Shelton
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04/08/2025 @ 10:01:27
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’aime beaucoup lire en fonction de mes dĂ©placements, de mes visites, de mes rencontres. AprĂšs tout, l’étĂ© est une sĂ©rie de surprises, d’imprĂ©vus, de moments qui deviennent importants avec les discussions, les Ă©changes, les lectures
 Par exemple, fin juin, j’ai fait escale en Belgique, Ă  Bruxelles, et j’ai lu depuis plusieurs ouvrages sur l’histoire de ce royaume que je ne connaissais pas assez. Durant ce mĂȘme sĂ©jour, en marchant dans le parc de la place du Petit Sablon, j’ai vu quelques statues dont celle de Guillaume le Taciturne
 Occasion de ressortir de ma bibliothĂšque l’ouvrage de Bernard Quilliet. Une lecture vieille de plus de trente ans et qui avait Ă©tĂ© suivie d’une belle rencontre avec l’auteur Ă  la radio


C’est vrai que lors de nos cours d’histoire, en France, on ne parle guĂšre de Guillaume le Taciturne. Il faut dire qu’au dĂ©part, cet Allemand ne nous concerne que peu. Il devient Guillaume 1er d’Orange et lĂ  nos mĂ©moires se rĂ©veillent : Orange, Pays-Bas, une couleur qui est restĂ©e pour ce pays
 Guillaume est nĂ© en 1533 et il a Ă©tĂ©, dans un premier temps, un proche de l’empereur Charles Quint. Mais l’histoire retiendra qu’il fut l’instigateur de la rĂ©volte des Pays-Bas contre Philippe II, le fils et hĂ©ritier de Charles et donc, Ă  ce titre, le crĂ©ateur des Pays-Bas. Les luttes contre l’Espagne seront trĂšs nombreuses et sa tĂȘte sera mise Ă  prix, Philippe II promettant une belle somme Ă  qui Ă©liminerait Guillaume. Ce dernier fut victime de plusieurs tentatives et attentats. En 1584, il sera assassinĂ© par Balthazar GĂ©rard, un Comtois de chez nous. On peut aussi prĂ©ciser que Philippe II mettra du temps Ă  payer cet assassinat aux hĂ©ritiers de Balthazar car lui, l’assassin, sera rapidement arrĂȘtĂ© et horriblement exĂ©cutĂ©. Je vais vous faire grĂące des dĂ©tails


Pour ĂȘtre complet, ou presque, sur cette pĂ©riode, rappelons que c’est aussi le siĂšcle des Guerres de religions, de ces grandes tensions entre catholiques et rĂ©formĂ©s, que ces conflits ne concernaient pas que des choix privĂ©s car le grand principe dĂ©fendu par de nombreux princes Ă©tait que les peuples devaient avoir les mĂȘmes croyances que leurs princes
 Ce qui explique aussi les conflits entre ces « Provinces du nord » et l’ « Espagne trĂšs catholique » 


Bernard Quilliet est un historien assez rĂ©putĂ© pour ses connaissances sur le XVI° siĂšcle et j’avoue avoir lu plusieurs ouvrages de lui dont « Christine de SuĂšde, un roi exceptionnel » et « Louis XII, pĂšre du peuple ». Deux excellentes biographies. Il a aussi participĂ©, sous la direction de Georges Duby et Emmanuel Le Roy Ladurie Ă  l’Histoire de la France urbaine.

VoilĂ , un voyage, une statue et une tranche d’histoire Ă  travers une bonne lecture et, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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05/08/2025 @ 06:25:13
L’étĂ© c’est fait pour lire et, mes Ă©tudiants doivent s’en souvenir, du moins je l’espĂšre, j’ai toujours Ă©tĂ© curieux de lire les ouvrages dans lesquels un auteur reprend un fait divers pour nous raconter non pas l’histoire de Paul, Jacques ou Bertine, mais une tranche de vie Ă  travers un fait historique ou mĂ©diatique. Car gĂ©nĂ©ralement, Ă  ce moment lĂ  on parle de nous, de la sociĂ©tĂ©, de l’humanitĂ© et cela nous fait rĂ©flĂ©chir
 Dans les grands classiques, je pense Ă  AndrĂ© Gide qui va suivre une cour d’assises mais on peut choisir de relire, aussi, Jean-Baptiste Harang et son Bordeaux-Vintimille, ce que j’ai dĂ©cidĂ© de faire


Faut-il d’abord rappeler la rĂ©alitĂ© des faits criminels survenus dans la nuit du 13 au 14 octobre 1983 ? Oui, je sais, c’est assez loin dans nos mĂ©moires mais ceux qui Ă©taient alors en Ăąge de comprendre doivent se souvenir
 Trois jeunes gens, ivres, qui rejoignaient Aubagne pour s’engager dans la LĂ©gion Ă©trangĂšre dĂ©fenestrent du train un AlgĂ©rien qui aprĂšs trois jours passĂ©s Ă  Bordeaux rentrait chez lui Ă  Oran
 Avant d’ĂȘtre jetĂ© sur le ballast, il a Ă©tĂ© insultĂ©, frappĂ©, poignardĂ© et peut-ĂȘtre Ă©tait-il dĂ©jĂ  mort au contact de cette terre qui n’était pas la sienne. Le train Ă©tait entre Agen et Montauban


Jean-Baptiste Harang, ancien journaliste de LibĂ©ration, dĂ©crit ces faits avec retenue, sans y mettre de l’affect, sans porter de jugement comme s’il dĂ©crivait une scĂšne de façon scientifique. Pour un peu, on entendrait les sons des coups, les rĂ©flexions intĂ©rieures de chacun des acteurs, de la victime, du contrĂŽleur du train et mĂȘme, qui sait des presque cent personnes qui voyageaient dans le wagon incriminĂ© ou celui d’ñ cĂŽté 

Jean-Baptiste Harang a suivi le procĂšs, il a vu comment ces trois jeunes gens se sont dĂ©fendus, certains voulant Ă©chapper Ă  la justice en se donnant le moins mauvais rĂŽle et un autre rĂ©clamant une peine maximale pour un crime qu’il savait horrible
 Il parle aussi avec des mots qui font mal de ces parents, venus d’AlgĂ©rie, qui ne maitrisent pas la langue française, qui viennent de perdre leur fils dans un drame qu’ils ne comprennent pas
 Victime de la bĂȘtise, du racisme, de l’alcool


Ce jeune AlgĂ©rien qui venait en France pour la premiĂšre fois ; qui Ă©tait fascinĂ© par notre pays, qui trouvait les gens heureux et sympathiques, accueillants et curieux, s’était rendu Ă  Bordeaux pour rencontrer la correspondante qu’il y avait depuis quelques annĂ©es, depuis qu’une professeure avait pris l’initiative de travailler au rapprochement des habitants de deux pays au lourd passif


Les noms sont changĂ©s, le texte est trĂšs bien Ă©crit loin de toutes Ă©motions pour que chacun s’interroge sur l’essentiel : si j’avais Ă©tĂ© dans l’un des deux wagons incriminĂ©s, qu’aurais-je eu comme attitude ? Courageux, faible, indiffĂ©rent ? Ce n’est pas Ă  moi de rĂ©pondre pour chacun. Mais la lecture de ce petit livre, aprĂšs tout l’étĂ© c’est fait pour lire, devrait permettre une vĂ©ritable rĂ©flexion de fond, salutaire et indispensable
 Bonne lecture !

Shelton
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06/08/2025 @ 07:56:13
L’étĂ© c’est fait pour lire et voici le nouvel Ă©pisode de « Assassins sans visages », le tome quatre, L’üle au rĂ©bus, de Peter May. C’est une lecture estivale, sans aucun doute, puisque ce roman se dĂ©roule essentiellement sur l’üle de Groix, en Bretagne, au large de Lorient. Un polar Ă  lire donc les pieds dans l’eau ou presque, la tĂȘte Ă  l’ombre mĂȘme si cet Ă©tĂ© la mĂ©tĂ©o est complexe, imprĂ©visible et pas si favorable que cela. Enfin, c’est ce que me dit mon fils qui campe en Auvergne


Revenons donc Ă  Groix et Ă  notre ami Enzo McLeod. Pour ceux qui n’ont pas lu les chroniques prĂ©cĂ©dentes, je vous propose un trĂšs rapide rĂ©sumĂ© sachant que l’on peut quand mĂȘme lire ces sept romans de la sĂ©rie de façon individuelle. Enzo, un soir qu’il avait trop bu, il est quand mĂȘme Ă©cossais et aime beaucoup le whisky, a fait le pari que, lui, ancien mĂ©decin lĂ©giste, arriverait avec l’aide scientifique d’aujourd’hui Ă  rĂ©soudre sept Ă©nigmes criminelles qui avaient Ă©tĂ© laissĂ©es sans solution par la police française. Ces cold cases, en quelque sorte, avaient Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s dans un ouvrage par le journaliste Raffin. Pour ĂȘtre complet, Enzo est assistĂ© par Nicole, une Ă©tudiante brillante, il a deux filles et un fils de trois femmes diffĂ©rentes, la commissaire de Cahors en pince pour lui mais il ne s’est jamais rien passĂ© entre eux
 VoilĂ , vous en savez largement assez pour vous plonger dans ce roman qui va traiter de l’assassinat de d’Adam Killian sur l’üle de Groix !

