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Journal d'un corps
de Daniel Pennac
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
, Littérature => Biographies, chroniques et correspondances , Sciences humaines et exactes => Psychologie critiqué par Vernon, le 5 avril 2012
(Inscrite le 27 février 2012, 40 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 5 avis)
Cote pondérée :  (14 958ème position).
Discussion(s) : 1 ( Voir »)
Visites : 1 717
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A la moitié..
Je suis à la moitié de ce livre et je n'ai toujours pas décollé.
Ouvrant l'ouvrage vierge de tout préjugé ou critique, je m'attends à du grand Pennac et là, déception !
J'espérais un vrai journal du corps, avec ses humeurs, ses bruits, ses manifestations quotidiennes plus ou moins voulues ! Pennac nous livre certes un bon ouvrage mais que de philosophie !!! C'est vrai que le corps évolue avec l'esprit mais quand même... il s'agit là de la vie d'un homme à travers son esprit et les manifestations de son corps à des moments plus ou moins clés mais pour moi, pas d'un journal du corps.
Je le finirai tout de même mais quand je penserai à Pennac, pour moi ça restera Malaussène et rien d'autre !
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| Les éditions |
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Journal d'un corps
de Pennac, Daniel
Gallimard
ISBN : 9782070124855 ; EUR 22,00 ; 2012-02-09 ; 396 p. ; Broché
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| Pour les inconditionnels de Pennac |
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Je ne connaissais pas Pennac, mais j’avais beaucoup entendu parler de son dernier bouquin. Je dois avouer avoir vécu une certaine déception au cours de ma lecture et j’ai même hésité à laisser tomber avant la fin. Certes l’écriture, bien qu’inégale, est à certains moments assez plaisante, mais l’auteur suggère lui-même qu’il y a à boire et à manger dans son récit. Je cite : « Les journaux intimes ne saisissent jamais rien de déterminant ».
Il faut aussi avertir le futur lecteur qu’on n’est pas du tout dans un roman, mais dans une succession d’épisodes classés chronologiquement et dont certains ont peu d’intérêt.
D’autres passages par contre sont de vraies réussites.
L’avantage du genre est qu’on peut sauter certaines pages sans perdre le fil. Au rayon des points négatifs, on peut aussi évoquer l’insertion de vieilles plaisanteries éculées.
En outre, ce livre va sans doute davantage plaire au troisième ou au quatrième âge et beaucoup moins aux jeunes générations. Comme je suis entre les deux, je reste logiquement partagé.
Il n’empêche que « Le Journal d’un Corps » a eu au moins le mérite de me donner envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur afin de vérifier si son style peut s’accorder avec une vraie bonne histoire. Prochainement je m’attèle à la lecture de "Au bonheur des ogres"
Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 48 ans) - 21 décembre 2012 |
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| Que dire... |
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...de plus suite à cette complète et très belle critique de Marvic qui rejoint en tout point mes impressions de lecture? :)
"Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d'autre chose".
D'emblée séduite par cette idée fabuleuse, j'ai plongé dans ce livre qui m'a procuré un plaisir rare. Entre sensibilité et humour, le journal de ce corps induit avec délicatesse un autre journal, celui de l'intellect du protagoniste. Ce décryptage savoureux d'une vie au travers de l'enveloppe charnelle de son narrateur m'a enchantée.
Certes, quelques passages dont on se passerait bien (descriptions peu ragoûtantes qui font cependant partie de toute vie), quelques longueurs parfois. On sait peu de chose de la relation dégradée entre le narrateur et son fils. Peu importe. Je garde surtout de cette lecture un puissant mélange de nostalgie, d'émotion pure, d'inquiétude et de vérités qui me "parlent" en plein coeur, portées par une écriture pudique, à la fois simple et terriblement fine.
Et puis les personnages de Violette et Tijo sont d'une truculence savoureuse.
Du grand Pennac, du très grand Pennac. Et je n'étais à la base pas spécialement fan de cet auteur.
SidonieLasalle (, Inscrite le 18 mars 2012, 39 ans) - 6 septembre 2012 |
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| « Notre style a pris le dessus et nous en périssons » |
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D’abord et avant tout : bravo à Marvic pour sa brillante présentation du bouquin. Cela m’évite tout le boulot.
Je vais donc me contenter de piquer ça et là des extraits qui m’ont particulièrement touchés.
Pour l’humour par exemple (le fait qu’on soit deux fois dans le scato est un pur hasard…) :
A propos des fumeurs de cigares : « (…) à voir ces connaisseurs couper leurs barreaux de chaises avec componction, je n’ai pu m’enlever de l’idée que l’anus, sectionnant l’étron, remplit la fonction d’un coupe-cigare. Et le visage, dans les deux circonstances, arbore la même expression appliquée ».
A propos d’une merde lourde et collante qui oblige à se servir de la balayette, il note que les enfants n’en ont pas besoin parce que leurs crottes ne collent pas. « Et puis un jour, la matière prend le dessus. Ça résiste. La matière fait cal. ». Surgit la question : de quand date le premier geste de brossage ? « L’événement n’est pas consigné dans ce journal. Ce fut pourtant un jour important de ma vie. Une perte d’innocence. Ce genre de lacune me confirme dans ma prévention contre les journaux intimes : ils ne saisissent jamais rien de déterminant ».
Les jeunes garçons à propos des règles féminines : « la double homonymie du mot ‘règle’ les intimide ».
