Shelton
avatar 28/07/2020 @ 07:32:48
Mardi 28 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et parfois il est difficile de comprendre comment un livre nous arrive dans les mains… Hasard et nécessité, coup de pattes d’une bonne relation, piège de quelqu’un qui nous en veut, conseil d’un libraire… Tout cela pour avouer bien simplement que je ne sais pas comment « Petits meurtres en héritage » est arrivé sur ma table de nuit… Ou, plus exactement, si, je le sais très bien ! En fait je l’ai acheté pour prolonger ma lecture du tome 2 de cette série, « Un meurtre peut en cacher un autre »… C’est lui qui est arrivé par hasard et même si on peut le lire seul sans avoir lu le précédent, il me manquait quelques éléments de compréhension… et je suis donc tombé dans cette série atypique d’Hannah Dennison, Les mystères de Honeychurch…

Alors, si je veux vous transmettre mon plaisir de lecture, il va falloir que j’arrive malgré tout à, sinon classer, au moins qualifier cet ouvrage, cette fiction, cette série de romans… A l’heure actuelle, pour la version originale en langue anglaise, il existe 6 volumes de parus…

S’agit-il réellement de romans policiers, du moins au sens classique du terme ? Je n’en suis pas certain car dans un polar, on a le crime, l’enquêteur, le mobile, l’assassin… Ici, on est plus dans une fantaisie criminelle, bien sympathique au demeurant, racontée par une femme qui n’est ni la coupable, ni l’enquêtrice ! Je ne peux même pas dire « petits meurtres entre amis » car il n’y a pas là que des amis…

Là ? Oui, le lieu est capital… Nous sommes dans le Devon, une région au sud-ouest de l’Angleterre, la région d’Agatha Christie ! Plus à l’ouest, il n’y a que la Cornouaille ! Nous sommes dans une propriété typique de la région, Honeychurch Hall, là où dans une dépendance récemment achetée, madame Stanford vient de s’installer…

Kat, sa fille, vit à Londres. Elle vient d’abandonner son métier de présentatrice et réalisatrice à la télévision – elle était la vedette de Fakes & Treasures – et elle veut ouvrir un magasin d’antiquités avec sa mère Iris… Avant que son père ne meure, elle avait promis de prendre soin de sa mère…

Alors, la voilà qui quitte Londres pour le devon, région qu’elle considère comme la patrie des paysans, un comté perdu et sans intérêt, le trou du c… du monde pour plouc arriéré… Mais dès son arrivée, elle va surtout réaliser qu’elle ne sait pas grand-chose sur sa mère, une mère qui d’ailleurs ne va pas aider sa fille sur la route de la découverte… « je n’ai pas besoin de toi, tu peux rentrer à Londres ! »

Dès son arrivée aussi, elle va pouvoir constater que sa mère n’est pas en sécurité… On va rapidement découvrir le métier réel de la mère, comprendre qu’elle n’est pas totalement venue ici par hasard et les cadavres vont eux-mêmes arriver dans cette histoire…Car, je peux le dire, Honeychurch Hall est quand même un endroit dangereux…

Dans le premier volume, nous allons avoir une disparition, un cadavre et un enfant surprenant qui fait revivre un certain aviateur et toute son équipe, Biggles ! Le petit Harry se prenant pour Biggles peut être considéré par beaucoup comme une anecdote sans intérêt mais pour un lecteur des romans de William Earl Johns, c’est comme une petite cerise sur le pudding ! J’ai d’ailleurs, encore quelques romans chez moi… Oui, quelques livres qui n’ont pas terminé à la déchèterie lors de mon dernier déménagement ! C’est vous dire !

Alors, il faudrait aussi que je vous parle de la famille noble qui possède Honeychurch, du personnel de la maison, et, surtout, du policier local… Mais comme l’été c’est fait pour lire, disons que je vais vous laissez découvrir tout cela… Attention, cette série légère et criminelle, pleine d’humour mais grave comme le passé de chacun des personnages, parfaitement adaptée à la saison estivale de nos lectures, est considérablement addictive… Heureusement, j’ai encore quelques semaines d’été pour tenter de lire tous les romans de cette folle fiction policière !

Bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 28/07/2020 @ 07:36:25
Il s'agit des Cornouailles (Angleterre) et non de la Cornouaille (Bretagne)...

Septularisen

avatar 28/07/2020 @ 11:41:10
et cela ne peut que plaire à Gilles Pudlowski, connu comme journaliste, essayiste, critique littéraire et critique gastronomique…


Ah!.. J'adorais lire ses critiques gastronomiques dans Le Républicain Lorrain" ou dans "Le Jeudi", chaque fois qu'il conseillait un restaurant, on pouvait y aller les yeux fermés, il n'y avit que deux choix ou c'était bon ou c'était très bon!..

Septularisen

avatar 28/07/2020 @ 11:51:48
Vendredi 3 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et puisque le magazine Télérama a traité à sa façon de la bibliothèque idéale osant lister les classiques incontournables, j’avoue avoir été heureux de trouver dans la liste des auteurs – autrices même dans ce cas-là – Anne Ernaux. Je n’aurais peut-être pas choisi le même titre s’il ne fallait en garder qu’un mais j’ai toujours dit que chez elle j’avais plutôt tendance à tout lire et tout garder. Pour moi, elle a réellement créé une œuvre !

Annie Ernaux ? Pour ceux qui la découvriraient je dirais la romancière Annie Ernaux mais ceux qui la connaissent, qui l’ont déjà lue, diraient plutôt reportrice de la vie quotidienne. En effet, Annie Ernaux relate, raconte, fait vivre des personnages et des situations directement sorties de sa vie avec son père, sa mère, sa sœur, son amant, son nouvel amant… et tout cela se passe à la maison, dans son village, dans sa Normandie ou dans son hypermarché de Cergy…

Attention, il ne s’agit pas du tout d’un salmigondis verbal ou idéologique, plutôt d’une harmonie textuelle que certains n’hésiteraient pas à nommer poésie.

