Frunny

avatar 13/07/2020 @ 11:39:47
Samedi 11 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et après avoir croisé Joseph Kessel il me semblait évident de faire une étape avec Antoine de Saint-Exupéry, un auteur que j’aime beaucoup aussi…



Oui, Saint-Exupéry est un immense écrivain, dans la lignée des romanciers voyageurs...

Shelton
avatar 14/07/2020 @ 09:56:43
Mardi 14 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et après avoir évoqué longuement – trop diront certaines – les ouvrages de Kessel et Saint-Exupéry, il m’a semblé pertinent de parler aujourd’hui de Charles V dit le roi sage ou le roi lettré. En effet, il est d’une certaine façon le précurseur de Kessel et Saint-Ex car il tente d’unir dans un même concept, dans une même sphère, le chevalier combattant mais assez inculte et le clerc féru d’histoire et de philosophie… comme il y eut l’aviateur et le romancier !

Traditionnellement, on a l’habitude d’affirmer que Charles V fut l’inventeur de la Bibliothèque nationale et ce n’est pas un mythe. En effet, il a osé utiliser une tour du château du Louvres pour en faire son repère livresque. Attention, il ne s’agissait pas d’y enfermer des manuscrits pour le simple plaisir de posséder le savoir d’une époque mais bien de créer autour des textes une effervescence intellectuelle de très haute volée !

Il ne s’agissait pas non plus d’une collection qu’il n’aurait jamais le plaisir de fréquenter. En effet, Charles V aimait le livre mais surtout la lecture et certains manuscrits lui étaient destinés même s’il se faisait accompagner dans la lecture et la compréhension. Il comprenait les textes en latin mais il a lancé un véritable travail de traduction pour rendre accessible à un plus grand nombre les ouvrages qu’il pensait essentiels, textes religieux en tout premier lieu mais aussi quelques grands textes philosophiques…

Il fut à l’origine de certains titres même s’il ne les écrivait pas lui-même car il aurait voulu une transmission du savoir de roi en roi. Mais, avouons que ce dernier point ne se réalisa pas totalement car à sa mort sa « bibliothèque » sera dispersée et il faudra attendre Louis XI pour voir l’institution se solidifier et la bibliothèque se transmettre de roi en roi, donnant ainsi à son fils Charles VIII la bibliothèque de son père – ce dernier l’enrichissant des premiers livres imprimés…

Charles V fut donc d’une certaine façon, non pas le premier roi cultivé car les rois de France depuis longtemps étaient préparés intellectuellement à la fonction royale, le premier roi amoureux des livres même si le terme n’est pas encore totalement adapté aux ouvrages qu’il avait réussi à mettre dans sa tour… Il fut aussi le roi sage car il ne se contentait pas de lire ou de se faire lire mais faisait tout pour mettre en application ce qu’il comprenait chez Augustin, Aristote ou dans les textes religieux… Peut-être mettait-il en place le rapport du roi aux intellectuels, concept qui sera mis en œuvre par François 1er, Louis XIV ou François Mitterrand pour ne citer que trois chefs d’Etat auxquels on peut penser immédiatement dans ce domaine… Oui, je sais, François Mitterrand n’était pas roi, quoi que…

Alors, si vous voulez mieux comprendre ce roi sage, découvrir la naissance de la Bibliothèque nationale, comprendre comment un règne qui commence par de grosses défaites militaires (Crécy et Poitiers) et la Peste noire (1347-1351) se transforme en réussite étonnante au point de faire l’admiration de tous… je vous propose quelques ouvrages car l’été c’est fait pour lire…

Trois ouvrages retiennent mon attention. Tout d’abord l’essai de Jeannine Quillet, Charles V, le roi lettré, malheureusement difficile à trouver en dehors des bibliothèques. Mais il s’agit d’un remarquable ouvrage ! On peut trouver un peu plus facilement l’ouvrage de Christine de Pisan, Livre des faits et bonnes mœurs du sage roi Charles V. Christine de Pisan, première femme de lettres française et contemporaine de Charles V, évite de tomber dans l’hagiographie et donne de très nombreux détails sur ce grand roi. Enfin, la biographie plus classique et universitaire de Françoise Autrand, Charles V. Cette historienne est pour moi la référence absolue sur ce règne et j’ai eu le plaisir de l’interviewer plusieurs fois. Son ouvrage est solide, parfois un peu ardu mais pourrait bien accompagner les plus curieux durant tout l’été… Puisque l’été c’est fait pour lire !

Très bonne lecture à tous et à très bientôt !

Shelton
avatar 15/07/2020 @ 08:01:59
Mercredi 15 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et la lecture est aussi une façon de se souvenir, de faire mémoire, d’être pleinement humain en quelque sorte… Parfois le livre viendra par hasard tandis que pour d’autres on les cherchera longtemps avant de les croiser un jour… J’aime retrouver certains ouvrages qui rappellent des personnes que l’on a aimé durant son enfance, en particulier les « ancêtres » que l’on a eu la chance de connaitre vivants…

Je pense en tout premier lieu à mon grand-père paternel avec qui je continue d’être en lien grâce aux livres et pas que… Tout d’abord, ce grand-père m’a laissé des goûts alimentaires car c’est grâce à lui que j’ai connu des produits comme la Savora, la Worcestershire sauce, la soubressade… J’aimais tellement ces produits que pour mon anniversaire j’avais le plaisir de recevoir un petit colis de bonheur… Il y avait aussi le Haviorig, une préparation d’œufs de poissons que l’on tartinait sur du pain beurré (ben oui, c’était en Bretagne et pain ne pouvait être que beurré !)…

Mon grand-père m’a aussi transmis ou conforté dans l’amour des livres. Quand j’étais étudiant et que je vivais à Brest chez lui, j’avais l’impression qu’il y avait des livres partout… On ne voyait plus les meubles… Certains comprendront alors mieux la nature de ma bibliothèque… J’ai encore chez moi quelques livres qui viennent de chez lui et on les reconnait bien car il signait toujours la page 3, indiquait la date d’acquisition ou la personne qui lui avait offert… et tout au long de l’ouvrage il annotait directement le texte de son écriture régulière… D’ailleurs, pour un médecin, il avait une écriture très lisible !

Tous ces souvenirs pour expliquer que lorsque je trouve un petit ouvrage parlant d’un de ces produits de ma jeunesse, je résiste difficilement… Un livre qui traite de ma madeleine de Proust… souvent d’ailleurs beaucoup plus facile à lire que « A la recherche du temps perdu »… C’est ainsi que j’ai chez moi, par exemple, « Savora, les trente recettes culte »…

Soyons très honnêtes, le pot de Savora me suffit généralement, je n’ai pas spécialement besoin de recettes spécifiques mais j’avoue que les recettes ont un point fort : justifier la présence de la Savora dans un repas, faire découvrir une saveur à ceux qui ne la connaissent pas sans laisser cela à une simple option pour accompagner un morceau de viande grillée… D’ailleurs qui a dit que ce condiment ne pourrait accompagner que de la viande ? La Savora dans une vinaigrette – et la salade variée est bien un produit de saison – vient transformer votre plat en lui donnant un petit goût exotique… Rappelons, surtout pour ceux qui ne connaitraient pas cette préparation que la Savora contient cannelle, piment de Cayenne, muscade, curcuma, girofle, céleri, ail, oignon, estragon, vinaigre de malt et miel mille-fleurs…

