Shelton
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06/07/2025 @ 09:13:02
L’étĂ© c’est fait pour lire et nous n’échappons pas Ă  l’idĂ©e d’ajuster nos lectures en fonction de la situation du monde, de notre pays ou de notre propre vie. Donc, il n’est pas Ă©tonnant de lire des livres d’histoire pour comprendre d’oĂč l’on vient, pour avoir des Ă©clairages spĂ©cifiques sur l’Ukraine et la Russie, sur le Moyen-Orient, sur le Groenland et que sais-je encore
 Mais, comme la politique semble un peu malade chez nous, on peut aussi rĂ©flĂ©chir Ă  notre dĂ©mocratie et son avenir
 Oui, je sais, sujet dĂ©licat mais donc bien incontournable !

Pour cela je propose d’inviter les philosophes Ă  prendre un petit cafĂ© avec nous. Alors, j’aurais pu dĂ©ployer un tapis rouge Ă  quelques penseurs grecs dont les livres ont posĂ© les jalons de cette grande rĂ©flexion sur l’organisation de la citĂ© et la politique. Mais souvent ces ouvrages consĂ©quents nous semblent – peut-ĂȘtre Ă  tort – trop Ă©loignĂ©s de nos rĂ©alitĂ©s quotidiennes. Alors, j’ai invitĂ© deux femmes du vingtiĂšme siĂšcle, deux femmes fortes, reconnues et aux idĂ©es pointues pour ne pas dire innovantes
 Ce sont deux philosophes que j’aime beaucoup, que je lis rĂ©guliĂšrement et qui ne sont pas si simples d’accĂšs, reconnaissons le.

Mais j’ai choisi, pour aller Ă  leur rencontre deux petits ouvrages qui ne sont pas, Ă  proprement parler, des livres aboutis et terminĂ©s. Ce sont des Ă©crits qui auraient pu devenir plus mais qui sont restĂ©s des Ă©bauches, des notes, des travaux en cours : « Note sur la suppression gĂ©nĂ©rale des partis » de Simone Weil et « La politique a-t-elle encore un sens » d’Hannah Arendt.

Simone Weil est arrivĂ©e Ă  Londres pour rejoindre la France Libre et on lui demande de travailler sur les mesures qu’il faudrait prendre pour reconstruire la France une fois la guerre terminĂ©e. Elle Ă©crit alors ce texte, Note sur la suppression gĂ©nĂ©rale des partis politiques. Pour elle, les partis politiques sont dangereux dans la mesure oĂč ils pousseraient les acteurs politiques dans un sens en bridant leur rĂ©flexion propre. Le parti dĂ©ciderait pour l’individu sans laisser le libre arbitre
 D’ailleurs s’il fallait illustrer ce point, on pourrait prendre le vote rĂ©cent sur la loi concernant la fin de vie. Durant les dĂ©bats, des partis ont exprimĂ© des positions parfois radicales. Si on se basait sur les points de vue la loi pouvait passer mais d’extrĂȘme justesse. Mais les partis ont laissĂ© chaque dĂ©putĂ© voter en son Ăąme et conscience et la loi est passĂ©e
 C’est pour cela que Simone Weil prĂ©conisait de se passer des partis politiques


Hannah Arendt, elle, s’interroge sur le sens de la politique. Il faut dire que cette recherche du sens est une dĂ©marche permanente dans ses recherches et ses Ă©crits. Pour la politique, elle commence par surprendre ses lecteurs en affirmant que contrairement Ă  des idĂ©es reçues, cette interrogation initiale sur le sens de la politique est vieille comme le monde ou presque. On n’a pas attendu le vingtiĂšme siĂšcle pour sembler dĂ©sabusĂ© de la politique, avoir des doutes sur le personnel politique et craindre la mĂ©diocritĂ© des dirigeants
 Rien de nouveau dans ce monde ! Quand elle parle de la violence internationale, du commerce des armes et des tensions entre les pays, on a presque l’impression qu’elle parle de l’annĂ©e 2025


Bon, deux regards de qualitĂ© sur notre monde et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, mĂȘme si les philosophes n’ont pas toujours raison, je ne peux que vous souhaiter une bonne double lecture !

Shelton
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07/07/2025 @ 07:33:20
L’étĂ© c’est fait pour lire et, souvent, quand je prends un livre en mains, je suis assailli par une rafale de souvenirs et d’images. La cause est multiple, nom de l’auteur, nature du thĂšme, circonstances de lecture
 A chaque fois, une histoire, un reliquat du passĂ©, une tranche de vie, mĂȘme rĂ©duite


Il y a peu de temps, en dĂ©ambulant chez EmmaĂŒs, j’ai trouvĂ© un fac-simile des fables de La Fontaine illustrĂ©es par Benjamin Rabier. Il Ă©tait Ă  l’état neuf et vendu pour seulement 3 €. Je n’ai pas hĂ©sitĂ© d’autant plus que


C’était il y a fort longtemps, une soixantaine d’annĂ©es. Nous habitions la rĂ©gion lyonnaise et nous avions une sorte de petit grenier oĂč nos parents laissaient quelques cartons de ce qu’ils n’avaient pas rĂ©ussi Ă  ranger dans la maison. Pour nous, c’était un peu une caverne d’Ali Baba pleine de trĂ©sors. Un jour, j’avais trouvĂ© et sorti de la poussiĂšre un fablier illustrĂ© par Benjamin Rabier. ImmĂ©diatement, je trouvais les dessins si beaux que j’en dĂ©coupais quelques-uns probablement pour remplacer les images que je ne recevais pas Ă  l’école
 Certains frĂšres et sƓur, fascinĂ©s par ces belles illustrations firent de mĂȘme. Autant vous dire qu’en deux heures, nous avions saccagĂ© le beau livre, Ă©dition originale de 1906 ! Bon, ce fut un drame familial, nous avons Ă©tĂ© grondĂ©s puis tout cela est tombĂ© dans l’oubli. Je ne peux mĂȘme pas vous dire si nous avions gardĂ© nos dĂ©coupages !

Mais si j’avais Ă©tĂ© fascinĂ© par le travail de Benjamin Rabier, je n’avais pas Ă©tĂ© le premier. HergĂ© raconte comment lui aussi avait Ă©tĂ© marquĂ© par ces dessins :

« Car ces dessins Ă©taient simples. TrĂšs simples, mais robustes, frais, joyeux et d’une lisibilitĂ© parfaite. En quelques traits bien charpentĂ©s, tout Ă©tait dit : le dĂ©cor Ă©tait indiquĂ©, les acteurs en place, la comĂ©die pouvait commencer. Les coloris, eux aussi, m’enchantaient. C’étaient des aplats de couleurs, sans aucun dĂ©gradĂ©, des couleurs franches, lumineuses, nettement dĂ©limitĂ©es par un trait Ă©nergique et fermĂ©. C’est ainsi que Benjamin Rabier est devenu, Ă  mes yeux, un maitre ! »

Tout est dit et on peut affirmer que l’illustration selon Rabier est un modĂšle prĂ©curseur du rĂ©cit en bande dessinĂ©e. Prenez le temps de regarder, par exemple, son travail sur La cigale et la fourmi et vous allez comprendre sans difficultĂ©. Sept dessins pour vingt-deux vers et vous allez mĂȘme finir par voir bouger la fourmi !

Je ne peux donc que vous encourager Ă  rechercher ce fac-simile que l’on trouve encore et de profiter du talent fou de cet illustrateur dont on peut lire encore les albums des aventures du canard GĂ©dĂ©on. J’aime beaucoup ce canard et je crois avoir rĂ©ussi Ă  persuader deux de mes petits-enfants de les lire dont un parle mĂȘme de « Mon canard » tant il l’aime bien !