Il s’agit donc d’un assassinat ancien et Enzo va sur l’üle prendre contact avec les survivants de cette horrible affaire : la fille de la victime, le principal suspect, le mĂ©decin traitant, quelques voisins
 Sur une Ăźle, tout le monde se connait ou presque et donc immĂ©diatement il engrange des informations
 Mais comment s’y retrouver, comment hiĂ©rarchiser, comme trouver la pertinence dans cette masse
 Un gendarme, un tenancier de bar, un ami


Bon, n’en disons pas trop pour vous permettre une bonne lecture et je dois avouer, pour ma part, que ce roman est trĂšs bien construit. Peut-ĂȘtre mĂȘme un des meilleurs de la sĂ©rie, allez savoir ! L’ambiance de l’üle donne un petit cĂŽtĂ© huis-clos pas dĂ©sagrĂ©able alors-mĂȘme que certains Ă©lĂ©ments de ce drame proviennent de fort loin dans le passé 

Nous sommes-lĂ  dans le quatriĂšme Ă©pisode de cette sĂ©rie et je rappelle que j’avais commencĂ©, un peu par hasard, par le cinquiĂšme. Je vous confirme donc, pour ceux qui sont intĂ©ressĂ©s et qui n’ont pas encore commencĂ© la sĂ©rie, de bien prendre les romans dans l’ordre, c’est beaucoup plus clair
 Enfin, aprĂšs avoir lu les cinq premiers romans, je valide deux Ă©lĂ©ments : Peter May est un excellent auteur de polar et cette sĂ©rie « Assassins sans visages » est tout simplement excellente et adaptĂ©e Ă  l’étĂ© !

Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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07/08/2025 @ 08:10:55
L’étĂ© c’est fait pour lire et il est temps de glisser une bande dessinĂ©e dans notre pile Ă  lire cet Ă©tĂ©. J’ai dĂ©cidĂ© de faire une place Ă  Lewis Trondheim, Ă  l’Association et un personnage atypique mais de bonne compagnie, Richard. Richard se livre Ă  une activitĂ© qui n’est pas gĂ©nĂ©ralisĂ©e durant l’été  quoi que
 Richard se rend dans un cimetiĂšre
 et on va se permettre de rire un peu !

Je ne vais pas tout vous dire sur Lewis Trondheim car il est quand mĂȘme assez connu comme auteur de bande dessinĂ©e. Avant toute chose je prĂ©cise que l’on dit gĂ©nĂ©ralement que Lewis Trondheim n’aime pas les journalistes et d’une part j’ai eu une Ă©tudiante qui en garde un souvenir catastrophique (elle a fini en pleurs et je dois dire que Trondheim avait Ă©tĂ© trĂšs dĂ©sagrĂ©able, pour ne pas dire plus) et, d’autre part, je l’ai interviewĂ© deux fois sans aucun problĂšme et mĂȘme une fois devant mes Ă©tudiants et il avait Ă©tĂ© adorable
 Donc, oublions ce point pour passer Ă  l’auteur Trondheim !

Il est connu pour son travail peuplĂ© de personnages ayant des tĂȘtes d’animaux, les savants parlent de zoomorphisme, et on peut citer la premiĂšre, Lapinot et les carottes de Patagonie. Je suis un lecteur assidu de l’univers qu’il a créé avec Johan Sfar, « Donjon » (avec pour moi une lĂ©gĂšre prĂ©fĂ©rence pour les « Donjon Parade »). Mais j’ai aussi adorĂ© le travail pour la jeunesse rĂ©alisĂ© avec Fabrice Parme, « Le roi catastrophe ». Mais ce ne sont lĂ  que quelques Ă©lĂ©ments d’une Ɠuvre considĂ©rable qui lui permit en 2006 de recevoir Le grand prix de la ville d’AngoulĂȘme. L’annĂ©e suivante, prĂ©sident du jury du festival, il crĂ©e la mascotte du festival, un chat, surnommĂ© le Fauve. Ce « personnage » est toujours prĂ©sent depuis sa naissance et accompagne ce grand festival qui pourrait bien prochainement connaitre quelques grosses difficultĂ©s
 Trondheim aurait annoncĂ© qu’il boycotterait la prochaine Ă©dition mais c’est une autre affaire


Enfin, Trondheim est aussi Ă©diteur depuis longtemps. Il a cocréé « L’Association » en 1990, devient Ă©diteur chez Delcourt en 2005 avec la collection Shampoing, crĂ©e la revue Papiers en 2013
 et ce serait trop long d’ĂȘtre exhaustif avec un auteur si prolifique !

Et Richard me direz-vous ? Les aventures de Richard sont des petits rĂ©cits dans la collection Patte de Mouche En quelques cases, quelques dessins, Lewis nous raconte une histoire, fait vivre ses personnages et on mesure la puissance narrative Ă  cette capacitĂ© Ă  nous plonger dans le trĂšs profond avec lĂ©gĂšreté  et j’adore ! Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire n’hĂ©sitez pas Ă  suivre Richard au cimetiĂšre !

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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08/08/2025 @ 07:14:26
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’avoue sans difficultĂ© avoir toujours eu du mal Ă  comprendre l’alliance contre nature entre Hitler et Staline en 1939. Je sais que certains se contentent de dire que les dictateurs sont tous les mĂȘmes et que cela explique cette alliance. D’autres, plus cyniques, pensent que la fin justifie les moyens et donc qu’une alliance « gagnant-gagnant » est toujours bonne Ă  prendre. Enfin, ceux qui sont historiens cherchent Ă  comprendre et finissent par trouver des explications, plus ou moins fiables, avec les influences des uns et des autres, en particulier des chefs militaires, des diplomates, des chefs de partis
 Voici deux ouvrages qui proposent quelques explications


Le premier est celui de Vladimir FĂ©dorovski. Il s’agit d’un acteur engagĂ© dans la vie russe durant un certain temps et qui a eu l’occasion d’ĂȘtre en contact avec deux sources d’information diffĂ©rentes mais solides : un, les sources en russes non traduites en français et, deux, le tĂ©moignage direct de certaines personnes tĂ©moins ou trĂšs proches des tĂ©moins. Son ouvrage, « Le fantĂŽme de Staline », est un livre passionnant qui ne traite pas essentiellement de l’alliance Staline-Hitler mĂȘme s’il l’aborde clairement. Pour cette question, la thĂšse soutenue et de façon convaincante et pertinente, c’est que Staline savait qu’il allait devoir lutter contre Hitler mais qu’il n’était pas prĂȘt. Il lui fallait gagner du temps pour monter en puissance. Cette alliance qu’il savait temporaire et illusoire, c’était une source de temps
 Il aurait prĂ©fĂ©rĂ© encore un peu plus de temps mais quand Hitler se retourne contre la Russie, il n’est pas surpris


Le livre contient beaucoup d’autres informations factuelles sur le « rĂšgne » de Staline et l’ouvrage mĂ©rite une bonne lecture estivale


Le second livre, La collaboration Staline-Hitler de Jean-Jacques Marie, est d’une nature diffĂ©rente mĂȘme si tout n’est pas si Ă©loignĂ©. Les calculs de Staline remontraient Ă  plus tĂŽt soit dĂšs 1933. Il y aurait eu une sorte de double jeu de Staline vis-Ă -vis des dĂ©mocraties occidentales et de la dictature d’Hitler. Hitler, trĂšs vite aurait fait comprendre Ă  Staline qu’une entente Ă©tait possible, le chef nazi voyant lĂ  l’occasion de jouer tranquille avec l’Europe centrale, la Pologne en tout premier lieu
 Il faut dire que lorsque deux ours se partagent une proie rien ne semble les perturber ! Seulement, comme on sait, deux ours ne peuvent pas s’entendre trop longtemps, Ă  un moment la faim les tiraille et ils tentent chacun de prendre la proie sans partager et la guerre devient inĂ©vitable !