Les recettes ne manquent donc pas pour utiliser la Savora avec subtilité et plaisir des papilles… J’en retiens juste quelques unes pour vous donner envie de tester… Mini cocottes avec carottes ou émincé de poulet et poivrons rouges… De quoi muscler vos entrées… Mais on peut aussi réaliser des madeleines au thym qui seront parfaites pour accompagner un bon verre de vin frais de notre région… Après, sans vouloir vous pousser à la consommation, je vous conseille la tarte à la courgette car figurez-vous que les deux goûts se marient très bien… Enfin, plus classique – pour moi c’est même incontournable – la Savora ira à merveille dans vos burgers maison car le burger ne s’achète pas dans des fastfoods, il se fabrique à la maison avec toute votre originalité…

Je n’en dis pas plus, vous l’avez bien compris, ici je ne suis pas objectif, je suis juste entrain de revivre ma jeunesse… Cette petite série « Les 30 recettes culte » a justement cette mission délicate de nous faire revivre le passé en agissant dans le présent et en pouvant transmettre à nos enfants et petits-enfants… Un inconvénient, quand même, les titres de cette collection ne sont pas tous faciles à trouver mais les noms sont évocateurs : Carambar, Nutella, Smarties, Chamallows, Banania et, bien sûr, Savora !

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 16/07/2020 @ 09:12:43
Jeudi 16 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et j’adore en cette période estivale fureter dans les librairies à la recherche de romans policiers dont je ne connais même pas les auteurs ou découvrir des ouvrages sur des thèmes improbables et, finalement, tomber sous le charmes de ces ouvrages… Oui, l’été c’est fait pour lire, découvrir et se faire plaisir !

Même si les librairies par ces temps de pandémie ne permettent pas de feuilleter et se laisser charmer comme avant, j’ai quand même depuis un mois découvert quelques ouvrages et auteurs… C’est ainsi que j’ai lu pour la première fois un roman de Martin Walker, Sombres vendanges.

Certes, ce n’est pas la premier de la série des récits des enquêtes de Bruno Courrèges, policier municipal d’un petit village de Dordogne, mais on peut le lire avec plaisir de façon indépendante. Je sais que le roman en question n’a pas fait l’unanimité et je vais donc commencer par expliquer cela de façon claire et honnête pour éviter les déceptions possibles…

Si vous n’aimez que les romans policiers débordant de descriptions sanglantes, cruelles et crues… il vaut mieux passer votre chemin ! Si le policier, pour vous, n’est que le genre thriller, allez de la même façon vous réjouir ailleurs car « Vendanges tardives » n’est en aucun cas un thriller ! Enfin, si pour vous les romans policiers doivent d’abord décrire un meurtre puis montrer l’enquête de façon précise pour que vous, lecteurs, puissiez jouer à trouver le nom du coupable avant Bruno… Là encore, allez voir ailleurs !

Pour autant, ce roman est quand même bien un policier et plutôt de très bonne qualité. Certes, le supposé meurtre arrive à la moitié du roman, est suivi d’une seconde mort très suspecte, mais l’enquête commence dès les premières pages du livre avec un incendie mystérieux… Bruno, malgré sa mise à l’écart par les policiers compétents mais étrangers au village, mène l’enquête à sa façon, en s’inspirant, si l’on peut dire, de Maigret, Burma, Miss Marple ou d’autres comme Miss Silver !

Je sais que certains reprochent abondement à Martin Walker de parler trop de nourriture, de savourer un peu trop souvent les bonnes bouteilles et, finalement, de parler presque plus du village, de la région, des produits du terroir… que de l’enquête ! Ce n’est pas entièrement faux mais c’est ce que j’appelle souvent dans mes présentations le polar de société, le roman policier social, le roman à la manière de Georges Simenon… Et c’est vrai aussi que Martin Walker, qui ne connait la Dordogne que parce qu’il y vient l’été depuis des années, est victime de certains clichés, d’a priori britanniques, et qui lui arrive de se moquer de la vie de nos petits villages français… Il en demeure qu’il ne le fait pas avec méchanceté et que le tout est bien sympathique !

Alors, ce roman, bien qu’édité par la collection Le Masque, grand spécialiste historique du roman policier, est avant tout un roman et c’est pour cela que certains amateurs de polars ont pu être déçus. Par contre, si vous prenez « Sombres vendanges » pour un bon roman d’été, si vous avez l’intention de découvrir un petit village de Dordogne, si vous voulez accompagner Bruno dans son travail ou ses souffrances affectives, si vous désirez prendre un petit verre de rouge pour l’apéro dans le frais d’une cave… alors, oui, vous allez vous régaler ! Si en plus vous êtes friands d’affaires autour des OGM, de la remise en avant de certains terroirs abandonnés depuis des décennies et que fréquenter une communauté née du hippisme de 68 ne vous effraie pas, alors plus d’hésitation, foncez vers ces Sombres vendanges !!!

Comme l’été c’est fait pour lire, il se pourrait bien que j’aille découvrir les deux autres romans de cette série, « Meurtre en Périgord » et « Noirs diamants »…

Très bonne lecture et à très bientôt !

Shelton
avatar 17/07/2020 @ 10:35:21
Vendredi 17 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et les lectures s’enchainent à grande vitesse surtout quand il s’agit d’une suite… enfin, plus exactement d’une série. L’été dernier, j’ai découvert cette suite de roman « Son espionne royale » et j’ai très vite dis que j’avais été séduit par l’écriture et légère, pleine d’humour et d’humanisme de Rhys Bowen. Les deux premiers volumes ont été ingérés durant les vacances de l’année dernière et je n’ai plus entendu parler d’elle durant l’année. Il faut dire que les sorties sont si nombreuses qu’il est aisé de passer à côté d’une ou l’autre d’autant plus qu’il ne s’agit quand même pas d’un prix Nobel de littérature !

En fait, le troisième volume, « Son espionne royale et la partie de chasse » est sortie en janvier 2020 et on peut affirmer que ce roman a fait les frais de phase de confinement et de fermeture des librairies… Je ne l’ai donc récupéré que fort tardivement, une fois le déconfinement lancé et mon retour en librairie…

Avec ce troisième roman, la série se pose et prend son rythme de croisière. L’humour reste présent, la critique de la noblesse britannique reste bien présente et légère, Georgiana reste égale à elle-même et son amie Belinda toujours aussi déjantée tandis que Darcy reste bien souvent absent… Quoi que…

Les thématiques se solidifient indiscutablement et le genre du roman glisse plutôt vers l’espionnage progressivement. L’éditeur annonçait une sorte de Miss Marple mais plus le temps passe et plus nous approchons d’une sorte d’Imogène. On glisse en quelque sorte d’Agatha Christie à Exbrayat, du so British au so French (ou plus exactement au so British vu par une Ecossaise !).

Je vais vous passer le détail des circonstances qui vont pousser Georgiana de Londres à son Ecosse natale au moment où une partie de chasse royale va se tenir au château de Balmoral… Il s’agit, si vous l’ignoriez, de la résidence estivale de la famille royale, on dit même qu’il s’agit de la résidence préférée… Il faudra aussi que vous alliez découvrir ce qu’est la chasse à la grouse (Lagopède d’Ecosse pour les intimes)… la fameuse chasse qui ouvre immuablement le 12 août (sauf si la date mythique tombe un dimanche car on ne peut pas ouvrir la chasse un dimanche !).

