Norferville de Franck Thilliez

Norferville de Franck Thilliez

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Francophone

Critiqué par Bookivore, le 3 mai 2024 (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 43 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 990ème position).
Visites : 4 208 

L'Enfer blanc

Comme à son habitude, Franck Thilliez nous offre un roman par an, et en alternance entre un roman mettant en scène son fameux duo de flics Sharko et Henebelle et one-shots. "La Faille", son précédent opus, était un Sharko/Hennebelle, voici donc, alternance respectée, un one-shot : "Norferville".
Magnifique couverture enneigée, blanche et bleutée, qui donne envie de lire le roman, et titre énigmatique qui, lui aussi, donne sacrément envie. "Norferville", 450 pages qui se lisent d'une traite, est un thriller qui se passe intégralement (le début de l'intrigue mis à part, et encore, ça représente si peu de pages) au Canada. Au Québec. Et dans la petite ville minière, fictive, et terriblement isolée (une carte sur le cavalier de couverture montre son emplacement, au centre ou presque du Québec, à quelques 700 kilomètres de la plus grande ville), de Norferville.

Là, dans cette ville, on découvre le cadavre, mutilé, d'une jeune femme française, Morgane Schaffran. Son père, Teddy, criminologue et détective privé basé à Lyon et qui n'avait plus de nouvelles de sa fille depuis plusieurs années, apprend sa mort, est dévasté, et se rend illico sur place pour essayer de comprendre ce qui s'est passé (à ce stade de l'enquête, on ne sait pas encore si c'est un meurtre ou une attaque d'animal sauvage, mais la thèse criminelle sautera aux yeux). Une jeune flic métisse, mi caucasienne mi-indienne (beaucoup d'autochtones issus de diverses tribus indiennes vivent dans les environs), issue de Norferville mais ayant quitté la "ville" à ses 16 ans (soit 20 ans plus tôt), après y avoir été violée par de mystérieux agresseurs, Léonie Rock, est chargée de l'enquête, et va, évidemment à contrecoeur (la ville lui rappelant le traumatisme de son viol) , se rendre sur place, retrouvant les lieux de son enfance et des personnages honnis (Liotta, chef de la police locale, qui hait les autochtones). Elle va rapidement faire la connaissance de Teddy, et le prendre avec lui pour l'enquête, malgré son lien de parenté avec la victime.

Un roman passionnant, peut-être pas le meilleur de l'auteur, mais certainement pas un des moins bons, que ce "Norferville" qui, en plus d'une intrigue policière dont l'atmosphère n'est pas sans rappeler les polars scandinaves (les lieux de l'action y sont pour beaucoup), se double d'une dénonciation de la manière dont sont traitées les populations autochtones au Canada par les caucasiens. Un excellent thriller à lire absolument.

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Les éditions

  • Norferville: Nouveauté Franck Thilliez 2024 - l'auteur de thriller préféré des français
    de Thilliez, Franck
    Fleuve noir
    ISBN : 9782265157798 ; 22,90 € ; 02/05/2024 ; 456 p. Broché
  • Norferville
    de Thilliez, Franck
    Pocket
    ISBN : 9782266349024 ; 9,60 € ; 02/05/2025 ; 480 p. Poche
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Les invisibles

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 67 ans) - 19 février 2026

Teddy Schaffran vient de mettre fin à une monstrueuse affaire d’enlèvements et d’assassinats de jeunes filles quand il apprend la mort de sa fille unique Morgane.
Enquêteur et criminologue, il travaille à Lyon, bien loin de sa fille partie au Canada après la mort de sa mère.
Anéanti, il décide de se rendre sur les lieux de l’assassinat monstrueux de la jeune femme.
Il découvre alors une région incroyablement hostile, glaciale. La ville de Norferville où deux populations vivent ou survivent, les Innus et les travailleurs de la mine, n’est accessible que par avion ou train.
"Étrange moment suspendu, une impression de rêve et de cauchemar mêlés, une valse lente entre la plus belle lumière et les ténèbres les plus profondes. Norferville ne pouvait s’expliquer avec des mots, elle ne pouvait qu’être vécue avec les tripes."

Sur place, il fait connaissance avec la lieutenant chargée de l’enquête, Léonie Rock, une jeune métisse née à Noferville et le policier local misogyne et tout puissant Liotta.
Un lieu qui ne fait pas que frissonner de froid tant les découvertes faites au fur et à mesure de l’enquête sont sidérantes. Celle-ci mettra au grand jour le sort des minorités canadiennes, exploitées, privées de leurs terres, dans un pays où les disparitions de femmes, de jeunes filles n’intéressent pas la police.
"Les témoignages étaient cohérents et menaient tous à une entité unique : le Windigo...un monstre venu exercer sa vengeance à cause des méfaits de l’homme."

