L'équilibre du monde de Rohinton Mistry
( A fine balance)
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Asiatique , LittĂ©rature => Anglophone
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"La" saga de l'Inde des années 70
Ce livre est mon premier roman indien. c'est avec un plaisir particulier qu'on se laisse prendre aux tourments de la vie de nos quatre héros: Dina Dalal jeune veuve qui n'a pour seule ressource son petit appartement de Bombay qu'elle partage avec deux tailleurs issus de la caste des Chaamars, et un jeune étudiant Maneck qui étudie loin de ses parents. Comment ces quatre personnes au vécu si différent vont-elles cohabiter?
TantÎt triste, tantÎt violent, émouvant, cocasse, ce livre vous fera découvrir le visage complexe de l'Inde des années 70 .
Bouleversant.
Les éditions
L'équilibre du monde [Texte imprimé], roman Rohinton Mistry trad. de l'anglais par Françoise Adelstain
de Mistry, Rohinton Adelstain, Françoise (Traducteur)ISBN : 9782226104885 ; 25,40 ⏠; 03/09/1998 ; 694 p. Broché
L'équilibre du monde [Texte imprimé], roman Rohinton Mistry trad. de l'anglais par Françoise Adelstain
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Sombre bilan
Critique de SpaceCadet (Ici ou LĂ , Inscrit(e) le 16 novembre 2008, 0 ans) - 5 octobre 2016
Elaboré autour d'une rencontre, d'une relation qui se noue puis se dénoue, 'L'équilibre du monde' se déploie sur les ailes du hasard et de la nécessité au gré d'un enchaßnement de circonstances diverses qui voient les héros essuyer les revers à la chaßne. Libéralement tracé en toile de fond, le contexte historico-politique et socioculturel n'intéresse qu'accessoirement et ce sont bel et bien leurs retombées, l'impact qu'ont ces éléments contextuels sur les existences des personnages que le roman s'applique à explorer. D'ailleurs les descriptions en témoignent; imprécises en ce qui a trait au cadre, aux circonstances ainsi qu'à l'aspect des lieux, sommaires en ce qui a trait aux personnages, elles évoquent bien, voire de maniÚre graphique, les éléments suscitant l'horreur, l'empathie ou la révulsion.
Tissé autour d'un questionnement sur le sens de la vie, utilisant la misÚre et ses multiples conséquences comme principal levier, Rohinton Mistry dresse avec ce roman un portrait sombre et pessimiste de la condition humaine.
MalgrĂ© quelques longueurs et bĂ©nĂ©ficiant d'une Ă©criture compĂ©tente, le roman se lit plutĂŽt bien. Le portrait de sociĂ©tĂ©, quoique partiel et peu nuancĂ©, n'est pas dĂ©nuĂ© d'intĂ©rĂȘt. Mais j'avoue que sur le fond comme sur la forme, je n'ai pas pu me laisser convaincre et cela d'autant plus qu'entre dĂ©goĂ»t et attendrissement, je n'ai pu rĂ©primer le sentiment de me trouver dans la situation d'un de ces touristes auxquels on en met plein la vue, histoire de s'assurer qu'ils rentrent de voyage satisfaits, c'est-Ă -dire choquĂ©s, mais confortĂ©s dans leur privilĂšge. Bref, la recette est intĂ©ressante, mais en ce qui me concerne, elle n'a pas donnĂ© lieu au festin auquel je croyais avoir Ă©tĂ© conviĂ©.
Notes:
1. Rappelons que la publication de ce roman a été précédée par celle d'un recueil de nouvelles, 'Tales From Firozsha Baag (Les beaux jours de Firozsha Baag)', publié en 1987, ainsi que d'un roman 'Such a Long Journey (Un si long voyage)', publié en 1991.
2. Lu en version originale de langue anglaise.
Vous aviez RAISONâŠâŠ.
Critique de Chtimi59 (, Inscrit(e) le 25 février 2016, 0 ans) - 16 mars 2016
Inoubliable / Bouleversant / L'équilibre fragile entre espoir et désespoir /
VoilĂ les titres des derniĂšres critiques de ce livre sur CL. Difficile de ne pas vouloir vĂ©rifier toutes ces impressions de lectures. Jâai donc moi aussi lu ce (pavĂ©) Indien.
NĂ© en Inde, et y ayant vĂ©cu jusquâĂ ses 23 ans, lâauteur nous emmĂšne donc au cĆur de cette frange de la population Indienne, les intouchables ou dalits
Câest dans cette plus grande « dĂ©mocratie » du monde, quâil nous entraine, Ă travers lâhistoire des 4 personnages principaux, mais aussi avec une multitude dâautres au fil de cette saga, sans jamais sây perdre grĂące au style, Ă la construction, et la description mĂ©ticuleuse de Rohinton Mistry.
Toutes les petites histoires sâimbriquent parfaitement dans la grande, et quelle joie jubilatoire Ă chaque chapitre de retrouver un ou plusieurs de nos personnages prĂ©fĂ©rĂ©s et si attachants.
