La nuit des béguines de Aline Kiner

La nuit des béguines de Aline Kiner

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Marvic, le 13 janvier 2019 (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 621ème position).
Visites : 882 

Paris 1310

Ysabel, herboriste à l’hôpital, finit sa tournée auprès des malades, des indigents, des vieillards. Quand à la porte du béguinage, est retrouvé un enfant recroquevillé, Ysabel l’accueille aussitôt, alors que sous sa coiffe, l’enfant révèle des cheveux roux, couleurs du diable. Il lui faudra du temps pour l’approcher et découvrir une toute jeune femme martyrisée.
Une jeune femme qui se remettra lentement mais qu’il lui sera pourtant impossible de laisser partir.

La vie était rude et risquée en 1310. Et plus dure encore pour les femmes. Mais le "bon roi" Louis avait autorisé la création de communautés de femmes, sortes de clergé laïc, les béguinages.
S’y retrouvent le plus souvent des veuves, accueillant des malades dans leur hôpital, apprenant à lire et à écrire aux plus jeunes, recueillant des miséreuses.
À travers les personnages d'Ysabel, et de Maheut la rousse, Aline Kiner nous plonge au cœur de Paris, sous le règne de Philippe le Bel dans un roman historique passionnant tant y sont parfaitement décrits tous les aspects de la vie au Moyen-âge : la vie quotidienne, le différents métiers, la pratique de la médecine, l’Inquisition, les Templiers…
Les descriptions très sensorielles, bruits, couleurs, et surtout odeurs permettent au lecteur une représentation efficace, presque un plongeon virtuel dans les rues de la ville.
Avec pour fil conducteur les personnages attachants, d’Ysabel, l’herboriste, d'Ade la discrète, ou de Maheut La Rousse, j’ai découvert un roman passionnant et érudit.
Et je partage totalement le coup de coeur de la bibliothécaire.

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Respect pour ces dames.

7 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 4 août 2019

Les béguines, dans ce début mouvementé du XIVème siècle faisaient figure d'avant-gardistes. Pouvoir disposer librement de sa personne quand on est une femme semblait être un concept utopique. La femme n'était qu'un outil reproducteur soumise aux décisions de celui qui avait été choisi pour la gouverner.
La France sous Philippe le bel est en pleine déconfiture. Les guerres ruineuses, le train de vie fastueux de la noblesse, un clergé intrusif et divisé, l’inquisition... tout se ligue contre ces femmes, pieuses et droites certes mais manquant de guide. Cela dérange !
Sous l'aspect de la description de la condition de cette époque, le livre de Aline Kiner est parfaitement documenté et intéressant. Là où le bât blesse c'est dans la construction du roman (car l'auteure a choisi ce chemin pour véhiculer son message). L'histoire est franchement navrante : les acteurs manquent de ce quelque chose qui donne au lecteur la joie de communier avec eux, l’intrigue est brouillonne et il faut parfois se gratter la tête pour se remémorer qui est qui !
Dommage.
Je ne regrette cependant pas ma lecture qui m'a appris à comprendre ces femmes courageuses mais je ne suis pas parvenu à trouver la clef de l’histoire.

Féministes, avant l’heure

10 étoiles

Critique de Isis (Chaville, Inscrite le 7 novembre 2010, 74 ans) - 22 mars 2019

Un grand coup de cœur pour « La nuit des béguines » et un hommage sincère à Aline KINER, décédée prématurément le 7 janvier dernier qui, ici, réussit cette gageure de faire revivre comme si on y était, le béguinage royal de Paris dont l’existence est quasiment méconnue ; idem en ce qui concerne un manuscrit datant de cette époque, lui aussi pratiquement introuvable qui aura valu le bûcher Place de Grève en 1310 à Marguerite PORETE, une béguine de Valenciennes.

La romancière a donc dû faire des recherches très approfondies pour restituer cette sombre époque moyenâgeuse, celle des Templiers, avec une exactitude, légitimement saluée par les historiens et, notamment par Claude GAUVARD une médiéviste qui a participé avec elle à une table ronde, enregistrée sur You Tube en octobre 2017 « Les béguines, des femmes libres au Moyen Age ». Un compliment d’autant plus significatif que cette historienne avoue ne pas apprécier, en général, les romans historiques…

Or, dans le cas présent, les personnages que l’auteur a inventés permettent d’illustrer de façon concrète la vie quotidienne de ces femmes « affranchies de toute autorité masculine » comme l’a écrit, par ailleurs, Régine PERNOUD une référence incontournable au sujet du Moyen Age.

Ni épouses, ni nonnes, ces béguines étaient, certes pieuses, mais conservaient toute latitude pour travailler (comme Jeanne du Faut, décrite dans le roman, qui tient un commerce de mercerie-soierie et a réellement existé) ou exercer des fonctions plus intellectuelles, telle la traduction de textes religieux (comme Ade, une jeune veuve de 25 ans, personnage, cette fois fictif, qui occupe une place prédominante dans la présente intrigue.

Les deux autres héroïnes principales, la jeune Maheut et la vieille Ysabel campent, elles aussi, des personnages attachants et témoignent d’une qualité essentielle, requise des béguines, qu’elles vivent ou non en collectivité, à savoir une solidarité à toute épreuve, comme cette histoire le démontre.

Une œuvre érudite et passionnante qui instruit beaucoup le lecteur, tout en le divertissant et dévoile un portrait de la femme au Moyen Age, beaucoup plus moderne qu’on l’imagine a priori : des féministes avant l’heure, totalement libres devant l’Eternel.

plus une documentation

2 étoiles

Critique de PierreV (, Inscrit le 9 mars 2019, 51 ans) - 9 mars 2019

L'auteure s'est très bien documentée : elle le précise ( au cas où l'on ne l'aurait pas compris en essayant de lire son histoire ) par sa bibliographie à la fin et par ses pages de description style catalogue.
Un bon démarrage, mais très vite, on s'ennuie et on se lasse, à cause de ces " énumérations" qui remplissent les pages et qui nuisent à l'histoire. les descriptions ne sont pas " des acteurs" comme dans les bons ouvrages. Elles ne donnent aucune émotion..
J'ai abandonné ce qui est très rare et dommage .
Du coup, je me suis acheté un essai sur les béguines pour comprendre ces dames, féministes avant l'heure.

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