Deux livres passionnants et une question qui n’est que partiellement rĂ©solue car il y a encore, du moins Ă  mon humble avis, quelques points non Ă©claircis. Et dans tout cela, il y a comme une odeur d’un ours qui voudrait manger l’Ukraine en s’alliant avec un autre ours qui voudrait bien en prendre toutes les richesses miniĂšres


Je ne peux donc que vous inciter Ă  lire ces deux ouvrages Ă©clairants cet Ă©tĂ© et, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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09/08/2025 @ 07:32:02
L’étĂ© c’est fait pour lire et quel bonheur d’avoir vu sortir en librairie cette « Petite philosophie de la sieste » moi qui pratique cette activitĂ© depuis si longtemps
 Enfin, un Ă©crivain osait me donner raison !

Tout d’abord, un petit mot sur cet Ă©crivain, SĂ©bastien Spitzer. Au dĂ©part, un journaliste qui a travaillĂ© avec Jeune Afrique, Canal +, Marianne, M6, TF1 ou Rolling Stone
 Mais il est devenu Ă©crivain, essayiste, enseignant Ă  Sciences Po
 Il a mĂȘme Ă©tĂ© finaliste du Goncourt des lycĂ©ens avec son roman « Le cƓur battant du monde ». On peut ajouter, il ne s’en cache pas, qu’il a Ă©tĂ© et est encore un pratiquant de la sieste et ça donne une vĂ©ritable crĂ©dibilitĂ© Ă  son petit opus que j’ai adorĂ© !

Souvent, en tous cas si je me souviens bien de tout ce que j’ai entendu ici ou là, la sieste est mal vue dans notre pays et dans notre culture. Un peu comme s’il s’agissait de temps perdu
 Alors, la sieste est-elle du temps de perdu ?

C’est avec cette question en tĂȘte qu’il faut aborder ce livre. TrĂšs rapidement on comprend le parti-pris de l’auteur mais on prend aussi en compte ses arguments (qui sont partagĂ©s avec de nombreuses personnes sur cette planĂšte). Il nous montre (et dĂ©montre) que la sieste est Ă  l’origine de bienfaits incroyables car elle soulage, elle rĂ©pare, elle aide le cerveau, accompagne le corps, dĂ©stresse
 Parfois, elle est mĂȘme Ă  la source du gĂ©nie, de la crĂ©ation, de la dĂ©couverte, de la poĂ©sie
 Il ne faut quand mĂȘme pas oublier que si Newton n’avait pas fait une petite sieste au pied d’un pommier il n’aurait pas pris une pomme sur la tĂȘte et serait passĂ© Ă  cĂŽtĂ© de la loi de la gravitation


Et c’est lĂ  que SĂ©bastien Spitzer explique les choses le mieux, dĂ©passant largement les anecdotes
 Newton recherche avec assiduitĂ©, il engrange des milliers d’informations et la sieste intervient non comme une baguette magique incroyable mais comme un instant de sĂ©rĂ©nitĂ© qui permet au cerveau de tout remettre en ordre : lĂ , la pomme tombe et la gravitĂ© parait Ă©vidente Ă  Newton !

Cet ouvrage est un hymne Ă  la sieste, une rĂ©flexion profonde en faveur de la sieste, une dĂ©fense Ă©vidente de tous ceux qui la pratiquent depuis longtemps (merci cher SĂ©bastien du fond du cƓur !) et un petit mode d’emploi pour ceux qui voudraient tenter leur chance !

Et quel dĂ©fi de pouvoir lire ce texte durant l’étĂ© et avoir la possibilitĂ© de travaux pratiques dĂšs vos vacances estivales. Attention, il y a un risque bien rĂ©el d’addiction car une fois que l’on y a pris goĂ»t, il est bien difficile de s’en passer ! Enfin, je parle par expĂ©rience !

On a le droit, avant ou juste aprĂšs sa sieste, de lire quelque peu puisque l’étĂ© c’est fait pour lire ! Donc, bonne sieste et bonne lecture !

Shelton
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10/08/2025 @ 06:55:10
L’étĂ© c’est fait pour lire et il est temps de clore non pas la sĂ©rie « Assassins sans visages » de Peter May, car il me restera un volume Ă  lire, mais l’affaire de ce pari stupide lancĂ© par Enzo MacLeod Ă  la fin d’un repas trop arrosĂ©, c’est-Ă -dire cette aventure de rĂ©soudre sept crimes que la police française n’avait pas rĂ©solu et qu’un journaliste avait regroupĂ© dans un ouvrage
 Ce sixiĂšme volume s’intitule « Un alibi en bĂ©ton » et je vous dois immĂ©diatement quelques explications


En effet, on parle de sept crimes en suspend et seulement six volumes. Quid du septiĂšme assassinat
 Pas de panique les amis, c’est tout simplement que ce sixiĂšme volume permettra de rĂ©gler cette fois-ci deux affaires complexes mais possĂ©dant un lien, un lien certain mais que peu de lecteurs verront venir car Peter May nous manipule avec talent et nous plongerons abondamment dans les fausses pistes et autres chemins sans issue
 Chapeau bas, monsieur le romancier !

C’est aussi un moment clef dans la vie de la famille McLeod car un certain nombre d’affaires et secrets vont trouver leur issue pour le bien ou presque de tous les acteurs. Presque car certains sentiront ce coup final, bien sĂ»r, on est quand mĂȘme dans une affaire policiĂšre, ne l’oublions pas !

Je me dois de vous donner quelques Ă©lĂ©ments ne serait-ce que pour vous donner envie – ou pas – de lire ce roman. Tout part de la disparition d’une femme, Lucie Martin. Longtemps aprĂšs sa disparition, on retrouve son corps dans un Ă©tang dont le niveau de l’eau a baissĂ© drastiquement Ă  cause de la canicule. On Ă©tait en 2003
 L’enquĂȘte est reprise par Enzo McLeod en 2011 et 8 ans aprĂšs, il est toujours difficile de rafraichir les mĂ©moires et d’obtenir des informations fiables


Un coupable prĂ©sumĂ©, un meurtrier rĂ©cidiviste enfermĂ© en prison, d’autres femmes disparues, une affaire complexe avec des intĂ©rĂȘts divers et parfois impĂ©ratifs, Enzo se trouve face Ă  une sĂ©rie d’impossibilitĂ©s car « un alibi en bĂ©ton » 
 Mais comme un ami le suggĂšre Ă  Enzo, un alibi n’est qu’un aspect fragile des choses, on peut en donner un, en fabriquer un ou ne pas en avoir et ĂȘtre malgrĂ© tout innocent !

Tous les Ă©lĂ©ments sont rĂ©unis pour faire un bon roman policier, y compris l’amour qui va arriver dans la vie d’Enzo quand un personnage rencontrĂ© lors du premier roman que j’avais lu de la sĂ©rie fait son grand retour
 Que du bonheur au milieu d’un drame effroyable !

Une fin de qualitĂ© pour ce dĂ©fi menĂ© Ă  bout par Enzo et je suis trĂšs heureux de savoir qu’il y a encore un roman pour prolonger la vie en compagnie de ces personnages agrĂ©ables et pour la plupart bien sympathiques
 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas Ă  plonger dans cette sĂ©rie policiĂšre et romanesque, Assassins sans visages de Peter May !

Shelton
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11/08/2025 @ 08:46:45
L’étĂ© c’est fait pour lire et lire c’est fait pour nous procurer du plaisir. Car, si ce n’était pas le cas, on ne le ferait pas pendant l’étĂ©, les vacances, la sieste
 Certes, on peut nous parler de l’information, de la rĂ©flexion, de la culture mais il faut absolument adjoindre ce mot de plaisir
 C’est lĂ , probablement, que certains prescripteurs de la lecture ont quelque peu pĂ©ché  Je me souviens, durant une grande partie de ma jeunesse avoir eu des enseignants qui oubliaient cette notion du plaisir
 Moi, cette rencontre a eu lieu quand j’étais en troisiĂšme


Nous avions un professeur de français magicien. Il a rĂ©ussi en quelques mois Ă  me lancer dans la littĂ©rature en me dĂ©montrant que, lĂ  derriĂšre les pages, les mots, les phrases, il y avait Ă  dĂ©couvrir un immense bonheur. Il ne l’a pas fait avec des rĂ©sumĂ©s d’Ɠuvres, des romans réécrits, des livres pour la jeunesse ou je ne sais quels pis-aller ! Non, avec lui ce fut Corneille, Edgar Poe, Balzac


Alors, me direz-vous, quelle Ă©tait sa solution, son remĂšde, sa formule magique ? Il oubliait, au moins au dĂ©part, tous les Ă©lĂ©ments universitaires dont sa tĂȘte Ă©tait probablement et mĂȘme certainement remplie, pour ne garder que les personnages, l’aventure humaine, le vivant
 Il voulait qu’il y ait un choc, une rencontre, une envie permanente de tourner la page
 Provoquer cette sorte d’addiction Ă  garder le livre en main
 Il oubliait les questionnaires Ă  la gomme que j’ai trop vu durant les Ă©tudes de mes enfants : dans le chapitre 5, quelle est la couleur de la robe de l’hĂ©roĂŻne ? Mais on s’en fiche et quelle importance par rapport Ă  ce qu’elle fait dans ce chapitre ! On a le droit d’oublier certains dĂ©tails quand on est dans une action si forte !

