Mademoiselle Caroline est une illustratrice, une dessinatrice, une raconteuse d’histoires en dessins. Oui, c’est ainsi, chacun fait comme il peut mais reconnaissons qu’elle sait nous parler, qu’elle va au cœur de nos vies car ses histoires ne sont pas des fictions pures, ce sont des adaptations de la vie, souvent de sa vie… Dès le premier album que j’ai lu d’elle, j’ai été touché profondément et, pourtant, elle ne parlait pas de moi au sens strict puisqu’il s’agissait de sa grossesse ! Oui, elle a écrit seule Enceinte, Quitte Paris, Maman, Je commence lundi, Chute libre, Le mariage pour les nuls. Même quand elle travaille avec un scénariste, le romancier Julien Blanc-Gras, elle nous parle de choses de la vie quotidienne et cela donne Touriste… Grossesse, éducation, dépression, vacances, mariage…oui, mademoiselle Caroline nous parle bien de nos vies !
Oui de nos vies mais pas de façon triste, fataliste, anxiogène, désespérante. En fait, sans être totalement hilarante, elle nous raconte la vie de façon simple et drôle et j’avoue que j’aime cela. La vie est trop courte pour être vécue avec tristesse ! Facile à dire pas toujours facile à vivre et les dessins de Mademoiselle Caroline nous aident à découvrir dans sa vie – et du coup dans les nôtres – les touches de soleil et de couleurs que parfois nous perdons de vue… Il faut dire que son dessin est dynamique, tonique, enjoué et que parfois le trait à lui seul nous fait sourire même dans les situations graves…
Enceinte est l’ouvrage que tous les futurs papas devraient lire car il donne un éclairage particulier ce que vit la future maman, dans son corps et sa tête, ce que bien sûr il ne peut pas comprendre tout seul. Je ne dis pas cela parce que les hommes seraient trop bêtes pour comprendre – quoi que l’on pourrait en discuter plus profondément – mais surtout parce que la maman est tellement perturbée en profondeur avec les changements qu’elle vit qu’elle ne trouve pas toujours les mots pour expliquer cela à son compagnon…
Chute libre est l’ouvrage de la dépression c’est-à-dire ce moment où l’on ne comprend plus du tout ce que l’on est en train de vivre, ce moment où il est si facile de se laisser enfermer dans la spirale négative, dans l’isolement total. Une fois de plus, le moment est grave et certains seraient tentés de le décrire de façon hyper noire mais pas Mademoiselle Caroline qui fait là, preuve de talent pour garder toujours une petite pointe d’humour… Que du bonheur ! Pas la dépression, bien sûr, l’album de mademoiselle Caroline !
Touriste – le roman éponyme est donc de Julien Blanc-Gras – nous fait parcourir le monde sur plusieurs modes, ceux que Julien a expérimenté lui-même. On est ainsi dans la peau de l’aventurier, du timide, du beauf en voyage collectif… Le dessin de Mademoiselle Caroline fait tout gober, fait rire, fait réfléchir et, parfois même, il ouvre à la spiritualité du désert et ce n’était pas évident au départ… Un livre savoureux !
Enfin, le dernier venu, La mariage pour les nuls n’est pas un véritable guide scientifique pour garantir le mariage parfait. C’est plutôt un ouvrage drôle, sympathique, agréable à lire, qui permet de relativiser l’évènement qui approche à grande vitesse en donnant le sourire au lieu des crampes d’estomac…
Mademoiselle Caroline n’est pas une jeune fille perdue dans ses rêves, c’est une maman de trois enfants qui a vécu ces situations dont elle nous fait rire et elle vit loin de Paris, près d’Annecy, mais grâce à son blog on peut rester en contact avec elle… Donc rendez-vous sur www.mademoisellecaroline.com ou dans les bons rayons de votre librairie préférée…
Mademoiselle Caroline devrait être à Chalon-sur-Saône le 8 mars 2016, mais nous en reparlerons très bientôt !!!
