Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par JulesRomans, le 29 août 2013 (Nantes, Inscrit le 29 juillet 2012, 59 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 38 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 101ème position).
Discussion(s) : 3 (Voir »)
Visites : 11 478 

Des commerces au poil sur le dos des poilus !

Comment s’enrichir pendant la Grande Guerre ? En trafiquant avec les fournitures militaires (voir à ce sujet "14" de Jean Echenoz au sujet des chaussures des poilus). Comment faire fortune après l’Armistice ? En se lançant dans le commerce de la réinhumation des corps des morts de la Première Guerre mondiale ou l’escroquerie à la construction de monuments aux morts (dont on envoie des modèles superbement dessinés et avec l’idée de partir avec les acomptes).

Sur ces points le récit se tient et est loin de relever de l’anachronisme (pour les transferts des corps) comme les pages finales nous l’apprennent. Par contre l’ouvrage commence avec un acte assez impensable. En effet un officier, pour motiver ses soldats début novembre, (on parle beaucoup d’armistice et les hommes ne désirent point être le dernier mort du conflit) tue deux hommes qu’il a envoyé en reconnaissance et fait mettre ces meurtres sur le dos des Allemands. Il s’en suit l’implication de deux poilus dans une histoire autour de substitution d’identité par une gueule cassée as du crayon (ce sont eux qui montent l’escroquerie aux monuments aux morts).

Quoique copieux l’ouvrage se lit facilement, on peut même le parcourir sans manquer les quelques moments clés. Les pages finales imaginent la vie des protagonistes au-delà des Années folles et apportent d’autre part des informations d’ordre historique.

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Destin tragique

8 étoiles

Critique de Kabuto (Craponne, Inscrit le 10 août 2010, 57 ans) - 5 novembre 2017

Tout commence dans les tranchés, c’est la Grande Guerre, une dernière bataille inutile. Deux hommes voient leurs destins profondément bouleversés à quelques jours de l’armistice. Suivra un difficile retour à la vie civile d’autant plus que l’un d’eux a été horriblement mutilé au visage. Je m’attendais à une grande histoire de vengeance mais non, pas du tout ! On parle ici des traumatismes de la guerre et de l’accueil réservés aux poilus après le conflit. Au revoir là-haut ce sont des personnages puissants, une plongée dans la France de 1918 et une dimension sociale qui ajoute encore à l’intérêt de ce roman bouleversant que je n’ai pas lâché jusqu’à la dernière page. Une incontestable réussite couronnée par le Goncourt 2013.

Un tout autre Lemaitre

8 étoiles

Critique de Usdyc (Bruxelles, Inscrit le 27 août 2004, 61 ans) - 19 juillet 2017

Comme beaucoup, j'ai voulu savoir si "Le Maitre" du polar pouvait manier l'écrit d'une autre façon que dans le suspense et l'intrigue. Le prix Goncourt ne m'a pas influencé dans mon choix car un prix en littérature est très souvent subjectif.
Je n'ai pas été déçu par le livre même si ce n'est pas mon type de roman préféré. J'ai aimé car il y a effectivement une vraie histoire de deux hommes liés contre nature par la force des choses en cette fin de guerre 14-18. L'écrivain fait bien passer l'horreur de cette guerre dans la première partie du livre. Ensuite vient ce combat
entre une gueule cassée résignée et son ami pour survivre. C'est un beau descriptif des relations humaines. Et puis, il y a aussi les arnaques scandaleuses que l'auteur distille avec soin pour maintenir malgré tout un suspense qui donne envie de comprendre comment et surtout pourquoi.

Gueule cassée

10 étoiles

Critique de Free_s4 (Dans le Sud-Ouest, Inscrit le 18 février 2008, 43 ans) - 3 novembre 2016

Pierre Lemaitre, mon auteur coup de cœur de l'année.
Et "Au revoir la haut" mon roman coup de cœur.
Avec ses deux héros borderline, Pierre Lemaitre me rappelle deux de mes auteurs préférés, a savoir Cormac Mc Carthy (Suttree, De si jolis chevaux ....) et Russell Banks (De beaux lendemains, Sous le règne de Bone ...) avec leurs personnages en marge.
La misère des gueules cassées et l'amitié des soldats des tranchées de 14/18.
Arnaque à la nation.
Je ne me suis pas ennuyé un instant, et je recommande sa lecture.
5 étoiles (plus)
Vivement la sortie du film mis en scène par Albert Dupontel.

Un Goncourt époustouflant

8 étoiles

Critique de Evanhirtum (, Inscrit le 22 août 2016, 30 ans) - 22 août 2016

Ce Prix Goncourt est époustouflant. L’auteur, habitué au roman policier et au roman noir en général, réalise un roman d’aventure trépidant, profond et intense, sur la période de l’après-guerre des tranchées - cette époque de retour à « l’anormale », où rien ne sera plus jamais comme avant.
C’est l’histoire d’une survie après l’horreur, que fut cet abattoir humain. Deux jeunes gars, que tout oppose au départ, se sauvent la vie réciproquement : l’un en ressort traumatisé, l’autre avec la gueule arrachée et purulente. Ils vont devoir faire face dans cette société meurtrie, où les clivages d’avant-guerre n’en sont qu’exacerbés, et où le mythe des valeureux poilus morts pour la patrie doit s’articuler avec le rejet de ces estropiés, ces éclopés, ces gueules cassées. Les deux protagonistes vont se lancer, telle une révolte contre leur société, dans l’organisation d’une arnaque majestueusement scandaleuse d’une ampleur nationale.
La profondeur des personnages est épatante, originale et bien construite. Les seconds rôles donnent un souffle puissant au roman et incarnent littéralement l’époque. Entre la revanche d’un vieux fonctionnaire pouilleux et raté, malmené par sa hiérarchie, l’ascension capitalistique d’un officier vénal débordant d’ambition, et la nostalgie d’un capitaine d’industrie ayant négligé sa vie de famille, un vaste pan de la société s’y retrouve dessiné.
Cela se construit dans le cadre du commerce d’après-guerre, ou comment les affaires fleurissent pour certains dans ce contexte de culte patriotique et de désarroi total, avec notamment l’aménagement bâclé des cimetières militaires, où l’on ne sait jamais vraiment qui est sous la terre. On ajoute à cela le colonialisme, le clientélisme, la stratification sociale et le machisme de l’époque.
Un livre bien documenté, précis et qui se dévore.
Un film dérivé va être réalisé prochainement par Albert Dupontel. Ce n’est pas étonnant, car ils ont en commun (Dupontel et le livre) la même folie poétique et engagée.

Oui !

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 1 juillet 2016

Enfin un bon Goncourt ! Je me suis régalé du début à la fin.

