La Bête humaine de Émile Zola

La Bête humaine de Émile Zola

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killeur.extreme, le 19 avril 2005 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (684ème position).
Visites : 14 000  (depuis Novembre 2007)

L'instinct de Mort

"la Bête humaine" c'est l'histoire de Jacques Lantier, frère d'Etienne, héros de "Germinal", qui souffre d'un étrange mal: chaque fois qu'il a un rapport charnel avec une femme, il ressent l'envie de la tuer et il lui faut fuir cette femme pour ne pas passer à l'acte, c'est lors d'une de ses crises qu'il est témoin d'un meurtre, la victime Grandmorin est un personnage très important, la justice arrête et condamne un marginal Cabuche....

Zola voulait inclure un roman judiciaire dans sa saga des "Rougon-Macquart". autant vous dire que les personnages n'ont pas la vie facile quand ils ne sont pas victimes, ils sont assassins, voire les deux et quand ils sont innocents aux yeux du lecteur, ils sont coupables au yeux de la justice.

Le Titre "La bête humaine" a plusieurs sources on peut évoquer Jacques Lantier pour ses crises, mais d'autres personnages peuvent donner au roman leur titre.
Zola est peut-être un des premiers, sinon le premier, à étudier le comportement d'un "serial-killeur", un roman pessimiste, car aucun personnage ne rachète l'autre, seul Cabuche, innocent du début à la fin paiera pour deux crimes et l'erreur judiciaire, les manipulations de celle-ci pour éviter le scandale, tout ça est encore, dans certains cas, vérifié de nos jours.

Le Film: Jean Renoir a tiré du roman de Zola un film qui reprend l'intrigue principale, mais laisse tomber les intrigues secondaire, cependant le film est loin d'être décevant, Jean Gabin, habitué aux personnages forts de caractère et de muscle, honnête et droit, se retrouve ici dans un rôle opposé, celui de Lantier, bien entouré par le reste des acteurs et par le talent du réalisateur.

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Roman passionnant et moderne

10 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 6 juillet 2014

Jacques Lantier, conducteur de train, souffre d'un mal dont il ne parvient pas à guérir. Il ressent un besoin pressent de commettre un crime lors de pulsions sexuelles. Il tombe sous le charme de Séverine, épouse du sous-chef de gare Roubaud. Ce dernier témoigne d'une infinie violence contre son épouse quand il apprend qu'elle a été abusée par Grandmorin, un homme qui l'avait adoptée. Roubaud souhaite éliminer cet homme afin d'assouvir sa soif de vengeance.

Ce roman de Zola est fort, dense et magnifiquement rédigé si l'on considère les descriptions du train qui basculent rapidement dans le fantastique ou l'épique. Tout d'abord, cette oeuvre est un roman du crime. L'auteur, tel un scientifique, dissèque la pensée de ces hommes et de ces femmes qui passent au meurtre, analyse les mouvement de leurs pensées. En ce sens, Jacques Lantier est assez troublant et les descriptions de Zola rendent ces pulsions inquiétantes lorsqu'il entrelace le vocabulaire de la sexualité et celui du crime. C'est aussi bien évidemment un roman sur les gares. Le monde ferroviaire est décrit avec justesse, à une époque où les trains symbolisent le progrès et fascinent. Pour finir, ce roman permet une satire du système judiciaire où le lecteur découvre toute la malhonnêteté des représentants de ce monde qui s’arrangent bien souvent avec la réalité.

Ce roman a du rythme, Zola sait attiser la curiosité du lecteur qui suit le quotidien de nombreux personnages en prise avec l'amour, la jalousie et la violence. Ce roman n 'est en rien édulcoré et possède quelque chose de contemporain qui séduit encore le lecteur d'aujourd'hui. Et puis quelle force dans la narration ! Certaines scènes sont inoubliables, comme l'acte violent et fou de Flore, cette scène où Jacques en larmes s'agrippe au sol afin de ne pas commettre l'irréparable et cette scène finale que je ne cesserais pas de relire !

