Astérix, tome 36 : Le papyrus de César de Jean-Yves Ferri (Scénario), Didier Conrad (Dessin), René Goscinny (Autre), Albert Uderzo (Autre)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Hervé28, le 22 octobre 2015 (Chartres, Inscrit(e) le 4 septembre 2011, 48 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 367ème position).
Visites : 1 470 

Un papyrus en or

Deux ans après leur reprise d'Astérix, Didier Conrad et Jean-Yves Ferri nous offrent là, il faut tout de même l'avouer, un excellent opus d'Astérix que je place bien au-dessus de leur précédent album "Astérix chez les Pictes".
Tout d'abord, le dessin de Didier Conrad est remarquable, à tel point qu'il se confond avec celui d'Albert Uderzo.
Puis, en ancrant cette nouvelle aventure dans le thème de la communication, Ferri rejoint l'esprit de Goscinny avec "le domaine des Dieux" avec l'immobilier ou encore "Obélix et compagnie", avec le monde des affaires. Ces deux excellents albums ayant également comme similitude avec "le papyrus de César" de situer l'intrigue dans le village de nos irréductibles gaulois.
L'esprit de Goscinny est également respecté dans les nombreux (peut-être un peu trop nombreux) jeux de mots qui jalonnent cette aventure: des numides - d'ailleurs présents dans "le domaine des Dieux"- au piratage de l'information (très bien amené, au demeurant), en passant par "la plie à retourner", rien ne manque.... même pas l'humeur exécrable de Cétautomatix, ni le caractère affirmé de Bonemine,ni l'expression "le gros" qui fait réagir Obélix.
Ferri a, en outre, réussi, le pari d'intégrer avec malice de nouveaux personnages avec des noms romains assez drôles, reprenant ainsi une tradition d'inscrire dans les aventures d'Astérix des contemporains (nous avions eu le droit à Guy Lux, Pierre Tchernia, Lino Ventura,Annie Cordy, Jacques Chirac etc) avec Promoplus (inspiré par Jacques Séguela).

Bref, j'ai adoré cet album qui tant au niveau dessin, scénario et couleur, nous rappelle la grande époque des Astérix signés Goscinny & Uderzo.
Une très belle réussite donc, que je vous invite à découvrir dans le tirage de luxe, grand format qui réunit l'album grand format en couleur, l'intégrale des crayonnés originaux et un dossier assez complet de 30 pages dans les coulisses de la création de ce dernier album.

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5 étoiles

Critique de Vince92 (Zürich, Inscrit le 20 octobre 2008, 40 ans) - 29 mars 2016

Après le très médiocre “chez les Pictes », Conrad et Ferri étaient attendus de pied ferme par les amateurs de la série... comment redonner à l’un des fleurons de la BD franco-belge son lustre d’antan ? Le défi est en partie réussi si l’on considère que les deux auteurs parviennent à rallier les suffrages d’un large lectorat, l’album ayant été bien reçu par le public et je n’ai pas vu de critique virulente dans la presse ou sur les forums. En vérité, la lecture de cet album n’est pas désagréable, on y prend même parfois du plaisir et certains passages du livre sont tout de même originaux (je pense notamment au voyage dans la forêt des Carnutes ou la représentation d’un Panoramix échevelé du plus bel effet comique). Paradoxalement, le lecteur « historique » de la série pourra émettre une critique sur le fait que le scénariste se réfère bien trop souvent aux albums de Goscinny : c’est ainsi que les personnages ou les situations rappellent trop souvent les albums précédents : ainsi, Promoplus a-t-il un furieux air de Détritus (La zizanie), le papyrus perdu par César rappelle immanquablement ses lauriers tandis qu’il fallait que Ferri se sente obligé de faire paraître les pirates... L’autre reproche formel est la multiplication des calembours qui, à force, alourdissent l’ensemble... l’humour en bande dessinée est très difficile à manier et il faut le distiller avec subtilité au risque, comme parfois ici, de produire un album lourd qui fait lever ses sourcils au lecteur (surtout si on se sent l’obligation d’expliquer ces calembours... fuite+numide). Le papyrus est un assez bon album, Ferri doit cependant progresser afin de rehausser la série a son niveau qui était le sien avant les années 2000 (Uderzo seul avait produit des albums tout à fait acceptables : Le grand fossé, L’Odyssée d’Astérix ,Le fils d’Astérix, Astérix chez Rahazade, voire La rose et le glaive étaient de bonne tenue je trouve.