Je ne me suis pas ennuyée

9 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 45 ans) - 15 juin 2016

D'habitude je suis allergique au Goncourt mais je me suis laissé tenter par celui-ci qui m'avait été conseillé à plusieurs reprises. C'est un pavé, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. Certes c'est sombre, parfois tragique, parfois comique, mais les actions s'enchaînent, les personnages prennent de l'épaisseur. Cependant j'ai trouvé la fin décevante. Un peu trop prévisible, peut-être. Mais c'est difficile de lâcher le roman avant la fin malgré son côté glauque parfois. A découvrir!

Je n’ai vraiment pas de chance …. !

4 étoiles

Critique de Chtimi59 (, Inscrit(e) le 25 février 2016, - ans) - 24 mars 2016

Après avoir plus que moyennement apprécié un autre Goncourt « La Bataille de Patrick Rambaud », Goncourt 1997 , et ne voulant pas rester sur une mauvaise impression de lecture de (grand) livre primé , j’ai décidé de récidiver avec un autre récit encensé par la critique,élu quand même au douzième tour de scrutin Goncourt 2013, Au revoir là-haut .

J’aurais du être plus attentif au nombre douze,douzième tour !... ,preuve s’il en est qu’il ne faisait pas l’unanimité au sein du jury .

Pour être dans les meilleures conditions de lecture,j’ai donc ressorti de l’album de famille une photo de mon Grand-Père paternel, (que je n’ai pas connu) ,Germain D.. , 1893 – 1939 ,oui je sais c’est jeune,mais malheureusement,il avait gardé l’habitude comme beaucoup d’autres après guerre pour oublier sûrement,l’excès de « pinard !. » ,si généreusement donné à tous les poilus.
Deux litres par jour disait-il, et souvent bien plus avant de sortir de la tranchée,bref , la photo de mon grand-père posée en évidence sur la sellette à côté d’un fauteuil moelleux propice à passer un bon moment,j’étais avec lui complètement contemporain de ce récit bien installé et prêt à faire tous les efforts possibles pour me plonger dans ce roman,et surtout faire plaisir à mon grand-père,en revivant ses années vingt,avec lui .

Et bien toute cette mise en scène n’a pas suffi,j’ai une nouvelle fois avec un roman primé eu du mal à être emporté .

La lecture est somme toute juste agréable,les pages se tournent,non pas avec paresse,le mot est trop fort,mais avec habitude,je les ai donc lues les unes après les autres,n'ai eu aucun mal à fermer l’ouvrage en cours de lecture,me disant , « je lirai la suite demain » , sans y attendre de grandes envolées,de coups de théâtre,de révélations,bref de choses qui vous font dire,il faut que je me précipite sur la suite. Je suis arrivé à la dernière page,grâce à mon reste d’éducation où l’on me disait petit « finis ton assiette »,pas que ce soit fade,mais bon , pour faire plaisir on finissait .

Je ne reviens pas sur l’histoire,très bien décrite dans les critiques précédentes, les poilus, cercueils,monuments aux morts, cela aurait pu être poignant, bouleversant, terrifiant même . Là non rien de tout ça , une histoire toute simple sur un ton monotone, sans ces petites choses qui auraient pu à un moment faire sourire, sursauter, ou étonner mon Grand-père, non, il est resté comme moi impassible, un brin d’ennui l’envahissant même, dans son beau cadre doré sur la sellette .

Content d’être ressorti au grand jour, de prendre la lumière, ça oui la lumière il a aimé mon Grand-père, trente ans d’album vous pensez, mais lui comme moi l’avons cherchée dans cet écrit, résultat…. , pas le noir complet non, mais l’instant où l’aurore est partie et la nuit encore en chemin .

C’est vrai, nous avons passé un moment ensemble grâce à ce roman, mais……, moi, assis dans mon fauteuil le livre sur les genoux, lui regardant la clarté du jour par la baie vitrée .Tout proche l’un de l’autre et pourtant sans jamais avoir eu le besoin de plonger mes yeux dans les siens pour ressentir l’époque et une partie de l’histoire, que lui à coup sûr avait connu. Pourquoi ? le style ?, la trop grande attente ?, les longueurs parfois ?, la passion de l’auteur ? le dénouement.. ?, mon dieu ce dénouement !. , un peu de tout certainement .

Une fois terminé, j’ai fermé le livre, pris la photo de mon Aïeul , retiré délicatement le cadre doré pour la remettre à sa place dans l’album de famille, c’est que j’y tiens à mon Grand-père moi, avec comme promesse de lui faire bientôt revoir la lumière, à travers un autre roman traitant de sa jeunesse. Je vais choisir ma prochaine lecture avec la plus grande attention, j’ai tellement envie de faire plaisir à mon grand-père.
J’espère cette fois qu’elle nous fera rêver, rire, vibrer, pleurer, vivre quoi… ce qui ne fut pas vraiment le cas de « Au revoir là-haut »

A la fois original et déjà vu

6 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 78 ans) - 13 octobre 2015

En lisant les critiques précédentes, je me trouve curieusement en accord avec les négatives comme les positives. Il y a au moins trois perspectives différentes dans ce livre. La première constitue un n-ième récit des horreurs de la guerre 1914-18, moins bon que beaucoup et déjà tellement bien écrit - et souvent de première main - par d'autres auteurs que cette partie ne présente pas grand intérêt. Il s'agit d'ailleurs dune sorte de mise en place des protagonistes et de la suite du livre. Cela prend environ 300 pages et suscite ennui et rejet. Les deux autres relatent de manière très originale et prenante la conduite de deux arnaques parallèles, les cercueils pour les poilus morts à la guerre et les monuments aux morts. Conduites par des personnages différents mais liés par des proximités et des parentés, ces arnaques sont plaisamment décrites et bien racontées avec ce qu'il faut de surprises et de bouleversements. Un sentiment mitigé donc. mais il me semble que les jurés du Goncourt ne devaient pas, cette année-là, avoir grand chose à se mettre sous la dent pour attribuer le prix à cet ouvrage.

Un coup de (Le)maitre

8 étoiles

Critique de Lolo6666 (, Inscrit le 20 août 2009, 43 ans) - 8 septembre 2015

Amateur de SF paumé dans les nébuleuses d’auteurs tout autant égarés dans leurs écrits, c’est un énorme besoin de changer d’atmosphère littéraire qui me guida de la libraire à Pierre Lemaitre.
Essayez celui-là, pas de temps morts, limpide, drôle, sans être pissant, un bon roman. Un Goncourt ? Oulah, ce n’est pas trop… bien, d’accord.

