Jeu de miroirs de Andrea Camilleri
(Il gioco degli specchi)
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Policiers et thrillers
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Le miroir Ă deux faces.
Résumé de l'éditeur :
Tandis que la mafia sĂ©vit Ă VigĂ ta avec des incendies, des fusillades, des disparitions, le commissaire Montalbano rencontre une trĂšs sĂ©duisante voisine qui semble tenir beaucoup Ă rendre publique leur liaison. Puis un mystĂ©rieux correspondant joue au chat et Ă la souris avec le commissaire, lui tend des piĂšges oĂč il risque de perdre dâabord son honorabilitĂ© et ensuite sa vie. TiraillĂ© entre le combat contre la corruption qui assaille sa ville et la prĂ©sence âŠ
Page 167.
Elle les laissa seuls. Le commissaire se leva et alla regarder les photos encadrĂ©es qui reprĂ©sentaient toujours le mĂȘme beau garçon, en tenue de marin, le jour de son mariage, ou bien perchĂ© sur une grue.
-Câest mon fils âNtonio. Il besogne Ă La Spezia, dit Cuncetta avec orgueil, en revenant avec le cafĂ©.
Qui était bon.
-Quâest-ce que vous voulez savoir sur cette grosse radasse ? attaqua Cuncetta .
Aimable préliminaire.
-Pourquoi lâappelez-vous comme ça ?
Passque câest pas âne femme honnĂȘt. Et aussi culottĂ©, sans un minimum de, comment on dit, pudeur ! Nue, elle se promenait chez elle ! Et moi, je sais bien, comment je retrouvais le lit certains matins, quand son mari Ă©tait lĂ ! Rien quâĂ voir dans quel Ă©tat les draps, ça faisait venir des idĂ©esâŠEt lui, le mari, âu curnutu, le cocu, il Ă©tait jamais Ă la maison. On aurait dit quâil le faisait exprĂšs pour laisser la place Ă sa radasse de femme !
-Comment se comportait cette dame avec vous ?
-La dame ? Y avait jamais rien qui allait ! Moi, je me cassais cul, sauf votre respect, toute la matinĂ©e et elle me tĂ©lĂ©phonait du magasin pour me dire quâelle avait atrouvĂ© la salle de bains sale . SĂ»r quâelle restait sale avec toutes les cochonneries quâils faisaient dedans et dehors de la baignoire ! Et puis, elle mâa baisĂ©e cette salope !
-Dans quel sens ?
Les éditions
Jeu de miroirs
de Camilleri, AndreaISBN : 9782266273411 ; EUR 6,95 ; 12/01/2017 ; 256 p. Poche
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Tentative dâensorcellement
Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 70 ans) - 16 août 2019
Andrea Camilleri est un admirateur, et un traducteur en italien, de Georges Simenon. Ce nâest pas par contre Georges Simenon qui traduit Andrea Camilleri, câest Serge Quadruppani, qui se donne beaucoup de mal puisquâil explique en avant-propos les dispositions quâil prend pour tenter de restituer la langue de Camilleri. Câest que Camilleri nâĂ©crit pas en italien, il Ă©crit en sicilien, qui prĂ©sente quelques diffĂ©rences dâavec lâitalien. Du coup ça donne un langage, le parlĂ©, auquel il faut ⊠sâhabituer.
Quâil est doux de se couler dans la peau de cet esthĂšte quâest le commissaire Montalbano, devenu vieux, loin des trĂ©pidations et violences habituelles des polars. Ici la seule violence que subit Montalbano, câest la tentative poussĂ©e de sĂ©duction exercĂ©e par Liliana, sa (trop) belle voisine dâorigine turinoise. EsseulĂ©e la plupart du temps et manifestement dĂ©terminĂ©e Ă se montrer (trĂšs) proche du commissaire :
« Puis Liliana lui prit la main et, vacillant un peu, lâemmena dans sa chambre Ă coucher.
Elle alluma, la fenĂȘtre Ă©tait ouverte.
Elle se laissa aller sur le lit et tendit les bras vers Montalbano en souriant.
A câte point, le commissaire se vit tout Ă fait perdu.
Son pied droit exĂ©cuta un pas vers le lit alors mĂȘme que la coucourde lui ordonnait, avec toute lâautoritĂ© dont elle Ă©tait capable, de rester immobile, de ne pas bouger.
Le pied gauche suivit son collÚgue avec un égal enthousiasme.
Seule une intervention surnaturelle pouvait le sauver de lâabĂźme auquel il Ă©tait dĂ©sormais destinĂ©.
- Allez, viens ! »
Quel suspense torride ! Câest quâelle fait tout pour se montrer en sa compagnie et faire en sorte quâon les croit intimes, la belle Liliana. Bon, le commissaire Montalbano nâest pas stupide non plus. Sâil croit volontiers en son charme, il est bien conscient que quelque chose se cache lĂ -dessous.
Par ailleurs, deux petites bombes artisanales ont Ă©clatĂ©, sans trop de dĂ©gĂąts devant des devantures de commerces vides. Avertissement de la Mafia ? Les choses ne sont pas toujours ce quâelles paraissent, comme dans un jeu de miroirs et Montalbano entre deux repas, toujours aussi succulents, chez Enzo ou prĂ©parĂ©s par la bonne Adelina, avance lentement mais sĂ»rement dans la dissipation de ce brouillard dans lequel on veut le plonger, et nous avec.
La Sicile est une belle et bonne terre. Potentiellement dangereuse mais nous sommes protĂ©gĂ©s et encadrĂ©s par ce bon commissaire Montalbano et on y est Ă Vigata. On profite de sa lumiĂšre et de ses paysages, on mange sa cuisine Ă damner un saint ⊠Dommage que Vigata nâexiste pas ! Pourtant, je vous le garantis, en Sicile Montalbano a semĂ© ses traces un peu partout. Un vrai phĂ©nomĂšne ce Montalbano !
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