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La débâcle
de Émile Zola
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
, Littérature => Les classiques critiqué par Jules, le 16 novembre 2001
(Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 67 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 7 avis)
Cote pondérée :  (8 460ème position).
Visites : 1 635 (depuis Novembre 2007)
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Le désastre !
Nous sommes en 1870 et la France de Napoléon III, baptisé « Badinguet » par Victor Hugo, se retrouve face à Bismarck, et la Prusse, qui va se servir de la guerre contre la France pour créer une vraie Allemagne.
Napoléon III se retrouve embarqué dans cette guerre suite à « la dépêche d’Ems », document falsifié par ailleurs pour le rendre plus insultant. Il est le (petit) vainqueur de Solferino, a reçu une dégelée au Mexique, mais se croit le digne successeur de Napoléon I.
Le réveil n’en sera que plus brutal ! Mac Mahon reçoit une raclée des troupes prussiennes qui se pointent vers le territoire français. Les chemins sont pleins de soldats perdus qui ont abandonné leurs fusils en route. L’armée française se regroupe à Sedan et y connaîtra le désastre ! La route de Paris est ouverte aux Prussiens, qui s’y engouffreront.
Zola nous décrit l'horreur des batailles et des champs de bataille après la défaite : des amas de corps humains mêlés aux cadavres des chevaux et les pièces d'artilleries détruites. Il nous raconte la fuite des populations devant les « Huns », avec tout ce qu’elles peuvent emporter, les routes encombrées, bouchées, et qui empêchent les troupes de se reformer. C’est la grande débâcle qui va précipiter la fin. Plus personne ne retrouve son régiment, ses officiers, ni les directions à suivre.
Napoléon III, fait prisonnier à Sedan, sera déchu et rejoindra l'Angleterre. Thiers dirigera le nouveau gouvernement, qui s’installera à Versailles et Paris va se révolter. Ce sera la révolte de la commune que Thiers et ses « Versaillais » vont écraser dans un gigantesque bain de sang !…
Zola nous donne ici un roman d'un réalisme fou, parcouru d'images puissantes, désolantes, pitoyables, horribles… Le roman se compose de dizaines de personnages et son écriture est telle que, par moment, nous avons la sensation de voir des images sur un grand écran.
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| Les éditions |
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La Débâcle [Texte imprimé] Émile Zola [préf. de Pierre Sipriot ; comment. et notes de Roger Ripoll]
de Zola, Émile Ripoll, Roger (Editeur scientifique) Sipriot, Pierre (Autre)
le Livre de poche / Le Livre de poche
ISBN : 9782253004790 ; EUR 6,95 ; 2003-03-15 ; 602 p. ; Poche
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La Débâcle [Texte imprimé] Émile Zola préface de Raoul Girardet,... ; édition établie et annotée par Henri Mitterand,...
de Zola, Émile Mitterand, Henri (Editeur scientifique) Girardet, Raoul (Autre)
Gallimard / Collection Folio
ISBN : 9782070375868 ; EUR 6,95 ; 2008-04-28 ; 663 p. ; Poche
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La débâcle [Texte imprimé] Émile Zola préf. et comment. de Pierre-Louis Rey
de Zola, Émile Rey, Pierre-Louis (Editeur scientifique)
Pocket / Presses pocket (Paris).
ISBN : 9782266093798 ; EUR 7,82 ; 1993-07-31 ; 644 p. ; Poche
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Les Rougon-Macquart
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| Les critiques éclairs (6)
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| Tout comme Jules... |
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Ce qui frappe dans ce roman de Zola, ce sont les descriptions des batailles qui m'ont laissé le souffle coupé et qui m'ont laissé une impression de gâchis (voire d'absurdité) tellement l'impréparation des Français y est criante, et, bien sûr, un sentiment d'horreur à la peinture des scènes guerrières où on massacre à qui mieux mieux.
Puis c'est la Commune de Paris où les images de Paris en flamme nous frappent de plein fouet.
Bref, c'est un roman marquant qui m'a l'air de ne pas occuper la place adéquate dans la bibliographie de Zola.
Benoit (Rouen, Inscrit le 10 mai 2004, 31 ans) - 25 juin 2004 |
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| Marseillaise |
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Dans la série "souvenirs d'enfance liés à la Marseillaise", Bolcho, je me souviens qu'une petite Française rencontrée voici quelques décennies avait suscité l'hilarité de ses proches en prononçant "allons enfants de la POITRINE, le jour de gloire est arrivé"... Sur la liaison, notre prof de musique certifiait qu'il fallait durcir la consonne, et nous ne prononcions jamais qu'"un sanQUimpur" (en roulant bien les R, d'ailleurs, suivant le technique des chanteurs d'opéra). Et puis, on pourrait évoquer aussi les scandales liés au chant patriotique par excellence, du "aux armes etcaetera" de Gainsbarre jusqu'aux deux Marseillaises sifflées du stade de France...
