Ergoter est le mot ! Il y a tuerie ,massacre pour interdire Ă des populations (ĂȘtres humains avant tout) d'exister.
Tu as parfaitement résumé la situation .
On s'en fout que ce soit qualifié de Génocide ou d'autre chose.
Le constat est terrifiant. Des milliers de morts, des gens affamés.
Aucune distinction entre militaires (terroristes ? ) et civils.
Une volonté affichée de terminer l'annexion du territoire déjà entamée depuis des dizaines d'années malgré les pleurnicheries grotesques de l'ONU.
Et Trump qui s'affiche pour obtenir le prix Noble de la Paix... on touche le fond.
Par exemple, en soutenant une sorte de vision romantique du génocide "par le fil de l'épée"... ?
Je ne sais pas ce que tu veux dire par lĂ .
Pour Dresde : je suis d'accord, il y a ici une composante ethnique (les Palestiniens de Gaza) qui est tout l'enjeu et qui ne se retrouvait pas Ă Dresde. LĂ oĂč je pencherais pour un gĂ©nocide : l'Etat d'IsraĂ«l pense cette terre comme la sienne, il est traversĂ© par un nationalisme qui pourrait gĂ©nĂ©rer technuquement un gĂ©nocide (au moins chez certains types comme Ben Gvir...) et les Gazaouis sont un "problĂšme" pour IsraĂ«l, auquel il faudrait une "solution".
Maintenant, ça c'est le cÎté politique, les "émois nationalistes", qui sont une réalité israélienne (quoique les Israéliens qui font leur service ne sont pas tous des sionistes primaires). Les instructions du gouvernement appellent-elles clairement à viser les civils ? Pas évident comme question.
Il y a les bombes. J'ai dit que l'argument des pluies de bombes n'est pas tout Ă fait dĂ©cisif, mĂȘme s'il est important. Si les soldats israĂ©liens, au sol, ne s'en prennent pas spĂ©cialement aux femmes et enfants, voire laissent passer des convois de vivres (il y a eu blocus, mais ces blocus Ă©taient toujours temporaires). Enfin, si les tirs sont principalement motivĂ©s par des affrontements avec des gens du Hamas, c'est Ă dire si le comportement au sol est grosso modo celle d'une armĂ©e conventionnelle, je trouve que l'accusation de gĂ©nocide se discute encore.
On ergote, mais les gars, c'est le titre du fil de discussion : il fallait mettre un autre titre !
Du reste, c'est vrai que l'essentiel n'est pas lĂ
Du reste, c'est vrai que l'essentiel n'est pas lĂ
Tant que les américains soutiendront l'état d'Israel , il ne se passera rien.
Les Puissants ont toujours raison.
Trump vient d'humilier l'Europe avec les droits de douane.
Nous sommes des pleurnichards qui revendiquent, s'insurgent, twitent... mais qui n'agissent pas.
La France - Ă l'image de l'Europe - est une grande gueule qui ne fait peur qu'Ă elle-mĂȘme.
Les Puissants ont toujours raison.
Trump vient d'humilier l'Europe avec les droits de douane.
Nous sommes des pleurnichards qui revendiquent, s'insurgent, twitent... mais qui n'agissent pas.
La France - Ă l'image de l'Europe - est une grande gueule qui ne fait peur qu'Ă elle-mĂȘme.
Et Trump qui s'affiche pour obtenir le prix Noble de la Paix... on touche le fond.
Oui j'ai vu ça, on touche effectivement le fond
Tu choisis d'en déduire qu'Israël n'a vraiment pas de chance avec tous ces "dommages collatéraux". D'autres, moins amateurs de couleuvre, supposeront plus pragmatiquement qu'Israël ne fait pas de gros efforts en matiÚre de ciblage.
Oui, c'est un discours que j'entends souvent, je n'ai rien contre les gens qui expliquent cela. Mais pour le coup, si un tribunal se tient, au-delà des avaleurs de couleuvres ou de vipÚres, je ne serai pas contre des éléments un peu plus précis.
Tu choisis d'en déduire qu'Israël n'a vraiment pas de chance avec tous ces "dommages collatéraux". D'autres, moins amateurs de couleuvre, supposeront plus pragmatiquement qu'Israël ne fait pas de gros efforts en matiÚre de ciblage.
Oui, c'est un discours que j'entends souvent, je n'ai rien contre les gens qui expliquent cela. Mais pour le coup, si un tribunal se tient, au-delà des avaleurs de couleuvres ou de vipÚres, je ne serai pas contre des éléments un peu plus précis.
