Le procès de Gilles de Rais…

Gilles de Rais est un personnage de notre histoire même si dans la plus part des cas nous ne savons pas grand-chose de sa vie, de ses actions, de sa mort… Pour certains, probablement les plus nombreux, Gilles de Rais est un criminel qui a inspiré le personnage de fiction « Barbe-Bleue ». On ne sait pas exactement ce qui lui était reproché mais généralement on a en tête des meurtres d’enfants, de la pédophilie et un peu d’alchimie… Pour d’autres, Gilles de Rais est compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et là encore c’est assez vague car peu savent ce que furent ces quelques mois de campagnes militaires (d’avril 1429 à mai 1430, date de sa prise par les Bourguignons)… Enfin, ils existent bien mais sont peu nombreux, il y a ceux qui savent que Gilles de Rais était Maréchal de France, acteur de la seconde moitié de la guerre de Cent Ans… et il est mort à l’âge de 35 ans !

Le personnage de Gilles de Rais est apparu dans la série BD Jhen de Jacques Martin (scénario) et Jean Pleyers (dessin). Jhen est d’ailleurs le seul véritable ami de Gilles, le seul à lui dire ses quatre vérités avec honnêteté… une amitié qui n’empêchera pas ni la folie ni la condamnation à mort…

Jacques Martin aurait aimé poursuivre cette série jusqu’au procès de Gilles de Rais à Nantes mais il est mort en 2010 quand la série n’en était pas encore à ce stade. C’est en 2019 que cet album est arrivé avec le dessin de Jean Pleyers et le scénario de Néjib. Le duo fonctionne très bien et l’album est très bien réalisé, probablement un de ceux dont on se souviendra…

On découvre dans cette histoire que le crime majeur de Gilles de Rais aux yeux de l’évêque de Nantes, est plus du côté de l’hérésie et du satanisme que du côté des meurtres d’enfants… On voit aussi comment un de ceux qui a participé à sauver le royaume quelques années plutôt est tout simplement abandonné de tous… sans que l’on sache avec précision la réalité des meurtres qui lui sont reprochés… J’ai lu cet album avec un véritable plaisir car il est remarquablement bien construit, solide avec des textes ciselés au millimètre… Gilles de Rais n’est pas magnifié, il est montré comme un pauvre homme abandonné à sa misère, à ses crimes… et seul son ami Jhen ose encore le visiter…A peine avais-je terminé la lecture de ce Procès de Gilles de Rais que je tombais sur un autre album dans la collection L’homme de l’année, 1440. Le concept de cette série constituée d’one-shot est de proposer de regarder une année avec un fait majeur en se concentrant sur un personnage principal acteur de ce fait à sa façon… Par exemple, le 26 octobre 1440, Gilles de Rais est exécuté à Nantes… Le scénariste de l’album, Jean-Pierre Pécau, se concentre sur le chevalier Gwen de l’Hôpital choisi par l’évêque de Nantes, Jean de Malestroit, pour faire tomber Gilles de Rais…

Là encore, le scénariste est très inspiré et la construction est parfaite. Le lecteur se régale, suis pas à pas les derniers instants de liberté de Gilles de Rais, son arrestation, son procès et sa condamnation… et son exécution ! Le dessin de Lajos Farkas est adapté, concis, agréable ce qui offre une narration graphique limpide et paisible, beaucoup plus claire que l’âme tourmentée de Gilles de Rais. Les couleurs remarquables de Jean-Paul Fernandez, elles, apportent le côté sombre du personnage avec des scènes presque anthologiques d’actions nocturnes… Oui, indiscutablement cet album est sombre comme l’humanité de Gilles de Rais…Ces deux albums montrent que l’on peut tout raconter en bande dessinée, y compris le plus noir de l’âme humaine. Alors, bien sûr, j’entends bien que ces deux albums ne sont pas à donner à lire aux jeunes enfants mais pour le reste, il s’agit bien là de deux lectures de qualité qui sauront satisfaire de nombreux lecteurs… Quant à ceux qui veulent savoir en quoi ces deux albums respectent la vérité historique, pourquoi ne pas prolonger vos lectures avec le Gilles de Rais de Jacques de Heers…

Cléopâtre en bande dessinée… mais quel nez !

