Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaitre

Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaitre

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Veneziano, le 4 février 2018 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 478ème position).
Visites : 1 905 

La chute de la maison Péricourt

Après son Prix Goncourt avec Au revoir là-haut, immortalisé par le film d'Albert Dupontel, fort remarqué, Pierre Lemaitre a eu l'idée de filer cette histoire en saga, en lui donnant une suite, ce second tome dénommé Couleurs de l'incendie, tout aussi porteur de rebondissements aussi tragiques qu'inattendus et liés à l'histoire, l'actualité du moment, soit l'entre-deux-guerres, avec sa crise économique et financière et la montée des fascismes.
Le titre est dû aux risques que connaissent la famille Péricourt, les politiques français, l'Europe dans sa globalité.
Le roman commence par la mort de Marcel Péricourt, grand banquier français, ayant survécu sept ans à la mort de son fils, écrasé par défenestration sur sa propre voiture, pour éviter d'expliquer pourquoi il avait feint d'être mort sur le champ de bataille. Le jour des obsèques, le fils de Madeleine, donc son petit-fils chute du deuxième étage de sa demeure, en tombant sur son cercueil, ce dont il ressort paralysé, en plus de son défaut d'élocution. De là, commence une longue chute financière et sociale, dont Madeleine essaie de se redresser par des intrigues, quand elle se remet de la situation. L'atmosphère ambiante de scandales financiers, d'arrangements douteux et de montée fasciste offre ce type de possibilités, la belle Léonce tentant de se placer au mieux, quitte à escroquer. Les rebondissements, souvent lourds de conséquences, s'avèrent inattendus, les cartes étant maintes fois rabattues. Il faut arriver à suivre, car la narration est trépidante, mais cela reste fort bon.

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8 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 39 ans) - 11 janvier 2019

Pierre Lemaitre était avant tout un auteur de polars réputé que j’appréciais. Contre toute attente, son entrée dans la littérature blanche a été fracassante. Auréolé du prix Goncourt, « Au revoir là-haut » était une fresque familiale et affairiste dans laquelle je m’étais beaucoup amusé.

L’histoire de « Couleurs de l’incendie » se déroule une dizaine d’années plus tard, durant l’entre-deux- guerres. On reprend la famille Péricourt, on reprend les mêmes ingrédients et le tout fonctionne comme dans le premier épisode. Seul le contexte est différent. Le récit se fait cette fois-ci dans l’ombre de la crise financière et de la montée du nazisme.

Les évènements se succèdent sous forme de situations principalement parlées. A la manière d’une pièce de théâtre, la puissance du roman repose sur les dialogues, souvent truculents et qui rythment le fil de l’aventure. Par ces échanges, chaque personnage se dévoile et dévoile ses ambitions. Ce jeu de dupes, parsemé de manipulations et manigances, crée une toile romanesque pleine de rebondissements, dans laquelle le lecteur ne s’ennuie pas une seconde. On passe d’un protagoniste à un autre, d’une classe sociale à une autre. On se représente ainsi le plan global de la société de l’époque.

Le seul reproche que je pourrais faire se situe au niveau la mécanique du roman. En effet, autant les péripéties sont surprenantes, autant le déroulement est un peu cousu de fil blanc. On devine facilement le dénouement de cette affaire. Ceci étant dit, le plaisir de lecture est une nouvelle fois au rendez-vous. Ceux ou celles qui ont aimé le premier épisode, ne seront pas dépaysés et se réjouiront de cette suite. Et je conseille chaudement à ceux ou celles qui n’ont pas encore commencé la trilogie, de se lancer dans les histoires de Pierre Lemaître. Entre Alexandre Dumas pour le côté feuilletonnesque et Emile Zola pour le côté social, il est un conteur particulièrement efficace !