Et tu as parfaitement raison. Les tĂ©moignages montrant que l'armĂ©e israĂ©lienne cible dĂ©libĂ©rĂ©ment des civils sont actuellement trĂšs nombreux et variĂ©s (et trĂšs facilement trouvables pour qui dispose d'une connexion Internet et d'un clavier), certains provenant d'ailleurs de soldats ou d'officiers israĂ©liens. Nous ne sommes cependant pas sur place pour les vĂ©rifier. C'est lĂ que le travail journalistique a son importance ; il est donc trĂšs regrettable qu'IsraĂ«l refuse catĂ©goriquement qu'un reporter Ă©tranger approche de Gaza tout en tuant mĂ©thodiquement les journalistes gazaouis. J'espĂšre en tout cas de tout coeur qu'un jour, une enquĂȘte rigoureuse pourra ĂȘtre effectuĂ©e librement par des instances indĂ©pendantes, en vue d'un jugement.
Rappelons aussi une chose. Il est bien sĂ»r possible que certains tĂ©moignages soient dĂ©formĂ©s par les adversaires d'Israel, mais mĂȘme si un sur dix seulement Ă©tait vrai (ce qui me semble sĂ©vĂšre), les faits resteraient accablants.
Dans ma conception du génocide, celle que j'essaie d'expliciter, il est nécessaire que les civils soient parfaitement identifiés comme tel. S'il y a eu par exemple une instruction chez les militaires (ou plus souvent chez des forces paramilitaires dans les génocides) de tuer les civils, cela se matérialisera par des enfants tués (à bout portant, à la machette, etc) sans aucune ambiguïté sur la cible. L'enfant est innocent : son crime est d'appartenir à l'ethnie qu'on veut supprimer.
Maintenant, ça c'est le cÎté politique, les "émois nationalistes", qui sont une réalité israélienne (quoique les Israéliens qui font leur service ne sont pas tous des sionistes primaires). Les instructions du gouvernement appellent-elles clairement à viser les civils ? Pas évident comme question.
Il y a les bombes. J'ai dit que l'argument des pluies de bombes n'est pas tout Ă fait dĂ©cisif, mĂȘme s'il est important. Si les soldats israĂ©liens, au sol, ne s'en prennent pas spĂ©cialement aux femmes et enfants, voire laissent passer des convois de vivres (il y a eu blocus, mais ces blocus Ă©taient toujours temporaires). Enfin, si les tirs sont principalement motivĂ©s par des affrontements avec des gens du Hamas, c'est Ă dire si le comportement au sol est grosso modo celle d'une armĂ©e conventionnelle, je trouve que l'accusation de gĂ©nocide se discute encore.
Tu sembles avoir une conception trĂšs particuliĂšre du gĂ©nocide, oĂč l'on trouve forcĂ©ment un effet de foule, une masse de population fanatisĂ©e contre une autre et qui se jette sur cette derniĂšre pour la massacrer presque au corps Ă corps. Dans cette conception, il y a bien entendu des ordres et des supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques, mais surtout un individu qui fait face Ă sa victime avant de la tuer.
Je ne saurais plus dire oĂč, mais j'ai lu plusieurs fois que l'une des raisons pour laquelle les nazis ont mis fin Ă la Shoah par balles Ă©tait l'Ă©puisement nerveux et moral des soldats qui, tout SS qu'ils fussent, finissaient par ne plus supporter de fusiller des civils Ă longueur de journĂ©es. Le commandement SS aurait alors cherchĂ© un autre moyen de tuer, qui permettrait aux bourreaux de ne pas voir leurs victimes et ainsi de s'illusionner sur leur rĂŽle. J'ignore totalement si cette histoire est vraie (d'autres documents tĂ©moignent atrocement de l'inhumanitĂ© de ces soldats), mais elle nous rappelle deux choses : de fait, ta dĂ©finition du gĂ©nocide exclut les chambres Ă gaz, ce qui est un comble ; d'autre part, si l'on demande Ă des soldats de commettre un crime, on court le risque de les voir refuser ; rendre le meurtre impersonnel, froid et distanciĂ© attĂ©nue le risque de voir les exĂ©cutants de ce meurtre se rebiffer.