Cléopâtre est une reine qui a toujours fait rêver, du moins les grands de ce monde de Jules César à Marc-Antoine… sans oublier un certain Astérix qui la trouvait presque à son goût ! Mais qui connait réellement cette reine ? Peu de monde, en fait… Il est donc temps de découvrir cette Cléopâtre à travers la bande dessinée… Signalons quand même, avant de plonger dans le monde des bulles, que les deux biographies de Jules César en ma possession, celle de Eberhardt et celle de Robert Etienne, développent avec beaucoup de détails et arguments cette liaison qui partit probablement d’un coup de cœur entre un homme vieillissant et une jeune reine fascinante…Mais revenons-en à la bande dessinée et tout d’abord à cet album mythique, Astérix et Cléopâtre. Sixième épisode des aventures d’Astérix le Gaulois qui est né en octobre 1959 et donc qui va fêter ses 60 ans cette année ! L’album avec le nez égyptien… désolé, j’étais aussi distrait que Panoramix quand il découvre ce nez pour la première fois, donc, disais-je, cet album est sorti en 1965 après une prépublication dans le magazine Pilote. Pour moi, c’est le plus abouti des albums de Goscinny et Uderzo… J’en ai déjà parlé longuement et donc je ne vais pas tout reprendre ici mais il montre la confrontation entre César et Cléopâtre, entre Roma et Alexandrie… Par contre, il passe sous silence de nombreux éléments de l’histoire, ce qui est bien normal car les auteurs n’avaient nullement l’ambition de faire œuvre d’historien… on oublie donc que Cléopâtre était marié à son frère, qu’elle était d’origine grecque, qu’elle avait beaucoup de différence d’âge avec Jules César… et que ce dernier n’était pas encore dans une position de force absolue à Rome… Il faut donc lire et relire Astérix et Cléopâtre mais juste pour découvrir le talent d’un scénariste, René Goscinny…Pour Cléopâtre, on pourra lire avec plaisir le tome V du Troisième fils de Rome, Marc Antoine et Cléopâtre, de Moënard, Fonteriz et Baldo. Là, une fois encore, la fiction prend le dessus sur l’histoire. Mais c’est un parti pris des auteurs, car Romulus et Remus n’étaient pas seuls enfants de la louve, un fils secret était là et il aurait créé un ordre secret et noir pour détruire la ville de ses frères… Mais très vite, chaque album raconte un épisode de l’histoire de Rome en laissant peu de place à la fiction, trop peu de place diront certains… ici, dans ce tome V qui peut être lu indépendamment des autres, on va découvrir les dernières années de la République romaine et cette fameuse Cléopâtre qui après avoir aimé César tombera dans les bras de Marc Antoine… Une fin dramatique sans que l’on puisse dans cet album percevoir tous les tenants et aboutissants…Mais donc la question demeure, qui est cette fameuse Cléopâtre ? Là, il y a en bande dessinée une belle réponse, la biographie en plusieurs volumes de Marie et Thierry Gloris (pour le scénario) et Joël Mouclier (pour le dessin). Cette Cléopâtre, La reine fatale, série dont deux volumes sont déjà sortis, est très bien construite et le lecteur va plonger dans la connaissance d’une reine, d’un empire et de ses liens avec Rome… Ici les auteurs se sont taillé un chemin entre histoire et mythe, entre réalité et mythologie, entre clichés et rétablissements de vérités… Cela fonctionne très bien, on lit avec enthousiasme et plaisir, le dessin n’est pas figé et Jules César a bien les cheveux blancs, du moins ceux qui lui restent… J’ai beaucoup aimé cette lecture historique et cela m’a donné envie de découvrir qui était cette reine inconnue car finalement on ne la connait pas ou fort peu… Décédée à moins de quarante ans et enterrée avec son dernier amant, Marc Antoine, dans un mausolée que l’on n’a toujours pas retrouvé… tout dans sa vie porte à la construction d’un mythe ! Et les auteurs jouent remarquablement bien avec ces éléments-là ! Précisons que le dessin de Joël Mouclier est parfait pour rendre les expressions des personnages et donner une vie à cette cour lointaine… Une excellente bande dessinée !

