Direction Quai ds bulles en compagnie de Thierry Martin…

Thierry Martin est un auteur français de bandes dessinées qui est né au Liban en 1966. Il quitte ce pays en 1975 en pleine guerre civile. C’est plutôt en France qui a réellement découvert par la lecture, les grands auteurs de BD qui vont le marquer durablement : Franquin, Will Eisner, Moebius, Alfred Hitchcock, Terry Gilliam et Hayao Miyazaki. Il se décide alors à se lancer dans des études graphiques…Ce sera donc Art Graphique aux Beaux Arts de Perpignan puis Ecole Nationale des Beaux Arts de Nancy, avant d’aller faire un stage d’animation aux Gobelins de Paris !

Devenu auteur de BD à part entière, il enchaine les productions, les participations, les créations et il sera à Saint-Malo, dans le cadre du festival Quai des bulles pour deux nouveautés, Dernier souffle et Mickey et les mille Pat.

« Mickey et les mille Pat est un de ces albums que les éditions Glénat éditent depuis quelques années en collaboration avec Walt Disney. A titre personnel, j’ai toujours préféré Donald et Picsou à Mickey. C’est probablement le fruit de mes lectures d’adolescent mais j’avoue que cet album ne m’a pas laissé insensible. Le scénario de Jean-Luc Cornette est bien construit et le fait de jouer avec un magicien, Clodomir, permet d’obtenir, presque de façon naturelle et simple, plus d’un millier de Pat le méchant… D’ailleurs, le fait d’être multiplié ne le rend pas beaucoup plus intelligent !

J’ai trouvé que Minnie gardait un aspect assez négatif, qu’elle ne dégageait pas une intelligence remarquable et que du coup cette relation particulière entre Mickey et Minnie me pose toujours question… Néanmoins cet album plaira aux inconditionnels de Mickey et il semble bien qu’ils soient très nombreux en France… surtout si je regarde mes enfants et petits-enfants…

Reste ce western étonnant « Dernier souffle » et là je dois vous dire que j’ai adoré ce graphisme noir et lourd, cette forêt sombre et froide, cette neige, ces grands arbres et cette violence qui se libère plusieurs fois…

C’est une histoire de traque, de vengeance, de solitude, de quête, de patience… et aussi de ce que vous voulez car l’avantage dans une histoire sans texte, encore plus que pour les autres, c’est que le lecteur lit ce qu’il veut !!! Et moi, je me suis régalé !!!

C’est pour cela que j’attends, avec impatience, ma rencontre à Saint-Malo avec Thierry Martin car nous seront pas dans le grand Ouest américain mais quand même dans l’Ouest de la France… Heureusement, ce n’est prévu ni de nuit, ni au cœur de la forêt de Brocéliande…

Je vous raconterai cela dans le Kiosque à BD sur RCF en Bourgogne très vite !

Direction Quai des bulles en compagnie de Tiphaine Rivière…

Après trois années de classes prépa, une maîtrise d’histoire, un DEA (bac +5) de cinéma, Tiphaine Rivière a débuté, comme Jeanne Dargan son héroïne de « Carnet de thèse », un doctorat de lettres. Sans trop savoir pourquoi. « La fin du DEA est un moment charnière dans une vie d’étudiant et la thèse peut souvent être une espèce de fuite quand on n’a pas d’idée pour sa future vie professionnelle ».

Tout cela ne l’a pas mené très loin mais lui a permis indiscutablement d’affermir son goût pour la bande dessinée… Elle va ouvrir un blog dessiné, « Le bureau 14 de la Sorbonne », elle sortira « Carnets de thèse », sorte d’autobiographie universitaire, et elle devient autrice de BD !

Son nouvel opus dans la collection Encrages de Delcourt, Le cœur qui bat, va nous parler du jeune couple au moment où la grossesse arrive… Attention, il ne s’agit pas d’un ouvrage technique pour aider les jeunes parents ! Non, ici on est dans un récit de la vie quotidienne du de Cléo et Cyril avec rien de très exceptionnel… Début de grossesse, vomissement, fausse couche, moral qui oscille, dialogue au sein du couple, dialogue avec les futurs grands-parents, avec l’obstétricien…

Premier élément pour vous convaincre de suivre cette grossesse, c’est bien raconté, bien dessiné, pleins d’émotions et d’humour. Oui, Tiphaine Rivière sait bien raconter et elle maitrise de mieux en mieux la narration graphique, enfin la sienne ! Ici rien de très classique et on est probablement entrain de voir un style s’affirmer !