Un merdier, la guerre 14, Edouard et Alfred, compagnons d’infortune, puis amis, presque frères et enfin alliés. Quasi aliéné pour l’un, une belle folie, une allégresse qui brave le malaise de l’autre, petit d’existence, géant du récit. Et puis il y a Monsieur Péricourt, le père d’Edouard, ainsi qu’Henri. Lieutenant Henri de machin chose. Une particule qui doit survivre à la guerre, un conflit dont l’unique finalité est de couronner cette noble distinction. Tout dans le contraste, ces quatre-là vont animer une excellente histoire, invraisemblable ? A vous de voir.

Quoi dire sinon que j’ai aimé le rythme, les personnages, le style, la simplicité. Un super moment jusqu’à la dernière page. Ne freinez pas à cause de la distinction, sans la libraire, je ne m’y serais jamais aventuré.

au revoir et merci

6 étoiles

Critique de Pytheas (Pontoise - Marseille, Inscrit le 5 avril 2012, 52 ans) - 4 septembre 2015

L’histoire commence dans les derniers jours de la guerre 14-18, l’armistice n’est plus qu’une question d’heures, le capitaine d’Aulnay Pradel envoie 2 éclaireurs voir ce qui se passe dans les lignes adverses, ceux-ci sont abattus. L’assaut est inévitable. Durant cet assaut le soldat Maillard se retrouve au contact des 2 éclaireurs et s’interroge quant à la provenance de leurs blessures mortelles. Le Capitaine Pradel se jette alors sur lui et le catapulte au fond d’un cratère duquel il a toutes les peines du monde à sortir, un obus éclate, proche, et ensevelit le soldat Maillard. Edouard Pericourt vient au secours du soldat mais le temps de le dégager et un nouvel obus explose, proche, Pericourt a sauvé Maillard, mais à quel prix ? ….
Que dire sur ce roman, qu'il m'a fait penser à "l'affaire Harry Quebert", pourtant l'histoire n'a rien à voir, mais l'auteur a su distiller les ingrédients du succès avec la même Maestria (?). On y apprend quand même pas mal de choses sur la période de la proche après guerre, comment certains ont pu s'enrichir en surfant sur la vague du patriotisme, ou comment à leur retour, les combattants ont été réinsérés. Pour ces raisons je serai beaucoup moins sévère que certains autres lecteurs, on prend un plaisir certain à suivre les 3 protagonistes principaux (les personnages secondaires auraient peut-être mérité d’être plus consistants , notamment Madeleine et M.Pericourt, ainsi que la mère d’Albert). Henri Pradel est une ordure qu’on adore détester, avide et prêt à tout pour que son nom retrouve son lustre d’antan. Albert Maillard un prolo gentillet qui subit les évènements plus qu’il ne les provoque, un peu trop larmoyant mais crédible. Et Edouard Pericourt fils d’une grande famille, exubérant et provocateur , renié par un père très conventionnel.
Une fois ceci dit, il faut bien reconnaître qu'Albert Maillard fait un bien pauvre Ferdinand Bardamu même si en lisant "Au revoir là-haut" on est obligé de penser à "Voyage au bout de la nuit" mais hélas, également, de le comparer ....et là Patatras, il ne supporte pas la comparaison Céline a écrit un chef d'oeuvre dont Lemaitre est bien, bien loin. Il y a bien un effort sur le style qui tente une écriture post première guerre mondiale hélas on retrouve çà et là des tournures par trop modernes qui en cassent le charme.

Les survivants

10 étoiles

Critique de Clara33 (, Inscrite le 29 septembre 2008, 70 ans) - 15 juin 2015

C'est un beau roman, une belle histoire qui nous plonge en cette année du centenaire, dans la guerre de 14-18. Dès les premières pages, l'attaque de la cote 113, nous sommes dans l'ambiance des derniers combats, véritable hécatombe pour les poilus, chair à canon. Tout est dit sur l'horreur de cette guerre, comme un résumé des souffrances endurées par les soldats pendant quatre ans.

Les mois qui suivent l'armistice ne sont pas glorieux pour les survivants. Les héros fatigués, démobilisés, sont abandonnés; il n'y a pas de cellule psychologique comme maintenant: gueules cassées ou pas, à chacun de se débrouiller dans une France qui se préoccupe davantage de ses morts que des survivants.
Dans ce contexte, Pierre Lemaire dresse un portrait de l'après guerre tout à fait véridique. Ces personnages sont tous attachants, représentatifs sûrement de ce brassage de population, conséquence de la guerre.
La camaraderie est un lien très fort entre les deux héros du livre, Edouard et Albert. C'est un lien indicible qui explique le dévouement d'Albert pour Edouard.

Enfin , comment résister à cette histoire, double arnaque, magistralement imaginée par l'auteur, mais qui a pu ou a dû exister. La cupidité des hommes est universelle.

Désormais, pourra-t-on regarder de la même manière un monument aux morts dans tous ces petits villages, pourra-t-on ne pas visiter un cimetière militaire sans se poser des questions sur le soldat qui repose là? j'en doute, à la lecture de ce livre qui est pour moi, un gros coup de cœur.

De très bonnes idées ... mal exploitées

5 étoiles

Critique de Lejak (Metz, Inscrit le 24 septembre 2007, 42 ans) - 30 mai 2015

Je me suis ennuyé à la lecture de ce roman.
Pourtant prometteur (prix Goncourt, 4ème de couverture), malgré un univers proche d'"Un long dimanche de fiançailles", des scandales inavouables et des arnaqueurs magnifiquement cyniques, le roman s'enlise, s'éternise et ne se relève jamais.
Même le final déçoit, dommage pour un écrivain de polar ...
Acte manqué.

Ben heu...

3 étoiles

Critique de Dom B. (, Inscrit le 6 mai 2015, 42 ans) - 6 mai 2015

Le premier chapitre m'a plu. Ensuite, j'ai eu l'impression de me retrouver à regarder une mauvaise série télé...

Le principal ennui de ce livre, c'est l'absence totale de complexité chez les personnages. C'est un pur combat entre le bien incarné par le type "bien" et le mal incarné par le type "pas bien".

Le protagoniste a un bon fond, et une bonne surface, puisqu'il est gentil tout plein. Il est courageux, plein d'abnégation, modeste, intelligent et très sensible.

Le méchant est pire que Dark Vador. Il est méchant, assoiffé de gloire et d'argent, vaniteux, lâche, misogyne, menteur, avare, hautain, prétentieux, arriviste. Il trompe sa femme , il trompe sa patrie, il trompe ses proches, il tromperait jusqu'à sa mère si elle figurait dans le bouquin.

Pour un prix Goncourt (?!?...) on s'attend quand-même à autre chose.

