Le Premier Siècle après Béatrice de Amin Maalouf

Le Premier Siècle après Béatrice de Amin Maalouf

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Moyen Orient , Littérature => Arabe

Critiqué par Acque, le 18 mars 2001 (Italie, Inscrite le 10 mars 2001, 39 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (34 027ème position).
Visites : 6 793  (depuis Novembre 2007)

Entre peurs et croyances populaires

Ce livre nous présente le désir de l'homme d'avoir une descendance masculine portée à son paroxysme.
Les filles se font de plus en plus rares. Encore une fois ici on voit comment nos désirs peuvent être néfastes pour l'humanité.
Le monde à la recherche de sa " féminité " perdue : est-ce peut-être un " prétexte " pour l'innocence perdue du monde ?
Ce récit simple et limpide cache en lui toutes les peurs et les doutes de notre époque ; en Inde, la majorité des fÏtus avortés sont des filles, mais au monde il y a sept femmes pour chaque homme, peut-on donc prévoir ce qui nous attend dans le futur ?
Ce récit en tout cas présente l'une des possibilités qui nous attend.

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Pas assez approfondi à mon goût

6 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 37 ans) - 31 mars 2016

Le premier siècle après Béatrice est un roman qui se distingue clairement des autres œuvres d’Amin Maalouf. Pour reprendre les termes de l’excellente critique précédente d’ @Froissart, il s’agit à la fois d’un roman, pour le côté romancé de l’histoire du narrateur, d’une œuvre d’anticipation, puisqu’il met en avant un hypothétique bouleversement mondial des natalités, mais constitue en quelque sorte un avertissement en mettant intelligemment en avant les clivages Nord/Sud et l’influence des innovations technologiques, notamment dans le domaine médical. Une réflexion qui peut notamment s’appliquer dans de nombreux autres domaines d’innovations : robotique, sélection génétique…

Cependant cette lecture, tout aussi intéressante qu’elle soit, m’a laissé sur ma faim. Et ceci constitue le principal défaut de ce court roman. Ce qui aurait pu devenir un roman passionnant ne m’est apparu être au final qu’une lecture distrayante. Une lecture qui malheureusement sera vite oubliée.
Dommage car le personnage central, agréable à suivre, ainsi que l’atmosphère du roman, sorte de légère parenthèse dans un monde en plein bouleversement, m’ont assez enthousiasmé.

Une petite déception.

La présentation de Patryck Froissart

10 étoiles

Critique de FROISSART (St Paul, Inscrit le 20 février 2006, 72 ans) - 22 septembre 2006

Titre : Le premier siècle après Béatrice
Auteur : Amine Maalouf
Editeurs : Grasset et Fasquelle (1992)
ISBN : 2253097829
157 pages en Livre de poche

Ce livre est à la fois un roman, un document, une œuvre d’anticipation, et une leçon, ou un avertissement.

Le narrateur et personnage central, entomologiste spécialiste des coléoptères, est amené à s’intéresser à une poudre traditionnelle égyptienne vendue dans un petit récipient en forme de scarabée, prétendument capable de favoriser la naissance d’héritiers mâles.

Ce qui n’était, séculairement, que charlatanisme et superstition archaïques sans effet réel devient un problème politique, à l’échelle mondiale, lorsque des chercheurs sans scrupules parviennent à fabriquer, puis à écouler massivement, sous le manteau des traditions, un produit chimique efficace qui fait chuter de façon dramatique le nombre des naissances de filles, dans un schéma catastrophe qui s’appuie sur les préjugés culturels ancestraux considérant comme valorisante pour la famille la mise au monde d’un garçon, et qui amplifie les méthodes plus « artisanales » qui consistaient jusque là, dans un certain nombre de régions, à provoquer couramment l’avortement d’embryons de sexe féminin.

Le roman, publié chez Grasset en 1992, met en scène une situation qui se développe à partir de 2000, année de la naissance de Béatrice, la fille du narrateur (d’où le titre).
Il s’agit donc d’anticipation.
Amine Maalouf, sur la question centrale du livre, apparaît, comme dans ses autres œuvres, comme un visionnaire, extrêmement lucide, qui analyse, avec une précision scientifique, les conséquences des comportements de l’homme sur le présent et le futur de sa propre espèce.