Tu l'as dit toi-mĂȘme : les soldats (et civils) israĂ©liens ne sont pas tous des sionistes convaincus. Ce ne sont pas non plus des psychopathes ou des tueurs de sang-froid. C'est une sociĂ©tĂ© choquĂ©e Ă juste titre par le 7 octobre, et dont le choc est cyniquement exploitĂ©, pour le plus grand malheur de Gaza, par une bande d'extrĂ©mistes corrompus jusqu'Ă la moelle et qui s'accroche au pouvoir (ce qui n'exonĂšre Ă©videmment pas de toute responsabilitĂ© les soldats qui se sont rendus coupables de crimes contre l'humanitĂ© ces deux derniĂšres annĂ©es).
Je suis cependant Ă peu prĂšs sĂ»r qu'une bonne partie de l'armĂ©e refuserait d'exĂ©cuter un ordre direct de tuer mĂ©thodiquement tous les civils sur leur chemin Ă Gaza, et qu'une bonne partie de la population ne l'accepterait pas, sans parler des consĂ©quences diplomatiques. Selon ta conception, cela rend de fait tout gĂ©nocide impossible. mais c'est oublier qu'il existe mille façons de tuer en laissant aux soldats la possibilitĂ© de se dire "ce n'est pas moi qui suis coupable". Je ne suis pas militaire, mais j'ai du mal Ă imaginer que tuer un civil Ă bout portant soit la mĂȘme chose que d'appuyer sur un bouton, dix mille pieds au-dessus d'une ville, pour larguer une bombe - bien que le rĂ©sultat soit le mĂȘme. La famine permet Ă©galement de diluer la culpabilitĂ© et de rendre la consĂ©quence de cette famine - la mort - plus acceptable pour ceux qui en sont Ă l'origine, mais qui peuvent se faire croire que ça n'est pas le cas : aprĂšs tout, le soldat n'a fait que bloquer des camions. Il n'a tirĂ© sur personne, brutalisĂ© personne, il n'a mĂȘme pas touchĂ© son arme. Le rĂ©sultat est pourtant le mĂȘme.
Tout ça pour dire que je ne vois vraiment pas pourquoi un gĂ©nocide devrait nĂ©cessairement se passer "Ă bout portant" ou "Ă la machette". Il me semble qu'au contraire, plus la mort est organisĂ©e pour avoir l'air d'ĂȘtre le rĂ©sultat d'une mĂ©canique impersonnelle, et non de l'action d'un individu (ce qui ne peut bien sĂ»r qu'ĂȘtre une illusion, l'individu reste toujours responsable de ce qu'il fait), plus on approche de l'idĂ©e de gĂ©nocide. Je ne sais pas avec certitude si ce qui se passe Ă Gaza doit ĂȘtre appelĂ© gĂ©nocide, mais les arguments que tu emploies pour Ă©carter l'idĂ©e ne me convainquent pas le moins du monde.
Désolé pour ceux ou celles qui pensent que ce débat n'est qu'une suite d'ergoteries, ils ont sans doute raison... l'important est que cesse l'horreur à Gaza, pas la sémantique.
Tu as malheureusement raison...Mais ce qu'il faut vraiment comprendre ou ressentir finalement personne ne le sait...ça devient de l'incommensurable...:(
Je ne pense pas que ce soit ergoter. Les souffrances des populations civiles sont malheureusement chose commune dans les conflits armés qui ont lieu sans interruption depuis que le monde est monde. Si ce qui se passe à Gaza nous émeut particuliÚrement, c'est bien parce qu'on soupçonne qu'il s'y trame quelque chose d'inouï.
D'autant plus quand on pense que l'auteur du crime qui semble avoir cours fut lui-mĂȘme la victime du plus grand crime de l'histoire. C'est proprement vertigineux.
D'autant plus quand on pense que l'auteur du crime qui semble avoir cours fut lui-mĂȘme la victime du plus grand crime de l'histoire. C'est proprement vertigineux.
Ă Thaut : Non, je n'exclus pas les chambres Ă gaz. Il n'y a pas d'ambiguĂŻtĂ© sur les personnes que tu fais rentrer dedans. Je parle de face-Ă -face, mais c'est une image. Je voulais effectivement parler dâune forme de proximitĂ© entre victime et bourreau, mĂȘme si cette proximitĂ© n'est pas toujours physique, elle lâest en partie, Ă un certain moment du processus.
Les SS ont « vu » les personnes quâils assassinaient, ils les ont conduit dans des trains, triĂ©, pris leurs bagages, et bien sĂ»r tuĂ© directement dans un grand nombre de cas.