Derrière l’histoire de ce jeune couple, histoire qui permettra à de très nombreuses personnes de s’identifier, car, après tout, on est dans un récit de l’humanité, il y a aussi comme un regard sociologique. Une grossesse arrive et de très nombreux regards sur ce couple changent, évoluent… Un peu comme si avant ils étaient là en dilettante et que, maintenant, ils devenaient des « grands » !

Tiphaine Rivière ne porte pas de jugement, elle observe, elle raconte et nous touche… Pour le reste chacun en tirera ses conclusions…

Je vais rencontrer Tiphaine Rivière pour la première fois à Saint-Malo, lors de ce 40ème festival Quai des bulles… Et donc vous pourrez très prochainement l’entendre dans le Kiosque à BD sur RCF en Bourgogne !

Direction Quai des bulles en compagnie de Yannick Corboz…

Yannick Corboz est né le 6 juin 1976 à Annecy. Diplômé de l’école Émile Cohl en 1999, il devient animateur et illustrateur dans le jeu vidéo (Infogrammes, Atari et Ubisoft). Il travaille actuellement en tant qu’illustrateur freelance à Annecy. Son premier album publié, Voies Off, lui permet de remporter le neuvième Prix Meilleur Premier Album des Lycéens Picards. Il publie ensuite, avec Wilfrid Lupano au scénario, les aventures de Célestin Gobe-la-lune, aux éditions Delcourt. Toujours avec Wilfrid Lupano, il dessine la série L’assassin qu’elle mérite chez Vents d’Ouest (série terminée en quatre tomes).

On retrouve Yannick Corboz au dessin de la série « La brigade Verhoeven ». Il s’agit selon moi d’une excellente série policière adaptée par Pascal Bertho des romans de Pierre Lemaître. Un commissaire petit et solitaire, renfermé et peu bavard… Une équipe spéciale pour ne pas dire qu’elle donne de l’extérieur un aspect de groupe de branquignoles ou de bras cassés : un riche super classe, un coureur/Don Juan, un « économe » hyper soigneux et méticuleux… Mais ça fonctionne bien et le lecteur en redemande… Une belle narration graphique, tonique et dynamique, qui sert une énigme policière solide bien traitée par Bertho…

Enfin, avec le premier volume de la série « Les rivières du passé », le dessinateur Yannick Corboz se lance dans un autre type d’histoire avec une sorte de passage pour rejoindre d’autres époques. Nous sommes donc à la fois dans une série d’inspiration policière, avec une belle touche fantastique et un fond qui devient parfois historique… La narration graphique privilégie l’émotion, le mouvement, la dynamique de la série dont le scénario est signé Stephen Desberg ce qui n’est pas rien… On attend la suite pour valider une qualité que l’on voit déjà poindre…

A Saint-Malo, durant le festival Quai des bulles, ce sera avec plaisir que je vais recevoir Yannick Corboz dans le Kiosque à BD de RCF en Bourgogne…

Direction Quai des bulles en compagnie de Julien Maffre…

J’ai rencontré pour la première fois Julien Maffre à Angoulême, lorsqu’il travaillait avec Isabelle Dethan sur « Le tombeau d’Alexandre ». Depuis, il parcourt son chemin et depuis 2018 il nous raconte avec Stéphane Piatzszek (scénario) une histoire parisienne qui se déroule sous le règne de Louis XIV. Il s’agit non pas d’un contre pouvoir mais plutôt d’un pouvoir parallèle à celui de Versailles qui toucherait essentiellement les bas-fonds parisiens…

Là, chez les gueux, il y a un roi dont la lignée remonte au Moyen-âge, Anacréon, grand Coësre, 84ème du nom… C’est un vieil homme, qui a une fille et un fils, qui règne sans partage et qui semble avoir le bras très long… Seulement, ce vieil homme va être confronté à deux problèmes majeurs : son fils qu’il voulait voir lui succéder décède et sa fille, en qui il n’avait aucune confiance, va devenir reine… Par ailleurs, à la cour de Versailles, on se verrait bien faire un grand ménage de cette racaille parisienne…

Au-delà de l’histoire elle-même, il faut reconnaitre que le gros travail de Julien Maffre (travail totalement réussi) est de faire revivre Paris secret, Paris mystérieux, Paris des gueux… et j’ai adoré !

