Shelton
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23/07/2025 @ 07:50:17
L’étĂ© c’est fait pour lire et comme depuis quelques mois (pour ne pas dire annĂ©es) j’entends beaucoup parler de l’URSS, de LĂ©nine et Staline, de la chute de l’empire soviĂ©tique et de Poutine, le tout avec souvent beaucoup d’approximations (je n’ose parler d’erreurs mais parfois c’est bien le mot qu’il faudrait utiliser), il me semble important de vous donner envie d’ouvrir quelques ouvrages rĂ©fĂ©rents sur cette pĂ©riode historique. Je ne vais pas, non plus, vous dire que tous ces livres sont parfaits car en fonction de ce qu’ils veulent dĂ©fendre, ils leur arrivent d’ĂȘtre eux-mĂȘmes incomplets, parfois mĂȘme partiaux !

Je vais commencer par un ouvrage que certains qualifieront de clivant, Histoire de l’URSS de Nicolas Werth, dans la collection Que sais-je ? des Ă©ditions Humensis. Pourquoi ce livre ? Tout d’abord, parce qu’il est un essai de synthĂšse gĂ©nĂ©rale de l’histoire de l’URSS et non un focus sur un personnage ou un Ă©vĂšnement. En prĂšs de 350 pages, on va passer de la RĂ©volution Ă  la dislocation de l’Empire, de Nicolas II Ă  la PerestroĂŻka. C’est aussi, contrairement Ă  d’autres ouvrages, un rĂ©cit qui ne transforme pas l’URSS en « mĂ©chant absolu et criminel structurel ». Il ne nie pas tous les crimes commis mais tente de montrer comment on y est arrivĂ© et quels sont les coupables de cette aventure inhumaine dans de nombreux cas. Enfin, il est dĂ©nuĂ©, parti pris d’historien sĂ©rieux, de sentimentalitĂ© vis-Ă -vis des victimes de toute nature de l’URSS, de Nicolas II Ă  nos jours, partant du principe que le fait d’ĂȘtre victime ne donne pas le statut de juste, sur le fond ou sur la forme. On peut aussi prĂ©ciser que Nicolas Werth, russophone de naissance par sa mĂšre, utilise sans cesse des sources et travaux occidentaux et russes ce qui donne un document de grande classe
 Pour moi, une rĂ©fĂ©rence pour comprendre l’URSS et une lecture accessible Ă  tous !

Souvent, quand on parle des tsars et de cette Russie de l’ancien rĂ©gime, on rĂ©alise un tableau sanguinolant, avec un bourreau qui ferait systĂ©matiquement souffrir de façon sadique son peuple. Cette situation aurait entrainĂ© la RĂ©volution et le peuple aurait acquis sa liberté  MĂȘme si tout cela contient certains Ă©lĂ©ments historiquement fiables, il me semble judicieux de lire ou relire le « Nicolas II, la transition interrompue » d’HĂ©lĂšne CarrĂšre d’Encausse car on comprendra beaucoup mieux la personnalitĂ© de Nicolas, l’image qu’il se faisait de son rĂŽle en Russie et la façon dont il s’est, lui-mĂȘme, mis en danger avec des dĂ©cisions inadaptĂ©es
 Alors, bien sĂ»r, l’autrice est plutĂŽt sensible Ă  la personnalitĂ© de Nicolas II digne hĂ©ritier d’Alexandre II le rĂ©formateur et cela peut agacer certains lecteurs. Il n’en demeure pas moins que nous avons lĂ  une trĂšs bonne biographie !

Donc, deux livres pour approfondir l’histoire complexe de notre grand voisin russe et, prochainement, nous reviendrons sur d’autres aspects de cette histoire avec Jean-Jacques Marie et Vladimir FĂ©dorovski


Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Veneziano
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23/07/2025 @ 09:29:30
Pour cet été, j'ai entamé deux cycles, respectivement consacrés à Donna Leon et le Cambodge, outre des lectures diverses.

Hiram33
(Je lis...)
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23/07/2025 @ 18:13:00


"On peut aussi se mettre Ă  regretter que le Palais des Tuilerie ait brĂ»lĂ© et disparu. Les rĂ©volutions, sous toutes les latitudes et dans tous les pays, font disparaitre des richesses archĂ©ologiques et historiques alors que, pourtant, elles appartiennent bien, sans aucun doute, aux peuples mĂȘmes qui les dĂ©truisent !"

Merci pour ton feuilleton estival que je suis chaque année.

Le Palais des Tuileries n'a pas été complÚtement détruit

https://sortiraparis.com/arts-culture/balades/…

Je me souviens que Ardisson avait comparé la Commune à Daesh parce que Jules Bergeret et quelques Communeux avaient décidé d'incendier le Palais des Tuileries qui représentait l'Ancien Régime et son lot d'atrocités. Comparer la Commune à Daesh, c'était anachronique et provocateur. D'autant plus que ce n'est pas la Commune qui a décidé de raser le palais mais Antonin Proust et Charles Garnier (celui qui a construit l'opéra).