Presque toute la famille royale est réunie pour une séance de chasse qui promet d’être de qualité d’autant plus qu’un certain nombre d’incidents fâcheux semblent toucher les membres de la famille… Le danger rode et Georgiana doit trouver l’origine du mal, si on peut dire…

Les proches de la famille royale, la famille royale elle-même et la reine en particulier, sont toujours inquiets par la relation entre le Prince de Galles et Mme Simpson. Nous sommes toujours en 1932 et cette liaison avec une femme mariée américaine cause du souci. Il faudrait trouver une femme au Prince de Galles et renvoyer cette intrigante aux Etats-Unis…

Par ailleurs, Georgie doit loger dans sa famille, supporter sa belle-sœur, s’adapter à cette vieille masure pleine de courants d’air, gérer les invités qui s’invitent tout seuls d’ailleurs et les personnages ne manquent pas dans cette histoire, réconforter son frère, se mettre à l’abri des amoureux qu’elle ne souhaite pas et rechercher celui qu’elle souhaite qui n’est jamais là au bon moment !

Pour ceux qui n’auraient pas suivi la série au départ, précisons que Georgiana appartient à la famille royale mais qu’elle est fauchée, qu’elle n’a pas de mari ni d’amant, qu’elle vit seule dans sa demeure londonienne sans personnel de maison et que son grand-père est un petit roturier. En fait, c’est un ancien policier, simple policier de quartier mais heureusement qu’il est là, même en Ecosse…

Rhys Bowen – pseudonyme de Janet Quin-Harkin quand elle écrit des policiers – a déjà écrit quatorze titres dans cette série Son espionne royale… Je ne sais pas si le projet existe de tout traduire mais j’espère quand même encore quelques titres car cette série est plaisante et totalement adaptée à une lecture estivale car, comme vous le savez bien maintenant, l’été c’est fait pour lire !!!

Shelton
avatar 18/07/2020 @ 08:12:08
Samedi 18 juillet

« L’été c’est fait pour lire » mais rien ne s’oppose à ce que nos lectures estivales soient parfois quelque peu philosophiques. Oui, le mot peut en effrayer quelques-uns ou même en repousser d’autres… Mais si la philosophie se laisse parfois enfermer par les universitaires, n’oublions pas qu’elle n’est en fait que la base de nos vies. Je ne parle pas ici, bien sûr, de l’étude de l’histoire des idées mais bien des idées elles-mêmes, celles qui nous poussent à réfléchir et à trouver des réponses à nos questions existentielles…

Thibaut de Saint Maurice est un philosophe qui a commencé par enseigner de façon classique en passant par le lycée et les BTS. Très vite, il a tenté d’élargir la transmission philosophique et c’est ainsi que l’on a pu le retrouver sur France Inter à nous parler de la philosophie quotidienne. Puis, il s’est lancé dans un exercice qui pourrait être périlleux pour un enseignant, faire un lien entre direct entre les séries TV, les héros y compris ceux de BD et la philosophie… Périlleux, peut-être ? Salutaire, certainement !

Dans son ouvrage Des philosophes & des héros, sorti en 2019 aux éditions First, l’auteur propose des articles courts, parfaitement accessibles à tous, présentant un héros et montrant comment ce héros est une application – peu ou prou – d’un travail, d’un système, d’une œuvre philosophique… Bien sûr, en fonction de votre culture personnelle, de vos appétences pour le roman, la BD, le cinéma, la télévision… certains chapitres vous toucheront plus que d’autres. Parfois même, certains héros n’évoqueront rien pour vous comme ce fut le cas pour moi avec Dark Vador puisque j’appartiens à ceux qui n’ont jamais vu un seul film Star Wars… Au moins, je saurai maintenant qu’il y a un lien avec Dark Vador et Hegel mais je ne suis pas certain pour autant d’aller voir un film de cette série…

Donc, sans surprise, j’ai été beaucoup plus à l’aise avec les héros de la littérature et de la bande dessinée comme Sherlock Holmes, Harry Potter, Corto Maltese, D’Artagnan, Robin des bois, Tintin, Lucky Luke… Mais j’ai été très agréablement surpris avec des articles sur Capitaine Marleau et son lien avec Platon, James Bond et Kant, Albator et Nietzsche ou Amélie Poulain et Alain… En fait, Thibaut de Saint Maurice joue au professeur de l’histoire de la philosophie sans avoir l’air d’y toucher et chaque fois que l’on rencontre un philosophe on va à l’essentiel de son message en comprenant tout de suite ce que cela a à voir avec nos vies, les vraies… et tout cela en passant par des héros qui nous ont réjoui le cœur tout au long de nos vies ! Trop fort !

Alors, on pourra toujours discuter à l’infini pour savoir si Elsa de la Reine des neige a sa place ici aux côtés de Wonder Woman, si Lucky Luke est aussi pertinent que Bridget Jones ou si l’auteur n’aurait pas mieux fait d’oublier Pocahontas… Bien sûr que l’on est en droit de se poser ces questions, mais ce choix, parfois déroutant par rapport à nos cultures personnelles, lui permet de balayer la philosophie de Platon à Sartre, d’Aristote à Foucault, d’Epictète à Levinas en passant par Machiavel, Rousseau, Arendt ou Bergson et cela est très fort !

Pour un peu, on prendrait Thibaut de Saint Maurice pour un super héros ! Pourtant, sans dévaloriser son travail, il ne fait que son travail et bien, il transmet son savoir de façon concrète pour que nous puissions nous emparer de la philosophie pour vivre mieux en construisant nous même à partir de ces éléments, nos réponses à nos propres questions existentielles. Car pourquoi nous poserions-nous tous les mêmes questions ?

Cet ouvrage peut être considéré aussi comme une ouverture à la philosophie et comme « l’été c’est fait pour lire » c’est définitivement bien le bon moment pour découvrir certains textes fondateurs comme Les lettres à Lucilius de Sénèque, Critique de la raison pure d’Emmanuel Kant ou Propos sur le bonheur d’Alain… Mais, attention, ce livre n’est pas un livre d’exégèse sur les héros, l’auteur ne fait que créer des liens entre héros et philosophes… d’où une frustration possible quand on est spécialiste d’un héros ou d’un philosophe… Ici, il s’agit bien d’une vulgarisation (et ce n’est pas un gros mot !)…

Bonne lecture à tous !

Veneziano
avatar 18/07/2020 @ 14:12:55
Mon programme de lectures de ces cinq semaines de congés n'est pas totalement arrêtée, mais y figurent, dans le désordre a priori :
- Mémoires impubliables, de Pierre Péan, que je suis en train de lire ;
- les oeuvres de Jacqueline de Romilly, dans la collection Bouquins ;
- le Goût de la nostalgie, au Mercure de France (collectif) ;
- Tout César, dans la collection Bouquins ;
- Chanson bretonne, de JMG Le Clézio ;
- Mes jardins de Paris, d'Alain Baraton :
- Promenades littéraires de Paris, chez Parigramme ;
- Quadrille, d'Inès Benaroya ;
- les Essais, de Montaigne.

Après, les choses peuvent évoluer.

