LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et voici donc que ma chronique estivale reprend vie, Ă la radio et sur internet. Pour ceux qui ne connaissent pas encore prĂ©cisons dâemblĂ©e, et sans surprise pour les autres, quâil ne sâagit nullement dâenvisager de ne lire que lâĂ©tĂ© ! Non, juste imaginer et se motiver pour prendre un peu plus de temps pour lire grĂące aux journĂ©e plus longues, Ă la douceur de la tempĂ©rature, la fraicheur des forĂȘts, des cours dâeau ou des hautes altitudes⊠On a tous une petite rĂ©serve de livres « pour quand on aura un peu de temps » et ce moment est arrivĂ© !
Alors pour certains ce sera le nouveau volume dâune sĂ©rie adorĂ©e, pour dâautres un essai dont ils ont entendu parler sur un plateau de tĂ©lĂ©vision, enfin ce sera un livre reçu en cadeau qui nous attend sur la table de nuit⊠On se rĂ©jouit dâavance, on sent dĂ©jĂ le goĂ»t, on imagine les premiĂšres phrases, on se rĂ©gale dĂ©jĂ âŠ
Mais il y a aussi ceux qui ont tout lu ce qui attendait et qui souhaiteraient bien avoir une petite idĂ©e avant dâentrer en librairie, Ă la bibliothĂšque ou dans un magasin dâoccasion⊠LĂ , je peux peut-ĂȘtre faire quelque chose pour vousâŠ
Certes, en si peu de temps, je ne vais pas analyser, dĂ©cortiquer et critiquer un livre de façon exhaustive. En prolongeant lâimage culinaire, je dirais quâil sâagira de susciter une envie, de vous allĂ©cher et de vous aider Ă choisir votre plat. Attention, pas de vous apprendre Ă cuisiner ni vous conseiller pour votre santĂ©. Dâailleurs, lire maintient en bonne santĂ©, point barre !
Pour arriver Ă mon objectif, vous donner envie de lire quelques livres, je prendrai la libertĂ©, comme chaque annĂ©e, de varier les plaisirs en nâhĂ©sitant pas Ă mĂ©langer les genres, les grands classiques avec les livres jeunesse, les polars avec les bandes dessinĂ©es, la poĂ©sie avec lâhistoire, les romans avec la politique, les documentaires avec les nouvelles⊠Tout ne vous plaira pas et câest normal, il en faut pour tous les goĂ»ts !
Vous aurez mĂȘme la possibilitĂ© de choisir les livres dont je ne parlerai pas. Par exemple, quand je parlerai de Balzac et de La femme de trente ans, vous pourrez lire ou relire nâimporte quel roman de la ComĂ©die humaine y compris celui que vous avez dĂ©jĂ lu au collĂšge, enfin si vous lâaviez lu⊠AprĂšs tout, comme le dit trĂšs bien Pierre Bayard, on peut parler dâun livre que lâon nâa pas lu⊠surtout au collĂšge !
Mais comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest bien le moment de sây mettre et pourquoi pas du Pierre Bayard ou du Balzac !
Bonne lecture !
Alors pour certains ce sera le nouveau volume dâune sĂ©rie adorĂ©e, pour dâautres un essai dont ils ont entendu parler sur un plateau de tĂ©lĂ©vision, enfin ce sera un livre reçu en cadeau qui nous attend sur la table de nuit⊠On se rĂ©jouit dâavance, on sent dĂ©jĂ le goĂ»t, on imagine les premiĂšres phrases, on se rĂ©gale dĂ©jĂ âŠ
Mais il y a aussi ceux qui ont tout lu ce qui attendait et qui souhaiteraient bien avoir une petite idĂ©e avant dâentrer en librairie, Ă la bibliothĂšque ou dans un magasin dâoccasion⊠LĂ , je peux peut-ĂȘtre faire quelque chose pour vousâŠ
Certes, en si peu de temps, je ne vais pas analyser, dĂ©cortiquer et critiquer un livre de façon exhaustive. En prolongeant lâimage culinaire, je dirais quâil sâagira de susciter une envie, de vous allĂ©cher et de vous aider Ă choisir votre plat. Attention, pas de vous apprendre Ă cuisiner ni vous conseiller pour votre santĂ©. Dâailleurs, lire maintient en bonne santĂ©, point barre !
Pour arriver Ă mon objectif, vous donner envie de lire quelques livres, je prendrai la libertĂ©, comme chaque annĂ©e, de varier les plaisirs en nâhĂ©sitant pas Ă mĂ©langer les genres, les grands classiques avec les livres jeunesse, les polars avec les bandes dessinĂ©es, la poĂ©sie avec lâhistoire, les romans avec la politique, les documentaires avec les nouvelles⊠Tout ne vous plaira pas et câest normal, il en faut pour tous les goĂ»ts !
Vous aurez mĂȘme la possibilitĂ© de choisir les livres dont je ne parlerai pas. Par exemple, quand je parlerai de Balzac et de La femme de trente ans, vous pourrez lire ou relire nâimporte quel roman de la ComĂ©die humaine y compris celui que vous avez dĂ©jĂ lu au collĂšge, enfin si vous lâaviez lu⊠AprĂšs tout, comme le dit trĂšs bien Pierre Bayard, on peut parler dâun livre que lâon nâa pas lu⊠surtout au collĂšge !
Mais comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest bien le moment de sây mettre et pourquoi pas du Pierre Bayard ou du Balzac !
Bonne lecture !
Plus dâhĂ©sitation, nous sommes bien en Ă©té !
Voici la chronique de Shelton.
;-))
Voici la chronique de Shelton.
;-))
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et avant dâentrer dans le vif du sujet, je voudrais insister encore sur quelques Ă©lĂ©ments formels. En effet, dĂšs que lâon parle « livres » certaines expressions fleurissent dans nos discussions comme de belles fleurs dans les champs dâĂ©tĂ© : livres de gares, navets, histoires Ă lâeau de rose, littĂ©rature Ă deux balles, romans pour femmes, sous-littĂ©rature et jâen passe et des meilleures⊠Câest contre ces clichĂ©s et ces idĂ©es reçues que je souhaiterais mâinsurger aujourdâhui. Pour moi, dans la bibliothĂšque estivale idĂ©ale, les catĂ©gories aussi nĂ©gatives nâont pas leur place : un bon livre est celui qui te convient de lire Ă un moment donnĂ© !
Pour certains, un livre dit facile peut devenir impossible Ă ouvrir, Ă lire, Ă terminer⊠et ce nâest pas grave ! Quel mal y aurait-il Ă lire une romance ou un roman jeunesse Ă lâombre de son vieux chĂȘne ou sur un banc public dans un parc municipal. Pourquoi devrait-on se « limiter » Ă des livres inaccessibles, Ă des textes abscons ou des dĂ©lires dâun autre temps ? Parfois, la simplicitĂ©, la sĂ©rĂ©nitĂ© ou la bonne vulgarisation, la romance ou le cosy mystery peuvent avoir des effets grandement positifs sur notre moral, nos vies, nos relations, nos prochesâŠ
Occasion de rappeler dâailleurs que certains « grands auteurs » ou « classiques » ont laissĂ© derriĂšre eux des romans proches de ces romances ou romans lĂ©gers⊠Je pense Ă George Sand, Emile Zola ou Agatha ChristieâŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment dans cette rĂ©flexion, ne vous laissez jamais abuser par un panneau « publicitaire » ! On vous indique « bande dessinĂ©e », trĂšs bien mais de quoi parle-t-on ? Aventure, humour, autobiographie, reportage, tĂ©moignage⊠Un livre jeunesse peut-ĂȘtre un roman dâapprentissage, un roman historique, un livre dĂ©couverte, un texte drĂŽle, de la poĂ©sie⊠Une Ćuvre philosophique sera un ouvrage de recherche fondamentale, une vulgarisation ou un ouvrage beaucoup plus confidentiel⊠Et Ă chaque fois, le plaisir de la lecture sera diffĂ©rent !
Il y a enfin les livres que lâon nous oblige de lire durant nos Ă©tudes⊠Parlons-en ! Est-on obligĂ© de les aimer ? Et si nous avions le choix y compris de ne pas les lire ou dâoublier de les terminer ? Mon premier contact avec Germinal de Zola fut assez catastrophique. Mais, plus tard, en prĂ©pa, jâai dĂ» le relire, lâĂ©tudier, lâanalyser du dĂ©but Ă la fin⊠Cette annĂ©e-lĂ , jâai dĂ©couvert une vĂ©ritable pĂ©pite qui reste pour moi avec « LâĂ©ducation sentimentale » de Gustave Flaubert, un des grands romans du XIX° siĂšcle !
Dâailleurs, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, pourquoi ne pas inscrire ces deux romans sur votre liste estivale ?
Bonne lecture !
Pour certains, un livre dit facile peut devenir impossible Ă ouvrir, Ă lire, Ă terminer⊠et ce nâest pas grave ! Quel mal y aurait-il Ă lire une romance ou un roman jeunesse Ă lâombre de son vieux chĂȘne ou sur un banc public dans un parc municipal. Pourquoi devrait-on se « limiter » Ă des livres inaccessibles, Ă des textes abscons ou des dĂ©lires dâun autre temps ? Parfois, la simplicitĂ©, la sĂ©rĂ©nitĂ© ou la bonne vulgarisation, la romance ou le cosy mystery peuvent avoir des effets grandement positifs sur notre moral, nos vies, nos relations, nos prochesâŠ
Occasion de rappeler dâailleurs que certains « grands auteurs » ou « classiques » ont laissĂ© derriĂšre eux des romans proches de ces romances ou romans lĂ©gers⊠Je pense Ă George Sand, Emile Zola ou Agatha ChristieâŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment dans cette rĂ©flexion, ne vous laissez jamais abuser par un panneau « publicitaire » ! On vous indique « bande dessinĂ©e », trĂšs bien mais de quoi parle-t-on ? Aventure, humour, autobiographie, reportage, tĂ©moignage⊠Un livre jeunesse peut-ĂȘtre un roman dâapprentissage, un roman historique, un livre dĂ©couverte, un texte drĂŽle, de la poĂ©sie⊠Une Ćuvre philosophique sera un ouvrage de recherche fondamentale, une vulgarisation ou un ouvrage beaucoup plus confidentiel⊠Et Ă chaque fois, le plaisir de la lecture sera diffĂ©rent !
