Le sang des farines de Jean-François Parot

Le sang des farines de Jean-François Parot

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Channe01, le 29 janvier 2006 (Inscrite le 21 juin 2005, 63 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 420ème position).
Visites : 2 399  (depuis Novembre 2007)

Démêler le bon grain de l’ivraie

Pauvre commissaire Le Floch, en ce début de roman, il collectionne les ennuis : politique, amour, famille. Tout y passe. D’intrigues en intrigues, il ne sait plus où enquêter d’autant que les grands de ce monde ne sont pas francs du collier. Il lui faut analyser chaque élément de son puzzle au premier, deuxième, troisième degré.
Son histoire familiale s’impose à travers son fils comme une répétition.
Alors des salons de Vienne aux faubourgs de Paris où le peuple crie famine, notre commissaire est en quête de la vérité sous les apparences.
Comment trier le bon grain de l’ivraie …
Les enjeux économiques, les échanges libres posent déjà des problèmes entre régions. Ce livre nous renvoie à des problèmes d’aujourd’hui, la mondialisation …
Ce polar historique est d’actualité.
Là, c’est le prix du pain, aujourd’hui, c’est le gaz ou le pétrole ou les tissus de Chine.
Les spéculateurs l’emporteront-ils ? Dans cette rébellion, il y a peut être les prémices d’une révolution ?
C’est à voir et c’est à lire… pour le plaisir et pour apprendre.

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Ce sang des farines, n’est pas un four…Bien au contraire

9 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 66 ans) - 17 février 2017

Le temps n’use-t-il pas lui-même de contrastes pour nous soustraire à coup sûr d’une bien triste monotonie quotidienne? Aussi moi-même, j’use de cette règle de temps à autre, dans mes choix littéraires.
Ainsi, après cet art inimitable d’argoter de Frédéric-Dard. Allègre, (comme put l’être peut-être, un temps Claude), je jette mon dévolu sur un tout autre festin, qu’est celui du raffinement de la langue française, conté de main de maitre par un Jean-François Parot, promu, je parie, à primer mes étagères de livres d’une bibliothèque, achetée à Beaumarchais, oh ! pardon, à bon marché.

1° C’est après un difficile voyage au pays d’Haydn, qui permettra en autre chose à notre Tesquelpoil* infaillible, d’être en arrêt, devant l’Autruchienne* à Vienne, très renommée il est vrai, mais toutefois un peu moins quand même, que Montcuq*, où j’habite.
2° Donc on verra, notre Nicolas la gueule enfarinée, se la radiner au pays de la soupe de gaudes, apprendre de bien fâcheuses nouvelles pour lui et lui compliquer la tâche.

3° Extrait de cette enquête passionnante et ô combien érudite.

Lundi 1 er mai 1775.
Il s’éveilla en sursaut. Des bruits étouffés et lointains montaient jusqu’à lui. Il crut percevoir des cris. Il attendit moment, battit le briquet et alluma une chandelle. Mouchette crachait, la queue en écouvillon. Il perçut un pas lourd qui gravissait avec peine l’escalier. On frappa à la porte. Il pria qu’on l’attende un moment, passa des bas et sa culotte, une chemise, sa veste et se chaussa. Après avoir noué sa chevelure d’un ruban, il ouvrit et découvrit la figure retournée de Poitevin, essoufflé et à demi vêtu. Il sentit son cœur se serrer. Sans doute était-il survenu quelque chose à M. Noblecourt ou de mauvaises nouvelles de Louis étaient-elles parvenues rue Montmartre. En un éclair, il envisagea tous les malheurs possibles. Il fit entrer Poitevin qui ne pouvait articuler, incapable de reprendre son souffle. Il le fit asseoir et boire un verre d’eau.
-Ah ! Monsieur finit-il par dire, quel malheur ! Quelle horreur !
Nicolas, par habitude, consulta sa montre. Elle pointait quatre heures et quinze minutes. Il fit l’effort pour contenir son angoisse.
-Alors, qu’est-il arrivé ?
-Ah ! Monsieur, quelle mort horrible ! Le pauvre homme !
Une marée glacée traversa la poitrine du commissaire.
-Je crois qu’il faut que vous descendiez.
Une nouvelle voix également hors d’haleine s’éleva.
-Humf ! Comme cet escalier… est raide. Cessez… mon brave Poitevin… d’apprendre… d’effrayer Nicolas.
M. Noblecourt entra en majesté, enveloppé dans une robe de chambre damassée, le chef couvert de son madras préféré. Il marcha vers le lit où il se laissa choir lourdement aux côtés de Poitevin.
-Voilà ! Hein ! Quelle escalade ! Laissez le souffle me revenir… Imaginez-vous qu’on a trouvé maître Mourut, mon locataire et boulanger, mort dans son pétrin.


Tesquelpoil : Chien de chasse imberbe, à poil complètement !
Montcuq : Ne se situe pas dans le Bas-Rhin mais ailleurs, (comme Michel-Jobert, se situait lui aussi…)

Le Floch face à la mondialisation

6 étoiles

Critique de Araknyl (Fontenay sous Bois, Inscrit le 5 mai 2006, 47 ans) - 25 septembre 2008

Le commissaire Le Floch en voit décidément de toutes les couleurs dans ce roman, entre ententes illicites, intrigues amoureuses et petits arrangements entre Poudrés... Le sujet est définitivement d'actualité, où l'on (re)découvre que la mondialisation, avec son côté indispensable et ses faces nauséabondes, ne date pas d'hier. Si les descriptions du système régissant la fabrication du pain et les magouilles orchestrées en haut lieu sont décrites avec brio, si l'hypocrisie des Grands est dépeinte avec toute la cruauté qu'elle devait être à l'époque (et qui perdure certainement à l'heure actuelle !), l'intrigue m'a semblé confuse, alambiquée, un peu tirée par les cheveux. J'avais préféré Le Crime de l'hôtel Saint-Florentin...

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