Shelton
avatar 19/07/2020 @ 15:24:54
Dimanche 19 juillet

« L’été c’est fait pour lire » mais ayant déménagé récemment, ayant dû retrier, classer et élaguer dans ma bibliothèque, cet été est aussi une belle occasion de relire… Pourquoi les albums qui m’auraient bouleversé hier seraient-ils condamnés à prendre la poussière sans jamais être ré-ouverts ?

Pour les connaisseurs, nous revoici dans la collection spéciale de Frank Giroud, « Secrets ». Chaque famille a ses secrets et, parfois, ils font souffrir tous les membres de la famille qui ne savent pas comment sortir de cette spirale du secret, du mensonge, de l’hypocrisie… Frank Giroud et Marianne Duvivier avaient produit une histoire terriblement humaine et tragique, « L’écharde », récit qui m’avait conquis et m’avait donné envie de rencontrer Marianne, ce que j’avais pu faire lors d’un festival d’Angoulême. La rencontre m’avait permis de constater la qualité de cette femme toute en subtilité, en humanisme, en profondeur… une très grande rencontre… J’attendais donc avec impatience un autre album et c’est ainsi que cette collection Secrets est arrivée, intégrant « L’écharde » comme volume initial… Puis ce fut « Pâques avant les Rameaux »…

Une Suzanne qui a tout oublié, qui ne dit plus rien, qui est comme absente du monde des vivants… Ce refus de vivre est certainement le fruit d’une souffrance, le résultat d’un incident de vie incroyable, mais il convient de ne plus en parler… Le calme de la famille en dépend…

Qui peut être à l’abri d’un retour à la réalité ? Personne, d’ailleurs il suffit d’un nouvel incident, d’une nouvelle rupture du train-train quotidien, d’un accident pour que la mémoire de Suzanne se remette en route… En route, oui, mais vers quelle destinée ?

Suzanne va redécouvrir sa vie, ses choix, ses jours heureux et ceux qui le furent moins… Elle va se voir révéler, par elle-même, par sa mémoire retrouvée, le secret qui a tout provoqué dans cette famille qui voulait tout oublier…

Le drame est total et le silence de certains personnages n’est là que pour les protéger, du moins c’est qu’ils pensent, ou pour les faire dépérir… « Oui… le silence. C’est le silence qui tue… » et vous devrez découvrir seuls ce secret qui a failli emporter une famille entière dans la tombe… Je ne veux pas vous détruire la lecture en vous en disant trop…

Un scénario presque parfait, une histoire écrite par Franck Giroud et Virginie Greiner ! Pourquoi « presque », mais tout simplement parce que la perfection n’est pas de ce monde… Elle est ailleurs et Franck Giroud a rejoint ce monde de la perfection beaucoup trop tôt, le 13 juillet 2018… Mais c’est une toute autre histoire… Donc, un excellent scénario, un petit bijou…

Une narration graphique parfaite et si touchante qu’elle me refait pleurer rien qu’en feuilletant l’album sans lire les textes… La énième lecture est toujours aussi bouleversante et à ce titre on peut parler d’une grande œuvre ! Le dessin de Marianne Duvivier est particulier. Ce n’est ni du réalisme ni rien de ressemblant à ce que vous connaissez. C’est le sien… Il est plein d’émotion, plein d’humanisme et de douceur. Ses visages sont expressifs et je pense que c’est dans ce registre qu’elle atteint des sommets alors qu’au premier regard vous vous dites que c’est banal… puis, d’un seul coup vous comprenez que par les visages, elle vous raconte tout, encore plus fort que tout ce que vous connaissiez avant…

Cet album est bien resté gravé dans ma mémoire mais comme l’été c’est fait pour lire, pourquoi ne pas relire toutes ces belles histoires humaines, ces tragédies fortes comme seules la destinée humaine sait les engendrer ? L’écharde, La corde, Pâques avant les Rameaux, Cavale, Le serpent sous la glace…

Merci ! Mille fois merci pour cette collection d’un genre si particulier ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 20/07/2020 @ 09:42:22
Lundi 20 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et, bien souvent, l’actualité nous pousse vers des lectures de part leurs thèmes, leurs personnages, leurs auteurs… Mais, malgré les apparences, la série « Virus » n’est pas née avec le coronavirus et ce n’est pas le ou la Covid-19 qui m’a poussé à découvrir un jour le tome 1 de Virus… On était alors en janvier 2019, à Angoulême… et personne ne pouvait imaginer l’histoire de cette pandémie… Enfin, pas réellement !

Au départ, une histoire prenante… Une fiction, bien sûr ! Guillaume Roblès est un jeune scientifique. Après sa thèse, il s’est retrouvé à travailler pour la France, enfin, plus exactement pour les services secrets français. Il est sur un dossier chaud, la modification génétique d’un virus, sur la façon de s’en défendre, sur les vaccins potentiels… En clair, il s’agit d’une recherche d’arme bactériologique… Vous savez, ces armes que tout le monde refuse, qui sont interdites mais que certains pays puissants continuent d’explorer…

Pour des raisons au départ peu précises, Guillaume semble disparaitre et on le retrouve sur un paquebot de croisière… Il veut oublier, semble-t-il ses recherches, le laboratoire et « son » virus… Son patron de recherches est mort et lui est contaminé… Et que se passe-t-il sur un bateau, quand il y a plein de monde, qu’un virus commence à circuler…

Heureusement que le tome 1 est bien sorti avant la pandémie liée au Covid-19 car on aurait pu croire que cette histoire en était une version romancée… Ou, il faut comprendre que le scénariste, Sylvain Ricard, est sacrément bien documenté sur les labos, la recherche, les virus, les pandémies…

Le second volet (il y en aura trois) est paru, lui, en mars 2020, juste avant le confinement, ce qui a certainement étouffé cet album alors qu’au contraire sa force devenait de plus en plus évidente… même si encore beaucoup de doutes planent sur l’origine exacte du Covid-19…

Sur l’ensemble de ces deux premiers albums, force est de constater que le scénario est incroyablement fort et convaincant. Un virus en liberté, une population enfermée sur un paquebot au large, une contagion dramatique et rapide à l’issue fatale, des autorités politiques dépassées et un regard sur différentes catégories de personnes permettant une approche sociétale de la pandémie passionnante !

Vous ajoutez à cela quelques éléments comme le matériel de protection insuffisant, le cynisme de certains militaires ou politiques, l’inconscience des scientifiques, la façon d’agir des journalistes et des médias… Bref, toute ressemblance avec la réalité ne serait que le fait du pur hasard…

Pourtant, bien au-delà de la pandémie actuelle, Sylvain Ricard dénonce notre société comme l’ont fait avant lui tous les auteurs de science-fiction ou presque… Mais parfois, la réalité rattrape la fiction et on a encore plus froid dans le dos…

Le dessin très réaliste de Rica, fortement inspiré du travail des Japonais, tout en noir et blanc, est percutant à souhait et participe grandement à la qualité de ces deux albums (et aucune raison pour imaginer que le troisième ne soit pas à la hauteur !) qui se dévorent avec avidité, passion et contagion, serais-je poussé à dire !

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, c’est bien le moment de partir à la découverte de ce « Virus » de qualité…

Bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 21/07/2020 @ 08:45:29
Mardi 21 juillet

« L’été c’est fait pour lire » mais la lecture ne suffit pas pour occuper une vie entière même si le livre délivre de la vie entière et redonne entièrement la vie… On peut citer pour remplir une vie l’amour, l’amitié, la contemplation, la méditation, l’altruisme… et, aussi, bien sûr, la gastronomie ! J’ai bien dit, la gastronomie, pas la bouffe, la nourriture ou l’alimentation !

