Shelton
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24/08/2025 @ 09:38:15
L’étĂ© c’est fait pour lire et nouvelle escale dans la sĂ©rie des aventures d’AstĂ©rix avec Le combat des chefs. Ce n’était pas prĂ©mĂ©ditĂ©, c’est juste qu’une personne de la famille m’a offert un carton de bandes dessinĂ©es qu’elle avait dans sa cave (et que j’ai acceptĂ© pour redistribuer Ă  mes petits-enfants) et que cet aprĂšs-midi, aprĂšs presque deux heures de natation dans le lac de Saint-Pardoux et une bonne douche chaude, j’ai dĂ©cidĂ© de prendre un album et de le relire. J’en avais deux en main et c’est le Combat des chefs qui a eu ma prĂ©fĂ©rence
 Grand bien m’a pris car ce fut une relecture bien sympathique pour un Ă©pisode que je n’avais probablement pas relu depuis au moins cinq ou six ans


Resituons quelque peu cet album sorti en 1966 mais, et c’est lĂ  l’essentiel, qui est paru dans le journal Pilote (MĂątin quel journal !) entre octobre 1964 et aoĂ»t 1965 (Waouh, c’était pile il y a 60 ans !). Or, il y eut en dĂ©cembre 1965, des Ă©lections prĂ©sidentielles
 Ce fut Ă  l’époque un vĂ©ritable combat des chefs et avouons que les auteurs s’amusent grandement avec cela


Dans les explications précises et constitutionnelles, je vous conseille la rubrique sur le ballotage entre deux chefs
 Je ne veux pas tout vous révéler mais le texte et le dessin sont à la hauteur du ballotage qui va suivre entre Abraracourcix et Aplusbégalix
 Euh, non, De Gaulle et Mitterrand !

Pour ceux qui n’ont pas relu depuis longtemps cet album ni vu la minisĂ©rie sur Netflix, quelques Ă©lĂ©ments factuels et prĂ©cis. Les Romains n’arrivent pas Ă  venir Ă  bout des irrĂ©ductibles Gaulois et l’aide de camp Perclus donne Ă  son chef, le Centurion LangĂ©lus une bonne idĂ©e pour Ă©viter de se « faire sonner les cloches » par CĂ©sar, demander au chef Gallo-romain et fidĂšle AplusbĂ©galix de dĂ©fier en duel Abraracourcix ! Facile, si et seulement si les lĂ©gionnaires romains neutralisent le druide Panoramix, celui qui a le secret de la potion magique qui rend invincible


Alors, bien sĂ»r, la fin est prĂ©visible, donc pas de suspense dĂ©mentiel, mais, pour arriver Ă  la victoire finale, il y aura des situations Ă  mourir de rire, des jeux de mots en trĂšs grand nombre, des allusions politiques, des dessins trĂšs drĂŽles et ce septiĂšme Ă©pisode de la sĂ©rie est trĂšs rĂ©ussi et mĂ©rite largement et sans aucun doute d’ĂȘtre relu ! Il fait partie de ces albums mĂ©morables signĂ©s Goscinny pour le scĂ©nario et Uderzo pour le dessin
 Il ne me reste plus qu’à dĂ©cider qui de mes dix petits-enfants le rĂ©cupĂšrera !

En attendant, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire et que nous sommes toujours en Ă©tĂ© n’hĂ©sitez pas Ă  lire ou relire cette sĂ©rie de bande dessinĂ©e !

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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25/08/2025 @ 08:10:03
L’étĂ© c’est fait pour lire et une fois que l’on commence Ă  relire un AstĂ©rix, on y prend goĂ»t, on y revient et, du coup, je viens de relire Le tour de Gaule ! LĂ  encore, je vous l’avoue, une trĂšs belle relecture mĂȘme si on peut poser raisonnablement quelques limites par un jeu de rĂ©pĂ©tition (bagarre, fuite, barrage romain, rebagarre
).

Comme Ă  chaque fois, il y a un point de dĂ©part, du moins Ă  mon avis. Il s’agit de la construction d’un mur pour sĂ©parer le village gaulois du reste de la Gaule envahie et vivant sous l’influence romaine. Un mur pour isoler, sĂ©parer, rendre les dĂ©placements impossibles
 Cela fait penser Ă  l’Allemagne de l’Est envahie par les Russes soviĂ©tique et le mur de Berlin, un mur construit en 1961
 or cet album des aventures d’AstĂ©rix est paru dans le journal Pilote (MĂątin quel journal !) de fĂ©vrier 1963 Ă  novembre 1963. Je ne suis pas certain que l’on puisse parler de « hasard » !

Ce cinquiĂšme Ă©pisode de la sĂ©rie AstĂ©rix est d’autant plus Ă  lire en vacances estivales que AstĂ©rix et ObĂ©lix vont entreprendre, Ă  la suite d’un dĂ©fi-pari fait avec l’inspecteur gĂ©nĂ©ral Lucius Fleurdelotus, un tour de Gaule en rapportant quelques victuailles spĂ©cialitĂ©s des villes traversĂ©es
 La preuve serait faite que les deux Gaulois auraient rĂ©ussi Ă  franchir le mur et revenir chez eux aprĂšs un long voyage


Avant de suivre le voyage d’AstĂ©rix et ObĂ©lix, laissez-vous sĂ©duire par ce lĂ©gionnaire romain qui se fait ami avec un hibou, un moment de poĂ©sie ornithologique peu courant dans cette sĂ©rie
 Enfin, si on peut dire, un instant lĂ©ger et comique !