TrĂšs bonne lecture en compagnie de Jean de La Fontaine et de Benjamin Rabier !

Shelton
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08/07/2025 @ 07:17:22
L’étĂ© c’est fait pour lire et la lecture a de nombreuses missions ou fonctions allant de la simple information Ă  l’esthĂ©tique pure en passant par l’occupation du temps jusqu’à la comprĂ©hension ultime et existentielle de notre monde, de notre vie
 L’album de bande dessinĂ©e que je vous propose aujourd’hui est Ă  la fois une aventure humaine, que dis-je, une double aventure humaine, celle de deux victimes d’AVC, Elise et Louis, mais c’est aussi la description trĂšs prĂ©cise de tous ceux qui Ɠuvrent autour de ces malades, mĂ©decins, infirmiĂšres, ergothĂ©rapeutes, kinĂ©s et autres
 sans oublier les aides-soignantes ; enfin, c’est la vie quotidienne des familles, amis et proches des victimes car, eux aussi, ne les oublions pas, sont des victimes et des acteurs de la reconstruction, Ă  commencer par les parents.

Une bande dessinĂ©e est avant tout un livre qui raconte une histoire avec du texte et du dessin. Ici c’est le travail de CĂ©line ThĂ©raulaz et il faut la mettre en avant car elle a su, dans un premier temps, capter les forces du tĂ©moignage/rĂ©cit d’Elise et Louis, comprendre comment les prĂ©senter sans tomber dans le pathos le plus lourd ou rester dans un descriptif anatomique sans Ă©motion, puis pour clore, trouver le moyen d’imbriquer les deux aventures humaines de façon pertinente et agrĂ©able Ă  lire. Un trĂšs beau travail construit avec finesse et humanisme !

Ce rĂ©cit commence donc par deux AVC, accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, l’un en 2017 pour Elise, l’autre en 2015 pour Louis. Mais dans les deux cas nous sommes en prĂ©sence de jeunes (27 ans et 24 ans), de jeunes actifs en fin d’études et en bonne santĂ© apparente
 L’AVC vient foudroyer une vie en bonne voie et il va falloir se reconstruire car plus rien ne sera identique Ă  la vie « d’avant ».

Si le sous-titre de l’album est « avancer et se reconstruire Ă  deux aprĂšs un AVC », reconnaissons que la reconstruction est largement collaborative avec les diffĂ©rents soignants dont certains sont trĂšs attentifs, humains et d’une valeur mĂ©dicale au top. Tout cela n’en demeure pas moins une longue pĂ©riode d’efforts, lente, dĂ©licate, difficile, avec des rechutes
 C’est lĂ  qu’ĂȘtre deux vient consolider le travail entrepris seul.

J’ai d’abord lu une premiĂšre fois cet album comme une aventure humaine, comme la vie d’Elise et Louis et j’ai Ă©tĂ© sĂ©duit par la narration graphique de CĂ©line ThĂ©raulaz. Puis, j’ai relu la bĂ©dĂ© pour prendre en compte tous les aspects informatifs que j’avais trop nĂ©gligĂ©s la premiĂšre fois. C’est rĂ©ellement passionnant, prĂ©cis, complet. On y traite de l’AVC, des soins intensifs, de la rééducation, de la convalescence, du retour Ă  la vie « normale ». D’ailleurs, la bande dessinĂ©e traite de la normalitĂ©, une vĂ©ritable question souvent oubliĂ©e
 Qu’est-ce qu’ĂȘtre normal ? Suis-je assez normal pour ĂȘtre en couple ? Pour ĂȘtre parent ?

Que l’on soit victime, proche d’une victime, parent ou pas, ce livre parle Ă  tous car il s’adresse Ă  notre humanitĂ©. C’est pour cela que je ne peux que vous en conseiller la lecture et, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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09/07/2025 @ 07:29:57
J'ai été surpris de recevoir plusieurs messages liés à la chronique sur cette bande dessinée AVC de personnes victimes d'AVC ou proches de victimes. Oui, comme je le disais, cette BD est indispensable pour que nous comprenions mieux cette maladie...

Shelton
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09/07/2025 @ 07:30:49
L’étĂ© c’est fait pour lire et vous avez constatĂ© qu’aprĂšs avoir visitĂ© la maison de Balzac Ă  Paris j’ai dĂ©cidĂ© de donner cette annĂ©e un peu de place Ă  ce grand romancier. J’ai pris le temps de relire certains titres de la ComĂ©die humaine et je suis heureux de constater que depuis la premiĂšre chronique estivale balzacienne, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  trois Ă  avoir annoncĂ© publiquement l’envie et l’intention de lire un roman de Balzac. Cela me rend heureux, je vous l’avoue
 L’objectif est atteint et je vais continuer Ă  enfoncer le clou
 Sait-on jamais !

La ComĂ©die humaine est un grand ensemble romanesque, avec certains personnages rĂ©currents, et on peut mĂȘme affirmer qu’il s’agit d’une magnifique fresque de l’humanitĂ©. On peut mĂȘme ĂȘtre parfois surpris d’une telle densitĂ© d’écriture car cela fait au total environ quatre-vingt-dix livres en vingt et un an ! Certes, tous ne sont pas Ă©normes, mais quand mĂȘme
 Dans la maison Balzac, il y a entre autres, une prĂ©sentation en gravure de nombreux personnages de ces romans et c’est lĂ  que l’on mesure qu’il y a encore beaucoup Ă  lire et dĂ©couvrir
 Moi, quand j’eus terminĂ© la visite avec une excellente guide-confĂ©renciĂšre, je n’avais qu’une seule hĂąte, passer par la librairie du musĂ©e.

Alors, comme la ComĂ©die humaine est dĂ©jĂ  dans ma bibliothĂšque, je me suis concentrĂ© surtout sur les livres d’accompagnement, d’explications, sur les biographies
 Et le choix Ă©tait immense ! C’est alors que, picorant ici et lĂ  dans les quatriĂšmes de couverture, je suis tombĂ© sur ces mots : « Parce qu’il a rĂ©ussi sa vie en passant son temps Ă  la rater, Balzac est mon frĂšre ». Coup de foudre immĂ©diat, c’est ce livre qu’il me fallait


Il s’agit d’un texte sans aucune prĂ©tention universitaire de Titiou Lecoq, fĂ©ministe, romanciĂšre et essayiste. A sa sortie, en 2019, je n’avais pas prĂȘtĂ© attention Ă  cet ouvrage, mais maintenant je voulais absolument voir comment elle allait traiter son sujet, ce brave HonorĂ©. Le titre intriguait aussi : HonorĂ© et moi. Parlerait-elle plus de Balzac ou d’elle ? Donnerait-elle envie de se replonger dans certains romans ? Bref, un livre Ă©nigme que j’avais envie de dĂ©vorer
 et grand bien m’en prit !

DĂšs le soir mĂȘme je plongeais sans retenue dans ce texte que je quittais quelques heures plus tard Ă  la derniĂšre page. Passionnant, diffĂ©rent de ce que j’avais dĂ©jĂ  lu sur ce romancier et un texte qui ne commettait pas l’erreur de transformer HonorĂ© en contemporain tout en montrant chez lui des aspects trĂšs modernes et mĂȘme parfois en avance sur son temps
 Non, Balzac ne fut pas fĂ©ministe mais, par exemple, il parle sans hĂ©siter du viol au sein du couple, une notion bien peu partagĂ©e de son temps
 Bien sĂ»r, elle ne parle pas que de cet aspect


Le plus important c’est de suivre Titiou prendre plaisir Ă  lire Balzac, Ă  le suivre dans ses difficultĂ©s, dans ses excĂšs mais toujours en mesurant qu’ouvrir un texte de la ComĂ©die humaine c’est entrer dans une histoire que Balzac prend plaisir Ă  nous raconter
 Et comme l’étĂ© c’est fait pour lire profitons de ce bonheur !