Je vais t'expliquer en quelques mots pourquoi j'en ai été réduit là .
C'est que j'ai été amené à étudier à ce jour (je réalise des travaux d'Histoire vulgarisée, bref) deux évÚnements que je qualifierai vraiment de génocide (la solution finale et le génocide rwandais), ainsi que deux autres qui s'en rapprochent de façon partielle (l'action de Saddam contre les Kurdes, et les Serbes à Srebrenica).
Ce que j'ai noté qui est vraiment propre dans les témoignages sur le Rwanda/laShoah était :
1) -Que des enfants (ou des femmes, des vieillards) avaient été ciblés spécifiquement (découpés à la machette au Rwanda, envoyés dans les chambres à gaz , etc). C'est tout simplement monstrueux, mais ça le paraissait d'autant plus qu'il existait une proximité directe et physique entre la victime et le bourreau, notamment au cours du tri, ou de la traque, ce qui ne laissait pas planer de doute sur les intentions de ce dernier. Tuer un bébé, par exemple, c'est inexplicable. Qu'est-ce qu'un bébé tutsi a bien pu faire ?! Mais son bourreau le rattache à une culpabilité ethnique, collextive, c'est-à -dire que les Tutsis doivent mourir pour ne pas créer une nouvelle génération de Tutsis, quelque chose comme ça.
Ce qui est certain, c'est que le lecteur qui lit cette histoire ne se demande pas s'il s'agit d'un gĂ©nocide. LâĂ©vidence, câest lâĂ©vidence, elle nous frappe. En fait, tout le Rwanda a procĂ©dĂ© Ă la purge des Hutus modĂ©rĂ©s, juste avant d'entrer dans une propagande raciale directe (lĂ encore sans ambiguĂŻtĂ©), puis est passĂ©e Ă l'acte dans un troisiĂšme temps.
Ici, la distinction ne peut pas vraiment ĂȘtre faite qualitativement, et je pense que ce que l'on suppute de par les bombardements doit ĂȘtre confirmĂ© en analysant le comportement global des IsraĂ©liens au sol. Tu me diras qu'il y a des "plaintes trouvables pour toute personne avec de la connexion", je n'en doute pas, j'en ai lu, mais j'ai lu aussi un tĂ©moignage de soldat israĂ©lien dĂ©goĂ»tĂ© par le rĂ©gime qui a quittĂ© l'armĂ©e, mais qui, au cours de leur tĂ©moignage, dit expressĂ©ment qu'Ă son sens, il ne s'agit pas d'un gĂ©nocide. On pourrait essayer de comprendre ce quâil a voulu dire par lĂ .
2) il y aurait aussi la nĂ©cessitĂ© d'avoir des instructions Ă©crites ou orales de la part des supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques, au minimum, voire du gouvernement. Dans le cas de la Shoah, leur existence est une Ă©vidence, c'est mĂȘme l'essence du projet hitlĂ©rien. Dans le cas du Rwanda, on sait que ce sont les messages radiophoniques des Mille Collines qui jouaient ce rĂŽle. Pour les Kurdes du temps de Saddam, il existait les ordres de destruction d'Ali le Chimique, par exemple.
J'ai remarquĂ© que certains dirigeants de Tsahal sont assez indĂ©pendants d'esprit vis-Ă -vis de Netanyahu. Daniel Hagari, par exemple, a eu des propos oĂč il explique que le Likoud se fourvoie, que le Hamas ne disparaĂźtra pas car on "n'Ă©limine pas une idĂ©e". Cette complexitĂ© mĂ©riterait d'ĂȘtre un peu plus dĂ©cortiquĂ©e. Il est possible par exemple que les outrances verbales de Ben Gvir ne soient pas forcĂ©ment bien vues des gĂ©nĂ©raux de Tsahal, tout ou partie. Il est possible qu'elles soient bien vues par certains soldats mais que la hiĂ©rarchie ne suit pas forcĂ©ment. Il est possible qu'il y ait des purges internes (car pour moi, un gĂ©nocide suppose une vĂ©ritable pression en faveur du crime de masse, Ă©jectant les rĂ©calcitrants), mais alors il faudrait analyser plus dans le dĂ©tail.