Pour ce qui est du voyage, c’est une suite de bagarre, de potion magique, de dĂ©gustation de sangliers rĂŽtis, certains sont mĂȘmes empoisonnĂ©s, et de jeux de mots Ă  rĂ©pĂ©tition en particulier avec ces pauvres Romains. Souvenez-vous, le prĂ©fet de Lugdunum, ce fameux Encorutilfalluquejelesus qui a dĂ» rester dans votre mĂ©moire de lecteur ! Et on peut citer aussi Faimoiducuscus, Tikedbus, Milexcus ou Quelquilfus


Dans cet album, on a les problĂšmes psychologiques d’ObĂ©lix qui apparaissent et qui sont liĂ©s Ă  son poids, on fait la connaissance d’un petit chien blanc qui suit ObĂ©lix et qui va devenir le fameux IdĂ©fix, personnage incontournable de la sĂ©rie
 Enfin, le tour de Gaule est aussi (surtout diront certains) une allusion au Tour de France cycliste (et c’est encore un Ă©lĂ©ment estival !). D’ailleurs, pour complĂ©ter le tableau de l’étĂ© gallo-romain, n’oublions pas les rĂ©fĂ©rences Ă  la Nationale 7 et ses bouchons, Ă  la plage de Nice hyper frĂ©quentĂ©e, et Ă  toutes ces villes françaises rĂ©putĂ©es pour leurs spĂ©cialitĂ©s culinaires : Rouen, Paris, Cambrai, Reims, Lyon, Marseille, Nice, Toulouse, Agen, Bordeaux
 Bon, le transport d’une bonne bouillabaisse laisse quelque peu rĂȘveur, je l’avoue !

Mais plutĂŽt que de vous en parler plus longtemps, je vous conseille, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, de reprendre cet album en entier et d’en profiter au maximum ! TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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26/08/2025 @ 16:58:47
L’étĂ© c’est fait pour lire et rien de tel qu’un bon petit meurtre en famille pour passer quelques belles heures de lecture ! Bon, reconnaissons que pour la pauvre Ronnie le jour est mal choisi, un meurtre et une disparition pour le jour de son anniversaire, on peut faire mieux


Mais comme Ronnie est membre du club des amateurs de romans policiers, reprenons depuis les origines pour que tout le monde puisse suivre un minimum. On est en Australie, et deux sƓurs ont créé un club d’amateurs de romans policiers (en fait ce sont surtout des fans d’Agatha Christie). Les membres choisissent un roman, le lisent ou le relisent avant de prendre le temps d’en parler une tasse de thĂ© Ă  la main et une petite gourmandise dans l’autre
 Alicia et Lynette, mais aussi Claire, Queenie, Missy, Perry, Ronnie s’entendent bien et dĂšs le premier roman de la sĂ©rie, Ils Ă©taient sept, le club s’est trouvĂ© associĂ© Ă  la rĂ©solution d’un crime. Alicia est amoureuse d’un policier mais la police n’aime pas trop voir le club tourner autour d’une affaire, surtout quand la responsable sur place est la fameuse inspectrice Singh et non l’amoureux d’Alicia, Jackson.

Alors, que s’est-il passĂ© lors de cet anniversaire de Ronnie ? Il y avait beaucoup de membres de la famille, des invitĂ©s proches de Ronnie et les membres du club au grand complet. La propriĂ©tĂ© vibrait lors d’un magnifique feu d’artifice quand soudain le drame arriva
 La propriĂ©tĂ© Ă©tait fermĂ©e, un gardien Ă  l’entrĂ©e
 Le criminel Ă©tait donc Ă  la fĂȘte de Ronnie ! Les suspects sont donc finalement assez nombreux au dĂ©part et il faudra du temps pour que certains suspects soient enlevĂ©s de la liste


Je ne vais pas tout vous raconter en dĂ©tail mais cela donne un roman trĂšs classique, bien dans la lignĂ©e de ceux d’Agatha Christie et, surtout, des cinq romans prĂ©cĂ©dents de C. A. Larmer. J’avoue aimer beaucoup cette sĂ©rie, j’éprouve un attachement aux personnages membres de ce club atypique et les rĂ©fĂ©rences aux grands romans policiers classiques n’est pas pour me dĂ©plaire.

Dans cette propriĂ©tĂ© finalement assez malsaine sur le fond Ă  cause des membres de la famille de Ronnie, on commence en tant que lecteurs Ă  s’interroger sur les mobiles possibles et les pistes sont nombreuses et complexes : jalousie, argent, adultĂšre, vengeance, paternitĂ© et maternitĂ© cachĂ©es et/ou secrĂšte
 Tout ou presque est possible ! Sans compter que la fameuse Singh semble en vouloir beaucoup au club lui-mĂȘme et, bien sĂ»r, Ă  Alicia l’amoureuse de Jackson
 Une autre affaire de jalousie Ă©ventuelle ?