Shelton
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10/07/2025 @ 07:14:32
L’étĂ© c’est fait pour lire et je classe dans la catĂ©gorie estivale de nombreux romans policiers dont certains, je le dis souvent, sont avant tout des romans. Donc, aujourd’hui, ce sera « Trois Ă©toiles et un meurtre » de Peter May.

Je me souviens de ma premiĂšre rencontre avec ce romancier Ă©cossais, rĂ©sidant en France et devenu citoyen de notre pays il y a huit ans. C’était au Salon du livre de Paris – du temps oĂč il y en avait un, bien sĂ»r – et il Ă©tait sur le stand du Rouergue pour prĂ©senter sa trilogie Ă©cossaise. Je ne le connaissais pas et aprĂšs avoir parlĂ© avec lui un quart d’heure je suis reparti avec son livre que j’avais adorĂ©. Du coup, trouvant ce roman un peu par hasard, j’ai dĂ©cidĂ© de poursuivre l’expĂ©rience.

InconvĂ©nient, mineur j’en conviens, ce roman est le cinquiĂšme d’une sĂ©rie, Assassins sans visages. Je dis mineur car les sept romans sont sept histoires criminelles diffĂ©rentes n’ayant aucun lien entre elles. C’est quand mĂȘme mieux de les lire dans l’ordre car la vie du personnage central, Enzo MacLeod, en devient plus cohĂ©rente. NĂ©anmoins, l’ayant lue dans cet ordre-lĂ , je vous parlerai de cette sĂ©rie en commençant par ce volume et nous reviendrons au premier tome dĂšs que possible !

Le thĂšme gĂ©nĂ©ral est simple et il est bien rappelĂ© dĂšs le dĂ©but du roman : Enzo MacLeod, mĂ©decin lĂ©giste Ă©cossais venu s’installer en France pour une histoire d’amour, est devenu enseignant universitaire et, un soir, aprĂšs avoir un peu trop bu en bonne compagnie, fait le pari de trouver les sept assassins inconnus de sept crimes dĂ©crit par un journaliste français. LĂ  oĂč gendarmerie et police avait Ă©chouĂ©, il rĂ©ussirait !

Dans ce roman, le chef Ă©toilĂ© Marc Fraysse, le mĂ©diatique grand chef de « Chez Fraysse » a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort et on n’a jamais compris ce qui s’était passĂ©. Sept ans aprĂšs les faits, Enzo se rend sur place et mĂšne l’enquĂȘte. Il est aidĂ© par une gendarme, celle qui a Ă©tĂ© sur place la premiĂšre, qui a menĂ© les premiers interrogatoires... Cette enquĂȘte Ă©tait un peu son Ă©chec personnel et elle souhaiterait autant que cela se termine par la rĂ©vĂ©lation de la vĂ©ritĂ©. Mais les diffĂ©rents protagonistes n’en ont peut-ĂȘtre pas trop envie
 La femme de Marc, la maitresse de Marc, le frĂšre de Marc


Alors, vous ne serez pas Ă©tonnĂ©s d’apprendre que dans ce roman on mange bien, on y boit bien et pour le reste vous dĂ©couvrirez tout cela en le lisant. J’aime beaucoup les constructions romanesques de Peter May, sa façon de dĂ©velopper ses personnages, de leur donner de l’importance mĂȘme quand il s’agit objectivement d’acteurs secondaires mis en place pour une fausse piste
 Pour moi, ce sont avant tout, ce « Trois Ă©toile et un meurtre » en particulier, des romans agrĂ©ables Ă  lire, parfaitement adaptĂ©s Ă  des lectures de vacances et j’ai bien l’intention de lire la sĂ©rie entiĂšre cet Ă©tĂ©, en suivant l’ordre de prĂ©fĂ©rence


N’hĂ©sitez pas Ă  vous laissez tenter et bonne lecture !

Shelton
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11/07/2025 @ 07:33:19
L’étĂ© c’est fait pour lire et dans l’actualitĂ© des livres – cela vous aura peut-ĂȘtre Ă©chappĂ© – il y a eu une sacrĂ©e nouveautĂ© courant mai 2025 : l’album La PlĂ©iade de l’annĂ©e a Ă©tĂ© consacrĂ© Ă  un hĂ©ros, Sherlock Holmes. On pourrait mĂȘme complĂ©ter cette information en prĂ©cisant que cet Ă©vĂšnement a Ă©tĂ© accompagnĂ© par la parution des aventures (certains diront enquĂȘtes) complĂštes de Sherlock Holmes en deux volumes. Alors, reprenons cela tranquillement si vous le voulez bien


Depuis que cette collection La PlĂ©iade existe les romans policiers n’étaient que fort peu nombreux Ă  y avoir trouvĂ© une place. Il faut dire que l’on avait l’habitude de trouver lĂ  les grands classiques de la littĂ©rature – citons quelques titres comme Pascal, Zola, Balzac, Proust, Beauvoir, Sand ou Colette – et il n’y avait eu que quelques exceptions comme des nouvelles d’Allan Edgar Poe. Cette fois-ci, place au premier des grands dĂ©tectives Sherlock Holmes. Quant aux albums qui sortent Ă  la cadence d’un par an depuis mai 1962, ils se consacraient entiĂšrement Ă  un auteur et le premier Ă©tait sur HonorĂ© de Balzac. Une premiĂšre exception Ă©tait survenue l’annĂ©e 2023 avec le premier auteur qui se voyait deux fois Ă  l’honneur, CĂ©line et c’était Ă  l’occasion de la publication de ses inĂ©dits
 Cette fois-ci, c’est un hĂ©ros qui fait son apparition dans cette illustre - pour ne pas dire plus – collection des albums !

Pour certains, c’est inadmissible car il y avait encore de nombreux auteurs qui auraient pu ĂȘtre mis en avant, pour d’autres, c’est la reconnaissance d’une littĂ©rature policiĂšre de qualitĂ© car les romans d’Arthur Conan Doyle ne sont pas simplement des romans policiers mais bien des romans, tout simplement ! Je laisserai chacun se faire son opinion mais cet Ă©vĂšnement ouvre de nouvelles perspectives Ă©ditoriales et on peut imaginer, qui sait, un album Poirot ou ArsĂšne Lupin dans les prochaines annĂ©es


Quand on dit « album consacrĂ© Ă  un hĂ©ros », prĂ©cisons bien que Baudouin Millet, l’auteur, trace le rĂ©cit complexe des relations entre un auteur et son hĂ©ros. D’ailleurs, il avait voulu le faire disparaitre mais il a Ă©chouĂ© devant la rĂ©sistance forte des lecteurs. Souvent, on sourit du fait que certains hĂ©ros Ă©chappent Ă  leurs romanciers, rarement on mesure la force, le poids et la volontĂ© des lecteurs
 Il y a encore de belles Ă©tudes et recherches Ă  mener !

MĂȘme si le lecteur holmĂ©sien n’apprendra pas Ă  chaque page, je pense qu’il apprĂ©ciera l’iconographie exceptionnelle de cet album, la tendresse de Baudouin pour son personnage et son auteur, son humour et sa lĂ©gĂšretĂ© parfois car il ne s’agit bien que de littĂ©rature, enfin cela le replongera dans ses lectures d’adolescence comme ce fut le cas pour moi


Alors, bonne lecture Ă  toutes et tous !