Julien Maffre a réussi à créer une ambiance graphique, des personnages crédibles y compris dans le glauque et ces trois albums qui racontent cette histoire sont pour moi très bon. On arrive à prendre en pitié le roi Anacréon et même sa fille, c’est vous dire !

La rencontre à Angoulême sera aussi l’occasion de parler de l’ensemble de son travail, y compris ce fameux western réalisé avec son frère, Stern !

Direction Quai des bulles en compagnie de Benoît Vieillard…

Benoît Vieillard est un dessinateur, un bédéiste, que je n’ai jamais rencontré. Pourtant, le voici avec (au moins) deux ouvrages qui ont retenu mon attention : A l’ancienne, un polar, et Planet blues, des gags vécus par une certaine Selma…

Il se dit, en tout cas je l’ai entendu dire bien des fois, que Gargantua à sa naissance poussa un premier cri mémorable : A boire ! La légende, toujours elle, précise que Benoît Vieillard à sa naissance aurait dit : « Vite un crayon ! »… Mais on n’est pas obligé de croire la légende…

Il est passé par l’Ecole supérieure du design industriel de Paris, qu’il aurait travaillé chez Peugeot et que de fil en aiguille il se serait retrouvé dans une boîte de création d’outils pédagogiques. Mais ce n’est là qu’une étape et il va ensuite se plonger dans l’univers de la communication et finit par basculer joyeusement dans le monde de la BD…

Venons-en à ces deux dernières productions que j’aime. Il y a tout d’abord, A l’ancienne. Là, Benoît Vieillard est celui qui a l’idée : et si on racontait l’histoire à l’envers ? Et comme il trouve deux autres « fous » pour l’aider dans l’entreprise, Marty l’accompagne au scénario et Monier dessine l’album. Pour le lecteur c’est un peu déstabilisant au départ : on sait dès le départ comment se termine l’histoire, reste juste à savoir comment on en est arrivé là… Le tout donne un bon polar classique, avec une pointe d’humour indiscutable car les acteurs de l’histoire n’ont plus vingt ans…

Avec Planet blues, Benoît Vieillard part du principe que l’on ne sauvera notre bonne planète Terre qu’avec un peu de pédagogie. Avec des gags courts, souvent avec la petite Selma comme héroïne, il tente d’expliquer certains concepts de la façon la plus simple… Bon, pour le ramassage des poubelles de tri, ce n’est quand même pas encore gagné… Bon, il semblerait que le problème majeur soit l’adulte… Alors à vous de jouer !

Alors, je ne sais pas comment va se dérouler notre rencontre à Saint-Malo, mais j’avoue que je suis prêt à prendre une petite leçon pour le bien de la planète car j’ai des petits enfants qui se posent peut-être les mêmes questions que Selma… Allez savoir !

Direction Quai des bulles en compagnie de Serge Carrère…

Né en janvier 1958 à Toulouse, Serge Carrère entame des études d’Arts Plastiques à Aix-en-Provence puis se lance comme maquettiste publicitaire. Dans les années 80, il commence dans la bande dessinée avec des planches pour Tintin et quelques fanzines. Les Éditions Milan le découvrent en 83, il sort « Coline Maillard et Rémi Forget », bande dessinée plus adulte avec Alain Oriol. Il collabore, la même année, à Circus. En 88, il change de maisons d’éditions. Il reprend chez Vaillant, « Tristus et Rigolus » dans Pif, « Bonnie et Slide » dans Pif Parade et « SOS vétos » dans Spirou. En 92, il débute la série « Léo Loden » avec Arleston chez Soleil. C’est bien de cette dernière série que je vais me réoccuper car je la suis depuis longtemps…

D’ailleurs, comment la définir avec précision pour éclairer ceux qui ne la connaîtraient pas encore. C’est d’abord, une série policière. Léo Loden est un commissaire de police à Marseille mais accusé à tort d’un meurtre qu’il n’a pas commis, il va se retrouver dehors c’est-à-dire qu’il deviendra « privé » pour continuer à mener ses enquêtes, à vivre en quelque sorte…

C’est aussi une série comique et l’oncle loufoque et farfelu est là surtout pour la touche comique (même si à l’occasion, il participe à la construction de l’enquête…).