Une trĂšs bonne sĂ©rie, un excellent cosy mystery estival et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, ce peut ĂȘtre une bonne idĂ©e que de s’attaquer Ă  la sĂ©rie complĂšte


TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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29/08/2025 @ 07:56:52
L’étĂ© c’est fait pour lire et mĂȘme si certains ne supportent pas les aventures de Tintin et Milou, je dois vous parler d’une expĂ©rience de lecture d’un album de Tintin avec l’un de mes petits-fils. En effet, d’une voix douce et agrĂ©able, un petit garçon est venu me demander un soir : « Dis Papy, tu peux me lire ce Tintin ? ». Comme il ne sait pas lire (je parle du texte et non des images pour lesquelles il est plutĂŽt douĂ©), je ne pouvais que fondre, ouvrir Le crabe aux pinces d’or et entamer une soirĂ©e Tintin


Lire une bande dessinĂ©e Ă  un enfant n’est pas chose aisĂ©e et je pense que tous ceux qui ont essayĂ© de le faire ce sont rendu compte de la grande difficultĂ©. Il faut Ă  la fois, lire le texte des dialogues, laisser du temps Ă  l’enfant pour comprendre ce qu’il voit, expliquer certains points qui semblent Ă©vidents au lecteur adulte et, enfin, trouver les bons mots pour expliquer certaines situations. Ici, par exemple, dans le Crabe aux pinces d’or, il y a des thĂšmes trĂšs lourds : trafique de drogue, alcoolisme, luttes entre diffĂ©rents partis avec intervention française coloniale
 Avouez que ce ne n’est pas si simple Ă  expliciter Ă  un enfant de six ans et demi !

« C’est quoi une drogue ? »
« Papy, pourquoi le trafic de drogue ça rapporte de l’argent ? »

Si je tenais celui qui a fait croire que la bande dessinĂ©e n’était qu’une lecture pour enfant ? Et si je tenais celui qui offre Le crabe aux pinces d’or Ă  un si jeune enfant ? Bon, lĂ , en l’occurrence, c’est moi et donc je ne peux m’en prendre qu’à moi-mĂȘme ! Mais, en fait, je ne regrette rien car la suite fut merveilleuse


En effet, cet album de Tintin contient quelques merveilles visuelles et qui fonctionnent avec un enfant qui observe si bien. Il y a, par exemple, la premiĂšre planche avec Milou qui fouille une poubelle, trouve une boite de crabe, tente d’en extraire quelques aliments puis connait une mĂ©saventure
 Il y a Haddock qui s’énerve contre des rebelles, qui croit les mettre fuite et qui termine par s’assommer avec son propre fusil
 Certaines des vignettes sont pami les plus Ă©laborĂ©es et rĂ©ussies d’HergĂ©. On est dans le sublime ! Et avec un enfant tel que mon petit-fils, grand lecteur d’images, on voit la puissance du dessin de ce bĂ©dĂ©aste exceptionnel


Parfois, je m’amusais Ă  lui tendre des piĂšges, je lui demandais de m’expliquer pourquoi la couleur de certains vĂȘtements changeait d’une page Ă  l’autre
 Et chaque fois, son regard perçant trouvait une solution, une explication, une rationalitĂ© que beaucoup d’adultes n’auraient pas pu deviner
 RĂŽle du soleil, jeu de lumiĂšre dans le dĂ©sert, costumes pour passer inaperçu (ou presque !) 


Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, il est reparti avec plusieurs albums qui, je l’espĂšre, lui tiendront compagnie tout au long de cette annĂ©e scolaire qui va s’ouvrir !

Trùs bonne lecture ! Si vous n’aimez pas Tintin, choisissez autre chose !

Shelton
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04/09/2025 @ 08:35:45
L’étĂ© c’est fait pour lire et l’étĂ© n’est pas terminĂ© mĂȘme si la rentrĂ©e scolaire est venue perturber l’ordre estival. C’est ainsi, il faut bien rentrer Ă  un moment, que ce soit Ă  l’école, Ă  l’universitĂ©, dans l’entreprise ou chez soi
 Pour autant, on n’est pas obligĂ© d’arrĂȘter de lire !

AprĂšs quelques jours de calme car j’étais Ă  une magnifique fĂȘte de famille – ce n’est pas tous les jours que l’on participe Ă  des noces de diamant – je viens de reprendre mes lectures. Il Ă©tait temps car ma pile de bandes dessinĂ©es en retard devenait monstrueuse. Par quel album commencer, ce fut simple, j’ai pris l’un des derniers arrivĂ©s, Jekyll & Hyde, Le docteur et l’assassin, une adaptation du roman de Robert Louis Stevenson par Marco Cannavo (scĂ©nario) et Corrado Roi (dessin). Et ce fut un coup de cƓur fantastique (c’est bien le cas de le dire !).

Corrado Roi est un dessinateur italien que je n’avais jamais lu. Pourtant, ce n’est pas un petit dĂ©butant. Il a commencĂ© par de la Science-Fiction, avec par exemple le personnage de "Rick ZĂ©ro" créé par Graziano Origa. On le retrouve dans de trĂšs nombreuses publications en Italie, en particulier la sĂ©rie Dylan Dog qui sera Ă©ditĂ©e en France par les Ă©ditions GlĂ©nat, oĂč on peut voir son travail dans le tome 3. Mais j’avoue avoir dĂ©couvert lĂ  avec ce dernier album paru, un dessinateur d’une grande qualitĂ© (pour ne pas dire plus !).