Oui, il y a donc moyen de découvrir une reine égyptienne avec la bande dessinée et de naviguer entre réalité et mythe… Il faut dire que l’on chuchote depuis Suétone que si le nez de cette reine avait été différent, la face du monde eut pu changer !

Alors, bonne lecture à tous !

Notre-Dame de Paris…

Parfois les mots manquent pour exprimer ce que l’on ressent… D’ailleurs, même la notion de patrimoine est difficile à expliquer… Là, il reste les souvenir de cette silhouette qui confirmait que l’on était bien à Paris, le long de la Seine…

Tout n’est pas parti en fumée mais il faudra attendre très longtemps avant de retrouver cette image…

Harmony vous donne un petit goût de ce que fut ce festival de la BD de Cluny…

Ce dimanche 31 mars à Cluny s’est déroulé le deuxième jour de la vingtième-et-unième édition du Festival de la BD, dans l’Abbaye, et au milieu des étudiants en blouse bariolée de l’ENSAM, donnant ainsi l’impression de déambuler au sein de Poudlard.Cette année, la marraine du festival était Yrgane Ramon, que l’on retrouve derrière Cath et son chat, série d’ailleurs mise à l’honneur sur l’affiche dont la dessinatrice a été chargée, conformément au rôle important qu’elle a tenu durant cette édition.Les visiteurs ont ainsi eu droit à bien des choses intéressantes. Des bandes-dessinées, des grands classiques aux dernières nées, étaient à vendre. De même, bien des auteurs étaient présents, pour des séances de dédicace, à condition bien sûr d’être suffisamment patient. En effet, le succès de certains d’entre eux était tel qu’il fallait prévoir un certain temps d’attente dans la queue avant d’obtenir ce que l’on voulait des invités.Mais ce n’était pas tout! L’une des salles était mobilisée afin d’héberger l’exposition concernant Le bruit de la machine à écrire, œuvre produite par Hervé Loiselet et Benoît Blary. Un ouvrage qui traite de l’un des plus grands mystères de Cluny, et qui, on en est certain, saura plaire aux passionnés d’Histoire, et plus particulièrement de la Seconde Guerre Mondiale…

Shelton rencontre Céline Théraulaz à Cluny…

Comme vous en êtes rendu compte, cette année, au festival de la bande dessinée de Cluny, je n’ai des yeux que pour les livres pour la jeunesse ou presque. Au départ, ce n’était pas un parti pris déclaré, mais en fait c’est venu très vite… A cela deux raisons : d’une part à force de fréquenter les salons de la bande dessinée, il y a de nombreux auteurs que l’on a déjà croisés. D’autre part, étant grand-père – et cela je l’assume entièrement – il me faut toujours trouver quelques ouvrages à rapporter à mes petits lecteurs… C’était donc décidé, j’allais me consacrer aux auteurs pour la jeunesse, auteurs trop souvent oubliés…Pour ce qui est de leur présence au festival de Cluny, elle est attestée quasiment depuis la création et pour ma part, chaque fois que je suis venu, ils étaient bien là… C’est une excellente chose, soit dit en passant, car de nombreux festivaliers viennent en familles et sont heureux de trouver des auteurs pour tous les âges… pour tous les goûts aussi !Céline Théraulaz était donc ici à Cluny, a priori pour la première fois et je ne la connaissais pas du tout. Elle présentait plusieurs ouvrages, certains étaient des illustrés pour la jeunesse, d’autres des bandes dessinées pour les enfants, enfin, elle est même l’autrice d’une bédé pour les futurs parents… Quand on est pédagogue, quand on vulgarise, autant le faire pour tous les publics et utiliser sa propre expérience… Une jeune maman parle aux futures mamans… D’ailleurs, Céline Théraulaz me glisse qu’elle fait même dans l’illustration de livres scolaires !Si on veut être complet sur le travail de Céline Théraulaz, il faut dire que cette graphiste illustratrice travaille tous azimuts y compris pour la presse car elle collabore à « Charlotte aux fraises »… Oui, c’est un magazine féminin pour les jeunes filles, les très jeunes filles, de 4 à 8 ans, mais je sais qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre à lire régulièrement son mag… non mais !Quant à Céline, je peux même vous dire qu’elle n’hésite pas à illustrer sur un mug, à proposer au public de belles illustrations originales pour encadrer dans la chambre des enfants… Bref, elle est partout !Pour revenir à une de ses dernières créations, la série « Maman et moi », aux éditions Clair de Lune, une bande dessinée pour enfants écrite avec Marc Cantin, elle raconte les prochaines vacances de Chloé et de sa maman… Or, quand on parle de vacances aux enfants, surtout, bien sûr, de vacances chez les grands-parents… on ne peut que plonger dans le bonheur ! Pour les parents lecteurs, il y aura aussi un peu de nostalgie puisqu’il s’agira de la cabane de notre enfance…Voilà donc encore une belle rencontre avec une autrice bien sympathique. Merci !

