Rencontres à Angoulême : Terry Moore avec Julie

Dans le cadre du Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême, j’ai eu la chance de rencontrer Terry Moore, auteur de BD telles que « Motor girl », « Strangers in Paradise », « Echo » ou encore « Rachel rising ».

Lors de cette interview, je me suis principalement concentré sur la BD « Motor girl », la dernière parue en langue française. Pour faciliter la compréhension de cette rencontre, j’ai choisi quelques thématiques…

La présence des femmes dans les œuvres de Terry Moore 

Cet auteur souhaite vivement écrire et dessiner des histoires à propos des femmes. En effet, il trouve qu’il n’y a pas assez de femmes dans les œuvres (qu’elles soient cinématographiques, littéraires,…) et lorsqu’il y en a, elles ont un rôle qui ne met pas en valeur leur force, leur présence, leur humanité…

« Nous avons besoin de plus d’histoires parlant de femmes fortes ! »Tout d’abord, il a commencé à réfléchir à propos de l’étiquette donnée aux femmes dans notre société. Il ne pouvait s’empêcher de penser à cela car il se demandait ce que c’est d’être une femme et de vivre sur cette planète à notre époque. Il pensait notamment aux rencontres que font les femmes tout au long de leur vie, considérant que les femmes ne savent pas si le prochain homme qu’elles vont rencontrer sera un ami ou bien un prédateur…

« C’est juste une expérience de vie totalement différente par rapport à celle d’un homme. »

Lorsqu’il méditait ainsi, y ajoutant par ailleurs les relations d’amour et d’amitié, il a été pris par l’idée de rédiger une histoire sur ce thème, avec le point de vue d’une femme. Quand il commence à écrire, il ne comprend pas toujours où il va, il se laisse porter même s’il ne comprend pas toujours où il va. Il voulait développer ce qu’on sait le moins sur les femmes et ne pas rester sur ce que la majorité des gens connaissent explicitement ou implicitement. Il voulait aller au-delà des stéréotypes !

De cette volonté a découlé un long processus de découverte sur le thème afin de ne pas totalement naviguer à l’aveugle. Avant d’écrire, l’auteur explore, recherche, rumine… Le processus est long…

Le fossé entre les hommes et les femmes

Dans les histoires et dans les films, nous sommes habitués à avoir peur des « grands méchants » sous les traits d’hommes forts. Terry Moore aime les histoires où le cliché est inversé et il joue avec cela pour créer des histoires originales : dans une de ses séries, il y a un serial killer qui terrifie la ville or… cette personne tant redoutée s’avère être une fillette de 10 ans !Par ailleurs, dans une optique d’inversement des clichés, le personnage principal de « Motor Girl », Samantha, est une ancienne marine qui ne se laisse pas faire. Jouer avec les clichés est pour lui une grande source d’amusement car il aime casser les codes et choisir les mauvais acteurs comme il le dit lui-même si bien.

Focus sur le personnage de Samantha dans « Motor Girl »

L’idée de Samantha est dans la tête de Terry Moore depuis longtemps mais elle est restée de côté un certain temps car il était occupé à créer « Strangers in Paradise », « Echo » et « Rachel Rising ». Au tout début, il avait imaginé Samantha comme une mécanicienne spécialisée dans les motos et ayant comme petit ami un gorille.

Lorsqu’il a commencé le livre, une nouvelle a retenu son attention : le syndrome du stress post-traumatique concernant une grande majorité des soldats revenu de la guerre était une réalité.

« D’un côté l’Amérique est occupée à attaquer tout le monde et de l’autre côté de l’histoire, tous les soldats reviennent de guerre et ils sont pour la plupart atteints d’un syndrome de stress post-traumatique car ils ont fait quelque chose qui n’est pas naturel. »

Voyant que les soldats n’arrivaient pas à reprendre une vie normale de retour dans leur pays, il n’a pas pu se résoudre à faire de Samantha une fermière ou un jardinier après qu’elle ait été rapatriée en Amérique.

Motor Girl est ainsi devenu une œuvre montrant comment les soldats, de retour de la guerre, se reconstruisent après tous les traumatismes qu’ils ont subis.

Focus sur le personnage de Mike, le gorille

Tout au long de « Motor Girl », Samantha est accompagnée d’un gorille nommé Mike. La première question à laquelle il faut répondre est tout simplement « pourquoi est-ce un gorille? ».