Nous sommes plongĂ©s dans lâInde des castes, lâInde de tous les excĂšs, du droit de vie ou de mort sur les plus faibles, des magouilles politique, de la corruption Ă tous les niveaux (police, fonctionnaires, universitĂ©s, hĂŽpitaux, employeurs, etc âŠ.) toute la sociĂ©tĂ© est gangrenĂ©e par ce mal qui la ronge, de lâextrĂȘme pauvretĂ©, de la lutte non pas pour vivre, mais simplement survivre. Le paroxysme de cette sĂ©grĂ©gation, va juste quâĂ non pas toucher lâhumain, mais son ombre, lâombre dâun intouchable ne doit pas souiller un temple, encore moins une personne de caste supĂ©rieure, dâoĂč la nĂ©cessitĂ© dâapprendre Ă marcher du bon cĂŽtĂ© de la route. « Il faut se contenter de ce que dieu nous donne » dit Dina Ă un moment dans ce roman, les dieux , qui sont des milliers en Inde malheureusement ne donnent guĂšre a ces gens lĂ . Lâauteur met tous ses personnages en images dans ce monde si cruel pour les plus pauvres des pauvres, ce monde des villes, des campagnes, des montagnes, avec un grand soin du dĂ©tail dans la description des ambiances, des intĂ©rieurs, bidonvilles, chambres dâĂ©tudiants, petites boutiques, appartements minables, nous sommes Ă cĂŽtĂ© dâeux, nous mangeons avec, nous vivons, nous cousons avec eux. Nous sommes dans cette Inde dâune violence inouĂŻe, qui pourtant a vu naitre Gandhi chantre de la non violence, quel paradoxe lĂ encore. Câest un roman sur la vie humaine, le combat de chaque jour pour manger, dormir, Ă©chapper Ă la violence de la rue, Ă ces profiteurs de misĂšre, logeurs vĂ©reux, oĂč tout acquis est un combat souvent chĂšrement payĂ© .
Mais il y a aussi tous ces petits moments de bonheur tout simples et si anodins pour nous occidentaux, un robinet qui ne dĂ©livre sa prĂ©cieuse eau que lâaprĂšs-midi, se mettant subitement Ă couler le matin dĂ©clenche une liesse gĂ©nĂ©rale, un petit haut, bustier diront certains, assemblĂ© avec des chutes de tissus, prend lâallure des plus beaux modĂšles de haute couture, une affiche de cinĂ©ma accentuant dâun seul coup tous les fantasmes des jeunes garçons.
Je me souviens dâune phrase qui disait « vous passez un mois en Inde vous Ă©crivez un livre, un an une feuille, dix ans rien », plus nous avons lâimpression de comprendre la civilisation indienne plus elle sâĂ©loigne de nous, de par la complexitĂ© des castes, sous castes, religions, ethnies, codes vestimentaires, maquillages, bijoux, langues qui rĂ©gissent ce sous-continent. Un indien identifiera de suite la caste, la religion, la situation sociale (mariĂ©e veuve cĂ©libataire) dâune belle indienne rien quâen regardant le drapĂ© de son sari, son maquillage, et le port de ses bijoux, le talent de Rohinton Mistry est de soulever le voile sur cette Inde des dalits, en essayant tant faire se peut, de nous en expliquer le dĂ©but du commencement de tous ses mĂ©andres.
PassionnĂ© par ce pays, jâavais lu plusieurs ouvrages traitant de ce sujet, mais rien de comparable avec cette saga humaine qui suinte Ă chaque page, ce livre est dur, trĂšs dur certes, mais passionnant, Ă©mouvant, drĂŽle par moment, et reflĂšte avec une fluiditĂ© souvent poĂ©tique la vie avec un grand V, de Dina, Maneck, Ishvar et Om .
On ne prononce que deux phrases en revenant dâun voyage en Inde me disait un guide
1 « plus jamais » trop de misĂšres, de saletĂ©s, trop de monde, trop de toutâŠâŠ..
et
2 « vivement que jây retourne !... »
Pour moi câest la deuxiĂšme
Conclusion
Ce fut pour moi un grand moment de lecture, un trÚs beau compagnon de soirée débordant souvent sur la nuit, tant ce roman est difficile à refermer.
Lâexplication de mon titre de « critique » (que je nâaime pas ce nom !..) impression de lecture plutĂŽt, et que OUI, VOUS AVIEZ RAISON, Merci Ă vous de mâavoir donnĂ© cette envie.
Marquant
Critique de GiLau (Annecy, Inscrite le 18 septembre 2010, 63 ans) - 9 mars 2016
C'est la premiĂšre fois que je lis une oeuvre sur l'Inde, j'en avais les clichĂ©s en tĂȘte, d'ailleurs proches des situations dĂ©crites, mais j'ai Ă©tĂ© sonnĂ©e par autant de rĂ©alisme, bouleversĂ©e par cette condition humaine consciente et pragmatique.
C'est un monument !
Inde impitoyable
Critique de ARL (Montréal, Inscrit le 6 septembre 2014, 40 ans) - 20 septembre 2015
Ă travers un duo de tailleurs, une femme indĂ©pendante, un Ă©tudiant en rĂ©frigĂ©ration et une galerie de personnages secondaires, Mistry brosse un portrait de l'Inde impitoyable des annĂ©es 70. Disons qu'on est loin de l'Inde merveilleuse des fantasmes occidentaux. Guerres de religions, meurtres barbares, vasectomies forcĂ©es, violence entre les castes, propriĂ©taires vĂ©reux, mendiants maltraitĂ©s, politique malhonnĂȘte, tout y est. Certains passages font mal au coeur, d'autres vous enragent littĂ©ralement.
Les talents de conteur de Mistry sont impressionnants. Je n'ai pas senti passer les 896 pages. Il n'y a aucune lourdeur dans le style (d'ailleurs trĂšs accessible), aucune stagnation dans le rĂ©cit. La relation particuliĂšre de ces quatre personnages issus de trois castes diffĂ©rentes est inspirante, mais l'auteur ne se gĂȘne pas de montrer que l'Inde de l'Ă©poque ne pouvait longtemps la tolĂ©rer et que leurs destins Ă©taient inĂ©vitablement tragiques.