Le dessinateur s’est attaquĂ© Ă  cette trilogie gothique cĂ©lĂšbre, fruit du travail de trois romanciers diffĂ©rents, Dracula, Frankenstein, Jekyll & Hyde. C’est le mĂȘme scĂ©nariste, Marco Cannavo, qui a rĂ©alisĂ© les adaptations et comme Ă  chaque fois dans ce genre de kidnapping littĂ©raire, certains seront heureux du rĂ©sultat tandis que d’autres crieront au scandale ! C’est tout Ă  fait normal et c’est bien le jeu de l’adaptation on s’approprie le texte original et on en donne sa version personnelle. Ces romans ont ainsi connu de nombreuses versions au théùtre, au cinĂ©ma, en bande dessinĂ©e
 Moi, je trouve que non seulement tout cela est bien normal mais que cela ouvre Ă  d’autres interprĂ©tations : aprĂšs tout pourquoi ma vision des choses serait-elle meilleure que celle de Cannavo ?

Pour revenir Ă  ce dernier Jekyll & Hyde, je trouve que l’adaptation est totalement rĂ©ussie et j’y adhĂšre Ă  100%. Quant au dessin au lavis en noir et blanc de Corrado Roi, il frĂŽle le sublime et nous plonge entiĂšrement dans un univers noir et cruel, encore plus terrible que celui de Robert Louis Stevenson ! J’ai adorĂ© !

PrĂ©cisons que cette adaptation est rĂ©servĂ©e Ă  des lecteurs avertis et non Ă  de jeunes collĂ©giens, mais pour ceux qui connaissent cet univers c’était peut-ĂȘtre Ă©vident


Alors comme l’étĂ© c’est encore fait pour lire, voici trois belles pistes de lecture !

Shelton
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05/09/2025 @ 08:44:10
L’étĂ© c’est fait pour lire et prolongeons nos lectures estivales avec le tome 14 d’aune sĂ©rie spĂ©ciale que j’aime beaucoup, Son espionne royale, de Rhys Bowen. Il est trĂšs difficile de classer cette sĂ©rie qui ne rĂ©pond jamais strictement Ă  une dĂ©finition. Dans cet ensemble romanesque, il y a (un peu un inventaire Ă  la PrĂ©vert) : du roman historique, de l’espionnage, du polar, de la romance, du cosy mystery
 L’éditeur français ose dire une sĂ©rie entre Downton Abbey et Miss Marple. Je ne peux pas confirmer car j’ignore tout de Downton Abbey (hĂ© oui, on ne peut pas tout connaĂźtre !) mais je dirais, pour ma part, que cette histoire peut avoir les mĂȘme aspects espionnage et humour que certains romans d’Exbrayat et effectivement des intrigues proches de certaines d’Agatha Christie ! Dans tous les cas, le rĂ©sultat est une lecture paisible, sereine, lĂ©gĂšre et totalement adaptĂ©e Ă  l’étĂ©, Ă  la plage, Ă  la sieste ou aux transports en commun !

Pour ceux qui ne connaitraient absolument pas cette sĂ©rie et qui voudraient l’essayer, je conseille de commencer par le premier volume et de les prendre dans l’ordre car si chaque Ă©pisode est bien entiĂšrement rĂ©solu dans le volume correspondant, il faut savoir que le personnage principal, Lady Georgiana de Rannoch, Georgie pour les intimes, a une vie des plus passionnante et qu’elle Ă©volue tout au long de la sĂ©rie. Il faut la dĂ©couvrir dans le premier volume avec la galĂšre qu’elle vit pour comprendre et apprĂ©cier toute la suite
 Les personnages principaux sont le couple royal, le fils hĂ©ritier, le frĂšre de Georgie ainsi que sa belle-sƓur, Darcy, et la meilleure amie, Belinda dont il sera beaucoup question dans cet opus !

Que puis-je dire sans dĂ©florer le roman et sans casser les mĂ©caniques romanesques de la sĂ©rie pour ceux qui vont la dĂ©couvrir ? Belinda et Georgie vont aller en Cornouailles, car la premiĂšre vient d’hĂ©riter de sa grand-mĂšre une petite rĂ©sidence secondaire en bord de mer
 Belinda ne sait rien sur ce lieu ni sa construction et elle cherche Ă  savoir ce qu’elle peut bien en faire
 Tout ne va pas se passer comme les deux amies le souhaitaient et il faudra que Georgie mĂšne une petite enquĂȘte pour sortir son amie du pĂ©trin
 Mais je n’en dis pas plus !

La sĂ©rie se passe dans l’Angleterre des annĂ©es trente avec en toile fond un hĂ©ritier de la couronne qui frĂ©quente une femme divorcĂ©e, la mĂšre de Georgie qui vit en Allemagne, Hitler qui devient de plus en plus fort dans son Reich, certains Anglais qui souhaiteraient s’allier avec les nazis
 Bref, une toile de fond angoissante qui n’est pas sans rappeler l’époque que nous vivons


Une belle sĂ©rie estivale Ă  lire quand on ne cherche pas Ă  se prendre la tĂȘte mais qui n’est pas du tout dĂ©nuĂ©e d’intĂ©rĂȘt. Alors, comme l’étĂ© c’est encore fait pour lire, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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06/09/2025 @ 08:01:09
L’étĂ© c’est fait pour lire et, aujourd’hui, je vous propose un ouvrage atypique qui ne correspondra, je l’avoue, qu’à des amateurs Ă©clairĂ©s de bandes dessinĂ©es. En effet, François RiviĂšre nous raconte des rencontres avec des auteurs de bandes dessinĂ©es belges du temps oĂč il Ă©tait jeune