De la poésie ? Oui, j’ai le sentiment d’être dans la poésie du quotidien et, pour moi, c’est la plus humaine, la plus profonde, la plus forte ! Chanter, de préférence avec talent, la nature quand on est en face d’une cascade dans les Alpes, n’est pas à la portée de tous, certes, mais cela me semble accessible. Le faire quand on est la caisse de son Auchan, me semble plus délicat, voire même un légèrement surréaliste !

En lisant ces phrases, la femme en question a pris consistance, s’est incarnée dans ma tête, a rappelé des souvenirs de caisse dans ces hyper de cette enseigne ou d’autres, car nous en avons tous vécu de telles scènes ! La seule différence c’est qu’Annie Ernaux en a fait des phrases, des scènes écrites, des récits et, moi, j’aime beaucoup !

Dans Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux ne donne pas de leçon, ne critique pas, ne donne pas de règle à suivre, elle décrit tout simplement avec ses mots et nous fait rêver, en tous cas, me fait rêver et nous pousse à regarder le monde autrement à défaut de le changer instantanément !

J’espère que certains d’entre vous apprécieront ce type de littérature, qu’ils auront envie de lire ou relire les grands textes d’Annie Ernaux, comme La place, La femme gelée, L’usage de la photo ou L’autre fille… Ou, comme Télérama le fait, on peut conseiller Mémoire de fille… Et comme « L’été c’est fait pour lire », bonne lecture à tous et portez-vous bien !



Et si en plus cette année elle "pêche" le Nobel de Littérature... Alors, là...

Shelton
avatar 30/07/2020 @ 08:33:53
Jeudi 30 juillet

« L’été c’est fait pour lire », pour reprendre des forces, pour se forger un moral d’acier pour reprendre le travail ! Mais voilà, c’est bien beau tout cela, et tous les jours je me pose la même question ! Que faire à manger ? Où trouver les meilleurs produits pour la famille ? Au goût ? Pour la santé ? Pour rester original ?

Ce questionnement existait depuis longtemps mais avouons bien honnêtement que ces dernières années, les questions ont évolué. Il y a d’abord les interrogations autour de la santé, du coût, de l’avenir de la planète et maintenant le Covid-19 (ou la Covid-19 car ne soyons pas sexistes avec les coronavirus !) qui viennent secouer tout cela…

L’approvisionnement alimentaire de l’être humain devient une question, que dis-je, redevient une question capitale. Redevient ? Oui, car souvenons-nous en, durant des milliers d’années, l’homme ne se souciait que de ce qu’il allait manger le jour même… C’est ainsi qu’il y eut la chasse puis l’élevage et la culture…

Il est donc impératif de prendre ce questionnement sur notre approvisionnement très au sérieux et ce n’est pas un petit livre qui va résoudre tous mes problèmes ! Mais un tel ouvrage pourrait bien m’ouvrir des voies encore inconnues que j’aurais bien intérêt à explorer avec ceux que j’aime. « Le guide du locavore » est certainement une possibilité pour manger mieux, respecter plus les producteurs, faire faire suivre une cure d’amaigrissement à mes factures d’alimentation, améliorer ma santé et celle de toute la famille, cultiver le plaisir des bons repas tous ensemble, famille ou amis, bref prendre de bonnes résolutions qui ne devraient pas stopper avec la rentrée ! Et que dire d’ailleurs si nous connaissions un nouveau confinement ?

Qu’est-ce qu’un locavore ? Le mot fait un peu secte et snobisme branché, je le reconnais, mais il s’agit tout simplement de ceux qui veulent manger local, qui refusent d’aller faire systématiquement leurs achats alimentaires dans les rayons cuisine du monde. Ce n’est pas si sot que cela et ce n’est pas non plus du racisme ou du nationalisme mal placé. Certains pourraient croire qu’en achetant ainsi ils nuisent aux producteurs du Sud, mais quelques points abordés dans ce petit ouvrage viennent remettre de l’ordre dans nos pensées…

Serait-il judicieux, pour un Bourguignon d’acheter du bœuf anglais, d’Europe centrale ou américain, si bon puisse-t-il être, alors qu’il est à côté d’une si belle région, le Charolais, qui fournit une viande qualité ? Le bœuf acheté venant de l’étranger a voyagé (coût carbone à prendre en compte) ; il a été parfois congelé et la chaine du froid probablement bien respectée, mais sans trop de garantie ; enfin, pour avoir un prix abordable sur notre marché, en comparaison toujours du Charolais local, il aura bénéficié soit d’une aide à l’exportation, soit de producteurs moins payés, voir dans certains cas exploités… pire, on peut imaginer que les populations locales en ont été privées pour qu’il puisse être exporté… ne croyez pas qu’il s’agit là d’une exagération car cela est déjà arrivé dans l’histoire de l’humanité, au vingtième siècle même !

Acheter local c’est faire preuve de bon sens, c’est économiser dans le transport (coût et pollution), c’est redécouvrir le plaisir des fruits et légumes de saison, c’est rester en phase avec notre patrimoine culinaire… Les locavores organisés en associations, en structures se donnent comme définition : l’achat et la consommation des produits dans un rayon de 160 kilomètres… Attention, comme il ne s’agit pas d’un règlement cette distance n’est qu’une indication, un conseil, un ordre de grandeur…

Pour notre région, cela donne de grandes possibilités en viandes, légumes, fromages, vins… Oui, disons-le tout simplement vivre en locavore en Bourgogne n’est certainement pas un supplice ! Quant à ceux qui ne veulent pas manger de viande, ils le peuvent sans problème car le locavore peut être végétarien !