Vengeance élaborée sur vengeance froide

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 5 décembre 2018

L’auteur nous livre la suite de son roman "Au-revoir là-haut" et bien qu’on y retrouve Madeleine Péricourt, ce deuxième volet d’une trilogie annoncée se lit sans qu’il soit nécessaire de se remémorer le premier roman précité.

Au cours des funérailles de son père, le richissime banquier Marcel Péricourt, en 1927 et tandis que son escroc d’ex-mari croupit en prison, son petit garçon, Paul, 7 ans, saute par la fenêtre au moment où toute la foule est rassemblée pour l'enterrement.

Il en restera infirme mais grâce à d’heureuses rencontres et un projet innovant, il renaîtra bientôt.

Gustave Joubert, d’abord pressenti pour épouser Madeleine continuera à gérer les affaires mais son éviction maritale le conduira à imaginer une escroquerie "monumentale" visant à déposséder l’héritière de sa fortune.
C’est alors que Madeleine, ruinée, va entreprendre une machination encore plus élaborée pour retourner une nouvelle fois la situation à son avantage et ainsi se venger de la plus belle manière.

Certes l’écriture est belle et on se délecte du verbe de Pierre Lemaître, mais les contours et détours pour arriver à une conclusion du roman qui se traîne en longueur et qui apparaît un peu trop alambiquée à mon goût. Cela risque de faire tiquer le lecteur à la recherche de plus de sobriété.

Avis mitigé

8 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 29 novembre 2018

Avis mitigé

Avis mitigé sur ce livre. Première impression ; on est loin de la qualité d'écriture d'"AU REVOIR LA HAUT" (un des rares Goncourt de belle facture). Ce qui frappe ensuite ; les 100 premières pages très fortes puis le style s'étiole au profit d'une histoire du même schéma que la plupart de l’œuvre de Douglas Kennedy.
La déchéance progressive de la "gentille" qui s'englue dans des complots orchestrés par des gens avides ou aveuglés par la rancœur (ou les deux) jusqu'à l'anéantissement total. Puis peu à peu, à force de ténacité, la gentille se reconstruit et fomente sa vengeance.
Facile à lire, agréable et même addictif ce second roman de la trilogie réussit son objectif, faire lire (et sans doute vendre).
Bonne nouvelle pour le lecteur pressé on peut lire le second tome avant le premier (et vice versa).

Admirable

10 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 60 ans) - 20 août 2018

Le roman débute et finit par un enterrement. Madeleine Péricourt assiste à l’inhumation de son père, banquier célèbre et éminent, attendant avec impatience l’arrivée de Paul son petit garçon de 7 ans. Elle voit avec horreur celui-ci se jeter par la fenêtre du deuxième étage.
Il s’en sortira mais restera hémiplégique.
Toute à son malheur, elle laisse Gustave Joubert, l’homme de confiance de son père, gérer la banque, lui accordant une confiance totale.

Il lui faudra "toucher le fond" pour découvrir l’ampleur de la manipulation dont elle a été victime par les personnes en qui elle avait totalement confiance.
Madeleine seule avec son fils handicapé, mettra en place avec acharnement et obstination une incroyable et implacable vengeance.

Deuxième tome d’une trilogie, la lecture du premier tome n’est effectivement pas indispensable pour ce roman qui est une grande réussite. L’auteur réunit une écriture fluide, des personnages forts (peut-être manquent-ils un peu de nuances), un contexte historique renseigné, ainsi que son sens de la construction, du suspense.
Emportée par ce roman, j’espère être aussi passionnée par le troisième tant j’ai aimé celui-ci.
Un vrai coup de cœur.