Shelton
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24/07/2025 @ 09:54:02
L’étĂ© c’est fait pour lire et je souhaiterais aujourd’hui unir deux de mes passions, le roman policier et la dĂ©gustation des bons vins pour ne pas dire des grands crus. Pour cela, avouez que c’est assez simple car il y a de trĂšs nombreux polars qui mettent Ă  l’honneur le vin, parfois mĂȘme ce sont des sĂ©ries entiĂšres comme Le sang de la vigne de Jean-Pierre Alaux et NoĂ«l Balen. Rappelons que Pierre Arditi a endossĂ© le rĂŽle de Benjamin Lebel dans l’adaptation des romans qui existaient dĂ©jĂ . Donc, j’avais le choix et j’ai choisi deux romans : Le vin des sorciĂšres de Dominique Sylvain, le dernier titre paru de la sĂ©rie Ingrid et Lola enquĂȘtent, et Terreur dans les vignes de Peter May, le second volume de la sĂ©rie Assassins sans visages. Dans les deux cas, deux bons romans, agrĂ©ables Ă  lire et totalement adaptĂ©s Ă  la pĂ©riode estivale d’autant plus si vous posez votre sac dans le Bordelais ou du cĂŽtĂ© de Gaillac


Quelques Ă©lĂ©ments pour ceux qui n’auraient jamais ouvert un Ingrid et Lola enquĂȘtent. Lola est une ancienne commissaire de police parisienne Ă  la retraite, qui aime la nourriture française un peu grasse, le bon vin et les puzzles. Ingrid est une jeune femme amĂ©ricaine, vivant Ă  Paris, ou elle a deux activitĂ©s pour vivre, stripteaseuse Ă  Montmartre et masseuse de bien-ĂȘtre. Quant Ă  ses passions, on peut y mettre sans hĂ©siter le dĂ©placement Ă  moto auquel elle a initiĂ© son amie Lola. AprĂšs plusieurs romans ayant Paris pour cadre, la romanciĂšre Dominique Sylvain les a envoyĂ©es enquĂȘter en Bretagne puis au Pays-Basque. Cette fois-ci, ce sera le Bordelais. Il faut dire que les « sorciĂšres », Karine et NadĂšge, ont besoin d’aide, pas tant pour le domaine viticole qu’elles semblent bien gĂ©rer et maitriser, mais plutĂŽt pour le spectacle de cabaret qu’elles ont dĂ©cidĂ© de mettre en place pour attirer un peu plus les clients


Ouvrons donc maintenant le second volume de cette sĂ©rie de Peter May. Enzo MacLeod, ancien mĂ©decin lĂ©giste Ă©cossais, attaque son deuxiĂšme meurtre non rĂ©solu. Un critique de vins, amĂ©ricains, a Ă©tĂ© retrouvĂ© en trĂšs mauvais Ă©tat aprĂšs avoir sĂ©journĂ© plusieurs mois dans du vin de Gaillac. Il dĂ©cide donc de s’installer sur place et de faire les vendanges, histoire de glaner des informations ici ou là
 Pour cela, il prend la direction de l’exploitation oĂč a disparu le fameux critique, Gill Petty.

Comme il s’agit de romans policiers je ne peux pas vous en dire beaucoup plus mais dans les deux cas on est plutĂŽt dans le roman classique avec une pointe d’humour plus marquĂ©e chez Dominique Sylvain. Dans les deux cas, il y a une multitude de petites informations sur le vin, sa fabrication, sa dĂ©gustation et les haines et jalousies qu’il peut faire naitre entre ces viticulteurs qui ne s’apprĂ©cient pas toujours !

TrÚs bonne lecture et à votre santé !

Saule
(Je lis...)
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24/07/2025 @ 10:14:13
J'amais beaucoup la série Le sang de la vigne avec Pierre Arditi

Shelton
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24/07/2025 @ 10:42:26
Ce sont de bons romans à lire, surtout en faisant une belle route des vins, des grands crûs...

Shelton
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25/07/2025 @ 08:39:08
L’étĂ© c’est fait pour lire et, pour moi, c’est aussi une pĂ©riode oĂč l’on peut essayer de prendre le temps de rĂ©flĂ©chir un peu. En effet, tout au long de l’annĂ©e on est pris par le temps avec des agendas contraints, des courses permanentes pour ĂȘtre Ă  l’heure Ă  des rendez-vous variĂ©s
 On court, on court mais peu de temps pour faire fonctionner nos « petites cellules grises » comme dirait Hercule Poirot. Pourtant, prendre le temps de la rĂ©flexion permet souvent de s’économiser, de mieux dĂ©cider, d’agir plus efficacement


Depuis un certain temps, on dit de plus en plus que l’on est dans une sociĂ©tĂ© de l’angoisse, de la peur. On craint tout et son contraire, on finit mĂȘme par avoir peur d’avoir peur
 Aussi, en retrouvant un ouvrage de 1995, AN 1000 An 2000, sur les traces de nos peurs de Georges Duby, je me suis dis que c’était le moment de le relire


Le texte date de 1995, soit, disons-le clairement, de trente ans ! C’est important quand on va passer en revue les diffĂ©rentes peurs qui agitent les peuples en l’an 1000 ou en l’an 2000. Rien que le sommaire dĂ©gage une actualitĂ© fascinante :
La peur de la misĂšre
La peur de l’autre
La peur des épidémies
La peur de la violence
La peur de l’au-delà
Qui aurait fait pour aujourd’hui une liste fondamentalement diffĂ©rente ? Ces peurs sont celles de l’an 1000, de l’an 2000, de 2025 ou celles de l’humanitĂ©, tout simplement ?

Une fois que l’on a fait ce premier constat, il ne s’agit pas de dire que rien a changĂ© sur cette planĂšte car l’homme de l’an 1000 n’est pas l’identique de celui de l’an 2025. Non, de nombreuses choses ont changĂ© ou Ă©voluĂ©. Le rapport Ă  la religion n’est pas identique, les connaissances scientifiques ont ouvert de grands espaces, on vit plus longtemps et globalement en meilleure santĂ©, mieux nourri, mieux logé  Mais, les angoisses sont toujours là
 Peur de manquer, peur d’ĂȘtre malade, peur de la violence, peur de la mort
 RĂ©cemment, la crise du Covid, les guerres, l’inflation ont rĂ©veillĂ© ces peurs et cela aboutit parfois Ă  des rĂ©actions dĂ©lirantes avec des nĂ©gations scientifiques et humaines que l’on n’avait pas imaginĂ©es
 Et pourtant
 elle tourne comme disait notre pauvre scientifique contredit par les religieux de son Ă©poque !