Le locavore n’est pas sectaire et il peut aussi acheter certains produits pour compléter son alimentation : nous sommes sauvés nous ne serons pas obligés de fabriquer un ersatz de café avec des racines de mauvaises herbes !

Plus sérieusement cet ouvrage d’Anne-Sophie Novel, Le petit guide du locavore, est excellent et il permet de mesurer que nous pourrions améliorer nos comportements, participer, ainsi, à l’amélioration des grands équilibres dans le monde, prendre plus soin de notre santé et garder le plaisir de se retrouver à table avec ceux que l’on aime, respecter la planète et donc vivre plus en harmonie avec toute la planète !

Donc, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous et construisons un « demain » meilleur pour tous !

Shelton
avatar 30/07/2020 @ 08:35:06
Il semblerait que j'ai oublié de vous poster la chronique du mercredi... Je vais remédier à cela !

Shelton
avatar 30/07/2020 @ 08:36:08
Mercredi 29 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et c’est l’occasion pour beaucoup d’entre nous de lire des romans policiers que l’on n’a pas eu le temps de dévorer durant l’année… Seulement, quand on parle de romans policiers, il n’est pas certain que chacun comprenne bien la même chose. Il n’y a peut-être pas autant de genres policiers que d’auteurs, peut-être pas autant de perceptions du polar que de lecteurs mais on ne peut que constater qu’il y a autant de différence entre un roman à énigme et un thriller qu’entre un plat en sauce et une grillade… Mais les deux peuvent avoir leur place dans notre bibliothèque (ou dans notre assiette !).

Dans les genres que l’on voit fleurir dans les librairies – en espérant qu’elles puissent rester ouvertes malgré le retour du virus – on trouve ce que l’on nomme « cozy mysteries ». Mais de quoi s’agit-il ? D’où nous vient cette « nouveauté » ?

Commençons par le début, l’expression apparait en Grande-Bretagne au début des années soixante et on pourrait traduire de façon simple : mystères où on se sent bien, mystères confortables… Donc, puisqu’il faut être précis, de très nombreux romans policiers écrits avant la naissance de l’expression pourraient y être rattachés et je pense, entre autres, à des romans d’Agatha Christie ou Patricia Wentworth… Les enquêtes de Miss Marple ou Miss Silver me paraissent parfaitement correspondre à cette perception des choses…

Ces deux derniers exemples correspondent aussi à un des aspects du cozy mystery : l’enquêteur ou le narrateur n’est pas un professionnel du crime, de l’enquête, de la police… C’est une personne « comme nous », ce qui permet, probablement, une grande appropriation, intégration, personnification… Je suis Agatha Raisin, Delilah Metcalfe, Lady Georgiana ou Kat Stanford… Si jamais l’enquêteur est un pro, alors il ne sera pas expert en criminologie et là je pense à Hamish Macbeth ou Bruno Courrèges…

Le lieu de l’enquête est aussi un élément important de cette catégorie policière et on pourrait dire que les romans britanniques se déroulent à la campagne (Devon, Yorkshire, Pays de Galle, Ecosse…) ce qui permet de voir que nos fameux polars régionaux français sont souvent très proches de cette catégorie des cozy mysteries…

Reste à aborder le ton du roman. Un peut trop souvent, on semble résumer en parlant de l’humour mais cela me semble un peut trop restrictif ou spécifique. En effet, il s’agit bien au départ d’humour à l’anglaise, à la britannique… Par exemple, quand commence « Un meurtre sera commis le… », on trouve indiscutablement cet humour britannique : une invitation dans le journal à venir à un meurtre, plusieurs personnes réagissent et voici la clôture du chapitre 1 avec la réaction de la maitresse de maison du lieu annoncé du crime : « ce que je sais, c’est qu’à six heures et demie la moitié du village sera ici, dévorée de curiosité… et que par conséquent, je ferais bien de m’assurer que nous avons du xérès à la maison… ». Nous ne sommes donc pas dans l’humour gras, mais dans la subtilité…

Plus que d’humour, je dirais que le cozy mystery est avant tout en légèreté et finesse, souvent au second degré… Cela me fait penser à un roman de Dorothy Sayers, Lord Peter et l’Inconnu… Un cadavre est découvert dans la baignoire de monsieur Thipps, lord Peter mène l’enquête mais demande surtout à son valet de vérifier la fermeture de la fenêtre de sa salle de bain pour éviter qu’un cadavre ne vienne dans la sienne…

Bien, vous l’aurez bien compris, les Cozy mysteries ne sont pas là pour vous faire peur mais pour vous distraire durant l’été. Pensez donc à ces auteurs à découvrir : Martin Walker, Rhys Bowen, MC Beaton, Julia Chapman, Hannah Dennison sans oublier Agatha Christie, Dorothy Sayers, Patricia Wentworth… et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous avec ces mystères confortables, doux, douillets, sympathiques et chaleureux…

Shelton
avatar 31/07/2020 @ 08:56:42
Vendredi 31 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et la série des enquêtes de Mary Lester est bien une série policière estivale. Plus d’une cinquantaine d’ouvrages la composent actuellement et Jean Failler, l’auteur, peut être fier du chemin parcouru depuis « Les bruines de Lanester », premier titre où l’on faisait connaissance avec une jeune femme, Mary, stagiaire dans la police nationale. Depuis, affectée au commissariat de Quimper, devenue au fil des ans commandant, elle ne finit pas de nous surprendre…

Au départ, on a classé hâtivement – car on est toujours pressé de ranger les œuvres dans des boites hermétiques – ces romans dans la catégorie des romans policiers régionaux. Effectivement, un titre, une enquête, un lieu de Bretagne… Avouez que l’on pouvait y croire sérieusement… Puis, les choses ont évolué et maintenant il est quand même plus difficile d’être catégorique. D’ailleurs, est-ce encore une série policière ?