François RiviĂšre est ce que l’on pourrait appeler un touche-Ă -tout du livre. Il est nĂ© en 1949, Ă  Saintes, et il a Ă©tĂ© libraire, journaliste, critique, scĂ©nariste, biographe, bĂ©dĂ©iste, Ă©diteur, traducteur et expert en littĂ©rature policiĂšre et littĂ©rature jeunesse
 Il est Ă©clectique, sans aucun doute, passionnĂ© et, au demeurant, fort sympathique si je me souviens bien des deux fois oĂč j’ai pu l’interviewer
 Ici, c’est un petit opus – par la taille – de souvenirs de jeunesse qui est savoureux car il raconte des rencontres avec des gens comme HergĂ©, Martin, Jacobs
 Oui, lui, il a eu la chance de dialoguer avec ces gĂ©ants de la bande dessinĂ©e franco-belge, des auteurs que je n’aurais moi la chance de frĂ©quenter que par leurs albums, ce qui m’a procurĂ©, je le reconnais un grand bonheur
 C’est pour cela que j’ai plongĂ© dans son rĂ©cit sans aucune hĂ©sitation !

Il faut dire que pour ma gĂ©nĂ©ration, HergĂ©, Martin, Peyo et Jacobs reprĂ©sentent le cƓur indiscutable d’une bande dessinĂ©e de qualitĂ© qui a illuminĂ© notre jeunesse. Tintin, mĂȘme pour ceux qui n’apprĂ©cient pas certains de ses engagements, est la bande dessinĂ©e qui a formalisĂ© un grand nombre de codes du rĂ©cit en bande dessinĂ©e. Peyo et ses Schtroumpfs ont apportĂ© une touche d’humour et de folie qu’il fallait et il n’y a qu’à voir le succĂšs relatif du dernier film de ces petits hĂ©ros pour mesurer la place dans notre imaginaire collectif de ce Peyo. Blake et Mortimer, rien qu’écrire le nom de ces deux hĂ©ros est presque suffisant pour plonger les lecteurs que nous avons tous Ă©tĂ© dans ces Ă©pisodes merveilleux
 Le secret de l’Espadon, Le secret de la Grande Pyramide, La marque jaune
 Et depuis l’aventure continue avec d’autres grands auteurs
 Enfin, pour clore ce regard en arriĂšre, finissons avec Alix et Lefranc, les hĂ©ros de Jacques Martin
 Le dernier Spartiate (il faut bien citer un Alix) ou La grande menace furent deux de mes lectures d’adolescent, et je crois presque me souvenir de mes premiĂšres sensations en lisant ces chefs d’Ɠuvre !

Alors, mĂȘme si François RiviĂšre restera pour moi, avant tout, un expert et biographe d’Agatha Christie, j’ai adorĂ© le « voir » rencontrer ces grands auteurs de la bande dessinĂ©e franco-belge et ce fut un grand plaisir de voir mes souvenirs de lectures revenir chaque fois qu’il rencontrait ces gĂ©ants
 C’était aussi une Ă©poque oĂč les auteurs ne se prenaient pas trop la tĂȘte et acceptaient de rĂ©pondre Ă  un jeune admirateur, le recevaient chez eux, l’invitaient Ă  manger Ă  la table familiale
 Une grande chance !

Quant Ă  nous, il faut se replonger dans ces beaux albums puisque l’étĂ© c’est encore fait pour lire
 Alix, Tintin, les Schtroumpfs, Blake et Mortimer, Lefranc
 Quel programme ! Donc, bonne lecture !

Shelton
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07/09/2025 @ 08:38:20
L’étĂ© c’est fait pour lire et aprĂšs avoir parlĂ© des rencontres de François RiviĂšre avec les grands auteurs de bande dessinĂ©e belge, dont un certain HergĂ©, j’ai voulu revenir sur un des albums de cette sĂ©rie des aventures de Tintin. J’ai choisi L’affaire Tournesol car il y a 70 ans cet Ă©pisode paraissait dans le Journal de Tintin toutes les semaines
 rassurez-vous, Ă  ce moment-lĂ  je n’étais pas encore lecteur de la sĂ©rie et ce n’est qu’un peu plus tard que je dĂ©couvrais cette histoire d’espionnage scientifique fascinante !

Mais, comment peut-on encore parler des aventures de Tintin du cĂ©lĂšbre HergĂ© alors que par principe il ne peut pas y avoir de nouveautĂ©s dans ce domaine ? Oui, dit comme cela, il n’y a rien Ă  dire
 quoique
 PrĂ©cisons, rappelons, que c’est HergĂ© lui-mĂȘme qui a souhaitĂ© de son vivant que les aventures de Tintin s’arrĂȘtent avec lui. D’autres n’ont rien prĂ©cisĂ© de leur vivant mais ne sont peut-ĂȘtre pas plus heureux de voir ce que l’on a fait de leurs personnages
 Mais revenons-en Ă  Tintin


C’est bien L’affaire Tournesol qui va reprendre sa place dans les bacs des libraires au titre d’une nouveautĂ© dans quelques semaines car les Ă©ditions Casterman vont nous proposer la version exacte qui Ă©tait parue dans le Journal de Tintin


Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que dans l’univers Tintin, tintinologues, tintinophiles, tintinomaniaques et tintinolñtres se bousculent, non par dizaines, ce serait trop beau, mais bien par milliers, millions probablement.
Les tintinologues recherchent les dĂ©tails de cette Ă©dition, soit parce qu’ils ne l’avaient pas eue en main, soit pour la contrĂŽler (il est Ă  prĂ©ciser que chaque Ă©dition a ses particularitĂ©s, couleurs, anomalies, distorsions
). Les tintinophiles, collectionneurs dans l’ñme, l’achĂšteront, la poseront dĂ©licatement Ă  cĂŽtĂ© de la prĂ©cĂ©dente, tout ce qui vient du maĂźtre HergĂ© est digne d’amour et de vĂ©nĂ©ration
 Les tintinomaniaques, encore assez nombreux, sont assez difficiles Ă  comprendre. Ils ne peuvent pas supporter de voir un objet « Tintin » sans le possĂ©der. Restent les tintinolĂątres
 Pour eux on ne peut pas faire grand-chose, la vĂ©nĂ©ration du grand maĂźtre relĂšve d’un culte, d’une adoration
 Cette Ă©dition n’est qu’anecdote, ce qui compte c’est de prouver que HergĂ© est encore vivant parmi nous, qu’il n’est pas mort, qu’il nous raconte encore des histoires
 MĂȘme si L’affaire Tournesol continue de raconter la mĂȘme histoire et quelle histoire !

Mais pour tous ceux qui ne sont pas de cette gĂ©nĂ©ration – je ne vous en veux pas – je vous propose de dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir la narration en images selon HergĂ©. Ne cherchons pas, ici, Ă  savoir si HergĂ© Ă©tait de droite, du centre, catholique ou homosexuel, macho, misogyne ou profondĂ©ment perturbĂ© dans sa tĂȘte
 C’est un auteur qui nous raconte des histoires, laissons-nous prendre par ses rĂ©cits
 Ne boudons pas notre plaisir !

Tout commence Ă  Moulinsart, le chĂąteau du capitaine Haddock, oĂč vivent nos trois amis, le capitaine, Tintin et Tournesol, quatre, mĂȘme, si nous intĂ©grons Milou. Le professeur Tournesol n’y a pas qu’une chambre, il y a aussi un laboratoire au cƓur de cette histoire. L’affaire Tournesol est en effet une histoire d’espionnage scientifique. Le professeur est l’un des plus grands physiciens de son temps, n’est-il pas celui qui a conçu et rĂ©alisĂ© la fameuse, que dis-je, l’illustre fusĂ©e lunaire rouge et blanche ? Mais que nous invente-t-il maintenant ? Pourquoi est-il si difficile de garder son verre en main sans voir le verre se pulvĂ©riser soudainement ?

Nous voilĂ  partis dans l’enquĂȘte
 heureusement que les cigarettes de la marque MacĂ©donia vont nous permettre de rester dans le droit chemin, enfin, c’est que doivent penser Haddock et Tintin. Quant aux Syldaves et Bordures, ce sont bien des Slaves, c’est Ă  dire de braves gens toujours imprĂ©visibles, parfois violents et dangereux.
HergĂ© va s’amuser Ă  convoquer la Castafiore que l’on va retrouver dans une de ses tournĂ©es comme cela avait Ă©tĂ© le cas dans Le Sceptre d’Ottokar
 Et elle sauve encore Tintin, quelle constance pour cette artiste !

Mais maintenant, vous allez lire cet album et faire attention au mouvement, Ă  la dynamique du rĂ©cit en images
 Pages 1, la course effrĂ©nĂ©e de Nestor qui va rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone ; page 2 le retournement du parapluie Ă  cause du vent ; page 5, l’entrĂ©e fracassante de SĂ©raphin Lampion ; page 15, le coup de poing reçu par le capitaine dans le laboratoire de Tournesol ; page 19, les malheurs de Haddock dans le hall de l’hĂŽtel Cornavin
 Et ainsi de suite
 Dans cet album, le talent de HergĂ© arrive Ă  maturitĂ©, il frĂŽle la perfection du rĂ©cit, il donne une leçon Ă  tous ceux qui vont le suivre dans ce genre littĂ©raire. Oui, je dis bien littĂ©raire, il n’y a pas d’autres adjectifs possibles pour un tel album


BenoĂźt Peeters, expert en tintinologie, trouve que c’est le meilleur des albums de la sĂ©rie des aventures de Tintin
 personnellement, je prĂ©fĂšre Les bijoux de la Castafiore, mais c’est trĂšs subjectif


Je voudrais que vous lisiez cette aventure avec des yeux nouveaux, oubliez un instant le scénario et observez de tout votre regard, de toute votre attention cette bande dessinée
 Bref, devenez de véritables lecteurs de bédés et comprenez pourquoi Hergé est et restera un des grands de ce mode narratif


