La pĂąle figure de Philip Kerr

La pĂąle figure de Philip Kerr
( The pale criminel)

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Policiers et thrillers

Critiqué par Sibylline, le 26 octobre 2004 (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 75 ans)
Critiqué par Sibylline, le 26 octobre 2004 (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 Ă©toiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 Ă©toiles (12 683ème position).
Visites : 9 968  (depuis Novembre 2007)

La nuit de cristal

Et voici « la pĂąle figure ». Le deuxiĂšme volet de cette trilogie berlinoise nous amĂšne deux ans aprĂšs le premier. Nous sommes en 1938, toujours Ă  Berlin. Hitler n’a fait qu’augmenter son pouvoir. Il rĂšgne sur l’Allemagne et en est maintenant Ă  Ă©tendre son hĂ©gĂ©monie au dehors de ses frontiĂšres. Au moment oĂč se passe cette histoire, il louche sur les SudĂštes, puis les envahit.
Nous retrouvons le dĂ©tective Bernard Gunther, dĂ©couvert dans « L’étĂ© de cristal ». Il n’est toujours pas nazi, mais il se retrouve employĂ© par le gĂ©nĂ©ral Heydrich et le Reichskriminaldirektor Arthur Nebe. RĂ©intĂ©grĂ© de force (chantage) dans la police, il se voit attribuer le grade de Kriminalkommissar, qui lui permet de naviguer assez Ă  sa guise parmi les nazis de son service qui se retrouvent ĂȘtre ses subalternes. Ceci pour expliquer qu’il puisse ĂȘtre Ă  la fois un personnage plutĂŽt sympathique (quoique sans scrupules) et au service des pontes hitlĂ©riens.

Pour commencer l’histoire, il est engagĂ© par une femme riche qui subit les pressions d’un maĂźtre chanteur qui dispose de documents permettant de faire envoyer son fils en camp de concentration avec un triangle rose.
Pour la corser, il est donc nommĂ© commissaire pour dĂ©couvrir l’assassin en sĂ©rie qui perpĂ©tue des meurtres apparemment rituels sur de jeunes vierges aryennes. Les prĂ©sumĂ©s coupables sont les Juifs et le mobile de Gunther, qui sent monter la catastrophe, est d’empĂȘcher la « Nuit de cristal ». On sait dĂ©jĂ  s’il a rĂ©ussi.

Tout comme pour le premier volet de la trilogie, l’époque est un personnage Ă  part entiĂšre de ce rĂ©cit (excusez l’image un peu audacieuse, j’en conviens). J’ai trouvĂ© passionnant de pouvoir m’identifier ou reconnaĂźtre pour mes alter ego des gens de ce monde Ă  la fois si proche (moins de 70 ans, ce n’est rien !) et si Ă©trange(r). Il est facile de dĂ©clarer : « Moi, je n’aurais pas acceptĂ©, ou fait, cela ! » Trop facile pour ĂȘtre juste. Il est bien plus intĂ©ressant de ressentir « de l’intĂ©rieur » comment les gens ont pu le vivre.
Gunther a Ă©voluĂ© depuis « La nuit de cristal ». Il est devenu plus carrĂ©, plus brutal. Il semble bien reprĂ©senter la mentalitĂ© de l’Allemand non nazi en train d’essayer de survivre dans son pays Ă  cette Ă©poque lĂ . Il frĂ©quente ici, dangereusement, des personnages que l’histoire enregistrera comme tristement cĂ©lĂšbres et cela ajoute de l’intĂ©rĂȘt au rĂ©cit sans que la part d’imaginaire en soit encombrĂ©e. D’autant que la rĂ©alitĂ©, avec ses hommes de pouvoir « fondus » d’occultisme, n’avait pas tant que cela besoin d’ĂȘtre aidĂ©e.
L’intrigue m’a semblĂ© un peu compliquĂ©e, mais lĂ , c’est peut-ĂȘtre ma faute. Je n’ai pas fait assez attention quand les personnages se sont mis Ă  devenir nombreux et je m’y suis un peu perdue Ă  un moment.