Je m’explique… La première évolution fut du côté du nombre de volumes par enquête. En effet, Jean failler a réalisé que, parfois, il avait besoin de plus d’un roman de 300 pages pour raconter entièrement une histoire. Alors, il s’est régulièrement mis à écrire des enquêtes en deux volumes. Il y a ainsi dix diptyques dans la série ! Mais comme il avait de la place, il s’est mis à épaissir les caractères de ses personnages et Jean-Pierre Fortin, le fameux Jipi, est devenu un véritable personnage de roman. Ce n’est pas seulement la brute épaisse qui vient donner un coup de main à Mary quand elle est confrontée à la violence. On savait depuis longtemps qu’il lisait avec beaucoup d’attention l’Equipe chaque matin, mais maintenant, on le connait comme moniteur de sports de combat, comme plongeur, comme époux, comme proche des jeunes des quartiers chauds de Quimper, comme méfiant vis-à-vis de la Gendarmerie nationale…

Comme Mary ne pouvait pas avoir un seul ami, un seul partenaire de travail, on a découvert Albert Passepoil, l’informaticien à qui elle peut tout demander… Puis Gertrude Le Quintrec a fait son apparition et a pris de l’importance… Enfin, très récemment, Jeanne de Longueville, une femme pleine de ressources, est arrivée dans l’univers de jean Failler… Tous ces personnages n’ont pas du tout étouffé Mary mais ont permis à l’histoire de gagner en humanité et c’est une des raisons pour lesquelles il devient difficile de limiter ces enquêtes à des simples histoires policières…

D’ailleurs, avec les trois derniers romans, Au rendez-vous de la Marquise et les deux volumes Retour au pays maudit, Jean Failler utilise trois livres pour aller au bout de l’enquête mais, surtout, glisse des épisodes qui n’ont que peu d’importance pour l’aspect policier mais qui lui permettent de parler de politique, d’organisation de la société, de justice et de gastronomie ! Au moins, on discute abondamment de coquilles Saint-Jacques, de pot-au-feu, de sandwiches maison, de poulet fermier…

Ces trois derniers livres qu’il vaut mieux dévorer à la suite sans pause, traite dans les apparences d’une histoire policière du côté de Notre-Dame-des-Landes… Certes, tout se finira du côté de Port-Louis après avoir fait escale – et quelle escale – à Paris ! Mais pour ce qui est du fond, cette histoire traite de la justice… « Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Tout est là… Mary veut rendre justice à une jeune femme décédée mais, pour cela, elle s’attaque à du lourd… Arrivera-t-elle à faire tomber le « puissant » de son piédestal ? En tous cas, elle va mettre les moyens…

Cette série reste bien sympathique même si les grands amateurs de polars et thrillers risquent d’être quelque peu insatisfaits… Oui, en fait, on est très proche du cozy mystery, une fois encore… Mais l’été, c’est si agréable de se sentir bien malgré les grosses chaleurs !

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !


Frunny

avatar 31/07/2020 @ 11:44:44
Bonjour Shelton,

nous te savons tous grand amateur et connaisseur de BD.
Peux-tu me recommander un site référence sur l'actualité de la BD ?
Je n'ai rien trouvé dans les forums CL qui traite de ça.
Merci d'avance
Frunny

Shelton
avatar 31/07/2020 @ 12:14:59
En fait, quelles sont les informations que tu recherches : nouveautés, dédicaces, prix, critiques d'albums...

Frunny

avatar 31/07/2020 @ 17:21:34
En fait, quelles sont les informations que tu recherches : nouveautés, dédicaces, prix, critiques d'albums...

Je crois que je viens de trouver : izneo .
Ça semble pas mal du tout....

Shelton
avatar 31/07/2020 @ 18:08:46
Ce n'est pas le site que j'apprécie le plus car trop basé sur les avis des éditeurs... Ce n'est que mon point de vue !

Veneziano
avatar 01/08/2020 @ 07:29:43
Mon programme de lectures de ces cinq semaines de congés n'est pas totalement arrêtée, mais y figurent, dans le désordre a priori :
- Mémoires impubliables, de Pierre Péan, que je suis en train de lire ;
- les oeuvres de Jacqueline de Romilly, dans la collection Bouquins ;
- le Goût de la nostalgie, au Mercure de France (collectif) ;
- Tout César, dans la collection Bouquins ;
- Chanson bretonne, de JMG Le Clézio ;
- Mes jardins de Paris, d'Alain Baraton :
- Promenades littéraires de Paris, chez Parigramme ;
- Quadrille, d'Inès Benaroya ;
- les Essais, de Montaigne.

Après, les choses peuvent évoluer.


Je me suis quelque peu éloigné de cette liste de lectures, pour le moment, mais ces livres restent d'actualité.
J'ai entamé une biographie de Kessel de mille cinq cent pages.

Shelton
avatar 01/08/2020 @ 08:02:36
Oui et après, il faut tout relire Kessel !

Shelton
avatar 01/08/2020 @ 08:11:11
Samedi 1er août

« L’été c’est fait pour lire » et comme à chaque épisode caniculaire depuis quelques années, le thème qui revient sur le devant de la scène est « le réchauffement de la planète ». Il ne s’agit pas à proprement parler d’un marronnier journalistique ou d’une tarte à la crème que l’on ressortirait pour occuper les citoyens mais plutôt d’une inquiétude grandissante : qu’est-il entrain de se passer sur cette planète, sommes-nous en danger, que va-il nous arriver à nous et nos enfants… ?