En tout cas, moi, je vais me mettre à écrire des romans et les envoyer au comité du Goncourt, on ne sait jamais, sur un malentendu...

Deux pauvres types

8 étoiles

Critique de Fabrice (, Inscrit le 22 novembre 2009, 32 ans) - 4 mai 2015

A quelques heures de la fin de la guerre, Albert, enterré vivant par une explosion, est ramené à la vie par un de ses compagnons d'arme, Edouard. Mais à peine Albert émerge-t-il du sol qu'on obus vient défigurer pour toujours Edouard.
On suit Albert, antihéros notoire, homme simple et mal assuré et Edouard, dont le visage n'est plus désormais qu'un trou béant, en convalescence dans un hôpital de campagne, puis, à Paris, où ils s'installent dans une chambre de bonne.
Albert est un timoré, qui ne demanderait qu'à mener une vie simple et tranquille. Edouard a une revanche à prendre contre sa famille, le capitaine Pradelle, le monde et la vie. Lui vient alors l'idée géniale d'une arnaque, qu'on jugerait scandaleuse si elle n'était pas orchestrée par un homme à qui la guerre a tout pris.
J'ai trouvé un réel plaisir à lire ce livre dont j'ai aimé le ton. Il y a effectivement un peu d'un "long dimanche de fiançailles" ou de "la vie et rien d'autre", dans ce roman. Les personnages sont bien campés, les rebondissements nombreux, et, contrairement à ce qu'on lit ici ou là, ce roman a un style.
Bref, je recommande !

Très bon roman

8 étoiles

Critique de Chapitre31 (TOULOUSE, Inscrite le 18 août 2013, 48 ans) - 23 novembre 2014

Roman prenant et intéressant où personne n'est épargnée dans cette fresque.
Un plaisir de lecture, de qualité.

Prix ou pas prix ça se lit

8 étoiles

Critique de Seb (, Inscrit le 24 août 2010, 40 ans) - 12 juillet 2014

Retirons l'étiquette -galvaudée- du Goncourt, acceptons le défi que prend l'auteur de passer d'un style qu'il maîtrise pleinement - le polar- un un style plus académique et mélangeons le tout avec une prose pêchue et nous obtenons un bon bouquin. Il se lit facilement, les personnages dont bien décrits et les escroqueries d'après guerre malheureusement fidèles. La fin tragique du personnage d'Edouard est cependant "capillotractée" et révèle un épilogue quelque peu bâclé. Pierre Lemaitre est un écrivain qui sait tout écrire mais c'est dans le polar qu'il reste le maître .

Histoire très attachante

8 étoiles

Critique de Ben75011 (Paris 11e, Inscrit le 19 février 2014, 29 ans) - 24 juin 2014

Je ne dois pas être assez expérimenté en littérature pour trouver à cet ouvrage trop de similitudes avec Céline, ou d'autres auteurs.

J'ai trouvé ce roman très bien écrit, facile à lire avec des personnages détaillés, fouillés. L'histoire possède suffisamment de rebondissements afin qu'on ne s'ennuie pas. Le style m'a beaucoup plu.

Deux camarades de guerre décident de monter une affaire fumeuse de monuments patriotiques.
Ils se vengent sur cette guerre, sur leur supérieur qui n'est qu'un arriviste prêt à tout.

Très bien. Je recommande.

Je préfère "l'autre"

6 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 22 juin 2014

A l'annonce de l'attribution du Goncourt, j'avoue que j'étais ravie que Pierre Lemaître soit distingué. Passionnée par ses romans policiers, je ne doutais pas un seul instant qu'il fut capable d'écrire une roman digne du célèbre prix. J'ai donc réservé le titre mais il a fallu plusieurs semaines d'attente et l'exemplaire obtenu était dans la collection "A vue d'oeil ".
Cela a-t-il gêné la lecture, me la rendant longue voire interminable (le livre dans cette collection comprend 2 tomes) ?
Je crois que ce qui m'a le plus dérangée, c'est une impression de déjà vu ou de déjà lu.
Cela commence bien sûr (et je ne suis pas la seule à l'évoquer) par le poignant "Chambre des officiers" de Marc Dugain; puis le superbe portrait de Mathilde, sa ténacité et son courage d'un "long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot (Prix interallié) mais surtout, pour ma part, un film de 1989, "La vie et rien d'autre" de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret et Sabine Azéma.
Donc pas facile d'oublier ces chefs-d'œuvre!
Si le contexte historique me semble remarquablement bien décrit, je reprocherais les caractères manichéens des héros, installés dans leurs identités d'un bout à l'autre du roman.
Une petite déception donc et j'avoue préférer les romans policiers de l'auteur.

Morts (ou presque) pour la France.

6 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 57 ans) - 3 juin 2014

Le dernier roman de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, était tombé dans notre pile à lire juste avant d’être couronné par le Goncourt, judicieuse offrande.
On venait tout juste de découvrir Pierre Lemaître comme auteur de polars et déclarer notre coup de cœur pour la série du petit commandant Camille Verhoeven.
C’est donc avec pas mal d’attente(s) qu’on s’est jeté dans la bataille des tranchées racontée par Pierre Lemaître.
En réalité on arrive juste pour la fin, en novembre 1918, à quelques jours seulement de l’armistice et de la démobilisation. Pas le moment de se faire tuer.

[…] Mourir le dernier, se disait Albert, c'est comme mourir le premier, rien de plus con.

Sauf que si ou presque. Albert et Édouard ont bien failli être les derniers cadavres de la grande boucherie. Édouard y laissera d’ailleurs la moitié de sa tête, au physique (manque le bas) comme au figuré (morphine oblige). Les deux gars ont été envoyés au casse-pipe comme tant d’autres par un officier ambitieux. Ambitieux et pas net. Retors même. Prêt à enterrer vivants un ou deux de ses hommes si besoin.
On retrouve l’écriture incisive, ironique, féroce de Pierre Lemaître et son humour un peu noir. Il faut bien tout cela pour mettre un peu de distance entre le lecteur et les horreurs des tranchées et de la Grande Boucherie.
Lorsque l’hécatombe aura enfin cessé et que les survivants, les gueules cassées pourront rentrer chez eux (non, finalement ce n’est plus vraiment possible), ce sera les traficotages en tout genre, ces petits arrangements entre amis qui font que la guerre est une très bonne chose. Pour le commerce et les affaires notamment.
Tout cela a un parfum de déjà lu. On se rappelle par exemple les enquêtes de Thierry Bourcy.
Et donc malgré cette belle écriture, ce bouquin un peu trop volumineux et cette histoire de vengeance pas très originale se traînent en longueur.
Bien sûr on est sincèrement ravis que le Goncourt vienne couronner cette histoire d’une guerre qu’on a déjà commencé à oublier (Lemaître a été prof d’histoire-géo).
Et on est sincèrement ravis que le Goncourt vienne saluer un bouquin de cet auteur, même si le bouquin en question est moins bon que ses polars auxquels il nous a habitués.
Mais on est tout aussi sincèrement convaincus que le jury du Goncourt a voulu faire passer là un étrange message, du genre : tu vois Pierrot, quand tu laisse tes polars, t’es même capable d’écrire de vrais bouquins, de la vraie littérature. Et ça on n’aime pas.
Mais ceux qui nous suivent, connaissent bien maintenant notre mauvaise foi concernant les prix littéraires en général et le prix qu’on court en particulier !
Une bonne nouvelle quand même : le polar Alex va être adapté au cinoche par un cinéaste américain James B. Harris (mais tournage à Paris avec une française dans le rôle d’Alex).