Cette lecture, en fait, m’a rĂ©confortĂ©. Nous ne vivons pas une pĂ©riode si diffĂ©rente des autres. An 1000, an 2000 ou an 2025, les fondamentales peurs de l’humanitĂ© sont de mĂȘme nature et c’est Ă  nous, les peuples de 2025 de trouver les solutions, personnelles et collectives, pour franchir ces difficultĂ©s et aller plus loin


C’est un combat difficile mais lire permet de mieux comprendre, alors bonne lecture !

Shelton
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26/07/2025 @ 06:58:19
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’ai Ă©tĂ© surpris d’entendre de nombreuses personnes dire, de façon privĂ©e ou publique, qu’elles suivaient le Tour de France uniquement pour dĂ©couvrir la France ou rĂ©viser leurs connaissances patrimoniales. Certes, j’entends bien que c’est une solution pour ne pas avoir Ă  donner leur avis sur le dopage de certains cyclistes mais je me suis surtout interrogĂ© sur les connaissances de tout un chacun sur le patrimoine de notre pays. Il n’y aurait que le Tour de France pour s’y intĂ©resser ? N’existerait-il pas quelques ouvrages pour y accĂ©der ? Alors, j’ai cherchĂ© un peu et j’ai trouvé 

Avec « Ces belles en leur demeure », Claude MossĂ©, journaliste, grand reporter, auteurs multiples, nous invite Ă  dĂ©couvrir le lieu de vie de plusieurs femmes cĂ©lĂšbres : George Sand, Madame de SĂ©vignĂ©, JosĂ©phine de Beauharnais, Madame de StaĂ«l, AgnĂšs Sorel et Francine Weisweiller
 A chaque fois, il ne contente pas de dĂ©crire un lieu, une demeure, un territoire, mais bien de visiter ce lieu en compagnie de cette « belle » cĂ©lĂšbre : Nohant, Grignan, Malmaison, Coppet, Loches et Santo-Sospir reprennent vie et en belle compagnie ! J’aurais pu vous parler de tous ces lieux, de toutes ces femmes, mais j’ai choisi de mettre en valeur celle que je connaissais le moins, le lieu que je n’avais jamais visitĂ©, celui que je dois inscrire dans les lieux Ă  voir prochainement, enfin si l’occasion se prĂ©sente !

Car la premiĂšre question est simple, qui est Francine Weisweiller ? Elle est nĂ©e sous le nom de Worms dans une famille aisĂ©e de juifs alsaciens. Elle a eu une vie assez mondaine, est devenue Weisweiller, et, en 1949, elle a fait connaissance d’un certain Jean Cocteau. On dit qu’elle est devenue son amie et son inspiratrice (toujours difficile Ă  prouver) mais avec son frĂšre, elle a Ă©tĂ© active aux Ă©ditions du Rocher, y a Ă©ditĂ© des auteurs rĂ©sistants et, dans les annĂ©es cinquante, Ă©dita de nombreux textes de Cocteau.

On retiendra qu’elle est restĂ©e dans les mĂ©moires comme une femme animatrice de son salon littĂ©raire et mondain, Ă  Paris comme Ă  Saint-Jean-Cap-Ferrat. C’est d’ailleurs lĂ  qu’en 1947, la famille Weisweiller avait acquis la villa Santo-Sospir, l’avait meublĂ©e richement et avec finesse. On y trouve des Ɠuvres de Kisling, Soutine, Picasso, Matisse, Braque
 Jean Cocteau a eu l’opportunitĂ© de couvrir certains murs de ses fresques. Aujourd’hui, cette villa est inscrite au catalogue des Monuments historiques français


La richesse, intellectuelle, financiĂšre, artistique ou culturelle, ne garantit en rien le bonheur. Francine est morte ruinĂ©e et dans la solitude en 2003. Elle s’était fĂąchĂ©e avec Cocteau et sĂ©parĂ©e de son mari
 La villa a Ă©tĂ© reprise par sa fille Carole avant d’ĂȘtre vendue Ă  un Russe avec comme conditions de continuer Ă  l’ouvrir au public
 Cette villa est le symbole d’une gĂ©nĂ©ration artistique et un beau monument de notre patrimoine


On peut donc lire cet ouvrage de Claude MossĂ©, « Ces belles en leur demeure », ou le livre de souvenirs de Carole Weisweiller, « Ma famille de cƓur » ainsi que l’album photo, « Jean Cocteau, les annĂ©es Francine ». VoilĂ  de quoi remplir vos heures de sieste et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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27/07/2025 @ 10:47:55
Aujourd'hui, pas de chronique car lendemain du mariage d'un de mes enfants... Non mais...

Frunny
27/07/2025 @ 11:27:04
Aujourd'hui, pas de chronique car lendemain du mariage d'un de mes enfants... Non mais...


Tu aurais pu faire une chronique sur Beaumarchais
 il explicite ça trùs bien.

Shelton
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27/07/2025 @ 18:05:12
Cela eut pu ĂȘtre une solution... Meilleur que le Mariage forcĂ© de MoliĂšre...

