Largo Winch - tome 21 - L'étoile du matin de Éric Giacometti (Scénario), Philippe Francq (Dessin)

Largo Winch - tome 21 - L'étoile du matin de Éric Giacometti (Scénario), Philippe Francq (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Septularisen, le 22 octobre 2017 (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 50 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (20 069ème position).
Visites : 330 

LARGO WINCH... SANS JEAN VAN HAMME!...

Au début de l’histoire nous sommes dans la province du Yucatan au Mexique. Largo et son acolyte Simon sont sur les traces d’Igor Malakov, l’homme responsable des ennuis récents de Largo et de la mort de Saïdée la femme dont il était amoureux. Mais lorsque nos deux compères arrivent à mettre la main sur l’homme de main, celui-ci est assassiné par un sniper avant d’avoir pu révéler qui était le véritable commanditaire de toute l’opération…

Après avoir réussi à échapper à des manifestants altermondialistes qui le tiennent pour responsable du minikrach boursier qui a eu lieu le matin même à New York, nous retrouvons Largo à Chicago pour le board de ses directeurs. Celui-ci se passe exceptionnellement dans une ancienne usine d’outillage du Groupe W, qui a été fermée en son temps par Nerio Winch et dont son fils adoptif entend faire un centre de formation pour les salariés du groupe.

Mais surtout Largo a une grande nouvelle à annoncer à ses directeurs : afin d’assurer la pérennité du groupe il a décidé de quitter le Liechtenstein et de relocaliser son groupe dans un autre pays, afin de le refiscaliser et de payer des impôts…

Bien, disons-le tout de suite, tout a changé, mais rien n’a vraiment changé. Le scénario de ce nouvel opus reprend exactement les « standard » de la série. Première partie, Largo se met – ou se retrouve – c’est selon, dans une situation véritablement inextricable, un sac de nœuds pas possible, deuxième partie (à venir donc…), il s’en sort comme par miracle, la vie reprend son cours et tout va bien dans le meilleur des mondes…

Et bien justement je comptais un peu sur le scénario de M. GIACOMETTI pour changer tout cela, mais malheureusement il n’en est rien ! D’où vous comprendrez ma déception. Non seulement c’est du « réchauffé », mais en plus voici que le scénariste nous ressert les mêmes recettes qu’au début de la série, dans les deux premiers épisodes ! Et revoici les dix parts de la "Zukunft Anstalt" la société mère du Groupe W basée à Vaduz au Liechtenstein et dont tout le monde veut s’emparer... Ou bien encore le fantôme de Nerio Winch qui fait sa réapparition pour conseiller son fils adoptif… Non vraiment n’en jetez plus, côté ringardise c’est déjà surbooké, on se croirrait revenu au début de la série!...

Heureusement, il reste les dessins de Philippe FRANCQ, pour le coup eux toujours aussi bons! On sent l'expérience du dessinateur. La maîtrise y est toujours aussi bonne, le découpage toujours aussi original, les scènes d’actions sont toujours aussi dynamiques, les paysages toujours aussi grandioses, les petits détails qui font la « grande histoire », toujours là (si vous n’avez jamais vu une plaque d’immatriculation Suisse du canton de Lucerne, jetez un œil page 31...), et les visages, si ce n’est quelques ombres mal placées, toujours aussi bien dessinés. On sent que M. FRANCQ a vraiment pris du plaisir en dessinant ce volume! Ce qui ne doit pas toujours être évident, après 21 volumes passées à dessiner les mêmes personnages...

Je termine donc cet avis plutôt mitigé. C’est sans aucun doute un bon album – et les dessins de Philippe FRANCQ y sont certainement pour beaucoup -, mais vraiment, vraiment sans plus ! Sans doute que le prochain épisode, qui devrait être la suite et la fin de cette aventure, «Les voiles écarlates» devraient nous en dire plus sur le futur de Largo Winch et l’avenir de la collaboration du dessinateur avec Eric GIACOMETTI…

PS : Une note spéciale pour l’éditeur : A quoi cela sert de vendre une «Édition Documentée» en tirage limité, si ces «documents» comportent des fautes d’orthographe à toutes les pages?

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Séduit par la reprise...

