La Conquête de Plassans de Émile Zola

La Conquête de Plassans de Émile Zola

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par FranBlan, le 18 novembre 2004 (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 10 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 460ème position).
Visites : 4 347  (depuis Novembre 2007)

Les classiques, Zola...

La conquête de Plassans qui donne son titre au quatrième roman des Rougon-Macquart est l'ambition que précisément s'est fixée Faujas, prêtre bonapartiste ambitieux et sans scrupules, de s'assujettir la ville légitimiste, première étape de l'ascension à laquelle il aspire. Par son pouvoir croissant sur les esprits et sur les âmes, il met en oeuvre une stratégie satanique couronnée de succès, avant la catastrophe...
Ce quatrième tome se lit avec l'intensité et la passion que l'on accorde à quelqu'habile "thriller". J'ai lu ces quelque cinq cent pages avec fébrilité et fascination. Les principaux éléments qui alimentent cette intrigue: la folie, la dévotion religieuse, le clergé..., sont de toute évidence, des sujets qui, à des degrés divers et pour des motivations différentes, ont inspiré le génie descriptif de l'auteur. Sa description entr'autres, de l'extase de la dévotion religieuse, est un morceau d'anthologie à elle seule
Les notes et références au dossier qui accompagnent l'oeuvre, démontrent une recherche exhaustive sur les informations médicales disponibles au XIXe siècle, sur la folie.
Dans une lettre de Flaubert à Zola le 3 juin, 1874...:«Je l'ai lue, la Conquête de Plassans, lue tout d'une haleine, comme on avale un bon verre de vin..., dormez sur vos deux oreilles, c'est une oeuvre.»

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Un diable en soutane

9 étoiles

Critique de Hamilcar (PARIS, Inscrit le 1 septembre 2010, 62 ans) - 11 mai 2015

François et Marthe Mouret ont tout pour vivre de quiétude auprès de leurs trois enfants. L'arrivée d'un nouveau prêtre à Plassans va transformer leur existence en véritable enfer. On se retrouve alors dans une sorte de polar qui n'a rien à envier aux productions actuelles. Sauf que c'est Zola, l'univers de Zola, l'écriture de Zola et sa peinture fin 19° siècle. Tout est absolument fascinant dans ce roman: la lente descente de Mouret vers la folie et l'explosion mystique de Marthe sont les conséquences de manipulations orchestrées par l'abbé Faugeas. Un diable ce curé? Non. Juste un homme qui décide de conquérir le village pour des fins plus politiques que religieuses. Emile Zola sait pénétrer ses personnages pour qu'ils se livrent entièrement aux lecteurs. C'est encore le cas dans ce quatrième ouvrage des Rougon-Macquart, hormis Faugeas, fermé à double tour. Une galerie d'acteurs remarquables accompagne le drame. Par toutes ces présences, Zola nous convie à une certaine débauche, celle de gens qui se côtoient, s'éprouvent et souvent s'opposent pour des raisons de politique ou de croyance. Un véritable drame humain. Un très grand roman.

Toujours d'actualité

9 étoiles

Critique de Lomegas (, Inscrit le 24 mars 2012, 28 ans) - 27 octobre 2013

Bien que nous ne vivions plus comme au XIX siècle, nous connaissons tous des voisins envieux, mesquins et prêts à tout pour dire du mal des autres. C'est peut-être pour ça que j'ai adoré ce livre. Pauvre Mouret, pauvre Marthe. Ce livre se lit d'une traite, un régal. Seul bémol: tous les personnages, ce n'est pas toujours facile de se rappeler qui est qui, et qui appartient à quelle société de Plassans.

Quel manipulateur !