Nota bene : mon correcteur d’orthographe a beau me souligner en rouge « autrice », je rappelle que ce mot existe bien et qu’il est même conseillé de l’utiliser. C’est en tous cas le souhait de l’Académie Française !

Shelton rencontre Marie-Pierre Emorine à Cluny…

Marie-Pierre Emorine est une illustratrice et graphique qui habite Charnay-les-Mâcon et c’est de façon naturelle qu’elle accepte depuis une dizaine d’année de venir participer au festival de la bande dessinée de Cluny, salon atypique qui unit dans une même passion la bédé et le livre jeunesse… Ainsi,  c’est la famille qui trouve des auteurs et des livres pour un bonheur sinon partagé, au moins simultané !Marie-Pierre Emorine présentait là son petit dernier, L’îlot de sable blanc, qui en fait était en avant première sur le festival… Un magnifique album qui traite du respect de la nature, de l’environnement, du soin à apporter à notre planète… Enfin, tout cela avec légèreté car il s’agit bien avant toute chose d’une belle histoire pour la jeunesse…Nous avons choisi pour une de nos petites-filles un ouvrage qui parle de nature différemment car il est question là de Fées ! « Les fées de la nature »… Il y a les fées de la nuit, celle qui accompagne l’enfant au pays des rêves mais il y a aussi celle qui est au large du Pays Basque, celle qui est dans les sables profonds et chauds, les fées des arbres et celles des fleurs… et il y a même la fée des tempêtes !Oui, si on prend bien le temps de regarder la nature on ne peut que constater qu’elle est protégée, animée, mis en valeur par une multitude de fées bien sympathiques… Mais, nous, prenons-nous bien soin de ces fées ? Faudrait-il encore prendre le temps de les découvrir, de les regarder… Cet ouvrage pourrait bien être là pour nous conseiller d’ouvrir les yeux…

Durant de nombreuses années, j’ai appris à mes enfants à ne pas écraser les korrigans jouant dans la lande bretonne… et à force de regarder dans l’herbe en se penchant, ils les ont bien vus et ne les écrasent pas…

Les illustrations de Marie-Pierre Emorine sont de grande qualité et peuvent être admirées aussi bien par les petits que par les grands. Un peu comme si les livres et la nature étaient pour tous… d’ailleurs, il me semble que l’on devrait parler de livres illustrés, tout simplement, et pas de livre jeunesse… ce dernier terme est trop réducteur… Comme si un adulte n’avait pas le droit de s’offrir un bel album pour découvrir les fées de la nature… Au non de quoi, je vous le demande ?

Marie-Pierre Emorine a déjà illustré une cinquantaine d’ouvrages et on trouve sans trop de problème une bonne moitié en librairie, quitte à commander. « Les Fées de la nature » est publié chez Ecce, « L’îlot de sable blanc » chez Mazurka…

Donc bonne lecture à tous !!!