Shelton
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28/07/2025 @ 09:02:59
L’étĂ© c’est fait pour lire et voici un bel album destinĂ© Ă  la jeunesse qui pourrait bien faire le rĂ©gal des adultes
 « Mao et Moi » de Chen Jiang Hong est Ă  la fois un album illustrĂ©, un ouvrage avec en toile de fond la RĂ©volution culturelle de Mao et une Ɠuvre narrative digne des meilleurs auteurs de bande dessinĂ©e
 Bref, un excellent ouvrage Ă  lire cet Ă©tĂ© !

L’auteur et dessinateur, Chen Jiang Hong, est un artiste qui a quittĂ© la Chine en 1987 pour vivre Ă  Paris. Etant nĂ© en 1963, il Ă©tait donc trĂšs jeune enfant au moment de cette RĂ©volution culturelle de Mao (1966) et il nous la raconte dans cet album comme un enfant pouvait la percevoir et non en politologue, sociologue ou historien. Vous ne trouverez donc dans ce rĂ©cit aucun Ă©lĂ©ment explicatif sur les Ă©vĂšnements, on ne pourra juste que mesurer les consĂ©quences sur une famille, celle de Chen Jiang Hong. L’enfant vit dans une famille modeste, voit son pĂšre partir pour un camp spĂ©cial, voit la nourriture se faire rare


Une de mes petites-filles qui a lu le livre cet Ă©tĂ© : « Papy, pourquoi le petit garçon est-il fier de porter un uniforme de Petit garde rouge du Parti communiste ? Pourquoi est-il heureux de recevoir un exemplaire du petit livre rouge de Mao ? Qu’est qu’il y a dans ce livre ? L’as-tu lu ? » Les questions affluent et il n’est pas si simple de rĂ©pondre clairement Ă  un enfant de 9 ans


Mais, en tentant d’ĂȘtre factuel, en s’aidant des scĂšnes de la vie quotidienne dĂ©crites dans cette histoire, on arrive Ă  expliquer un grand nombre de choses et, surtout, Ă  aborder les grands thĂšmes liĂ©s Ă  la libertĂ©, la dĂ©mocratie, l’éducation et la crĂ©ation artistique car le jeune Chen Jiang Hong dessine depuis son plus jeune Ăąge


Ce qui est certainement un des moments les plus dĂ©licats Ă  faire comprendre, ce sont ces sĂ©ances d’autocritique publique qui sont si Ă©loignĂ©es de notre culture occidentale et de nos pratiques (et pourvu qu’elles le restent !). NĂ©anmoins, on y arrive et on peut ainsi parler de cette pĂ©riode de l’histoire, d’un grand pays et de Mao


Il est temps de parler de la forme de cet ouvrage car, pour moi, c’est lĂ  que Chen Jiang Hong est tout simplement excellent ! En effet, si on regarde un peu rapidement, on se dit que c’est un livre illustrĂ© classique. Si on prend le temps de regarder les rapports entre texte et dessins, on mesure que l’auteur complet chemine dĂ©licatement et avec talent entre livre illustrĂ© et bande dessinĂ©e, un peu comme si l’auteur nous offrait un format « GĂ©dĂ©on » rĂ©novĂ©, contemporain, actualisé  Et Chen Jiang Hong est talentueux Ă  souhait !

Alors, mĂȘme si le livre est sorti en 2008, il est encore temps de le lire et le faire lire quitte Ă  ĂȘtre obligĂ© de discuter longuement avec le jeune lecteur
 TrĂšs bonne lecture et je ne peux que vous souhaiter des discussions et partages Ă  la hauteur !

Shelton
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29/07/2025 @ 08:31:45
L’étĂ© c’est fait pour lire et une partie de mes lectures provient de mes dĂ©placements, des rencontres, des spectacles vus, des interviews rĂ©alisĂ©es. Il y a quelques semaines, je suis allĂ© visiter le site de Bibracte et j’en suis revenu avec un ouvrage atypique, bien utile et qui attisĂ© ma curiositĂ© : La cuisine gauloise continue de Anne Flouest et Jean-Paul Romac. Ceux qui me connaissent bien ont instantanĂ©ment compris que livre, cuisine et histoire Ă©tait un combo qui ne pouvait que me convenir
 Alors non seulement j’ai achetĂ©, puis lu et, maintenant, je n’ai plus qu’à mettre en Ɠuvre car il s’agit quand mĂȘme de 400 recettes !

Mais avant d’ĂȘtre des recettes (car il ne s’agit pas seulement d’un livre de cuisine), les auteurs vont nous faire entrer dans un univers particulier. En effet, on a peu d’élĂ©ments concrets sur les recettes gauloises. Cependant, on connait les instruments Ă  la disposition de celle ou celui qui cuisinait, les produits qui existaient Ă  ce moment-lĂ , les animaux qu’ils Ă©levaient ou chassaient
 et, donc, on peut ainsi reconstituer avec une petite marge d’erreur ce que les Gaulois mangeaient. D’ailleurs dire les Gaulois est un terme un peu abusif car il y avait des Gaulois dans des rĂ©gions trĂšs diffĂ©rentes, donc avec des variantes de fruits, de lĂ©gumes sauvages, d’animaux chassĂ©s
 Donc, cela Ă©tant posĂ©, entrons dans la cuisine gauloise !