La gastronomie ? Même ce mot pose question… La gastronomie serait l’ensemble des règles régissant l’art de faire bonne chère mais pourquoi faudrait-il enfermer cet art dans des règles ? Pourquoi faudrait-il codifier une si belle façon de vivre ? Christian Millau, excusez du peu, expert en arts culinaires, Pape de la gastronomie selon certains, auteur d’un merveilleux dictionnaire amoureux de la gastronomie, préfère que l’on offre définitivement à la gastronomie sa liberté totale… Plutôt qu’expert – celui qui vérifierait que les règles sont bien respectées – il préfère parler d’amateur, d’amoureux, de curieux… de cette bonne chère !

Rappelons ici que dans l’expression faire bonne chère, jusqu’au XVII° siècle, signifiait faire bonne figure, être accueillant. C’est sur le tard que le mot a signifié « bien manger »… Et on écrit bien « bonne chère » et non « bonne chair »…

Donc, revenons à ce dictionnaire amoureux de la gastronomie qui est pour moi un très beau et bon livre d’été (et même plus !) ! Christian Millau décline avec amour et passion des thèmes qui vont de « abstinence » à « zut » et si je vous cite ces deux mots bornes de l’ouvrage, c’est tout simplement parce qu’ils semblent décalés, paradoxaux, hors du propos… et pourtant !

Abstinence car se priver de quelque chose (même à moitié comme le dit l’auteur) provoque un phénomène jubilatoire ! A comme le Carême à l’ancienne, la Ramadan et les cures peuvent aider à redécouvrir des goûts et des saveurs… L’auteur nous raconte sa première cure à Eugénie-les-Bains et son fond de verre de Bordeaux qu’il fallait faire tenir tout le repas… « Ce fut pour moi une révélation. J’avais au bout de la langue la quintessence même d’un plaisir autrement plus fort que celui procuré par les grandes lampées auxquelles d’ordinaire je m’abandonnais. »

Mais « Zut » est aussi un mot-clef car après chanter tous ces bonheurs exceptionnels, le voilà qui craque… Allez, zut, on est entre amis, il faut que je vous dise bien simplement que « si je me contente du meilleur » comme le disait Churchill, « je me contente parfaitement de ce qui ne l’est pas. » Nous voilà sauvés, on peut aussi manger avec un plaisir légitime ce qui n’est pas extraordinaire si la cuisinière ou le cuisinier est sympathique, si le lieu nous est familier, si le plat évoque un souvenir… Oui, le bonheur et le plaisir ne sont pas dans l’excellence à tout prix… D’ailleurs, il termine par ces mots : « parce qu’à la longue, la perfection m’ennuie et que j’aime les petits riens du tout qui donnent à la vie un coup de soleil. »

Entre ces deux mots, vous aurez le plaisir et le bonheur de rêver, de savourer, d’imaginer, de créer, de déguster, de rechercher, d’avoir envie… Bref, le bonheur sera bien là unissant les mots – Christian Millau écrit fort bien – et la bonne gastronomie sous toutes ses formes, sans prétention mais avec exigence…

Alors, comme « l’été c’est fait pour lire », je finirai cette chronique par une phrase de Balzac qu’il faut prendre le temps de relire cet été : « La table est un lieu d’union, de joie et de fraternité ! »

Bonne lecture à tous, bon appétit aussi et à très vite !

Shelton
avatar 22/07/2020 @ 06:26:23
Mercredi 22 juillet

L’été c’est fait pour lire mais j’avoue qu’il est difficile d’échapper à un vent nauséabond qui tente de balayer de façon radicale la Politique en France. Il faut dire que quand les affaires sont terminées, elles recommencent comme une sorte d’équation improbable sur le mouvement perpétuel… Puis, si les affaires s’atténuent quelque peu, on rejette les partis politiques, les acteurs politiques sans rien proposer de crédible pour remplacer… Puis si tout cela s’épuise, on chante un lendemain qui viendra tout changer en souhaitant que tout demeure ou persiste… Bref, pas facile de s’y retrouver ! Faudrait-il rejeter tout ce qui est politique ?

Pourtant, la politique, c’est-à-dire la vie de la cité, est, ce qui devrait motiver tous les citoyens, ici, en France, comme ailleurs ! Mais comment se préoccuper de cette vie publique sans sombrer au cœur de partis aux mains d’ambitieux – ou incompétents – sans limites ? Oui, présenter la chose ainsi est déjà prendre parti avec en filigrane le slogan « tous pourris » qui a souvent pour seule conséquence de pousser aux extrêmes de toutes natures…

C’est pour cela que je vais aujourd’hui ouvrir deux livres politiques, deux regards qui donnent plus le moral et qui peuvent pousser à continuer d’agir. Rappelons que la première action politique constructive est simple : voter ! Ne me dites pas que cela ne sert à rien, notre histoire récente illustre justement le contraire, sans aucun doute !

Philippe Alexandre, dans son Dictionnaire amoureux de la politique, montre comment le vote peut surprendre les politiques au pouvoir car, justement, rien n’est jamais acquis. L’électeur a toujours le dernier mot, mais à condition d’aller voter, oui, j’ai bien dit à condition d’aller voter ! En 1997, le président Chirac dissout l’Assemblée pour avoir une majorité plus docile mais la France le contraint à la cohabitation avec la gauche menée par Jospin ; en 2002, alors que tout le monde attend un second tour entre Jospin et Chirac, les électeurs renvoient Jospin et invitent le leader du Front National à la confrontation finale ; enfin, en 2005, les politiques en place pensent que le référendum va permettre de ratifier la constitution européenne puisqu’il n’y a pas d’autres choix et on sait ce qu’il est advenu… Oui, comme le dit l’auteur : « Elections piège à cons ? Oui, mais qui se referme toujours sur les cons qui nous gouvernent… ».

Voter est donc capital car tout est toujours possible ! C’est ce qu’explique Quintus Tullius Cicéron, le frère du grand avocat, dans son Petit manuel de campagne électorale, un petit guide qui donne un grand nombre de clefs d’une élection. Ce qui est le plus étonnant, c’est l’actualité de ce texte qui date quand même de 65 avant Jésus-Christ ! On y parle de populisme, de corruption, d’équité, de campagne, d’argent… On s’y croirait ! On trouve même là des traces du débat éternel entre respect de la loi et pragmatisme électoral ! On ne fait pas campagne pour passer le temps mais pour gagner. Non ?

Oui, l’intégrité, la probité, le respect des règles et de la loi, sont des objectifs à atteindre et qui garantissent le fonctionnement d’une démocratie, mais les écarts – ce que l’on appelle de façon générique les affaires – ne datent pas d’hier, ce qui, d’ailleurs, ne rassure pas. Mais cela doit nous encourager à respecter ce régime, à ne pas oublier tous ceux qui se sont battus pour que nous puissions encore nous exprimer, à nous stimuler pour défendre cette p… de démocratie qui est certainement – selon la méthodologie d’Ésope – la pire et la meilleure des choses…

Ces deux livres, Dictionnaire amoureux de la politique de Philippe Alexandre et Petit manuel de campagne électorale de Quintus Tullius Cicéron ne vous donneront pas toutes les solutions pour devenir vous-mêmes les grands sauveurs de la démocratie, mais cela devrait d’une part vous pousser à une réflexion sur notre régime, sur nos comportements individuels, sur l’avenir de notre pays, sur ce que devrait-être le monde d’après et d’autre part vous réconcilier, qui sait, avec cette Politique, c’est-à-dire la connaissance et la gestion de la vie quotidienne de la cité… Comme l’été c’est fait pour lire, c’est bien le moment de les prendre en main ! Bonne lecture !