Shelton
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12/07/2025 @ 08:17:14
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi l’occasion de revenir sur un Ă©vĂšnement vĂ©cu durant l’annĂ©e. En effet, souvent le temps nous manque et on ne peut pas mĂ©diter ou approfondir ce que l’on vit. Pourtant, c’est essentiel pour apprendre, grandir, affermir nos idĂ©es, prendre des dĂ©cisions importantes
 Par exemple, cette annĂ©e, je parle de l’annĂ©e scolaire (universitaire ou professionnelle, Ă  votre choix), nous avons Ă©tĂ© beaucoup Ă  assister Ă  un spectacle hors normes Ă  l’Espace des arts de Chalon-sur-SaĂŽne, un podcast sur scĂšne, avec en meneur de revue (en quelque sorte), un certain Philippe Collin. Il s’agissait en un aprĂšs-midi (et une soirĂ©e) de revivre en compagnie de LĂ©on Blum, une vie entiĂšre, que dis-je, « Une vie hĂ©roĂŻque ».

Alors, me direz-vous, pourquoi revenir sur le sujet ? Il y a Ă  cette question, plusieurs rĂ©ponses et qui sont en lien avec cette chronique estivale. Tout d’abord, les deux premiĂšres concernent la lecture
 En effet, Philippe Collin a Ă©crit un ouvrage trĂšs accessible, pĂ©dagogique et trĂšs vivant, qui retrace la vie de Blum en suivant le plan de son podcast, de son spectacle
 Pour tous ceux qui Ă©taient lĂ  dans la salle, ce sera une sorte de rĂ©vision, d’approfondissement et de rĂ©veil des souvenirs, une façon de prolonger cette admirable journĂ©e
 Avec cette phrase qui a rĂ©sonnĂ© plusieurs fois dans l’Espace des arts : « Il y a quelque chose qui ne me manquera jamais, c’est la rĂ©solution, c’est le courage, et c’est la fidĂ©litĂ©. » On peut prĂ©ciser aussi que le texte est accompagnĂ© d’une illustration photographique de trĂšs grande qualitĂ© et d’une richesse incroyable !

Mais, comme certains semblent toujours inquiets devant un travail journalistique et mĂ©diatique, il est utile d’ouvrir au prolongement de la rĂ©flexion par d’autres lectures, comme l’étĂ© c’est fait pour lire
 Trois volumes sont venus, pour moi, complĂ©ter ma connaissance du personnage. Tout d’abord, la biographie de Serge Berstein, LĂ©on Blum. Il s’agit d’un ouvrage trĂšs complet, peut-ĂȘtre un peu volumineux pour certains (presque 800 pages au total) et dont l’accĂšs est Ă  mon avis rĂ©servĂ© aux passionnĂ©s d’histoire (mais pas que
).

Deux livres plus accessibles, par la taille et le fond, sont Ă  mettre sur votre liste estivale si vous voulez approfondir vos connaissances sur Blum : « Les 40 jours de Blum » de Jean-Michel Gaillard, un bel ouvrage de synthĂšse sur la pĂ©riode qui va suivre le rĂ©sultat des Ă©lections de 1936 et le vote de la chambre comme prĂ©sident du conseil. Une pĂ©riode fascinante de discussion, nĂ©gociation, engagements
 bref, ce qui aujourd’hui semble impossible en France ! Le second ouvrage est le portrait de Blum par FrĂ©dĂ©ric Salat-Baroux, Blum le magnifique, un ouvrage qui permet d’entrer en contact avec l’homme qu’il fut ! Un livre trĂšs bien Ă©crit et idĂ©al pour l’été 

Enfin, il ne vous restera plus qu’à visiter la derniĂšre maison de LĂ©on Blum, Ă  Jouy-en-Josas, afin d’ĂȘtre en contact avec sa vie humaine, sa bibliothĂšque, l’espace oĂč il a fini sa vie en compagnie de son Ă©pouse Jeanne


TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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13/07/2025 @ 08:09:11
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’avoue que lorsque j’ai lu le titre de ce livre, 3 minutes pour comprendre les 50 plus grandes thĂ©ories scientifiques, je me suis dit ce livre est pour la chronique estivale Qui n’a jamais imaginĂ© comprendre ces grandes thĂ©ories dont on parle souvent sans bien comprendre l’objet mĂȘme de la rĂ©flexion ? Qui n’a jamais pensĂ© que les mots scientifiques pourraient bien dĂ©finir la rĂ©alitĂ© de nos vies ? Seulement, voilĂ , il nous manque des clefs


DĂ©crivons donc les grands principes de base de cet ouvrage. Cinquante thĂ©ories scientifiques prĂ©sentĂ©es Ă  chaque fois sur une double page. Temps de lecture estimĂ© Ă  3 minutes. C’est clairement une moyenne, on a le droit de lire Ă  sa vitesse sans stress, on a la possibilitĂ© de chercher un mot dans le dictionnaire (oui, les dictionnaires existent encore et sont souvent trĂšs pratiques !) 
 Disons que pour certaines thĂ©ories, il n’est pas inutile d’aller en lire une autre qui donne un bon Ă©clairage
 Donc, parfois, on veut une thĂ©orie et il faut un bon quart d’heure de lecture pour percevoir le sens de la chose


Le plan est toujours le mĂȘme : la thĂ©orie expliquĂ©e, un condensĂ©, une rĂ©flexion, une bibliographie, les thĂ©ories associĂ©es et une illustration schĂ©matique. Autant vous dire que vous n’allez pas basculer instantanĂ©ment dans l’expertise, non, vous allez juste comprendre l’objectif avouĂ© de cette thĂ©orie et c’est dĂ©jĂ  bien ! Paul Parsons est un vĂ©ritable scientifique, spĂ©cialiste du cosmos, et il rĂ©alise ce qui nous manque beaucoup de nos jours, Ă  savoir une belle synthĂšse claire et prĂ©cise. En d’autres termes, ce livre est une vulgarisation !

A ce stade, il ne me restait plus qu’à tester et j’ai choisi la thĂ©orie du rĂ©chauffement climatique. Il parait que c’est d’actualité 

D’abord, le temps imparti est bien respectĂ© et on y apprend la rĂ©alitĂ© des variations de tempĂ©rature en 4.6 milliards d’annĂ©es. Plus surprenant, on dĂ©couvre que Svante Arrhenius (1859-1927) avait montrĂ© en son temps que l’augmentation des rejets de carbone dans l’atmosphĂšre, liĂ©s aux activitĂ©s humaines, aboutissait Ă  une hausse de tempĂ©rature. Si on doublait le CO2 rejetĂ©, on pourrait aller Ă  une hausse de 4°C. Cette hausse pourrait devenir rĂ©alitĂ© en 2100 ! Mais il faut complĂ©ter les Ă©lĂ©ments thĂ©oriques Ă  la lumiĂšre des faits qui se sont dĂ©roulĂ©s depuis quelques annĂ©es : fonte des glaces, Ă©lĂ©vation de la tempĂ©rature des mers et de leur niveau, augmentation des activitĂ©s gĂ©ologiques comme Ă©ruptions volcaniques, tremblements de terre et autres glissements de terrain sans oublier les sĂ©cheresses qui se multiplient.

On peut complĂ©ter cette thĂ©orie par deux autres : la Terre boule de neige et le Catastrophisme. Je prĂ©cise que l’on ne trouvera pas dans ce livre de taille modeste les solutions aux problĂšmes planĂ©taires (faut quand mĂȘme pas rĂȘver !) mais cela fait du bien de comprendre un peu mieux les enjeux scientifiques climatiques
 mais il faudrait agir un peu plus, ce qui est une « thĂ©orie politique » si je ne m’abuse !

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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14/07/2025 @ 10:05:20
L’étĂ© c’est fait pour lire et il est important, pour ne pas dire essentiel, de fournir aux plus jeunes de la lecture de qualitĂ©. J’ai entendu que deux ministres avaient dĂ©cidĂ© de crĂ©er une dynamique estivale Ă  la lecture des enfants et adolescents, je ne peux que partager cette envie mais je sais, par expĂ©rience personnelle d’ancien jeune, puis de pĂšre et de grand-pĂšre, que pour donner le bonheur de la lecture Ă  un jeune lecteur, il faut lui offrir un ouvrage de qualitĂ©. Une traduction moyenne d’un roman Ă©tranger sans profondeur, ne peut qu’échouer sous le lit sans avoir Ă©tĂ© terminĂ©e.