Puis, cette série évoluera car Léo va s’installer en couple avec Marlène, qui elle travaille encore dans la police, puis, ils vont avoir des jumeaux, Louise et Ulysse… Il y aura donc quelques scènes cocasses pour récupérer les petit à la crèche, les garder le soir et j’en passe et des meilleures…

Durant longtemps, de la création au tome 15, le scénariste sera Christophe Arleston, puis du 16 au 25, les scénaristes travailleront à deux, Loïc Nicoloff devenant coscénariste, puis, enfin, ce dernier deviendra le seul scénariste et Arleston se retirant de l’aventure de Léo Lodden…

C’est le tome 28 qui vient de sortir, Carmina Burrata, une enquête policière dans le milieu artistique de l’opéra de Marseille. Certains ont osé avancer que Léo Loden était une sorte de Tintin marseillais mais je n’ai jamais été convaincu par cette comparaison. Je trouve qu’il s’agit plus d’un Soda ou d’une Rubine en beaucoup plus comique. Par contre, même quand on plonge dans l’absurde ou le comique le plus profond, les scénarios policiers restent bien ficelés et solides même si les enquêteurs, eux, ne sont pas toujours à la hauteur…

En fait, j’aime beaucoup cette série et j’y suis resté attaché. C’est pour cela que je suis content de retrouver à Saint-Malo Serge Carrère le dessinateur pour une interview pour les inconditionnels !

Direction Quai des bulles en compagnie de Cati Baur…

Je connais Catti Baur depuis assez longtemps… Pensez donc, voici ce que j’écrivais d’elle il y a déjà plus de 12 ans…

« On avait pu suivre le travail de Cati sur son blog, puis dans un petit ouvrage de la collection Shampoing (J’arrête de fumer), mais avec « Vacance », elle devient une grande auteure, oui, vous savez, une vraie… Et ça fait plaisir à voir, à lire ! Bravo Cati ! Il faut savoir aller au bout de ses envies, comme ton héroïne Marie. Bon vent ! Continue, dessine, raconte, enchante-nous ! »

Aujourd’hui, je changerai un mot. Je dirai autrice à part entière puisque le mot est devenu celui qu’il faut utiliser pour une femme qui écrit… Pour le reste, force est de constater qu’elle a continué à dessiner, raconter et nous enchanter !

Elle s’est distinguée en adaptant le roman de Malika Ferdjoukh, Quatre sœurs, en nous livrant quatre magnifiques volumes. Puis elle a écrit Vent mauvais que j’ai tout particulièrement apprécié et dont je disais à sa sortie :

«… la force de ce roman graphique – oui, c’en est un aussi – est de poser les relations humaines au cœur de la vie, de montrer l’évolution des personnages et d’ouvrir malgré le drame des perspectives positives… Béranger et Marjolaine sont à la fois des personnages bizarres mais des personnages que l’on croise tous les jours… Béranger, Marjolaine, c’est un peu nous… Les deux filles aussi évoluent et elles peuvent ressembler à nos enfants, à nos nièces, nos petites voisines…

Béranger est à la fois un homme fort, celui qui délaisse Paris pour se reconstruire, mais aussi l’homme faible qui se laisse emporter, qui boit et qui finit par suivre le vent mauvais… à moins que ce ne soit le vent qui le pousse dans le gouffre !