8 étoiles

Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 50 ans) - 11 août 2013

Quelle histoire ! Et que de manipulations de la part de cet Abbé Faujas, arrivé là comme un cheveu sur la soupe, et qui finit par mener tout ce petit monde à la baguette !
Marthe et François, victimes présumées de cette folie génétique qui finira par les rattraper, paieront cher d'avoir accueilli ce personnage venu de nulle part, parachuté pour quelques raisons obscures... Et, bien sûr, en observatrice et comploteuse, la mère de Marthe, Félicité Rougon, semble tirer les ficelles de marionnettes, surveillant la bonne marche des opérations.

J'ai apprécié ce roman, ses intrigues, je déplore cependant quelques invraisemblances et m'interroge, par exemple, sur la dévotion subite de Marthe. Et le mystère de l'Abbé Faujas reste entier.

Trés bon roman

8 étoiles

Critique de Warrel62 (, Inscrit le 30 mars 2013, 47 ans) - 6 avril 2013

Comme Flaubert, j'ai vraiment apprécié ce roman. J'ai retrouvé un peu de l'univers de La fortune des Rougon, que j'avais espéré à tort retrouver dans La Curée et le Ventre de Paris, qui sans être des mauvais romans, m'avaient moins passionné. Evidemment, ce n'est plus le même contexte politique qu'aujourd'hui, c'était une autre époque, c'était autre chose, mais j'ai adhéré. Comme pour le premier roman, connaître un peu l'Histoire de l'époque est un pré-requis intéressant car il permet de mieux apprécier ce quatrième ouvrage du cycle.

La conquête de Plassans

8 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 38 ans) - 30 septembre 2012

J'ai eu beaucoup de difficulté à lire ce roman durant la première moitié. Je le trouvait long et ennuyant. C'est durant la seconde moitié que j'ai vraiment adoré le livre. J'avais beaucoup de pitié pour le sort de François Mouret.

Toutes les magouilles de l'abbé Faujas finissent par rendre fou le couple Mouret. La folie, qui est un des traits héréditaire de la famille des Rougon-Macquart, est grandement exploitée à la fin du roman.

J'ai adoré la fin. C'est vraiment le genre de finale qui me satisfait malgré le côté tragique. C'est du vrai Zola.

Un sentiment d'inachevé

6 étoiles

Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 34 ans) - 2 juillet 2011

Ce roman m'a laissé à la fin, un sentiment d'inachevé. Je trouve que Zola ne rentre pas assez dans les personnages. Faujas reste pour moi un personnage mystérieux, que je n'arrive pas à cerner. Marthe, antireligieuse au début, fini par devenir dévote à s'en rendre malade, alors qu'elle ne me semblait pas du tout être le type de personnage susceptible de changer du tout au tout. Par contre, j'ai beaucoup aimé les descriptions des sociétés voisines du jardin des Mouret.
Pas inintéressant, mais pas du grand Zola.

Un Zola différent ?

6 étoiles

Critique de Lisancius (Poissy, Inscrit le 5 juillet 2010, - ans) - 6 juillet 2010

Personnellement, je trouve que la Conquête de Plassans est un roman assez raté.
Il n'a pas l'envergure des autres, et je trouve que le style de Zola y est mécanisé : toujours les mêmes structures, les mêmes tournures ; les descriptions du jardin des Mouret sont toujours versées dans le même moule, les personnages sont moins caractérisés que dans les autres ouvrages ; bref, on dirait que Zola, qui aime pourtant beaucoup la gouache noire, nous a esquissé un roman au fusain gris. L'intrigue va gros-jean comme devant, elle claudique, elle est mal répartie : ainsi la moitié du roman pourait être condensée en vingt pages, quand le final, pourtant assez réussi, avec cet incendie - eh oui ! Zola nous fait le coup de l'incendie, quelle originalité ! - qui dévore tout le monde prend un demi-chapitre.
Pourtant Zola avait de la ressource : la religion est aisément critiquable, son Faujas est un personnage passionnant, dont on aurait pu dire bien d'autres choses que les élucubrations fanatiques de Marthe, le choc entre les deux familles aurait pu être plus pénétrant ! On est chez Zola, que diable ! Et on se retrouve avec deux aliénés qui meurent en syncope, et les syncopes sont mal décrites avec cela !
Et il avait Octave et Serge : deux personnages magnifiques ! Octave doit tenir une page dans toute l'oeuvre alors que son enfance pourrait être le cadre d'une étude minutieuse, que l'on ne retrouve ni dans Pot-Bouille, ni dans Au Bonheur des Dames ! Quant à Serge, si les derniers mots sont pour lui, c'est plutôt parce qu'il fait le lien entre Marthe et Faujas. Dommage, son enfance à lui pourrait elle aussi être intéressante...
D'ailleurs Zola ne devait pas être très satisfait pour enchaîner directement avec un roman qui parle du même thème que celui qu'il vient d'achever ...
Pour moi, c'est un demi-échec que cette conquête de Plassans elle aussi ratée, de toute façon. Domamge pour Faujas, il était attachant, lui au moins ... Et, comme dit Voltaire : "Sauve qui peut!"