Le choix d’un album pour enfant est trĂšs dĂ©licat. Si l’adulte prescripteur – parent, professeur ou bibliothĂ©caire – ne prend en compte que ses propres goĂ»ts, il y a peu de chance que cela fonctionne. Il faut laisser l’enfant prendre le livre en main et rĂ©agir, et Ă  partir de lĂ , cela peut fonctionner. J’ai longtemps accompagnĂ© des enfants de grande section dans la lecture d’albums illustrĂ©s et j’ai souvent Ă©tĂ© trĂšs surpris de la qualitĂ© de leur regard, de leur rĂ©action, de leur lecture
 Je me souviens d’un album de Fred Bernard et François Roca, JĂ©sus Betz. C’était un livre assez difficile d’accĂšs et il faisait partie d’une sĂ©lection imposĂ©e. Ce sont les dessins de François qui ont poussĂ© les enfants dans l’histoire et les mots de Fred sont devenus rapidement comme une Ă©vidence, comme incontournables dans cette histoire. Ce fut une belle rĂ©ussite mais il a fallu laisser un espace de libertĂ© aux jeunes lecteurs pour qu’ils rentrent en contact avec les personnages. On s’est aperçu alors que les enfants pouvaient intĂ©grer des histoires complexes, lourdes, difficiles
 Bravo !

Du coup, pour complĂ©ter cette entrĂ©e en matiĂšre, j’ai pensĂ© Ă  ce magnifique album des mĂȘmes auteurs, Le pompier de Lilliputia. AprĂšs tout, les pompiers sont trop souvent les hĂ©ros malgrĂ© eux de cette pĂ©riode estivale et le hĂ©ros est bien un pompier de New York. Certes, un pompier de petite taille et qui souffre depuis sa jeunesse de cette diffĂ©rence
 Mais le petit hĂ©ros saura un jour montrer ses qualitĂ©s humaines et de pompier, bien sĂ»r. Son pĂšre, le maire de la ville finira par le regarder autrement que comme un « petit » 


C’est une trĂšs belle histoire, profondĂ©ment humaine et inspirĂ©e d’une rĂ©alitĂ©, l’existence d’un quartier de New York rĂ©servĂ© aux gens de petite taille
 Les mots de Fred Bernard, Ă©crivain originaire de Bourgogne, sont totalement adaptĂ©s Ă  la lecture de chacun. C’est-Ă -dire que selon l’ñge, y compris pour les adultes, chaque lecteur trouvera lĂ  une histoire qui lui convient et cela permettra, j’en suis certain, d’ouvrir de trĂšs belles discussions estivales en familles et entre amis
 Lire c’est bien, partager ses impressions de lectures, c’est encore mieux !

Ce peut ĂȘtre aussi l’occasion de lire ou relire de nombreux albums de ce duo d’auteurs de grande qualitĂ© et je pense Ă  des albums comme La comĂ©die des Ogres, L’Indien de la tour Eiffel ou Soleil noir !

Alors, bonne lecture !

Shelton
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15/07/2025 @ 07:53:59
L’étĂ© c’est fait pour lire et la bande dessinĂ©e est mise rĂ©guliĂšrement Ă  l’honneur dans cette chronique car c’est une lecture comme une autre, car c’est une lecture finalement assez complexe car obligeant Ă  une double lecture, texte et image, enfin, parce que j’aime passionnĂ©ment cet art narratif !

Une histoire en trois volumes de Jean-Charles Gaudin et Steven Lejeune a retenu mon attention car elle a le mĂ©rite de pouvoir ĂȘtre lue Ă  plusieurs niveaux : une saga familiale qui englobe la Seconde Guerre mondiale ; une bande dessinĂ©e qui parle de la VendĂ©e et il n’y en a pas tant que cela ; un album qui parle, parfois avec de nombreux dĂ©tails, de la boulangerie. Enfin, osons le dire, une excellente bande dessinĂ©e tant par le texte que par le dessin. La narration graphique est trĂšs bien construite, efficace, agrĂ©able Ă  lire, mĂȘme quand elle se fait quelque peu bavarde


J’avoue que je n’ai pas citĂ© le point fort spĂ©cifique qu’il ne faut pas oublier – dĂ©solĂ© si cela vous donne un peu faim et que le prochain repas est encore Ă©loignĂ© – la brioche ! En effet, il sera question de cette brioche vendĂ©enne, de son goĂ»t, de sa recette, du tour de main de celui qui l’élabore
 Bref, au prochain petit-dĂ©jeuner, il vous faudra peut-ĂȘtre en prĂ©voir
 AprĂšs tout, il faut parfois se laisser aller avec raison et modĂ©ration, mais sans oublier un peu de plaisir gustatif !

L’histoire tient en peu de place : une famille vient s’installer dans un bourg, Saint-Jean, pour y installer une boulangerie. Bien sĂ»r, il y en avait dĂ©jĂ  une et donc on est dans un premier temps dans la concurrence totale, sĂšche et presque violente. Qui fait le meilleur pain ? Qui a les bonnes viennoiseries ? Qui a le plus de clients ?

Cette compĂ©tition va connaĂźtre une autre face plus rude quand les Allemands occuperont la rĂ©gion pour construire leur mur de l’Atlantique. Il y aura alors de nouvelles lectures qui s’imposeront avec dĂ©part des hommes pour la guerre, femmes devant faire tourner les boulangeries, enfants devenant adultes trop vite, marchĂ© noir, relations avec l’ennemi, premiĂšres amours, RĂ©sistance, LibĂ©ration


Puis, il faudra affronter une nouvelle pĂ©riode avec l’extension des entreprises (rachats, conquĂȘte des marchĂ©s, exportation hors de VendĂ©e de la fameuse brioche
) et des familles (mariages, grossesses, divorces et maitresses et amants) sans oublier les incontournables enterrements qui viennent rythmer la vie humaine.

Cette bande dessinĂ©e est une bonne lecture de pĂ©riode estivale et elle est mĂȘme incontournable si vous allez visiter la VendĂ©e, si vous aimez les sagas familiales ou si vous avec prĂ©vu une bonne brioche vendĂ©enne demain matin !

TrÚs bonne lecture et bonne dégustation !

Shelton
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16/07/2025 @ 08:06:39
L’étĂ© c’est fait pour lire et je ne vais pas oublier mon fil conducteur estival et balzacien. On a ouvert cette ComĂ©die humaine, avec dĂ©lectation pour ma part, et je voulais aujourd’hui aller plus en avant dans la connaissance d’HonorĂ© de Balzac ! Pour cela, nous allons ouvrir ensemble quelques biographies consacrĂ©es au crĂ©ateur de la ComĂ©die humaine


La premiĂšre constatation est de dĂ©couvrir le nombre incroyable de livres qui ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  Balzac. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que tous les agrĂ©gĂ©s de lettres et autres docteurs en littĂ©rature ont voulu signer un ouvrage sur Balzac mais on n’en est pas loin
 Quand ils n’ont pas trouvĂ© un Ă©diteur, ils se sont rabattus sur les introductions et autres appareils critiques des versions mises Ă  la disposition des Ă©lĂšves et Ă©tudiants
 D’ailleurs, j’ai Ă©tĂ© surpris de dĂ©couvrir qu’il existait des romans de Balzac prĂ©sentĂ©s et introduits par Maurice BardĂšche. Ce dernier est certes spĂ©cialiste de Balzac (thĂšse en 1940) mais il est aussi un dĂ©fenseur acharnĂ© du fascisme dont il s’est revendiquĂ© jusqu’à sa mort (1998) et promoteur du nĂ©gationnisme. On aurait pu Ă©viter de le mettre Ă  l’honneur
 Non ?