Et c'est ici Ă mon sens que ressort le seul point nĂ©gatif: Mistry en met peut-ĂȘtre juste un peu trop. Personne ne s'en sort, tout est au pire. On atteint un degrĂ© de tragĂ©die qui paraĂźt improbable, comme si l'auteur avait infligĂ© Ă ses personnages tous les malheurs possibles pour prĂ©senter au lecteur le large Ă©ventail de calamitĂ©s qui pouvaient s'abattre sur la population indienne de l'Ă©poque. Ishvar et Om en particulier n'ont jamais le temps de souffler!
C'est incroyable de penser que de telles atrocitĂ©s ont pu ĂȘtre commises et cautionnĂ©es par un gouvernement hypocrite et sadique. J'ai cru comprendre que l'Inde d'aujourd'hui n'est plus du tout la mĂȘme, que cette Ă©poque est rĂ©volue. Si l'on se fie au roman de Mistry, l'Inde des annĂ©es 70 Ă©tait invivable pour les castes du bas qui se trouvaient constamment menacĂ©es et ciblĂ©es par les autoritĂ©s.
L'Ăquilibre du monde est un monument, rien de moins. Un livre qui marque profondĂ©ment, qui nous hante longtemps aprĂšs l'avoir refermĂ©. Une histoire d'une grande beautĂ©, tragique et oppressante mais qui inspire d'une Ă©trange façon.
magnifique histoire
Critique de Crapaud42 (Saint-etienne, Inscrite le 22 juillet 2008, 47 ans) - 6 mai 2015
Une belle histoire indienne
Critique de Morphée (, Inscrite le 7 décembre 2005, 46 ans) - 21 avril 2015
Dina Dalal, jeune veuve cherchant par n'importe quel moyen à garder son indépendance. Elle se lance notamment dans la confection à domicile.
Maneck, fils d'une amie de Dina, quittant ses parents et sa montagne lointaine pour poursuivre ses études.
Et, les 2 tailleurs, Omprakash et Ishvar, respectivement neveu et oncle, venus chercher du travail en ville.
L'aventure touchante de ces 4 protagonistes, nous plonge au coeur de l'Inde, nous amenant à découvrir une grande misÚre, beaucoup de pauvreté, des conflits sociaux et un pouvoir politique tout puissant ne laissant aucune possibilité au peuple de s'en sortir.
Un roman magnifique, émouvant, triste et noir aussi. Les personnages sont attachants. A lire pour connaßtre et imaginer la dureté de la vie en Inde à cette époque. Une belle oeuvre pleine d'humanité mais d'inhumanités également.
Magnifique saga
Critique de Fabs (, Inscrit le 17 novembre 2011, 42 ans) - 21 janvier 2015
Inoubliable
Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 38 ans) - 27 septembre 2014
Les quatre individus principaux que sont Ishvar, Omprakash, Dina et Maneck sont issus de milieux diffĂ©rents ; le mĂ©lange des castes (Intouchables, Chamaar et Parsi) est alors impensable et trĂšs difficile Ă accepter dans ce pays. Pourtant, par nĂ©cessitĂ©, ils vont cohabiter, devenir en quelque sorte une famille et y trouver lĂ une forme de bonheur. Mais les malheurs vont sâabattre un Ă un sur tous ces protagonistes de maniĂšre hallucinante.
LâInde aussi souffre Ă sa maniĂšre : mendiants, Ă©lections truquĂ©es, propriĂ©taires vĂ©reux, meurtres, kidnappings, gouvernement corrompu et Ă©goĂŻste qui dĂ©cide notamment de contrĂŽler les naissances en organisant des stĂ©rilisations forcĂ©es, de dĂ©truire des bidonvilles en chassant ses habitants ou encore de « raser » les mendiants pour converger avec une politique dâembellissement de la ville. Ce pays, dont jâignorais la situation dĂ©sastreuse Ă ce point, a vĂ©cu une Ă©poque catastrophique, une pauvretĂ© criante ⊠DE QUEL DROIT ? Câest rĂ©voltant !!!
Les sentiments humains dĂ©crits sont forts et beaux ; le temps pourtant est capable de changer les gens. Les impitoyables le restent, tandis que les autres Ă©voluent. Solitude, reconnaissance, souffrance, aide, vengeance, injustice⊠tout y est. Dâautres personnages secondaires viennent complĂ©ter ce tableau : Shankai le cul-de-jatte, le maĂźtre des mendiants, Rajaram le ramasseur de cheveux, lâĂ©leveur de singes⊠et nous offrir Ă leur tour une fresque riche et complĂšte de la nature et de la condition humaine. Enfin, la fin est bien triste pour la plupart des personnages et assez dure Ă soutenir comme la majoritĂ© du livre car trĂšs noire. A lire vraiment, de par sa richesse sociologique et historique mais surtout pas en pleine dĂ©prime.
Bouleversant
Critique de Guillaume35 (Argentre Du Plessis, Inscrit le 2 octobre 2013, 53 ans) - 4 mai 2014
AprÚs un début un peu long on s'attache trÚs vite à cette histoire dans cette Inde des années 70 qui réunit Om et ishvar les tailleurs, Maneck l'étudiant et Dina jeune veuve aux horizons différents.
Bref une fois commencé difficile de s'en défaire. Bouleversant
L'équilibre fragile entre espoir et désespoir
Critique de Elko (Niort, Inscrit le 23 mars 2010, 50 ans) - 19 février 2014
On est rapidement happé dans les destins croisés de Dina, Maneck, Ohm et Ishvar. TrÚs vite on s'attache à ces personnages malmenés par des traditions iniques et une politique arbitraire.