Il inventait toutes les activitĂ©s possibles pour que la lecture devienne une fĂȘte. Je me souviens en particulier d’une bibliothĂšque tournante qu’il avait instaurĂ©e dans la classe. Chaque collĂ©gien devait apporter un livre de chez lui et les livres ont tourné  C’est ainsi que j’ai lu pour la premiĂšre fois – et pas la derniĂšre – Les aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe. Certes, ce n’était pas au programme mais cela provoqua chez moi le dĂ©clic : un classique pouvait ĂȘtre passionnant ! Et quand j’aime, j’ai tendance Ă  devenir boulimique : j’ai enchainĂ© avec les Histoire extraordinaires, les Nouvelles histoires extraordinaires
 Puis, fascinĂ© par le théùtre de Pierre Corneille je lisais cette annĂ©e plus de trente piĂšces de théùtre avant d’aller en voir une « pour de vrai », nouveau choc Ă©motionnel qui fit naĂźtre mon goĂ»t du spectacle vivant


Ce n’est pas par nostalgie que je vous raconte cela mais tout simplement pour que nous trouvions le chemin de la transmission du plaisir de la lecture. Il y a peu, une de mes petites filles m’a demandĂ© pour ses dix ans un ouvrage de la collection La PlĂ©iade
 Elle me laisse le choix entre les Contes d’Andersen, Robinson CrusoĂ© et une anthologie de la poĂ©sie française
 Le plaisir serait-il en train de naitre ? Qui sait ?

N'oublions pas de donner aux jeunes de bonnes lectures, c’est vital ! Et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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12/08/2025 @ 08:52:24
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est avec plaisir que je voudrais aujourd’hui vous parler d’un ouvrage passionnant, « Le crĂ©puscule des rois, le dernier Ăąge d’or de la monarchie, 1901-1914 » de Philippe Erlanger. Alors, bien sĂ»r, vous l’avez bien compris, on ne traite pas ici de la monarchie française mais europĂ©enne car la France est dĂ©jĂ  une rĂ©publique dans cette pĂ©riode
 On va donc aborder la monarchie britannique, allemande, autrichienne, espagnole, belge et russe. La pertinence est d’autant plus Ă©vidente que de trĂšs nombreux monarques sont cousins, plus ou moins Ă©loignĂ©s, et qu’ils vont ensemble prĂ©cipiter l’Europe dans la plus terribles des guerres


L’ouvrage est tout d’abord trĂšs bien Ă©crit et construit avec finesse. En effet, tout en donnant l’impression au lecteur d’aborder la question royaume par royaume, trĂšs rapidement, on comprend que l’on va vivre un rĂ©cit cohĂ©rent et presque chronologique. Alors, oui, Ă  chaque chapitre on a bien un monarque spĂ©cifiquement au centre des dĂ©bats mais, de chapitre en chapitre, la guerre se met en place, s’affine, devient presque inĂ©vitable
 La derniĂšre partie du livre est un Ă©pisode Ă©poustouflant durant lequel ces monarques dĂ©clenchent l’irrĂ©versible avec, avouons-le, l’aide d’une rĂ©publique française qui n’est pas innocente


Dans la partie des Ă©tudes royaume par royaume, Philippe Erlanger montre comment ces monarques Ă©taient persuadĂ©s, tous les uns plus que les autres, d’ĂȘtre infaillibles, de tout comprendre, d’avoir la capacitĂ© de tout imposer Ă  leurs cousins sans tenir compte de leurs conseillers politiques et diplomatiques. Certes, chacun avait bien son caractĂšre mais ils avaient en commun de ne plus rien maĂźtriser et d’ĂȘtre dĂ©passĂ©s par leur propre peuple, les reprĂ©sentations parlementaires, les ministres. Ils n’étaient que des monarques d’apparat et ils ne le savaient pas ! En revanche, trĂšs important pour le lecteur, ces chapitres permettent une rĂ©vision complĂšte de l’histoire de ces pays avant la Grande guerre. Une monarchie anglaise qui doit apprendre Ă  se passer de la grande Victoria, un empire allemand qui a tout Ă  prouver, une Russie aux portes de sa rĂ©volution, un empire austro-hongrois vieillissant pour ne pas dire agonisant, une monarchie espagnole dont je ne connaissais presque rien et un roi Alphonse XIII qui est un monarque surprenant (il dĂ©cĂšdera en exil en 1941) et, ce qui nous place dans le prolongement de deux autres de mes chroniques estivales, une monarchie belge qui cherche le chemin de sa neutralitĂ© avec en premier lieu LĂ©opold II pas trĂšs apprĂ©ciĂ© dans le monde puis Albert 1er qui aura Ă  vivre la PremiĂšre Guerre mondiale


Puis, et c’est le chapitre Ă  lire Ă  tout prix, on finira par ces quelques jours avant le dĂ©clenchement de la guerre, celui qui permet de voir ces Ă©changes de messages parfois dĂ©connectĂ©s de la rĂ©alitĂ©, transmis tronquĂ©s avec des rĂ©ponses ignorĂ©es, bref, celui qui fait dire Ă  Philippe Erlanger que ces monarques Ă©taient surtout incompĂ©tents
 Ils ont entrainĂ© dans la guerre l’Europe, une guerre meurtriĂšre mais on peut douter de la compĂ©tence de ceux qui dirigent le monde et nous entrainent Ă  leur tour dans la guerre
 Tout recommencerait-il ? A vous de vous faire votre idĂ©e
 bonne lecture puisque l’étĂ© c’est fait pour lire !

Shelton
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13/08/2025 @ 05:56:39
L’étĂ© c’est fait pour lire et, mĂȘme si vous aimez la bande dessinĂ©e, il est possible que vous ne lisiez pas de façon rĂ©guliĂšre la Revue dessinĂ©e
 On ne peut quand mĂȘme pas tout lire ! L’ouvrage que je vous propose aujourd’hui est un recueil de cette revue sur le thĂšme de la crise Ă©cologique et climatique. Avec certains incendies de cet Ă©tĂ© et la sĂ©cheresse enregistrĂ©e dans certains lieux, cette lecture semble s’imposer
 Non ?

Commençons par une information factuelle, cette revue propose des enquĂȘtes et des reportages menĂ©s par de vĂ©ritables journalistes et dessinĂ©s par des dessinateurs de bandes dessinĂ©es professionnels. Chaque partie, est donc Ă  la fois une vĂ©ritable source d’information, un rĂ©cit dessinĂ© de qualitĂ© et une possibilitĂ© d’amĂ©liorer vos connaissances citoyennes car il y a bien urgence pour les citoyens de pousser, enfin, les politiques dans le sens de la responsabilitĂ© devant l’humanitĂ© et l’Histoire !

Alors, je sais bien que certains sont encore lĂ  Ă  Ăąnonner que « tout va bien Madame la Marquise » en attendant que tout s’écroule, mais il va falloir quand mĂȘme comprendre que d’une part, il y a bien une pĂ©riode de dĂ©rĂšglement climatique, que l’activitĂ© humaine est bien l’un des acteurs de cette pĂ©riode complexe et pĂ©rilleuse pour la planĂšte et que, mĂȘme si les chances de rĂ©ussite deviennent de plus en plus faibles, les ĂȘtres humains peuvent amĂ©liorer les choses
 Ce dernier point est complexe mais il faut tenter de faire ce que l’on peut. Ne rien faire (ou pire, agir dans le sens contraire) c’est la garantie d’un bouleversement encore plus fort avec des consĂ©quences considĂ©rables


L’ouvrage que je vous propose d’ouvrir vous parlera ainsi de Total et des Ă©nergies fossiles (ou comment cacher la vĂ©ritĂ© pour continuer Ă  prospĂ©rer avec des actionnaires inconscients), des glaciers et de la neige, richesse en disparition (on ne va quand mĂȘme pas faire de la neige artificielle en accentuant la chaleur rejetĂ©e dans l’univers et augmentant le rĂ©chauffement climatique !), du dĂ©gel de certaines terres du Grand nord qui provoquent des dĂ©placements massifs de populations, humaines et animales, des algues vertes en Bretagne et du chlordĂ©cone dans les Antilles ( les « doux » mĂ©faits de l’agriculture intensive qui fait des ravages !), on s’informera, bien sĂ»r, sur les Ă©cosystĂšmes, la biodiversitĂ© et la façon de respecter durablement la nature
 et, bien sĂ»r, ce ne sera pas tout, mais on ne peut pas en quelques lignes ou minutes de radio lister entiĂšrement toute la richesse d’information de cet ouvrage qu’il faut lire (et j’ai envie de dire avant qu’il ne soit trop tard !).