Mais qui dit cuisine, dit instruments, moyen de chauffage, plats, assiettes, couverts
 LĂ , on va apprendre tout sur les pots, sur les couteaux, les seaux cerclĂ©s, sur les meules, les chaudrons, les grills, les broches et les Ă©cuelles, bien sĂ»r ! C’est tout simplement passionnant et il ne reste plus qu’à aller au puits chercher de l’eau pour se mettre au travail
 Pour le coup, ce qui semblait au dĂ©part un livre de cuisine se transforme en livre d’archĂ©ologie illustrĂ© et petit Ă  petit on se prĂ©pare Ă  cuisiner. Certes, vous allez le faire chez vous, avec vos Ă©quipements du vingt-et-uniĂšme siĂšcle mais Ă  tout moment vous allez comprendre ce qui se passait vingt siĂšcles avant


Il en sera de mĂȘme pour les questions de la conservation, des habitudes alimentaires, du transport des produits, des cultures
 Mais je vous sens bouillir d’impatience : que mangeaient-ils rĂ©ellement ? Comment faire un repas gaulois ? Je pourrais vous dire qu’il suffit d’aller Ă  Bibracte et de manger Ă  midi sur place un bon repas gaulois. Nous l’avons fait et ce fut une belle expĂ©rience. Il faudra quand mĂȘme avoir en tĂȘte que ce sont les cĂ©rĂ©ales qui constituent la base de l’alimentation beaucoup plus que la viande. Quant au fromage, il est bien là
 comme quoi les traditions n’apparaissent pas par hasard !

Quelques recettes qui tentent nos gosiers affamĂ©s : poireaux au miel, salades de fĂšves, petits pois au lard, truite fumĂ©e, poulet grillĂ©, soupes diverses
 Franchement, de nombreux plats donnent envie et mon sentiment, validĂ© par le repas sur place, c’est que c’est une façon de redĂ©couvrir certains aliments avec des Ă©pices que l’on sous-estime trop
 C’est aussi une cuisine qui utilise des baies comme les myrtilles, en salĂ© comme en sucrĂ© !

Alors, comment vous dire autre chose que « tous en cuisine, bonne lecture, bon appétit ! »

Shelton
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30/07/2025 @ 06:51:39
L’étĂ© c’est fait pour lire et, comme hier nous parlions de cuisine gauloise, il m’a semblĂ© naturel de continuer Ă  rester dans cette mĂȘme pĂ©riode en mangeant du sanglier
 Certes, il se dit, cĂŽtĂ© scientifique, que nos amis gaulois ne mangeaient pas trop de cet animal qui Ă©tait pour le moins protĂ©gĂ© voire sacrĂ©, il n’en demeure pas moins vrai que AstĂ©rix, ObĂ©lix et tous les habitants du village d’irrĂ©ductibles Gaulois se rĂ©galaient lors de grands banquets de ce fameux sanglier rĂŽti !

Alors, vouloir parler des aventures d’AstĂ©rix et ObĂ©lix, c’est choisir un album parmi l’ensemble de la sĂ©rie. LĂ , les choses se compliquent considĂ©rablement. J’aurais pu choisir AstĂ©rix et ClĂ©opĂątre mais c’est un album que je vous ai dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© en long et en dĂ©tail, donc j’ai prĂ©fĂ©rĂ© prendre AstĂ©rix et les Goths ; une Ɠuvre signĂ© RenĂ© Goscinny pour le scĂ©nario et Albert Uderzo pour le dessin, donc un album de la sĂ©rie initiale, le troisiĂšme, paru 1963 ! Oui, cela ne date pas d’hier et les planches sont paris dans le journal Pilote
 Une autre Ă©poque !

Cet album des aventures de notre petit Gaulois teigneux et courageux trouve lĂ  son premier grand chapitre. Nous sommes en 1963, et pour la premiĂšre fois le scĂ©nario de notre ami regrettĂ© Goscinny s’affermit et prend de l’ampleur avec un dessin d’Uderzo qui s’anime, prend de la consistance et dĂ©gage de l’énergie ! Nous n’en sommes qu’au troisiĂšme album de la sĂ©rie mais nous sommes dĂ©jĂ  sur le chemin des grands Ă©pisodes, ceux qui vont marquer nos esprits Ă  jamais : AstĂ©rix Gladiateur, Le tour de Gaule, AstĂ©rix et ClĂ©opĂątre, Le combat des chefs


Une des particularitĂ©s de cet album est de voir comment nos deux auteurs ont mis en place un systĂšme qui permet Ă  chaque lecteur de prendre conscience des langues Ă©trangĂšres tout en ne lisant que le français
 et, pourtant, les personnages parlent en gaulois, romain, goth
 C’est un chef d’Ɠuvre pour ce qui est l’utilisation de la typographie pour faire naitre la bande son de l’épisode


C’est aussi une fĂȘte permanente du jeu de mot, du calembour, de la parodie politique et diplomatique, de la bande dessinĂ©e humoristique. Il faut rĂ©aliser qu’à l’époque les auteurs viennent bouleverser les habitudes des lecteurs et que l’on est en pleine pĂ©riode gaullienne, juste aprĂšs la Guerre d’AlgĂ©rie.

En fin d’ouvrage, d’ailleurs, il y a une explication sur la guerre psychologique avec une Ă©tude spĂ©cialisĂ©e et richement documentĂ©e sur les cĂ©lĂšbres guerres astĂ©rixiennes, celles qui donneront Ă  deux grands chefs claniques la possibilitĂ© de s’affronter dans un combat extraordinaire, j’ai citĂ© les grands TĂ©lĂ©fĂ©ric et Cloridric. Cette Ă©tude sera reprise beaucoup plus tard par un certain Clausewitz ! Mais l’expression « guerre psychologique » Ă©tait aussi dans le langage des officiers gĂ©nĂ©raux en Indochine et en AlgĂ©rie



Cet album est donc Ă  lire, relire pour voir comment est nĂ©e la lĂ©gende d’AstĂ©rix
 ou comment le gĂ©nie de RenĂ© Goscinny est arrivĂ© jusqu’à nous ! Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, vous devriez rouvrir cette magnifique sĂ©rie !