J'avais en tĂȘte, naĂŻvement je m'en rend compte, l'Inde de Gandhi, celle de la non violence et de la tolĂ©rance. Je dĂ©couvre ici l'injustice, la violence aveugle, l'absurditĂ© inacceptable d'un gouvernement autoritaire et corrompu. En voir les effets dĂ©lĂ©tĂšres (quel euphĂ©misme) sur ces personnages si humains, heurte profondĂ©ment, Ă la limite de lâĂ©cĆurement.
Une belle histoire, de belles rencontres dans une Inde sans pitié. Bouleversant.
Inde sensible
Critique de Ena (Le Gosier, Inscrit le 25 octobre 2004, 64 ans) - 3 août 2013
Je ne suis pas d'accord avec NĂ©oliber sur l'absence de la dimension politique. Pour ne citer quâune anecdote du livre qui met en scĂšne le premier ministre dans un meeting oĂč le public est constituĂ© de nĂ©cessiteux qui se font nourrir et rĂ©munĂ©rer pour assister Ă une mise en scĂšne grandiose.
A ne pas manquer.
Intéressant, mais manque la dimension politique
Critique de Neoliber (, Inscrit le 16 décembre 2011, 84 ans) - 22 mars 2013
Il y a beaucoup à apprendre sur l'Inde et sur les hommes en général à lire ce livre.
Il est à mon avis bien trop long et comme "rempli" de faits, rebondissements et drames terribles, comme si l'auteur avait voulu à tout prix que l'effet soit "garanti", enrichi en détresse, en malheur, et en émotion, en quelque sorte. C'est une maniÚre d'utiliser la misÚre humaine et la douleur comme leviers pour attirer et conserver l'attention du lecteur. D'autres sont plus économes de moyens et font des livres aussi beaux.
Mais surtout, la dimension politique est presque absente, on se retrouve Ă se demander comment et pourquoi un pays entier (et l'Inde n'est Ă©videmment pas le seul, y compris en Europe) se retrouve dans une situation aussi affreuse, ou corruption, argent-roi, mĂ©pris de l'ĂȘtre humain sont les rĂšgles qui conditionnent la domination des privilĂ©giĂ©s qui exploitent des centaines de millions de leur semblables.
Un peu plus de visibilité politique au lieu du supposé "fatalisme" de la (supposée) ùme indienne serait bienvenue.
je l'ai finalement lu
Critique de The Nim (, Inscrit le 26 juin 2010, 50 ans) - 23 février 2013
un poil moins enthousiaste
Critique de Oreip75 (, Inscrit le 23 août 2011, 46 ans) - 18 novembre 2012
Néanmoins , la mise en place du récit est un peu laborieuse avec un petit effet catalogue dans la présentation des personnages.
Le style, assez basique, permet certes de rentrer facilement dans le livre mais devient assez indigeste au bout de 900 pages.
Lâhistoire quant Ă elle: un foisonnement de vie et de rebondissements qui vous tiennent en haleine mais avec une surdose de Tragique.
Au final une vraie dĂ©couverte de lâInde, un livre Ă©mouvant âŠmais accablant (Ă ne pas finir un dimanche soir pluvieux de novembre !)
(et j'en profite pour remercier critiques libres qui est un vrai guide de lectures )
Sans famille au pays des Intouchables ?
Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 69 ans) - 15 novembre 2012
Jâimagine quâil a voulu dĂ©noncer la situation faite Ă ce quâon appelle « les Intouchables », les basses castes, celles qui sont traitĂ©es de maniĂšre abominable.
ProblĂšme : il situe lâaction il y a 30 â 40 ans. Mais il lâa Ă©crit il y a 17 ans. Quand je constate comment les choses ont changĂ© en 2012 en Inde par rapport aux annĂ©es 70 â 80, je me dis quâen 1995 ça avait dĂ» dĂ©jĂ changer et que ça a encore plus changĂ© ⊠JusquâĂ quel point ? Il faudrait que Rohinton Mistry nous refasse un « Ă©quilibre du monde » sauce actuelle.