3) Il y a eu aussi antĂ©rieurement Ă la Shoah et au gĂ©nocide rwandais, un phĂ©nomĂšne de purge interne. C'est-Ă -dire que le systĂšme (les SS, les groupes de tueurs hutus) Ă©tait dans une situation oĂč toute personne "modĂ©rĂ©e", qui n'avait pas actĂ© l'aspect strictement RACIAL de la chose, qui nâĂ©tait pas claire sur le sujet que la victime serait INNOCENTE, avait Ă©tĂ© soigneusement Ă©liminĂ©e. D'ailleurs le gĂ©nocide des Tutsis a aussi Ă©tĂ© celui des Hutus modĂ©rĂ©s.
Bref, ces petits Ă©lĂ©ments mâavaient l'air d'ĂȘtre des marqueurs objectifs qui pourraient guider un historien.
Les SS ont « vu » les personnes quâils assassinaient, ils les ont conduit dans des trains, triĂ©, pris leurs bagages, et bien sĂ»r tuĂ© directement dans un grand nombre de cas.
Je vais t'expliquer en quelques mots pourquoi j'en ai été réduit là .
C'est que j'ai été amené à étudier à ce jour (je réalise des travaux d'Histoire vulgarisée, bref) deux évÚnements que je qualifierai vraiment de génocide (la solution finale et le génocide rwandais), ainsi que deux autres qui s'en rapprochent de façon partielle (l'action de Saddam contre les Kurdes, et les Serbes à Srebrenica).
Ce que j'ai noté qui est vraiment propre dans les témoignages sur le Rwanda/laShoah était :
1) -Que des enfants (ou des femmes, des vieillards) avaient été ciblés spécifiquement (découpés à la machette au Rwanda, envoyés dans les chambres à gaz , etc). C'est tout simplement monstrueux, mais ça le paraissait d'autant plus qu'il existait une proximité directe et physique entre la victime et le bourreau, notamment au cours du tri, ou de la traque, ce qui ne laissait pas planer de doute sur les intentions de ce dernier. Tuer un bébé, par exemple, c'est inexplicable. Qu'est-ce qu'un bébé tutsi a bien pu faire ?! Mais son bourreau le rattache à une culpabilité ethnique, collextive, c'est-à -dire que les Tutsis doivent mourir pour ne pas créer une nouvelle génération de Tutsis, quelque chose comme ça.
Ce qui est certain, c'est que le lecteur qui lit cette histoire ne se demande pas s'il s'agit d'un gĂ©nocide. LâĂ©vidence, câest lâĂ©vidence, elle nous frappe. En fait, tout le Rwanda a procĂ©dĂ© Ă la purge des Hutus modĂ©rĂ©s, juste avant d'entrer dans une propagande raciale directe (lĂ encore sans ambiguĂŻtĂ©), puis est passĂ©e Ă l'acte dans un troisiĂšme temps.
Ici, la distinction ne peut pas vraiment ĂȘtre faite qualitativement, et je pense que ce que l'on suppute de par les bombardements doit ĂȘtre confirmĂ© en analysant le comportement global des IsraĂ©liens au sol. Tu me diras qu'il y a des "plaintes trouvables pour toute personne avec de la connexion", je n'en doute pas, j'en ai lu, mais j'ai lu aussi un tĂ©moignage de soldat israĂ©lien dĂ©goĂ»tĂ© par le rĂ©gime qui a quittĂ© l'armĂ©e, mais qui, au cours de leur tĂ©moignage, dit expressĂ©ment qu'Ă son sens, il ne s'agit pas d'un gĂ©nocide. On pourrait essayer de comprendre ce quâil a voulu dire par lĂ .
2) il y aurait aussi la nĂ©cessitĂ© d'avoir des instructions Ă©crites ou orales de la part des supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques, au minimum, voire du gouvernement. Dans le cas de la Shoah, leur existence est une Ă©vidence, c'est mĂȘme l'essence du projet hitlĂ©rien. Dans le cas du Rwanda, on sait que ce sont les messages radiophoniques des Mille Collines qui jouaient ce rĂŽle. Pour les Kurdes du temps de Saddam, il existait les ordres de destruction d'Ali le Chimique, par exemple.