Shelton rencontre Sess à Cluny…

Un jour, Wandrille m’a donné une bande dessinée et m’a demandé de la lire, d’en parler à la radio, d’en faire la promotion car, pour lui, c’était une réussite éditoriale, je n’ai pas dit commerciale ni financière… C’est ainsi que j’ai lu « Papa pas prêt ». Immédiatement, je l’avoue, j’ai adoré, fait lire, fait tourner… Mais je n’avais pas, en fait, interviewé l’auteur, un certain Sess…Quelques années plus tard, lors du 21ème festival de la bande dessinée de Cluny, je vois un auteur jeunesse au milieu des auteurs de bédés et après quelques minutes de discussion, il accepte de répondre à mes questions… On parle essentiellement de livres pour la jeunesse, la collection Clara et Fulgur Alex en particulier.Un des derniers sortis de cette série, « Super-Héros sous hypnose », fera l’objet d’une dédicace pour un de mes petits-enfants… Oui, je ne vous avez pas dit mais un de mes petits-enfants est bien tout simplement un super-héros mais n’ébruitez pas trop l’information qu’il puisse vivre en paix… Et c’est seulement en rentrant à la maison que j’ai fait le rapprochement avec la bande dessinée « Papa pas prêt » qui m’avait tant plu…Bon, maintenant, je le connais et la prochaine fois je prolongerai la discussion… Merci Sess pour ces minutes passées ensemble !

Ouverture du festival de la BD de Cluny, par Harmony, étudiante

Ce jeudi 28 mars à Cluny s’est tenue une conférence-débat dans le cadre du Festival de la BD de Cluny. Animée en particulier par Hervé Loiselet dans le cloître de l’Abbaye, aujourd’hui occupé par l’ENSAM, son sujet était la bande-dessinée intitulée Le bruit de la machine à écrire. Cet ouvrage a été scénarisé par Hervé Loiselet lui-même et dessiné par Beboît Blary.Mais de quoi parle cette œuvre, au juste ? Il ne s’agit ni plus ni moins que de la reconstitution d’une « drôle » d’affaire remontant à la Seconde Guerre Mondiale…C’est l’histoire de Christa Winsloe et Simone Gentet. Fuyant la violence, elles s’installent à Cluny en février 1944, agissant pour la Résistance. Seulement, leur comportement attire l’attention, dans le sens péjoratif du terme. Une fois arrivées, elles visitent l’endroit, ses environs. Chose peu commune venant de deux parfaites inconnues, dans la ville de Cluny qui vient de subir le traumatisme d’une rafle de 200 personnes, évènement traumatisant compte tenu de la taille du bourg. Mais il n’y a pas que ça : ce sont deux fêtardes, formant un couple lesbien, ce qui est atypique à l’époque. De plus, les deux femmes, directes, disent ce qu’elles pensent souvent sans filtre…Par ailleurs, travaillant le soir avec une machine à écrire, et Christa recevant beaucoup de courrier, on les soupçonne rapidement de travailler pour la Gestapo. La rumeur se répand…

Elles seront enlevées et abattues le 10 juin 1944 par des résistants, sans aucune preuve de leur dévouement au régime nazi.Suivant un procédé narratif volontairement circulaire, l’œuvre retrace une affaire historique floue, s’intéressant à ses différents acteurs, entre retours en arrière, détails et moments clés. L’œuvre aborde la question de la place de la Femme dans la Résistance, les conséquences de l’arrivée de deux artistes dans un village fraîchement marqué par la cruauté humaine, ainsi que les côtés sombres de la Résistance.Pour cette conférence marquant le début du 21ème festival de la BD de Cluny, il y avait de nombreux étudiants de l’ENSAM, les organisateurs de cet évènement…

Quand la danse nous transporte au paradis…

La soirée d’hier soir, vendredi 15 février 2019, à l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône, avait des relents de saveurs paradisiaques. Enfin, pour ceux qui croient qu’il existe bien un paradis… Pour les autres, parlez de vos rêves les plus fous, de vos fantasmes de bonheur, de vos espérances de sérénité et autre plénitude… Moi, j’ai toujours envie de croire que le paradis existe et je me demande parfois s’il ressemble à une magnifique bibliothèque, à un repas gastronomique, une symphonie tumultueuse ou un ballet magistral ! Hier soir, j’ai comme compris que ce pouvait être un ballet, s’il venait de Lorraine, bien sûr !