La descente aux enfers

6 étoiles

Critique de Bernard2 (ARAMITS, Inscrit le 13 mai 2004, 69 ans) - 23 mai 2018

Après avoir lu « Au revoir là-haut », la tentation était trop forte pour ne pas se précipiter sur ce deuxième tome.
Il s'agit d'une suite logique avec l'histoire de la famille Péricourt, mais on peut ne pas avoir lu le premier volume pour entamer celui-ci.
Le ton change, même si le pessimisme de rigueur reste de mise et que la descente aux enfers se poursuit. Cette fois-ci en temps de paix.
La bassesse d'âme et la cupidité sans limites de certains individus se retrouvent ici. Mais la puissance du premier roman n'est pas aussi manifeste. C'est sans doute pour cela que je n'ai pas ressenti la même émotion qu'avec « Au revoir là-haut », et que de nombreuses longueurs ont fini par m'ennuyer.

Seule contre tous

8 étoiles

Critique de Odile93 (Epinay sur Seine, Inscrite le 20 décembre 2004, 64 ans) - 9 mai 2018

Après avoir lu (et adoré) AU REVOIR LA-HAUT, c'était tentant d'en lire la suite. Quand l'occasion s'est présentée, je n'ai pas regretté, même si COULEURS D'INCENDIE n'est pas aussi passionnant que le Prix Goncourt.

Comme je l'ai entendu dire, il n'est en effet pas besoin d'avoir lu le premier livre pour lire celui-ci car finalement, il ne reste plus que Madeleine et son père comme personnages du premier roman et puis finalement très vite Madeleine seulement.

Le livre raconte le combat d'une femme bourgeoise, très riche, entre les deux guerres, riche mais mal conseillée par ses proches qui ne cherchent qu'à s'enrichir. J'ai pris parti - bien sûr - pour Madeleine et suivi avec intérêt sa lutte pour retrouver sa fortune; c'était assez jubilatoire de vivre la vengeance de Madeleine.

Par contre, malgré la documentation impressionnante qu'a utilisée l'auteur, le passage de Madeleine à Berlin dans le bureau des très hauts chefs nazis m'a paru invraisemblable, oui carrément improbable. Du coup, j'ai eu après moins d'intérêt à lire la fin du livre. Malgré tout, je conseille ce livre très plaisant à lire.

Au nom de mon fils

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 51 ans) - 8 avril 2018

Nous retrouvons Madeleine Péricourt qui a divorcé d'Henri d'Aulnay-Pradelle, en prison. A l'enterrement de son père, son fils Paul tombe d'une fenêtre et se retrouve paraplégique. L'argent de l'héritage va vite attirer les rapaces et faire tomber Madeleine dans des pièges auxquelles elle n'est pas préparée.
Après avoir touché le fond, elle décide de se venger...
On retrouve dans ce roman le ton si particulier d'Au revoir là-haut, un certain cynisme, un humour gris (pas tout-à-fait noir), qui fait rire le lecteur à de nombreuses reprises. Et les bons devenant les méchants, on finirait presque par plaindre les requins du début car la morale n'en sort pas indemne. Le lecteur se prend à regretter que Madeleine soit devenue si impitoyable. L'auteur dépeint des politiques véreux, des financiers âpres au gain, des journalistes girouettes très peu intéressés par la vérité, des idiots en tous genres… peu de monde ressort grandi de cette histoire, mais certains personnages sont attachants.

Au-revoir là-haut, 2ème étage d'une trilogie annoncée

7 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 79 ans) - 1 avril 2018

Pierre Lemaître a trouvé une bonne recette et il l'exploite, c'est normal. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu le précédent volume pour apprécier celui-ci, certains des personnages se retrouvent ici, mais ils sont discrets ! Tout se déroule pendant l'entre deux guerres dans une France de la troisième République, marquée par de multiples scandales évoqués par le romancier qui ne fait que les effleurer. Il fait toujours preuve d'une belle imagination (son passé d'auteur de romans policiers ?)et ne recule pas devant les invraisemblances du récit. Ca ne fait rien, on prend du plaisir à le lire et c'est le principal. J'ai bien aimé son personnage de diva excentrique née dans le Jura qui adore Mussolini mais finira par rejeter le nazisme...

Ce n'est pas un "grand livre", c'est un bon divertissement !

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