Les septiques ne seront pas concernĂ©s, c’est une Ă©vidence, mais pour les autres, c’est aussi une façon de rĂ©flĂ©chir, d’ouvrir le dĂ©bat en famille avec ses enfants ou petits-enfants car si les politiques n’osent pas travailler Ă  changer le monde, c’est peut-ĂȘtre Ă  nous tous de le faire ! Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire (et changer notre regard sur certains grands problĂšmes), je ne peux que vous dire : bonne lecture !

Shelton
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15/08/2025 @ 10:18:11
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi une pĂ©riode privilĂ©giĂ©e pour la rencontre intergĂ©nĂ©rationnelle, en particulier celle avec les petits-enfants
 Il y a quelques jours, lors d’un diner paisible dans le jardin d’une de mes filles, voilĂ  que je suis questionnĂ© par un petit bonhomme de huit ans :
- Papy, pourquoi tu as un téléphone du Moyen-ùge ?
Oups ! Que rĂ©pondre Ă  cette interrogation existentielle ? Tout d’abord, bien cerner le problĂšme
 Pourquoi cette question ? Ben, tu ne peux pas avoir les applications que Papa a ! Oui, Ă©videmment, alors prolongeons l’enquĂȘte initiale : tu crois qu’ils avaient le tĂ©lĂ©phone Ă  cette Ă©poque-lĂ , au Moyen-Ăąge comme tu dis ? Heu
 Ben, ils avaient des vieux tĂ©lĂ©phones comme toi ! Heureusement, il n’a pas dit que j’étais vieux, juste que mon tĂ©lĂ©phone Ă©tait vieux


PassĂ© le fou rire collectif, vint un moment plus crucial : qui Ă©tait capable de dĂ©finir en dates le Moyen-Ăąge ? Quelle image avons-nous de ce fameux Moyen-Ăąge ? LĂ , avouons-le, peu sont capables de parler de cette pĂ©riode sans faire trop d’erreurs (et je ne parle pas des enfants bien sĂ»r !). Alors il me semble assez important, non pas de savoir dĂ©finir une pĂ©riode avec des dates prĂ©cises et des termes universitaires mais bien d’avoir quelques faits prĂ©cis dans chaque pĂ©riode, avec des dĂ©couvertes de l’époque
 Quant aux enfants, pour les aider Ă  comprendre que leurs grands-parents n’ont ni vĂ©cu Ă  la pĂ©riode des dinosaures ni en plein Moyen-Ăąge, il existe quelques ouvrages trĂšs pĂ©dagogiques pour cerner les diffĂ©rentes pĂ©riodes proches de nous


J’ai choisi « Quand j’étais petit » de Philippe Nessmann qui n’est pas exhaustif ni scientifique mais qui rafraichira quelques mĂ©moires tout en amusant les plus jeunes : la premiĂšre console de jeux dans le village, l’horloge parlante pour avoir l’heure exacte, les cabines tĂ©lĂ©phoniques, l’esquimau glacĂ© au cinĂ©ma, l’arrĂȘt des programmes tĂ©lĂ© Ă  minuit, l’écriture d’une lettre, les soirĂ©es diapos entre amis


Mais, si on veut ĂȘtre encore plus prĂ©cis, la collection « nos annĂ©es » permet le mĂȘme jeu mais avec la dĂ©cennie de naissance. Les ouvrages sont plus prĂ©cis, avec des contenus historiques, mĂ©diatiques et sociologiques que les lecteurs devront expliquer aux plus jeunes mais qui devraient faire naitre des discussions et dĂ©bats passionnants. J’aime beaucoup ceux de ma dĂ©cennie, bien sĂ»r, et il a fallu deux tomes pour en faire le tour !

Je n’ai pas encore la certitude que mon petit-fils ait bien compris ce que fut le Moyen-Ăąge ni qu’il cerne bien la pĂ©riode de ma naissance mais je pense que nous sommes en bonne voie et comme j’ai entendu ce soir-lĂ  : Papy pourrait quand mĂȘme faire un effort pour avoir un tĂ©lĂ©phone avec toutes les applis !

Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas Ă  voyager » dans le temps avec les plus jeunes autour de ces bons livres. Bonne lecture !

Shelton
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16/08/2025 @ 08:02:27
L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois on peut tomber sur un livre qui remue les entrailles du lecteur
 Ce fut le cas pour moi avec ce « Tuer ou dĂ©sobĂ©ir » d’Éric Burgaud. Il faut bien avouer que cet ouvrage avait tout pour ne pas me laisser indiffĂ©rent : d’une part je connais personnellement Éric depuis fort longtemps – je crois me souvenir que nous avons fait un stage ensemble de quatre mois en 1985 – et nous avons tous les deux Ă©tĂ© officiers de l’armĂ©e française. D’autre part, durant de nombreux Ă©tĂ©s, nous avons eu la chance de nous retrouver dans ce village de Saint-Jacut que nous apprĂ©cions tous les deux
 Du coup, un livre qu’il me fallait lire sans aucun problĂšme et dont je voudrais vous parler sans rien cacher


C’est un ouvrage tĂ©moignage, de rĂ©flexion aussi, qui prend sa source dans ce que l’on appellerait couramment un fait divers. Pour ceux qui suivent rĂ©guliĂšrement les informations concernant l’armĂ©e française, il s’agit de l’affaire MahĂ©. Je vous en donne l’essentiel tel que cela peut se trouver dans la presse du moment : nous sommes en CĂŽte d’Ivoire et Firmin MahĂ© est ce que l’on appelle un coupeur de route. Il appartient Ă  ses troupes rebelles qui agressaient les gens circulant sur les routes de CĂŽte d’Ivoire, ce qui pouvait se rĂ©sumer par vol, viol, assassinat, prise d’otage selon le cas
 Il y a des lourdes charges contre MahĂ© et il est arrĂȘtĂ© par les militaires français le 13 mai 2005.

LĂ  commence l’affaire judiciaire Ă  proprement parler, c’est-Ă -dire l’enchainement des faits qui vont mener Ă  la mort de Firmin MahĂ©. La justice ayant Ă©tĂ© rendue, il ne me revient pas, Ă  moi, de porter un jugement sur les faits, sur le courage de certains Ă  assumer leurs actes ou d’autres de se dĂ©fausser avec plus ou moins de bonne foi. Tout cela appartient maintenant Ă  l’Histoire et c’est ainsi. Éric a Ă©tĂ© condamnĂ© pour complicitĂ© du meurtre de Firmin MahĂ© en ayant donnĂ© l’ordre de l’éliminer, ordre qu’il a donnĂ© car – c’est ce qu’il a toujours dit – il en avait reçu l’ordre du gĂ©nĂ©ral Henri Poncet.

Mais ce qui me semble le plus important dans cette affaire c’est de comprendre que nous envoyons dans le monde des soldats français, souvent sous mandat international, avec des ordres qui ne sont pas toujours prĂ©cis, peu assumĂ©s par ceux qui les donnent et souvent avec un manque de luciditĂ© des politiques et des grands chefs militaires. On peut discuter Ă  l’infini sur les faits, mais deux choses sont Ă  noter et garder en mĂ©moire : d’une part, la disparition de Firmin MahĂ© a rĂ©ellement – plusieurs tĂ©moignages le confirment, civils et militaires – assaini la situation dans le pays avec moins de viols, d’assassinats, de prises d’otage ; d’autre part, un militaire est en devoir d’exĂ©cuter les ordres reçus et il n’a pas toujours la possibilitĂ© de prendre le temps de peser le pour et le contre avant d’exĂ©cuter l’ordre. Le devoir de dĂ©sobĂ©issance existe bien mais pour prendre une telle dĂ©cision, il faut du temps et de l’éclairage
 Pas si simple en opĂ©ration ! D’oĂč ce titre « Tuer ou dĂ©sobĂ©ir, le dilemme d’un soldat » d’Éric Burgaud, un livre touchant, poignant et vrai que je vous conseille de lire si vous voulez comprendre la situation des militaires en opĂ©ration. Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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17/08/2025 @ 19:11:35
L’étĂ© c’est fait pour lire et j’adore trouver des livres pour enfant qui soient Ă  la hauteur de jeunes lecteurs, c’est-Ă -dire qui ne soient ni des traductions Ă  la va-vite, ni des histoires sans aucun sens et encore moins des ouvrages qui ne nĂ©cessitent aucune rĂ©flexion. Un bon livre jeunesse doit ĂȘtre beau, avoir du sens, ĂȘtre plaisant Ă  lire (que dis-je, Ă  dĂ©vorer) et, petit bonus non nĂ©gligeable, sa lecture doit pouvoir entrainer une petite discussion (je n’ai pas dit « provoquer un cours de philosophie ! »).