J'ai remarquĂ© que certains dirigeants de Tsahal sont assez indĂ©pendants d'esprit vis-Ă -vis de Netanyahu. Daniel Hagari, par exemple, a eu des propos oĂč il explique que le Likoud se fourvoie, que le Hamas ne disparaĂźtra pas car on "n'Ă©limine pas une idĂ©e". Cette complexitĂ© mĂ©riterait d'ĂȘtre un peu plus dĂ©cortiquĂ©e. Il est possible par exemple que les outrances verbales de Ben Gvir ne soient pas forcĂ©ment bien vues des gĂ©nĂ©raux de Tsahal, tout ou partie. Il est possible qu'elles soient bien vues par certains soldats mais que la hiĂ©rarchie ne suit pas forcĂ©ment. Il est possible qu'il y ait des purges internes (car pour moi, un gĂ©nocide suppose une vĂ©ritable pression en faveur du crime de masse, Ă©jectant les rĂ©calcitrants), mais alors il faudrait analyser plus dans le dĂ©tail.
3) Il y a eu aussi antĂ©rieurement Ă la Shoah et au gĂ©nocide rwandais, un phĂ©nomĂšne de purge interne. C'est-Ă -dire que le systĂšme (les SS, les groupes de tueurs hutus) Ă©tait dans une situation oĂč toute personne "modĂ©rĂ©e", qui n'avait pas actĂ© l'aspect strictement RACIAL de la chose, qui nâĂ©tait pas claire sur le sujet que la victime serait INNOCENTE, avait Ă©tĂ© soigneusement Ă©liminĂ©e. D'ailleurs le gĂ©nocide des Tutsis a aussi Ă©tĂ© celui des Hutus modĂ©rĂ©s.
Bref, ces petits Ă©lĂ©ments mâavaient l'air d'ĂȘtre des marqueurs objectifs qui pourraient guider un historien.
"D'ailleurs le génocide des Tutsis a aussi été celui des Hutus modérés" (dixit Martin).
Je pense que les Hutus modĂ©rĂ©s devaient ĂȘtre trĂšs peu nombreux. La haine qui opposait les Hutus et les Tutsis existait depuis toujours ; en fait, depuis lâarrivĂ©e des Tutsis sur le territoire, probablement au XVI ou XVIIĂšme  ; et je pense que les Tutsis nâĂ©taient pas des doux moutons comme on a tendance Ă les considĂ©rer aujourdâhui.
En Afrique ils mettent parfois beaucoup de temps Ă se mettre tous dâaccord. Câest ce quâon a appelĂ© les palabres africaines. Mais une fois un accord acceptĂ© il est pratiquement impossible pour un individu de sây opposer. Il est aussi pratiquement impossible de sâĂ©carter du groupe auquel on appartient.
On a lâimpression que les Hutus modĂ©rĂ©s auraient pensĂ© trahir leur communautĂ© sâils avaient protĂ©gĂ© des Tutsis.
Lors du gĂ©nocide, beaucoup de Tutsis se sont rĂ©fugiĂ©s dans les Ă©glises et les couvent de religieuses. Mais les prĂȘtres et les religieuses, qui Ă©taient des Hutus, ont ouvert leur porte et beaucoup de massacres ont eu lieu dans les Ă©glises et couvents. AprĂšs ils ont dit que câĂ©tait pour Ă©viter que les gĂ©nocidaires nây mettent le feu. Mais au Rwanda personne ne les a cru.
Mais il est trĂšs difficile de savoir la vĂ©ritĂ©. Je vis dans une ville universitaire oĂč les Rwandais sont nombreux. Ils y a des Hutus et des Tutsi ; ils se retrouvent cĂŽte Ă cĂŽte lors de mariages ou enterrement et chacun sait exactement de quel camp est lâautre. Mais ils sâignorent et il est extrĂȘmement difficile dâobtenir dâeux un tĂ©moignage ou une explication. On a lâimpression quâils disent : vous les blancs, nâessayez pas de comprendre, ça ne vous regarde pas.
Je pense que les Hutus modĂ©rĂ©s devaient ĂȘtre trĂšs peu nombreux. La haine qui opposait les Hutus et les Tutsis existait depuis toujours ; en fait, depuis lâarrivĂ©e des Tutsis sur le territoire, probablement au XVI ou XVIIĂšme  ; et je pense que les Tutsis nâĂ©taient pas des doux moutons comme on a tendance Ă les considĂ©rer aujourdâhui.
En Afrique ils mettent parfois beaucoup de temps Ă se mettre tous dâaccord. Câest ce quâon a appelĂ© les palabres africaines. Mais une fois un accord acceptĂ© il est pratiquement impossible pour un individu de sây opposer. Il est aussi pratiquement impossible de sâĂ©carter du groupe auquel on appartient.