Le sujet est grave, complexe et pertinent ! Grave car l’évolution du climat sur la planète a des conséquences directes sur la vie de ses habitants (humains, animaux et végétaux) : sécheresse, disparition de l’eau potable, modification de la diversité du vivant, augmentation du niveau des mers, migrations des populations… Complexe car dans ce domaine le « y a qu’à », le « faut qu’on » ou le « il suffirait de » ne servent à rien ! Pertinent car le mécanisme a déjà commencé…

Le récent confinement presque généralisé sur la planète a montré de façon indiscutable qu’une modification du comportement et de l’activité humaine avait indiscutablement et rapidement un impact sur la vie de la planète. Il ne faut donc pas se désespérer mais agir dès maintenant, sans attendre, avec volonté, réflexion, humanité, altruisme… et, donc, puisque l’été c’est fait pour lire, il est grand temps de prendre un ouvrage sur le sujet…

J’ai choisi « Climat, parlons vrai » de Jean Jouzel et Baptiste Denis aux éditions François Bourin car le l’ai trouvé excellent et parfaitement adapté à nos lectures estivales et accessibles à tous… Jean Jouzel est un climatologue et glaciologue français, un chercheur reconnu qui a été durant quelques années vice-président du groupe scientifique du Giec. Le Giec c’est ce Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, créé à l’initiative du G7 en 1988 et fonctionnant en lien avec l’ONU. Certes ce Giec fut plus d’une fois critiqué pour son parti pris mais aujourd’hui un grand nombre d’éléments scientifiques sont unanimement validés…

Baptiste Denis est un jeune journaliste engagé, de droite et qui ne s’en cache pas, qui n’est pas strictement sur la même ligne mais qui a provoqué cette rencontre et ce dialogue à deux voix autour des questions climatiques mais aussi montré que sans être d’accord sur tout on peut quand même avancer ensemble vers l’avenir en voulant agir… Et si on parlait vrai pour une fois, et si on expliquait la situation à tous les citoyens et le pari qui peut sembler fou au départ est tenu et la lecture est éclairante et passionnante !

Alors, bien sûr, certains seront énervés de ne pas voir ici une position extrême sur l’écologie. Oui, Jean Jouzel est assez équilibré et il pense que l’on peut agir, que la vision pessimiste de Fred Vargas est construite sur des bases erronées, que les gilets jaunes ont nui à une taxe carbone qu’il fallait mettre en place, qu’agir en écologie ne dispense pas du social, de l’économique, d’une vision complète sur notre société… Oui, pour certains il paraitra trop modéré… mais j’ai trouvé qu’il était surtout scientifiquement solide, pédagogiquement efficace, plein d’humanisme et d’attention aux autres, crédible…

Cet ouvrage aborde le climat, son évolution, la situation actuelle, le capitalisme vert, la justice et l’injustice climatique, la collapsologie… Collapsologie ? Oui c’est la théorie de l’effondrement de la société industrielle et son remplacement par une nouvelle société… Et comme l’été c’est fait pour lire, on peut aussi lire « Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes » de Servigne et Stevens…

Avec ce « Climat, parlons vrai », on a en main un bon essai pour réfléchir à la situation climatique de la planète et à l’action humaine qui peut être poursuivie pour se donner une chance d’éviter le pire… Mais il va falloir agir et vite !

Bonne lecture à tous et attention à la chaleur !

Shelton
avatar 02/08/2020 @ 09:57:07
Dimanche 2 août

Quand on vieillit, et c’est inéluctable, il arrive que l’on prenne plus le temps de se souvenir, de relire, de médité sur le vécu et je ne parle pas de ressasser ce qui serait le versant négatif de cette action de regard sur le passé… C’est pour cela que très souvent durant l’été, puisque l’été c’est fait pour lire, je prends le temps de relire… D’autant plus que certaines lectures renvoient à des rencontres riches et marquantes !

Voilà donc pourquoi cet été, j’ai relu, une fois de plus, L’évasion silencieuse de Léna Constante. J’avoue que cela me replonge dans une rencontre inoubliable. C’était en septembre 1990, à Nancy…

Tout a commencé par une attachée de presse qui me conseillait de lire un ouvrage qu’elle présentait comme un témoignage fort et dense d’une femme, artiste de grande classe, sur les prisons de Roumanie durant le régime communiste. Je prenais cela pour un livre politique et, sans trop de conviction, je me lançai dans la lecture…

Très vite j’ai compris qu’il ne s’agissait pas là d’un petit livre politique et d’une simple critique d’un régime dictatorial. En fait, Léna était avant tout une artiste prise au piège de la politique. Elle était l’amie de la femme d’un dirigeant communiste, Lucretiu Patrascanu, victime d’une purge de type stalinien. Elle est alors torturée jusqu’à la signature d’aveux qui serviront contre Patrascanu qui, lui, sera condamné à mort et exécuté. Lena sera, elle, condamnée à 12 ans de prison dont huit d’isolement et ce sont ces fameuses années de solitude qu’elle raconte dans son ouvrage L’évasion silencieuse.