Si les premières pages sont insoutenables (et étaient-elles indispensables ?), l’enquête est très bien construite, le suspense permanent, les chapitres courts donnent du rythme au récit ainsi que de belles descriptions de paysages malgré les scènes sordides.
Tous les ingrédients d’un roman policier parfaitement réussi.

mine d'enfer

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 77 ans) - 18 janvier 2026

Norferville, une mine de fer, un enfer aussi dans ce grand nord québécois où règne un froid mortel lorsque le blizzard se lève, et où vivent dans une misère profonde, oubliés de tous, des milliers de membres de ces "Premières Nations" à l’appellation si trompeuse. Lorsque Teddy Schaffran, criminologue de profession à Lyon, arrive en plein hiver arctique dans cette bourgade perdue pour rapatrier le corps de sa fille Morgane, lâchement assassinée après avoir été torturée, il va faire la connaissance d’une jeune enquêtrice, dépêchée dans sa ville natale par la Sureté Québécoise. Un duo improbable, deux êtres profondément marqués par le ressentiment, qui vont s’acharner à faire toute la lumière sur ce crime sordide. Un crime qui en masque bien d’autres, hélas, et surtout l’hypocrisie d’une société à deux niveaux commençant seulement à se plonger dans les abominations de sa politique d’assimilation. Un coup de torchon salutaire, et une enquête prenante que l’on suit pas à pas, chaque coin de tapis soulevé en cachant un autre, et puis un autre et puis encore un autre. Un thriller nordique conduit avec maestria par un auteur en pleine possession de ses moyens…

Un polar à lire le chauffage à fond

8 étoiles

Critique de Incertitudes (, Inscrit le 4 décembre 2008, 41 ans) - 9 novembre 2025

Thilliez fait une pause avec son duo Sharko/Henebelle. Norferville est un one-shot se passant dans le Grand Nord avec un criminologue et lieutenante de police locale aux prises avec un tueur en série. Donc, même si les protagonistes diffèrent, on reste sur deux âmes tourmentées, torturées, aux fêlures irréparables que l'enquête va rapprocher.

Là où dans les aventures de Sharko, l'ambiance n'est pas spécialement mise en avant, dans Norferville, on sent en parcourant les pages toute la rudesse du climat. Des températures pouvant aisément descendre à moins quarante degrés, le blizzard, la neige, le froid qui vous saisit et vous paralyse en quelques minutes. Et surtout une nature sauvage, inhospitalière peuplée uniquement de mineurs et de leur famille.

Et pourtant, même en de si lointaines contrées, il faut se coltiner les problèmes économiques, le trafic de drogue, la prostitution, le racisme dont sont victimes les Innus. C'est une ville pourrie de l'intérieur qui détruit ses habitants à petit feu et ce qui s'est produit pour Léonie et sa copine Maya.

Malgré toute cette noirceur, la relation entre Teddy et Léonie réchauffe un peu l'atmosphère. Et la promesse d'un avenir moins sombre à deux loin de tout ça.

Un sujet intéressant, un thriller banal.

4 étoiles

Critique de Sotelo (Sèvres, Inscrit le 25 mars 2013, 43 ans) - 4 septembre 2024

"Norferville" est un thriller qui tire son intérêt de son cadre (une ville fictive perdue au fin fond des montagnes canadiennes) et de son sujet méconnu (les disparitions de femmes autochtones dans le grand nord canadien). À côté de ça, on a un thriller qui sonne comme un polar scandinave (en moins réussi), mais à l'exécution finalement assez banale, avec notamment un final grotesque et sans aucune surprise. Un Thilliez (très) mineur.

Des sujets modernes

6 étoiles

Critique de Sonic (, Inscrite le 22 juillet 2022, 42 ans) - 17 mai 2024

Premier roman de Franck Thilliez que je lis. L'ambiance dans "Le Grand Nord" où se passe l'intrigue est assez morbide et hostile tout en offrant un cadre nordique à ce qui est aujourd'hui un sujet sociétal : les viols et le silence des victimes.
Le prologue décrit le crime qui eut lieu en 1996 dans un pick-up, commis par trois Canadiens blancs sur deux adolescentes de seize ans autochtones. Vingt ans plus tard, Léonie Rock, l'une d'elle, est lieutenant et mène l'enquête suite à la découverte d'une jeune femme morte de façon sordide à Norferville, la ville qu'elle avait quittée pour tirer un trait sur sa jeunesse. Le Français Teddy, père de la victime et détective privé à Lyon, l'aidera dans l'enquête.
Ainsi, le roman permet de décrire l'ambiance et les mœurs par deux personnages extérieurs d'une petite ville canadienne coupée du monde. Les autochtones se morfondent et boivent car leurs terres ne leur appartiennent plus, les hommes qui travaillent à la mine s'avèrent souvent violents.
L'auteur n'a toutefois pas trop compliqué l'enquête, on devine facilement qui est le violeur dès le premier tiers du roman. La fin sert à nous le confirmer même si le dénouement parait assez invraisemblable, dans le but de sortir de l'ordinaire. L'écriture aurait pu être un peu plus recherchée car il fait usage de nombreux termes familiers dans la narration alors qu'ils sont déjà assez présents dans les dialogues.
En résumé, j'ai bien aimé le fond, un peu moins la forme.

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