Monsieur le Président, j'ai quinze ans et je voudrais vous dire de Amélie Perrault

Monsieur le Président, j'ai quinze ans et je voudrais vous dire de Amélie Perrault

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Fabrice ROUDERIES, le 10 février 2010 (Inscrit le 9 juin 2009, 46 ans)
La note : 3 étoiles
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pêche par excès de jeunesse...pardon de "jeunisme"

Une accroche de couverture, une adolescente de 15 ans qui s’adresse quasi irrévérencieusement au Président de la République dans un essai… tous les ingrédients sont réunis pour me donner l’envie de l’acheter.
L’éditeur JC LATTES a flairé le bon coup !
Pensez-donc écrire sur Nicolas Sarkozy…déjà, ça fait vendre… mais lorsque de surcroît, c’est écrit par une jeune fille en pleine adolescence c’est plutôt inhabituel et j’ai cédé à la curiosité.
Je me suis dit : aurai-je trouvé une surdouée, une virtuose de la langue française et de la littérature de demain ?…le contre exemple de tous ces jeunes qui parlent à l’envers, en langage SMS et, il faut le dire, dans un style peu empreint d’orthodoxie linguistique.
J’avoue avoir regretté de m’être laissé bercer d’illusions…à 15 ans on ne peut pas écrire une « œuvre » littéraire. Tout au plus couchera t’on sur le papier des états d’âmes de crise d’adolescence.
Je pondère ma critique en félicitant Amélie PERRAULT pour avoir eu l’envie d’écrire…même si le résultat ne m’a pas accroché, a l’âge où beaucoup de jeunes font le choix de l’insouciance, de l’oisiveté ou des mirages de la « starisation » de la société, l’auteur s’illustre tout de même par les heures de travail passé à écrire son ressenti de jeune sur le monde et l’actualité qui l’entoure.
Sur la forme, je dirai d’abord que le style est malheureusement peu recherché, peu travaillé, calqué sur le style parlé quotidiennement par des jeunes (d’éducation correcte tout de même, je le concède...).
Ensuite, je regrette cette manie de vouloir sacrifier le plaisir du lecteur sur l’autel d’une pseudo-modernité ou snobisme ambiant en ponctuant un certain nombre de paragraphes ou de phrases d’un nombre important d’anglicismes, de signes de type smileys, et…le pire, d’une 40aine de « LOL »qui provoquent en moi un certain agacement toutes les deux pages.
Ce livre de 135 pages est divisé en 16 courts chapitres dans lequel l’auteur débute toujours par cette phrase « Monsieur le Président, j’ai 15 ans et je voudrais vous dire… »
Elle a voulu nous parler de la crise économique, des voyages, de sport, de la réforme des universités, de Martin HIRSCH (dont j’ai d’ailleurs appris qu’il était vieux…pensez-donc ; il est né en 1963….au siècle dernier donc !)
Le problème est qu’elle dit beaucoup de choses sans grand intérêt, je dirai même qu’au-delà des niaiseries pré-pubères traditionnelles, on a droit à un catalogue de discours stéréotypés sur la politique, des naïvetés dans le raisonnement, des approximations, des contre-vérités et beaucoup d’arguments à deux balles dans les premiers chapitres.
Sans vouloir être cynique, cette demoiselle eût été mieux inspirée d’attendre de quitter les bancs de l’école et d’avoir plus de rigueur dans ses démonstrations pour en faire profiter les lecteurs.
Elle imagine que tous les maux des jeunes ont démarré avec la crise économique. Vous rendez-vous compte, à 15 ans ils ne peuvent pas faire de «virée shopping », « le cinéma leur coûte cher » et « boire un pot » dans un café amène à une « addition salée ».
Ce que n’a pas réalisé l’auteur, c’est qu’au même âge…nous avions exactement les mêmes difficultés. Cela ne tient évidemment pas à la crise économique mais à la quasi inexistence de rentrée d’argent lorsque l’on est adolescent.
Je passe évidemment sur de nombreuses inepties mais ne résiste pas à vous livrer celle qui consiste en page 23 à pousser l’ignorance jusqu’à reprocher à nos dirigeants le contenu du plateau de la cantine scolaire.
Je passe encore sur le souhait de la demoiselle qui demande même à Nicolas Sarkozy de se voir attribuer la possibilité de fixer les tarifs des places de spectacles de Pascal OBISPO et Florent PAGNY….on est dans le ridicule.
Je n’irai pas plus loin car je ne voudrai pas que l’on me reproche de m’acharner mais malheureusement, quelques saines réflexions ne parviennent pas à gommer le nombre trop important d’absurdités, de clichés, de contradictions, de raccourcis faciles et d’approximations

Fabrice ROUDERIES

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