En conclusion, un vraiment excellent deuxiÚme volet, qui justifie tout à fait la poursuite de cette « trilogie berlinoise ».

PS : voir fiches « L’étĂ© de cristal » et « Un requiem allemand »

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Les éditions

La pùle figure [Texte imprimé] Philip Kerr trad. de l'anglais par Gilles Berton
de Kerr, Philip Berton, Gilles (Traducteur)
Librairie des Champs-ÉlysĂ©es
ISBN : 9782702424261 ; 5,57 € ; 25/05/1994 ; 299 p. BrochĂ©
Amazon FR
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BNF
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Bernie sur la trace d’un serial killer

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 61 ans) - 20 avril 2018

Dans ce second volet de la Trilogie berlinoise, et alors qu’on pouvait s’attendre Ă  ce que soufflĂ© retombe un peu, j’avoue que le rythme est maintenu et on reste captivĂ©.

On est certes dans un contexte un peu diffĂ©rent et on plonge assez vite dans l’intrigue en accentuant davantage le plan historique.

Notre hĂ©ros, le dĂ©tective privĂ© Bernie Gunther est forcĂ© de rĂ©intĂ©grer la police criminelle afin d’alpaguer un tueur en sĂ©rie, quoi de plus classique dans un polar. Mais est-ce vraiment un tueur isolĂ© ou une affaire d'une toute autre ampleur ?

Le personnage principal, plein d’humour, ironise facilement tant avec ses clients qu’avec ses supĂ©rieurs, et sa franchise laisse perplexe dans le contexte de la chape de plomb qui semblait peser sur l’Allemagne Ă  cette Ă©poque.

On apprend pas mal de choses sur le quotidien des Allemands et l’ambiance qui flottait dans l’air berlinois Ă  la veille de la seconde guerre mondiale. Le pragmatisme et l’hypocrisie du rĂ©gime nazi sont dĂ©crits de façon remarquable.

Si le langage et des expressions qui fleurissent dans ce polar de haut niveau continueront Ă  ravir les lecteurs amateurs du genre et fĂ©rus d’histoire du 20Ăšme siĂšcle, on peut se montrer surpris par le sort des auteurs des crimes. C’est peu orthodoxe, mais en fin de compte assez comprĂ©hensible.

Second épisode de la Trilogie berlinoise

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 69 ans) - 9 juillet 2013

Un apartĂ© tout d’abord ; Ă©tonnant que ce soit un romancier Ă©cossais qui s’empare de cette pĂ©riode de l’Histoire et du lieu, l’Allemagne nazie. Etonnant ? Un peu moins quand on apprend que Philip Kerr, outre qu’il est Ă©cossais est d’abord historien.
Trilogie ? Oui, il y a trois romans (« L’étĂ© de cristal », « La pĂąle figure », « Un requiem allemand ») qui se suivent, chronologiquement en tout cas mĂȘme si des pĂ©riodes sont sautĂ©es, et avec un hĂ©ros rĂ©current : Bernhard GĂŒnther, alias Bernie pour les intimes, une espĂšce de Nestor Burma des annĂ©es 30 – 40, Ă  l’accent totalement germanique !
Nous sommes maintenant en 1938, un petit bond dans le temps aprĂšs le premier Ă©pisode qui se dĂ©roulait en 1936. On ne peut pas dire que les choses s’arrangent pour les Allemands et Bernie en particulier. La chape de plomb ne prend mĂȘme plus la peine de se camoufler. Ca sent clairement le dĂ©but de la fin et la grande habiletĂ© de Philip Kerr c’est de nous suggĂ©rer de nous glisser dans la peau d’un « mĂ©chant », un Allemand rĂ©ticent mais qui rĂ©intĂšgre nĂ©anmoins la Kripo, au moins provisoirement, avec le grade de Kriminalkommissar.