En effet, la venue du CCN-Ballet de Lorraine à l’Espace des arts restera dans la mémoire d’une grande partie du public car les chorégraphies étaient de qualité – Twyla Tharp et Merce Cunningham – et l’exécution sous la direction de Petter Jacobsson à la limite de la perfection. C’est d’ailleurs cette perfection – ou son approche – qui m’a fait penser au paradis…

La première pièce, Sounddance, a donné immédiatement le tempo de la soirée. Difficile de vous dire ce que j’ai ressenti mais je vais essayer quand même… J’avais le sentiment de voir des être vivants – peut-être des animaux – tous différents en pleine action. Chacun donnait le sentiment de mener sa vie sur une musique surprenante, très contemporaine, de David Tudor. Ce compositeur américain est connu pour sa musique expérimentale, voire industrielle. Je fais partie de ceux qui aiment et donc je n’ai pas été surpris ni gêné, j’ai pu apprécier ce que chorégraphe et danseurs allaient pouvoir en faire… C’est alors que ce qui pouvait sembler de la danse individualiste ou chaotique a pris son sens… C’est un peu comme dans la jungle… Chaque animal mène sa vie, peut être admiré en tant que tel puis, l’heure venue, tous se dirigent vers l’eau du fleuve pour boire et on admire le collectif… c’est un peu ce que j’ai ressenti dans un premier temps…Puis, j’ai mesuré le rythme, la performance, la technique dont faisaient état les danseurs… Une merveille, tout simplement… Rapidement, même les moins sensibles à la musique n’avaient plus que d’yeux pour les danseurs et ce qu’ils réalisaient devant nous… Et quand le rideau tombe, on est là en se disant que l’on vient de vivre un évènement, quelque chose de particulier et que cette expérience va rester dans nos mémoires définitivement… et comme quand on regarde la nature, on ne garde pas un danseur ou un autre, un animal ou un autre, mais bien tout un ensemble magique et paradisiaque…

La seconde pièce m’a moins touché et m’a permis de reprendre des forces pour le ballet In the upper room, un moment étonnant avec une musique de Philip Glass spécialement écrite pour ce ballet. Et là, plus de doute j’étais bien au paradis…

Comment vous dire ce qui se passe lors d’un tel ballet… Premières notes, premiers mouvements, premières énergies et on quitte notre siège – pourtant de qualité depuis la rénovation de l’Espace des arts – et on atteint en quelques instant un nirvana lointain, magique, sacré, divin, inconcevable quelques minutes avant le lever de rideau… Ce n’est pas artistique, ni technique, ni physique, ni dynamique, ni fou, ni endiablé – tiens, pour un paradis l’image est osée ! – mais c’est tout cela à la fois et pendant 45 minutes on ne sait plus où donner des yeux, des oreilles, de la tête et du cœur… Tout s’enchaine, tout se voit, tout se dit, tout se montre et on absorbe tout sans en laisser une miette…Vous allez me dire avec raison, certainement, que la danse ne dit rien, qu’elle n’est pas si porteuse de sens, surtout quand elle contemporaine et je vous répondrais avec certitude que vous ne deviez pas être là hier soir à l’Espace des arts ! Car, hier, elle était tout cela et même plus !

Finalement, le plus difficile, ce fut de se retrouver dans son fauteuil et de se lever pour repartir dans le froid et dans la nuit… On était si bien au paradis !