Shelton
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31/07/2025 @ 08:06:55
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est une pĂ©riode propice aux relectures, aux lectures en retard et aux dĂ©couvertes en tout genre
 Seulement, vous entendez souvent cette petite musique en sourdine
 il ne faut pas tout lire, il faut réécrire les Ɠuvres car elles sont trop machistes, racistes, colonialistes, antisĂ©mites, violentes, antidĂ©mocratiques et que sais-je encore ! Alors, on le sait, certaines Ɠuvres sont réécrites, avec des titres changĂ©s voire disparaissent des librairies, des bibliothĂšques, des cycles scolaires et universitaires
 On parle alors dans la presse de wokisme, de dictature, de grandes purges
 Mais est-il possible de voir cela d’une façon plus paisible pour comprendre ce qui se joue ?

C’est ce que tente de faire avec talent Laure Murat dans un petit essai, Toutes les Ă©poques sont dĂ©gueulasses, et je considĂšre que ce texte est totalement adaptĂ© Ă  une bonne rĂ©flexion estivale mĂȘme si on n’est pas obligĂ© de partager toutes les idĂ©es de l’autrice.

Pour commencer, de façon Ă  calmer les esprits, Laure Murat rappelle que la réécriture des Ɠuvres n’est pas une spĂ©cificitĂ© d’aujourd’hui, du dĂ©but du vingt-et-uniĂšme siĂšcle. Il suffit de visiter la bibliothĂšque de certains collectionneurs et de dĂ©couvrir des « versions non expurgĂ©es » pour comprendre que la censure a fonctionnĂ© pendant des siĂšcles
 Oui, je dis bien censure car c’est une forme de censure que de réécrire un ouvrage, d’en enlever certaines parties, de changer des termes
 Reste Ă  savoir pourquoi on agit ainsi ? C’est lĂ  que Laure Murat devient explicite et assez lumineuse.

Quand nous Ă©tions enfants, je parle de ma gĂ©nĂ©ration, dans les collections destinĂ©es Ă  la jeunesse, il y avait dĂ©jĂ  des versions réécrites avec suppression de certaines scĂšnes, usage d’un vocabulaire plus usuel, volume de pages plus restreint
 On n’en faisait pas tout un plat et, Ă  l’adolescence, on dĂ©couvrait les mĂȘmes Ɠuvres plus volumineuses et sans coupures.

Reste alors maintenant la question d’une réécriture pour des raisons morales, politiques ou autres
 Pour rĂ©pondre Ă  cela, Laure Murat prend l’exemple d’Agatha Christie, de Ian Fleming, de Roald Dahl
 Ces trois auteurs ont Ă©tĂ© réécrits et elle explique deux choses : d’une part, il y avait bien chez ces trois auteurs des Ă©lĂ©ments objectivement choquants pour un lecteur ou une lectrice d’aujourd’hui. En particulier, du racisme, du sexisme, de la grossophobie, de l’utilisation de stĂ©rĂ©otypes sur certains peuples
 Mais, on a corrigĂ© certains de ces points sans pour autant tous les enlever. Si aprĂšs avoir fourni un effort sur la considĂ©ration et le respect envers les femmes, je laisse passer que les Nord-CorĂ©ens sont comme des singes, ai-je amĂ©liorĂ© rĂ©ellement l’Ɠuvre ?

Donc, Laure Murat est plutĂŽt contre la réécriture des Ɠuvres pour des raisons de morale, elle pense qu’il a deux autres solutions bien meilleures : ne pas les lire ou les proposer avec un appareil critique de qualitĂ©. Mais plutĂŽt que de vous contenter de ma lecture de ce petit opus, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas Ă  vous plonger dans « Toutes les Ă©poques sont dĂ©gueulasses » !

Shelton
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01/08/2025 @ 08:25:31
L’étĂ© c’est fait pour lire et nous allons continuer aujourd’hui Ă  parler de la sĂ©rie policiĂšre de Peter May que nous avons commencĂ© cet Ă©tĂ©, Assassins sans visages. Aujourd’hui, ce sera l’épisode trois, La trace de sang. Je redonne juste quelques Ă©lĂ©ments pour ceux qui n’auraient pas suivi cette aventure dĂšs le dĂ©part : Enzo McLeod est un ancien mĂ©decin lĂ©giste Ă©cossais qui s’est installĂ© en France et ne pouvant plus exercer son mĂ©tier d’origine est devenu un expert universitaire du crime et de la mĂ©decine lĂ©gale. Un jour, il s’est lancĂ© dans la rĂ©solution de sept crimes que la police française n’avait pas rĂ©solus et qu’un journaliste, Roger Raffin, avait prĂ©sentĂ© dans un livre Ă  succĂšs
 Au dĂ©part, un pari stupide lors d’une soirĂ©e bien arrosĂ©e puis un objectif de vie ou presque


DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment Ă  avoir en tĂȘte pour les lecteurs : si chaque roman peut ĂȘtre lu de façon autonome, les aventures de la famille de McLeod mĂ©ritent quand mĂȘme une lecture suivie et dans l’ordre. C’est une partie forte de la sĂ©rie romanesque. Oui, nous sommes dans un polar, mais c’est avant tout un roman de qualitĂ© ! Je trouve ce troisiĂšme opus trĂšs bien construit : un problĂšme existentiel pour Enzo avec la perspective de sa propre mort, un problĂšme d’identitĂ© rĂ©current avec plusieurs personnages qui s’interrogent sur qui ils sont, l’existence de secrets de famille en lien avec l’identitĂ© et, enfin, quelques bonnes rĂ©flexions sur l’amour humain