La réponse est très simple: c’est le personnage le plus viril qui puisse exister pour Terry Moore.Ce gorille n’est pas une première pour Terry qui avait déjà imaginé et dessiné un gorille habillé en homme d’affaires ayant un travail et une femme, dans le cadre d’un comics dont il était l’auteur. Dans « Motor Girl », Mike a une symbolique très importante mais je ne vous en dirai pas plus au risque de vous gâcher la lecture alors même que vous n’avez pas commencé le livre…

Entre réalité et imagination…

Dans cette BD, il y a un gros travail autour du mystère de ce qui existe réellement et de ce qui n’est que pure imagination. Les deux sujets de ce « jeu » sont Mike et les Aliens qui débarquent dans le désert (à côté de la maison où Samantha vit). Je n’en dirai pas plus mais c’est une réflexion et un travail sur les liens entre l’imaginaire, la création, la psychologie de l’auteur – et du lecteur aussi – le tout donnant à une œuvre son poids !

Les personnages préférés par l’auteur

Terry Moore m’a expliqué préférer deux personnages de ce one shot: Mike et l’Alien.

Mike: Compte tenu de son expérience en tant que dessinateur de cartoons, il a expliqué tout particulièrement apprécier dessiner des gorilles.

L ‘Alien: Le style très années 50 qu’il a donné à ce personnage lui plaît énormément.

Son style de dessin en noir et blanc

Terry Moore a choisi un style de dessin en noir et blanc car cela va plus vite. En effet, s’il travaillait ses BD avec de la couleur, il prendrait deux fois plus de temps avant de les envoyer à l’impression or, compte tenu de ses impératifs en matière de délais, s’autoriser la couleur n’est pas envisageable. Ceci étant, cela ne répond pas à la question fondamentale de ce que pourrait bien apporter la couleur à une narration graphique si forte et si efficace !

Les projets à venir

Terry Moore travaille actuellement sur sa prochaine série intitulée « Everlasting ». Pour le moment aucune information ou image n’a été divulguée aussi je ne pourrai malheureusement pas vous en dire d’avantage…

Je retiens de cette interview une grande satisfaction : Terry Moore est un auteur tout à fait sympathique avec qui ça a été un plaisir de discuter. N’ayant lu que deux de ses œuvres je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de beaucoup discuter, cependant je suis désormais déterminée à lire ses autres BD ! Vous aussi peut-être ?

Rencontres à Angoulême : Sylvain Ferret avec Michel

Nous sommes à Paris en 1858 quand commence cet album Métamorphoses 1858, le premier album de Sylvain Ferret (dessinateur) et Alexie Durand (scénariste). Nous sommes dans un appartement et un jeune garçon vient à la rencontre de Stanislas Andrzej… Il faut dire que le garçon est à la recherche de sa sœur, disparue dans l’indifférence policière, tandis que Stanislas est, entre autres, détective amateur… J’ai oublié de préciser, qu’il y a aussi Joseph, un colocataire médecin… Pour un peu, on se croirait presque dans un Sherlock Holmes… Enfin, pas tout à fait…Sylvain Ferret est un jeune auteur qui avec ce scénario familial – Alexie Durand est bien de sa famille – trouve une histoire à la hauteur de son jeune talent. Le dessin est très bon et la narration graphique juste et efficace. On s’y croirait bien dans ce Paris de 1858. On sent à travers les dessins les odeurs, on entend les bruits, on ressent la chaleur, l’humidité, les transpirations, les mouvements… Du coup on vit cette enquête par l’intérieur sans tomber dans des discours inutiles et qui ralentissent trop souvent les bédés policières… D’ailleurs est-ce bien une bande dessinée policière ?Bon, certes, il y a bien la recherche d’une jeune femme, couturière et sœur de ce garçon bien sympathique qui est venu embaucher Stanislas avec ses quelques pièces… D’ailleurs, très vite, on va s’apercevoir que ce n’est pas une mais trois jeunes femmes qui ont disparu… Mais cette histoire n’est peut-être pas que du polar… Allez savoir !Alors, oui, chez ces deux auteurs, jeunes auteurs en bande dessinée, il y a un peu de Conan Doyle, mais aussi un peu de Mary Shelley et leur album porte une petite dose de Jack l’éventreur avec une ambiance digne des bas quartier de Londres même si on est bien à Paris… Enfin, on peut aussi évoquer les enquêtes d’Harry Dickson par la petite pincée de fantastique qui traine ici ou là…