Shelton
avatar 22/07/2020 @ 06:27:51
Les prochains épisodes seront publiés lundi prochains car je dois aller régler une affaire importante... Mais toutes les chroniques viendront, pas d'inquiétude pour les lecteurs réguliers...

Shelton
avatar 26/07/2020 @ 09:23:30
Jeudi 23 juillet

L’été c’est fait pour lire et heureusement que l’on peut encore lire car on n’a plus aucun match de rugby à se mettre sous la dent par ces temps de pandémie… Certes cela va revenir mais quand ? Certains sourient… Je les comprends, mais en même temps, je l’avoue, j’aime bien regarder le rugby à la télévision, qu’il soit joué par les hommes ou par les femmes !

Je connais ce sport depuis longtemps puisque j’ai eu l’occasion de le pratiquer, puis d’être éducateur dans une école de rugby pour les petits, garçons et filles, et, qu’en plus, j’ai une de mes filles qui a joué à niveau assez élevé, aux portes de l’équipe de France comme on disait à l’époque… J’ai aussi été très heureux quand j’ai pu suivre le rugby féminin, quand la France a organisé la coupe du monde des féminines et, qu’enfin, certains médias se sont intéressés à ce sport d’élite ! Le rugby joué par les filles est un très beau sport, très technique et plein d’engagement…

Pour un peu, on pourrait croire que les filles jouent presque mieux que les hommes. Non ? Enfin, n’entrons pas dans la polémique, ce n’est pas le lieu et le but de ma chronique est de vous signaler qu’il y a un livre magnifique qui est sorti sur le rugby en 2003 dans une collection que j’aime beaucoup : Le dictionnaire amoureux du Rugby par Daniel Herrero aux éditions Plon.

C’est bien le moment de donner la parole à Daniel Herrero, lui qui a tant donné à Toulon, club qui la saison dernière s’est autorisé un doublé historique, coupe d’Europe et bouclier de Brennus ! D’ailleurs, pourquoi ce Brennus ? On pourrait croire à une relique d’un vaillant chef gaulois qui donnerait l’exemple du combat… mais Daniel Herrero nous donne une explication beaucoup plus simple et crédible, avec un Charles Brennus, modeste sculpteur, qui fut un sportif émérite et un dirigeant de club de rugby à l’origine de la première finale du championnat de France en 1892, match arbitré par un certain baron de Coubertin !

Quand on sait la fidélité de Daniel Herrero à son club de Toulon, on pouvait se demander quelle place il allait laisser aux autres clubs de notre championnat. Allait-il seulement parler de Toulouse, l’ennemi par excellence ? Je vous rassure tout de suite, s’il reconnait que c’est bien au stade de Mayol que se trouve son cœur, sa mémoire, ses émotions… il affirme qu’il n’y a aucun problème à se faire battre par le talent, que ce soit par Toulouse ou à Toulouse. On sent là une véritable communion de l’ovalie, quand le ballon ovale vit et circule, alors l’espérance est encore bien vivante !

Enfin, terminons la présentation de ce dictionnaire amoureux avec un peu d’humour car pour Herrero, aimer le rugby c’est aussi s’amuser. Le rugby est à la fois un sport, une culture, une philosophie de la vie, mais aussi un amusement ! Pour clore son dictionnaire, à entrées thématiques par ordre alphabétique, on trouve le mot « zéro » et voici ce que l’on peut lire :

« En 1951, alors qu’ils pataugeaient en pleine déconfiture, les Ecossais encaissèrent un cuisant 44 à 0 contre la redoutable équipe des Springboks. Interviewé sur ses impressions après une aussi piètre performance, un supporter écossais déclara : « Nous avons déjà eu de la chance d’atteindre zéro ! »

Un livre indispensable à tous les amateurs et pratiquants de ce sport bizarre car avouez qu’il fallait bien être Anglais pour inventer un ballon ovale ? Le dictionnaire amoureux du rugby de Daniel Herrero est édité aux éditions Plon.

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et bon été à tous !!!

Shelton
avatar 26/07/2020 @ 09:29:41
Vendredi 24 juillet

L’été c’est fait pour lire et comme j’aime bien tout lire, il n’y a pas de raisons objectives pour que je ne vous présente pas des abécédaires ou dictionnaires. Depuis quelques jours, on en passe plusieurs en revue car cette collection des dictionnaires amoureux me plait énormément, qu’elle touche de nombreux sujets, qu’elle est écrite par des auteurs talentueux… et que la lecture est jouissive et jubilatoire !

Il faut dire quand même que le format abécédaire n’est pas toujours des plus agréables à lire – même si j’en ai commis un il y a quelques années sur Jean-Paul II – car cela peut vite sembler décousu. Part contre, je reconnais que ce n’est que très rarement le cas avec les ouvrages de la collection « Dictionnaire amoureux… » car la passion transparait très vite dans le texte créant un véritable lien entre les rubriques…

Quand l’auteur est Yann Queffélec, plus aucun souci, on a le sentiment que le livre est d’abord écrit de façon classique avant d’être découpé en rubriques… à moins que l’auteur après avoir écrit ses rubriques jouent au maçon pour reconstruire le lien… Dans les deux cas, on a un livre à double entrée : soit on cherche les rubriques désirées dans une table alphabétique soit on dévore le livre de la première à la dernière page ! C’est comme si on avait deux livre, un texte poétique, passionné et génial et un Dictionnaire amoureux… Deux pour le prix d’un, qui dit mieux ?

J’ai deux ouvrages de cette collection signés Yann Queffélec, le « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » et le « Dictionnaire amoureux de la mer ». On pourrait croire que chez lui cela relève de la redite, de la répétition ou du radotage, mais, en fait, c’est beaucoup plus fin que cela… Alors, même si cela m’est difficile de rester objectif sur de tels sujets, je vais essayer de rester calme et lecteur attentif !

