Lucky Luke, tome 46 : Le fil qui chante de René Goscinny (Scénario), Morris (Dessin)

Lucky Luke, tome 46 : Le fil qui chante de René Goscinny (Scénario), Morris (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Humour

Critiqué par Kalie, le 27 avril 2013 (Sarthe, Inscrit le 4 juillet 2010, 47 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 311ème position).
Visites : 1 765 

Excellent album stop à relire ou à découvrir stop

Rien de tel qu’une bonne BD pour se remettre d’une lecture laborieuse. Qui plus est lorsqu’il s’agit de mon premier Lucky Luke.

J’adore l’humour tout en finesse des auteurs. Dans la première planche, on suit le voyage d’une lettre écrite par un jeune homme à San Francisco pour sa fiancée de New York. La missive enflammée traverse l’Amérique d’Est en Ouest avec les transports de l’époque du Far West. Après un périple en bateau, mule ou diligence, l’arrivée à destination s’avère des plus tardives…

Au début de l’histoire, Lucky Luke et Jolly Jumper travaillent pour le Pony Express. Le Président Lincoln inquiet par le début de la guerre de Sécession décide de financer la jonction du télégraphe entre le Nevada et le Nebraska. Lucky Luke abandonne son métier de « facteur » pour rejoindre l’épopée du télégraphe. Un pari est lancé entre les responsables des deux tronçons avec une prime à la clé. Le départ est prévu le 04 juillet 1861 pour une jonction à Salt Lake City en terre mormone. Mais, l’argent excite les convoitises. Une brebis galeuse a infiltré l’équipe de notre héros. Comme si les actes de sabotage ne suffisaient pas ; les éléments naturels ralentissent l’avancée des courageux pionniers.

Le scénario basé sur des faits historiques est solide. Il y a même du suspense à la Agatha Christie. Qui est le traitre parmi les conducteurs de chariots, les planteurs de poteaux, les poseurs de fils, le cuistot et le guide indien ? L’identité du coupable et les détails qui le confondent sont bien trouvés. Sinon, l’optimisme forcené et l’exaltation du chef d'équipe de Lucky Luke forcent le respect tout en étant très drôles (sa vision de l’Amérique avec l’arrivée du télégraphe). D’ailleurs, les motivations de chacun, idéologiques pour certains ou plus terre-à-terre (la prime) pour la majorité, en disent long sur la nature humaine.

Dans cet album paru en 1977, les dessins de Morris sont plus aboutis qu’au début de la série. Son style audacieux fait de couleurs fantaisistes et exagérément unies (personnages et décors tout rouges dans une même case, personnages orange sur fond jaune, cavaliers uniformément violets avec un paysage multicolore en arrière-plan etc.) donne aux dessins un aspect original immédiatement reconnaissable. Les décors parfois épurés voire absents (un personnage seul sur fond bleu) dégagent un certain charme et permettent une meilleure lisibilité dans l'action.

A noter que « Le fil qui chante » est le nom donné par les indiens au télégraphe à cause du bruit du vent sur les fils.
Ah !, le regard perplexe des indigènes face à la progression du télégraphe : "Visages pâles faire drôle de clôture... Ugh ! Fil de fer trop haut. Vaches pouvoir passer par-dessous."

A mourir de rire.

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Pas complètement convaincu...

7 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 61 ans) - 13 mai 2013

Toutes les bonnes choses ont une fin et Le fil qui chante est en fait un des derniers albums écrits par René Goscinny. Le dernier ? En fait, c’est plus complexe à dire car il semble que le scénariste de génie ait écrit plusieurs scénarios pour Morris, une sorte de lot final dans lequel il y avait ce fameux Fil qui chante. La date de sa mort (5 novembre 1977) et la parution de l’album (4ème trimestre 1977), laisse penser qu’il a dû suivre le travail de Morris et qu’il s’agit bien d’un épisode dont il était prêt à assumer la paternité…

La conquête de l’Ouest a posé de nombreux problèmes aux Américains car plus ils s’éloignaient de la côte est plus la logistique devenait délicate. C’est pour cela que les questions ayant trait aux diligences, à la voie ferrée ou au courrier, se retrouvent très souvent dans les westerns et dans les aventures de Lucky Luke en particulier. Cette fois-ci, avec Le fil qui chante, il va s’agir du télégraphe, ce moyen d’envoyer des messages importants à travers tout le pays… Mais avant, il fallait installer tout un réseau de fil électrique et pour cela les Etats-Unis auraient besoin de l’aide de Lucky Luke, bien sûr !

Il est étonnant de voir le nombre de métiers différents qu’aura exercé ce Luke. On le retrouve cow-boy, bien sûr, mais aussi shérif, envoyé spécial du gouvernement pour des missions souvent d’escorte, embauché parfois par les diligences, les compagnies de voies ferrées ou, c’est le cas dans cet album, par le Pony Express ou le western union Telegraph… Ah, j’oubliais, il est aussi régulièrement sollicité par la justice pour ramener au pénitencier les fameux Dalton…

Nous voici donc sous la présidence d’Abraham Lincoln au moment clef où les Etats-Unis doivent fournir un travail important pour relier définitivement l’est et l’Ouest par le câble télégraphique. Luke va se retrouver dans une des équipes, celle qui part de Carson City pour aller vers Salt Lake City…

Nous sommes en face d’un album bien construit au niveau du scénario, en particulier pour ce qui est de l’aventure. C’est je dirais même un peu classique, peut-être trop classique. On a tellement l’habitude de voir René Goscinny sortir des chemins battus, proposer des personnages déjantés, glisser de nombreuses caricatures, que l’on en attendrait un peu plus, pour une fois…

Certes, l’ensemble n’est pas démuni de gags, n’exagérons pas. L’ingénieur qui accompagne Lucky Luke est quand même assez drôle, les ouvriers et les situations de travail ne manquent pas de cocasse, enfin, la lutte entre les deux équipes qui sont parties chacune dans une direction pour se retrouver à Salt Lake City – mais avant l’autre – provoque des situations bien sympathiques…

Mais il me manque un petit quelque chose pour être entièrement satisfait. Jamais je n’ai éclaté de rire comme j’ai pu le faire avec d’autres albums scénarisés par René Goscinny. Pour moi, il s’agit bien d’un cru inférieur, un de ceux qui vieillissent moins bien, mais que l’on garde quand même pour certaines occasions ordinaires…

On peut toujours imaginer que si René Goscinny n’était pas mort foudroyé par une crise cardiaque en faisant du vélo d’appartement il aurait pu nous offrir une meilleure fin de sa collaboration avec Morris autour de ce Lucky Luke, mais comme le sort en a décidé autrement, nous garderons en mémoire d’autres albums comme Le Pied-Tendre, Chasseur de primes ou La guérison des Dalton…

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