8 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 61 ans) - 5 novembre 2017

Largo Winch est un personnage qui est né en 1973 après une discussion entre Greg et Jean Van Hamme. Ce devait être une bande dessinée réalisée par un dessinateur américain mais ce fut un projet sans lendemain… enfin, dans un premier temps. Jean Van Hamme ressort le personnage de Largo Winch en 1977 sous la forme roman. Il y en eut plusieurs de parus et j’en ai moi-même lu deux. Tout n’y est pas à l’identique mais il s’agit de romans populaires, où sexe et violence sont bien présents avec en toile de fond la vie que Jean van Hamme aimait, la grande finance internationale, et avouons que cela n’eut pas un succès extraordinaire…

C’est en 1988 que Jean van Hamme rencontre Philippe Francq qui est alors un jeune dessinateur de bandes dessinées et qu’il lui propose d’adapter Largo Winch en bédé. C’est ainsi que sort en 1990 le premier album de la série, L’Héritier. Le succès va être de taille et les albums vont sortir à cadence régulière… Largo n’est plus celui des romans, il est devenu un personnage à part entière, qui mène une vie trépidante, exotique, pleine de dangers et de rencontres…

La télévision et le cinéma vont s’emparer du personnage sans pour autant convaincre pleinement les lecteurs de la série… En 2015, le vingtième album de la série sort en librairie, mais c’est aussi l’année où l’on découvre que la belle collaboration entre Philippe Francq et Jean van Hamme va cesser. L’entente entre les deux n’est pas idyllique et Jean Van Hamme – qui a quand même à ce moment-là 76 ans – jette l’éponge…

Mais Philippe Francq qui n’avait aucune intention de stopper la série trouve un remplaçant, Eric Giacometti, et ils se mettent immédiatement au travail avec comme objectif de redonner à Largo Winch ses fondamentaux tout en terminant une histoire commencée par Jean Van Hamme… En effet, le dernier album, Vingt secondes, nécessitait une suite…

Alors, venons-en à ce que nous appellerons la reprise de Largo. J’entends bien une multitude de lecteurs ou critiques se plaindre… La série ne serait plus la grande série, la bonne série… On verrait dans cet album du déjà lu, du vu et revu… Et j’avoue que cela m’amuse beaucoup, comme si la série appartenait aux lecteurs et non aux auteurs… Cela me fait penser à Sir Conan Doyle obligé, sous la pression populaire, de ressusciter Sherlock Holmes !

J’ai, personnellement, une vision très différente. Presque 30 ans après le premier album de la série, les auteurs reviennent sur les questions financières – terreau initial de la série – mais une finance encore plus internationale et entièrement numérisée… Et, personnellement, je trouve cela plutôt bien ficelé et écrit… C’est crédible et actuel…

Le dessin de Philippe Francq est toujours le même et certains continueront à l’apprécier et d’autres à en critiquer certains aspects… et c’est juste une histoire de goûts !

Je suis maintenant impatient de lire la suite et de voir si je confirme la qualité de cette reprise…

Bonne reprise

8 étoiles

Critique de Hervé28 (Chartres, Inscrit(e) le 4 septembre 2011, 48 ans) - 25 octobre 2017

Je suis un fan de la première heure de Largo Winch. Je possède même les intégrales éditées chez "Niffle" en n&b il y a quelques années.
Alors pour cet album post Van Hamme, évidemment j'étais au rendez-vous.
Surtout que le tome précédent m'avait vraiment laissé un goût d'inachevé, inhabituel dans les diptyques que nous offraient les auteurs depuis quelques années.
Avec ce tome 21 (que j'ai pris dans son édition documentée), Eric Giocometti s'en sort plutôt bien. Il expédie de manière assez rapide dans son incipit, le lien avec le volume précédent avec l'élimination d'Igor Maliakov pour mieux rebondir sur le thème central de cet album: la finance dominée par l'informatique.
Le nouveau scénariste nous offre une intrigue bien enlevée, en n'oubliant pas de faire des clins d’œil aux anciennes aventures de notre milliardaire en blue jean, avec l'apparition de Gus Fenimore, l'intrusion des parts détenues au Liechtenstein, mais aussi un flash back avec Nério Winch sans oublier la présence de Simon, qui revient en force.
Bref, Eric Giacometti est revenu aux fondamentaux qui faisait le succès de Largo Winch. Et c'est du beau travail.
Quant au dessin de Philippe Franck, il reste dans la droite ligne de ses albums précédents: vif, enlevé,avec de superbes couleurs signées par Bertrand Denoulet, Philippe Franck himself et Yoann Guillo.
Il va sans dire que j'attends le prochain album avec impatience.

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