Revenons aux biographes de Balzac frĂ©quentables, et comment ne pas commencer par Roger Pierrot. Ce bibliothĂ©caire a consacrĂ© une partie de sa vie Ă  la correspondance de Balzac dont il est devenu l’expert et Ă©diteur. On n’est donc pas surpris que sa biographie magistrale soit basĂ©e sur les lettres avant tout et pas sur des interprĂ©tations plus ou moins douteuses ou subjectives des Ɠuvres. Son ouvrage est donc devenu une rĂ©fĂ©rence absolue dans le domaine pour suivre Balzac jour aprĂšs jour et ainsi comprendre la genĂšse de ses romans, sa vie affectives et ses problĂšmes financiers


Le second grand biographe de Balzac est, pour moi, Pierre Sipriot. C’était un journaliste et homme de radio et il est connu comme spĂ©cialiste d’Henri de Montherlant en tout premier lieu. NĂ©anmoins, son Balzac sans masque, paru en 1992, reste pour moi un ouvrage trĂšs intĂ©ressant et pertinent. Je serais tentĂ© d’affirmer que c’est une biographie qui se lit comme un roman et que la vie de Balzac a certains aspects romanesques. Il n’en demeure pas moins que Pierre Sipriot arrive Ă  mĂȘler de façon assez agrĂ©able les faits biographiques, les Ă©lĂ©ments bibliographiques et des remarques sur le fond des Ɠuvres de la ComĂ©die humaine. On pourrait clore cette chronique par cette citation de Sipriot :

« Au-delĂ  d’une utilisation partisane, il incite l’humanitĂ© Ă  se dĂ©velopper par la toute puissance de sa force morale, par la somme du savoir et l’expĂ©rience dont dispose l’époque oĂč nous vivons. En ce sens, Balzac est, comme il l’a dit, du parti de la RĂ©volution qui est celui de la vie ! »

Bonne lecture !

Shelton
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17/07/2025 @ 07:38:44
L’étĂ© c’est fait pour lire et si, au dĂ©but de cette sĂ©rie de chroniques, je pensais lire uniquement un polar de Peter May, Trois Ă©toiles et un meurtre, me voilĂ  dans une nouvelle situation, celle de lire une sĂ©rie de sept romans, Assassins sans visages. Je vais donc vous parler aujourd’hui du premier roman, celui par lequel j’aurais dĂ» commencer, Le mort aux quatre tombeaux.

On commence donc trĂšs rapidement par faire connaissance avec Enzo MacLeod, un mĂ©decin lĂ©giste Ă©cossais qui par amour est venu s’installer en France. Il a laissĂ© en Ecosse une premiĂšre Ă©pouse et une fille et comme ses diplĂŽmes d’Ecosse ne peuvent pas ĂȘtre reconnus en France, il a aussi abandonnĂ© son mĂ©tier. Il est donc devenu un enseignant universitaire Ă  Toulouse et il vit Ă  Cahors. Pour ce qui est de sa « nouvelle vie » familiale, on pourrait rĂ©sumer en disant : une femme qui meurt en donnant naissance Ă  une fille, un veuvage depuis une vingtaine d’annĂ©e, un papa trĂšs (trop) protecteur de sa fille qui a grandi sans qu’il s’en rende complĂštement compte


Par ailleurs, un journaliste français a Ă©crit un ouvrage oĂč il parle de quelques meurtres dont on ne connait pas encore les coupables, parfois d’ailleurs il s’agit aussi de disparition mystĂ©rieuse comme avec Jacques Gaillard, l’objet mĂȘme de ce premier roman de la sĂ©rie. Car Enzo MacLeod, un soir d’abus de vin de qualitĂ©, s’est lancĂ© dans un pari-dĂ©fi : rĂ©soudre les sept cas prĂ©sentĂ©s dans le roman. Une façon de prouver que ses connaissances lĂ©gistes et criminelles Ă©taient de qualitĂ© et que l’on aurait bien dĂ» lui faire confiance dĂšs le dĂ©part au lieu de le laisser pourrir Ă  faire quelques cours


Ce premier roman est un roman surprenant car on ne va pas partir avec une Ă©nigme classique, un mort, un ou deux mobiles, quelques suspects, une enquĂȘte qui progresse et quelques fausses pistes
 Non, ici, on part d’une absence de corps, puis on a des progressions surprenantes, des Ă©nigmes qui apparaissent et qui poussent vers d’autres Ă©nigmes
 Quant au corps, je ne vais pas vous en dire plus pour prĂ©server le suspens qui est excellemment bien construit !

L’environnement d’Enzo est des plus complexes car on va parler de sa fille, enfin non, de ses filles et de leurs relations masculines, de certaines femmes qui pourraient bien tenter Enzo mais aussi de leurs ex, de leurs parents dans certains cas, sans oublier prĂ©fet, ministre et autres responsables de la police locale
 Complexe, rĂ©sumĂ© ainsi, mais trĂšs agrĂ©able Ă  lire car toutes les infos viennent au bon moment
 Je prĂ©cise une descente dans les Catacombes de Paris Ă  Ă©viter pour les claustrophobes et autres angoissĂ©s des souterrains !

Un premier roman qui sera suivi de six autres titres et nous en reparlerons donc cet été ! TrÚs bonne lecture !

Shelton
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18/07/2025 @ 07:59:19
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est l’occasion, aussi, de dĂ©couvrir des plumes que l’on ne connaissait pas et qui peuvent sans aucun doute nous surprendre. Par exemple, qui aurait pu imaginer qu’un animateur d’une communautĂ© de 300000 personnes (dites followers si vous voulez paraĂźtre dans le coup) sur les rĂ©seaux sociaux puisse devenir un vĂ©ritable romancier ?

Alexandre Marcel, plus connu sous le nom de « Papa plume », a commencĂ© par parler de la naissance de sa fille, de ses premiers jours et de ses premiĂšres Ă©motions, lui le papa qui dĂ©couvrait jour aprĂšs jour tout ce que signifiait devenir papa. Il dĂ©cide de partager cette expĂ©rience et en fait une sorte de livre journal de qualitĂ©, « Je ne m’attendais pas Ă  ça ! », ouvrage qui lui donne envie d’écrire, de raconter, de vivre autrement
 Un auteur est en train de naitre !

Alors, bien sĂ»r, certains le qualifieront trop vite, sans l’avoir lu, d’auteur de pacotilles, de romans de gare, de livres d’été  Bon, pour ce dernier qualificatif, disons que cela tombe bien puisque l’étĂ© c’est fait pour lire. Pour le reste, cessons toutes remarques subjectives et inutiles, ouvrons ses livres et constatons les rĂ©alitĂ©s. Il Ă©crit bien, c’est plutĂŽt poĂ©tique, agrĂ©able Ă  lire et trĂšs pertinent au niveau humain. Ce n’est peut-ĂȘtre pas de la « grande littĂ©rature » - encore faudrait-il qu’un expert m’explique ce qu’est rĂ©ellement la « grande littĂ©rature » - mais ce sont de trĂšs bons livres Ă  lire cet Ă©tĂ©, le dernier en particulier, Le fil de nos vies.