Comment s’évader quand on est dans une prison roumaine particulièrement hostile où chacun, y compris les gardiens, craint pour sa vie ? C’est par son esprit, par sa capacité créative, par son imagination que Lena va s’échapper et très loin…

Qu’est-ce qu’un mur, qu’est-ce qu’un lien, quand la tête nous porte à l’infini. On l’enferme, elle est seule, elle n’a pas de papier, pas de crayon, qu’à cela ne tienne elle composera des vers, en français, dont elle remplira sa mémoire. Rien ne pourra l’empêcher de créer. C’est son métier, son univers, sa vie…

Et c’est maintenant que je dois parler de cette rencontre extraordinaire. Après avoir lu le livre, après avoir donné mon accord pour une émission en direct sur une radio nancéienne, voilà Léna Constante et sa sœur devant moi. Nous sommes sous le chapiteau du Livre sur la place, à cette époque encore sur la place Stanislas. Elles vont venir avec nous à la radio. Je n’ai pas une voiture mais une sorte de camionnette aménagée pour la famille. La hauteur est assez conséquente et ce n’est pas facile pour deux dames d’un certain âge. Nous ne parlons pas encore beaucoup, et à l’arrivée, la sœur, dont je ne me souviens pas du prénom, chute, heureusement pas trop lourdement, car elle avait oublié la hauteur du véhicule. Cela met un peu de tension supplémentaire et j’avoue être en situation délicate. A la fois responsable de ces deux dames que j’ai pris en compte pour une durée de deux heures environ, et réalisateur d’une émission en direct qui a été annoncée et qui doit être à la hauteur… La veille, Lena Constante est passée à la télévision avec Patrick Poivre d’Arvor, aujourd’hui c’est à mon tour de la recevoir à la radio… Serai-je à la hauteur ? Le doute est bien là…

Tout en gardant pour moi l’intensité de la rencontre et cette émotion impossible à raconter, je voudrais vous dire ce qui s’est passé ce jour-là, au bout de quelques minutes. Nous étions, Lena et moi, dans le bocal, studio du direct avec vision sur le technicien et les personnes qui accompagnaient… Il devait y avoir une dizaine de personnes qui nous écoutaient et nous regardaient tout en discutant. Lena explique comment elle s’est retrouvée en prison, ce qu’elle a enduré, comment elle tentait de survivre… c’était fort, mais un peu attendu et on voyait les « spectateurs » de l’émission faire leur petits commentaires…

A un moment, je lui demande de nous raconter l’épisode de l’arbre scié. Une histoire simple… Lena découvre que par la fenêtre elle peut apercevoir un arbre. C’est le seul plaisir qui lui reste. Tous les jours elle le regarde, elle lui parle comme s’il était son dernier ami, son seul contact avec l’extérieur et ce d’autant plus qu’elle voit se poser sur une branche un oiseau… Cet oiseau c’est la rupture de son isolement… Le directeur de la prison fait scier cet arbre. Elle pleure en entendant l’arbre tomber. Elle est désespérée. Elle ne pourra pas survivre à la mort de cet arbre…

Le silence s’est fait partout. Je suis entièrement suspendu à ses mots. Le technicien réprime une petite larme sur la joue. Tous les accompagnateurs se sont tus, eux-aussi, attendent la suite de l’histoire…

Lena est aux limites des larmes, elle va poursuivre… Quand l’arbre est tombé, elle ouvre les yeux et découvre la montagne. L’arbre lui cachait la vue de cette montagne avec sa beauté, ses arbres, sa vie… Son cœur s’accélère, en voulant lui nuire le directeur de la prison lui a ouvert des horizons plus larges, elle est heureuse et elle pleure en nous racontant cela… Nous finissons par tous être submergés par cette magnifique émotion, ce goût de la résistance absolue, cette artiste ne pouvait pas être enfermée, elle se libérerait partout et toujours…

Si vous n’avez pas encore lu L’évasion silencieuse, franchement, procurez-vous cet ouvrage et plongez sans retenue dans l’univers de Lena Constante et comprenez qu’un artiste ne peut pas se limiter aux murs d’une prison, il trouvera toujours une façon de sortir, de se libérer, de rejoindre l’universel et c’est pour cela que c’est un artiste !

Aujourd’hui Lena est décédée. J’ai reçu d’elle quelques lettres après cette rencontre magique et encore aujourd’hui, il m’arrive d’ouvrir ce livre et de l’entendre me raconter cette vie en prison, une expérience que l’on ne peut souhaiter à personne mais dont elle est sortie encore plus grande et plus forte…

Est-ce utile de parler encore d’elle aujourd’hui ? Oui, je crois qu’une artiste qui laisse un tel témoignage humain ne parle pas d’une époque, d’un régime politique, d’un pays mais bien de l’humanité entière, à l’humanité entière ! Et les dictatures ne manquent pas de nos jours… Non ?

Merci Lena pour ce livre et ces heures inoubliables de notre rencontre… Et comme l’été c’est fait pour lire, vous pouvez profiter encore de cet ouvrage pour découvrir Léna et son message plein d’espérance !

Veneziano
avatar 02/08/2020 @ 15:57:41
Oui et après, il faut tout relire Kessel !


J'en ai (re)lu beaucoup récemment, et c'est encore frais en mémoire ; mais je vous le conseille. C'est du très bon, pour presque tout.
Je suis toujours dans cette biographie : elle fait 1500 pages, et j'ai lu le premier tome des Essais de Montaigne. J'attaquerai le second à mon retour, en fin de semaine prochaine.

Shelton
avatar 03/08/2020 @ 09:14:18
Lundi 3 août

« L’été c’est fait pour lire » et cela me permet aussi, de lecture en lecture, de vous parler du roman policier sous toutes ses formes, un genre littéraire que j’apprécie beaucoup. Je dis bien genre littéraire, sans préjuger de la qualité intrinsèque de chaque roman… Il y en a des exceptionnels mais aussi des lamentables… C’est ainsi et même un auteur apprécié pour ses qualités littéraires, pour ses constructions scénaristiques et ses personnages très développés peut, à un moment donné, produire un « mauvais » roman… On en a tous lus, c’est une certitude… Il n’en demeure pas moins que le roman policier est bien un genre littéraire !

