Voici encore un classique de Simenon.
Ce livre a la particularité de commencer comme un policier et de terminer comme un roman.
On retrouve un Maigret rongé par le remord qui décide d'entamer une enquête sur l'homme qui vient de se suicider sous ses yeux. L'histoire commence par les investigations classiques : rencontre de suspects, observations, renseignements, filatures. Ses recherches conduiront Maigret dans différentes villes, dont Liège. Une occasion pour Simenon de nous décrire, avec le talent qu'on lui connaît, l'ambiance de quelques rues et magasins de sa ville natale.
Petit à petit, l'étau se resserre autour de quelques personnages, faisant surgir une ancienne histoire. A ce moment, le policier bascule subtilement dans le roman : l'essentiel du texte est présenté par un autre narrateur faisant écho aux hypothèses avancées par le commissaire.
Une autre particularité de ce livre, c'est une place plus grande donnée à la psychologie. D'abord un Maigret qui ressent une certaine culpabilité suite au suicide de l'homme qu'il observait. Ce même Maigret qui va ensuite utiliser des armes psychologiques plus importantes que dans d'autres enquêtes pour faire craquer ses suspects. Enfin, l'histoire ancienne qui jaillira au milieu de l'enquête va considérablement approfondir la psychologie des principaux personnages. Et puis, bien sûr, comme toujours chez Simenon, chaque personnage, assassin comme victime, est décrit comme profondément humain, avec ses qualités et ses défauts, brouillant la logique du Bien contre le Mal.
Mieke Maaike (Bruxelles, Inscrite le 26 juillet 2005, 39 ans) - 10 juin 2006 |