Meurtres sur toute la ligne

10 étoiles

Critique de Pierrequiroule (Paris, Inscrite le 13 avril 2006, 36 ans) - 20 août 2013

Depuis son enfance, Jacques Lantier est en proie à des pulsions assassines. Devenu mécanicien au Havre, il fait la connaissance du sous-chef de gare Roubaud et de Séverine, sa charmante épouse. Une nuit, alors que Jacques lutte avec ses démons intérieurs, il aperçoit dans un train lancé à pleine vitesse une scène de meurtre: un homme, en qui il reconnaîtra plus tard Roubaud, en égorge un autre avant de jeter le cadavre sur la voie. Mais, subjugué par la belle Séverine, Lantier hésite à dénoncer le coupable. Dès lors le trio criminel est formé. La femme, le mari et l'amant deviennent inséparables, unis par des liens complexes, dont le désir, la haine et la culpabilité ne sont pas exclus. Autour de ces protagonistes gravite une foule de personnages secondaires appartenant au monde du rail : le chauffeur Pecqueux et sa maîtresse Philomène, la famille du stationnaire Misard, le président Grandmorin, membre du conseil d’administration de la compagnie ferroviaire… Tout ce petit monde cache les plus noirs instincts, les vices les plus sordides, qui éclatent quelquefois en tragédie sur la ligne Le Havre-Paris.

Ce roman publié en 1890 est un volet de la grande fresque des Rougon-Macquart. Dans ce gigantesque projet, Zola se propose d’égaler la « Comédie humaine » de Balzac en racontant le destin d’une famille française sous le Second Empire. Après Gervaise (personnage de « l’Assommoir »), nous suivons ici son fils Jacques, frère cadet d’Etienne qui apparaît dans « Germinal ». Zola est le théoricien du naturalisme, ce courant qui a pour ambition d’offrir « une reproduction exacte de la vie » en littérature. Et il est vrai que l’auteur produit là un roman très documenté. Grâce à sa connaissance du monde ferroviaire, il décrit les machines et les gestes professionnels avec exactitude. Mais à y regarder de plus près, Zola semble voir la vie par le biais d’un verre déformant. Impossible de nier son penchant pour le sordide, pour les réalités les plus humbles ou les plus triviales. Ce roman en est une bonne illustration. Il s’agit d’une étude quasi clinique de la psychologie criminelle. Toutes les facettes du meurtre sont explorées. Il y a le meurtre crapuleux – celui du père Misard qui empoisonne sa femme pour l’argent -, le crime dicté par la jalousie – dont Roubaud et Flore offrent des exemples -; et puis il y a l’assassinat gratuit, cet acte purement bestial que médite Jacques Lantier à chaque fois qu’il désire une femme. Le mécanicien est ainsi présenté comme porteur d’une tare congénitale. Sous le regard scientifique de l’écrivain naturaliste, Jacques devient le descendant d’une longue lignée d'alcooliques qui lui ont transmis leur folie homicide. Car l'hérédité, au même titre que le milieu social, détermine les actions des personnages de Zola.

C’est un roman d’une violence rare, un concentré de scènes sordides ou sanglantes. Y sont décrits dans un style plutôt cru un horrible accident ferroviaire, un suicide et pas moins de quatre meurtres, sans oublier la violence conjugale, l’ivrognerie et l’adultère présents à chaque page. Il y a donc là une surenchère dans la laideur plutôt qu’une plate illustration de la réalité. Tout y est placé sous le signe de l’instinct, qu’il exprime la possession, la conservation ou la destruction. Zola nous montre ainsi l’homme primitif. Pendant les crises meurtrières de Jacques, c'est "l'autre", la bête avide de sang, qui prend le contrôle, annihilant sa volonté et sa conscience. D’ailleurs la locomotive Lison, personnage à part entière, est une métaphore de cette force brute qui se déchaîne sans freins – Zola compare souvent cette machine à un animal furieux.

