Le noyé du Grand Canal de Jean-François Parot

Le noyé du Grand Canal de Jean-François Parot

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Falgo, le 2 janvier 2011 (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 78 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 250ème position).
Visites : 1 693 

Parot et le Floch:de mieux en mieux

Jean-François Parot poursuit avec bonheur les aventures du Commissaire du Châtelet. Entouré de ses acolytes habituels, Nicolas Le Floch recherche à la fois l'auteur de libelles injurieux pour la Reine et le voleur d'un passe-partout en diamants lui appartenant. Les intrigues de la Cour, les ambitions des uns et des autres, les espions à la solde de l'Angleterre sèment des embûches sur son parcours et créent un effroyable dédale de cadavres et d'incertitudes.
Il me semble qu'avec cet opus Parot atteint à une véritable maîtrise de cette langue si particulière qu'il emploie pour inscrire son récit dans le XVIII° siècle. C'est un régal à chaque page qui permet de faire un véritable voyage dans le temps.
De même on peut apprécier la remarquable description de la société de l'époque, de ses moeurs, de ses travers, de ses difficultés, sans oublier les alléchantes recettes. L'effort de documentation et de restitution est impressionnant, sans être jamais lourd. J'en veux pour preuve le passage où le commissaire participe à un dîner avec deux castrats de la Chapelle Royale de Versailles: tout ce qui est dit sur et par ces personnages est historiquement exact et informé tant sur le plan humain que sur le plan musical. Tout en ayant son sens dans la conduite de l'intrigue.
Comme dans "Le cadavre anglais", opus précédent, je trouve également que Parot a acquis une grande maîtrise de la construction d'une histoire policière, élément un peu faible, à mon sens, des premiers livres. L'intrigue est ici admirablement conduite.
Parot a indiqué qu'il tentait dans ses ouvrages de reconstituer le XVIII° siècle sans laisser poindre l'émergence de la Révolution. On peut repérer dans celui-ci, a contrario, certains signes avant-coureurs: la misère du peuple mieux exprimée, la pénétration des idées des Lumières, l'inconséquence de la noblesse. Est-ce le signe d'une évolution à venir dans les prochains ouvrages?

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Des écorchés …si chers, à des vivants biens trop souvent odieux !

9 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 66 ans) - 23 juin 2017

Résumé :
1778 Dans l’attente de la naissance d’un héritier au trône, les critiques contre la reine s’exacerbent. Un bijou dérobé au bal de l’Opéra devient l’enjeu des cabales et des complots. Nicolas Le Floch se voit chargé de surveiller l’intrigant duc de Chartres cousin du roi. Il participe à son côté au combat naval d’Ouessant, premier épisode de la guerre avec l’Angleterre. A son retour, des crimes, signés d’indices provocants le jettent sur la piste d’un mystérieux assassin…

De nouveau un de mes auteurs préférés avec Jean-François Parot, pour une nouvelle aventure de Nicolas Le Floch dans cette période d’histoire si riche et où il semble être heureux comme un poisson dans l’eau, tant il prend un certain plaisir à utiliser tous les ressources de son érudition pour nous non seulement nous mettre l’eau à la bouche, mais aussi, grâce à une multitude de personnages hauts en couleurs, nous permet de traverser différents états d’âme… Comme ce passage…
-Attachez-vous à cela désormais et découvrez ribon ribaine si ce pseudonyme dissimule quelque animateur secret. Sur ce abandonnez-moi à Plaute et allez fermer ces yeux que vos paupières peinent à ne point voiler depuis un moment.
-Quelle alacrité ! Quelle énergie ! Que la sauge et Trochin en soient remerciés !
-Allez, allez ! S’étrangla Noblecourt le menaçant de la canne au grand scandale de Mouchette qui, effrayée sauta à terre et s’évanouit par la porte ouverte. Disparaissez et rendez-moi un service. Portez Cyrus un moment dans la cour. Il se fait vieux et la descente de l’escalier lui devient pénible… Comme à moi ! Et demain faites-moi tenir par Catherine ce morceau de partition trouvée sur ce Lamaure ; je la voudrais considérer de plus près. Nicolas prit tendrement le vieux chien dans ses bras. Cyrus gémit et lui lécha les mains…Il appréhenda pour eux tous et surtout pour Noblecourt l’inexorable séparation.

Forums: Le noyé du Grand Canal

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Le noyé du Grand Canal".