On retrouve l'esprit des albums de l'époque Goscinny/Uderzo

8 étoiles

Critique de JEANLEBLEU (Orange, Inscrit le 6 mars 2005, 49 ans) - 29 décembre 2015

J'avais trouvé les épisodes réalisés par Uderzo seul très pauvres au niveau du scénario.
Ici l'on retrouve un peu l'atmosphère des grands opus de la série.
J'ai également apprécié les allusions aux nouvelles technologies de notre époque transposées à l'époque gallo-romaine.

Le principal intérêt de cet épisode réside dans ses allusions aux aventures précédentes (comme "Astérix Le Gaulois" à travers la forêt des Carnutes).

Bref, un bon moment de lecture détente (même si le scénario est quand même assez convenu) !

Une impression mitigée

5 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 59 ans) - 27 décembre 2015

A Rome, Jules César vient d'achever l'écriture de ses « Commentaires de la Guerre des Gaules ». Son éditeur, Bonus Promoplus lui conseille de supprimer le chapitre consacré aux revers subis face aux irréductibles Gaulois d'Armorique. L'ennui c'est qu'un scribe solidaire l'a fait disparaître et l'a confié à Doublepolemix, colporteur sans frontières, qui s'est retrouvé pourchassé par un commando de l'armée romaine bien décidé à récupérer le fameux papyrus qui, s'il est divulgué, risque de provoquer un scandale sans précédent et même déclencher une affaire qui va faire trembler tout l'empire sur ses bases.
Ce nouvel opus du duo qui s'est donné pour mission de remplacer Goscinny et Uderzo pour le plus grand bien des éditions Albert René et de quelques autres, même s'il est supérieur aux albums signés Uderzo seul, n'est quand même pas du niveau de ceux de la grande époque des créateurs. Si les dessins de Didier Conrad sont fidèles au coup de patte d'Uderzo au point d'en être bluffants, il n'en est pas tout à fait de même de l'esprit et de l'humour de Goscinny, nettement plus difficiles à imiter ! En dépit de nombreux gags, de clins d'oeil, d'allusion et même d'un coup de chapeau final aux deux pères des « irréductibles », le lecteur ne rit pas beaucoup à la lecture de cette histoire à l'intrigue sans grande originalité ni attrait particulier. A se demander s'il ne faudrait pas fuir systématiquement toutes ces resucées, ces ouvrages (BD, romans ou films) produits par des continuateurs qui n'auront jamais le génie des créateurs. Au bout du compte, une impression des plus mitigées.

Moi aussi, comme Le Rat, peut mieux faire !

7 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 61 ans) - 1 novembre 2015

Astérix et Obélix font partie de notre patrimoine culturel, c’est un fait indéniable et je ne vais pas discuter de cela. C’est vrai aussi que depuis la mort de René Goscinny nous étions un peu orphelins d’un scénariste car les aventures de notre petit Gaulois sans le talent de son père c’était un peu comme un bœuf bourguignon sans verre de Mercurey. Aussi durant de trop longues années, avec ennui et lassitude, nous avons supportés par fidélité les ersatz d’albums que nous proposait seul le dessinateur Albert Uderzo… Quelle souffrance !

Heureusement, l’âge ou les bons conseils de ses proches ont eu raison de cette situation et on a trouvé, apparemment sans trop de difficultés, deux auteurs pour reprendre la série. Ce fut d’abord Astérix chez les Pictes – album dont j’avais dit le bien que je pensais après les désastres vécus – et voilà maintenant Le papyrus de César. Jean-Yves Ferri et Didier Convard semblent vouloir entrer progressivement dans la tenue des auteurs d’Astérix et Obélix et les premiers lecteurs ont dit haut et fort leur satisfaction. Il faut dire que voir Astérix revenir en force est comme un bain de jouvence pour certains… Pourquoi pas ?