Alors, nous avons déjà parlé ensemble du roman à énigme, du roman policier social, du roman noir et assez récemment du cozy mystery… Mais j’ai devant moi deux séries de romans que je ne peux pas classer dans ces sous-catégories abordées, Arsène Lupin et Le Baron ! J’aborde dans cette chronique deux personnages comme s’ils étaient cousins malgré, je l’avoue, quelques différences dont une est de taille : Arsène Lupin est un héros bien français, parfois même à l’excès tandis que Le Baron, John Mannering, est un Anglais pur jus ! Les deux ont combattu pour leur pays, ils sont gentlemen jusqu’au bout des os et jamais insensibles à la gent féminine… Ils ont un autre point commun, indiscutable, ce sont des voleurs dans l’âme… Ce qui est beau et de valeur attire Arsène Lupin de façon systématique tandis que le Baron, malgré tous ses efforts, ne peut pas entendre parler d’une pierre précieuse exceptionnelle sans l’avoir dans la main puis dans son coffre… Oui, de gros voleurs !

Dans les ressemblances, il nous faut parler aussi des romans dans lesquels on les voit vivre… Ce sont indiscutablement des romans avec une touche policière mais il serait plus juste de parler de romans populaires dans le prolongement de certains feuilletons de la deuxième partie du dix-neuvième siècle… Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin a écrit 18 romans et 39 nouvelles avec son héros tandis qu’Anthony Morton, pseudonyme sous lequel John Creasey a écrit sa série Le Baron, a produit 47 romans à la gloire de son personnage… Pour les deux, ce sont des romans faciles à lire, accessibles à tous, basés sur une intrigue assez simple, du moins au départ et qui d’une certaine façon ont un certain cousinage avec la littérature policière… Mais dans les deux cas, ce serait les restreindre et limiter de ne pas aller plus loin… Pour Arsène Lupin, il y a un regard sur la France, son histoire et une région, la Normandie… Pour le Baron, il y a une forme d’analyse sur la noblesse britannique, sur les riches, sur les collectionneurs, sur les quartiers huppés de Londres… Et pour les deux, une forme d’humour indiscutable qui sans nous faire rire aux éclats maintient un sourire quasi permanent durant la lecture…

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, je vais vous présenter un roman de chacune des deux séries, dès notre prochaine rencontre, sans dire qu’il s’agit du meilleur, et vous serez bien capables, j’en suis certain, de lire tous les autres si vous vous en sentez l’humeur et l’envie… Cet été, pour mon compte, j’ai relu deux Arsène Lupin et quatre Baron… Il fallait bien que je réveille ma mémoire pour vous en parler…

J’ai découvert très tôt Arsène Lupin et avant vingt ans j’avais lu tout le corpus original et même certains pastiches. Pour le Baron, ce fut un peut plus tardif mais avant trente ans je connaissais bien John Mannering. C’est à Carnac, dans la maison familiale, un peu par hasard, que j’ai trouvé le premier, en édition de poche, Le Baron les croque… Très vite John a rejoint Arsène et depuis je ne les ai jamais quittés même si je ne lis pas cela en continu…

Alors, comme « l’été c’est fait pour lire », belle occasion de découvrir, pour celles et ceux qui ne les connaissent pas ces deux héros populaires et pour tous les autres n’hésitez pas à en relire un deux car l’été c’est bien fait pour cela !

Bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 04/08/2020 @ 05:30:30
Mardi 4 août

« L’été c’est fait pour lire » et comme annoncé, relisons ensemble un roman de la série Arsène Lupin. J’ai choisi l’Aiguille creuse mais après de nombreuses hésitations. En effet, il ne s’agit pas du premier que j’ai lu (Le bouchon de cristal) ni de celui que j’aime le plus (La comtesse de Cagliostro ou 813)… mais il s’agit probablement du roman le plus populaire de la série, du plus emblématique serait-on tenté de dire, donc n’hésitons pas, ouvrons le roman…

L’aiguille creuse est un roman si célèbre et si populaire en France que lorsque vous arrivez sur les côtes normandes et leurs falaises réputées vous avez l’impression que vous plongez vivants dans « L’aiguille creuse », que Lupin va apparaitre et vous saluer, que réellement les rois de France… enfin, bref, ce n’est plus de la littérature c’est l’Histoire de France… Alors il est bien normal qu’ici ou ailleurs ce roman des aventures d’Arsène Lupin soit l’un des plus appréciés, des plus lus, des plus aimés…

Mais accepter de relire un Arsène Lupin – j’imagine que tout le monde a lu « L’aiguille creuse » et si ce n’était pas le cas, vous avez encore le temps, du coup – c’est prendre le pari que notre jeunesse va revenir au galop, que le temps va suspendre sa course effrénée, que la Normandie est plus belle que la Bretagne… ce qui reste totalement discutable mais, que voulez-vous, Maurice Leblanc est normand et il aime sa région…

Nous voici donc parti pour une rencontre avec Arsène Lupin qui n’a pas pris une ride. Je sais que beaucoup l’ont déjà croisé, parfois en roman, mas aussi en film, en série télévisée ou même en bande dessinée. Ce personnage est fascinant. Il est à la fois brillant intellectuellement parlant, cultivé, esthète, historien, planificateur et organisateur ne laissant rien au hasard, respectueux de la vie humaine et, surtout, tombant systématiquement amoureux de chaque belle femme passant à côté de lui… Attention, ici ce n’est pas graveleux, érotique ou pornographique, tout est en finesse, en évocation, en humanité. De plus, quand Lupin aime, il aime sans limite…

Quand j’ai commencé à lire cette série d’Arsène Lupin, je croyais que lire un policier était un jeu. Il fallait trouver la vérité avant le héros, en l’occurrence être plus brillant qu’Arsène Lupin. Je n’y arrivais pas, Maurice Leblanc le romancier était plus fort que moi… et je le soupçonnais de tricher en ne nous disant pas tout ! Depuis, j’ai découvert que c’était un merveilleux manipulateur de lecteurs et c’est ce qui fait le charme de cette série remarquable de romans policiers, peut-être, historiques, probablement, et d’aventures, certainement !