Après la guerre

7 étoiles

Critique de Hamilcar (PARIS, Inscrit le 1 septembre 2010, 62 ans) - 21 mai 2014

La grande guerre dit-on, celle qui démultiplie les morts et les gueules cassées. Comme si la grandeur d'une guerre pouvait être respectable. En parler, c'est se souvenir ou fantasmer sur le morbide, sur la cruauté des hommes. Depuis les Croix de Bois de Dorgeles, je m'imaginais cette guerre là, hideuse et destructice, comme étant l'aboutissement de la cupidité et la folie de l'humanité. Mais vient ce livre, picaresque, presque de dérision. Et là je me suis dit qu'il y a toujours un après. Le temps de la gloriole pour certains (totalement injustifié pour ce qui concerne Pradelle) et celui de la revanche (Albert et Edouard, victimes et délicieusement escrocs)
Car ce livre nous dit ce que la morale réprouve. Eh oui, l'exploitation des morts existe encore et aujourd'hui, en parler sous cette forme nous soulage. Presque drôle. Immoral en tous points mais réconfortant. On peut encore immaginer le pire. Les deux escrocs confondus et la gloire restituée à qui ne la mérite pas. Bref, du politiquement correct.
Heureusement, il y a Lemaître qui nous rassure. Un livre transporte le lecteur. Et avec "Au revoir là haut" on y va. C'est immoral, bien écrit, déconcertant... jusqu'au Goncourt... ils doivent avoir là-haut la réponse.

C'est long

5 étoiles

Critique de Ronanvousaime (, Inscrit le 13 mai 2007, 42 ans) - 7 mai 2014

L'histoire est intéressante, mais le style n'est pas brillant, les personnages sont attachants, mais ça se traîne en longueur.

Impression mitigée, même si j'ai été au bout du livre pour savoir comment ça finissait.
Difficile de le conseiller, même si ce n'est pas sans intérêt. Le principal problème, à mon humble avis, c'est de faire durer 550 pages une histoire qui tient sur 275, quand il n'y pas un style pour rendre chaque phrase passionnante..

Les gueules cassées... et après ?

6 étoiles

Critique de AmaranthMimo (, Inscrite le 25 mai 2013, 26 ans) - 24 avril 2014

Etant personnellement assez réticente aux ouvrages traitant de la guerre, j'ai mis du temps à ouvrir ce livre (qui m'avait été offert car c'était le Goncourt de l'année...).
J'ai eu quelques difficultés à rentrer dans le récit, puis finalement je l'ai trouvé plutôt attrayant, j'ai d'ailleurs éprouvé beaucoup d'affection pour Edouard Péricourt et son camarade Albert tout en haïssant Pradelle.
Ce n'est certainement pas le meilleur roman traitant de la première guerre mondiale et de la reconstruction, mais Lemaître le fait de façon suffisamment légère et accessible (malgré certaines longueurs dont je ne suis pas fan).

passionnant et truculent et fou

10 étoiles

Critique de Mine2 (, Inscrite le 11 octobre 2013, 57 ans) - 18 avril 2014

désolée pour les passionnés de Céline , Dorgelès et consort , leurs livres me sont toujours tombés des mains .....mais celui-ci je l'ai dévoré , quel talent ! quelle imagination burlesque et chaque personnage est magnifiquement animé . celui qui m'a touché le plus est Albert , malgré sa médiocrité de caractère et d'intelligence , quel coeur follement généreux !

Ah c'qu'on s'emmerde ici, 'merd'ici, 'merd'ici, tsoin tsoin!

3 étoiles

Critique de Homo.Libris (Paris, Inscrit le 17 avril 2011, 51 ans) - 5 avril 2014

Avis conforme à ceux de Lurette et ChloéChatrian, mais je suis pourtant allé jusqu'à la fin du livre.
Le synopsis de ce roman aurait pu faire de ce récit un excellent livre, voire un prix Goncourt :-) ! Hélas, pour cela il aurait fallu qu'il y ait un écrivain derrière la plume (le clavier, à notre époque !). Or nous en sommes très très loin.
Rabaisser Pierre Lemaître en dessous de Ken Follett (cf. commentaire de Lurette), c'est l'amener à sa juste dimension, Lenanomaître !
Le récit traine en longueur, s'enfonce dans des détails et des à-côtés inutiles, et se répète de nombreuses fois à la façon des Monty Python se moquant du style biblique (cf. le passage de la "Sainte Grenade" dans Holy Graal !) – mais ici, ça n'a aucun effet comique… aucun effet du tout, d'ailleurs, si ce n'est d'augmenter exagérément le nombre de pages !
Beaucoup d'anachronismes. Par exemple, peut-on imaginer un poilu (Albert) écrivant à un autre poilu (Edouard) en commençant un nombre important de phrases par "En même temps, …", tic verbal du 21ème siècle, très en vogue dans la logorrhée diarrhéique des chroniqueurs de TV ! Et ce n'est pas le seul (anachronisme) ! En plus, Lenanomaître ne nous épargne aucun poncif, ni aucun cliché de roman de gare : vous savez le genre "… avec une incroyable rapidité chez un homme de sa corpulence." qu’on trouve deux fois dans le roman ! Le reste est à l'avenant ...
Il n'y a plus de relecteur ni de travail d'éditeur aux éditions Albin Michel ?!
Seul point positif de ce livre : la quatrième de couverture donne fortement envie de lire ce roman. Bravo à son rédacteur. Dommage que ce court texte ne reflète en rien le contenu du livre ; mais est-ce toujours le rôle de la quatrième de couv' à notre époque ?!