L’ouvrage sur la Bretagne était sorti en 2013 et je l’avais dévoré sagement et prudemment. Il faut dire que Queffélec n’est pas n’importe qui, il est le fils d’Henri Queffélec, un romancier que j’ai lu plus jeune et qui symbolise une forme de Bretagne classique… Yann est aussi romancier mais au départ il n’est pas pour moi spécifiquement breton ou marin, il est homme de lettres. Certains de ses romans m’ont touché comme « Happy Birthday, Sara » pour lequel je devais l’interviewer… mais il m’avait posé un lapin ou oublié sur le quai… Donc, disais-je, je suis entré dans son livre sur la Bretagne et au bout de quelques pages je fus séduit, touché, bouleversé… Je le lisais dans l’ordre et rien ne me faisait dévier : Abalone, Aber, Ankou…

Là, il faut que je précise que dès la première rubrique, il positionne et date les choses : « Aber-Ildut, 1er juin 2009, dix-neuf heures, marée basse ». Or, dès mon plus jeune âge, j’ai passé des vacances à Penfoul, petite plage de la commune de Landunvez où mon grand-père louait tous les ans une maison qui lui permettait de recevoir ses enfants et petits-enfants, à deux pas – si je puis dire – de l’aber-Ildut. Mais ce n’est pas tout ! Chaque année, dès que l’on arrivait en Bretagne pour les vacances, nous changions d’heure. Nous passions aux heures de marées qui allaient rythmer nos activités estivales, du début à la fin ! Enfin, la ville référence était bien Brest la blanche, Brest même comme on dit là-bas, ville de naissance du père de Yann et ville dans laquelle j’ai été étudiant durant deux années universitaires… Oui, je ne peux que l’avouer, j’étais touché au cœur de ma mémoire et d’une partie de ma vie…

Or, après cette expérience de lecture qualitative et émotionnelle, voici que le même auteur récidive avec un « Dictionnaire amoureux de la Mer »… et j’ai bien sûr immédiatement cédé à l’appel de l’océan… Oui, je dis Océan car mer et océan se mêlent dans cet ouvrage ce qui est bien normal car « notre » Bretagne est bordée par la Manche, la mer d’Iroise, l’Océan Atlantique… C’est ainsi, on nous a tout donné dès le départ ! Bon, je précise bien que ce dictionnaire amoureux est plus vaste et que l’on parle bien de la mer en général… Il y a même une rubrique sur la Méditerranée ! D’ailleurs, citons quelques lignes, juste pour le plaisir :

« J’arrivais en Finistérien borné pour qui la mer c’est l’océan. Pour qui la Méditerranée c’est… Eh bien c’est inexistant. C’est la mer sans être la mer, la marée n’y est pas, le beurre n’y est pas… » Oui, c’est vrai que pour nous cette « petite » mer intérieure n’est pas attractive. A se demander même comment Homère à pu s’y perdre quelque peu…

Bon, tout cela pour vous dire que ces deux dictionnaires amoureux sont délicieux et doivent se savourer avec modération, bonheur et plaisir car si l’été c’est fait pour lire le paradis terrestre, lui, est bien en Bretagne ! Alors, si vous ne pouvez pas y aller cet été, si vous êtes obligés de revenir en Bourgogne ou Lorraine pour travailler, le « Dictionnaire amoureux de la mer » vous offrira quelques embruns iodés signés Yann Queffélec !

Bonne lecture et à demain !

Shelton
avatar 26/07/2020 @ 09:35:13
Samedi 25 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et je vais poursuivre avec cette magnifique collection des dictionnaires amoureux car je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, cap sur la Russie avec comme accompagnateur Dominique Fernandez… Attention, je n’ai pas dit comme guide car parler avec passion ne signifie pas être capable de vous aider au quotidien à visiter le pays… Ici, nous ne sommes pas dans les indications pratiques et techniques, nous sommes dans l’envie, l’admiration, l’émotion… En fait, vous vous préparez à aller visiter ce grand pays, ce vaste territoire qui chemine le long d’Europe et de l’Asie…

Je connais plutôt bien le monde slave et pourtant, si j’avais rempli un tel dictionnaire, il aurait été fort différent de celui de Dominique Fernandez tout en ayant, bien sûr, des entrées communes… Mais comme cet ouvrage est subjectif, par essence même, on ne peut pas reprocher quoi que ce soit à l’auteur… On a le droit de dire qu’ici, on aurait ajouté tel élément, telle œuvre d’art, telle église, tel monastère, telle date historique… C’est comme si ce dictionnaire était une longue méditation sur la Russie, les Russes, leur culture, leur histoire, leur littérature (capitale cette littérature qui flirte avec les sommets de l’humanité…).

Voici donc une lecture idéale pour l’été, pour l’invitation au voyage. Oui, l’été c’est fait pour lire, mais c’est aussi, souvent, du moins pour ceux qui en ont les occasions et les moyens, le temps du voyage. Pour les autres, tous les autres, le livre peut permettre ce dépaysement, cette rencontre avec l’autre…

Dominique Fernandez nous invite à mettre les voiles pour la Russie, pas la Russie de Poutine, mais la Russie éternelle, celle qui est hantée par l’âme slave. Il nous propose un dictionnaire amoureux de la Russie qui commence par un article que j’ai trouvé passionnant et émouvant sur la poétesse Anna Akhmatova. C’eut pu être une femme banale, une poétesse aux textes de quatre sous, mais il a fallu que le régime la harcèle, la brime, la transforme en victime pour que ces textes s’épaississent et deviennent l’expression de la douleur incarnée… Requiem sera son meilleur travail… « Ce noir malheur fait ployer les monts, et de couler le grand fleuve cesse ; mais toujours solides les prisons, avec le bagne pour horizon et l’insondable détresse »… Il faudra attendre longtemps pour qu’Anna connaisse l’estime, la reconnaissance qu’elle mérite. C’est à partir de 1962 qu’elle revient sur le devant de la scène, qu’elle est citée et saluée par Soljenitsyne, mais elle meurt en 1966, en même temps que Staline…

Dominique Fernandez ne se limite pas aux écrivains, il évoque aussi les lieux, les villes, les monuments, les personnages… Vous constaterez que les pages racontant Raspoutine sont excellentes et basées sur les documents les plus récents.

Vous pourrez craindre, du moins certains d’entre vous, les plus de huit cents pages qui composent cet ouvrage mais elles se lisent si bien, avec tant de bonheur et de plaisir, de curiosité et de romantisme slave, que je suis certain que tous ceux qui aiment ce grand pays aimeront ce texte simple et plein d’amour pour la «slavitude»… Par ailleurs, soyons honnêtes, si on écrit sur la Russie avec passion et amour de la littérature russe cela ne peut se faire qu’avec de très nombreuses pages…

Cette lecture fut pour moi un véritable coup de cœur d’autant plus que c’est dans ce pays que j’ai choisi d’aller en voyage de noces au siècle dernier… Moscou, Le lac des cygnes par la troupe du Kremlin, Saint-Pétersbourg, l’Hermitage dans toute sa beauté, la Neva avec encore un peu de glace…

Oui, on retrouve tout cela dans le Dictionnaire amoureux de la Russie de Dominique Fernandez avec ces écrivains, ces musiciens, ces artistes qui ont fait rêver l’Europe… et le font encore. Mais, vous pouvez grâce à cet ouvrage partir en voyage dès cet été et comme « l’été c’est fait pour lire », bonne lecture à tous, bon voyage et à très vite !

Myrco

avatar 26/07/2020 @ 10:16:16
" elle meurt en 1966, en même temps que Staline " : je suppose que ce n'est pas de Staline que tu voulais parler, puisque lui est mort en 53 ?

Shelton
avatar 26/07/2020 @ 11:36:25
Merci Myrco d'avoir détecté mon erreur de formulation...

"mais elle meurt en 1966, un 5 mars, comme Staline"

Shelton
avatar 27/07/2020 @ 08:47:36
Dimanche 26 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et il est de bon ton, dans ces semaines estivales, de parler des Etats-Unis. Attention, je n’ai pas dit « parler de Trump » car ce président ne doit pas devenir la référence américaine absolue et incontournable. Certes, il est président en titre et candidat à sa propre succession mais il a aussi de très nombreux opposants et on rappellera que lors des dernières présidentielles il n’a pas recueilli autant de voix que sa challenger démocrate… mais c’est une autre affaire !