Il y a enfin les livres que lâon nous oblige de lire durant nos Ă©tudes⊠Parlons-en ! Est-on obligĂ© de les aimer ? Et si nous avions le choix y compris de ne pas les lire ou dâoublier de les terminer ? Mon premier contact avec Germinal de Zola fut assez catastrophique. Mais, plus tard, en prĂ©pa, jâai dĂ» le relire, lâĂ©tudier, lâanalyser du dĂ©but Ă la fin⊠Cette annĂ©e-lĂ , jâai dĂ©couvert une vĂ©ritable pĂ©pite qui reste pour moi avec « LâĂ©ducation sentimentale » de Gustave Flaubert, un des grands romans du XIX° siĂšcle !
Dâailleurs, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, pourquoi ne pas inscrire ces deux romans sur votre liste estivale ?
Bonne lecture !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et il est toujours difficile de choisir les livres que je vais vous proposer de lire ou relire cet Ă©tĂ©. Nous allons commencer cette pĂ©riode estivale par une bande dessinĂ©e dâun grand de la bande dessinĂ©e. En 2012, il reçoit le Grand prix de la ville dâAngoulĂȘme. Je sais bien que ce grand prix Ă©tait critiquĂ© Ă lâĂ©poque car octroyĂ© par des « potes pour des potes » tandis quâaujourdâhui le processus dâĂ©lection par les auteurs est accusĂ© de ne pas ĂȘtre assez transparent et de laisser trop de place aux magouilles⊠Il nâen demeure pas moins que Jean-C Denis fait partie de ceux qui ont eu ce privilĂšge, cet honneur, cette opportunitĂ©. Pour moi, câest un grand auteur de bande dessinĂ©e !
Reste Ă mesurer le talent, le bonheur de la lecture pour le lecteur, la qualitĂ© de la narration graphique⊠Plus complexe, bien sĂ»r, car il sâagit de notions trĂšs subjectives. Je vais mâappuyer essentiellement sur deux albums que jâaime beaucoup et que je nâhĂ©site pas Ă relire rĂ©guliĂšrement, « Quelques mois Ă lâAmĂ©lie » et « La beautĂ© Ă domicile ». Ce ne sont peut-ĂȘtre pas les plus connues et apprĂ©ciĂ©es mais ce sont celles qui montrent ce que pourrait ĂȘtre la vie selon Jean-C Denis : une vie oĂč les rencontres rythment la vie, imposent des choix, mettent lâacteur principal, lui, en quelque sorte, au cĆur du mouvement sans quâil ait Ă©mis au dĂ©part un vĂ©ritable choix⊠Et si lâhumain Ă©tait un pion ballotĂ© par les rencontres qui tentait de survivre comme il pouvait ? Allez savoir !
Dâailleurs, il est parfois difficile chez lui de comprendre quel est le principal personnage. Par exemple, dans « La beautĂ© Ă domicile », album de 2004, on a au dĂ©part deux personnages, Jeff, narrateur, et Angela. On croit ĂȘtre dans une banale histoire de couple, dâamour⊠Puis, Ă la suite dâun Ă©vĂšnement factuel, on croit basculer dans une histoire psychologique voire psychiatrique⊠Puis on croise Philippe, enfin on nâest pas Ă les seuls Ă le croiser, et on a le sentiment de basculer dans un triangle amoureux classiqueâŠ
En fin de compte, il ne faut pas se laisser piĂ©ger. Le cĆur de lâalbum est la vie, une vie marquĂ©e par de nombreuses rencontres, anodines au dĂ©part, mais qui donnent du sens, de la dynamique et de lâenvie aux personnages⊠Les personnages ne sont que diffĂ©rentes incarnations de cette vie cĂ©lĂ©brĂ©e par Jean-C Denis !
Il me semble important de relire ce type dâalbum sans rester enfermĂ© dans des clichĂ©s. Certes, Jean-C Denis est nĂ© en 1951, il est entrĂ© aux Arts-DĂ©co en 1971, a Ă©tĂ© marquĂ© par mai 1968 et les annĂ©es qui ont suivi avec recherche de la libertĂ© sous toutes ses formes, mais il est fondamentalement humaniste ce qui rend son Ćuvre, osons le mot, totalement crĂ©dible et accessible aujourdâhui⊠Elle nâest pas si marquĂ©e par le temps et je peux vous en conseiller la lecture sans trop de risquesâŠ
Et comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et tous !
Reste Ă mesurer le talent, le bonheur de la lecture pour le lecteur, la qualitĂ© de la narration graphique⊠Plus complexe, bien sĂ»r, car il sâagit de notions trĂšs subjectives. Je vais mâappuyer essentiellement sur deux albums que jâaime beaucoup et que je nâhĂ©site pas Ă relire rĂ©guliĂšrement, « Quelques mois Ă lâAmĂ©lie » et « La beautĂ© Ă domicile ». Ce ne sont peut-ĂȘtre pas les plus connues et apprĂ©ciĂ©es mais ce sont celles qui montrent ce que pourrait ĂȘtre la vie selon Jean-C Denis : une vie oĂč les rencontres rythment la vie, imposent des choix, mettent lâacteur principal, lui, en quelque sorte, au cĆur du mouvement sans quâil ait Ă©mis au dĂ©part un vĂ©ritable choix⊠Et si lâhumain Ă©tait un pion ballotĂ© par les rencontres qui tentait de survivre comme il pouvait ? Allez savoir !
Dâailleurs, il est parfois difficile chez lui de comprendre quel est le principal personnage. Par exemple, dans « La beautĂ© Ă domicile », album de 2004, on a au dĂ©part deux personnages, Jeff, narrateur, et Angela. On croit ĂȘtre dans une banale histoire de couple, dâamour⊠Puis, Ă la suite dâun Ă©vĂšnement factuel, on croit basculer dans une histoire psychologique voire psychiatrique⊠Puis on croise Philippe, enfin on nâest pas Ă les seuls Ă le croiser, et on a le sentiment de basculer dans un triangle amoureux classiqueâŠ
En fin de compte, il ne faut pas se laisser piĂ©ger. Le cĆur de lâalbum est la vie, une vie marquĂ©e par de nombreuses rencontres, anodines au dĂ©part, mais qui donnent du sens, de la dynamique et de lâenvie aux personnages⊠Les personnages ne sont que diffĂ©rentes incarnations de cette vie cĂ©lĂ©brĂ©e par Jean-C Denis !
Il me semble important de relire ce type dâalbum sans rester enfermĂ© dans des clichĂ©s. Certes, Jean-C Denis est nĂ© en 1951, il est entrĂ© aux Arts-DĂ©co en 1971, a Ă©tĂ© marquĂ© par mai 1968 et les annĂ©es qui ont suivi avec recherche de la libertĂ© sous toutes ses formes, mais il est fondamentalement humaniste ce qui rend son Ćuvre, osons le mot, totalement crĂ©dible et accessible aujourdâhui⊠Elle nâest pas si marquĂ©e par le temps et je peux vous en conseiller la lecture sans trop de risquesâŠ
Et comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et relire et, donc, pourquoi ne pas prendre le temps de plonger ou replonger dans Balzac ? Je sais, pour certains, Balzac fut avant tout un pensum scolaire dont ils ne sont mĂȘme pas venus Ă bout. Oui, combien dâĂ©lĂšves ont vĂ©ritablement lu EugĂ©nie Grandet, Le PĂšre Goriot ou Le lys dans la vallĂ©e en entier ? Et je nâoserais mĂȘme pas envisager de compter ceux qui ont aimĂ© !
Pourtant, je suis intimement persuadé que Balzac renferme quelques beaux secrets, des perles rares et précieuses, des pages à lire et relire⊠Alors, prenons le temps de repartir à sa découverte et, comme on dit, plus si affinités !
Alors, pour commencer, car il faut bien reprendre les choses Ă la genĂšse, je vous propose une halte Ă la Maison de Balzac dans le XVI° arrondissement. Bien sĂ»r, ce nâĂ©tait pas rĂ©ellement sa maison, il en Ă©tait locataire et seulement durant les dix derniĂšres annĂ©es de sa vie et il nây rĂ©sidait pas en continu⊠Oui, il est bien vrai quâil nây a que trĂšs peu dâobjets de Balzac dans ce logement puisque lâon peut essentiellement voir son bureau, son siĂšge et sa cafetiĂšre ! Enfin, mĂȘme la maison a changĂ© depuis que HonorĂ© nây est plus, un Ă©tage a Ă©tĂ© enlevĂ©, le toit refait, lâaccĂšs Ă la rue de dessous entiĂšrement modifié⊠Et, pourtant, cela pourrait ĂȘtre une bonne introduction Ă une lecture ou relecture de certains de ses romans : oui, soyons clairs, je ne vous invite pas Ă tout relire Balzac, câest-Ă -dire les plus de quatre-vingts romans quâil nous a laissĂ©s !
En effet, Balzac Ă©tait persuadĂ© que les lieux oĂč lâon vivait nous marquaient profondĂ©ment. Ici, dans cette maison, il a Ă©crit de nombreux textes, les a relus et corrigĂ©s moultes fois et la prĂ©sentation des corrections dâun texte par Balzac est fascinante et instructive : Il corrigeait ses romans pas moins dâune dizaine de fois ! Oui, petit message subliminal Ă tous les Ă©lĂšves et Ă©tudiants qui pensent que les relectures son inutiles ! Par ces lieux, on entre dĂ©licatement dans lâunivers de Balzac, La ComĂ©die humaine. Dâailleurs, de nombreux Ă©lĂ©ments, gravures, statues ou plaques qui ont servi Ă reproduire les gravures dans la presse et les livres, permettent de prendre conscience de ces personnages dont certains sont presque entrĂ©s dans notre langage : Grandet, Pons, Beatrix, Vautrin, GoriotâŠ
Alors, lâidĂ©al, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, serait de visiter la Maison, puis de sâinstaller dans le jardin (il y a des tables et des bancs), de boire un bon cafĂ© (la boisson prĂ©fĂ©rĂ©e de Balzac), et de reprendre en main un de ses romans pour le commencer sur place⊠Moi, je vous propose La femme de trente ans, un roman dont nous prendrons le temps de reparler prochainementâŠ
TrĂšs bonne lecture !
Pourtant, je suis intimement persuadé que Balzac renferme quelques beaux secrets, des perles rares et précieuses, des pages à lire et relire⊠Alors, prenons le temps de repartir à sa découverte et, comme on dit, plus si affinités !