Heureusement ce ne sont pas les bons romans (écrits par de vrais écrivains, à la plume certaine !) avec en toile de fond la guerre de 14-18 qui font défaut :
- L.-F. Céline : Voyage au bout de la nuit ;
- R. Dorgelès : Les croix de bois ;
- G. Chevallier : La peur ; Crapouillot ;
- E.M. Remarque : A l'ouest rien de nouveau ;
- S. Japrisot : Un long dimanche de fiançailles ;
- M. Dugain : La chambre des officiers ;
- Ph. Claudel : Les âmes grises ;
- etc.

Une belle arnaque

8 étoiles

Critique de Syalles (, Inscrite le 22 mars 2014, 62 ans) - 26 mars 2014

Tout de suite captivée par cette histoire, et révoltée par la conduite de cet officier. Cela m'a fait penser à un film magnifique sur la guerre 14-18, "les Sentiers de la Gloire" avec ces officiers qui n'hésitaient pas à envoyer les soldats à l'assaut pour récolter du galon.
Pourtant l'auteur ne s'attarde pas à dépeindre les horreurs de la guerre. L'important, ce sont ces hommes qui la subissent, nouent une amitié, s'en tirent... Et puis qui doivent exister dans un monde qui les oublie alors qu'on glorifie les disparus. Après cette guerre, une arnaque magistrale, et du suspens jusqu'au bout.
Cette revanche muette du fils est ...magnifique !
Emouvant.

désolant

1 étoiles

Critique de Lurette (, Inscrite le 10 juillet 2010, 78 ans) - 25 mars 2014

Désolant de savoir que ce livre ait un prix "littéraire" et désolant de voir qu'il plaise à tant de lecteurs des Critiques Libres.
J'ai eu plus de courage que ChloeChatrian, je suis allée jusqu'au milieu du livre. Je ne supporte pas de laisser une lecture en cours de route. C'est plus fort que moi, même si j'ai conscience de perdre un temps précieux à lire de telles nullités alors que tant de bons bouquins attendent et que je n'aurai pas le temps de savourer...
Je voulais savoir comment finirait cette histoire, puis je me suis dit que de toutes façons la fin ne justifierait pas le temps passé à supporter ce style vulgaire et lourd.
Je n'ai malheureusement ou heureusement (?) pas su la fin sur les Critiques Libres puisque le suspense sert à donner aux autres l'envie de lire.
Vraiment, là, j'ai senti plus fort que jamais qu'un livre pouvait être un objet commercial.
Monsieur Lemaître n'est pas un maître de la littérature.
Ken Follett fait mieux dans l'écriture de ses scénarios. C'est dire...

Aïe...

2 étoiles

Critique de ChloéChatrian (, Inscrite le 17 mai 2013, 20 ans) - 3 mars 2014

Pardonnez ma brutalité. Je n'ai pas dépassé le premier chapitre :

a) un livre sur la première guerre mondiale pour le centenaire de celle-ci..

b) une mauvaise imitation de Céline, qui fait du " et je me suis mis à le regarder comme ça Alcide" un vulgaire "je l'ai regardé Pradelle"
Les références détournées sont bien trop nombreuses...

c) un pathétique à faire pleurer les cœurs simples, qui, avant d'avoir dépassé les 30 pages de texte, a déjà tenté sur au moins 5 pages de faire pleurer le lecteur avec une sensation d'étouffement.

J'en serais presque confuse. J'ai l'impression d'avoir dans mes mains un exemplaire de littérature alimentaire pour ménagère au cœur sensible d'environ 50 ans.

À lire la guerre, reprenons Céline et Japrisot.

Alors au revoir la haut, je pars en voyage au bout de la nuit.

Très bon livre

8 étoiles

Critique de PPG (Strasbourg, Inscrit le 14 septembre 2008, 41 ans) - 19 janvier 2014

Très bon roman, intelligent et prenant.
Nous sommes très rapidement plongés dans l'horreur de la Première Guerre Mondiale, avant d'être le témoin des comportements souvent hautains et lâches des acteurs de ce drame historique. Personne n'est épargné dans cette fresque. Les protagonistes s'enfoncent progressivement dans leurs travers, leurs petitesses, dans un enchaînement de faits dévastateurs.
Un ouvrage de qualité, touchant et dur à la fois. La lecture est facile. Le mystère quant à la fin du récit ne se dévoile que dans les toutes dernières pages, ce qui nous tient en haleine jusqu'au bout.

Un très bon roman populaire

9 étoiles

Critique de Fredericpaul (Chereng, Inscrit le 19 mai 2013, 56 ans) - 3 janvier 2014

Le Goncourt 2013 est un très bon livre. Tous y est réussi : les personnages, la description de l'époque, l'intrigue (ou plutôt les intrigues)…..
Pierre Lemaître réussit ici un grand "roman historique", genre souvent considéré comme mineur et snobé par les cuistres.
On prend un réel plaisir à lire cette aventure; sa progression est rapide et les rebondissements - pour spectaculaires qu'ils soient - sont acceptés par le lecteur.
Nous connaissons tous l'antienne "on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments" …mais ici, elle se trouve infirmée. La rédemption sort vainqueur de cette histoire et cela nous réjouit. Ici, les forces de l'argent, la loi de la jungle, l'individualisme sont mis à mal…. et cela fait du bien. Pourrait-on transposer cette histoire en 2014 ? Je l'espère, mais l'imagination me fait ici défaut….
Merci Monsieur Lemaître

Réconcilié avec le Goncourt

8 étoiles

Critique de Mimi62 (Arras, Inscrit le 20 décembre 2013, 64 ans) - 21 décembre 2013

Les Goncourt m'ont généralement laissé très sceptique, me donnant le sentiment d'être destinés, choisis, élus par un lectorat amateur de styles un peu alambiqués où la lourdeur (à mes yeux) n'apporte rien d'autre que des ornements superfétatoires.

Cette fois, j'ai trouvé un roman accessible.
Faut-il voir dans ce choix du comité une évolution des mentalités où le polar n'est plus considéré comme un sous-genre littéraire ?

La première partie m'a permis de toucher du doigt ce qu'on put ressentir les poilus. Le comportement du lieutenant peut sembler caricatural mais pas mal d'exemples connus (la pratique de la décimation, l'attitude du fameux général Nivelles) soutiennent la cohérence de cette description.
La partie suivante m'a fait comprendre ce que l'on appelait "les gueules cassées" dont l'intitulé figurait sur les billets de loterie nationale de mon enfance.
La partie médiane est peut être plus molle mais n'est-elle pas simplement l'illustration de l'errance dans laquelle se trouvent les personnages, tout comme le sont les soldats revenus de conflits. Cette situation a été plusieurs fois décrite, tant dans des romans que dans des films traitant des divers conflits du XXème siècle.