Poussé par l’ambiance médiatique, stimulé par mon libraire spécialisé, curieux de mesurer la qualité de cet album, je me suis laissé aller à le lire…

Tout d’abord, soyons clairs et honnêtes, Le papyrus de César n’est pas un échec ni une daube sans saveur, c’est bien un album des aventures d’Astérix et Obélix, il est dans la tradition des ouvrages des créateurs et on peut imaginer que Goscinny n’a pas réalisé un triple salto vrillé dans sa tombe. Est-ce un objet digne d’admiration et d’éloge ? C’est ce qui reste à prouver !

Je n’insisterai pas sur le dessin qui est très propre et conforme à celui d’Uderzo et pour lequel Didier Conrad est plutôt bon. Le scénario, ce qui pêchait le plus depuis le départ de Goscinny, est cohérent dans ses grandes lignes, il y a des gags, et je l’avoue sans problème, plusieurs fois j’ai ri de bon cœur. Cela suffit-il pour avoir un bon scénario dans la série ? Pas complètement car je trouve que si certains personnages sont bien trouvés – je pense à Promoplus et Doublepolémix – il faut reconnaître que le scénariste n’en tire pas tout le profit qu’il pourrait. C’est un peu comme si Goscinny n’avait pas poussé Goudurix ou Détritus au bout de leur rôle, de leur trajectoire… Tous les personnages chez Goscinny étaient usés jusqu’à la corde avant d’être abandonnés, ils rendaient l’âme, ils ne se contentaient pas de jouer un petit bout avant de disparaître…

Pour ce qui est des gags, il faudrait rappeler aux auteurs que l’on n’imite pas Goscinny en semant quelques éclats de rire mais en saturant l’album de plaisanteries, d’allusions, de parodies et autres jeux de mots jusqu’à ce moment diabolique où le lecteur ne sait plus s’il va pouvoir reprendre son souffle… Oui, je me souviens de mon père lisant Le tour de Gaule, Astérix et Cléopâtre ou Le combat des chefs… Nous en sommes encore loin…

Ma conclusion est simple. Oui les auteurs ont réussi à reprendre la série, à la faire revivre mais il y a encore du chemin à parcourir pour prétendre avoir mis ses pas dans ceux de Goscinny et Uderzo. On pourrait dire au duo d’artistes « peut mieux faire »… mais il faudrait aussi se poser la question de ces nombreuses reprises, d’Astérix à Blake, de Corto à Mortimer, d’Alix à Lucky Luke… car il n’est pas certain que ce soit une bonne chose pour la bande dessinée, pour les auteurs, les lecteurs… A suivre donc !

Peut mieux faire

5 étoiles

Critique de Le rat des champs (, Inscrit le 12 juillet 2005, 67 ans) - 30 octobre 2015

En lisant ce livre, une certitude s'est imposée à mon esprit: rien ne remplacera jamais ce génie qu’était René Goscinny. Bon, bien sûr, le dessin reproduit parfaitement (servilement?) celui d'Uderzo, c'est-à-dire qu'il est au-dessus de tout reproche, quant au scénario, il est certes meilleur que ceux d'Uderzo, et notamment les navrants "le Ciel lui est tombé sur la tête" , "La Traviata", ou encore "la galère d'Obélix" , il fait quelques hommages appuyés, publicitaires, et un peu lourds aux albums de la bonne époque de Goscinny, mais les ficelles sont grosses comme des câbles transatlantiques. Le scénario est un peu boiteux, l'idée de l'information orale circulant de bouche de druide à l'oreille de druide, mal introduite et mal exploitée, et le voyage dans la forêt des Carnutes est digne d'une série B mais pas de ce monument que fut Astérix. Ce que j'ai par contre trouvé réjouissant ce sont les allusions à notre époque, à l'informatique, au Wi-fi, là Ferri a retenu les leçons de Goscinny. En un mot comme en cent, cet album est une déception si on le compare à ceux de la grande époque, et une réussite par rapport aux navets qui ont été produits pendant quelques années par Uderzo seul.

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