Autant vous le dire sans précaution d’usage, j’ai adoré cette bande dessinée et j’ai été très content de rencontrer Sylvain Ferret, le dessinateur, durant ce festival d’Angoulême 2019. En plus c’est l’un des rares auteurs qui me fait lever la tête pour le saluer car il est nettement plus grand que moi…

L’entretien fut des plus sympathiques et j’avoue que j’espère à l’occasion du prochain album – le plus vite possible car le suspense est intenable – rencontrer aussi Alexie Durand la scénariste. Une très belle surprise de ce début d’année 2019 en bédé…

Rencontres à Angoulême : Cyril Trichet avec Michel

Les arcanes du Midi-Minuit est indiscutablement une bonne série policière et fantastique de bandes dessinées. Les auteurs, Jean-Charles Gaudin pour le scénario et Cyril Trichet pour le dessin, maitrisent parfaitement leur ouvrage et font preuve de compétences certaines pour doser tous les éléments de cette série. L’intrigue policière est forte, complexe, solide et cohérente. L’aspect fantastique est bien présent mais n’étouffe pas l’aspect policier. Enfin, les personnages sont crédibles, humains, attachants et on a envie de les suivre dans les enquêtes et dans la vie tout simplement…Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, précisons qu’en gros chaque album raconte une enquête même s’il y a bien quelques éléments qui interfèrent d’un album à l’autre… Jim Mc Kalan est un agent secret et renommé du royaume, peut-être même le meilleur agent spécial du roi… Sa cousine, Jenna, est horlogère et la bijouterie est le « Midi-Minuit ». Elle a pris l’habitude de donner un coup de main à son cousin chaque fois que cela était possible. Mais bizarrement, au moins dans les premiers albums, on ne voit jamais Jim et Jenna en même temps…Alors, bien sûr, je ne vais pas vous raconter tout cela en détail mais seulement vous dire que du côté de York City il se passe quand même des évènements quelque peu atypiques… C’est Cyril Trichet, le dessinateur, que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors du festival de la bande dessinée d’Angoulême et c’était à propos du tome 14… Oui, la série a commencé en 2002 et cela ne nous réjouit pas tant que cela…Alors, bien sûr, plus la série avance et plus on en apprend sur Jim et Jenna, plus les choses deviennent complexes, plus le dessin est délicat pour Cyril Trichet qui doit aller même jusqu’à… enfin, je ne vais pas tout vous dire et vous n’avez finalement que 14 albums à lire pour me rejoindre dans l’histoire…Durant le festival international de la bande dessinée d’Angoulême, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rencontré Cyril Trichet, qu’il m’a parlé longuement de tous les éléments de cette série et qu’il m’a même dessiné une Jenna sur mon livre d’or… Que du bonheur ! Par contre, je n’ai pas réussi à intéresser un étudiant à cette série…

Rencontres à Angoulême : Anthony Pastor avec Michel

Je ne connaissais pas personnellement Anthony Pastor. Mais, je lisais certains de ses travaux avec plaisir et même passion comme Le sentiers des reines et La vallée du diable. Quand j’ai lu son dernier ouvrage, No war, j’ai ressenti le besoin de le rencontrer. Angoulême et son festival international de la bande dessinée m’en a donné l’occasion et c’est ainsi que dès le jeudi après midi, sur le stand Casterman, je pouvais rencontrer Anthony en compagnie de Bazir, étudiant, à qui je n’ai pas pu donner l’initiative de l’interview… Pas encore assez sûr de lui, il est resté dans mon ombre protectrice et s’est juste un peu lâché à la fin en parlant avec Anthony de techniques graphiques, sa passion…No war est un livre à la fois très différent et très proche des autres… En effet, No war est d’une certaine façon une forme de prolongement du précédent, La vallée du diable. On est sur une île, c’est un premier point commun, mais ce n’est pas tout. Cette île, l’état du Vukland, bien qu’imaginaire et située dans l’Atlantique nord – une sorte d’Islande revue et corrigée – ressemble un peu à la Nouvelle Calédonie… comme le peuple Kivik n’est pas sans rappeler le peuple Kanak ! Enfin, les femmes sont bien au cœur de la problématique car il s’agit bien de savoir qui on est, d’où on vient… Les femmes transmettent l’appartenance à un peuple comme le comprend bien Run, coincé entre un peuple par sa mère et un autre par son père… Il ne sera jamais un Kivik comme sa mère…Mais No war est aussi une histoire politique qui dit beaucoup sur nos démocraties, sur l’honnêteté en politique, sur les manipulations, sur le peuple, sur les élections… Bien sûr, ce tome 1 a été écrit et dessiné bien avant la crise dite des gilets jaunes mais on sent bien que l’auteur pressentait une crise de nos systèmes… une crise en profondeur !Après, nous avons parlé graphisme bien sûr car Anthony Pastor a choisi une narration graphique différente de celle du Sentier des reins, tout simplement parce qu’il fallait qu’il trouve le « ton juste » pour cette histoire et, à mon avis, il l’a bien trouvé !