Jacques Tardi est un auteur de bandes dessinées qui n’a plus grand-chose à prouver. Il nous a raconté de très nombreuses histoires, il a créé des univers incroyables et je dois avouer que je serais bien en difficulté s’il fallait que je ne cite qu’un seul album pour le résumer. En effet, j’ai immédiatement en tête les aventures d’Adèle Blanc Sec – un pan entier de mes lectures entre polar et fantastique – mais j’ai aussi en mémoire sa fresque étonnante sur la Commune de Paris, Le cri du peuple, ses adaptations remarquables des romans mettant en scène Nestor Burma et les ouvrages consacrés à son père, Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II B. Que ce soit seul ou bien accompagné par Vautrin, Manchette, Forest, Daeninckx, Malet ou Pennac, à chaque fois Tardi nous emmène vers l’inconnu avec une sorte de magie graphique et narrative inégalable… Aussi, après avoir rêvé avec ses bandes dessinées, j’ai voulu le faire avec un dessin animé, Avril et le monde truqué, et grand bien m’a pris !
Pour ce dessin animé issu d’une collaboration entre trois pays, France, Belgique et Canada, il faut préciser que Tardi n’est pas le seul acteur. Il a travaillé avec plusieurs autres génies et il est, lui, à l’origine des personnages et de l’univers. Après avoir travaillé graphiquement sur papier, après avoir réalisé le story-board de plusieurs scènes, il a laissé l’équipe s’emparer de ses personnages et mettre tout cela en mouvement ce qui lui a permis de dire après avoir vu le résultat comme un simple spectateur ou presque, je le cite :
Oui, j’ai été séduit par le travail de cette équipe et il me faudrait citer tous les noms tant l’apport de chacun est grand. Nous nous limiterons aux réalisateurs, Christian Desmares et Franck Ekinci, aux scénaristes, Franck Ekinci et Benjamin Legrand, sans oublier le créateur de cet univers graphique, Jacques Tardi… on pourrait aussi parler de celles et ceux qui ont donné, enfin disons plutôt prêté, leurs voix aux personnages dessinés… Marion Cotillard, Jean Rochefort ou Philippe Katerine. Oui, on l’oublie souvent les équipes sont beaucoup plus volumineuses en dessin animé qu’en bande dessinée…
En cette période hivernale et de fête, rien de tel qu’un bon petit livre confortablement assis dans votre fauteuil. N’êtes vous pas de mon avis cher lecteurs ?
Les cochons, ces gentils jambons, ont leurs défauts et leurs qualités ! Maladroits, gourmands, susceptibles, boudeurs et complexés, ils n’en sont pas moins des êtres sensibles et intelligents. Les cochons rêvent-ils ? Sont-ils sociables ? On dit que les chiens sont daltoniens… et si les cochons voyaient la vie en rose ? Et si, finalement, les cochons étaient des types bien ? Il y a des cochons sportifs, des cochons artistes, créatifs, curieux, cultivés, mais il y a bien une chose qu’un cochon n’est pas. Un cochon n’est jamais, mais alors jamais dépressif ! Et ça, en partant du principe qu’un cochon voit tout en rose, c’est logique ! Pourquoi ne ferions-nous pas comme les cochons ? Ce serait pas mal, super, excellent même ! Et ça tombe bien, parce que c’est exactement ce que propose ce très grand livre de Claire Faÿ, voir la vie en rose, et avec humour. Alors si vous aussi vous voulez être un vrai cochon, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Jonglant entre mini et grand format, entre livrets animés à feuilleter et cahiers de gribouillages, entre enfants et adultes, Claire Faÿ nous montre encore une fois qu’il n’y a pas d’âge pour la littérature « jeunesse » avec cet ouvrage décalé, délirant, Le Grand Livre du Cochon, qui fera à coup sûr travailler vos zygomatiques.