Ce quâil nous dĂ©crit est une abomination sans nom qui, si elle nâexiste plus, a certainement existĂ© et qui heurte profondĂ©ment notre culture dâoccidentaux. Nouveau problĂšme, nous nâavons pas les mĂȘmes bases de raisonnement que les Indiens. Beaucoup sâen faut. Lâuniformisation des pensĂ©es via la mondialisation des mĂ©dias a certainement tendance Ă rapprocher le schĂ©ma de pensĂ©e des Indiens vers lâOccidental, lâamĂ©ricain plutĂŽt puisque câest le modĂšle dominant dans les MĂ©dias, mais de sacrĂ©es spĂ©cificitĂ©s indiennes sont encore bien ancrĂ©es. Quid de la perception des castes et de la notion dâintouchabilitĂ© ? Difficile pour un Occidental voyageant dans le pays de tout saisir et mesurer. Comprendre quâune violence brutale peut ĂȘtre possible, ça, oui, mais plus via le support des antagonismes religieux. Maintenant âŠ
Ce que je reprocherais Ă Rohinton Mistry, câest quâil nous relate simplement une longue histoire, une trĂšs longue histoire qui par moments devient vraiment trĂšs trĂšs longue. Mais ⊠la fin, dans un sursaut dâabomination encore plus abjecte rachĂšte les longueurs. Jâaurais aimĂ© nĂ©anmoins quâil y ait plus de recul, que ce ne soit pas simplement une histoire âŠ
Deux tailleurs, initialement cordonniers (et donc de la plus basse des castes puisquâen contact avec le cuir, la peau dâanimaux morts) dans un village de campagne sont vouĂ©s Ă rester leur vie durant comme les esclaves des castes plus Ă©levĂ©es. Par un concours de circonstances et une dĂ©cision courageuse ils sont amenĂ©s Ă quitter leur condition pour apprendre, ailleurs, le mĂ©tier de tailleur. Ils vont migrer vers la trĂšs grande ville â probablement Bombay mais ce nâest pas dit â connaĂźtre moultes vicissitudes qui paraissent incroyables pour nos standards occidentaux mais qui Ă lâĂ©chelle indienne ⊠et finir par trouver une sorte dâĂ©quilibre instable dans leur prĂ©caritĂ©, une sorte de rĂ©pit en travaillant et logeant chez Dina, une veuve, elle-mĂȘme confrontĂ©e aux problĂšmes que peuvent rencontrer des femmes livrĂ©es Ă elles-mĂȘmes dans un pays comme lâInde. Il y aura aussi Maneck, lâĂ©tudiant descendu du Cachemire pour venir Ă©tudier et qui se loge chez Dina. Tout ce petit monde improbable finit par se trouver, au moins pour un temps. La suite âŠ
Tous ces actes dâune brutalitĂ© inouĂŻe qui interviennent au fil de la relation ont Ă©tĂ© possibles, ou le sont encore, dans ce pays. Ca, je le conçois. JusquâĂ quel point ceci a-t-il Ă©tĂ© (est-il) gĂ©nĂ©ralisĂ©, that is the question ?
« LâĂ©quilibre du monde » est dur. TrĂšs dur. Mais il faut garder Ă lâesprit quâil parle dâun monde qui nâa pas les mĂȘmes repĂšres que nous et oĂč les tabous, les interdits, ne sont pas les mĂȘmes. Etant entendu que les stupĂ©fiants actes finaux sont bien entendus criminels lĂ -bas aussi âŠ
Il faut que je retourne en Inde faire le point !
L'équilibre du monde
Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 46 ans) - 18 septembre 2012
Il y a aussi tous les problĂšmes liĂ©s Ă l'Ătat d'urgence. Plusieurs crimes y ont Ă©tĂ© commis comme des stĂ©rilisations forcĂ©es, de la torture et des meurtres.
MalgrĂ© la duretĂ© du rĂ©cit, on rĂ©ussit Ă s'attacher aux personnages du livre. On vit avec eux et on apprend Ă mieux les aimer tout au long du livre en dĂ©couvrant leur passĂ©. Pour moi, l'Ăquilibre Du Monde est vraiment un grand roman. Il est dans les meilleurs que j'ai lu dans ma vie.
Un grand roman
Critique de Saule (Sydney, Inscrit le 13 avril 2001, 60 ans) - 16 août 2012
Le procédé narratif est habituel, procédé par lequel l'auteur introduit quatre personnages qu'il nous révÚle un par un et dont il réunit la destinée. Sans oublier une foule de personnages secondaires, et l'Inde, un pays terrifiant, qui domine tout le roman.
Pour revenir sur la critique de Vigno, je ne suis pas d'accord avec son jugement sur le manque de combativitĂ© des personnages. C'est au contraire le fatalisme des personnages qui m'a impressionnĂ©, je pense que sans ce fatalisme qui permet de relativiser les vicissitudes et les alĂ©as de la vie (et parfois d'en rire), ces gens deviendraient fous. Ils ont au moins cette sagesse qui leur permet d'accepter leur sort. C'est d'ailleurs une des rares fois oĂč Om se rĂ©volte contre un puissant qu'il en paye un prix exorbitant.
Au-delà de l'aspect narratif, il y a une vraie réflexion sur condition humaine, cet équilibre précaire entre espoir et désespoir avec clairement une balance qui penche vers le désespoir. Un livre finalement pessimiste mais qui fait du bien malgré tout.
L'Inde d'Indira
Critique de Vigno (, Inscrit le 30 mai 2001, 0 ans) - 29 avril 2012
une sensibilité à fleur de peau
Critique de Kami (Lille, Inscrit le 16 novembre 2011, 50 ans) - 22 janvier 2012
Ce chef d'oeuvre est bouleversant de vérité. A travers la vie de quelques personnages au sein d'un pays en pleine évolution, l'auteur nous livre sa vision de la nature humaine.
Je suis totalement subjugué par ces personnages si héroïques par leurs simplicités. Paradoxalement, malgré la tristesse que procure la lecture de cette oeuvre, le message qu'il transmet est rempli d'espoir.
Par ailleurs, son aspect historique m'a permis de mieux situer l'Inde de l'aprĂšs ghandi.
Un petit bijou de la littérature contemporaine que je conseille vivement !
Superbe !
Critique de Carrica (, Inscrite le 4 novembre 2011, 54 ans) - 4 novembre 2011
"Ensemble, c'est tout" avec un supplément d'ùme indienne. Le plus beau roman de littérature indienne que j'ai lu jusqu'à présent.
Un bijou !
Belle découverte
Critique de Mithrowen (La Chaux-de-Fonds, Inscrite le 23 août 2011, 37 ans) - 20 septembre 2011
La quatriÚme de couverture n'est absolument pas mensongÚre ! Ce livre est effectivement un condensé des beautés, telles que les paysage, les personnages pittoresques, et des atrocités de l'Inde, telles que les violences envers les basses castes, le gouvernement corrompu et violent, les tragédies quotidiennes des protagonistes, sans pour autant tomber dans le misérabilisme.