Nous ne comprenons pas toujours le positionnement politique des Américains et c’est bien normal car les Européens et Américains se sont séparés depuis longtemps, ils ont évolué différemment et maintenant, leur histoire, leurs personnalités, leurs fonctionnements, leurs lois sont devenus presque incompatibles… Il faut donc rester modeste et paisible quand on se penche sur le « cas » américain !

Je sais, c’est un peu compliqué mais c’est bien ainsi ! Si, malgré tout, on veut bien comprendre ce qu’est l’Amérique, qui sont les Américains et ne pas rester dans les clichés et a priori stupides, alors, sans aucun doute, il faut lire cet été sur les Américains…

Je vous propose un ouvrage multiforme pour progresser dans la compréhension de ce grand pays, de cet univers opposé au nôtre. Il s’agit du Dictionnaire amoureux de l’Amérique d’Yves berger, l’ancien éditeur de grasset, décédé depuis quelques années. Je vous invite à le découvrir d’abord car je trouve cette collection très sympathique et agréable à lire mais aussi parce qu’Yves Berger a fait l’effort – mais chez lui ce n’est pas un effort, juste un comportement naturel – de n’utiliser que des mots français et donc de traduire tout ce franglais qui l’agaçait au plus haut point en particulier à la fin de sa vie quand il était vice-président du Conseil supérieur de la langue française…

L’ouvrage est donc construit avec des entrées comme un dictionnaire et je conseille de ne surtout pas le lire de façon continue, non, juste l’avoir sous la main quand l’envie s’en fait ressentir… Vous n’aurez pas beaucoup de mots par lettre, vous ne trouverez pas directement les entrées Démocrate, Républicains, Elections même vous avez bien une rubrique Présidents. Mais justement cette dernière donne un recul que nous n’avons pas sur les présidents américains, les idéologies qui les portaient, la vision de l’Etat et du capitalisme qui éventuellement s’affrontaient et, surtout, le regard d’Yves berger et c’est savoureux. Il imagine le jeu de cartes des présidents et donne ses 4 as, et ses plus basses cartes… Il ose nous parler de nullité politique, de bêtise, de criminalité… je pense au massacreur d’Indiens, William Harrison, neuvième président des USA (1841)… Mais on peut aussi découvrir des présidents dont le nom même n’était jamais arrivé jusqu’à nous, enfin, jusqu’à moi : William Taft, Warren Harding ou Calvin Coolidge !

Mais, cet ouvrage n’est pas là pour vous faire découvrir des présidents, plus vous initier à des modes de pensée comme par exemple le rêve américain, le western, les grands espaces… Ce qui fait finalement de très grandes différences entre Européens et Américains. Parfois, on bascule, l’air de rien, dans la culture. On peut citer de très belles entrées : une très courte sur Clint Eastwood, mais les grands hommages n’ont pas besoin d’être très longs ; un très long texte sur Margaret Mitchell et son livre Autant en emporte le vent, un roman qu’il adore et porte aux nues ; enfin, puisqu’il faut se limiter, je pense à un article sur une certaine Marilyn Monroe, prouesse de l’usage des mots car évocation de la déesse visuelle – icône – de façon textuelle… un petit bijou !

Donc, même si l’ouvrage est un peu plus gros que le roman estival classique, même si l’écriture est un peu plus sophistiquée que votre polar habituel, osez, chers amis, lire ce Dictionnaire amoureux de l’Amérique d’Yves Berger car, ne l’oublions pas, l’été c’est fait pour lire !!!

Très bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 27/07/2020 @ 08:54:07
Lundi 27 juillet

« L’été c’est fait pour lire » et pour clore cette série de dictionnaires amoureux, voici celui consacré à l’Alsace ! Oui, je sais, il est bien curieux de voir un lorrain revendiqué et assumé, parler d’un ouvrage sur l’Alsace, d’autant plus que la notion d’amour autour de l’Alsace peut sembler improbable… Je vais donc vous rassurer – ou pas – tout de suite !

Tout d’abord, l’ouvrage est écrit par un Lorrain, Gilles Pudlowski. Il s’agit bien de l’amour d’un Lorrain pour l’Alsace, peut-être même, qui sait, d’un Lorrain pour une Alsacienne, une histoire que l’on peut rencontrer dans certaines familles, allez savoir…

Même si l’auteur a été « obligé et contraint » de créer une entrée « Blagues lorraines vues d’Alsace », un article où l’on sent bien le Lorrain ulcéré par ses voisins alsaciens pas toujours si sympathiques (40% des Alsaciens se méfieraient toujours des Lorrains !), force est de constater que l’ouvrage semble plutôt très objectif… Enfin, objectif n’est certainement pas le terme adéquat puisque l’auteur d’un dictionnaire amoureux écrit ce qu’il veut, comme il le souhaite, produisant un ouvrage entièrement subjectif… Alors, disons, que je m’y retrouve bien…

En fait, les Lorrains aiment beaucoup les Alsaciens même s’ils ne les comprennent pas toujours bien. Enfin, je ne parle pas que de la compréhension de la langue… Ils sont Alsaciens, nous on est d’abord Français… Français de l’intérieur diraient même les Alsaciens… Par contre, leur région est riche, belle, cultivée, gastronomique, œnologique, artistique… et cela ne peut que plaire à Gilles Pudlowski, connu comme journaliste, essayiste, critique littéraire et critique gastronomique… Il se laisse aller, porté par son amour de cette région et sa balade en Alsace est fort sympathique à lire !

On parlera donc de cuisine et pas que de choucroute ! On abordera la littérature y compris avec le Lorrain Maurice Barrès et le poète René Char qui est pourtant né dans le Vaucluse… On boira, bien sûr, de la bière et du vin, mais avouons que cela peut se faire dans presque toutes les régions françaises, y compris en Lorraine ! Enfin, on découvrira pléthore de personnages et c’est là que j’ai appris le plus : Hans-Jean Arp, Frédérique Brion, Huguette Dreikaus, Frédéric Hoffet (d’origine lorraine, qu’on se le dise !), Raymond-Emile Waydelich et tant d’autres !

Il est intéressant, pour ne pas dire plus, de voir comment à travers plusieurs entrées l’auteur perçoit l’Alsacien. On peut être amoureux d’une région et avoir des doutes, des distances, des prudences vis-à-vis de certains aspects de la mentalité alsacienne… Il est donc capital de « bien lire » les rubriques Alsacien, Xénophobie ou Hoffet. J’ai dit bien lire car il ne s’agit pas non plus d’un rejet de l’Alsace mais d’une compréhension poussée, étayée et expliquée d’un peuple qui n’a peut-être confiance qu’en lui… Allez savoir ?

Ayant vécu une année entière en Alsace, je me suis construit mon expérience de cette région et plus d’une fois mes souvenirs se sont glissés dans l’ouvrage et ma lecture ne fut pas objective, c’est bien une certitude… D’autant plus qu’un petit bout d’Alsace s’est glissé dans ma vie…

On va donc maintenant quitter cette très belle collection « Les dictionnaires amoureux » mais si vous aviez l’intention d’aller découvrir l’Alsace cet été, ce pourrait bien être une excellente introduction à votre voyage…

Bel été, bonne lecture à tous et à très bientôt !

Shelton
avatar 27/07/2020 @ 08:54:35
Voilà, on est revenu dans le calendrier... ;)

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