Alors, il se trouve que l’une de mes petites-filles, ĂągĂ©e de trois ans, se prĂ©nomme Agatha et que cela est dĂ», c’est ainsi, Ă  la passion de sa maman pour la romanciĂšre Agatha Christie. Il y a quelques jours, en entrant dans une librairie jeunesse, une de mes passions estivales, j’ai immĂ©diatement vu un album intitulĂ© « Agatha Christie », dans la collection Petite&grande, signĂ© Elisa Munso et Maria Isabel Sanchez Vegara. La tranche d’ñge est un peu supĂ©rieure Ă  5 ans mais il ne s’agit surtout pas de donner Ă  l’enfant des Ă©lĂ©ments sur le contenu des romans policiers, juste lui montrer qu’une femme ordinaire, dans une situation donnĂ©e, peut devenir une des plus grandes romanciĂšres du monde !

Un texte trĂšs simple, qui part de l’histoire lue par sa maman et qui va jusqu’au moment oĂč ses tirages explosent. Comme tout est simplifiĂ© pour rester accessible aux plus jeunes lecteurs, on ne trouvera pas lĂ  la dĂ©finition d’un roman policier, ni les pĂ©ripĂ©ties conjugales d’Agatha Christie, ni le fait que son second mari Ă©tait archĂ©ologue
 On se limitera Ă  l’écriture, son engagement comme infirmiĂšre durant la PremiĂšre Guerre mondiale, sa connaissance des poisons et autres mĂ©dicaments Ă  risques, au fait qu’elle a beaucoup voyagĂ©, aux grands personnages qu’elle a créés (Hercule Poirot et Miss Marple), Ă  ses succĂšs au théùtre
 Elle sera nommĂ©e dans cet ouvrage « reine du mystĂšre » et non reine du crime de façon Ă  ne pas trop choquer les plus jeunes


Pour ce qui est du dessin d’Elisa Munso, il est tout simplement parfait, adaptĂ©, expressif, en noir et blanc, bien sĂ»r, et c’est lui qui m’a fait sans aucun doute plonger dans cet achat qui n’a pas, je vous l’avoue, mis en pĂ©ril mon budget familial
 Quant Ă  l’effet sur ma fille et ma petite-fille, lĂ  je ne peux rien vous dire car l’album ne sera offert que dans quelques jours
 restez discrets, s’il vous plait !

Pour vous, si vous ne souhaitez pas vous limiter Ă  un album jeunesse, n’hĂ©sitez pas Ă  lire ou relire un bon roman d’Agatha Christie comme « Un meurtre sera commis le
 » avec Miss Marple ou « Meurtre en MĂ©sopotamie » avec Hercule Poirot. Deux romans parmi ceux que j’aime le plus et qui sont adaptĂ©s Ă  une belle lecture estivale
 TrĂšs bonne lecture !

Veneziano
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18/08/2025 @ 07:45:40
Je reprends demain le travail. Mon rythme de lectures va donc un tantinet ralentir.
Outre les policiers à Venise de Donna Leon et les livres sur le Cambodge, comme je l'avais annoncé, j'ai profité de cet été littéraire pour continuer à découvrir les petites anthologies thématiques de la collection Le Goût de ..., aux éditions du Mercure de France. J'ai ainsi pu vous consacrer les opus consacrés à la poésie française, à l'archéologie, à la mémoire et à l'aventure.

Eric EliĂšs
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18/08/2025 @ 11:50:19
L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois on peut tomber sur un livre qui remue les entrailles du lecteur
 Ce fut le cas pour moi avec ce « Tuer ou dĂ©sobĂ©ir » d’Éric Burgaud. Il faut bien avouer que cet ouvrage avait tout pour ne pas me laisser indiffĂ©rent : d’une part je connais personnellement Éric depuis fort longtemps – je crois me souvenir que nous avons fait un stage ensemble de quatre mois en 1985 – et nous avons tous les deux Ă©tĂ© officiers de l’armĂ©e française. D’autre part, durant de nombreux Ă©tĂ©s, nous avons eu la chance de nous retrouver dans ce village de Saint-Jacut que nous apprĂ©cions tous les deux
 Du coup, un livre qu’il me fallait lire sans aucun problĂšme et dont je voudrais vous parler sans rien cacher


C’est un ouvrage tĂ©moignage, de rĂ©flexion aussi, qui prend sa source dans ce que l’on appellerait couramment un fait divers. Pour ceux qui suivent rĂ©guliĂšrement les informations concernant l’armĂ©e française, il s’agit de l’affaire MahĂ©. Je vous en donne l’essentiel tel que cela peut se trouver dans la presse du moment : nous sommes en CĂŽte d’Ivoire et Firmin MahĂ© est ce que l’on appelle un coupeur de route. Il appartient Ă  ses troupes rebelles qui agressaient les gens circulant sur les routes de CĂŽte d’Ivoire, ce qui pouvait se rĂ©sumer par vol, viol, assassinat, prise d’otage selon le cas
 Il y a des lourdes charges contre MahĂ© et il est arrĂȘtĂ© par les militaires français le 13 mai 2005.

LĂ  commence l’affaire judiciaire Ă  proprement parler, c’est-Ă -dire l’enchainement des faits qui vont mener Ă  la mort de Firmin MahĂ©. La justice ayant Ă©tĂ© rendue, il ne me revient pas, Ă  moi, de porter un jugement sur les faits, sur le courage de certains Ă  assumer leurs actes ou d’autres de se dĂ©fausser avec plus ou moins de bonne foi. Tout cela appartient maintenant Ă  l’Histoire et c’est ainsi. Éric a Ă©tĂ© condamnĂ© pour complicitĂ© du meurtre de Firmin MahĂ© en ayant donnĂ© l’ordre de l’éliminer, ordre qu’il a donnĂ© car – c’est ce qu’il a toujours dit – il en avait reçu l’ordre du gĂ©nĂ©ral Henri Poncet.

Mais ce qui me semble le plus important dans cette affaire c’est de comprendre que nous envoyons dans le monde des soldats français, souvent sous mandat international, avec des ordres qui ne sont pas toujours prĂ©cis, peu assumĂ©s par ceux qui les donnent et souvent avec un manque de luciditĂ© des politiques et des grands chefs militaires. On peut discuter Ă  l’infini sur les faits, mais deux choses sont Ă  noter et garder en mĂ©moire : d’une part, la disparition de Firmin MahĂ© a rĂ©ellement – plusieurs tĂ©moignages le confirment, civils et militaires – assaini la situation dans le pays avec moins de viols, d’assassinats, de prises d’otage ; d’autre part, un militaire est en devoir d’exĂ©cuter les ordres reçus et il n’a pas toujours la possibilitĂ© de prendre le temps de peser le pour et le contre avant d’exĂ©cuter l’ordre. Le devoir de dĂ©sobĂ©issance existe bien mais pour prendre une telle dĂ©cision, il faut du temps et de l’éclairage
 Pas si simple en opĂ©ration ! D’oĂč ce titre « Tuer ou dĂ©sobĂ©ir, le dilemme d’un soldat » d’Éric Burgaud, un livre touchant, poignant et vrai que je vous conseille de lire si vous voulez comprendre la situation des militaires en opĂ©ration. Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !


"Tuer ou dĂ©sobĂ©ir" n'est pas prĂ©sentĂ© sur CL or c'est un livre qui, je pense, le mĂ©riterait. A moins que tu ne souhaites le faire, j'essayerai de trouver le temps dans les mois qui viennent de rĂ©diger une note de lecture, qui sera sans doute un peu critique, car la question posĂ©e par le titre me semble bancale. En effet, ce n'est pas tant la mort en elle-mĂȘme de Firmin MahĂ© que les conditions et circonstances de sa mort par Ă©touffement (dans des conditions s'apparentant Ă  une exĂ©cution sommaire) qui ont posĂ© problĂšme. Il faut faire trĂšs attention au genre d'affirmation " la disparition de Firmin MahĂ© a rĂ©ellement – plusieurs tĂ©moignages le confirment, civils et militaires – assaini la situation dans le pays avec moins de viols, d’assassinats, de prises d’otage " car, Ă  ce titre-lĂ , il y aurait beaucoup de personnes (trafiquants, assassins, violeurs rĂ©cidivistes, etc.) dont la disparition dĂ©finitive assainirait la situation dans le pays, et pas seulement en RCI !!! Par ailleurs,sur la forme, c'est un livre publiĂ© par L'Harmattan : je pense donc Ă  la discussion que nous avions eue il y a quelques mois, notamment avec Feint. L'existence d'un Ă©diteur comme l'Harmattan me paraĂźt salutaire car elle permet aussi Ă  de nombreuses personnes d'exposer et partager un point de vue contradictoire n'intĂ©ressant pas les grands Ă©diteurs. Que l'auteur ait dĂ» contribuer en s'engageant Ă  acheter Ă  ses frais plusieurs exemplaires d'auteur (une vingtaine, Ă  ma connaissance) ne discrĂ©dite pas pour autant l'intĂ©rĂȘt ou la qualitĂ© de la thĂšse exposĂ©e.