Pour le dernier tiers, j'ai eu le sentiment de retrouver le Pierre Lemaitre que j'ai connu dans ses polars. Les personnages voient leur vie emprisonnée par les conséquences d'événements antérieurs forts. J'aime cette façon de décrire ses personnages plus à travers leurs comportements que par des paragraphes de dissertations pseudo psychologiques.

L'amoralité reste le maître mot jusqu'à la fin du roman mais comme dès les premières pages la normalité n'existe pas, c'est probablement là que se trouve la normalité.

Un roman que j'ai eu plaisir à lire mais qu'il faut éviter d'aborder dans une période de déprime, tout au moins pour la première partie.

Il ne me reste pas moins une interrogation : ce roman aurait-il eu le Goncourt s'il avait paru à une autre date que l'anniversaire du conflit évoqué ?

Un polar historique ?

6 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 78 ans) - 13 décembre 2013

J'avais abordé cet auteur par ses polars, bien ficelés et agréables à lire, mais sans ambition littéraire excessive. Et cet ouvrage me laisse perplexe...

Il se lit vite car le style est facile (trop ?), on peut même sauter des passages. Les personnages, comme les situations historiques sont approximatifs, peu fouillés. Les rebondissements abondent, parfois peu crédibles et caricaturaux. Bien sûr, la création des cimetières militaires s'est accompagnée de certains scandales, mais était-ce le cas général comme le laisse supposer l'auteur qui accable bien vite les autorités politiques, pourtant bien surveillées par les "bons" fonctionnaires si mal récompensés.

On peut lire ce "Goncourt" sans ennui, mais on peut l'oublier sans remords.

Goncourt d’un bon cru

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 52 ans) - 6 décembre 2013

Pour qui cherche à se divertir en se cultivant, « Au Revoir là-haut » apparaît comme un vecteur idéal. L’auteur campe une série de personnages bien typés dans deux aventures parallèles où les fils rouges se croisent et s’écartent au cours de ce très bon récit. On cherche sans conteste à avancer dans l’histoire qui accroche inlassablement le lecteur.
Un bémol tout de même reste le style de l’auteur qui, bien qu’agréable, s’octroie des libertés dans sa ponctuation ou dans la formulation de ses phrases. J’ai donc dû quelquefois revenir en arrière pour être certain de saisir le sens du texte. Par ailleurs, si au cours de cette lecture on peut avoir des doutes sur la vérité historique, l’auteur termine son ouvrage en expliquant qu’il se base sur des faits réels tout en admettant les avoir romancés.

Par ailleurs, si certains de mes prédécesseurs voient plusieurs messages au travers de ce roman, je ne les contredirais pas, cela valorise l'ouvrage, mais ce n'est pas l'essentiel à retenir.

Je reste finalement très positif à l’égard de cette œuvre et je me permets de féliciter le jury du Goncourt qui a élu un livre très abordable et qui redonnera à certains l’envie de se replonger dans des lectures intelligentes et de qualité.

A la vie, à la mort

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 50 ans) - 4 décembre 2013

Je rajouterais seulement que je suppose que l’auteur a voulu faire réfléchir sur la dette qu’on peut ressentir vis-à-vis des autres, de quelqu’un qui vous sauve la vie : jusqu’où doit-on aller pour la rembourser. Ici, Albert, malgré son caractère faible, qui me hérisse, ou à cause de ce caractère soumis justement, va bien au-delà de la morale et de la loi. Il semble se sentir prisonnier de cette dette, sans en voir le bout. Par contraste, le tempérament odieux d’Henry, qui écrase tout le monde sur son passage pourrait susciter une vengeance, mais Albert est trop lâche pour cela.
Le côté supercherie, arnaque aux morts est l’aspect cocasse de ce roman. Il y a du Jean Teulé là-dessous, une ironie cynique. Elle est également présente dans le caractère d’Edouard, le rebelle de sa famille, l’artiste délirant et jubilant qui se déguise sous des masques de sa fabrication. On dirait que l'auteur s'est bien amusé à dépeindre ces caractères.

LES PERDANTS ,CE SONT LES PEUPLES

9 étoiles

Critique de TRIEB (BOULOGNE-BILLANCOURT, Inscrit le 18 avril 2012, 66 ans) - 30 novembre 2013

La guerre, sa traversée, les souffrances qu’elle engendre pour les belligérants, est un événement toujours tragique . Qu’en est-il de l’après-guerre, de l’accueil réservé aux anciens combattants, héros de la victoire ou réprouvés, c’est selon l’issue du conflit.
Dans son roman Au revoir là-haut , Pierre Lemaitre envisage le cas de figure suivant : des anciens combattants de la Grande Guerre ont une idée cynique mais porteuse de tous les profits et bénéfices . Ils veulent monter une entreprise , fictive, nommée le Souvenir Patriotique , dont l’activité apparente consistera à faire passer commande à des collectivités territoriales , des mairies , de monuments aux morts et de sépultures contenant les cadavres des anciens combattants morts au champ d’honneur .
Ces personnages sont présentés dans les cinquante premières pages du roman avec une grande maestria . Il y a tout d’abord Albert Maillard, simple soldat, enlevé à sa fiancée Cécile, et à sa banque, dans laquelle il travaillait avant le conflit. L’homme qui va se lier à lui est Edouard Péricourt, dont les origines bourgeoises le classent dans le camp des bien-nés. Le supérieur hiérarchique d’Albert Maillard , le lieutenant d’Aulnay-Pradelle, est un homme arriviste, dépourvu de tout scrupule, avide d’ascension et de reconnaissance sociale à tout prix … En l’occurrence, le prix à payer sera pour lui de participer à cette arnaque , à ce montage factice d’une société fantôme qui exploitera les sentiments patriotiques des Français , tout juste sortis d’une guerre atroce et meurtrière.
Au départ, Albert Maillard fait croire à la mort d’Edouard Péricourt par une substitution d’identité. Cette opération est rendue nécessaire par le fait qu’Edouard est une gueule cassée, vocable employée à l’époque pour désigner les soldats gravement mutilés au visage.
L’arnaque fonctionne au début, les commandes affluent. Une ironie suprême est d’attribuer l’adresse du Souvenir Patriotique à une boîte postale dont le numéro, 52, est identique à l’adresse 52 rue du Louvre Paris, qui est l’adresse d’un bureau de poste …
Les personnages sont décrits dans ce roman avec toute leur humanité, leur limites, leurs craintes ; Ainsi Albert Maillard déchante rapidement : « Au début du conflit, cette vision sentimentale, il la partageait avec bien d’autres. Il voyait des troupes sanglées dans de beaux uniformes, rouge et bleu avancer en rangs serrés vers une armée adverse saisie de panique. (…) Au fond, Albert s’est engagé dans une guerre stendhalienne et il s’est retrouvé dans une tuerie prosaïque et barbare qui a provoqué mille morts par jour pendant cinquante mois. »
Le roman est bien écrit, le style alerte, très plaisant. L’humour y voisine avec la gravité. Il parvient à mettre en évidence la persistance des différenciations sociales, même en temps de guerre, temps durant lequel elles sont censées d’estomper. Il rappelle à point nommé que les après-guerres sont toujours l’occasion de rejets, de silence, d’amertume, que les peuples y perdent, toujours…