« La bête humaine » contient aussi une puissante critique sociale. L’action se déroule sur 18 mois, de février 1869 à juillet 1870, et se termine avec l’entrée en guerre contre la Prusse. La France est alors sous la coupe d’un Empire déclinant. Zola montre ici l’inefficacité et même la corruption de la justice par le biais du Secrétaire général Camy-Lamotte. Celui-ci détruit une preuve décisive de l’affaire Roubaud pour sauvegarder la réputation du régime. Le président Grandmorin est une autre illustration de cette déchéance au sommet de l’Etat. Quant au juge Denizet, il est pétri d’orgueil et incapable de voir la vérité. Ce simulacre de justice va briser le seul innocent de l’affaire, Cabuche, un brave vagabond desservi par son physique bestial.

Malgré cette violence presque sauvage – ou précisément à cause d’elle -, « La bête humaine » est un immense roman, impossible à oublier. A cette étude psychologique et sociale, des plus intéressantes, s’ajoute un art consommé du suspense et une écriture presque visionnaire. Il y a quelque chose de fantastique dans cette locomotive qui fend la nuit ou la neige à une vitesse d’enfer. Quant aux descriptions de la Gare Saint-Lazare, elles rappellent immanquablement les peintures impressionnistes datant de cette même époque.

Noir profond.

10 étoiles

Critique de Lynch (Perpignan, Inscrit le 15 avril 2007, 41 ans) - 10 décembre 2011

Ma découverte de Zola . Oui, je n'avais pas encore lu un seul roman de cet auteur et autant le dire de suite ce ne sera pas mon dernier. Je me suis complètement plongé dedans, du début à la fin. Le style: beau, poétique et simple à la fois. L'histoire : noire, cruelle, fluide dans sa construction. Certaines scènes me reviendront longtemps en mémoire. Des scènes pour la plupart dures et violentes, tristes aussi. des scènes que l'on voit, que l'on vit , dont on reste imprégné grâce à la force du style de l'auteur, ses mots, son sens de la narration, sa capacité à donner à certains passages une force, une tension et parfois un suspense insoutenable, sa force de description.
J'ai hâte de découvrir le reste de l'oeuvre de cet auteur dont j'attends beaucoup après cette belle découverte.

la machine, l'homme et la bête

10 étoiles

Critique de Augustus (, Inscrit le 6 juillet 2011, 51 ans) - 19 juillet 2011

Jacques Lantier est un conducteur de train, qui croit dominer une machine qui en fait le domine. Car la bête humaine, c'est l'homme et la machine à la fois, tous deux emportés dans un destin meurtrier. Magnifique allégorie sur la modernité, à travers le drame d'un seul homme.

Un train d'enfer vers le havre.

2 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 46 ans) - 5 juin 2011

J'avais conservé un bon souvenir du " ventre de Paris ". Je me suis promis de lire des classiques et Zola me paraissait être un bon compromis pour reprendre les lectures ardues. Cette bête humaine m'a fâché avec Zola. Lecture difficile, histoire abracadabrantesque, un chapelet de crimes et une fin sordide. Et je cherche, pour aller où, pour dire quoi. Je vais avoir du mal à refaire confiance à Zola, chat échaudé craint l'eau froide. La note n'engage que moi, je me suis ennuyé, j'ai du cravacher pour finir le livre et étais à deux doigts de l'abandon. Bonne lecture.

La bête humaine

9 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 37 ans) - 18 mai 2011

J'adore Zola. C'est sûrement mon écrivain français préféré. J'aime beaucoup sa vision réaliste de l'être humain. Ce livre est mon deuxième préféré de cet auteur après Germinal.

Je ne l'ai pas fini.

3 étoiles

Critique de Elora30 (, Inscrite le 18 mai 2011, 44 ans) - 18 mai 2011

Trop noir.