On a lâimpression que les Hutus modĂ©rĂ©s auraient pensĂ© trahir leur communautĂ© sâils avaient protĂ©gĂ© des Tutsis.
Lors du gĂ©nocide, beaucoup de Tutsis se sont rĂ©fugiĂ©s dans les Ă©glises et les couvent de religieuses. Mais les prĂȘtres et les religieuses, qui Ă©taient des Hutus, ont ouvert leur porte et beaucoup de massacres ont eu lieu dans les Ă©glises et couvents. AprĂšs ils ont dit que câĂ©tait pour Ă©viter que les gĂ©nocidaires nây mettent le feu. Mais au Rwanda personne ne les a cru.
Mais il est trĂšs difficile de savoir la vĂ©ritĂ©. Je vis dans une ville universitaire oĂč les Rwandais sont nombreux. Ils y a des Hutus et des Tutsi ; ils se retrouvent cĂŽte Ă cĂŽte lors de mariages ou enterrement et chacun sait exactement de quel camp est lâautre. Mais ils sâignorent et il est extrĂȘmement difficile dâobtenir dâeux un tĂ©moignage ou une explication. On a lâimpression quâils disent : vous les blancs, nâessayez pas de comprendre, ça ne vous regarde pas.
SJB : si, les modérés étaient trÚs nombreux, et assassinés jusque dans le gouvernement (Agathe Uwilingiyimana... et bien d'autres), ce que tu dis dévie vraiment le sujet pour le coup, je parlais du Rwanda juste pour illustrer et comparer avec aujourd'hui en Palestine.
Mais cette histoire de purge est intéressante, car elle est un élément déterminant. On ne se lance pas dans un génocide ouvert sans prendre la précaution d'éliminer les récalcitrants dans un premier temps. ça fait partie de ce qui caractérise l'évÚnement.
Il faut bien se dire que le but du génocide n'est pas simplement de tuer des civils, comme pour s'acharner ou avoir peu de considération dans leur vie dans un conflit donné.
C'est aussi de considérer qu'il y a un "problÚme" de façon absolue : le problÚme juif, le problÚme tutsi, le problÚme arménien. Et que ce problÚme suppose une solution : l'éradication du nuisible. La fameuse "solution finale".
Cette Ă©radication, pour ĂȘtre efficace, doit ĂȘtre totale, en tout cas envisagĂ©e comme telle, sinon elle n'a pas beaucoup de sens.
Il faut bien se dire que le but du génocide n'est pas simplement de tuer des civils, comme pour s'acharner ou avoir peu de considération dans leur vie dans un conflit donné.
C'est aussi de considérer qu'il y a un "problÚme" de façon absolue : le problÚme juif, le problÚme tutsi, le problÚme arménien. Et que ce problÚme suppose une solution : l'éradication du nuisible. La fameuse "solution finale".
Cette Ă©radication, pour ĂȘtre efficace, doit ĂȘtre totale, en tout cas envisagĂ©e comme telle, sinon elle n'a pas beaucoup de sens.
Dit autrement, le gĂ©nocide n'est pas un "excĂšs", une sorte de bavure qu'on veut cacher aprĂšs coup, ou quelque chose sur quoi on "ferme les yeux". Pendant qu'il dure, il est un projet pensĂ©, avec sa cohĂ©rence propre : il faut aller au bout pour rebĂątir le monde ensuite, quand il sera soulagĂ© d'un poids. MĂȘme si tu ne veux pas, il faut atteindre le terme de l'opĂ©ration, ne pas lĂ©siner sur la mort ni des enfants ni des femmes, et arriver Ă un rĂ©sultat salutaire : c'est bon, ils sont tous morts, jusqu'au dernier, nous pouvons enfin vivre en paix...
Quand il se dĂ©clenche, il crĂ©e une ambiance particuliĂšrement Ă©lectrique, oĂč la chasse Ă l'homme est palpable. C'est loin d'ĂȘtre quelque chose de familier aux hommes de guerre. Apparition dans la guerre mĂȘme de quelque chose de nouveau qui n'est pas une guerre, qui est plus qu'une guerre.
Quand il se dĂ©clenche, il crĂ©e une ambiance particuliĂšrement Ă©lectrique, oĂč la chasse Ă l'homme est palpable. C'est loin d'ĂȘtre quelque chose de familier aux hommes de guerre. Apparition dans la guerre mĂȘme de quelque chose de nouveau qui n'est pas une guerre, qui est plus qu'une guerre.