De plus, ce livre est aussi un condensé de l'histoire tumultueuse de l'Inde.
Un vrai plaisir Ă lire, les pages filent sans qu'on s'en rende compte.
Jolie trouvaille...
Critique de Jonath.Qc (, Inscrit le 6 juillet 2011, 47 ans) - 20 septembre 2011
L'auteur jongle habilement avec l'histoire de l'Inde, sa beauté, ses castes, la cruauté des uns et l'excÚs de bonté des autres.
Les personnages principaux nous font voyager à travers l'Inde, tant dans les tribus que les grandes villes, les bidonvilles, la rue...avec une légÚreté malgré tout. Portant à réflexion sans aucun doute. Ne vous laissez surtout pas impressionner par la taille du livre, il se laisse tout simplement lire.
à votre tour de découvrir maintenant!
un régal...
Critique de Dulcinea (, Inscrite le 20 juin 2011, 43 ans) - 20 août 2011
Passionnant
Critique de Nb (Avion, Inscrit le 27 août 2009, 42 ans) - 8 avril 2011
Les quatre personnages principaux, Dina, Maneck, Ishvar et Omprakash, sont plus qu'attachants. Chacun d'entre eux a une vie Ă construire, ou Ă reconstruire, avec un passĂ© parfois pesant. Au contact les uns des autres, ils vont apprendre Ă se connaĂźtre, s'accepter, s'apprĂ©cier, mais aussi Ă faire face, Ă leur maniĂšre, aux injustices de l'Inde des annĂ©es 70, celle de "Madame le Premier Ministre", prĂȘte Ă tout pour moderniser son pays, mĂȘme Ă l'impensable.
Le livre se lit plutÎt facilement. Tour à tour drÎle, émouvant ou cruel. A travers ces destins croisés, c'est toute l'Inde que l'on vit: la pauvreté, le systÚme des castes, les intouchables, les religions, ... Un grand moment d'évasion.
Pourquoi pas cinq étoiles alors ? C'est la fin qui m'a quelque peu décontenancé... Je suis content que ce ne soit pas celle à laquelle je m'attendais (rien de pire que l'ultra-prévisible), mais je reste sur ma faim.
Cela dit, je conseille, plus que vivement, la lecture de ce chef-d'Ćuvre.
éblouissant:simplement!
Critique de Laventuriere (, Inscrite le 6 mars 2010, 0 ans) - 1 décembre 2010
Ce livre est un trésor, une merveille que je relirais volontiers.
Partez à sa découverte..
A l'unanimité, une merveille
Critique de Elya (Savoie, Inscrite le 22 février 2009, 36 ans) - 6 novembre 2010
Je ne résumerai pas ce magnifique roman, car j'en serai incapable, et que ça ne me semble pas du tout indispensable pour l'entamer, tellement l'écriture du Rohinton Mistry est claire du début à la fin. Il est pourtant rare que je ne sois pas ne serait-ce qu'un peu perdue dans les romans indiens, perdue au milieu de l'exotisme et de la longueur des prénoms et des lieux notamment.
Que dire alors ?
Ce livre, c'est une fresque majestueuse, quasi-exhaustive, objective, de ce qu'Ă©tait la sociĂ©tĂ© indienne autour des annĂ©es 70-80. Ou comment relater la complexitĂ© de l'organisation en castes, de la mixitĂ© des religions et des ethnies, de la corruption, de façon simple, pertinente et passionnante. Ou comment s'insinuer au sein de n'importe quel lecteur pour provoquer chez lui une empathie singuliĂšre, ne lui permettant pas de prendre du recul sur l'histoire. Ou comment mĂȘler Ă merveille tendresse et dĂ©sespoir, bonheur simple et vie luxuriante, chaleur et mĂ©chancetĂ© humaine, entraide et Ă©goĂŻsme....
Je n'ai pas d'explications à apporter sur la façon dont s'y prend Rohinton Mistry pour parvenir à susciter chez tout un chacun ce flot de ressentiments, cette envie de ne plus quitter non pas le livre mais les personnages qui y figurent, puisque nous voilà complÚtement plongés dans l'histoire.
Ces personnages qui nous ont accompagnĂ©s tout au long de ces 700 pages, tantĂŽt fragiles, tantĂŽt battants, mais toujours profondĂ©ment humains, mĂȘme dans leur mĂ©chancetĂ© et jamais caricaturaux, combien de temps vais-je mettre pour les oublier ? De longs mois voire des annĂ©es je pense, tellement j'ai Ă©tĂ© conquise par leur destin.
Un petit extrait qui ne vaut pas grand chose isolĂ© du roman, mais qui donne une idĂ©e de l'Ă©criture simple et persuasive de l'Ă©crivain : " "Le temps est le fil qui ligote nos vies en paquets d'annĂ©es et de mois. Ou un Ă©lastique qui s'Ă©tire selon le bon vouloir de notre imagination. Le temps peut ĂȘtre le joli ruban qui orne les cheveux d'une petite fille. Ou les rides sur un visage, ou celui qui vole le teint et les cheveux de votre jeunesse." Il soupira et sourit tristement. "Mais pour finir, le temps est un noeud coulant passĂ© autour du cou, qui vous Ă©trangle lentement." "
Quel chef-d'oeuvre
Critique de Samba (, Inscrite le 3 mars 2010, 48 ans) - 28 octobre 2010
J'ai fini ce livre ce matin, les larmes aux bords des yeux, je pense que je ne vais pas l'oublier de si tĂŽt... le destin de chaque personnage est si dramatique... trĂšs poignant, trĂšs touchant.