En effet, des rapports de plus en plus fréquents, précis et alarmants font état actuellement d’un déficit croissant de filles, en Inde et en Chine notamment, qui donnent un éclairage réaliste à la fiction décrite par Maalouf.
On compterait en 2006 un déficit mondial de 70 millions de naissances féminines, et des revues dignes de foi nous annoncent, si rien n’est fait pour inverser la tendance, un effondrement démographique majeur dès 2050.

C’est exactement le scénario du livre de Maalouf…

A méditer, en vue d’une action militante.

Patryck Froissart, St Benoît (Réunion), le 22 septembre 2006

Pas d'accord

8 étoiles

Critique de Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 69 ans) - 30 septembre 2005

Pas du tout d’accord avec vous. .C’est pourquoi je tiens à défendre ardemment ce roman qui est un peu le mal aimé des lecteurs qui, trop habitués aux charmes envoûtant de leur conteur moyen oriental, ont beaucoup de mal à accepter de bon cœur qu’on ne leur parle pas de pays du bassin méditerranéen, mais des deux hémisphères ; qu’on ne leur raconte pas des histoires passées, mais des récits possiblement futurs. Je trouve que, le plus souvent, on est très injuste avec ce «Premier siècle après Béatrice» dont on sous-estime la justesse et la profondeur. Ce qui est fascinant ici, c’est de voir de quelle façon aisée et imparable on passe d’une situation égale à ce qu’elle est actuellement dans la réalité, à un total désastre planétaire.
Citation :« Au cours du siècle dernier, notre planète s’est partagée entre un Sud qui récrimine et un Nord qui s’exaspère. Certains se sont résignés à voir en cela une banale réalité culturelle ou stratégique. La haine ne demeure pas indéfiniment une banale réalité. Un jour, sous quelque prétexte, elle se déchaîne, et l’on découvre que rien, depuis cent ans, mille ans, deux mille ans, rien n’a été oublié, aucune gifle, aucune frayeur. »
Maalouf parvient à nous faire sentir que cela pourrait réellement arriver. Je ne pense pas que cela pourrait être pour une question de «fèves du scarabée» (ou de ce qu’elles représentent) mais cela pourrait arriver. Ces derniers temps, j’ai parfois l’impression qu’on est ainsi à la limite de basculer. Suis-je la seule ? Sûrement non.
Un livre passionnant et hyper bien écrit, comme toujours avec Maalouf.


il ferme la marche

4 étoiles

Critique de Mehdi zarga (, Inscrit le 18 novembre 2004, 39 ans) - 18 novembre 2004

Les deux étoiles sur cinq que je donne à ce livre sont relatives; relatives à ce que j'ai lu de maalouf. Je place ce roman derrière tous les autres. Son grand problème, c'est qu'il ne fait pas rêver; son défaut, c'est que son histoire n'a rien à voir avec le destin d'un khayyam, d'un mani, d'un tanios, d'un hassan zayyati, ni d'un Baldassare Embriaco ! je ne sais pas, même le génie de Maalouf n'arrive pas à faire décoller l'histoire.
c'est parce que j'ai aimé tous ses livres que je n'aime pas ce roman, le seul que je ne revisite jamais.
Dommage.

Est-ce vraiment de l'anticipation ?

5 étoiles

Critique de Gilou (Belgique, Inscrite le 1 juillet 2001, 71 ans) - 29 août 2002

Récit qui donne à réfléchir. Est-ce réellement un roman d'anticipation ? Ne sommes-nous pas dans ce Premier Siècle après Béatrice ? (si j'ai bien tout compris !). Ce livre m'a donné des frissons quand à l'avenir de l'homme sur notre Planète Bleue. Au Nord comme au Sud.
Le "Déluge" n'est-il pas déjà en route ? L'auteur, lui, a trouvé sa planque.
Et nous alors ? Aurons-nous une petite place ? Va savoir !

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