Pascal Regnault vient pour une séance de dédicaces à Chalon-sur-Saône…

Pascal Regnault vient à Chalon-sur-Saône samedi 16 février, à la librairie L’antre des bulles pour une magnifique séance de dédicaces à partir de 15h. Ce sera l’occasion de rencontrer et deviser avec le dessinateur des histoires Trou de mémoire et Balle tragique pour une série Z, deux bandes dessinées dont je vous ai déjà parlé… Mais, Pascal Regnault c’est aussi un dessinateur qui s’est retrouvé progressivement aux commandes graphiques de la série Canardo, excusez du peu !Canardo est une série qu’a créée Benoît Sokal à partir de 1978 en collaborant au magazine (A suivre). Au départ, ce furent des petits récits puis on en vit à des histoires longues qui prirent place dans de très beaux albums… J’avoue avoir aimé ce canard, que dis-je, cet inspecteur pas très futé, un privé à l’ancienne, capable de quelques facilités, approximations et autres vulgarités… mais qui finit toujours, plus ou moins, à conclure le travail… On dit que ses modèles furent Philip Marlowe et Mike Hammer. Oui, vous l’avez bien compris, on est au cœur du roman noir américain… Le vieux polar couvert de poussière que l’on dégage à coup de souffle pour le plaisir…Attention, roman noir mais bande dessinée animalière et en couleurs… L’inspecteur est bien un canard anthropomorphe. Comme souvent ses illustres modèles, il est alcoolique, fumeur, dragueur, dépressif… Mais tout cela en beaux dessins en couleur ce qui évite aux lecteurs la chute trop violente dans cet univers glauque car ici on est bien au cœur du glauquissime !Seulement voilà, Benoît Sokal n’est pas le genre à se laisser enfermer dans une seule série, une seule activité même s’il fait tout du scénario au dessin sans oublier les couleurs… Aussi, en 1994, quand il se lance dans le jeu vidéo, une autre de ses passions, il pense à se faire aider sur la série Canardo… La rencontre entre Pascal Regnault et Benoît Sokal a lieu grâce à un intermédiaire et finalement le contact initial se transforme en collaboration… qui dure ! Le créateur de Canardo lui demande de travailler avec lui pour garder le rythme d’un album par an… Au départ une aide graphique, les couleurs puis le dessin seul !Alors, oublions un instant Pascal Regnault qui s’est fondu dans la série et revenons à Canardo lui-même… Depuis quelques albums, il se passe des évènements dramatiques dans le duché du Belgambourg… En effet, la population wallonne, du moins la partie ouvrière et populaire, passe clandestinement le lac Belga pour venir « envahir » le duché qui vivait paisiblement… Jusqu’à cette date, les seuls étrangers qui arrivaient au Belgambourg venaient pour ne pas subir leur fiscalité nationale, pour blanchir des revenus pas très nets, pour vivre paisiblement de leur fortune… Ainsi, on verra l’ancien policier Garenni prendre la tête de la police du lac…

Attention, il ne faut pas que je vous en dise trop car ces albums (Mort sur le lac, La mort aux yeux verts, Un con en hiver) sont liés entre eux et je dois préserver le suspense. Oui, je sais bien que le suspense n’est pas le point capital de la série, il n’en demeure pas moins que dans une série policière on ne peut pas tout vous dire si on veut que vous puissiez lire avec plaisir… Donc, je vais faire état de mon devoir et droit de réserve !

Il n’en demeure pas moins que l’on sent un renouveau et une redynamisation de la série. Au scénario, Benoît Sokal est aidé par son fils Hugo et au dessin, Pascal Regnault œuvre seul avec assurance et talent. Le tout fonctionne très bien, c’est le bonheur garanti pour les lecteurs et il se dit même que certains lecteurs des origines qui avaient oublié la série y reviennent avec délectation…

Il me semble donc juste et raisonnable de venir rencontrer à Chalon, ce samedi 16 février 2019, Pascal Regnault qui est bien en train de devenir un grand de la bande dessinée ! C’est en tout cas mon avis et je suis fasciné par ses talents pour mettre en scène ces histoires policières et noires qu’il semble bien aimer !