Alors, comme l’étĂ© c’est encore fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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11/09/2025 @ 07:42:25
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi un temps privilĂ©giĂ© pour voyager. J’ai bien dit voyager mais pas nĂ©cessairement traverser le monde et ses ocĂ©ans
 On peut voyager prĂšs de chez soi, Ă  pied ou Ă  vĂ©lo
 et mĂȘme voyager sans quitter sa chambre ! En prĂ©parant cette petite chronique je me suis souvenu de mon enfance qui a Ă©tĂ© marquĂ©e par plusieurs collections qui m’ont Ă©normĂ©ment fait voyager
 En effet, j’aimais les timbres, les cartes postales et les flammes postales. Je n’étais pas un vĂ©ritable collectionneur, juste un rĂȘveur qui avait l’impression de voyager en regardant ces signes et objets
 Plus tard, devant le pont ValentrĂ© de Cahors, le chĂąteau de Chenonceaux ou la cathĂ©drale de Chartres, j’avais le sentiment d’avoir dĂ©jĂ  vu, d’ĂȘtre venu visiter jadis


Aujourd’hui, la carte postale est presque en extinction, les timbres sont avant tout une taxe et non un objet d’art, quant aux flammes postales, elles sont rĂ©duites Ă  leur plus simple expression
 Tristesse et monotonie, il devient difficile de voyager avec un simple code postal ! Alors, il reste certains livres qui font revivre nos villages, bourgs, villes et rĂ©gions avec des cartes postales ou des timbres, façon aussi de transmettre aux plus jeunes l’existence de ces habitudes dĂ©suĂštes et passĂ©es !

GĂ©rard Chappez, ancien dentiste dolois, a collectionnĂ© les cartes postales et il a ensuite Ă©crit plusieurs ouvrages sur sa rĂ©gion, La Franche-ComtĂ© (aujourd’hui Bourgogne-Franche-ComtĂ©). Dans son ouvrage « Balade insolite en Franche-ComtĂ© », il nous invite au voyage et Ă  la dĂ©couverte de sa rĂ©gion avec un texte de qualitĂ©, passionnĂ© et documentĂ©, et une iconographie remarquable basĂ©e sur les cartes postales et les timbres (sans oublier quelques flammes postales, bien Ă©videmment !).

Attention, il ne s’agit pas simplement de passer d’un lieu Ă  un autre, ici, GĂ©rard Chappez prend le soin de nous parler des cĂ©lĂ©britĂ©s locales, des habitants, des us et coutumes
 C’est lĂ  la richesse et l’originalitĂ© de cet opus. On croisera donc Rouget de Lisle (Lons le Saunier), Paul-Emile Victor (certes, nĂ© en Suisse mais ayant passĂ© son enfance Ă  Saint-Claude), Louis Pasteur (Dole et Arbois), Jean de Vienne (Dole)
 sans oublier un mĂ©decin dont le nom est connu, Xavier Bichat, mais dont on ne sait en fait rien surtout pas qu’il est nĂ© Ă  Thoirette
 Question complĂ©mentaire : oĂč est Thoirette ? C’est une ancienne ville du Jura, sur les bords de l’Ain, qui, aujourd’hui, a fusionnĂ© avec Coisia (2017). Le nom est devenu : Thoirette-Coisia


J’aurais pu parler aussi de la rĂ©sistante Simone Michel-LĂ©vy ou de l’écrivain Marcel AymĂ©, de l’horlogerie de Besançon ou de Pierre Fourier Ă  Gray, une fois qu’il eut quittĂ© ses Vosges natales
 mais je me devais de vous laisser quelques surprises si vous dĂ©cidiez de vous plonger dans cet ouvrage


Et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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17/09/2025 @ 07:20:02
L’étĂ© c’est fait pour lire et comme durant l’étĂ© les guerres ne s’arrĂȘtent pas (ce fut encore le cas cet Ă©tĂ©), nous allons parler aujourd’hui de la guerre. Pas d’une en particulier, pas en cherchant Ă  les classer entre guerres justes, injustes, illicites ou dĂ©fensives
 juste en regardant avec une certaine luciditĂ© ce que peut bien ĂȘtre une guerre, une bataille dans l’histoire de l’humanitĂ©. Je ne me contenterai pas de dire « de toutes façons, il y a toujours eu des guerres, c’est inĂ©vitable ! » car ces expressions ne sont pas trĂšs utiles Ă  l’humanitĂ© et son avenir, mais je vais plutĂŽt creuser du cĂŽtĂ© des victimes, des atrocitĂ©s, des massacres, des bilans financiers
 C’est ainsi que je me suis retrouvĂ© avec l’ouvrage de JoĂ«l LĂ©vy en mains, Les pires batailles de l’Histoire


Le titre ne dit qu’une partie de la vĂ©ritĂ© car, en fait, toute bataille reprĂ©sente le pire pour l’humanitĂ©. Il n’existe pas de bataille belle ou radieuse ! On peut aussi complĂ©ter cette rĂ©flexion initiale par une autre : il n’existe pas des victoires et des dĂ©faites car devant le nombre de morts de chaque bataille, il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Il y a d’abord des victimes. N’oublions jamais la rĂ©flexion de Pyrrhus Ă  la fin de la bataille d’Ausculum qu’il venait de « remporter », « encore une victoire comme celle-ci et nous sommes perdus ». D’oĂč cette expression qui est restĂ©e, une victoire Ă  la Pyrrhus !