Lisez-le ! C'est un roman étranger magnifique.
Comment les petites histoires de quelques personnages dévoilent la "grande" histoire indienne contemporaine
Critique de Bigoodi (, Inscrite le 8 février 2009, 58 ans) - 14 novembre 2009
J'ai vu les bidonvilles, les mendiants, le manque d'infrastructures...mais aussi les sourires, la gentillesse, les petits métiers...
Difficile pour un occidental de se mettre dans la tĂȘte d'un indien : en lisant l'Equilibre du monde, j'ai mieux compris, tout en espĂ©rant secrĂštement que les vicissitudes des diffĂ©rents personnages ne soient qu'anecdotiques et pas reprĂ©sentatives d'une Ă©poque, mais n'y croyant guĂšre...
J'ai adoré ce roman : il nous permet de mieux comprendre l'Inde, retranscrit les ambiances, la vie quotidienne en suivant des personnages qu'on voudrait ne jamais quitter.
Mais pour moi, il donne avant tout à réfléchir sur l'Autre, vous savez, celui qui nous parait si éloigné, si difficile à comprendre... et pourtant si semblable lorsqu'on se donne la peine de regarder d'un peu plus prÚs.
Ce livre est un voyage au coeur de l'humanité, un chef d'oeuvre.
l'équilibre du monde
Critique de Noelle (, Inscrite le 8 janvier 2009, 74 ans) - 23 avril 2009
Magnifique
Critique de Persil (Sierre (Valais), Inscrite le 15 octobre 2007, 60 ans) - 29 février 2008
A lire absolument!
Et la tendresse... !
Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 79 ans) - 14 février 2008
"Les raisins de la colÚre" façon indienne
Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 52 ans) - 12 février 2008
C'est prenant, bouleversant et on est déchiré entre :
- d'un cĂŽtĂ© un univers pesant et dĂ©sespĂ©rant de misĂšre et de corruption, un systĂšme social et politique dont certains personnages sont les instruments pleins de cruautĂ© et de mĂ©pris pour les ĂȘtres humains ;
- de l'autre, une acceptation sereine, une résilience fondée sur l'humour, la joie de vivre et le désir de goûter les plus petits bonheurs de la vie.
De malheur en injustice, les personnages principaux ont toujours la force de rebondir, toujours un peu moins haut, mais de rebondir tout de mĂȘme car ils vivent d'espoir et d'optimisme.
Cette attitude est totalement étrangÚre à nos mentalités occidentales, et ce n'est sans doute pas un hasard si celui qui "réussit" et part travailler à l'étranger, celui qui s'est coupé de cet univers, de ses racines et s'est occidentalisé, celui-ci ne supporte plus à son retour...
Un livre Ă lire absolument mĂȘme si (ou plutĂŽt parce que) on n'en ressort pas indemne.
Indira, oui, et puis?
Critique de Sahkti (GenÚve, Inscrite le 17 avril 2004, 52 ans) - 26 août 2007
Cette implication du lecteur est due au talent de plume de Rohinton Mistry qui arrive à rendre chaque situation proche de nous, à nous faire partager le quotidien de ces laissés pour compte sans virer au misérabilisme à outrance. La dure réalité est là et il nous y emmÚne.
Je pense que le fait que Mistry ne rĂ©side plus en Inde et porte un regard lucide sur ce qui se passe dans son pays d'origine joue beaucoup dans cette façon de faire, l'auteur dispose du recul nĂ©cessaire pour Ă©viter de sombrer dans une passion dĂ©vastatrice ou un militantisme Ă outrance. La pertinence de son propos et la modĂ©ration avec laquelle il aborde tout cela crĂ©ent ce mĂ©canisme qui veut qu'on plonge d'abord dans un bon roman avant de se laisser embarquer dans la vraie Histoire, celle de tout un pays, d'un peuple et d'ĂȘtres ĂŽ combien meurtris.
J'ai beaucoup apprécié cela.
Un monument
Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 40 ans) - 24 août 2007
Lâhistoire se dĂ©roule dans les temps qui ont prĂ©cĂ©dĂ© et suivi la prĂ©sence dâIndhira Gandhi au pouvoir du gouvernement indien. Une pĂ©riode assez noire pour lâInde, mais encore plus pour les castes pauvres, quâon ne tient absolument pas en compte dans les plans gouvernementaux. Ishvar et Omprakash, issus de la caste des Chamaars, seront donc les malheureuses victimes des Ă©normes injustices infligĂ©es aux pauvres durant cette pĂ©riode. Eux comme beaucoup dâautres se verront ainsi dĂ©truire maintes fois le peu de stabilitĂ© quâils Ă©taient parvenus Ă se bĂątir au prix dâĂ©normes efforts, et forcĂ©s de se reconstruire Ă partir de rien ou presque rien.
ParallĂšlement Ă ces sombres Ă©vĂšnements se dĂ©veloppe graduellement une touchante amitiĂ© entre ces deux Chamaars et deux autres personnages issus de castes plus aisĂ©es, Maneck et Dina Dalal. Bien que chacun dâentre eux ait ses propres malheurs Ă supporter, leur amitiĂ© devient bientĂŽt leur bien commun le plus prĂ©cieux⊠Câest une amitiĂ© touchante, marquĂ©e par les diffĂ©rences de castes et empreinte de tendresse et de moments forts, qui permettent Ă chacun de continuer Ă aller de lâavant malgrĂ© les obstacles et les difficultĂ©s. En quelque sorte, câest lâĂ©quilibre entre lâespoir et le dĂ©sespoir de tous ces personnagesâŠ
Les personnages sont extrĂȘmement vivants et attachants, tour Ă tour drĂŽles et malheureux, forts et vulnĂ©rables, et parfois mĂȘmes pour certains, Ă la fois bons et mĂ©chants. Pleins de contradictions, ils paraissent tous rĂ©ellement exister sous la plume de Rohinton Mistry qui dĂ©crit merveilleusement bien autant les personnages que leurs rapports entre eux.