Ah, j’oubliais, on est bien dans un roman policier avec diffĂ©rents crimes Ă©chelonnĂ©s dans le temps : un kidnapping, un meurtre d’un homosexuel avec une affaire de chantage probable, une Ă©limination violente Ă  Strasbourg, des coups de feu intempestifs
 bref, aucun doute, on est bien dans un roman policier qui est passionnant, trĂšs prenant, aux limites du thriller mĂȘme s’il n’est pas toujours si simple d’en dĂ©finir le contour. AprĂšs tout, on ne tremble pas tous dans les mĂȘmes lectures et c’est ce qui permet Ă  chacun de trouver le polar qui lui convient. Cette sĂ©rie me convient parfaitement pour une lecture estivale d’oĂč la lecture de cette sĂ©rie aprĂšs la dĂ©couverte par hasard du tome cinq


Depuis la lecture du cycle Trilogie de Lewis ou cycle Ă©cossais, du mĂȘme Peter May, je pense que ce romancier est bien l’un des grands auteurs contemporains du roman policier. Il a un style incisif, fort, maitrise la construction du suspense, n’hĂ©site pas Ă  donner de l’épaisseur Ă  ses personnages quitte Ă  nous offrir des romans assez volumineux. La taille ne doit d’ailleurs pas vous effrayer car la lecture est fluide et la traduction est trĂšs bonne


Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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02/08/2025 @ 08:29:24
L’étĂ© c’est fait pour lire et, aprĂšs avoir parlĂ© de cuisine gauloise puis d’AstĂ©rix créé par RenĂ© Goscinny et Albert Uderzo, j’ai eu envire de poursuivre cette gauloiserie en traitant des aventures d’AstĂ©rix aprĂšs la disparition de Goscinny et Uderzo. Lorsque le scĂ©nariste Goscinny a disparu (1977), le dessinateur Uderzo a continuĂ© seul. C’est une pĂ©riode que j’ai moins apprĂ©ciĂ©e car je trouve que la sĂ©rie a alors perdu de sa capacitĂ© Ă  faire rire, ce fut une sĂ©rie d’albums un peu fades. Puis, lorsque Uderzo n’a plus pu dessiner (2013) et surtout Ă  sa mort (2020), la sĂ©rie a pris un autre envol avec Jean-Yves Ferri (scĂ©nario) et Didier Conrad (dessin). Et c’est avec un de leurs albums que je vous propose de faire une petite halte estivale.

AstĂ©rix et ObĂ©lix font partie de notre patrimoine culturel, c’est un fait indĂ©niable et je ne vais pas bouder mon plaisir quand on retrouve un vĂ©ritable scĂ©nariste Ă  la construction des albums et un dessinateur remarquable qui propose de prolonger la vie de nos hĂ©ros. J’entends bien ceux qui disent que rien n’arrive de bien passionnant Ă  nos Gaulois, mais j’ai envie de leur rĂ©pondre que je suis heureux qu’ils soient encore en vie ! Ce fut d’abord AstĂ©rix chez les Pictes – album dont j’avais dit le bien que je pensais aprĂšs les dĂ©sastres vĂ©cus – et voilĂ  maintenant Le papyrus de CĂ©sar. Jean-Yves Ferri et Didier Conrad semblent vouloir entrer progressivement dans la tenue des auteurs d’AstĂ©rix et ObĂ©lix et les premiers lecteurs ont dit haut et fort leur satisfaction. Il faut dire que voir AstĂ©rix revenir en force est comme un bain de jouvence pour certains
 Pourquoi pas ?

Tout d’abord, soyons clairs et honnĂȘtes, Le papyrus de CĂ©sar n’est pas un Ă©chec ni une daube sans saveur, c’est bien un album des aventures d’AstĂ©rix et ObĂ©lix, il est dans la tradition des ouvrages des crĂ©ateurs et on peut imaginer que Goscinny n’a pas rĂ©alisĂ© un triple salto vrillĂ© dans sa tombe. Est-ce un objet digne d’admiration et d’éloge ? C’est ce qui reste Ă  prouver !

Je n’insisterai pas sur le dessin qui est trĂšs propre et conforme Ă  celui d’Uderzo et pour lequel Didier Conrad est plutĂŽt bon. Le scĂ©nario, ce qui pĂȘchait le plus depuis le dĂ©part de Goscinny, est cohĂ©rent dans ses grandes lignes, il y a des gags, et je l’avoue sans problĂšme, plusieurs fois j’ai ri de bon cƓur. Cela suffit-il pour avoir un bon scĂ©nario dans la sĂ©rie ? Pas complĂštement car je trouve que si certains personnages sont bien trouvĂ©s – je pense Ă  Promoplus et DoublepolĂ©mix – il faut reconnaĂźtre que le scĂ©nariste n’en tire pas tout le profit qu’il pourrait. C’est un peu comme si Goscinny n’avait pas poussĂ© Goudurix ou DĂ©tritus au bout de leur rĂŽle, de leur trajectoire
 Tous les personnages chez Goscinny Ă©taient usĂ©s jusqu’à la corde avant d’ĂȘtre abandonnĂ©s, ils rendaient l’ñme, ils ne se contentaient pas de jouer un petit bout avant de disparaĂźtre


Pour ce qui est des gags, il faudrait rappeler aux auteurs que l’on n’imite pas Goscinny en semant quelques Ă©clats de rire mais en saturant l’album de plaisanteries, d’allusions, de parodies et autres jeux de mots jusqu’à ce moment diabolique oĂč le lecteur ne sait plus s’il va pouvoir reprendre son souffle
 Oui, je me souviens de mon pĂšre lisant Le tour de Gaule, AstĂ©rix et ClĂ©opĂątre ou Le combat des chefs
 Nous en sommes encore loin
 Mais, on est bien sur la route !