Lucien (, Inscrit le 13 mars 2001, 57 ans) - 20 mai 2002 |
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| Un sanguin pur |
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Très pertinente, la critique éclair de Lucien (Lucien et moi sommes en train d'imposer peu à peu un nouveau sport olympique: le renvoi d'ascenseur...). Cette métaphore du sang fécondant était déjà depuis belle lurette un cliché d'ailleurs. "Qu'un sang impur abreuve nos sillons", ça ne vous dit rien? Comme quoi, pur ou impur, le sang est excellent pour les cultures... (j'ai appris la Marseillaise enfant, comme tous les pauvres petits Français, et la liaison appuyée "sang-impur" me posait un problème de compréhension à l'époque. J'aime à imaginer que je comprenais alors "un sanguin pur", ce qui éclaire la scène d'un jour nouveau)
Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 63 ans) - 20 mai 2002 |
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| Caricature |
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Très pertinente, la critique éclair de Bolcho. Ces gonflements journalistiques omniprésents ainsi que la construction stéréotypée des intrigues m'empêcheront toujours de considérer Zola comme un créateur de tout premier ordre. La phrase citée en conclusion est effectivement très frappante : «Des semences scélérates pour d'effroyables moissons!» Mais ici encore, il semble que Zola se caricature lui-même : "scélérates", "effroyables"... Les adjectifs sont si forts qu'ils en deviennent presque risibles. Et la métaphore de la semence pour évoquer le sang qui féconde la terre est présente, presque à l'identique, dans "La terre" ou, bien sûr, dans "Germinal".
Lucien (, Inscrit le 13 mars 2001, 57 ans) - 20 mai 2002 |
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| Zola, faites-nous un papier ! |
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Il y a peu, à propos de « l'Oeuvre », Lucien nous rappelait que Zola avait toujours hésité entre l’épique et le journalistique. Il nous disait aussi que « la Débâcle » appartenait à la seconde catégorie. C'est vrai jusqu’à la caricature. C'est avec une carte de France au 1/250 000e qu'il faut lire la chose (les graines de généraux opteront plus volontiers pour les cartes d'état-major, bien sûr). Zola ne nous fait grâce d’aucune marche ou contre-marche. Les personnages sont nombreux et c'est pour une raison bien simple. Chacun d'eux est un regard sur l'action. Il s’agit de couvrir (oui, journalistiquement) l’ensemble du théâtre des opérations et donc d'avoir de bons prétextes romanesques pour ce faire. La technique est là, les moments d'anthologie aussi (l'hôpital de campagne par exemple, scène difficile à soutenir), mais les personnages ne prennent pas corps, la technique laisse voir ses bâtis, ses ficelles, son squelette (et dans le genre production de squelette, Sedan a fait fort…). Bref, intéressant pour ce qu’on apprend de la bataille et surtout de l’art du roman. Je l'ai déjà dit, je sais, mais ce sont les romans ratés des bons auteurs qui nous procurent les meilleurs cours d'écriture romanesque. Pour quoi faire ? Pour dépiauter les romans réussis pardi. N'empêche, il y a tout de même plein de choses passionnantes, plein de matière à réflexion. Des curiosités de la langue comme ce « sirop de grenouille » qui désigne l’eau de consommation dont les hommes de troupes se délectent à l’étape. Dire qu'à cette époque, on disait « sirop de grenouille » pour faire moderne, créatif, puis que l'expression est sans doute devenue banale, usée, clichée au point de disparaître et nous réapparaître à nous, pleine de nouveauté retrouvée. Cela me fait penser à cette maison depuis longtemps en ruine sur laquelle on distingue encore, écrite à la peinture, la mention « cordonnerie moderne, anciens établissements Hector-chaussure ». Le temps passe. C'est avec du vieux qu’on fait du neuf et du neuf qu’on fait du vieux. Autre curiosité, le terme de « pétroleuse » qui nous vient de la Commune et qui désignait à l’origine des communardes dont les « Versaillais » disaient qu'elles enflammaient Paris en versant du pétrole sur les bâtiments. Voilà d'ailleurs un autre défaut du livre à mon avis : la Commune y est traitée un peu à la va-vite, mais, me direz-vous, Zola fait ce qu'il veut et je n'ai qu'à m'y mettre moi-même. Bon, si vous le prenez comme ça. On parle dans ce livre sans cesse de remparts. Eh oui, la disparition d'iceux est très récente finalement. L’idée d'intérieur/extérieur en est bouleversée. Et la sécurité/insécurité aussi. Le danger aujourd’hui est entré dans la ville. Ce sont bientôt les campagnes qui devront se murer pour s'isoler des villes. Mais les murs sont déjà dans nos esprits, n’est-ce pas ? Terminons par cette phrase terrible à propos du sang qui inonde la terre : « Des semences scélérates pour d'effroyables moissons ! ». Tiens ! «a pousse.
Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 63 ans) - 18 mai 2002 |
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| Du grand Zola |
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Un classique incontournable. Comme Germinal, la débâcle est un livre fort où, comme le fait remarquer Jules, on "voit" les événements comme si on y était. Etonnant d'ailleurs qu'il n'ait jamais été adapté au cinéma (du moins pas à ma connaissance). Il faut dire que Sedan est la plus grande défaite militaire que la France ait jamais subie.
Patman (, Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 49 ans) - 20 novembre 2001 |
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Il n'y a pas encore de discussion autour de "La débâcle".
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