Je voulais vivre: Milady n'est pas une femme qui pleure... Elle est de celles qui se vengent de Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques
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Elle s’appelait Milady
Quatrième de couverture:
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
Présentation personnelle du livre complément :
Adélaïde De Clermont-Tonnerre n’est pas la première autrice, c’est principalement des autrices, à vouloir “réhabiliter" Milady de Winter et surtout montrer ce que Dumas n’a pas fait: son passé et sa vision à elle des événements. À la manière d’un “Secrets d’histoire" qui creuse la figure historique en confrontant, avec divers historiens, témoignages de l’époque, la personne réelle de la légende et même Dumas s’il n’a pas inventé par exemple la légende noire des Valois, n’a pas hésité à l’utiliser pour ses romans et avouons le : “Est-ce que si Catherine de Médicis dans «La Reine Margot» n’avait pas été cette empoisonneuse superstitieuse telle que la décrit la légende noire impacterait autant le lecteur?".
Pour Milady, selon une interview de l’autrice c’est en écoutant une version audio abrégée des “Trois mousquetaires", qu’elle a lu souvent, à tous les âges de sa vie, que le déclic s’est fait quand on dit que Milady à 15 ans a séduit un curé pour s’évader du couvent, alors que depuis des années les différentes affaires qui sortent parlent plutôt de gens d’église qui abusent de leur autorité et si Dumas s’est trompé sur ce point, est-ce que le jugement de Milady ne serais pas biaisé? Elle qui a fait face à 10 juges, 10 hommes dont 2 ont été ses amants, qui l'ont empêché de se défendre, et ce procès qui n’a rien de légal qui n’est rien d’autre qu’un assassinat, même Dumas le constate.
Adélaïde De Clermont-Tonnerre décide de combler les blancs laissé par Alexandre Dumas, de donner la parole non seulement à Milady, mais aussi à ceux qui l’ont connue qui confirment certains traits de son caractère qu’on retrouve chez Dumas, mais d’autres qu’il n’a pas creusé. L’exercice est difficile car il faut “réhabiliter" Milady et en même temps ne pas exclure ceux qui aiment “les Trois mousquetaires" et l’autrice apparemment l’aime toujours.
Avis:
Si j’ai lu plusieurs fois “Les Trois mousquetaires", je ne l’ai pas relu avant la lecture de ce roman, est-ce qu’il indispensable de le relire avant cette lecture, je ne crois pas en tout cas je n’en ai pas éprouvé le besoin impératif, peut-être que c’est mieux pour avoir bien en tête tout le roman, en tout cas je n’ai pas été perdu, à la limite pour savoir ce que Adélaïde De Clermont-Tonnerre a inventé pour combler comme elle dit les trous laissés par Dumas ou ce qui est déjà indiqué par Dumas sur sa version du passé de Milady et qu’elle développe, elle.
Réhabiliter Milady comme je le dit plus haut peut être risqué, si c’est mal fait soit être incohérent avec le roman de Dumas, soit en changeant le caractères des personnages en les rendant plus “méchants" soit en rendant Milady “trop gentille" et après avoir lu le roman en entier, l’autrice évite ces deux écueils, elle ne modifie pas non plus la trame du roman de Dumas, en tout cas je n’en ai pas l’impression, il faut que je relise le cycle des mousquetaires en entier pour être totalement affirmatif, par contre en prenant le point de vue de Milady on change notre perception de certains personnages par exemple Rochefort chez Dumas n’est qu’un exécuteur de Richelieu alors que de le voir à travers les yeux de Milady et avec son propre témoignage sur elle, il apparaît plus complexe et encore je ne parle de Rochefort que pour ne pas trop spolier d’autres personnages qui selon comme on les voit par le regard de Milady change notre perception sur eux, mais là où je ne peux être qu’admiratif c’est que cette autre manière de voir ces personnages est cohérente avec ce qu’ils sont chez Dumas.
Le roman a plusieurs narrateurs, principalement Milady, mais aussi d’Artagnan qui est au siège de Maastricht en 1673 et qui entre deux batailles se confie à son aide de camp sur ce qu’il a fait à Milady et ses remords et peut-être que j’ouvrirai un sujet sur le forum car cette temporalité, le roman en a plusieurs, pourrait lier la fiction et la réalité, D’Artagnan étant à la fois un personnage fictif et un personnage historique, mais je n’en dirai pas plus ici.
En tout cas j’ai dévoré ce livre, je ne cacherai pas que je l’ai mis en pause car je trouvais justement que l’autrice faisait trop de Milady une victime d’un destin qui s’acharne sur elle, mais si je dis ci-dessus que l’autrice évite cet écueil c’est qu’elle y arrive et quand elle dit qu’elle connaît bien le cycle des mousquetaires ça se vérifie par son traitement des personnages, elle donne un autre point de vue, mais celui-ci est cohérent avec ce que Dumas en dit. Attention, si pour moi il ne faut pas avoir RELU les “Trois mousquetaires" obligatoirement avant de lire ce roman, il faut quand bien le connaître pour apprécier l’hommage, donc si vous ne connaissez pas la trilogie et particulièrement le premier roman ne lisez pas ce livre.
Les éditions
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Je voulais vivre : Milady n'est pas une femme qui pleure... Elle est de celles qui se vengent.
de Clermont-Tonnerre, Adélaïde de
B. Grasset
ISBN : 9782246831662 ; 24,00 € ; 20/08/2025 ; 480 p. Broché
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Un portrait intéressant
Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 28 avril 2026
Un beau portrait de femme
Critique de Mimi62 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 73 ans) - 22 février 2026
Milady, quant à elle, je n'en connaissais que l'existence sans trop savoir quel était son rôle dans ce roman. J'ai donc abordé cette lecture sans référence particulière mais avec un certain sentiment dubitatif quand à son intérêt (lu dans le cadre d'un club lecture).
J'ai été très rapidement entraîné par le récit. Il a quand même fallu réussir à replacer les choses dans le temps en raison des nombreux voyages dans le temps. Grand merci à l'auteur qui a eu la bonne idée de préciser la date à laquelle le chapitre se déroulait.
C'est avant tout un portrait de femme dans un époque où il est bien difficile d'être respectée en tant que telle. S'ajoute à cela l'avidité de puissance ou de richesse et l'on a le cocktail dans lequel Milady va devoir survivre le plus longtemps possible.
J'ai aimé le personnage de cette femme qui vivra dans les nombreux mensonges que la société lui imposera pour assurer sa survie.
Milady évolue dans ce monde de trahison, de conflits d'intérêts qui rendent ce roman très moderne au final.
Les chapitres courts rythment le récit et permettent d'éviter l'égarement dans les lieux et avec les personnages.
L'auteur échappe au piège de tomber dans un roman de cape et d'épée.
L'écriture se révèle très agréable et se fait oublier, ce qui est pour moi un gage de qualité.
J'aime les lectures qui m'apportent quelque chose or, j'ai aimé cet ouvrage alors que je n'ai rien appris. En fait je pense que c'est la qualité de l'organisation de la narration qui m'a entraîné et, au final, j'en sais quand même un peu plus sur Milady. Il va falloir quand même que j'aille me renseigner davantage sur la Milady de Dumas pour savoir si "Je voulais vivre" est fidèle à l'histoire de Milady.
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