Lu entre "Pour qui sonne le glas" et "Les Caves du Vatican"

Effectivement, comme un thriller

8 étoiles

Critique de Nirvana ( Bruxelles, Inscrite le 7 avril 2004, 44 ans) - 15 mars 2005

Marthe et François Mouret (lui descendant d'Ursule Macquart, elle fille de Pierre Rougon, un mariage entre cousins, donc) vivent confortablement leur retraite, malgé leur petite quarantaine, après avoir tenu un commerce des années, à Marseille. Ils sont revenus couler leurs jours dans la petite ville provinciale de Plassans.Marthe s'occupe des trois enfants, Serge, Octave et Désirée, tandis que François vaque à quelques affaires.
L'arrivée d'un nouveau curé, loqueteux mais au physique impressionnant, va susciter d'abord commérages et moqueries, mais l'abbé Faujas est un homme déterminé, qui a des relations à Paris, et va manoeuvrer dans l'ombre, avec la complicité de la mère de Marthe, pour s'ériger comme une personnalité indispensable à la ville et placer ses pions dans l'échiquier politique de la ville.
En devenant le locataire des Mouret, accompagné de sa vieille mère, il mène là aussi une lente mais sûre conquête sur le ménage, envahissant peu à peu leur habitation, jusqu'au jardin, domaine de François.
Obsédant pour celui-ci, de par ses mystères d'homme renfermé, il est troublant de sainteté pour Marthe, qui sombrera dans la dévotion et sacrifiera pour son amour de Dieu, ses enfants, son ménage, et finalement, sa raison.
Zola revient dans cet épisode à Plassans, et nous livre encore un portrait vivant des luttes pour le pouvoir dans une petite entité provinciale.
Ce roman se lit comme un véritable "thriller", avec des moments de pur mystère, lors de l'installation de l'abbé, ou à l'arrivée de sa soeur et de son mari, et d'autres plus profonds, sur les luttes intestines au sein de l'Eglise, et le jeu des politiques.

Oui, "une oeuvre"

9 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 19 novembre 2004

Dans ce livre, tout comme dans ses autres oeuvres, Zola nous prouve sa capacité à nous tenir en haleine. J'ai toujours aussi adoré ses descriptions pleines de force comme celle de Lantier en pleine crise de delirium et voyant sa cellule parcourue de rats (L'Assomoir) ou celle du voyageur qui décrit, dans un café de campagne, les vastes plaines américaines avec des champs à perte de vue et le blé qui va arriver au Havre et inonder la France (La terre) On croirait être dans ce qu'il décrit.

Ici, c'est surtout la ferveur religieuse, le mysticisme. Il est colossal quand il part dans ces descriptions ! Et toujours actuel... Le problème agricole perturbe les relations Europe/Etats-Unis à l'OMC et le mysticisme dirige aujourd'hui l'Amérique !

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