Alors, pour commencer, car il faut bien reprendre les choses Ă la genĂšse, je vous propose une halte Ă la Maison de Balzac dans le XVI° arrondissement. Bien sĂ»r, ce nâĂ©tait pas rĂ©ellement sa maison, il en Ă©tait locataire et seulement durant les dix derniĂšres annĂ©es de sa vie et il nây rĂ©sidait pas en continu⊠Oui, il est bien vrai quâil nây a que trĂšs peu dâobjets de Balzac dans ce logement puisque lâon peut essentiellement voir son bureau, son siĂšge et sa cafetiĂšre ! Enfin, mĂȘme la maison a changĂ© depuis que HonorĂ© nây est plus, un Ă©tage a Ă©tĂ© enlevĂ©, le toit refait, lâaccĂšs Ă la rue de dessous entiĂšrement modifié⊠Et, pourtant, cela pourrait ĂȘtre une bonne introduction Ă une lecture ou relecture de certains de ses romans : oui, soyons clairs, je ne vous invite pas Ă tout relire Balzac, câest-Ă -dire les plus de quatre-vingts romans quâil nous a laissĂ©s !
En effet, Balzac Ă©tait persuadĂ© que les lieux oĂč lâon vivait nous marquaient profondĂ©ment. Ici, dans cette maison, il a Ă©crit de nombreux textes, les a relus et corrigĂ©s moultes fois et la prĂ©sentation des corrections dâun texte par Balzac est fascinante et instructive : Il corrigeait ses romans pas moins dâune dizaine de fois ! Oui, petit message subliminal Ă tous les Ă©lĂšves et Ă©tudiants qui pensent que les relectures son inutiles ! Par ces lieux, on entre dĂ©licatement dans lâunivers de Balzac, La ComĂ©die humaine. Dâailleurs, de nombreux Ă©lĂ©ments, gravures, statues ou plaques qui ont servi Ă reproduire les gravures dans la presse et les livres, permettent de prendre conscience de ces personnages dont certains sont presque entrĂ©s dans notre langage : Grandet, Pons, Beatrix, Vautrin, GoriotâŠ
Alors, lâidĂ©al, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, serait de visiter la Maison, puis de sâinstaller dans le jardin (il y a des tables et des bancs), de boire un bon cafĂ© (la boisson prĂ©fĂ©rĂ©e de Balzac), et de reprendre en main un de ses romans pour le commencer sur place⊠Moi, je vous propose La femme de trente ans, un roman dont nous prendrons le temps de reparler prochainementâŠ
TrĂšs bonne lecture !
Je vais suivre ton conseil et lire Les Chouans cet été une fois terminées mes lectures en cours.
⊠et moi câest dĂ©cidĂ©, je vais relire un Cousin Pons ou un PĂšre Goriot, peut-ĂȘtre mĂȘme certaines briques, les Courtisanes ou Les Illusions perdues.
Le plus difficile sera de les retrouver dans mon capharnaĂŒmâŠ
Le plus difficile sera de les retrouver dans mon capharnaĂŒmâŠ
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien de tel quâun bon polar de NoĂ«l balayĂ© par la neige et le vent froid quand il fait une chaleur torride et estivale⊠Je rigole un peu, mais jâavoue que lire des romans qui se dĂ©roulent en plein Ă©tĂ© au milieu de lâhiver, ou un roman dans lequel les personnages sont frigorifiĂ©s alors que je suis Ă lâombre dâun grand arbre en pleine transpiration est une situation assez jubilatoire⊠Je lâavoue sans aucune honte !
Donc, ouvrons ensemble « Petits meurtres Ă Endgame » dâAlexandra Benedict, une autrice britannique. Je vais commencer par casser lâimage que lâĂ©diteur semble vouloir donner. En effet, il parle dâun cosy mystery⊠Alors, sâil vaut dire par lĂ que lâenquĂȘte est menĂ©e par Lily Armitage qui nâest pas policiĂšre, je peux presque lâentendre⊠Mais, car il y a bien un mais, je voudrais dire ici que nous sommes beaucoup plus prĂšs dâun thriller que dâun roman policier gentillet et quâil ne faudrait pas que certains plongent dans cette histoire qui est presque angoissante alors quâils imagineraient lire un roman avec Agathe Raisin comme enquĂȘtrice⊠Bien sĂ»r, aucun jugement de valeur dans cette remarque prĂ©alable mais juste un avertissement pour celles et ceux qui ne supportent pas les thrillers !
En fait, il sâagit dâun roman, plutĂŽt proche de lâesprit dâAgatha Christie. Une jeune femme, Lily Armitage est invitĂ©e aux fĂȘtes de NoĂ«l dans la propriĂ©tĂ© familiale dâEndgame House. Mais tout va se dĂ©rouler de façon Ă©trange, surprenante, puis sanglante et angoissante⊠Une compĂ©tition est ouverte entre les hĂ©ritiers potentiels de la propriĂ©tĂ©, un jeu de piste avec des rĂšgles Ă©crites et prĂ©parĂ©es depuis longtemps par la tante dĂ©funte⊠Mais au fur et Ă mesure du jeu, les personnages vont se retrouver en danger, les meurtres se produiront, le passĂ© resurgira avec violenceâŠ
Câest un roman plutĂŽt agrĂ©able Ă lire mĂȘme si une partie de lâĂ©nigme semble Ă portĂ©e de main du lecteur⊠Le « qui » sera dĂ©couvert avant les derniĂšres pages, cependant le « pourquoi » risque dâen surprendre quelques-uns quant au « comment » il y aura plusieurs surprises avant la fin du roman. Pour moi, câest donc bien un bon roman de vacances et, pourquoi, ne pas mettre les pieds dans la neige durant cet Ă©tĂ© ? AprĂšs tout, vous aurez bien le temps dâaller sur une Ăźle ensoleillĂ©e durant lâhiver prochainâŠ
Je ne peux que vous souhaiter un bon sĂ©jour dans cette vieille masure anglaise dâEndgame et trĂšs bonne lecture !
Donc, ouvrons ensemble « Petits meurtres Ă Endgame » dâAlexandra Benedict, une autrice britannique. Je vais commencer par casser lâimage que lâĂ©diteur semble vouloir donner. En effet, il parle dâun cosy mystery⊠Alors, sâil vaut dire par lĂ que lâenquĂȘte est menĂ©e par Lily Armitage qui nâest pas policiĂšre, je peux presque lâentendre⊠Mais, car il y a bien un mais, je voudrais dire ici que nous sommes beaucoup plus prĂšs dâun thriller que dâun roman policier gentillet et quâil ne faudrait pas que certains plongent dans cette histoire qui est presque angoissante alors quâils imagineraient lire un roman avec Agathe Raisin comme enquĂȘtrice⊠Bien sĂ»r, aucun jugement de valeur dans cette remarque prĂ©alable mais juste un avertissement pour celles et ceux qui ne supportent pas les thrillers !
En fait, il sâagit dâun roman, plutĂŽt proche de lâesprit dâAgatha Christie. Une jeune femme, Lily Armitage est invitĂ©e aux fĂȘtes de NoĂ«l dans la propriĂ©tĂ© familiale dâEndgame House. Mais tout va se dĂ©rouler de façon Ă©trange, surprenante, puis sanglante et angoissante⊠Une compĂ©tition est ouverte entre les hĂ©ritiers potentiels de la propriĂ©tĂ©, un jeu de piste avec des rĂšgles Ă©crites et prĂ©parĂ©es depuis longtemps par la tante dĂ©funte⊠Mais au fur et Ă mesure du jeu, les personnages vont se retrouver en danger, les meurtres se produiront, le passĂ© resurgira avec violenceâŠ
Câest un roman plutĂŽt agrĂ©able Ă lire mĂȘme si une partie de lâĂ©nigme semble Ă portĂ©e de main du lecteur⊠Le « qui » sera dĂ©couvert avant les derniĂšres pages, cependant le « pourquoi » risque dâen surprendre quelques-uns quant au « comment » il y aura plusieurs surprises avant la fin du roman. Pour moi, câest donc bien un bon roman de vacances et, pourquoi, ne pas mettre les pieds dans la neige durant cet Ă©tĂ© ? AprĂšs tout, vous aurez bien le temps dâaller sur une Ăźle ensoleillĂ©e durant lâhiver prochainâŠ
Je ne peux que vous souhaiter un bon sĂ©jour dans cette vieille masure anglaise dâEndgame et trĂšs bonne lecture !
Je ne peux qu'encourager ceux qui ont décidé de prendre ou reprendre Balzac en main dÚs cet été mais nous reparlerons de cet auteur encore quelques fois car c'est indiscutablement un grand romancier français !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et câest trĂšs bien comme cela, les jours sont plus longs donc pas besoin de trop dâĂ©lectricitĂ©, il fait chaud et donc pas trop envie de courir partout, moins de bruit dans les grandes villes et donc plus de calme pour se concentrer, pas dâĂ©cole et donc plus de petits-enfants attentifs Ă nos lectures⊠Un peu comme un avant-goĂ»t de paradis avec calme et sĂ©rĂ©nitĂ© !
Donc, vous lâavez bien compris, aujourdâhui, place Ă une lecture pour la jeunesse⊠Enfin, presque ! Oui, je dis une lecture pour la jeunesse car cet ouvrage, « Une vie exemplaire » de Flocâh en a lâaspect, lâodeur et la saveur⊠Câest indiscutable. Dâailleurs, si je le mets dans les mains dâun de mes petits-enfants, disons un de ceux qui ont moins de cinq ans, il va le regarder et comme câest essentiellement un livre dâimages, il va commenter Ă sa façon⊠Ce pourrait alors ĂȘtre dâailleurs enrichissant pour le petit lecteur comme le grand-pĂšre (nâoublions jamais que les adultes peuvent apprendre beaucoup des plus jeunes !).
Mais Flocâh, artiste lumineux que jâaime depuis ses dĂ©buts â la sortie de la bande dessinĂ©e « Le rendez-vous de Sevenoaks » en 1977 avait Ă©tĂ© pour moi un choc Ă©motionnel intense â accompagne ses beaux dessins â un par page â dâune courte lĂ©gende qui devrait permettre au lecteur adulte dâaborder avec lâenfant lecteur les sujets les plus importants de la vieâŠ
On parlera de la famille, de la confiance, de la dĂ©couverte, de lâĂ©change, des saisons, de la lecture⊠mais aussi de la mort ! Tout est en dĂ©licatesse, jamais avec des morales ou leçons quâil faudrait retenir et mettre en application, jamais avec des connaissances philosophiques ou mĂ©taphysiques impliquant des croyances religieuses ou des bases intellectuelles inaccessibles⊠En quelques mots, en quelques traits et coups de pinceau, il ouvre une porte, tout simplement. Si lâadulte et lâenfant entrent, câest gagnĂ©, sâils passent leur chemin, ce sera simplement pour une autre fois les enfants aimant (vous le savez bien) les relectures Ă lâinfini !