Ma conclusion est simple. Oui les auteurs ont rĂ©ussi Ă  reprendre la sĂ©rie, Ă  la faire revivre mais il y a encore du chemin Ă  parcourir pour prĂ©tendre avoir mis ses pas dans ceux de Goscinny et Uderzo. On pourrait dire au duo d’artistes « peut mieux faire ».

Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, la relecture des albums de Goscinny et Uderzo s’impose (24 albums) puis, sans vouloir offenser Uderzo, passez directement Ă  AstĂ©rix chez les Pictes
 Bonne lecture !

Shelton
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03/08/2025 @ 08:08:02
L’étĂ© c’est fait pour lire et je vous avais promis de revenir sur l’histoire de la Belgique, donc prolongeons ce regard rapide sur l’histoire de nos voisins
 Nous avions vu le dĂ©clenchement de la rĂ©volte (ou rĂ©volution) contre les reprĂ©sentants des Pays-Bas, comment un roi avait Ă©tĂ© choisi et c’est ainsi que LĂ©opold de Saxe-Cobourg-Githa a prĂȘtĂ© serment pour dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© de ce territoire belge
 Peut-ĂȘtre imaginait-il que ce serait de tout repos


Tout d’abord, tous les pays europĂ©ens avaient pensĂ© un peu trop rapidement que l’affaire Ă©tait entendue et que les Pays-Bas avaient dĂ©finitivement acceptĂ© l’indĂ©pendance belge
 Erreur et trĂšs vite les soldats des Pays-Bas reviennent pour tenter de reprendre ce qu’ils considĂ©raient comme une simple rĂ©gion de chez eux
 En 1831, les combats reprennent et la Belgique est trĂšs seule et trĂšs faible. Fragile aussi au niveau politique puisque la chambre des dĂ©putĂ©s n’existe pas encore faute d’élections. Le roi se tourne vers la France et l’Angleterre. Le roi se montre courageux, intrĂ©pide, sa prĂ©sence rassure et finalement cela compense la faiblesse militaire belge.

Les Pays-Bas vont capituler en dĂ©cembre 1832 mais rien n’est encore dĂ©finitif et les troubles entre les deux voisins se prolongent
 Ce n’est qu’à partir de 1839 que la Belgique voit son indĂ©pendance dĂ©finitivement reconnue. Le roi profite de cette expĂ©rience pour construire la dĂ©fense de son royaume en se basant sur une armĂ©e de 80000 hommes. La Belgique initiale de 1830 perd quelques bouts de territoire mais voit quand mĂȘme rester le cƓur de ce qui devient la Belgique moderne.

LĂ©opold n’avait pas d’enfant et Ă©tait veuf. Se pose donc la question de sa descendance et succession. C’est ainsi qu’il Ă©pouse en 1832 la fille Louise d’OrlĂ©ans, fille de Louis-Philippe 1er. C’est une forme de petit clin d’Ɠil alors que le premier candidat Ă  la couronne Ă©tait le fils du mĂȘme roi, le duc de Nemours. Cette femme saura se faire aimer du roi et du peuple belge mais sera emportĂ©e trop tĂŽt aprĂšs avoir donnĂ© trois enfants vivants Ă  LĂ©opold. Elle dĂ©cĂšde en 1850 Ă  l’ñge de 38 ans. On la nommait « Louise la bien aimĂ©e ».

Ses trois enfants auront des destins diffĂ©rents : LĂ©opold II sera roi des Belges, Philippe de Belgique sera le pĂšre d’Albert 1er mais ne rĂ©gnera pas. Il sera le successeur de LĂ©opold II quand son fils dĂ©cĂšdera et il mourut en 1905, Ă  36 ans. LĂ©opold II, lui, mourut en 1909. Enfin, Charlotte sera impĂ©ratrice du Mexique de façon Ă©phĂ©mĂšre et perdra la tĂȘte aprĂšs l’exĂ©cution de son mari, Maximilien 1er. Elle dĂ©cĂšdera en 1929


Quant Ă  notre cher LĂ©opold II, il pourrait faire l’objet d’un prochain Ă©pisode sur l’Histoire de la Belgique. Vous pouvez lire avec bonheur « Histoire des Belges et de la Belgique », ouvrage d’Yves ManhĂšs
 alors, bonne lecture !

Septularisen
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03/08/2025 @ 10:28:39


Je vais commencer par un ouvrage que certains qualifieront de clivant, Histoire de l’URSS de Nicolas Werth, dans la collection Que sais-je ? des Ă©ditions Humensis. Pourquoi ce livre ? Tout d’abord, parce qu’il est un essai de synthĂšse gĂ©nĂ©rale de l’histoire de l’URSS et non un focus sur un personnage ou un Ă©vĂšnement. En prĂšs de 350 pages, on va passer de la RĂ©volution Ă  la dislocation de l’Empire, de Nicolas II Ă  la PerestroĂŻka.


Peut-ĂȘtre juste prĂ©ciser que cette"Histoire de l’URSS" de Nicolas WERTH, c'est en deux volumes:

- Histoire de l'Union soviétique de Lénine à Staline (1917-1953) &
- Histoire de l'Union soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev (1953-1991)

puisque, c'est connu de tous, un "Que sais-je?" c'est... 128 pages !

Shelton
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03/08/2025 @ 18:41:17
Mais, cher Septularisen, ma version est en un seul volume de 342 pages !

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