L'Eau rouge de Jurica Pavicic

L'Eau rouge de Jurica Pavicic
(Crvena voda)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par CC.RIDER, le 28 mai 2024 (Inscrit le 31 octobre 2005, 68 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (41 666ème position).
Visites : 1 353 

L'Arlésienne croate

Le 23 septembre 1989, dans la petite ville de Misto (Croatie), une jeune fille de 17 ans, Silva, disparaît sans laisser la moindre trace. La dernière fois que quelqu’un l’a vue ce fut lors d’une fête de village. Elle dansait avec un jeune homme qui n’était pas son petit ami habituel. Quand elle apprend la disparition de sa fille, Vesna, sa mère est effondrée. Elle reste à pleurer des heures entières dans sa chambre. Yakov, le père et surtout son frère jumeau Mate se lancent à sa recherche. La police est prévenue. Des battues sont organisées dans toute la région. En vain. Tout le monde s’interroge : A-t-elle été kidnappée ? L’a-t-on assassinée ? A-t-elle simplement fait une fugue ? Le fiancé est arrêté puis relâché sans être inquiété. Il a un alibi et a résisté au détecteur de mensonges. La famille couvre la région d’affichettes dans l’espoir que quelqu’un quelque part sait quelque chose. Et voilà qu’une jeune femme nommée Elda déclare l’avoir rencontrée le dimanche suivant alors qu’elle-même achetait un billet au guichet de la gare routière. Ainsi débute une très longue recherche qui durera la bagatelle de 26 longues années.
« L’eau rouge » est un roman policier assez particulier. Il ne se passe pas grand-chose pendant plus des trois quarts du récit d’une recherche aussi décevante qu’interminable qui amènera Mate à aller enquêter à Trieste, Graz, Barcelone, Gênes, Ljubljana et même jusqu’à Göteborg pour rien du tout. Dans cette partie de l’ouvrage, l’auteur semble s’intéresser surtout au délitement de la Yougoslavie après la mort de Tito et la fin du communisme dans les pays de l’Est et à celui de la famille de la disparue (divorces, adultère). Ce n’est que dans les tout derniers chapitres que le lecteur aura droit à la clé de l’énigme avec un double rebondissement pas particulièrement crédible qu’il ne faut bien évidemment pas révéler. Pas de plaisir particulier dans cette lecture un peu laborieuse. Pourtant cet ouvrage sans originalité particulière, sans style flamboyant ni humour ravageur, s’est vu décerner rien moins que cinq prix littéraires, ce qui interroge quand même sur la validité de ces récompenses trompeuses qui n’existent peut-être que pour soutenir le marketing.

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Les éditions

  • L'eau rouge [Texte imprimé] Jurica Pavičić traduit du croate par Olivier Lannuzel
    de Pavicic, Jurica Lannuzel, Olivier (Traducteur)
    Agullo / Agullo noir
    ISBN : 9791095718772 ; 22,00 € ; 11/03/2021 ; 358 p. Broché
  • L'Eau rouge

    Points
    ISBN : 9782757891278 ; 8,90 € ; 09/09/2022 ; 408 p. Poche
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Hybride entre polar et roman

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 69 ans) - 27 avril 2026

L’eau rouge a reçu 5 Prix littéraires ; de Littérature Policière, du Polar européen, notamment. Pour autant il est difficile de considérer L’eau rouge comme un simple polar. On pourrait le considérer comme un roman, un roman qui traite des bouleversements que peut provoquer au sein d’une société donnée la guerre. En l’occurrence la guerre qui fit rage un temps dans les Balkans suite à la chute du « rideau de fer » et au délitement de la Yougoslavie, l’avènement de la Croatie, la Serbie, …
C’est en 1989 que Silva, jeune fille de 17 ans, disparait brutalement après un dernier repas en famille avec père, mère et frère. Nous sommes en Yougoslavie (à l’époque), qui devient rapidement la Croatie, à Misto, au bord de la mer Adriatique, près de Split.

»Et voilà l’instant. Silva est près de la porte, dans sa robe à fleurs, ses baskets aux pieds. Elle se tient debout, comme si elle attendait qu’on l’applaudisse, et prononce trois mots brefs. Elle dit : « J’y vais. »

Et pfuit ! disparue. Sans qu’on sache si elle est partie, volontairement ou non, si elle a été tuée et enterrée quelque part … On imagine le drame que vivent père, mère et frère. C’est certainement insoutenable. Le couple se sépare. La mère ne vit plus une vie normale. Quant à Mate, le frère jumeau, il ne lâchera pas l’affaire et 26 ans durant il poursuivra les recherches, allant jusqu’à sillonner une partie de l’Europe au fil des « informations » qui peuvent lui parvenir et qui l’emmènent sur de fausses pistes successives.
C’est l’occasion pour Jurica Pavicic de nous parler de la Croatie, la Croatie d’avant, du temps de la Yougoslavie, et puis de celle de la guerre et de celle qui naîtra de celle-ci … Ca fait de ce polar autre chose que réellement un polar. Intéressant pour quiconque porte une quelconque attention à une société étrangère telle que la Croate …

Croatie

8 étoiles

Critique de Eoliah (, Inscrite le 27 septembre 2010, 75 ans) - 20 novembre 2024

Dans une petite ville près de Split, en 1989 une jeune fille disparait après une fête locale... des interrogatoires musclés de l'amoureux, du partenaire d'un soir, des fouilles systématiques n'apportent pas de réponse. On découvre une fille fort délurée dont les parents comptable et enseignante ignoraient le comportement. Son frère jumeau n'en connaissait que ses frasques amoureuses Un témoignage réoriente vers un départ volontaire. La solution sera trouvée 25 ans plus tard.
Si l'intrigue n'a rien de d'extraordinaire, le roman nous guide pendant ces 25 ans, sur des épisodes de vie des différents protagonistes et met le doigt sur les ravages du "non-élucidé" sur le tissu relationnel du village, sur les suspects et sur les recherches incessantes des membres de sa famille... sans oublier la guerre qui change les priorités d'une administration complètement remaniée.
Un polar un peu (trop) long, des noms difficiles à mémoriser, des trajets dans Split plus appréciables si on connait la ville... mais très intéressant en terme crimino-psycho-sociologique; également intéressant le vécu de la guerre par les Croates.

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