Une très belle rencontre, des échanges denses et agréables et le tout autour d’une très bonne bande dessinée !

Un mercredi à Angoulême au coeur des expositions ! par Julie

C’est sous un ciel gris qu’a débuté cette longue et palpitante journée de mercredi.

La première étape a été la récupération des badges « Presse » auprès du bureau des accréditations. Il va s’en dire qu’il y avait comme un sentiment de fierté sur chacun des visages à la sortie de la pièce alors que nous arborions tous avec fierté ce petit badge (et de manière anecdotique un petit bracelet bleu scellé à nos poignets pour les 4 jours).Fièrement accrédités et pleins d’entrain, nous avons visité la salle de presse. L’admiration que j’ai pour cette pièce s’est sans doute entendue puisque je prononçais des onomatopées telles que « Ooh » « Ahh » durant quelques minutes après être entrée. Le principe des meubles en carton est tout bonnement F.A.N.T.A.S.T.I.Q.U.E (bien qu’il manque quelques éléments pour que le confort soit optimal).

La journée a été occupée à la visite de diverses expositions aussi variées que passionnantes.
Michel et Sabine se sont rendus à trois expositions : celles de Manara, Richard Corben et Jérémie Moreau.Au cours de l’exposition de Manara, les visiteurs ont été accompagnés par Milo Manara lui-même qui découvrait en même temps qu’eux l’exposition. Le petit clin d’œil aux dessins de son portfolio de jeunesse lorsqu’il cherchait à être édité a beaucoup plu.

L’exposition de Richard Corben revêtait un intérêt spécifique dans le sens où ce dessinateur américain a eu et a encore une réelle influence sur tous les dessinateurs de la BD dans le monde entier.

Enfin, l’exposition de Jérémie Moreau et les explications données par celui-ci (sur ses influences, son travail,…) ont été considérées comme éclairantes et passionnantes par les visiteurs du jour.Du côté des étudiants, tout le monde s’est rendu à des expositions diverses et variées. Les expositions de Bernadette Després, Taiyo Matsumoto, Nihei, Batman et ses 80 ans ont ainsi pu dévoiler leurs charmes auprès du groupe d’étudiants-reporters que nous sommes.A parler des expositions j’en ai oublié un élément absolument important : un des étudiants a réalisé la première interview de la semaine ! Que dis-je ? Une étudiante portant le nom de … (roulement de tambour) Estelle !

Après cette journée bien fatigante (et pourtant nous ne sommes que mercredi…), tout le monde s’est rendu à la médiathèque afin d’assister à l’inauguration officielle du Festival.

Aux vues du nombre de personnes, il était impossible de s’asseoir sur un siège alors nous avons dû opter pour une solution certes moins confort mais faisant du bien malgré tout : poser son séant sur le sol. Ce problème s’est finalement vite résolu puisque l’inauguration a commencé et a ainsi emmené les journalistes à avancer afin de prendre LA photo parfaite, nous laissant le choix d’une meilleure place.

Pour en venir à l’inauguration, il ne s’agissait là que de discours bien écrits (et bien lus), mais il y eu malgré tout des évènements tout à fait intéressants à l’image de la remise des prix à différents auteurs.

Outre ces auteurs récompensés, une autre chose a rendu cette inauguration pleine de rebondissements : le fait qu’il y ait trop de monde et qu’ils soient tous trop grands pour que je puisse voir ce qu’il se passait sans trouver des solutions alternatives. Certes je ne fais que 1m54 mais je peux dire que les gens étaient trop grands car ce n’est qu’une histoire de point de vue.