Les thématiques sont très nombreuses et le nombre ne nuit pas à leur traitement : la création, le travail, la vie familiale, le vieillissement, l’amour, le conformisme, l’éducation, la lecture, le jeu, la violence… Le traitement graphique, même s’il peut vous surprendre au départ, est d’une très grande qualité et Cati Baur confirme qu’elle est bien devenue au fil des ans et des publications – non, Cati, je ne suis pas en train de dire que tu es devenue vieille, juste expérimentée et talentueuse – une véritable autrice de bandes dessinées, une grande professionnelle et une créatrice très sensible ! »

Maintenant, avec « Le club des inadapté.e.s », elle s’appuie sur le roman de Martin page pour nous offrir à lire un album à la fois pour adolescent, mais aussi pour les parents et grands-parents… Une excellente façon d’aborder la différence avec les plus jeunes, sans parti pris ni idéologie, en douceur, en humanité, en toute fidélité avec ce qu’est cette autrice, une belle personne !

Ce dernier album est délicieux ! Sur le roman de Martin Page, elle a su construire graphiquement des personnages crédibles, attachants et bien réels… Mais ses autres livres méritent la lecture sans aucun doute et je suis très heureux de la retrouver sur les bords de la Manche pour une interview dans le kiosque à BD !

Direction Quai des bulles en compagnie de Nicolas Pinheiro…

Nicolaï Pinheiro est né en 1985 à Rio de Janeiro. Il s’est formé dans une famille franco-brésilienne, deux langues, deux cultures, deux continents… Très jeune, la passion pour le dessin, le graphisme, les arts, l’habite entièrement. Il quitte le Brésil pour la France et à dix-huit ans, il gagne Montpellier pour y suivre ses études d’Arts Plastiques. Dès lors, il publiera sa première bande dessinée, fera de l’illustration, collaborera au magazine Psikopat…

En 2012 sort « Venise », un grand roman graphique sombre où il écrit le scénario et qu’il dessine entièrement. En 2021, il sort, avec Fred Duval au scénario, l’adaptation du roman de Michel Bussi, « Un avion sans elle ».

Le roman de Michel Bussi a été un best-seller, un thriller étonnant, un page-turner comme certains disent. En clair, quand on en commence la lecture, on ne peut plus s’arrêter. L’adaptation en bande dessinée reste dans le même esprit et indiscutablement, cela fonctionne plutôt bien. Du coup, assez délicat de vous en dire trop sans casser la machinerie finement ciselée de Bussi et Duval…

Un détective est sur le point de finir sa vie et il a perdu son pari, avec sa dernière enquête, de celui de rechercher l’identité de Lylie, la petite miraculée du Mont Terrible, un bébé qui avait survécu au crash du vol Istanbul-Paris du 23 décembre 1980. Seulement, voilà, il y avait deux bébés dans l’avion et qui est Lylie ?

Fred Duval qui signe là sa deuxième adaptation d’un roman de Bussi maitrise parfaitement la situation et il est secondé par Nicolas Pinheiro qui livre une narration graphique presque parfaite participant à créer l’ambiance, à jouer encore plus fort le drame familial avec ces deux clans qui se disputent Lylie et le lecteur est subjugué et transporté dans une ambiance mystérieuse qui fonctionne du feu de dieu…

Les couleurs de Nicolas Pinheiro sont choses, vives et participent activement à la narration tandis que le format de la bande dessinée donne une surface au dessinateur pour permettre une quasi-immersion dans la narration graphique… Du grand art !

C’est avec plaisir que je recevrai Nicolas Pinheiron dans le Kiosque à BD durant le festival Quai des bulles !!!

Direction Quai des bulles en compagnie d’Aimée de Jongh…

Aimée de Jongh est une autrice de bande dessinée née en 1988. Elle vit actuellement à Rotterdam, aux Pays-Bas. Le dessin, la peinture et l’illustration sont ses occupations quotidiennes et c’est aussi une passion.  En 2006, elle publie son premier livre et on peut affirmer que ses dessins, du moins à l’époque, sont grandement marqués par ses lectures de mangas, même si l’appropriation de ce style est très personnelle. En 2007, elle est étudiante à l’Académie Willem de Kooning, en 2010, elle étudie à l’École d’Animation KASK de Ghent.