« Parce qu’en plus de la diffĂ©rence de salaire, lui fit remarquer Heydrich, Herr Gunther ne veut pas voir des officiers supĂ©rieurs lui mettre des bĂątons dans les roues. Et il a parfaitement raison. Ce grade lui sera indispensable pour affronter les grincements de dents que suscitera son retour dans les rangs de la Kripo. J’aurais dĂ» y penser moi-mĂȘme. »

A vrai dire il n’a pas eu le choix, Bernie. Et ses qualitĂ©s d’enquĂȘteur reconnues, le GĂ©nĂ©ral Heydrich veut se les rĂ©approprier ; de mystĂ©rieux et rĂ©currents meurtres de vierges teutoniques sont tus Ă  la population mais trop c’est trop et 
 apparemment seul Bernie est considĂ©rĂ© comme le policier compĂ©tent qui pourra 

EnquĂȘte, atmosphĂšre, rien n’est Ă  jeter dans ce second Ă©pisode. Comme dans les autres d’ailleurs !

La révélation

8 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 46 ans) - 27 janvier 2013

DĂšs le dĂ©part, ce deuxiĂšme opus profite du fait que les personnages et l'environnement ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent. Ainsi le polar peut dĂ©marrer rapidement. Le contexte historique joue un rĂŽle encore plus important et on se tĂ©lĂ©porte facilement dans ce passĂ© post-guerre allemand. La tension est omniprĂ©sente dans l'ambiance du pays. Bernie est toujours aussi insolant et rĂ©actionnaire, mais ne peut que s'adapter devant la toute puissance du pouvoir en prĂ©sence. Il tente en permanence de garder son indĂ©pendance mais doit indirectement et irrĂ©mĂ©diablement participer Ă  la montĂ©e du parti nazi vers le sombre destin qu'on lui connait. Ses idĂ©es vont Ă  l'encontre du dĂ©roulement des Ă©vĂšnements, son enquĂȘte et la dĂ©couverte du complot portent un lĂ©gĂšre attaque au systĂšme mais ne reprĂ©sentent qu'un petit caillou dans la grande botte du drame qui est en train de se jouer.
Autant le premier volet m'avait intĂ©ressĂ©, autant le deuxiĂšme m'a passionnĂ© grĂące Ă  sa petite histoire dans la grande Histoire. AprĂšs un ressentiment mitigĂ©, j'ai heureusement trouvĂ© le courage de m'attaquer Ă  cette suite car maintenant je suis impatient de connaĂźtre la fin de cette trilogie et mĂȘme plus car affinitĂ©s.

dans la mĂȘme veine que le premier

8 étoiles

Critique de Soup34 (, Inscrit le 30 septembre 2007, 45 ans) - 12 septembre 2011

On retrouve avec plaisir Bernie alors qu'il est invité et plus ou moins obligé de réintégrer les rangs de la police.
La force de ce roman c'est de montrer la grande histoire par le biais d'une petite.
L'enquĂȘte en elle-mĂȘme est bien et en mĂȘme temps trĂšs reprĂ©sentative de l'Ă©tat d'esprit et de l'ambiance de l'Ă©poque en Allemagne.
Et toujours ce recul et ce cynisme du héros qui voit son pays changer sans jamais se révolter mais en remarquant tous les dérapages.
Un livre passionnant qui me donne plus qu'envie de plonger dans le troisiĂšme tome.

La pĂąle figure

8 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 46 ans) - 6 août 2011

Ce deuxiĂšme tome est aussi intĂ©ressant que le premier. La grosse diffĂ©rence c’est que le personnage principal n'a plus besoin de prĂ©sentation. Cette fois-ci, l'histoire est une enquĂȘte sur des meurtres de jeunes adolescentes. Tout comme le premier tome, l'ambiance est aussi noire et on y dĂ©couvre une Allemagne sur le point d'aller en guerre malgrĂ© la volontĂ© de ses habitants.

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