Après avoir tenté les marches d’escaliers (qui ont été un échec car même sur la pointe des pieds je ne voyais pas grand-chose), j’ai trouvé LA solution : regarder entre les marches de l’escalier ! Je conçois bien volontiers que les gens m’observaient assez étrangement alors que je regardais avec passion les escaliers. Rassurez-vous j’ai trouvé une autre solution : regarder le reflet de la vitre !

Après l’inauguration (et après avoir goûté à quelques-unes des merveilles posées sur la table de réception), nous sommes repartis dans le gîte.

Après un petit brief et une salade variée décomposée nous sommes allés dans nos chambres respectives et pour tout vous dire, le fait d’être dans mon lit me donne envie de dormir au plus haut point alors je vous abandonne afin de rejoindre les bras de Morphée… Bonne nuit !

Un mardi à Angoulême en attendant le festival… par Dorian

2eme jour, le manque de réseau dans notre quartier général commence déjà à ce faire sentir. Nous avons dû nous rendre au cœur d’Angoulême pour avoir notre dose de connexion et pouvoir vous partager nos péripéties du premier jour.C’est donc par un temps grisâtre et une pluie glacée que nous sommes arrivés à destination. Michel était déçu, il était venu en T-shirt dans l’optique de bronzer un peu.
Nous avons ensuite mangé dans un restaurant spécialiste des légumes. L’occasion pour certains de déguster une purée de patates douces et pour d’autres, une tarte au maroilles (mon légume préféré).

La pluie s’étant calmée, et n’écoutant que notre courage, nous avons fait un petit tour de la ville pour repérer les lieux de nos prochaines interviews et admirer les fresques murales qui vous pouvez voir ci dessous.Nous sommes ensuite rentrés au QG pour préparer la suite des opérations après un goûter bien mérité.
Le soir, nous avons joué au jungle speed où certains ont pu y laisser quelques doigts et nous avons eu de vrais débats pour savoir par exemple quelle est la meilleure position pour dormir.

Enfin, tout le monde a pu se coucher paisiblement pour reprendre des forces (enfin pour moi pas tout de suite quand je me suis rendu compte que je n’avais toujours pas commencé cet article).

À demain !

Parlons Angoulême, maintenant que nous avons de la connexion !

Je me dis chaque année que c’est une véritable chance que de pouvoir rencontrer ces auteurs de bandes dessinées lors du festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Je sais bien que certains rechignent un peu à ces rencontres avec la presse. On perd du temps, les questions ne sont pas toujours pertinentes, certains journalistes ont « oublié » de lire les bandes dessinées, les « petits » auteurs ne bénéficient pas toujours des mêmes égards que les très grands… Bref, je peux concevoir que tout n’est pas rose…Pour autant, ces rencontres sont pour moi très importantes. On peut prendre le temps de discuter, d’échanger, de mieux comprendre la création des uns et des autres, percevoir des émotions que l’on n’envisageait pas, découvrir des motivations… C’est ainsi que l’on construit des émissions qui permettront aux auditeurs de découvrir des auteurs, d’ouvrir des albums, de lire des bandes dessinées… c’est aussi ainsi que je conçois le rôle de médiation entre le créateur et le public…Il est important, dans le choix des auteurs que l’on demande à rencontrer de peser tout et c’est très complexe. Il y a 1500 auteurs présents à Angoulême (chiffres 2019) et on avait planifié cette année 50 rencontres. Rien que cela fait réfléchir ! Un peu plus de 3% ! Autant dire rien ou presque rien ! Si on cherchait à ne rencontrer que des « grands » auteurs, on ne pourrait même pas découvrir un petit jeune…D’ailleurs pourquoi se limiter à une cinquantaine ? En fait, tout simplement parce que nous étions une équipe de 6 et que sur trois journées d’interviews – il faut laisser du temps pour les expositions et rencontres officielles – cela faisait en gros 6 interviews par jour (souvent nous faisions les rencontres à 2). Et c’est déjà beaucoup ! Une interview c’est, au minimum, un album à lire, une trentaine de minutes de rencontre, une heure de montage… Et je ne compte pas les déplacements dans la ville d’Angoulême car ici le festival est sur la ville entière ou presque et on passe son temps à courir, marcher, monter, descendre… et même parfois attendre car les horaires sont parfois un peu bouleversés…En plus, organisant un reportage avec mes étudiants, je suis obligé d’intégrer mes goûts mais aussi ceux des cinq qui étaient avec moi. Or, de toute évidence, en matière de bédé, les goûts sont très variés et c’est d’ailleurs très bien ainsi ! Mais nos cinquante auteurs choisis reflétaient cette différence… Il y avait des auteurs issus des blogs, des auteurs de mangas, des auteurs hyper classiques et d’autres beaucoup plus atypiques, des auteurs de plusieurs pays et même des interviews en anglais…Il y eut aussi les déceptions avec quelques impossibilités de rencontre : auteur ne venant finalement pas, auteur trop demandé, auteur préférant ne pas venir devant la presse… C’est ainsi qu’il fallut se passer de Philippe Ogaki, Milo Manara (heureusement rencontré durant l’exposition), Didier Tarquin, Patrick Sobral, Fab Caro, Benjamin Lacombe… D’autres rencontres se décidèrent au dernier moment, sur place, à chaud… comme avec Tony Valente ou Davy Mourier… Enfin, il demeurera certaines frustrations qui pousseront à revenir l’année prochaine…