Quelques Ă©lĂ©ments sans dĂ©truire le fil conducteur pour les futurs lecteurs
 C’est un roman de la transmission. Un jeune homme, un de ces dessinateurs qui n’arrĂȘte jamais de frotter son crayon dans les carnets, retient l’attention d’un cĂ©lĂšbre couturier
 L’avenir sera peut-ĂȘtre Ă  lui


LĂ©o aurait pu prendre la succession paternelle mais il veut tenter sa chance. Sa mĂšre lui voue un amour incroyable et elle a confiance en lui, mĂȘme si elle ne peut pas le dire franchement Ă  son mari. Il y a aussi une amoureuse qui est prise dans un Ă©tau douloureux : elle pense que LĂ©o doit « monter » Ă  Paris et qu’il va rĂ©ussir
 mais le risque est grand de perdre son chĂ©ri


Pour le reste je vous laisserai dĂ©couvrir quel sera le prix Ă  payer pour rĂ©ussir et si LĂ©o acceptera cette facture. Ce n’est peut-ĂȘtre pas un pacte avec le diable, n’exagĂ©rons rien, mais rĂ©ussir et garder ses valeurs et convictions n’est pas toujours si simple et c’est ce qui permet d’obtenir un bon roman
 AprĂšs tout c’est aussi un roman de saison car de nombreux enfants sont sur le point de partir pour la grande ville, pour l’universitĂ©, pour une carriĂšre professionnelle
 et les parents sont inquiets ! « Papa plume » vous raconte un de ces destins


Alors comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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19/07/2025 @ 09:41:30
L’étĂ© c’est fait pour lire et je recherche les livres qui pourraient m’apporter un peu de plaisir, de joie et de bonheur. Alors, comme je suis passionnĂ© d’histoire, j’aime l’étĂ© trouver des livres qui sans me prendre la tĂȘte donnent la possibilitĂ© de survoler une pĂ©riode historique assez longue sous forme synthĂšse et c’est le cas de ce livre de Thierry Ardisson, Les fantĂŽme des Tuileries, paru en 2016.

Alors, bien sĂ»r, il y a ceux qui aimaient et ceux qui dĂ©testaient Ardisson et, pour ceux-lĂ , la lecture de cet ouvrage sera dĂ©licate car marquĂ©e par des partis pris trĂšs forts, trop forts. Pour les autres, il s’agit d’un rĂ©cit accessible Ă  tous qui nous raconte la vie de cinq dauphins qui n’atteindront jamais le trĂŽne
 Des destins brisĂ©s qui parlent de notre Histoire, du XIX° siĂšcle et Ardisson est plutĂŽt bon dans ce rĂŽle de narrateur populaire
 Ces cinq dauphins sont Louis XVII, NapolĂ©on II, Louis-Philippe II, Henri V et NapolĂ©on IV
 Les derniers lĂ©gitimistes du pays seront Ă©nervĂ©s, dĂ©solĂ©s, car il ne s’agit pas que des Bourbons et de leurs descendants
 Pour les autres, ce sera l’occasion de rĂ©viser en quelques pages la RĂ©volution, l’Empire, la Restauration, la Monarchie Bourgeoise, le Second Empire et d’arriver sur la III° RĂ©publique et la fin des illusions du duc de Chambord


Certes, je dois vous prĂ©ciser pour ĂȘtre totalement honnĂȘte avec les futurs lecteurs, que Thierry Ardisson fait preuve d’une certaine clĂ©mence envers ces jeunes « futurs » rois ou empereurs, c’est un peu comme un attachement aux enfants plus qu’aux rĂ©gimes qu’ils reprĂ©sentent. En revanche, dans les faits, il reste trĂšs factuel et prĂ©cis, ce qui permet d’offrir aux lecteurs une synthĂšse de qualitĂ© et chacun mesurera que nous ne connaissons que finalement fort mal ce XIX° siĂšcle politique !

On peut aussi se mettre Ă  regretter que le Palais des Tuilerie ait brĂ»lĂ© et disparu. Les rĂ©volutions, sous toutes les latitudes et dans tous les pays, font disparaitre des richesses archĂ©ologiques et historiques alors que, pourtant, elles appartiennent bien, sans aucun doute, aux peuples mĂȘmes qui les dĂ©truisent !

Il nous reste ce grand jardin des Tuileries pour se promener et se souvenir que Les Tuileries ont Ă©tĂ© le centre nĂ©vralgique de la France plus longtemps que le chĂąteau de Versailles
 Les travaux avaient commencĂ© sous Catherine de MĂ©dicis et ce fut NapolĂ©on III qui en fut le dernier locataire. Quant Ă  nous, il ne nous reste plus qu’à arpenter les jardins des Tuileries, visiter le musĂ©e de l’Orangerie et ses expositions, ou prendre plaisir avec les statues en extĂ©rieur (citons le Baiser de Rodin, la statue Ă©questre de Louis XIV ou Diane dĂ©esse de la chasse
).

Comme quoi un livre de Thierry Ardisson peut nous faire rĂ©viser notre Histoire, nous inviter Ă  nous promener, nous souvenir de cet homme mĂ©diatique et nous faire passer du bon temps ! Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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20/07/2025 @ 10:52:43
L’étĂ© c’est fait pour lire et, comme j’apprĂ©cie beaucoup les enquĂȘtes de Sherlock Holmes, je ne vais pas me priver, surtout en plein Ă©té  Seulement si j’aime lire et relire les histoires de Conan Doyle, sans aucun doute, j’avoue que de temps en temps une bonne nouvelle enquĂȘte « Ă  la maniĂšre de » n’est pas pour me dĂ©plaire. La collection « Cercle de Sherlock Holmes » des Ă©ditions La geste offre trĂšs rĂ©guliĂšrement des Ă©pisodes surprenants se dĂ©roulant en France avec toujours quelques explications pour justifier que Sherlock et Watson soient passĂ©s, un jour, Ă  Poitiers, Nantes ou Paris
 Cette fois-ci, ce sera Ă  Nantes en compagnie de Jules Verne !

J’avoue que ce roman de StĂ©phane Pajot est quand mĂȘme un peu particulier et avant de vous lancer dans la lecture il est bon de bien comprendre qu’il ne s’agit pas essentiellement d’une nouvelle policiĂšre mais bien d’un petit roman contenant trois Ă©lĂ©ments diffĂ©rents et que l’on sera heureux de sa lecture seulement et seulement si les trois parties vous conviennent, sinon, il y aura certainement un peu de frustration


En effet, il y a bien un mystĂšre policier, une enquĂȘte et, aux cĂŽtĂ©s des forces de l’ordre classiques de la ville de Nantes, viennent en renfort notre ami Sherlock Holmes et le docteur Watson. Jusque-lĂ , tout va bien


Mais, dans ce rĂ©cit intervient un autre personnage, Jules Verne, qui, avouons-le ne joue pas un vĂ©ritable rĂŽle dans l’enquĂȘte. Par contre, l’auteur nous donne beaucoup d’élĂ©ments sur la vie de Jules Verne et ses liens avec la ville de Nantes. On aura ainsi la lecture d’un texte de jeunesse assez osé  mais je ne vous en dis pas plus


Enfin, autour de notre affaire policiĂšre, des informations historiques sur Nantes seront distillĂ©es et elles se rĂ©vĂšleront passionnantes, surtout si on aime l’Histoire
 On parlera de la ville et du commerce d’esclaves, des massacres sous la RĂ©volution française, de l’affaire Dreyfus
 ainsi que de la gĂ©ographie de cette ville. Je pense que l’on peut citer dans ces repĂšres historiques les passages sur la biscuiterie Lu
 On pourrait presque dire qu’il s’agit d’une fresque gĂ©nĂ©rale ayant pour hĂ©roĂŻne principale la ville de Nantes !

Donc, vous l’aurez bien compris, c’est le livre idĂ©al pour celui qui cet Ă©tĂ© fera escale Ă  Nantes, qui aime l’Histoire et Sherlock Holmes
 Ou alors, pour le lecteur fou de Sherlock qui a dĂ©cidĂ© de tout lire cet Ă©té  et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, il a certainement bien raison !