Apparition dans la guerre mĂȘme de quelque chose de nouveau qui n'est pas une guerre, qui est plus qu'une guerre.« ... qui est plus quâune guerre », en effet. Et câest pour ça que ce nâest pas superficiel, et ce nâest pas ergoter que de le qualifier convenablement et de le juger en connaissance de cause.
En page 3 de son numéro daté du 6 août, "Le Monde" publie une tribune signée par 500 personnalités israëliennes (militaires, diplomates, membres des services de renseignement...), en retraite ou non.
Ce texte dûment motivé appelle à la fin des opérations sur Gaza.
Tandis que le premier ministre en est encore Ă envisager la poursuite du massacre.
Ce texte dûment motivé appelle à la fin des opérations sur Gaza.
Tandis que le premier ministre en est encore Ă envisager la poursuite du massacre.
Apparition dans la guerre mĂȘme de quelque chose de nouveau qui n'est pas une guerre, qui est plus qu'une guerre.
« ... qui est plus quâune guerre », en effet. Et câest pour ça que ce nâest pas superficiel, et ce nâest pas ergoter que de le qualifier convenablement et de le juger en connaissance de cause.
Mais qui peut affirmer que ces jugements se ferai "en connaissance de cause" !!! Qui possĂ©derait donc cette connaissance et son exactitude ? Qui peut croire ça ? MĂȘme a Nuremberg les nazis n'ont pas Ă©tĂ© "punis" ! Il y a eu des tergiversations sur la vraie responsabilitĂ© etc. Mais bon sang comment peut-on encore croire en cette prĂ©tendue justice qui sera obligatoirement gangrĂ©nĂ©e par les politiques et intĂ©rĂȘts le plus souvent inavouables ? MĂȘme si Netanyahou est condamnĂ© oĂč se situera la VRAIE rĂ©paration de ce gĂ©nocide ou massacre ou autre nom ?! Qu'est-ce qui peut rĂ©parer GAZA ? ?
Tous ces dĂ©tails et analyses de Martin sur les massacres me lĂšvent le coeur ,je ne comprends mĂȘme pas comment on peut Ă©crire ça sous prĂ©texte d'Histoire d'une façon aussi froide, indiffĂ©rente car presque banalisĂ©e parce que soi-disant "expliquĂ©e" !
Et surtout cette façon d'expliquer le Mal par des justifications comme s'il y avait peut ĂȘtre des raisons suffisantes pour que les protagonistes se dĂ©testent et se tuent ! Non non il n'y aura jamais de raisons qu'on se tue dans un phĂ©nomĂšne de masse , c'est le crime absolu ! Que ce soit dans la guerre ou autre...
Alors chercher s'il y a "vraiment" gĂ©nocide, n'a mĂȘme plus de sens puisqu'il n'y aura JAMAIS reparation !
D'autres, moins amateurs de couleuvre, supposeront plus pragmatiquement qu'Israël ne fait pas de gros efforts en matiÚre de ciblage.
Oui, c'est un discours que j'entends souvent, je n'ai rien contre les gens qui expliquent cela. Mais pour le coup, si un tribunal se tient, au-delà des avaleurs de couleuvres ou de vipÚres, je ne serai pas contre des éléments un peu plus précis.
Ă ce sujet, l'enquĂȘte suivante menĂ©e par un journaliste israĂ©lien est Ă©loquente :
https://972mag.com/lavender-ai-israeli-army-gaza/
"The following investigation is organized according to the six chronological stages of the Israeli armyâs highly automated target production in the early weeks of the Gaza war. First, we explain the Lavender machine itself, which marked tens of thousands of Palestinians using AI. Second, we reveal the âWhereâs Daddy?â system, which tracked these targets and signaled to the army when they entered their family homes. Third, we describe how âdumbâ bombs were chosen to strike these homes.
Fourth, we explain how the army loosened the permitted number of civilians who could be killed during the bombing of a target. Fifth, we note how automated software inaccurately calculated the amount of non-combatants in each household. And sixth, we show how on several occasions, when a home was struck, usually at night, the individual target was sometimes not inside at all, because military officers did not verify the information in real time."
Par exemple, voire laissent passer des convois de vivres (il y a eu blocus, mais ces blocus étaient toujours temporaires).
On peut tout Ă fait affamer une population en laissant passer des convois de vivres, il suffit que le nombre de convois soit insuffisant pour couvrir les besoins.
https://theguardian.com/world/2025/…
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