Alors, mĂȘme si ce petit opus est « rĂ©servĂ© » Ă la jeunesse, bien quâil ne paye pas de mine au premier regard, je ne peux que vous conseiller de le prendre, de lâouvrir, de lâadopter et dâen tirer profit avec vos plus jeunes lecteurs⊠car les vacances ne sont pas seulement rĂ©servĂ©es au temps de lecture mĂȘme si lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest le moment de prendre le temps de dialoguer et dâĂ©changer en famille⊠Ne lâoubliez pas !
TrĂšs bonnes lectures estivales !
Donc, vous lâavez bien compris, aujourdâhui, place Ă une lecture pour la jeunesse⊠Enfin, presque ! Oui, je dis une lecture pour la jeunesse car cet ouvrage, « Une vie exemplaire » de Flocâh en a lâaspect, lâodeur et la saveur⊠Câest indiscutable. Dâailleurs, si je le mets dans les mains dâun de mes petits-enfants, disons un de ceux qui ont moins de cinq ans, il va le regarder et comme câest essentiellement un livre dâimages, il va commenter Ă sa façon⊠Ce pourrait alors ĂȘtre dâailleurs enrichissant pour le petit lecteur comme le grand-pĂšre (nâoublions jamais que les adultes peuvent apprendre beaucoup des plus jeunes !).
Mais Flocâh, artiste lumineux que jâaime depuis ses dĂ©buts â la sortie de la bande dessinĂ©e « Le rendez-vous de Sevenoaks » en 1977 avait Ă©tĂ© pour moi un choc Ă©motionnel intense â accompagne ses beaux dessins â un par page â dâune courte lĂ©gende qui devrait permettre au lecteur adulte dâaborder avec lâenfant lecteur les sujets les plus importants de la vieâŠ
On parlera de la famille, de la confiance, de la dĂ©couverte, de lâĂ©change, des saisons, de la lecture⊠mais aussi de la mort ! Tout est en dĂ©licatesse, jamais avec des morales ou leçons quâil faudrait retenir et mettre en application, jamais avec des connaissances philosophiques ou mĂ©taphysiques impliquant des croyances religieuses ou des bases intellectuelles inaccessibles⊠En quelques mots, en quelques traits et coups de pinceau, il ouvre une porte, tout simplement. Si lâadulte et lâenfant entrent, câest gagnĂ©, sâils passent leur chemin, ce sera simplement pour une autre fois les enfants aimant (vous le savez bien) les relectures Ă lâinfini !
Alors, mĂȘme si ce petit opus est « rĂ©servĂ© » Ă la jeunesse, bien quâil ne paye pas de mine au premier regard, je ne peux que vous conseiller de le prendre, de lâouvrir, de lâadopter et dâen tirer profit avec vos plus jeunes lecteurs⊠car les vacances ne sont pas seulement rĂ©servĂ©es au temps de lecture mĂȘme si lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest le moment de prendre le temps de dialoguer et dâĂ©changer en famille⊠Ne lâoubliez pas !
TrĂšs bonnes lectures estivales !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et les romans font traditionnellement partie des lectures estivales. Bon, je le concĂšde, le roman du jour est peut-ĂȘtre plus un conte quâun roman traditionnel mais on peut quand mĂȘme parler dâun roman Ă cause de sa taille et du fait que lâautrice, Françoise Dorner, mĂȘme si elle part dâun sentiment bien rĂ©el et dâun vĂ©cu indispensable, nous offre lĂ une fiction jubilatoire forte et Ă la saveur romanesque⊠Enfin, câest ce que je pense profondĂ©ment !
Lâhistoire peut sembler banale au premier coup dâĆil. En effet, une jeune femme, Lucie, connait deux semaines dâamour fou durant lâĂ©tĂ© avec Charles. Elle se retrouve enceinte et Charles disparait⊠Elle devra Ă©lever son fils avec lâabsence du pĂšre, elle devra vivre au quotidien avec un vide certain qui met son Ă©quilibre en dangerâŠ
Françoise Dorner, actrice et romanciĂšre, ne va pas se limiter Ă cette base, elle va construire un conte que lâon pourrait qualifier de psychologique, sentimental et humain plus que philosophique⊠Encore queâŠ
Tentons de donner quelques Ă©lĂ©ments sans pour autant casser le suspense. Le lecteur a le droit Ă la surprise et Ă la magie de ce trĂšs beau texte. Charles, le pĂšre absent, Ă©tait un musicien, violoniste, dans un orchestre qui Ă©tait sur le lieu de vacances de Lucie. Quand il a disparu soudainement et de façon inexplicable, il a laissĂ© son instrument de musique. Elle a alors imaginĂ©, quand son fils François « arrive », de crĂ©er une sorte de prĂ©sence artificielle du pĂšre (je vous laisse dĂ©couvrir comment !). Câest cet ersatz de pĂšre qui est Ă la fois comique et dramatique, source de pathos mais aussi de duperie des uns et des autres⊠Françoise Dorner est trĂšs forte pour jouer avec les lecteurs, pour les surprendre et les faire sourire (ou mĂȘme rire) aux moments les plus inattendusâŠ
LâĂ©criture de ce roman est dĂ©licate, fine, travaillĂ©e et trĂšs agrĂ©able Ă lire. Certes, ce nâest pas complĂ©ment de la poĂ©sie mais câest une prose poĂ©tique sans aucun doute. Il y a une musicalitĂ© de la phrase chez Françoise Dorner indiscutable qui donne une grande force au texte et câest finalement bien normal quand on parle de violon, de musicien et dâorchestreâŠ
Enfin, je voulais signaler quâune fin facile Ă©tait jouable mais ce nâest pas ce qui va arriver et câest ce qui va Ă la fois porter lâaspect le plus humain et le plus philosophique mĂȘme ce qui fait que finalement, contrairement Ă ce que jâavais affirmĂ© au dĂ©part, on Ă©tait peut-ĂȘtre dans un conte philosophique⊠Qui sait ?
Câest en lisant « Lâamour ne tient quâĂ un fil » que vous prendrez la mesure de ce trĂšs beau livre et comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
Lâhistoire peut sembler banale au premier coup dâĆil. En effet, une jeune femme, Lucie, connait deux semaines dâamour fou durant lâĂ©tĂ© avec Charles. Elle se retrouve enceinte et Charles disparait⊠Elle devra Ă©lever son fils avec lâabsence du pĂšre, elle devra vivre au quotidien avec un vide certain qui met son Ă©quilibre en dangerâŠ
Françoise Dorner, actrice et romanciĂšre, ne va pas se limiter Ă cette base, elle va construire un conte que lâon pourrait qualifier de psychologique, sentimental et humain plus que philosophique⊠Encore queâŠ
Tentons de donner quelques Ă©lĂ©ments sans pour autant casser le suspense. Le lecteur a le droit Ă la surprise et Ă la magie de ce trĂšs beau texte. Charles, le pĂšre absent, Ă©tait un musicien, violoniste, dans un orchestre qui Ă©tait sur le lieu de vacances de Lucie. Quand il a disparu soudainement et de façon inexplicable, il a laissĂ© son instrument de musique. Elle a alors imaginĂ©, quand son fils François « arrive », de crĂ©er une sorte de prĂ©sence artificielle du pĂšre (je vous laisse dĂ©couvrir comment !). Câest cet ersatz de pĂšre qui est Ă la fois comique et dramatique, source de pathos mais aussi de duperie des uns et des autres⊠Françoise Dorner est trĂšs forte pour jouer avec les lecteurs, pour les surprendre et les faire sourire (ou mĂȘme rire) aux moments les plus inattendusâŠ
LâĂ©criture de ce roman est dĂ©licate, fine, travaillĂ©e et trĂšs agrĂ©able Ă lire. Certes, ce nâest pas complĂ©ment de la poĂ©sie mais câest une prose poĂ©tique sans aucun doute. Il y a une musicalitĂ© de la phrase chez Françoise Dorner indiscutable qui donne une grande force au texte et câest finalement bien normal quand on parle de violon, de musicien et dâorchestreâŠ
Enfin, je voulais signaler quâune fin facile Ă©tait jouable mais ce nâest pas ce qui va arriver et câest ce qui va Ă la fois porter lâaspect le plus humain et le plus philosophique mĂȘme ce qui fait que finalement, contrairement Ă ce que jâavais affirmĂ© au dĂ©part, on Ă©tait peut-ĂȘtre dans un conte philosophique⊠Qui sait ?
Câest en lisant « Lâamour ne tient quâĂ un fil » que vous prendrez la mesure de ce trĂšs beau livre et comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
Comme j'étais à Bruxelles pour le grand déjeuner annuel Critiques Libres, c'est un comme si les chroniques avaient été bloquées durant mon absence...
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et bien souvent je vous invite Ă lire des ouvrages historiques. Mais pourquoi ? En effet, on dit, parfois dans la mĂȘme discussion et sans frĂ©mir, que lâhistoire ne se rĂ©pĂšte jamais et que pour comprendre le prĂ©sent il faut connaitre le passé⊠Mais si les choses ne rĂ©pĂštent pas Ă quoi peut bien servir lâĂ©tude du passĂ© ? Probablement que dans la rĂ©alitĂ© les deux adages se complĂštent et sâenrichissent⊠Le prĂ©sent est bien le fruit du passĂ©, les alliances, les haines, les luttes dâaujourdâhui sont bien les consĂ©quences de ce qui sâest dĂ©roulĂ© hier et mĂȘme avant-hier⊠Mais, rien nâest jamais jouĂ© dâavance, les mĂȘmes causes ne produisent pas systĂ©matiquement les mĂȘmes effets et heureusement comme cela il reste toujours un peu dâespoir que les choses finissent par sâarranger⊠au moins un peu !