On peut aussi dĂ©couvrir dans cette mĂȘme collection de trĂšs bons romans avec Sherlock qui arpente toute la France ou presque


TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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21/07/2025 @ 08:45:52
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’apprĂ©cie lors de mes quelques dĂ©placements estivaux me plonger dans l’Histoire locale ou nationale quand je suis dans un pays Ă©tranger, ce qui ne m’arrive pas si souvent que cela. Cette annĂ©e, j’ai commencĂ© mon Ă©tĂ© par aller passer trois jours en Belgique pour un dĂ©jeuner entre amis
 Donc, petit plongeon dans l’Histoire belge que je ne connaissais que de fort loin
 Je vais donc tenter, non pas de vous initier Ă  cette Histoire nationale car il faudrait plus que deux chroniques pour y arriver, de vous donner envie de dĂ©couvrir les dessous de cette Belgique voisine
 On parle souvent de ses voisins sans les connaitre, il est donc temps de changer de paradigme !

Je vais commencer par l’Histoire de la Belgique moderne et cela ne signifie pas que j’oublierai tous les siĂšcles prĂ©cĂ©dents, en particulier la pĂ©riode celte/gauloise dont nous aurons l’occasion de parler, bien sĂ»r. Il fallait bien se lancer et la date que nous retiendrons est le 25 aoĂ»t 1830. A cette date, la Belgique est incluse dans un royaume, le Royaume uni des Pays-Bas et la famille royale est celle des Orange-Nassau. Cette situation est issue du congrĂšs de Vienne, Ă  la chute de NapolĂ©on 1er. Mais, de toute Ă©vidence, le peuple de Belgique n’apprĂ©cie pas cette situation et presque toutes les tendances politiques souhaitent une union belge indĂ©pendante des Pays-Bas, un mouvement nommĂ© Unionisme. Ce mouvement est renforcĂ© par la RĂ©volution de 1830 en France et il est spĂ©cialement portĂ© par les Catholiques et les LibĂ©raux.

C’est le moment de revenir Ă  cette date du 25 aoĂ»t 1830, premiĂšre de l’opĂ©ra La muette de Portici d’Esprit Auber Ă  Bruxelles. Dans cette Ɠuvre il est question de l’insurrection des Napolitains contre les occupants espagnols. La réécriture de cette pĂ©riode nous dit que les spectateurs en sortant Ă©taient excitĂ©s contre les Pays-Bas et que cela a enflammĂ© la population et provoquĂ© une Ă©meute de quatre jours
 ExagĂ©rĂ© ou pas, ce fut le dĂ©part indiscutable d’une revendication d’indĂ©pendance et de libĂ©ralisme !

Les Hollandais envahissent la ville avec des troupes fraiches qui n’arrivent pas Ă  rĂ©tablir l’ordre malgrĂ© de nouveaux renforts et ils sont obligĂ©s de constater la perte sĂšche de la Belgique, une zone plus grande que le pays d’aujourd’hui. Les Etats europĂ©ens dĂ©cident d’entĂ©riner cette situation Ă  condition de trouver un roi qui satisfasse tous les Etats en particulier les voisins


Finement, la France propose le premier candidat, le duc de Nemours, le fils de nouveau roi des Français Louis-Philippe mais immĂ©diatement le veto anglais ramĂšne les Français Ă  plus de modestie et discrĂ©tion
 C’est finalement LĂ©opold de Saxe-Cobourg-Gotha qui va recueillir l’accord du concert europĂ©en mais nous verrons prochainement comment les dĂ©buts de cette dynastie ne furent pas si simples


Si vous voulez lire des ouvrages sur l’histoire de la Belgique – aprĂšs tout l’étĂ© c’est fait pour lire – je vous conseille en tout premier lieu L’Histoire de la Belgique de Marie-ThĂ©rĂšse Bitsch, une excellente synthĂšse pour s’immerger dans ce rĂ©cit national


TrĂšs bonne lecture !

Patman
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21/07/2025 @ 13:40:29
Une chronique de circonstance en ce 21 juillet...fĂȘte nationale belge !

Shelton
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21/07/2025 @ 14:43:28
Oui, j'avais entendu cela hier aprÚs-midi durant le tour de France... car je ne l'avais pas mémorisé avant !

Shelton
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22/07/2025 @ 07:55:30
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est le moment de prendre le temps de lire et relire des contes, ce format qui a enchantĂ© nos jeunesses
 Un conte est un texte assez mystĂ©rieux en fait, une histoire qui, souvent, vient du fond de notre mĂ©moire collective, qui a pris forme dans des rĂ©cits oraux avant que les mots se soient figĂ©s sur nos feuilles de papier
 Pour nous, les versions des frĂšres Grimm, de Perrault ou d’Andersen habitent notre mĂ©moire mais on a rapidement compris qu’il nous fallait nous approprier ces histoires pour nous construire, grandir, murir
 Et il s’agit d’un mĂ©canisme qui ne cesse jamais, qui ne doit jamais s’arrĂȘter !

Charlotte Melly, autrice qui a vĂ©cu une grande partie de sa jeunesse Ă  Chalon-sur-SaĂŽne, nous livre dans « Sortir du ventre du loup » sa troisiĂšme bande dessinĂ©e ou roman graphique. Au lieu de proposer une nouvelle version du Petit Chaperon Rouge, elle ouvre le champ du « aprĂšs », c’est-Ă -dire la vie du personnage quand il revient dans la vie aprĂšs avoir rencontrĂ© le Loup, aprĂšs ĂȘtre passĂ© dans son ventre


Ce Loup, d’ailleurs qui est-il, que reprĂ©sente-t-il ? Nous savons tous depuis longtemps que le Loup est la figure du mal, de la peur, de la perversion mais
 Ă  chaque Ăąge il prend la forme que nous voulons et c’est bien qu’il ne soit pas trop dĂ©fini car chacun peut y voir son Loup. Certes, un illustrateur comme Gustave DorĂ© nous a guidĂ© dans une dĂ©finition d’ordre sexuel, le loup devenant un prĂ©dateur qui s’intĂ©resse plus au sexe du Chaperon Rouge qu’au reste
 Prenez le temps de regarder son illustration quand il se retrouvent tous les deux dans le lit
 Au moins, c’est clair !

Charlotte Melly ne prĂ©cisera jamais en quoi consiste la rencontre avec le Loup mais posera des images, des mots sur la vie du Petit Chaperon Rouge juste aprĂšs la rencontre. Et comme elle reste dans l’esprit des contes elle permettra Ă  chacune, Ă  chacun, de mettre les mots qui nous concernent. Le Loup sera la source de la peur, un tricheur, un voleur, un harceleur, un violeur avec toutes les nuances de gris ou de noir que vous souhaiterez glisser. Du coup, le livre est accessible Ă  tous ceux qui ont Ă©tĂ© victimes de leur Loup, des plus petits aux plus grands ! Aucune des illustrations ne peut ĂȘtre classĂ©e hors de la comprĂ©hension des lecteurs mĂȘme les plus jeunes.

Un livre qui mettra aussi le doigt sur les rĂ©actions post traumatiques sans tomber dans le mĂ©dical mais en restant poĂ©tique, graphique et esthĂ©tique. Du coup, il pourra aider certains accompagnants – parents, Ă©ducateurs et enseignants – Ă  dĂ©couvrir certains enfants victimes
 Attention, une bande dessinĂ©e ne vous transformera pas en thĂ©rapeutes avertis et l’ouvrage ne fera que mettre le doigt sur certaines souffrances que l’on avait laissĂ© sans mot, sans qualificatif


Une belle bande dessinĂ©e, destinĂ©e Ă  un trĂšs large public et qui ne laissera personne indiffĂ©rent et qui devrait permettre d’ouvrir de beaux dĂ©bats familiaux et estivaux.

Bonne lecture !

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