Finalement, pour moi qui nâavait encore jamais lu de roman indien, lâĂquilibre du monde sâest aussi avĂ©rĂ© une excellente introduction Ă lâhistoire politique agitĂ©e que connaĂźt ce pays.
Ishvar, Maneck, Dinabai, Omprakash, Sankar, et tous les autres, je ne vous oublierai pas !!!
Sublime!
Critique de Ablette (, Inscrite le 9 juin 2006, 62 ans) - 9 juin 2006
déclaré d'utilité publique
Critique de Lolr (, Inscrite le 22 mars 2006, 54 ans) - 10 avril 2006
Si vous aimez ces livres qui nous parlent de l'Inde et de l'humanité il y a aussi NOCES INDIENNES de SHAROON MAAS
voilĂ , faites-vous du bien, allez Ă la rencontre de omprakash, ishvar, maneck dina bai........
La lecture de Patryck Froissart
Critique de FROISSART (St Paul, Inscrit le 20 février 2006, 79 ans) - 20 février 2006
Auteur : Rohinton Mistry
Editeur : Albin Michel, 1998
Titre original : A fine balance
Traduit de lâanglais par Françoise Adelstain
Ce long roman de 700 pages nous introduit dans lâInde contemporaine pour nous y faire partager lâintimitĂ© de personnages croquĂ©s Ă la façon dâEugĂšne SĂŒe ou de Charles Dickens.
Au centre dâun tourbillon rĂ©aliste qui va broyer cruellement la plupart des protagonistes se trouve Dina Dalal, une jeune et jolie veuve, anticonformiste, qui se voit contrainte, pour ne pas dĂ©pendre financiĂšrement de son frĂšre, dâaccueillir chez elle un hĂŽte payant, jeune Ă©tudiant, et deux tailleurs qui fabriquent pour elle Ă la piĂšce des robes quâelle vend Ă une entreprise de prĂȘt-Ă -porter locale.
Lâauteur raconte successivement le passĂ© de ces 4 personnages principaux, puis ce quâils vivent ensemble durant une annĂ©e universitaire, et ce quâils deviennent aprĂšs leur sĂ©paration.
Les destins sont tragiques, sur contexte dâune Inde qui se modernise et se « dĂ©mocratise » de maniĂšre anarchique, dans la corruption, le non-droit, la cruautĂ©, lâimplacable application des rĂšgles archaĂŻques qui rĂ©gissent les relations entre les castes, lâimpitoyable loi du plus fort, et lâeffondrement de tous les espoirs dâĂ©chapper Ă la rigiditĂ© sociale.
Le Roi des Mendiants, exploiteur et protecteur cynique des mendiants de la ville, dont le cul-de-jatte Shankar, mutilĂ© peu aprĂšs sa naissance de façon Ă susciter la pitiĂ© des passants, le collecteur de cheveux qui finit par tuer pour assurer sa moisson, le receveur des loyers, Ibrahim, qui se fait un honneur dâappliquer les menaces dâexpulsion des locataires ne pouvant plus payer, le policier Kesar, qui conduit sans pitiĂ© les dĂ©molisseurs des bidonvilles installĂ©s, avec la complicitĂ© de responsables municipaux corrompus sur les lieux publics, tous sont Ă la fois rĂ©pugnants et pitoyables, chacun montrant, Ă©tonnamment, en certaines circonstances des sentiments dâune beautĂ© dont on ne les aurait pas crus capables.
Les situations, les dialogues, les lieux sont dâun rĂ©alisme cru, trivial, rĂ©voltant, horrifiant parfois. Mais la vulgaritĂ©, lâobscĂ©nitĂ©, la pourriture humaine sâinscrivent de façon tellement naturelle dans cette immense cour des miracles que le lecteur sây fait vite, dâautant que, dans cet univers nausĂ©eux, les quatre personnages centraux, ainsi que dâautres rencontrĂ©s au hasard de chacune de leurs destinĂ©es, apparaissent comme peu Ă peu sanctifiĂ©s par leurs propres actes, dĂ©pouillĂ©s progressivement de leurs dĂ©fauts, et de leurs ambitions.
Les fumiers les plus puants nourrissent toujours des roses...
Patryck Froissart, le 29 janvier 2006
Un roman polyphonique
Critique de Guermantes (Bruxelles, Inscrit le 18 mars 2005, 79 ans) - 28 mars 2005
Le fait que, à l'instar de Naipaul ou de Salaman Rushdie, Rohinton Mistry, profondément imprégné de sa culture d'origine, réside en dehors de l'Inde (au Canada en l'occurrence), contribue sans doute à exacerber le regard critique (mais tendre aussi à d'autres moments) qu'il pose sur celle-ci.
A recommander Ă©galement "un si long voyage" et "une simple affaire de famille" (paru l'an dernier) dans lesquels se retrouve le mĂȘme regard davantage focalisĂ© cette fois sur la communautĂ© parsie Ă laquelle l'auteur appartient.
un livre marquant
Critique de Mary.nana (, Inscrite le 24 mars 2005, 76 ans) - 27 mars 2005
Forums: L'équilibre du monde
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