Pourquoi les poètes n'ont jamais de ticket pour le paradis de Claude Donnay

Pourquoi les poètes n'ont jamais de ticket pour le paradis de Claude Donnay

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 13 août 2022 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 75 ans)
La note : 9 étoiles
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Mythologie poétique d'un monde moderne

Claude, c’est un habitué des mes chroniques, je l’admire, il est devenu un ami, tant comme éditeur pourvu d’une énorme capacité à dénicher les plus fins poètes (j’ai lu et commenté, toujours avec le même enthousiasme, de nombreux recueils qu’il édite dans sa petite mais brillante maison d‘édition, Bleu d’encre) que comme romancier ou poète lui-même. C’est un talent protéiforme de la littérature, il sait tout faire, tout écrire, toujours avec un fin jugement, un style élégant et une délicieuse finesse d’écriture. Dans ce nouveau recueil, il étale largement toutes les qualités que j’ai évoquées ici. Dans des poèmes en vers très libres tutoyant parfois même la prose.

J’ai lu ce recueil comme une odyssée des temps modernes, une odyssée dans laquelle, selon l’auteur de la quatrième de couverture, « Convoquant les puissances de la vie cosmique chère à Kerouac… », il raconte la découverte d’un monde nouveau, un monde dont il voudrait écrire une mythologie épique et poétique tissée avec des mots doux pour dire ce nouvel univers plein de tendresse, d’empathie, d’amour, en communion avec la faune et la flore. Je sais il ne « … / faut pas croire tout ce qu’on écrit / mais peut-être, qui sait, peut-être / écouter les poètes … ». Et peut-être que le poète dans son éblouissant langage nous décrit un monde possible, un monde auquel on pourrait croire. « Un pas, un mot, un pas, deux mots, un pas, ça sent le poème… ». Ca sent la douceur de vivre en harmonie avec les autres et avec la nature.

Mais la poésie c’est aussi la musique et un monde sans musique ne serait pas un monde nouveau, Claude, lui propose des instants musicaux comme, juste pour l’exemple, celui-ci que j’aime beaucoup, beaucoup « quelques mesures de Bohemian Rhapsody / pour allumer un regard à défaut d’un rêve ». Claude, je crois que mon regard à jeter une étincelle en tombant sur ces deux vers.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé ce recueil, il recèle de véritables moments d’enchantement et je rêve de vivre dans le monde de Claude où « C’est beau les étoiles, / ça peuple la nuit, / Mais le soleil, / c’est une présence charnelle, / comme ta langue sur ma peau, / tes mots de chair, qui brûlent et / cautérisent le manque de vide, / tous les vides, / … ».
Un recueil comme un rayon de soleil au matin sur un pré couvert d’une rosée encore fraîche d’une douce nuit de rêve…

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