Cet ouvrage, Jours de sables, est réellement un petit bijou, un trésor d’humanité, une bande dessinée exceptionnelle qui chemine entre histoire et fiction… Histoire car cette sécheresse démentielle qui a frappé les paysans dans une terre entre Oklahoma, Kansas et le Texas, est bien une dramatique réalité. Le Dust Bowl a sévi dans les années trente et il est la cause d’une grande misère et aussi d’une migration sans précédent vers la Californie…

Histoire toujours car effectivement il y eut quelques photographes pour témoigner de ce phénomène et de ses conséquences et Aimée de Jongh nous en livre quelques clichés édifiants.

Mais aussi fiction car ce photographe, John Clark est bien une création fictionnelle. Néanmoins, c’est à travers ses yeux que l’on va découvrir le monde agricole de cette région, que l’on va s’interroger sur la légitimité de photographier de telles situations, bref, un œil humain derrière un appareil photo…

Ce livre est très bien construit et, surtout, il est très visuel avec un dosage scotchant des dessins et de leur format, des photographies réelles et de leur positionnement… La lecture est aisée, agréable pour ne pas dire magique… Un bonheur total pour le lecteur malgré la lourdeur de l’histoire, la désespérance des familles, l’abandon des enfants à eux-mêmes… On se laisse aller à pleurer et pourtant on continue à lire un livre d’une qualité extraordinaire…

Un dossier historique en fin d’album donnera quelques explications sur le projet de photographier cette situation pour informer les Américains… Eclairant !

Voilà pourquoi je suis très heureux de rencontrer Aimée de Jongh durant ce prochain Quai des bulles !

Direction Quai des bulles en compagnie de Marc Jailloux…

Toujours en pleine préparation du festival Quai des bulles de Saint-Malo, nous voici avec la série « Le Sang des Valois », une série dessinée par Marc Jailloux… J’avais entendu parler de cette série avant sa sortie, j’avais même vu quelques dessins… et je le dis honnêtement, j’attendais la sortie avec impatience ! Autant le dire tout de go, la lecture fut à la hauteur de mes espérances !

Mais reprenons tout avec sérénité et calme. J’attendais une série qui puisse permettre à Marc Jailloux de donner la pleine mesure de son talent sans être enfermé dans l’attente de certains lecteurs qui veulent de lui un dessin comme celui de Martin… Ici, on est chez Jailloux, c’est clair, précis, efficace dans la narration et beau… Du grand art, du moins à mon avis et j’aime !

L’histoire – écrite par Didier Decoin sur une idée de Jérôme Clément – commence avec François 1er et là encore ce n’est pas un choix anodin. François 1er, c’est ce roi chevalier qui après avoir brillé à Marignan tombe de haut à Pavie et devient le prisonnier de Charles Quint, un prisonnier que l’empereur redonne à la France moyennant une grosse rançon…

Ce règne de François 1er est aussi celui de l’arrivée de la Réforme en France. La sœur du roi se laisse presque séduire et le roi reste au départ assez silencieux mais lorsque l’on vient placarder au sein même de son château des libelles luthériens sur les portes, il déclenche des actions beaucoup moins humanistes… des bûchers sont dressés et pas seulement pour réchauffer les passants…

François 1er c’est aussi le roi qui est séduit par l’humanisme ambiant ramené d’Italie mais aussi qui est vogue du côté de Constantinople. Pour un peu, on pourrait presque croire à un roi ouvert et pour la mondialisation… Ce qui n’est quand même pas le cas…

Alors, ce « Sang des Valois » commence par tout cela, un récit bien construit, passionnant et agréable à lire. Il y a les personnages bien réels et historiques et d’autres qui sont là pour mettre en place certains aspects fictionnels. Ici, ce n’est pas une thèse d’histoire mais une véritable bande dessinée d’aventure, le récit historique étant parfois plus vrai que la fiction, c’est bien connu des historiens…

De toute évidence, la série ne va pas se limiter à François 1er et la suite va certainement nous permettre de profiter de cette famille étonnante qui verra des rois très surprenants se succéder sur le trône… Le prochain qui va arriver a déjà fait quelques petites apparitions alors qu’il n’était même pas encore dauphin, le futur Henri II…

Donc, sans plus attendre, c’est avec plaisir que je m’apprête à rentrer et interviewer Marc Jailloux à Saint-Malo, d’ici quelques jours… La rencontre permettra peut-être d’attendre plus sereinement la suite…