Jeu de miroirs de Andrea Camilleri

Jeu de miroirs de Andrea Camilleri
(Il gioco degli specchi)

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Policiers et thrillers

Critiqué par Pierrot, le 22 mai 2018 (Villeurbanne, Inscrit le 14 dĂ©cembre 2011, 74 ans)
Critiqué par Pierrot, le 22 mai 2018 (Villeurbanne, Inscrit le 14 dĂ©cembre 2011, 74 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 Ă©toiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 Ă©toiles (41 666ème position).
Visites : 6 643 

Le miroir Ă  deux faces.

Résumé de l'éditeur :
Tandis que la mafia sĂ©vit Ă  VigĂ ta avec des incendies, des fusillades, des disparitions, le commissaire Montalbano rencontre une trĂšs sĂ©duisante voisine qui semble tenir beaucoup Ă  rendre publique leur liaison. Puis un mystĂ©rieux correspondant joue au chat et Ă  la souris avec le commissaire, lui tend des piĂšges oĂč il risque de perdre d’abord son honorabilitĂ© et ensuite sa vie. TiraillĂ© entre le combat contre la corruption qui assaille sa ville et la prĂ©sence 



Page 167.
Elle les laissa seuls. Le commissaire se leva et alla regarder les photos encadrĂ©es qui reprĂ©sentaient toujours le mĂȘme beau garçon, en tenue de marin, le jour de son mariage, ou bien perchĂ© sur une grue.
-C’est mon fils ‘Ntonio. Il besogne Ă  La Spezia, dit Cuncetta avec orgueil, en revenant avec le cafĂ©.
Qui était bon.
-Qu’est-ce que vous voulez savoir sur cette grosse radasse ? attaqua Cuncetta .
Aimable préliminaire.
-Pourquoi l’appelez-vous comme ça ?
Passque c’est pas ‘ne femme honnĂȘt. Et aussi culottĂ©, sans un minimum de, comment on dit, pudeur ! Nue, elle se promenait chez elle ! Et moi, je sais bien, comment je retrouvais le lit certains matins, quand son mari Ă©tait lĂ  ! Rien qu’à voir dans quel Ă©tat les draps, ça faisait venir des idĂ©es
Et lui, le mari, ‘u curnutu, le cocu, il Ă©tait jamais Ă  la maison. On aurait dit qu’il le faisait exprĂšs pour laisser la place Ă  sa radasse de femme !
-Comment se comportait cette dame avec vous ?
-La dame ? Y avait jamais rien qui allait ! Moi, je me cassais cul, sauf votre respect, toute la matinĂ©e et elle me tĂ©lĂ©phonait du magasin pour me dire qu’elle avait atrouvĂ© la salle de bains sale . SĂ»r qu’elle restait sale avec toutes les cochonneries qu’ils faisaient dedans et dehors de la baignoire ! Et puis, elle m’a baisĂ©e cette salope !
-Dans quel sens ?

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

Jeu de miroirs
de Camilleri, Andrea
Pocket
ISBN : 9782266273411 ; EUR 6,95 ; 12/01/2017 ; 256 p. Poche
Amazon FR
Amazon BE
» Enregistrez-vous pour ajouter une Ă©dition

Les critiques suivantes (1) » Enregistrez-vous pour publier une critique !

Tentative d’ensorcellement

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 70 ans) - 16 août 2019

Il s’agit bien sĂ»r d’un nouvel Ă©pisode du commissaire Montalbano, de Vigata (citĂ© fictive), en Sicile. Les « aficionados » de Montalbano comme de Camilleri n’auront pas besoin de la prĂ©cision ci-dessous, nĂ©anmoins pour celles et ceux qui dĂ©couvriraient le phĂ©nomĂšne Camilleri, prĂ©cisons :

Andrea Camilleri est un admirateur, et un traducteur en italien, de Georges Simenon. Ce n’est pas par contre Georges Simenon qui traduit Andrea Camilleri, c’est Serge Quadruppani, qui se donne beaucoup de mal puisqu’il explique en avant-propos les dispositions qu’il prend pour tenter de restituer la langue de Camilleri. C’est que Camilleri n’écrit pas en italien, il Ă©crit en sicilien, qui prĂ©sente quelques diffĂ©rences d’avec l’italien. Du coup ça donne un langage, le parlĂ©, auquel il faut 
 s’habituer.

Qu’il est doux de se couler dans la peau de cet esthĂšte qu’est le commissaire Montalbano, devenu vieux, loin des trĂ©pidations et violences habituelles des polars. Ici la seule violence que subit Montalbano, c’est la tentative poussĂ©e de sĂ©duction exercĂ©e par Liliana, sa (trop) belle voisine d’origine turinoise. EsseulĂ©e la plupart du temps et manifestement dĂ©terminĂ©e Ă  se montrer (trĂšs) proche du commissaire :

« Puis Liliana lui prit la main et, vacillant un peu, l’emmena dans sa chambre Ă  coucher.
Elle alluma, la fenĂȘtre Ă©tait ouverte.
Elle se laissa aller sur le lit et tendit les bras vers Montalbano en souriant.
A c’te point, le commissaire se vit tout à fait perdu.
Son pied droit exĂ©cuta un pas vers le lit alors mĂȘme que la coucourde lui ordonnait, avec toute l’autoritĂ© dont elle Ă©tait capable, de rester immobile, de ne pas bouger.
Le pied gauche suivit son collÚgue avec un égal enthousiasme.
Seule une intervention surnaturelle pouvait le sauver de l’abĂźme auquel il Ă©tait dĂ©sormais destinĂ©.
- Allez, viens ! »

Quel suspense torride ! C’est qu’elle fait tout pour se montrer en sa compagnie et faire en sorte qu’on les croit intimes, la belle Liliana. Bon, le commissaire Montalbano n’est pas stupide non plus. S’il croit volontiers en son charme, il est bien conscient que quelque chose se cache là-dessous.
Par ailleurs, deux petites bombes artisanales ont Ă©clatĂ©, sans trop de dĂ©gĂąts devant des devantures de commerces vides. Avertissement de la Mafia ? Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent, comme dans un jeu de miroirs et Montalbano entre deux repas, toujours aussi succulents, chez Enzo ou prĂ©parĂ©s par la bonne Adelina, avance lentement mais sĂ»rement dans la dissipation de ce brouillard dans lequel on veut le plonger, et nous avec.
La Sicile est une belle et bonne terre. Potentiellement dangereuse mais nous sommes protĂ©gĂ©s et encadrĂ©s par ce bon commissaire Montalbano et on y est Ă  Vigata. On profite de sa lumiĂšre et de ses paysages, on mange sa cuisine Ă  damner un saint 
 Dommage que Vigata n’existe pas ! Pourtant, je vous le garantis, en Sicile Montalbano a semĂ© ses traces un peu partout. Un vrai phĂ©nomĂšne ce Montalbano !

Forums: Jeu de miroirs

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Jeu de miroirs".


En achetant chez nos partenaires, vous nous aidez.
Mais faire vivre les libraires indépendants est important aussi