Il nâen demeure pas moins vrai que lâĂȘtre humain est parfois bien surprenant. Jean-Baptiste Duroselle, grand historien spĂ©cialiste de la diplomatie et des relations internationales, disait que « Tout empire pĂ©rira » et, il est bien vrai que lâhistoire lui donne plutĂŽt raison. Les empires finissent toujours par sâĂ©crouler, parfois dans de gros conflits avec lâextĂ©rieur, parfois en implosant sous lâeffet des forces dâopposition intĂ©rieures. On ne sait jamais quand ni comment, mais lâissue semble incontournable⊠Pourtant, il y a toujours des humains pour tenter leur chance en construisant un nouvel empire⊠Aujourdâhui, dans notre monde contemporain, on voit bien ces empires qui tentent de survivre, au besoin en dĂ©truisant, ou en essayant de le faire, les autres empires⊠Ce qui semble un peu nouveau câest lâillusion portĂ©e par certains leaders de ces empires de croire pouvoir sâentendre avec un autre empire pour Ă©liminer un troisiĂšme⊠Mais si on regarde lâhistoire sereinement, ce nâest pas si nouveau que celaâŠ
Pour illustrer cela, je vous propose une premiĂšre lecture estivale, mais il y en aura dâautres dâici quelques jours. Nous allons commencer par un ouvrage collectif sous la direction de Patrice Gueniffey et Thierry Lentz, La fin des empires. Chaque auteur participant vous invite Ă dĂ©couvrir la chute dâun de ces grands empires. On les connait tous de nom â dâAlexandre le Grand Ă lâURSS â mais Ă chaque fois on dĂ©couvre que nos connaissances Ă©taient bien incomplĂštes voire superficielles. Il sera mĂȘme question des Etats-Unis, du moins ceux dâavant Trump II, et il ne sera jamais question dans cet ouvrage de 2016 de faire des prophĂ©ties hasardeusesâŠ
Il nâempĂȘche que la lecture de ce livre magistral est trĂšs Ă©clairante pour comprendre le prĂ©sent, les tensions entre les empires, les risques de chacun (et ils finiront bien par mourir !) avec une question lancinante qui ne peut que se poser au lecteur sĂ©rieux de la « vieille Europe » : LâEurope est-elle un empire qui se meurt ou un empire en devenir qui mourra plus tard ?
Bon, il ne vous reste plus quâĂ lire ce livre pour vous faire votre propre idĂ©e de la question et construire votre rĂ©ponse. En attendant, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture et Ă demain !
Il nâen demeure pas moins vrai que lâĂȘtre humain est parfois bien surprenant. Jean-Baptiste Duroselle, grand historien spĂ©cialiste de la diplomatie et des relations internationales, disait que « Tout empire pĂ©rira » et, il est bien vrai que lâhistoire lui donne plutĂŽt raison. Les empires finissent toujours par sâĂ©crouler, parfois dans de gros conflits avec lâextĂ©rieur, parfois en implosant sous lâeffet des forces dâopposition intĂ©rieures. On ne sait jamais quand ni comment, mais lâissue semble incontournable⊠Pourtant, il y a toujours des humains pour tenter leur chance en construisant un nouvel empire⊠Aujourdâhui, dans notre monde contemporain, on voit bien ces empires qui tentent de survivre, au besoin en dĂ©truisant, ou en essayant de le faire, les autres empires⊠Ce qui semble un peu nouveau câest lâillusion portĂ©e par certains leaders de ces empires de croire pouvoir sâentendre avec un autre empire pour Ă©liminer un troisiĂšme⊠Mais si on regarde lâhistoire sereinement, ce nâest pas si nouveau que celaâŠ
Pour illustrer cela, je vous propose une premiĂšre lecture estivale, mais il y en aura dâautres dâici quelques jours. Nous allons commencer par un ouvrage collectif sous la direction de Patrice Gueniffey et Thierry Lentz, La fin des empires. Chaque auteur participant vous invite Ă dĂ©couvrir la chute dâun de ces grands empires. On les connait tous de nom â dâAlexandre le Grand Ă lâURSS â mais Ă chaque fois on dĂ©couvre que nos connaissances Ă©taient bien incomplĂštes voire superficielles. Il sera mĂȘme question des Etats-Unis, du moins ceux dâavant Trump II, et il ne sera jamais question dans cet ouvrage de 2016 de faire des prophĂ©ties hasardeusesâŠ
Il nâempĂȘche que la lecture de ce livre magistral est trĂšs Ă©clairante pour comprendre le prĂ©sent, les tensions entre les empires, les risques de chacun (et ils finiront bien par mourir !) avec une question lancinante qui ne peut que se poser au lecteur sĂ©rieux de la « vieille Europe » : LâEurope est-elle un empire qui se meurt ou un empire en devenir qui mourra plus tard ?
Bon, il ne vous reste plus quâĂ lire ce livre pour vous faire votre propre idĂ©e de la question et construire votre rĂ©ponse. En attendant, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture et Ă demain !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire mais lire en Ă©tĂ© ne signifie pas ĂȘtre intellectuel, hyper sĂ©rieux et triste. Donc, on peut lire des ouvrages curieux, lĂ©gers et mĂȘme drĂŽles comme câest le cas de « Les + croustillantes anecdotes Ă boire et Ă manger » de Marc Pasteger. Cet auteur Ă©tait un journaliste belge dont les talents de conteur Ă©taient fascinants. Il a Ă©crit de nombreux ouvrages collationnant des histoires plus ou moins rĂ©elles, curieuses et parfois trĂšs comiques. Je lâai dĂ©couvert, par hasard, en achetant cet ouvrage dâoccasion en raison de son titre et grand bien mâen a pris !
Il sâagit donc de faits divers, de brĂšves sur le thĂšme du boire et du manger, classĂ©s par ordre alphabĂ©tique. Je ne vais pas tenter de vous les rĂ©sumer toutes ni mĂȘme dâen raconter une en entier, mais plutĂŽt vous donner quelques catĂ©gories de rĂ©cit pour vous aider Ă comprendre de quoi il sâagitâŠ
Tout dâabord, pour moi, câest le livre idĂ©al Ă laisser trainer dans une salle dâattente, dans des toilettes, dans une boĂźte Ă livre ou dans un compartiment de train. Câest un ouvrage Ă ouvrir au hasard pour lire une histoire quâelle soit longue â certaines font jusquâĂ trois ou quatre pages â ou courte â certaines ne sâĂ©talent que sur quatre Ă cinq lignes. Le titre nâest parfois pas significatif du contenu rĂ©el. Par exemple, pour le chapitre « Asperges », lâaristocrate des lĂ©gumes, on aura cette brĂšve qui nous apprendra quâun journaliste de Radio Toulouse a traduit un jour « Asperges me, Dominum » par « Les asperges me dominent » ⊠Amusant mais pas suffisant pour acheter un tel ouvrage⊠mais suffisant pour oublier un mal de dent chez un dentiste !
Lâhistoire du vieil homme Ă la mĂ©moire vacillante qui tombe en panne dâessence en rase campagne, celle de la femme qui prĂ©pare Ă son mari des plats aphrodisiaques avant quâil se rende chez sa maitresse, le prĂ©sident Pompidou qui invite Thierry Le Luron pour Ă©gayer un repas ministĂ©riel, les deux dĂ©laissĂ©s qui se rencontrent par hasard et dinent ensemble pour ne plus se quitter sans oublier la remarque cinglante et surprenante de lâĂ©pouse de Thiers⊠voici autant dâanecdotes pour vous distraire et ĂȘtre racontĂ©es par la suite Ă vos convives et amisâŠ
Car, disons-le clairement, ce livre nâest pas une somme intellectuelle ou artistiques pour dĂ©fendre une thĂšse en sciences sociales mais bien une collation de petites histoires qui ne demandent quâĂ continuer leurs vies par le rĂ©cit oral au coin du feu⊠Bon, mĂȘme sâil nây a plus de feu de nos jours, on peut quand mĂȘme se parler, raconter et captiver son auditoire dans le salon, sur la terrasse, Ă la plage, Ă lâombre dâun gros chĂȘne ou les pieds dans la piscine !
Alors comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, comme câest aussi le moment de prendre le temps de se parler paisiblement, je pense que cet ouvrage pourrait vous faire rire et apporter du plaisir autour de vousâŠ
Bonne lecture !
Il sâagit donc de faits divers, de brĂšves sur le thĂšme du boire et du manger, classĂ©s par ordre alphabĂ©tique. Je ne vais pas tenter de vous les rĂ©sumer toutes ni mĂȘme dâen raconter une en entier, mais plutĂŽt vous donner quelques catĂ©gories de rĂ©cit pour vous aider Ă comprendre de quoi il sâagitâŠ
Tout dâabord, pour moi, câest le livre idĂ©al Ă laisser trainer dans une salle dâattente, dans des toilettes, dans une boĂźte Ă livre ou dans un compartiment de train. Câest un ouvrage Ă ouvrir au hasard pour lire une histoire quâelle soit longue â certaines font jusquâĂ trois ou quatre pages â ou courte â certaines ne sâĂ©talent que sur quatre Ă cinq lignes. Le titre nâest parfois pas significatif du contenu rĂ©el. Par exemple, pour le chapitre « Asperges », lâaristocrate des lĂ©gumes, on aura cette brĂšve qui nous apprendra quâun journaliste de Radio Toulouse a traduit un jour « Asperges me, Dominum » par « Les asperges me dominent » ⊠Amusant mais pas suffisant pour acheter un tel ouvrage⊠mais suffisant pour oublier un mal de dent chez un dentiste !
Lâhistoire du vieil homme Ă la mĂ©moire vacillante qui tombe en panne dâessence en rase campagne, celle de la femme qui prĂ©pare Ă son mari des plats aphrodisiaques avant quâil se rende chez sa maitresse, le prĂ©sident Pompidou qui invite Thierry Le Luron pour Ă©gayer un repas ministĂ©riel, les deux dĂ©laissĂ©s qui se rencontrent par hasard et dinent ensemble pour ne plus se quitter sans oublier la remarque cinglante et surprenante de lâĂ©pouse de Thiers⊠voici autant dâanecdotes pour vous distraire et ĂȘtre racontĂ©es par la suite Ă vos convives et amisâŠ
Car, disons-le clairement, ce livre nâest pas une somme intellectuelle ou artistiques pour dĂ©fendre une thĂšse en sciences sociales mais bien une collation de petites histoires qui ne demandent quâĂ continuer leurs vies par le rĂ©cit oral au coin du feu⊠Bon, mĂȘme sâil nây a plus de feu de nos jours, on peut quand mĂȘme se parler, raconter et captiver son auditoire dans le salon, sur la terrasse, Ă la plage, Ă lâombre dâun gros chĂȘne ou les pieds dans la piscine !
Alors comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, comme câest aussi le moment de prendre le temps de se parler paisiblement, je pense que cet ouvrage pourrait vous faire rire et apporter du plaisir autour de vousâŠ
Bonne lecture !
Ah, Marc Pasteger... encore un parti trop tĂŽt. Une sorte de Pierre Bellemare Ă la belge qui racontait des jolies histoires. Merci Shelton de nous le faire revivre un peu.