Shelton
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19/08/2025 @ 12:16:33
L’étĂ© c’est fait pour lire et comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit j’aime beaucoup lire en lien avec mes dĂ©placements. C’est ainsi que j’ai dĂ©couvert certains personnages dont je n’avais jamais entendu parler comme ce Guillaume de La Marck, le sanglier des Ardennes. Mais, aujourd’hui, je voulais mettre en lumiĂšre la trĂšs belle collection des Ă©ditions Ouest-France. J’en ai achetĂ© deux exemplaires, un Ă  Fontevraud et un Ă  Nantes, un qui raconte AliĂ©nor d’Aquitaine et le second consacrĂ© Ă  Anne de Bretagne.

Je trouve que ces deux livres – il s’agit beaucoup plus de livres que de simples petits fascicules touristiques – sont trĂšs bien construits, magnifiquement illustrĂ©s, basĂ©s sur des fondements historiques sĂ©rieux et fiables, enfin, ils sont trĂšs pĂ©dagogiques ce qui m’a permis de les offrir Ă  une de mes petites-filles sans aucune hĂ©sitation !

C’est aussi l’occasion de mettre deux femmes en avant, deux femmes qui ont chacune beaucoup comptĂ© dans l’Histoire de France. AliĂ©nor Ă©tait une femme de caractĂšre, une grande amatrice d’art qui avait hĂ©ritĂ© de l’Aquitaine de son pĂšre et qui en tant que femme ne pouvait pas exercer son rĂŽle de duchesse d’Aquitaine. Elle s’est retrouvĂ©e dans un mariage arrangĂ© qui donnait Ă  la France la possibilitĂ© de s’agrandir sĂ©rieusement
 Mais le mariage avec Louis VII ne fut pas une rĂ©ussite et AliĂ©nor va divorcer et trouver un autre prince disponible, un certain Henri Plantagenet, qui de duc deviendra roi d’Angleterre
 C’est ainsi qu’AliĂ©nor sera deux fois reine, une fois de France, une fois d’Angleterre. Elle sera aussi la mĂšre d’un certain Richard CƓur de Lion !

Il y a donc bien un point commun avec Anne de Bretagne qui sera deux fois reine, deux fois reine de France, une fois en Ă©pouse de Charles VIII et une fois de Louis XII. Elle aussi Ă©tait hĂ©ritiĂšre d’un duc, celui de Bretagne. LĂ  encore, impossible d’exercer le rĂŽle de duchesse seule, il lui fallait trouver un Ă©poux et certains se sont bien chargĂ© de lui en trouver un, le roi de France, lui aussi allĂ©chĂ© par un duchĂ© Ă  rattacher Ă  la France


Je ne vais pas tout vous raconter sur ces deux femmes hors normes mais les deux ouvrages sont passionnants et adaptĂ©s au tourisme et le titre le dit bien : « Sur les pas de
 ». VoilĂ  donc un outil bien fait pour accompagner le visiteur Ă  Fontevraud, Ă  Nantes, Ă  Suscinio


Donc, si vous allez dans cette rĂ©gion, il faut prendre le temps de pousser vos plus jeunes dans la connaissance de notre Histoire et ces deux femmes en font bien partie et mĂ©ritent d’ĂȘtre plus connues. On cherche toujours des femmes cĂ©lĂšbres, en voici deux ! Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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20/08/2025 @ 12:11:25
L’étĂ© c’est fait pour lire et, comme c’est aussi la saison des conserves faites maison, il est normal de vous offrir un ouvrage pour vous guider dans cette rĂ©alisation dĂ©licate. DĂ©licate ? Oui, chaque annĂ©e, on entend parler d’accidents ou mĂȘme de drames avec des conserves mal faites en termes de sĂ©curitĂ© alimentaire. Il ne faut pas prendre le sujet Ă  la lĂ©gĂšre mĂȘme si le bon sens et quelques prĂ©cautions vous mettront Ă  l’abri de ces problĂšmes


Je ne vais pas ici faire la liste exhaustive des mesures Ă  prendre car l’ouvrage « Miss conserves » vous donnera tous les comportements Ă  avoir avec un remarquable chapitre sur l’ABC des conserves rĂ©ussies. DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment Ă  bien avoir en tĂȘte c’est que si vous voulez conserver des fruits ou des lĂ©gumes, il faudra dans tous les cas, que ce soit en confitures, au vinaigre ou en bocaux classiques, partir de produits propres et pas abimĂ©s ! Certes, dans une confiture ou une compote, on peut utiliser la partie saine d’un fruit mais il faut toujours faire attention et ne pas imaginer qu’un fruit qui aurait tournĂ© et dont le goĂ»t est mauvais deviendrait bon parce qu’il est dans une compote ou une confiture : plus les fruits sont bons, plus le travail sera valorisĂ© et le rĂ©sultat bon Ă  dĂ©guster !

Une fois ces rĂšgles de base mises en place, Sabrina ThĂ©riault va vous donner des idĂ©es et des recettes. Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas tout essayĂ© mais cela donne de belles perspectives, des envies, des projets. D’ailleurs, elle dit bien que faire des conserves implique un plan d’action : avoir les rĂ©cipients, les prĂ©parer, faire ses rĂ©coltes ou ses achats, avoir tous les ingrĂ©dients dĂ©sirĂ©s, savoir Ă©liminer ce que l’on aime moins et savoir le remplacer par un produit plus dans nos goĂ»ts
 et, surtout savoir libĂ©rer la crĂ©ativitĂ© qui est en nous et nous en avons tous !

Je voudrais aussi mettre ici une rĂ©flexion toute personnelle sur les conserves en gĂ©nĂ©ral. Nous ne sommes plus Ă  l’époque oĂč mettre en conserve Ă©tait un acte de survie alimentaire. Aujourd’hui, on peut travailler les produits que l’on aime, ceux que l’on produit dans son jardin, ceux que l’on peut acheter Ă  bas prix ou que l’on nous offre. J’ai toujours Ă©mis des doutes sur l’intĂ©rĂȘt d’acheter cher des produits de qualitĂ© moyenne ou venant de loin pour faire des produits que l’on trouve trĂšs facilement sans aucun problĂšme. Pourquoi irais-je acheter des prunes d’Agen pour les faire sĂ©cher moi-mĂȘme alors que l’on trouve des pruneaux tout l’annĂ©e, des bio, des trĂšs bons, Ă  des prix raisonnables (chacun d’entre-nous mettant bien la barriĂšre oĂč il le souhaite !). A l’inverse, si vous avez un cerisier qui donne beaucoup, faire des cerises en bocal, des confitures, des coulis
 prĂ©sentera un intĂ©rĂȘt certain plutĂŽt que de manger du clafoutis tous les jours, Ă  tous les repas durant deux semaines !

VoilĂ , un trĂšs beau livre, de belles recettes (comme ce chutney de mangue Ă©picĂ© !) et donc, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture, bon travail en cuisine et belles dĂ©gustations !

Shelton
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21/08/2025 @ 08:36:17
L’étĂ© c’est fait pour lire et, comme je vous le disais rĂ©cemment, j’aime bien lire en fonction de mes visites, rencontres et dĂ©placements. Aussi, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai vu mon beau-pĂšre m’offrir le catalogue de l’exposition « Crosses Ă©piscopales » que nous avions visitĂ©e Ă  Toul, dans la cathĂ©drale. Ce catalogue, plus qu’une simple liste Ă  la PrĂ©vert des crosses exposĂ©es, est un vĂ©ritable opus scientifique pour comprendre cet art et naviguer Ă  travers plusieurs siĂšcles de l’histoire religieuse de notre pays


A Toul, au lieu de simplement ouvrir durant l’étĂ© l’accĂšs au trĂ©sor de la cathĂ©drale aux touristes, on a choisi chaque annĂ©e de mettre en place une belle exposition sur un thĂšme qui donne du sens au trĂ©sor et en faisant venir d’autres lieux quelques piĂšces pour complĂ©ter la collection. L’étĂ© dernier, il s’agissait des anneaux Ă©piscopaux, cette annĂ©e, complĂ©ment naturel, le visiteur va dĂ©couvrir les crosses Ă©piscopales !