Certaines rencontres furent très longues – et il va falloir travailler longuement et finement pour les diffuser dans les créneaux radio dédiés – tandis que d’autres furent plus courtes les auteurs – ou les intervieweurs – restant dans la réserve… N’oublions pas que pour ces étudiants c’était un baptême du feu, premières interviews de « grandes personnalités »… Ne souriez pas, quand vous avez lu, suivi, admiré des auteurs comme Julien Neel, Margaux Motin, Tony Valente, Boulet, Charlie Adlard, Davy Mourier… et que vous avez l’occasion de leur parler, de les interviewer et de diffuser à la radio votre travail, oui, il y a une certaine émotion, une certaine peur, une angoisse parfois, une joie intérieure et parfois même de très beaux moments conviviaux après…

Donc voici pourquoi autant de personnalités différentes devant nos micros, autant d’émotion, de bonheur, de découverte… Oui, nous n’aurons pas eu tous les auteurs mais nous sommes heureux d’avoir rencontré : Jérémie Moreau, Antoine Ozanam, Paul Guth, Terry Moore, Anthony Pastor, Cyril Trichet, Boulet, Aseyn, Etienne Le Roux,  Béka, Turf, Deloupy, Sylvain Ferret, Robin Cousin, Damien, Alexis Nesme, Relom, Lupano, Charlie Adlard, Christophe Bec, Olivier Jolivet, Nathalie Ferlut, Nicolas Barral, Davy Mourier, Julien Neel, Guillaume Bianco, Juliette Mancini, Elsa Abderhamani, Jérôme Hamon, Tako, Eric Corbeyran, Tony Valente, Nicolas Kéramidas, Bernard Yslaire, Julien Camp, Wallace, Damien Andrieu, Jean Dytar, Max Cabanes, Paul Salomone, Arthur de Pins, Fabien Toulmé, Didier Cassegrain, Fred Duval, Michel Bussi, Olivier Berlion, Christophe Simon, Hubert Maury, Nicolas Wild, Thimothée Montaigne, Hubert, Bertrand Gatignol, Pacco, Margaux Motin, Sylvain Ricard, Patricia Lyfoung…

Le déplacement vers Angoulême

Notre épopée à Angoulême démarre ce lundi matin sur le parking de l’IUT. Après l’arrivée des quelques retardataires, une impression d’accréditation de dernière minute, des derniers « au revoir » et un passage express chez Michel pour récupérer des provisions de BD et de nourriture, le voyage peut enfin commencer !

Les 6h de trajet sont partagées entre discussions, parties de jeux vidéo et étudiants en train de roupiller dans leur bulle musicale, déjà éreintés par tant d’efforts.

Une petite pause s’est imposée à l’heure du midi pour recharger nos batteries et les moins prévoyants ont ainsi eu le bonheur de vendre un rein pour déguster un sandwich made in aire d’autoroute.