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et pourquoi ne pas profiter de cette pĂ©riode pour rĂ©viser un peu notre histoire nationale, pas par esprit nationaliste mais plutĂŽt pour nous souvenir dâoĂč nous venonsâŠ
Câest vrai que, parfois, la rĂ©alitĂ© peut se rĂ©vĂ©ler fort diffĂ©rente des savoirs enseignĂ©s Ă lâĂ©cole ou dans la famille. Chez nous, il y avait un mĂ©lange ambiant de catholicisme et de monarchisme bon teint. Le roi de France Ă©tait dĂ©crit comme le reprĂ©sentant de Dieu dans le royaume mĂȘme si la conversion rĂ©publicaine avait bien eu lieu sous LĂ©on XIII et son ralliement. Il nâen demeure pas moins que lâon ne parlait ni des maitresses des rois, ni des assassinats familiaux, ni des trahisons perverses, ni des divorces royaux et encore moins des remariages⊠Et je ne parle pas des dĂ©penses excessives, des guerres, des colonies, de lâesclavagisme ni surtout de la valeur humaine de la femme Ă la cour de France⊠Une femme nâĂ©tait quâun utĂ©rus en puissance, la loi salique exigeait mĂȘme que les enfants soient des mĂąles⊠Le « reste » Ă©tait sans importance !
Alors oui, relire lâhistoire de France pourrait ĂȘtre une bonne rĂ©solution estivale et je vous propose de commencer par une sĂ©rie de bandes dessinĂ©es scĂ©narisĂ©e par Jean-Pierre PĂ©cau, La couronne de France. Il y aura cinq album et trois sont dĂ©jĂ sortis. Dans chaque album, deux rĂ©cits complets, deux portraits, deux aventures mĂȘme car avouons que la vie de Philippe Auguste ou celle de Charles VIII sont bien des grandes aventures dignes dâun rĂ©cit en bande dessinĂ©e ! Lâauteur a choisi de traiter des monarques ayant rĂ©gnĂ© entre 1165 et 1774, soit environ 500 ans dâhistoire ! On ira ainsi de Philippe II dit Philippe Auguste Ă Louis XV le Bien aimĂ©. Câest aussi une façon de passer dâun roi qui reçoit un royaume petit et fragile Ă un roi qui hĂ©rite dâun grand royaume prĂȘt Ă sombrer dans la RĂ©volution⊠Une grande boucleâŠ
Jâai beaucoup aimĂ© cette sĂ©rie et en particulier ce premier album qui sâouvre sur le rĂ©cit de la vie de Philippe Auguste. Ce roi dont on connait beaucoup plus le nom que sa vie, fut un monarque actif, guerrier, et Ă la vie privĂ©e assez complexe⊠Il finira dâailleurs par provoquer lâinterdit pontifical sur le Royaume de France car devenir bigame aux yeux de lâEglise nâĂ©tait pas acceptable pour le pape⊠Philippe Auguste ce fut aussi une croisade, une guerre perpĂ©tuelle contre Richard CĆur de Lion et la fameuse grande bataille de Bouvines, celle que lâon nous prĂ©sentait jadis comme le symbole de lâunitĂ© française face aux ennemis europĂ©ensâŠ
On pourra complĂ©ter cette lecture par la biographie de John Baldwin (Philippe Auguste) ou celle de RĂ©gine Pernoud (Richard CĆur de Lion), deux façons dâenrichir notre mĂ©moire sur cette France naissante⊠Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
Câest vrai que, parfois, la rĂ©alitĂ© peut se rĂ©vĂ©ler fort diffĂ©rente des savoirs enseignĂ©s Ă lâĂ©cole ou dans la famille. Chez nous, il y avait un mĂ©lange ambiant de catholicisme et de monarchisme bon teint. Le roi de France Ă©tait dĂ©crit comme le reprĂ©sentant de Dieu dans le royaume mĂȘme si la conversion rĂ©publicaine avait bien eu lieu sous LĂ©on XIII et son ralliement. Il nâen demeure pas moins que lâon ne parlait ni des maitresses des rois, ni des assassinats familiaux, ni des trahisons perverses, ni des divorces royaux et encore moins des remariages⊠Et je ne parle pas des dĂ©penses excessives, des guerres, des colonies, de lâesclavagisme ni surtout de la valeur humaine de la femme Ă la cour de France⊠Une femme nâĂ©tait quâun utĂ©rus en puissance, la loi salique exigeait mĂȘme que les enfants soient des mĂąles⊠Le « reste » Ă©tait sans importance !
Alors oui, relire lâhistoire de France pourrait ĂȘtre une bonne rĂ©solution estivale et je vous propose de commencer par une sĂ©rie de bandes dessinĂ©es scĂ©narisĂ©e par Jean-Pierre PĂ©cau, La couronne de France. Il y aura cinq album et trois sont dĂ©jĂ sortis. Dans chaque album, deux rĂ©cits complets, deux portraits, deux aventures mĂȘme car avouons que la vie de Philippe Auguste ou celle de Charles VIII sont bien des grandes aventures dignes dâun rĂ©cit en bande dessinĂ©e ! Lâauteur a choisi de traiter des monarques ayant rĂ©gnĂ© entre 1165 et 1774, soit environ 500 ans dâhistoire ! On ira ainsi de Philippe II dit Philippe Auguste Ă Louis XV le Bien aimĂ©. Câest aussi une façon de passer dâun roi qui reçoit un royaume petit et fragile Ă un roi qui hĂ©rite dâun grand royaume prĂȘt Ă sombrer dans la RĂ©volution⊠Une grande boucleâŠ
Jâai beaucoup aimĂ© cette sĂ©rie et en particulier ce premier album qui sâouvre sur le rĂ©cit de la vie de Philippe Auguste. Ce roi dont on connait beaucoup plus le nom que sa vie, fut un monarque actif, guerrier, et Ă la vie privĂ©e assez complexe⊠Il finira dâailleurs par provoquer lâinterdit pontifical sur le Royaume de France car devenir bigame aux yeux de lâEglise nâĂ©tait pas acceptable pour le pape⊠Philippe Auguste ce fut aussi une croisade, une guerre perpĂ©tuelle contre Richard CĆur de Lion et la fameuse grande bataille de Bouvines, celle que lâon nous prĂ©sentait jadis comme le symbole de lâunitĂ© française face aux ennemis europĂ©ensâŠ
On pourra complĂ©ter cette lecture par la biographie de John Baldwin (Philippe Auguste) ou celle de RĂ©gine Pernoud (Richard CĆur de Lion), deux façons dâenrichir notre mĂ©moire sur cette France naissante⊠Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâavais dit que je reviendrai trĂšs vite en compagnie dâHonorĂ© de Balzac, me voici donc de retour en sa compagnie, plus exactement de ses livres et de sa ComĂ©die humaine.
Lorsque jâai visitĂ© la Maison de Balzac, avec une excellente visite-confĂ©rence, un des points forts avait Ă©tĂ© lâexposition temporaire sur le mariage au XIX° siĂšcle. Il faut avouer que lorsque lâon Ă©tudie Balzac en seconde, pour moi durant lâannĂ©e scolaire 1972-1973, le mariage nâest pas le sujet principal. Loin de lĂ . Pourtant, sans faire de Balzac ni un contemporain, ni un fĂ©ministe, ni un homme attentif Ă toutes les anomalies de son temps, avouons que cet Ă©crivain est assez ouvert Ă la condition de la femme, Ă la rĂ©alitĂ© du mariage bourgeois, au manque drastique de libertĂ© de ces Ă©pouses qui se retrouvent ligotĂ©es par le « lien sacrĂ© du mariage ».
Dans cette exposition, en partant de phrases des romans de Balzac et de gravures du XIX° siĂšcle, on entre dans la rĂ©alitĂ© de la vie des femmes bourgeoises du siĂšcle. Attention, je dis femmes bourgeoises car on ne parle pas dans cette exposition des femmes qui travaillaient dans des usines, qui se tuaient Ă Ă©lever des enfants ni des quelques femmes artistes. Ici, on parle de la bourgeoisie, des femmes qui faisaient lâobjet de mariages de raison avec des hommes globalement plus ĂągĂ©s⊠Parfois mĂȘme des femmes vendues au plus offrantâŠ
Balzac Ă©tait si fin et attentif Ă la situation de ces femmes quâil osa utiliser une expression qui depuis est devenu classique : le viol au sein du couple. Dâailleurs, il recommandait aux jeunes hommes qui souhaitaient crĂ©er un couple de ne surtout pas commencer par un viol⊠Câest dire !
Alors, a-t-il laissĂ© une trace de cette vision de la femme dans ses romans ? Oui, câest Ă©vident mĂȘme sâil ne faut pas sâattendre Ă une modernitĂ© totale et un fĂ©minisme absolu. Par exemple, dans La femme de trente ans il raconte la vie de Julie de Chastillon qui commence par un mariage calamiteux⊠Souvent, surtout de son temps, on a critiquĂ© la construction de ce roman, son Ă©criture, son manque de clarté⊠En fait, il est truffĂ© de moments forts et essentiels mais probablement encore trop inaudibles du vivant de Balzac. Aussi, la vie de Julie qui subit la violence sexuelle, la frustration par manque dâorgasme, le mari trompeur et fier de lâĂȘtre⊠pire, alors quâun jeune lord anglais tombe amoureux dâelle, elle rĂ©sistera Ă lâenvie par respect des rĂšgles de la biensĂ©ance provocant ainsi la mort de lâAnglais ! DerriĂšre, ce constat, on sent bien que Balzac souhaiterait un monde meilleur dans lequel les femmes seraient mieux prises en compte, seraient Ă©duquĂ©es et prĂ©parĂ©es Ă cette vie en couple et oĂč les hommes seraient en quelque sorte plus humains, tout simplementâŠ
La femme de trente ans nâest pas mon roman le plus cher de la ComĂ©die humaine mais, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest une façon de dĂ©couvrir Balzac en dehors de certains clichĂ©sâŠ
Lorsque jâai visitĂ© la Maison de Balzac, avec une excellente visite-confĂ©rence, un des points forts avait Ă©tĂ© lâexposition temporaire sur le mariage au XIX° siĂšcle. Il faut avouer que lorsque lâon Ă©tudie Balzac en seconde, pour moi durant lâannĂ©e scolaire 1972-1973, le mariage nâest pas le sujet principal. Loin de lĂ . Pourtant, sans faire de Balzac ni un contemporain, ni un fĂ©ministe, ni un homme attentif Ă toutes les anomalies de son temps, avouons que cet Ă©crivain est assez ouvert Ă la condition de la femme, Ă la rĂ©alitĂ© du mariage bourgeois, au manque drastique de libertĂ© de ces Ă©pouses qui se retrouvent ligotĂ©es par le « lien sacrĂ© du mariage ».