Ici, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement des crosses des Ă©vĂȘques ou cardinaux mais celles aussi des abbĂ©s et abbesses de l’église catholique. En effet, cette crosse est le prolongement du bĂąton de celui qui guide, du bĂąton qui soutien dans la difficultĂ© mais aussi du bĂąton qui incarne la force, le pouvoir. Difficile de dire quel fut le premier bĂąton du guide le plus ancien mais on peut se souvenir du bĂąton remis Ă  MoĂŻse pour guider son peuple dans le dĂ©sert. Je vous rassure tout de suite, si celui de MoĂŻse est bien Ă©voquĂ© dans le catalogue de l’exposition, il n’y a pas dans la salle d’exposition un pseudo bĂąton-relique qui aurait appartenu au patriarche hĂ©breu ! On a Ă©chappĂ© au pire du pire !

L’introduction du catalogue par Bernard Berthod, spĂ©cialiste de l’orfĂšvrerie religieuse est excellente et mĂ©rite Ă  elle seule la lecture de ce catalogue. C’est Ă  la fin du VĂšme siĂšcle qu’apparaissent rĂ©ellement ces crosses et trĂšs rapidement on voit de vĂ©ritables artistes se dĂ©mener pour faire les plus belles piĂšces Ă  la gloire de Dieu – enfin surtout Ă  la gloire des princes de l’Eglise qui oublient trop souvent les maximes Ă©vangĂ©liques (enfin, c’est mon avis personnel).

Observer ces diffĂ©rentes crosses sans se poser de questions mĂ©taphysiques permet de voir l’évolution de l’art, la maitrise des diffĂ©rentes matiĂšres et de voir l’évolution des thĂšmes utilisĂ©s pour assoir le pouvoir (et la foi bien sĂ»r !).

Le seul inconvĂ©nient, reconnaissons-le, c’est que la salle est petite et qu’il est difficile de prendre le temps d’observer longuement chaque piĂšce exposĂ©e
 Heureusement, les photos prises et le catalogue permettent de prolonger observation, mĂ©ditation et comprĂ©hension de ce catholicisme d’ñge en Ăąge que nous ne comprenons pas toujours de nos jours


Mais, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, je vous souhaite un bon Ă©tĂ© et de trĂšs bonnes lectures !

Shelton
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22/08/2025 @ 10:00:09
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi pour moi l’occasion de frĂ©quenter un peu plus la forĂȘt en compagnie de mes petits-enfants. Or, ces petits posent une multitude de questions, en particulier une qui peut avoir une grande variĂ©tĂ© d’objet : dis, c’est quoi ? Dans mon cas, selon les itinĂ©raires, les lieux, les jours, ce peut ĂȘtre des fleurs, des champignons, des oiseaux, des traces, des arbres
 Oui, ils sont curieux et ils attendent une rĂ©ponse prĂ©cise : un oiseau, un arbre, une fleur
 ça ne suffit pas !

Pour les champignons, j’avoue que mon grand-pĂšre et mon pĂšre m’ont donnĂ© les bases et que je ne sĂšche pas souvent devant la question. Pour les fleurs, je fais mon possible et chaque annĂ©e je tente d’en intĂ©grer quelques nouvelles Ă  mes connaissances
 Mais les oiseaux, c’est beaucoup plus dĂ©licat car pendant de nombreuses annĂ©es j’étais limitĂ© Ă  quelques noms : moineaux pour tous les petits, corbeaux, merles et dĂšs que l’on arrivait Ă  plus pointu, je restais Ă©vasif
 Depuis trois ans, j’avoue faire des efforts, poussĂ© par certains de mes petits-enfants. Pour cela, je passe par la lecture de certains ouvrages bien illustrĂ©s et simples car je ne vise pas non plus un diplĂŽme d’ornithologie !

C’est donc ainsi que j’ai trouvĂ© un nouvel opus bien rĂ©alisĂ©, « Apprendre Ă  reconnaĂźtre les oiseaux qui nous entourent » de Yves ThonnĂ©rieux. L’avantage principal est de parler d’oiseaux que l’on a la possibilitĂ© de contempler dans nos jardins, dans nos forĂȘts, dans nos parcs. J’ai bien les perruches et les perroquets mais chez nous


C’est ainsi que dans les individus prĂ©sentĂ©s dans cet ouvrage, j’ai dĂ©jĂ  eu la chance de voir un chardonneret Ă©lĂ©gant, une mĂ©sange charbonniĂšre, un rougegorge familier, une pie bavarde (et qui criait fort !), une hirondelle (probablement rustique), un milan royal, un hĂ©ron cendrĂ©, un martin-pĂȘcheur, un pic-vert et je ne liste pas les oiseaux marins car lĂ  mon expĂ©rience est plus grande ! On voit aussi rĂ©guliĂšrement des cigognes sans mĂȘme aller en Alsace !

Pour chacun de ces oiseaux, l’auteur donne, en plus de trĂšs belles photographies, des Ă©lĂ©ments factuels pertinents : signes de reconnaissance visuels et sonores, Ă©poque de prĂ©sence, origines et destinations de la migration, comportement, habitat, nourritures
 C’est simple et accessible Ă  tous, donc en particulier Ă  mes petits-enfants !

Il s’agit donc d’un trĂšs beau livre, d’un poids raisonnable pour ĂȘtre glissĂ© dans son sac de promenade, accessible aux plus jeunes comme aux autres, utile et concret pour accompagner l’observation des oiseaux, un fidĂšle compagnon de l’étĂ© donc et, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture, belles promenades et fructueuses observations !

Shelton
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23/08/2025 @ 18:07:01
L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi durant cette pĂ©riode estivale que de trĂšs nombreuses personnes osent marcher un peu plus, dĂ©couvrent des rĂ©gions Ă  pied voire pour certains pratiquent la randonnĂ©e. Certes, dans les pĂ©riodes de canicule, il n’est pas toujours conseiller de trop marcher, surtout quand le soleil est au zĂ©nith et que le mercure atteint des sommets. Mais on peut marcher le matin de trĂšs bonne heure, il faut beaucoup s’hydrater et se protĂ©ger du soleil, et, Ă  ces conditions, la promenade pĂ©destre est une excellente occupation !

Si on veut pratiquer cette activitĂ© avec des enfants, il faut prĂ©parer avec beaucoup de minutie son itinĂ©raire, sa tenue, son sac. Mes petits-enfants ont trĂšs bien compris les choses car dĂšs que je mets mon sac sur le dos j’entends : Papy, tu as bien pris les gĂąteaux ? Tu as bien la bouteille ? Les bonbons (oui, ce n’est pas essentiel mais cela fait partie de l’équipement familial !) ? Si les rĂ©ponses sont « oui », alors on peut y aller !

Plus sĂ©rieusement, il est essentiel de savoir oĂč l’on va, quelle sera la difficultĂ© de l’itinĂ©raire, la longueur du parcours (en temps plus qu’en kilomĂštres) et les lieux oĂč les pauses seront possibles. En effet, il est hors de question de partir Ă  l’aventure avec des enfants de moins de 12 ans sans un minimum de sĂ©curitĂ©. D’ailleurs c’est aussi valable pour un groupe d’adultes surtout quand on prend des chemins escarpĂ©s et difficiles !

Reste Ă  savoir comment choisir sa promenade. A titre personnel, je me mĂ©fie beaucoup des parcours proposĂ©s sur Internet, surtout sur des sites inconnus ou validĂ©s par quelques utilisateurs non professionnels. C’est pour cela que je suis non pas adepte mais trĂšs amateur de la sĂ©rie « Le petit crapahut » qui n’est pas un guide pour les grands randonneurs mais qui permet Ă  tout un chacun de se faire de belles virĂ©es sans mauvaises surprises.

J’ai choisi pour cet Ă©tĂ© celui en Auvergne avec 52 balades pour les petits et les grands autour de Clermont-Ferrand de Jean-Michel Bernardon et Jean-Baptiste Pegeon. Je me suis dit que prendre un peu d’altitude dans la chaine des Puys permettrait aux marcheurs de trouver une tempĂ©rature plus clĂ©mente. Chaque fois que je suis allĂ© en Auvergne avec mes enfants, Ă©tĂ© comme hiver, ce furent des vacances rĂ©ussies ! C’est une rĂ©gion trĂšs riche en patrimoine, trĂšs variĂ©e, avec une nature fascinante
 Souvent, les chemins sont trĂšs adaptĂ©s aux enfants et les difficultĂ©s moyennes (attention quand mĂȘme Ă  certaines randos plus dĂ©licates !).

Comme l’étĂ© c’est fait pour lire, ce peut ĂȘtre l’occasion de lire le guide mais aussi de s’ouvrir Ă  une histoire spĂ©cifique et une culture trĂšs riche
 Quant Ă  la gastronomie auvergnate, rĂ©servez lĂ  pour aprĂšs la promenade, pas avant !

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