidi au printemps : scénariste, illustrateur et coloriste. Elle s’est fait connaître grâce à son blog, Les Lapins Roses Ne Courent Plus Dans Les Prés, et a reçu un prix en 2012 à Angoulême en tant que meilleurs webBD.Heidi au printemps, c’est la découverte du désir, l’envie de vivre en indépendance et la peur de blesser son entourage. On redécouvre Heidi, maintenant adolescente, qui ne veut plus vivre à la campagne. Alors elle rêve de la ville, de ces beaux jeunes hommes et de la liberté qu’elle pourrait connaître. A travers ce conte initiatique, Marie Spénale, nous fait entrer dans l’intimité d’Heidi, la découverte de son corps et ses premières relations sexuelles et elle dépeint la curiosité avec subtilité.

Le personnage pur et lisse de la petite Heidi laisse place à une jeune femme avec ses attentes, ses déceptions et un tempérament bien affirmé. Marie ne cherche pas à vendre du rêve à travers une histoire fantasmée et idyllique, mais raconte la vie d’une jeune fille devenue femme. Je pense que c’est pour cela qu’elle a choisi un style de dessin un peu crû, c’est du moins ce que j’ai ressenti à la lecture…

Passées les premières minutes, je commence à respirer mieux, à me détendre et à profiter de la rencontre… Allez, finalement, ce n’est pas si stressant que cela d’interviewer une jeune autrice !

Quai des bulles 2017 : La rencontre avec Jean-Paul Bordier par Romane

Un travail en équipe aussi conséquent que celui que nous menons depuis notre arrivée au festival Quai des bulles à Saint Malo, nécessite un planning serré et préparé à l’avance… On a lu avant les ouvrages, choisi nos « interviewés » et pour moi, cette seconde journée démarre sur les chapeaux de roues et la crainte monte au fur et à mesure que les minutes défilent sur ma montre. Je m’apprête à rencontrer le dessinateur de deux albums de la série Nains des éditions Soleil. Je revois mes notes succinctement comme un adolescent révisant juste avant un contrôle et pose mes yeux sur son ouvrage. Je lis, comme écrit en grosse lettre sous l’intitulé dessinateur : JEAN-PAUL BORDIER. C’est un peu comme un vertige ou une émotion difficile à maitriser…

Mais par où pourrais-je bien commencer ?

L’heure fatidique arrive enfin et je vois s’avancer vers moi ce fameux Jean-Paul Bordier que je redoutais tant et qui finalement ne m’intimidait pas comme j’aurai pu l’imaginer. Il s’avérait qu’il n’était pas plus à l’aise que moi et c’est sur un ton tendu au départ mais simple que nous avons alors entamé notre discussion.Après quelques albums de la série Elfes et bercé par les univers de Legend (Ridley Scott) et Willow (Ron Howard), on retrouve Jean-Paul Bordier dans un monde plus dur et brutal, celui des Nains. Il s’appuie sur les designs de Pierre-Denis Goux, spécialiste en la matière pour ainsi appliquer certains codes graphiques propres à l’univers des Nains et planche ensuite sur ses pages pour donner vie à Dröh et Oösram des errants. Le défi, qu’il aime relever, est de mettre en scène les scénarios assez denses de Nicolas Jarry…

L’univers des Nains est certes violent mais la discussion avec Jean-Paul Bordier ne l’est pas du tout et au fil des minutes, la tension disparait… Allez, croyez-moi, les Nains ne sont pas désagréables à fréquenter…

Quai des bulles 2017 : La rencontre avec Tamara de Lempicka par Mélanie

Mondaine, cultivée, théâtrale, mégalomane, artiste aux mœurs débridés et aux allures de femme fatale, Tamara de Lempicka est une icône de l’Art Déco des années 20.

Je découvre cette femme une nuit entre plusieurs lectures grâce à la génialissime collaboration entre Virginie Greiner et Daphné Collignon, respectueusement scénariste et dessinatrice de Tamara de Lempicka, la bande dessinée qui gagne à se faire connaître.

Une page, deux pages…trois pages et je me rends compte que je n’ai jamais été autant attirée par un personnage, je veux alors tout savoir sur elle… Découvrir tout d’elle, sa beauté, ses talents, son charisme et son élégance.

Il est une heure du matin, après une journée éprouvante mais impossible de fermer les yeux ou ne serait-ce que de penser à continuer la lecture demain. Je dévore cette bédé en moins de 20 minutes et prends plaisir à relire une planche alors que j’ai absolument tout compris.

Je veux tout savoir, ne rien laisser passer, je veux m’arrêter sur chaque détail, chaque point de lumière si joliment dessiné par Daphné, qui, soit dit en passant, transcende la beauté de cette femme par son sublime graphisme… La scénariste, Virginie Greiner, a su trouver le bon rythme pour me faire entrer dans cette vie fabuleuse…La bande dessinée ou, plus exactement, Tamara brille et rayonne dans ma chambre, je la vois danser autour de moi, elle me regarde avec ses immenses yeux de biche et me parle. Ce sont des messages que je comprend, la féminité est une fierté, sa sensualité complètement assumée m’emporte dans un monde où les femmes décident de leur vie, de leurs carrières sans s’enfermer dans une case. Je découvre cette femme, ses convictions et une époque pleine d’audace et de manière.L’époque des années vingt m’immerge dans ce cadre huppé de cette société parisienne branchée où Tamara fascine et trouble, se balançant entre son Art et sa vie de famille qui crée une forte ambiguïté sur son rôle de mère et sa vie d’artiste accompli. Progressivement, l’album laisse entrevoir des croquis, des esquisses et des tableaux de l’artiste sublimés par la patte de Daphné Collignon, qui fait revivre la peinture de l’artiste et se nourrit de son style pour la présenter.

Merci. J’ai découvert Tamara de Lempicka, une artiste troublante qui ne cesse de m’émouvoir par la grâce de son art, du dessin de ces femmes inoubliables aux regards incroyablement pétillants.