Enfin, pour clore avec mes rĂ©flexions prĂ©alables, on se doit de rappeler que les victoires des uns sont les dĂ©faites des autres. En lisant cet ouvrage qui prĂ©sente une cinquantaine des batailles, on rĂ©alise que bien souvent nous ne connaissons que notre petite histoire, les batailles qui nous concernent, de prĂ©fĂ©rence nos victoires, alors qu’il faudrait avoir une vision beaucoup plus Ă©largie
 Car ici, JoĂ«l LĂ©vy ne se limite pas du tout Ă  notre histoire française


L’auteur, journaliste, auteur et rĂ©alisateur, a trouvĂ© une façon claire et prĂ©cise de prĂ©senter chaque bataille en suivant le mĂȘme plan, avec des donnĂ©es purement factuelles comme les pertes, les forces en prĂ©sence, les belligĂ©rants, une citation
 et des Ă©lĂ©ments plus narratifs, des analyses gĂ©opolitiques et humaines, des rĂ©flexions presque philosophiques dans certains cas
 En trois ou quatre pages, avec une iconographie de qualitĂ©, JoĂ«l LĂ©vy nous transformerait presque en experts de la bataille en question (bon, j’exagĂšre un peu
).

Mais sans vouloir tout vous raconter, je voudrais prendre le temps de parler de certaines batailles de cet ouvrage et, donc, je reviendrai dĂšs demain, poursuivre cette lecture passionnante de cet ouvrage
 D’ici lĂ , n’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  cette question : quelle seraient pour vous les pires des batailles
 Oui, la liste pourrait bien ĂȘtre longue, voire trĂšs longue


TrÚs bonne lecture et réflexion !

Shelton
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18/09/2025 @ 08:53:05
L’étĂ© c’est fait pour lire et nous revenons aujourd’hui sur cette question des batailles de l’Histoire en nous basant sur ce livre de JoĂ«l LĂ©vy, Les pires batailles de l’Histoire. Je vous laissais hier avec cette question simple : pour vous quelles sont les batailles les pires de l’Histoire ? Je ne peux pas Ă©couter vos rĂ©ponses ni les lire, mais si on m’avait posĂ© la question, j’aurais probablement rĂ©pondu : Azincourt (le professeur d’histoire m’avait presque traumatisĂ© en parlant de ces chevaliers français transpercĂ©s par les flĂšches des Anglais), la Campagne de Russie (deux ennemis Ă  vaincre, les Russes et l’hiver !), Solferino (la bataille qui a secouĂ© Henri Dunant et l’a poussĂ© Ă  crĂ©er la Croix Rouge) et probablement Gaza (car cette fois-ci on a les images en direct tous les jours)
 Mais Ă  peine ai-je Ă©crit cette liste que d’autres noms me viennent Ă  l’esprit
 La Somme, Verdun, Stalingrad, Bassora
 Et avalanche de nouvelles images avec cette guerre en Ukraine ! Et je suis certain que la lecture de ces noms de batailles rĂ©veille en vous d’autres noms auxquels vous n’aviez pas pensĂ©s
 Les batailles sont cruelles, c’est entendu, mais prolongeons la lecture de cet ouvrage


Citons donc quelques batailles que l’on va retrouver lĂ  et qui dans de nombreux cas rĂ©veilleront quelques souvenirs
 La bataille de Cannes en 216 avant JĂ©sus Christ. Oui, cela n’a pas dĂ» marquer vos esprits
 Rien ? Si je vous parle d’Hannibal, des Carthaginois, des Ă©lĂ©phants, des Romains
 Oui, souvent on imagine les Carthaginois dans les Alpes avec leurs Ă©lĂ©phants mais Ă  Cannes, victoire carthaginoise, il y eut quand mĂȘme plus de 15 000 morts, rĂ©partis presque Ă©quitablement entre les deux camps. Enormissime !

Et la bataille de Malplaquet ? Rien encore ? Si, souvenez-vous d’un certain Malborough. On est en 1709 lors de la Guerre de succession d’Espagne. Le duc de Malborough et le prince EugĂšne de Savoie s’affrontent, les alliĂ©s contre les Français, 25 000 morts pour les uns, 15 000 pour les autres
 Un observateur allemand Ă©crit : « Ils taillĂšrent en piĂšces tout ce qu’ils trouvĂšrent devant eux
 mĂȘme les morts lorsque leur fureur ne trouvait plus de vivant Ă  massacrer ».

A partir des guerres napolĂ©oniennes, les batailles deviennent de vĂ©ritables boucheries et rien ne semble limiter les massacres, y compris des civils. La PremiĂšre Guerre mondiale a tentĂ© de se glisser Ă  la premiĂšre place des batailles les pires de l’Histoire et la Somme et Verdun resteront indiscutablement dans la liste pour longtemps. Aller Ă  Verdun, marcher dans certaines zones autour de la ville et de certains forts, est traumatisant, dĂ©sespĂ©rant, dĂ©primant. J’ai accompagnĂ© une classe Ă  Verdun durant une petite semaine et je peux vous certifier que l’ambiance au retour dans le bus Ă©tait calme, presque morose
 et les enfants de quatriĂšme d’un Ă©tablissement chalonnais se souviendront longtemps de la Marseillaise qu’ils ont chantĂ©, a capella, devant les milliers de tombes de Verdun, un petit matin de 11 novembre, lors d’une cĂ©rĂ©monie


Oui, les batailles sont toutes les pires de l’Histoire et je ne peux que vous conseiller de lire cet ouvrage, de le faire lire et d’en parler autour de vous !

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