Sister Morphine

9 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 41 ans) - 11 novembre 2013

Quand un auteur français plutôt habitué à écrire des romans policiers s'essaie à la littérature classique cela donne ....un Goncourt.
C'est une belle histoire d'amitié que Pierre Lemaitre nous livre là , celle de deux soldats dont l'un doit sa vie à l'autre , qui à la démobilisation ne retrouve pas sa place dans la société...surtout quand l'un des deux est une "gueule cassée".
Leur vient l'idée folle de monter un arnaque spectaculaire...

Une bien belle description de la France (et ses mœurs) de l'après première guerre mondiale avec le rejet des survivants mutilés et la manière dont l'état les a lâchés.
Au revoir là haut est un bon livre , qui tombant à point en cette période du centenaire de la guerre a su trouver un public et séduire les jurés de prix littéraires.
Chers lecteurs qui , pour des raisons louables , sont allergiques aux prix , prenez le temps de parcourir "Au revoir là Haut".

Fresque historique

8 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 38 ans) - 10 novembre 2013

Pierre Lemaître nous raconte les histoires parallèles de rescapés de la guerre et de ses atrocités. Marqués à vie par les évènements, les protagonistes vont tout faire pour de nouveau exister dans un monde qui semble les mettre de côté au profit de la célébration des morts pour la nation. Mettant en place des arnaques financières, les personnages vont se créer une seconde vie basée sur des mensonges, créant ainsi de bons moments de suspense où la vérité pourrait effectivement tout gâcher. Les différents destins sont intimement liés et le moindre accroc bouleverserait les évènements et ruinerait tous les efforts mis en place pour abuser cette société obnubilée par son désir d'oubli. Lancés dans leurs impostures, sans espoir de retour, ils vont pousser le vice jusqu'au bout...
L'écriture de Pierre Lemaître est très ordinaire, simple et agréable et son aventure hérite des techniques du polar qu'il utilisait sûrement dans ses thrillers précédents et qui rendent le déroulement de l'histoire captivant. J'ai passé un bon moment sympathique en compagnie de ces personnages, et je n'ai pas lâché le livre tout au long de cette fresque historique et familiale.

Une légion d'étoiles...

10 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 8 ans) - 4 septembre 2013

"Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande." Voici pour l’automne un Grand roman historique fort bien documenté, haletant, sarcastique et cruel mais bénéfique, campé sur les cimetières de la Grande guerre dont on va bientôt fêter le centenaire. Un hasard ?

Cette magnifique fresque « à allumage progressif » de la société du début du 20e siècle que Pierre Lemaître a osé écrire, capture avec férocité le drame des jeunes sacrifiés au front sans aucune vergogne, par les puissants amateurs de gloire, d’argent et de beurre.

Une double intrigue et un suspense insoutenable forcent le lecteur à ouvrir les yeux sur ce que l’on a préféré laisser longtemps caché. La fin justifie les moyens, c’est la devise crapuleuse du lieutenant d'Aulnay-Pradelle noble et désargenté. Quelle escroquerie colossale va-t-il tramer en toute impunité? Qu’on se le dise, l’écriture de Pierre Lemaître utilise l’eau-forte et forge des cicatrices indélébiles sur sa galerie de personnages, jouant au passage avec les masques de James Ensor qui font exploser l’imaginaire. Les descriptions sublimes et percutantes sont à la fois hugoliennes et baudelairiennes, la langue est acérée comme les pluies d’obus ou le bistouri du chirurgien et remue le lecteur jusqu’au tréfonds des entrailles.

L’auteur se révèle un romancier remarquable. Il a recueilli soigneusement le parler sec et pittoresque des anciens combattants, leurs expressions désuètes, bon Dieu de bois, celles de nos arrière (arrière) grands-pères. Un mantra inévitable revient à plusieurs reprises : quel gâchis cette guerre! Quel gâchis, toute guerre, a-t-on envie d’ajouter ! Et que faire des survivants démobilisés, de cette génération perdue? L’engrenage dans lequel se retrouvent les deux rescapés des bombes devient au fur et à mesure encore plus terrifiant que la vie dans les tranchées… Il est difficile d’imaginer situations plus intenables, au point de faire passer Guernica presque comme une image pieuse.

De plus, un puissant symbolisme charpente ce drame psychologique émouvant. Le chapelet d’expériences traumatiques de ce roman d’une puissance évocatrice ahurissante démontre aussi que le fondement de la guerre se loge à l’intérieur même de l’homme. Il faut le trouver dans l’orgueil souvent blessé des relations stratégiques père-fils ou mère-fils. Sacrilège? Mais toute guerre est sacrilège, petite ou grande. Et la cupidité ou l’amour-propre démesuré sont les moteurs délétères, prêts à balayer toute humanité: faire taire les voix, et défigurer le visage humain.

Cependant, l’humanité survit péniblement à travers l’amitié des deux éclopés de la guerre : Albert Maillard (poursuivi par le souvenir de sa mère et Edouard Péricourt (poursuivi par le souvenir de son père). Un fantastique à la Günter Grass se répand dans les interstices de l’âme dévastée par l’angoisse d’Albert Maillard, pauvre entité négligeable et le corps disloqué d’Edouard Péricourt. « Il dut se rendre à l’évidence. La fin, celle-ci ou une autre, devait survenir, parce qu’elle était écrite depuis longtemps.» La tragédie humaine.

La revanche muette du fils est inscrite dans ses carnets de croquis et dans sa belle escroquerie aux monuments funéraires. « A force de détailler l’œuvre à venir, son monument, M.Péricourt s’attacha de plus en plus, non pas au visage étrangement familier que Madeleine lui avait signalé et dont il s’était si bien souvenu, mais au soldat mort allongé à droite sur la fresque et au regard inconsolable de la Victoire posé sur lui. Et monsieur Péricourt sentit monter les larmes lorsqu’il comprit que les rôles s’étaient inversés. La Victoire, c’était son fils qui posait sur son père ce regard douloureux désolé à vous briser le cœur.»

Le coup de cœur de la rentrée 2013-2014.

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