« (…) j’ai très tôt assimilé le sang à un carburant. Or, de savoir que chaque mois les filles renouvelaient une partie de ce carburant, purifiant ainsi la totalité de leur réservoir, quand notre sang à nous tourne en vase clos dans un corps qui s’encalmine par conséquent plus vite que le leur (…) m’a persuadé que les règles étaient la garantie première de la longévité féminine ».
Et puis une blague drôle et triste :
: « Deux clochards assis sur un banc voient passer une très jolie fille. Le premier dit au second :
- Tu la vois la nana, là ? Eh ben, hier, j’aurais pu me la faire.
L’autre : Tu la connais ?
Le premier : Non, mais hier j’ai bandé ».
J’avoue que la lecture se fait plus émouvante au fur et à mesure que l’on approche puis que l’on dépasse l’âge que l’on a soi-même. Etrange sensation d’être en proximité sur bien des points ; une manière de rejoindre le personnage quand il a seize ans et vit en pension. Il se réveille la nuit dans le dortoir : « (…) tous ces dormeurs et moi ne faisons qu’un seul corps. Un grand corps endormi dans la même respiration (…). Ce n’est pas un sentiment de camaraderie qui m’anime (…) mais l’impression que, d’un point de vue organique, notre dortoir (…) ne constitue qu’un même corps. Si l’un de nous mourait, le grand corps commun continuerait à vivre. »
Encore une chose : « (…) la litote et l’euphémisme, pratiqués par nous autres Européens comme le summum de l’éducation, réduisent nos facultés d’enthousiasme, rabougrissent nos outils de perception (…), notre style a pris le dessus et nous en périssons ».
D’accord, mais c’est une belle mort…
Alors, après tout, et comme il le dit : « (…) s’il faut en finir, que ce soit à toute allure, au plus fort de la pente (…) ».
Ce Pennac, c’est non seulement un tout grand Pennac, mais un grand livre, tout simplement.
Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 64 ans) - 8 juillet 2012 |
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| Pudeur et impudeur |
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Lison reçoit un cadeau post-mortem de son père quelques heures après son enterrement. Mais il a pris soin de préciser la nature de son legs. Il s'agit du journal de son corps; comme tout « bourgeois de son temps », le corps, on n'en parlait pas. Alors il l'a écouté et a écrit des mots sur des maux, des sensations, des fonctions vitales, de ses 13 ans, jusqu'à sa mort. Mais à travers ce que lui dira son corps, c'est bien sa vie et ses sentiments que l'on découvrira tout au long de ces pages.
Son enfance est plutôt sinistre. Entre une mère froide, distante et dévalorisante, un père rescapé de la Grande Guerre, gazé, grand érudit mais diminué qui utilisera ses dernières forces pour transmettre des valeurs à son petit garçon. Et puis Violette, bonne de la maison, la seule qui aura le courage de rester et qui permettra au petit garçon d'être aimé et d'avoir une famille de substitution.
Il va d'abord apprendre à maîtriser son corps, sa phobie des miroirs, ses nombreuses peurs, son vertige.
« Mon corps réagit à tout mais je ne sais pas toujours comment il va réagir.
Apprendre, c'est d'abord apprendre à maitriser son corps. »
Grâce à ses efforts physiques, à une musculation quotidienne, il va transformer ce corps d'enfant en corps d'adolescent; ses premières sensations sexuelles étant l'objet d'un grand étonnement, sauf pour Violette, plus directe devant ces changements:
« Le cresson pousse autour de ta fontaine ».
Ce sont aussi les premières maladies qui interpellent , gentiment pendant la jeunesse , plus alarmantes, le grand âge venant.
De sa jeunesse avec ses maux de vieux: « Serais-je « aigre » et dans quelques années « un aigri »? » où il apprend la maîtrise de son corps à la lente mais résignée perte de celle-ci.
Entre son pessimisme latent et l'éternel optimisme de son ami Tijo, « Tu étais un vieux quinqua, te voilà un jeune sexagénaire. », entre son fils Bruno avec lequel les relations sont difficiles, et sa fille Lison pour qui il sera un « père spicace », sa vie conjugale avec la femme de sa vie Mona, son affection pour ses petites filles et son petit fils Grégoire dont il acceptera l'homosexualité et son compagnon, médecin
Frédéric qui lui fera s'interroger sur ce métier : « passer sa vie à réparer un programme conçu pour merder », le roman de son corps sera divisé en 9 chapitres pour nous raconter les grandes périodes, les grands événements de toute une vie.
Son corps saura aussi parler de la douleur des deuils, quand il n'est plus capable de sensations.« Même en âge , je t'ai rattrapé! Le plus vieux, c'est le plus près de la sortie. »
Si effectivement, peu de descriptions seront épargnées, du fonctionnement intestinal aux polypes nasaux, du bonheur de se gratter à l'habitude de la sonde urinaire, ces mots laissent tant d'humanité qu'on ne peut qu'être profondément touché par cette impudeur pudique. Une sensibilité tue mais omniprésente tout au long de sa vie: à celui qui ne vient pas voir son ami à l'hôpital car il préfère garder une bonne image de lui :« délicatesse immonde », qui vous abandonne tout un chacun à son agonie. Je hais les amis en esprit. Je n'aime que les amis de chair et d'os. »
C'est avec regret que j'ai quitté ce personnage sympathique par son humanité, son courage, sa peur, ses faiblesses, son amour, décrit avec une plume superbe passant de l'élégance à la trivialité sans jamais choquer.
Marvic (Haute-Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 54 ans) - 24 juin 2012 |
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