Le reste du trajet est vite passé et nous sommes arrivés au gîte en fin d’après-midi. Nous avons pu apprécier le côté très champêtre des alentours et la rusticité de la maison. Tout le monde a ensuite pu s’adonner à une chasse au réseau très intense, ponctuée de surprises, de feintes et de déceptions. Ce sera donc l’occasion d’allier l’utile et l’agréable en prenant un bon bol d’air frais à chaque envoi d’SMS, yes !Nous allons donc pouvoir aussi travailler en toute sérénité, déconnectés de la turbulence des distractions de l’Internet mondial. Il faut aussi mentionner le fait que nous sommes un groupe très soudé (et pas seulement à cause du froid), dont les membres n’ont aucun secret les uns pour les autres (mais là les portes vitrées de salle de bain et l’absence d’isolation sonore y sont peut-être pour quelque chose).

Le dîner préparé par Michel et Sabine a été l’occasion de faire découvrir la boîte chaude à Dorian et Bazir qui furent conquis. La soirée s’acheva sur une longue partie de Pikto puis toute l’équipe s’endormit, bercée par la douce mélodie des ronflements de Michel.A demain pour de nouvelles aventures !

Préparons nos rencontres d’Angoulême 2019 : Mr et Mme Béka

Si vous avez appris à lire avec les aventures de Spirou, alors vous connaissez bien Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, Comte de Champignac… Des cheveux blancs, une grosse moustache de la même couleur, une passion spéciale pour les champignons, une curiosité scientifique incroyable… Voilà, vous y êtes ! Et, pourtant, vous seriez bien incapable de raconter sa vie… Et pour cause, personne ne savait ce qu’il avait vécu avant que Spirou et Fantasio n’entrent dans sa vie…

Grâce à un attelage de compétition, le couple Béké et le dessinateur Etien, le voile va se lever et on va découvrir ce que fut la guerre de Champignac ! Dit comme cela, les fans de la série Spirou pourraient avoir de se précipiter et les autres de partir à grandes enjambées… Pourtant, cet album pourrait décevoir les premiers et enchanter les seconds…

En fait, il faudrait dans un premier temps lire cet album comme un one shot indépendant de la saga Spirou. On va découvrir un savant fou de champignons dans sa demeure, le château de Champignac, et cela au moment où les nazis envahissent son pays… Champignac, le comte, reçoit alors une lettre codée de Londres… Et notre aventure commence !

Les auteurs, monsieur et madame Béka comme j’aime les appeler, nous raconte non seulement un épisode de la vie de Champignac, du temps où ses cheveux n’étaient pas encore blancs, mais aussi et surtout, un épisode de la Seconde Guerre Mondiale, la machine à coder Enigma des Allemands. Mieux, ils arrivent à expliquer le fonctionnement de cette machine complexe de façon simple et non simpliste… Mieux encore, ils nous montrent comment des grands savants – et pas seulement notre ami Pacôme – travaillent ensemble sous l’égide des Britanniques pour déjouer les nazis… Et on voit naitre sous nos yeux l’ancêtre de nos ordinateurs…

Alors, seulement, après, une fois que l’on s’est régalé avec cette très bonne bande dessinée, on pourra réaliser que Champignac va devenir le héros des aventures de Spirou et Fantasio…

Comme j’ai trouvé cette bande dessinée excellente, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on a organisé un rendez-vous avec les scénaristes et que l’on va pouvoir interviewer monsieur et madame Béka à Angoulême durant le festival international de la bande dessinée 2019 !

Aliénor…

Je m’appelle Aliénor, j’ai 22 ans, et je suis originaire de Dijon.

Après le bac, je me suis orientée vers une licence LLCE anglais à la fac de Dijon, mais m’étant rapidement rendue compte que ce parcours professionnel ne me convenait pas, je me suis envolée pour la Nouvelle Zélande.

Je n’étais censée y rester que 9 mois en tant que fille au pair, mais étant en soif d’encore plus d’aventures, et me sentant dans mon élément au milieu de l’hémisphère sud, loin de tout, j’ai fini par y rester 3 ans et demi. Étant depuis des années passionnée des métiers tournant autour de l’audiovisuel, j’ai trouvé mon bonheur en complétant un diplôme de deux ans dans la capitale du pays : Wellington.

Je suis revenue dans ma Bourgogne natale en août 2018, afin de terminer mes études par une année de licence professionnelle TAIS à Chalon-sur-Saône.

Même si je ne serai pas présente au festival d’Angoulême, je m’occuperai de faire la liaison entre Chalon et le groupe qui sera parti et vous aurez l’occasion de lire et voir certains de mes travaux à distance… C’est capital la logistique et le soutien dans un tel projet !