Dans cette exposition, en partant de phrases des romans de Balzac et de gravures du XIX° siĂšcle, on entre dans la rĂ©alitĂ© de la vie des femmes bourgeoises du siĂšcle. Attention, je dis femmes bourgeoises car on ne parle pas dans cette exposition des femmes qui travaillaient dans des usines, qui se tuaient Ă Ă©lever des enfants ni des quelques femmes artistes. Ici, on parle de la bourgeoisie, des femmes qui faisaient lâobjet de mariages de raison avec des hommes globalement plus ĂągĂ©s⊠Parfois mĂȘme des femmes vendues au plus offrantâŠ
Balzac Ă©tait si fin et attentif Ă la situation de ces femmes quâil osa utiliser une expression qui depuis est devenu classique : le viol au sein du couple. Dâailleurs, il recommandait aux jeunes hommes qui souhaitaient crĂ©er un couple de ne surtout pas commencer par un viol⊠Câest dire !
Alors, a-t-il laissĂ© une trace de cette vision de la femme dans ses romans ? Oui, câest Ă©vident mĂȘme sâil ne faut pas sâattendre Ă une modernitĂ© totale et un fĂ©minisme absolu. Par exemple, dans La femme de trente ans il raconte la vie de Julie de Chastillon qui commence par un mariage calamiteux⊠Souvent, surtout de son temps, on a critiquĂ© la construction de ce roman, son Ă©criture, son manque de clarté⊠En fait, il est truffĂ© de moments forts et essentiels mais probablement encore trop inaudibles du vivant de Balzac. Aussi, la vie de Julie qui subit la violence sexuelle, la frustration par manque dâorgasme, le mari trompeur et fier de lâĂȘtre⊠pire, alors quâun jeune lord anglais tombe amoureux dâelle, elle rĂ©sistera Ă lâenvie par respect des rĂšgles de la biensĂ©ance provocant ainsi la mort de lâAnglais ! DerriĂšre, ce constat, on sent bien que Balzac souhaiterait un monde meilleur dans lequel les femmes seraient mieux prises en compte, seraient Ă©duquĂ©es et prĂ©parĂ©es Ă cette vie en couple et oĂč les hommes seraient en quelque sorte plus humains, tout simplementâŠ
La femme de trente ans nâest pas mon roman le plus cher de la ComĂ©die humaine mais, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, câest une façon de dĂ©couvrir Balzac en dehors de certains clichĂ©sâŠ
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien de tel quâun bon roman policier pour une pause lecture en plein Ă©tĂ© ! Seulement, voilĂ , le choix nâest pas si aisĂ© que cela car il y a de trĂšs nombreux genres (ou types) de romans policiers et on nâest surtout pas obligĂ© de tous les lire, de tous les aimer⊠Polars classiques, thrillers, cosy mysteries, whodunit, romans policiers historiques, polars psychologiques, romans noirs, romans rouges (catĂ©gorie personnelle dont jâai dĂ©jĂ parlĂ© et que jâaborderai encore prochainement), romans policiers sociaux⊠Bref, il y en a pour tous les goĂ»ts, sans aucun doute, et je vais prendre le temps tout au long de lâĂ©tĂ©, de vous en proposer beaucoup car je pense que le polar estival, sans ĂȘtre une catĂ©gorie officialisĂ©e par les Ă©diteurs et les libraires, n'en demeure pas moins une rĂ©alitĂ© pratiquĂ©e !
Aujourdâhui, nous allons ouvrir un roman que lâon pourrait ranger dans la boĂźte des cosy mysteries ou dans celle des romans hommage Ă Agatha Christie (encore une pseudo catĂ©gorie que je me permets dâinstaurer cet Ă©tĂ© !). Tout dâabord un cosy mystery car lâenquĂȘteur principal est un groupe de quelques amateurs de romans policiers. Câest Alicia Finlay qui en est lâinstigatrice car elle est lassĂ©e depuis trop longtemps par son club de lecture qui ne sâintĂ©resse pas assez (du moins Ă son goĂ»t) au roman policier. Elle arrive donc Ă crĂ©er son club et Ă dĂ©cider tout le monde de se pencher comme premier roman sur « Les vacances dâHercule Poirot ». On comprend bien dĂšs lors quâil sâagit aussi dâun roman hommage Ă Agatha Christie. C. A. Larmer, la romanciĂšre, est nĂ©e en Papouasie-Nouvelle GuinĂ©e, installĂ©e aujourdâhui en Australie, propose avec « Ils Ă©taient sept » le premier roman dâune sĂ©rie (cinq romans sortis en langue française Ă cette date) qui mĂ©rite tout lâattention des lecteurs qui aiment les policiers classiques basĂ©s sur la question fondamentale : qui a tuĂ© ?
Mais comme dans ce premier roman, on a un membre du club qui est victime dâune tentative dâassassinat puis un autre qui disparait, nos amateurs de romans policiers vont se lancer dans lâenquĂȘte. Câest lĂ que C A Larmer sera subtile : faire agir ses hĂ©ros sans exagĂ©ration et en les laissant acteurs efficaces pour que le roman et lâenquĂȘte restent passionnants. Je crois pouvoir dire quâelle y arrive plutĂŽt bien pour une premiĂšre tentative, ce sera mĂȘme meilleur avec les romans suivants mais on aura le temps dâen reparler, promis !
CĂŽtĂ© des personnages que lâon retrouvera rĂ©guliĂšrement dans cette sĂ©rie, il nây a pas que cette jeune femme Alicia Finlay, il y a Lynette sa sĆur. Les deux sĆurs vivent dans la mĂȘme maison et elles ont un chien, Max. Quant aux membres que vous dĂ©couvrirez en mĂȘme temps que Lynette et Alicia, il y aura Perry, Claire, Anders, Missy⊠et le jeu sera bien sĂ»r de trouver lâĂ©nigme plus rapidement quâeux avec les mĂȘmes indices !
La traduction est plutĂŽt bonne, la lecture aisĂ©e et agrĂ©able, le tout pouvant ĂȘtre glissĂ© dans la valise de vacances sans aucun souci ! Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, partez en Australie avec ce club dâamateurs de romans policiers !
Aujourdâhui, nous allons ouvrir un roman que lâon pourrait ranger dans la boĂźte des cosy mysteries ou dans celle des romans hommage Ă Agatha Christie (encore une pseudo catĂ©gorie que je me permets dâinstaurer cet Ă©tĂ© !). Tout dâabord un cosy mystery car lâenquĂȘteur principal est un groupe de quelques amateurs de romans policiers. Câest Alicia Finlay qui en est lâinstigatrice car elle est lassĂ©e depuis trop longtemps par son club de lecture qui ne sâintĂ©resse pas assez (du moins Ă son goĂ»t) au roman policier. Elle arrive donc Ă crĂ©er son club et Ă dĂ©cider tout le monde de se pencher comme premier roman sur « Les vacances dâHercule Poirot ». On comprend bien dĂšs lors quâil sâagit aussi dâun roman hommage Ă Agatha Christie. C. A. Larmer, la romanciĂšre, est nĂ©e en Papouasie-Nouvelle GuinĂ©e, installĂ©e aujourdâhui en Australie, propose avec « Ils Ă©taient sept » le premier roman dâune sĂ©rie (cinq romans sortis en langue française Ă cette date) qui mĂ©rite tout lâattention des lecteurs qui aiment les policiers classiques basĂ©s sur la question fondamentale : qui a tuĂ© ?
Mais comme dans ce premier roman, on a un membre du club qui est victime dâune tentative dâassassinat puis un autre qui disparait, nos amateurs de romans policiers vont se lancer dans lâenquĂȘte. Câest lĂ que C A Larmer sera subtile : faire agir ses hĂ©ros sans exagĂ©ration et en les laissant acteurs efficaces pour que le roman et lâenquĂȘte restent passionnants. Je crois pouvoir dire quâelle y arrive plutĂŽt bien pour une premiĂšre tentative, ce sera mĂȘme meilleur avec les romans suivants mais on aura le temps dâen reparler, promis !
CĂŽtĂ© des personnages que lâon retrouvera rĂ©guliĂšrement dans cette sĂ©rie, il nây a pas que cette jeune femme Alicia Finlay, il y a Lynette sa sĆur. Les deux sĆurs vivent dans la mĂȘme maison et elles ont un chien, Max. Quant aux membres que vous dĂ©couvrirez en mĂȘme temps que Lynette et Alicia, il y aura Perry, Claire, Anders, Missy⊠et le jeu sera bien sĂ»r de trouver lâĂ©nigme plus rapidement quâeux avec les mĂȘmes indices !
La traduction est plutĂŽt bonne, la lecture aisĂ©e et agrĂ©able, le tout pouvant ĂȘtre glissĂ© dans la valise de vacances sans aucun souci ! Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, partez en Australie avec ce club dâamateurs de romans policiers !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et le roman est certainement une des formes les plus apprĂ©ciĂ©es durant cette pĂ©riode estivale. Câest pour cela que je tente dâen trouver rĂ©guliĂšrement en portant mon attention sur la variĂ©tĂ© des thĂšmes et du traitement. Cette fois-ci, avec le dernier de Laure Manel, Nos Ă©toiles filantes, nous allons Ă la fois voyager dans la psychĂ© humaine et dans lâespace. En effet, nous aurons deux Ă©lĂ©ments diffĂ©rents, le deuil que devra rĂ©aliser Fanny et la dĂ©couverte du CanadaâŠ
Sans dĂ©voiler tous les dessous de ce trĂšs beau roman, disons que Fanny Ă©tait sur le point de se marier avec Hadrien quand un grave accident fait quâelle se retrouve seule : son chĂ©ri et ses meilleurs amis disparaissent, elle est la survivante. Elle est alors atteinte de ce questionnement bien connu de tous ceux qui ont survĂ©cu Ă un drame : pourquoi suis-je encore lĂ ?
Elle doit donc commencer un long pĂ©riple intĂ©rieur pour pouvoir, ce quâespĂšrent ses proches, reprendre sa vie, se reconstruire. Sa mĂšre en particulier souhaiterait retrouver sa fille dâantan⊠Lâimportant, pour elle, câest quâelle nâest pas morte !
Ce chemin, aprĂšs le moment de la colĂšre et de la dĂ©sespĂ©rance, passera par un mariage posthume â dĂ©marche particuliĂšre â et un voyage pour le Canada, un projet initiĂ© par Hadrien de son vivant⊠Câest donc ainsi quâaprĂšs son « mariage », elle prend le chemin du QuĂ©bec avec un visa spĂ©cial un PVT (Permis vacances travail) valable deux ans⊠Ce sera les deux ans de la reconstruction !
Durant ces deux annĂ©es, Fanny va retrouver le sens de la vie, elle va dĂ©couvrir la nature avec sa force et son Ă©nergie, elle va mĂȘme comprendre que la vie pourrait un jour reprendre. Attention, pas comme avant, mais comme aprĂšs⊠Une nouvelle Fanny en quelque sorte.