La déchéance de l'humain

10 étoiles

Critique de Opalescente (, Inscrite le 8 novembre 2005, 35 ans) - 23 avril 2008

Aucun espoir pour l'humanité. C'est immédiatement ce qui m'est venu à l'esprit une fois la dernière page refermée.

En effet, Zola dépeint sans complaisance (mais avec un goût certain pour le macabre, il faut l'avouer) des gens qui pourraient être à peu près heureux mais qui pourtant se précipitent toujours volontairement vers la violence, et sa suite logique : le malheur.

Que ce soit l'hérédité (mise en avant pour Jacques Lantier, issu d'une famille de dégénérés alcooliques) ou la passion et son alter ego la jalousie, les héros ne peuvent échapper à une fin inéluctablement tragique, emportant avec eux les rares innocents, les derniers humains au coeur bon.

Personne ne semble y échapper, et le Bête Humaine se fait le miroir d'une pensée redondante qui traverse tout le roman : l'humain est voué à s'auto-détruire.

Un chef-d'oeuvre noir.

Homme ou machine?

10 étoiles

Critique de Drgrowl (Saint-Lambert, Inscrit le 2 juin 2007, 27 ans) - 14 juin 2007

Je parlais justement de ce livre (lu pour mes cours) avec un camarade qui me disait; mais quel drame qu'est la Bête humaine! Non, lui dis-je, une critique sociale choquante plutôt.

Oui, Zola, qui adorait la laideur, explore dans la Bête humaine les dernières envies préhistoriques qui se cachent encore dans l'homme. Amour, jalousie, avarice, barbarie... Tous ces aspects souvent refoulés de l'homme n'égalent pourtant pas l'envie la plus incompréhensible, la plus animale et si grossière, celle de tuer. Jacques en souffre, il veut tuer, il angoisse... Il doit tuer!

Jacques est-il vraiment la Bête humaine? Ne serait-ce pas plutôt les autres? Tout ceux-là qui basent leur existences sur la logique, niant toutes vérités tel un troupeau suivant leur berger: le mensonge.

Une lecture profonde, parfois coupée de descriptions longues mais souvent nécessaires, la Bête humaine vous amènera à vous poser la question suivante: Suis-je homme ou machine?

Les cause du mal de Jacques Lantier ?

8 étoiles

Critique de Frychar (NICE, Inscrit le 2 mars 2005, 69 ans) - 24 juin 2006

Qu'est-ce qui a rendu Jacques Lantier inhumain ?
-Son hérédité ? Zola avait des préjugés que l'on pourrait presque qualifier de racistes sur l'hérédité. Une lignée d'alcooliques... Un atavisme qui remonte a plusieurs générations....
-Un travail abrutissant ? Comme dans "les temps moderne" de Charlie Chaplin, bien plus tard....
-Sa formation ? Jacques Lantier a fait "les arts et métiers" et a donc reçu une formation plutôt basée sur les chiffres... Zola lui-même était arithmomaniaque. Il avait une superstition basée sur les chiffres...
On peut supposer que l'année 1853 a traumatisé Zola:
Son père ingénieur a fait faillite en 1853...
Le baron Haussmann que Zola détestait pour avoir défiguré Paris et auquel Zola fait allusion dans la curée:
"Vers le commencement de 1853,Aristide Saccard.."
Zola fait naître Victor Rougon ,décrit comme une autre bête humaine, en 1853...

Et dans "la bête humaine" le premier crime a lieu au "poteau 153" (kilomètre 153) !!!

terrible

9 étoiles

Critique de Titibouzou (, Inscrite le 8 mai 2005, 44 ans) - 8 mai 2005

il a fallu que j'attende 25 ans pour commencer à lire les grands classiques, la bête humaine retrace une vie dure au début du siècle, malgré ses très très longs passages descriptifs, j'ai beaucoup aimé ce livre

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