J’ai été surpris, il y a quelques années, de découvrir que l’Education nationale avait fait entrer Maurice Leblanc dans les auteurs à lire. Une de ses nouvelles, L’écharpe de soie rouge, est souvent lue, commentée, en classe de cinquième. Du coup, je suis un peu moins gêné de raconter que je lisais les aventures d’Arsène Lupin pendant les cours, j’étais juste en avance sur les programmes ! Je suis aussi, un peu, de mauvaise foi, mais Arsène aussi me direz-vous, donc ce n’est pas grave.

Voici donc Arsène Lupin à la recherche de la fortune des rois de France mais aussi confronté à un jeune homme qui parait au moins aussi fort que lui, un certain Isidore Beautrelet, étudiant et spécialiste de la rhétorique…

Bon, à vous maintenant de savoir si vous êtes assez joueurs pour vous lancer dans cette grande chasse au trésor, jeu digne des plus grandes séquences de « murder party »… J’adore !

Reste que parler d’Arsène Lupin sans évoquer la Comtesse de Cagliostro est tout simplement impossible… mais on ne peut pas parler de tout dans une chronique, c’est ainsi, un peu de frustration fait du bien !

Mais, comme l’été c’est fait pour lire, ne vous gênez surtout pas pour relire la série entière ! Très bonne lecture à tous, protégez-vous et prenez soin de ceux qui vous entourent…

Shelton
avatar 05/08/2020 @ 08:01:53
Mercredi 5 août

« L’été c’est fait pour lire » et, comme je vous l’avais promis, je vais aujourd’hui vous présenter un roman de la série Le Baron. J’ai choisi le premier tout simplement parce qu’il permet de comprendre tout ce qui va se passer après du moins dans trois domaines différents : les amours, les pierres précieuses, la police…

Au départ donc de sa vie aventureuse, John Mannering, est un voleur par nécessité qui ne vole que les riches et qui refuse la violence, un peu comme Arsène Lupin. Il s’agit d’un véritable gentleman mais après la guerre, il a perdu toute sa fortune sur les champs de courses. Comme il n’avait ni envie de vivre pauvre et encore moins d’aller travailler à l’usine, il a choisi d’aller se remplir les poches chez les riches… en commençant par les plus hautains et désagréables…

Seulement, voler les riches désagréables, c’est pour lui simple comme tout mais quand il devient amoureux de Lorna Fauntley, fille d’un riche lord, tout devient plus compliqué à vivre… d’autant plus que Lorna le surprendra entrain de voler son père… mais je ne vais pas vous en dire plus pour le moment dans ce domaine…

Ce qui est certain et qui ne vous gâchera rien à la lecture c’est que Lorna et John vont vivre un amour de qualité, long et tranquille (enfin presque) et que finalement John va abandonner son métier de cambrioleur pour devenir antiquaire, propriétaire du magasin Quinn’s, ce qui l’empêchera pas de faire des extras mais à chaque fois dans des conditions très particulières…

Pour ce qui est des relations avec Lorna, le Baron, pseudonyme de John quand il agit nocturnement, va tout simplement l’épouser, dès que ce sera possible (mais là je vous en cache un peu quand même…). Reste à regarder de plus près les relations avec la police, le faux Yard… Le superintendant Bill Bristow va d’abord poursuivre Le Baron sans faire le lien avec John Mannering puis, quand il fera le lien, sans avoir de preuves formelles, Mannering lui sauvera la vie… Du coup, il va y avoir entre les deux hommes une forme d’amitié solide et Bristow deviendra un intime de Mr et Mme Mannering ! Chaque fois que le Yard sera en difficulté, le Baron sera prêt à replonger pour aider son ami policier et, parfois, ce sera extrêmement risqué…

Le Baron va donc avoir une vie très risquée et sa femme Lorna comme son ami Bill seront toujours inquiets quand il reprendra du service. Même s’il est dans le bon camp, il est si facile d’être piégé par un bandit sans foi ni loi, d’être pris dans le filet de la police qui ne le connait pas ou de finir dans une morgue avec une balle entre les deux yeux… Oui, gentleman antiquaire de jour, acrobate escamoteur la nuit, rien n’est simple pour le Baron !

Le ton des romans est diablement sympathique même si la vie oisive et riche de John Mannering ne répond pas à tous les critères de la morale sociale britannique. Heureusement, il ne s’en prend qu’aux riches et évite systématiquement la violence comme un certain Arsène Lupin… D’ailleurs, de façon claire et annoncée, Anthony Morton s’est inspiré lointainement du héros de Maurice Leblanc. Seulement, il l’a fait avec talent en créant un personnage inspiré de Lupin mais différent et attachant pour d’autres raisons… Le Baron, malgré son amour pour les pierres précieuses, est avant tout attaché à la justice et il est prêt à tout pour la faire triompher !

« Le Baron les croque » pose tous les éléments de cette saga et quand vous l’aurez lu vous allez vous rendre compte que lire le suivant ne sera ni un devoir ni une obligation, seulement un plaisir ! Et comme « l’été c’est fait pour lire », bonne lecture à tous !

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