Attention, ici, on nâest pas dans un roman « bisounours » oĂč redeviendrait merveilleux avec une vie qui serait toujours positive et constructive, sans aucun questionnement, sans aucun douteâŠLes doutes sont toujours lĂ et Fanny nâest pas dans un paradis terrestre, elle est dans la vie, la vraie vie, tout simplement⊠Câest pour cela que la romanciĂšre, Laure Manel, propose une fin particuliĂšre que chacun pourra Ă©crire selon son inspiration, son humeur, son instinct⊠Les deux ans, symboliquement, marqueront la fin du deuil mais ouvrirons un nouveau chapitre et jâai beaucoup aimĂ© lâidĂ©e que ma « fin » ne soit pas nĂ©cessairement la mĂȘme que pour dâautres lecteurs⊠Mais, je ne vous en dis pas plus.
Jâai beaucoup aimĂ© le style de lâautrice, jâai pris beaucoup de plaisir Ă lire ces Ă©toiles filantes et je crois important que nous ayons tous quelque part nos propres Ă©toiles filantes pour nous protĂ©ger, nous aider, nous accompagner⊠Une belle histoire estivale et donc, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
Sans dĂ©voiler tous les dessous de ce trĂšs beau roman, disons que Fanny Ă©tait sur le point de se marier avec Hadrien quand un grave accident fait quâelle se retrouve seule : son chĂ©ri et ses meilleurs amis disparaissent, elle est la survivante. Elle est alors atteinte de ce questionnement bien connu de tous ceux qui ont survĂ©cu Ă un drame : pourquoi suis-je encore lĂ ?
Elle doit donc commencer un long pĂ©riple intĂ©rieur pour pouvoir, ce quâespĂšrent ses proches, reprendre sa vie, se reconstruire. Sa mĂšre en particulier souhaiterait retrouver sa fille dâantan⊠Lâimportant, pour elle, câest quâelle nâest pas morte !
Ce chemin, aprĂšs le moment de la colĂšre et de la dĂ©sespĂ©rance, passera par un mariage posthume â dĂ©marche particuliĂšre â et un voyage pour le Canada, un projet initiĂ© par Hadrien de son vivant⊠Câest donc ainsi quâaprĂšs son « mariage », elle prend le chemin du QuĂ©bec avec un visa spĂ©cial un PVT (Permis vacances travail) valable deux ans⊠Ce sera les deux ans de la reconstruction !
Durant ces deux annĂ©es, Fanny va retrouver le sens de la vie, elle va dĂ©couvrir la nature avec sa force et son Ă©nergie, elle va mĂȘme comprendre que la vie pourrait un jour reprendre. Attention, pas comme avant, mais comme aprĂšs⊠Une nouvelle Fanny en quelque sorte.
Attention, ici, on nâest pas dans un roman « bisounours » oĂč redeviendrait merveilleux avec une vie qui serait toujours positive et constructive, sans aucun questionnement, sans aucun douteâŠLes doutes sont toujours lĂ et Fanny nâest pas dans un paradis terrestre, elle est dans la vie, la vraie vie, tout simplement⊠Câest pour cela que la romanciĂšre, Laure Manel, propose une fin particuliĂšre que chacun pourra Ă©crire selon son inspiration, son humeur, son instinct⊠Les deux ans, symboliquement, marqueront la fin du deuil mais ouvrirons un nouveau chapitre et jâai beaucoup aimĂ© lâidĂ©e que ma « fin » ne soit pas nĂ©cessairement la mĂȘme que pour dâautres lecteurs⊠Mais, je ne vous en dis pas plus.
Jâai beaucoup aimĂ© le style de lâautrice, jâai pris beaucoup de plaisir Ă lire ces Ă©toiles filantes et je crois important que nous ayons tous quelque part nos propres Ă©toiles filantes pour nous protĂ©ger, nous aider, nous accompagner⊠Une belle histoire estivale et donc, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et bien souvent je vous invite Ă lire des ouvrages historiques. Mais pourquoi ? En effet, on dit, parfois dans la mĂȘme discussion et sans frĂ©mir, que lâhistoire ne se rĂ©pĂšte jamais et que pour comprendre le prĂ©sent il faut connaitre le passé⊠Mais si les choses ne rĂ©pĂštent pas Ă quoi peut bien servir lâĂ©tude du passĂ© ? Probablement que dans la rĂ©alitĂ© les deux adages se complĂštent et sâenrichissent⊠Mais si vous vous souvenez bien, câest un sujet que jâai dĂ©jĂ abordĂ© et si jây reviens encore câest quâil est grandement dâactualitĂ©âŠ
Jâai lu il y a quelques semaines, Ă cause des interventions internationales de ce cher prĂ©sident Donald Trump, le « Munich 1938, la paix impossible » de Maurizio Serra. Le livre date de 2024, donc trĂšs rĂ©cent et il est signĂ© du premier Italien Ă entrer dans lâAcadĂ©mie française (Ă©lu le 9 janvier 2020). Cet ouvrage revient sur une pĂ©riode dont on parle beaucoup depuis quelques annĂ©es mais ce qui est important câest de bien comprendre lâĂ©tat dâesprit dâun certain nombre dâacteurs politiques de ces annĂ©es dâavant-guerre et de voir comment les choses semblent se rĂ©pĂ©ter⊠Se « rĂ©pĂ©ter » ne signifie pas que tout est semblable, que tout se finira de la mĂȘme façon mais cela devrait pousser certains Ă prendre conscience que parfois les mĂȘmes causes provoquent les mĂȘmes effets, ce qui, dans le cas de la Seconde guerre mondiale, nâest peut-ĂȘtre pas trĂšs rĂ©jouissantâŠ
Je pointe quelques points avec modestie et simplicitĂ©, chacun devant se faire son idĂ©e aprĂšs lecture et rĂ©flexion⊠Le premier point, pour moi, câest dâoublier quand on parle de paix, voire de partage de territoire, de convier autour de la table tous les acteurs concernĂ©s. Comment pouvait-on imaginer que les absents donnent leur accord Ă des actes qui les privaient de tout ce qui fait une nation libre : un peuple, un territoire reconnu et protĂ©gĂ©, une paix durable, un avenir « radieux ». Comment aujourdâhui, Trump et Poutine peuvent imaginer que lâUkraine pourrait accepter une paix construite sur son dĂ©membrement au profit des Russes dĂ©cidĂ© en leur absence, sans Ă©couter leurs dolĂ©ances ? Parfois les grandes nations, les empires, ne se rendent pas compte que le monde est un ensemble de trĂšs nombreuses nations qui ont des droits inaliĂ©nables Ă lâexistence, Ă la paix, Ă la libertĂ©âŠ
Lors de cette pĂ©riode de la fin des annĂ©es trente, des nations ont fait les frais de cette « gourmandises » des empires⊠Autriche, TchĂ©coslovaquie, Pologne⊠Mais souvent, un certain nombre dâacteurs ont montrĂ© leur faiblesse, leur manque de courage, leur vision Ă court terme⊠Un peu comme aujourdâhui vis-Ă -vis de lâUkraine, la Palestine, le Soudan⊠On veut bien signer un texte de colĂšre verbale mais pas sâengager complĂštement⊠On veut bien donner du matĂ©riel de guerre mais pas mourir pour Kiev⊠et tout cela rappelle malheureusement cette pĂ©riode dâavant-guerre et jamais le sous-titre du livre de Maurizio Serra nâa Ă©tĂ© aussi vrai et actuel : La paix impossible !
Puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire je ne peux donc que vous conseiller de vous replonger dans cette pĂ©riode de Munich 1938 mĂȘme si cela peut affecter un peu votre moral !
Jâai lu il y a quelques semaines, Ă cause des interventions internationales de ce cher prĂ©sident Donald Trump, le « Munich 1938, la paix impossible » de Maurizio Serra. Le livre date de 2024, donc trĂšs rĂ©cent et il est signĂ© du premier Italien Ă entrer dans lâAcadĂ©mie française (Ă©lu le 9 janvier 2020). Cet ouvrage revient sur une pĂ©riode dont on parle beaucoup depuis quelques annĂ©es mais ce qui est important câest de bien comprendre lâĂ©tat dâesprit dâun certain nombre dâacteurs politiques de ces annĂ©es dâavant-guerre et de voir comment les choses semblent se rĂ©pĂ©ter⊠Se « rĂ©pĂ©ter » ne signifie pas que tout est semblable, que tout se finira de la mĂȘme façon mais cela devrait pousser certains Ă prendre conscience que parfois les mĂȘmes causes provoquent les mĂȘmes effets, ce qui, dans le cas de la Seconde guerre mondiale, nâest peut-ĂȘtre pas trĂšs rĂ©jouissantâŠ
Je pointe quelques points avec modestie et simplicitĂ©, chacun devant se faire son idĂ©e aprĂšs lecture et rĂ©flexion⊠Le premier point, pour moi, câest dâoublier quand on parle de paix, voire de partage de territoire, de convier autour de la table tous les acteurs concernĂ©s. Comment pouvait-on imaginer que les absents donnent leur accord Ă des actes qui les privaient de tout ce qui fait une nation libre : un peuple, un territoire reconnu et protĂ©gĂ©, une paix durable, un avenir « radieux ». Comment aujourdâhui, Trump et Poutine peuvent imaginer que lâUkraine pourrait accepter une paix construite sur son dĂ©membrement au profit des Russes dĂ©cidĂ© en leur absence, sans Ă©couter leurs dolĂ©ances ? Parfois les grandes nations, les empires, ne se rendent pas compte que le monde est un ensemble de trĂšs nombreuses nations qui ont des droits inaliĂ©nables Ă lâexistence, Ă la paix, Ă la libertĂ©âŠ
Lors de cette pĂ©riode de la fin des annĂ©es trente, des nations ont fait les frais de cette « gourmandises » des empires⊠Autriche, TchĂ©coslovaquie, Pologne⊠Mais souvent, un certain nombre dâacteurs ont montrĂ© leur faiblesse, leur manque de courage, leur vision Ă court terme⊠Un peu comme aujourdâhui vis-Ă -vis de lâUkraine, la Palestine, le Soudan⊠On veut bien signer un texte de colĂšre verbale mais pas sâengager complĂštement⊠On veut bien donner du matĂ©riel de guerre mais pas mourir pour Kiev⊠et tout cela rappelle malheureusement cette pĂ©riode dâavant-guerre et jamais le sous-titre du livre de Maurizio Serra nâa Ă©tĂ© aussi vrai et actuel : La paix impossible !
Puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire je ne peux donc que vous conseiller de vous replonger dans cette pĂ©riode de Munich 1938 mĂȘme si cela peut affecter un peu votre moral !
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