Femme d'eau et d'étoiles de Parme Ceriset

Femme d'eau et d'étoiles de Parme Ceriset

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 13 décembre 2021 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 77 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 421ème position).
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Aimer pour vivre

Parme la couleur éponyme dont elle aime à parer les cieux et les ondes, a connu la maladie, la souffrance et la douleur, elle a hanté les frontières de la vie aux confins de la mort, là où le héros de « Les feux » de Ooka a erré de longues journées pendant l’abominable guerre du Pacifique. Parme a vécu sous oxygène avant de subir une greffe salvatrice qui lui a redonné son soufflé originel. Ce long recueil de poésie est un véritable témoignage de son combat contre la maladie et de sa lutte pour la rédemption.

« Je ne vais pas te mentir. / La mort, je l’ai rencontrée. / Elle a un goût acre. Elle a le goût du sang. / Alors efforce toi de l’oublier / … »

Elle raconte son amour sous l’emprise de la maladie quand elle avait recours à des apports extérieurs d’oxygène

« … / nous nous aimions aux feux de l’aube / dans les pétales neufs des roses / qui annonçaient ma renaissance / comme des oracles hésitants, nous nous aimions sous oxygène / et le tuyaux de plastique / reliaient nos âmes d’anges, … »

Déjà elle avait foi en la vie, en l’amour, mais aussi en les vers, en les mots, en les couleurs, en les images, en la nature dans toutes ses formes et apparences, en tout ce qui enrichissait ses poèmes, en tout ce qui consolidait son énorme envie de vivre pour aimer et d’aimer pour vivre. Ces poèmes sont ses armes pour conduire sa lutte par l’amour, en amour, avec l’amour, contre cette cruelle compagne qui l’accompagne jusqu’aux creux de son être d’où elle doit l’extirper avec des tuyaux de plastique.

Ce recueil qui se lit avec les tripes et le cœur, est un acte d’amour, de foi et d’espérance que Parme exprime avec force sensibilité et sensualité dans ses vers :

« j’ai regardé le Destin / aux yeux injectés de non-sens / et je lui ai dit « A plus tard », et j’ai retrouvé l’océan ».
« …/ je humais pleinement / les charmes de l’aurore, / je nous croyais unis / devant la Voie lactée, / nous savourions la vie / et nous défions la mort, / ami te souviens-tu / de notre éternité ? ».

Parme, elle est eau, elle est ciel, elle est paysage, elle est flore, …, elle est courage, elle est résilience, elle est émotion, elle est sensibilité, elle est sensualité, elle est la vie, elle est l’amour qui la sauvera. Elle snobe la maladie, la combat, l’ignore, la rejette, la repousse loin … « J’ai un compte à régler avec la vie », « J’ai encore foi en la vie, en l’espoir, et en moi ».

Avant de te laisser la conclusion, Parme, je voudrais te remercier, en même temps que le préfacier Patrick Devaux, de ce clin délicat d’œil adressé à mon pays en évoquant la Vouivre et l’absinthe
Conclusion qui tiendra dans ce magnifique acte de foi en la vie et en l’amour : « Je suis une femme / née sous le signe d’une différence / une fleur parme dont la seule arme / est la passion de vivre … ».

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Quelques cuillères de ténèbres et quelques pincées d’étoiles

8 étoiles

Critique de Kinbote (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 65 ans) - 15 février 2022

Voici une poésie ardente, charnelle, d’aube et de lumière, une poésie lumineuse qui prend sa source dans l’obscur de la terre, marquée du sceau de la souffrance comme de celui du « suprême éveil » aux merveilles du monde !

Une « poésie d’éclats lumineux orbitant autour d’un trou noir », comme l’écrit justement Patrick Devaux dans sa préface.

Sur chacun des 122 textes que contient ce recueil de Parme CERISET, on prend un shot de lyrisme, étant entendu que cette exacerbation des sensations et sentiments vise à l’union de l’ombre et de la lumière, du bien et du mal, de « la pureté des étoiles » avec « les cieux noirs », de l’« étoile de feu » avec le « volcan fauve », des « abysses d’outre-monde » avec la « comète d’azur »… Si cette poésie tend à la fusion des contraires, elle met surtout en oeuvre la mécanique des métamorphoses.

« Nous cueillerons les ténèbres, nous en ferons des bouquets de lumière. »

Car c’est une poésie qui combine les quatre éléments de l’imagination matérielle chère à Gaston Bachelard : l’eau (qui noie comme celle qui permet un « bain de renaissance »), la terre (d’où surgir et où reprendre pied), l’air (pour respirer et prendre de la hauteur), le feu (pour se purifier, pour éclairer les nuits).

Sortie des pesanteurs et scléroses de la Terre, toutefois nourricière (« Je me sens de la Terre / et infiniment la femme »), le moi poétique accède à la fluidité de l’eau, à l’élasticité de l’air, à la liberté de la flamme.

Si la vague a vocation d’emporter ce qui est du ressort de l’enfance, l’écume, elle, recueille le « bouillonnement immaculé de nos âmes » ; c’est la mémoire des flots.

C’est un ciel d’ « étoiles blessées » que Parme Ceriset rejoint, « quitte à brûler ce qu’il (lui] reste d’ailes ». Mais ne s’agit-il pas de s’arracher à l’enfer en tirant le fil de l’espoir ?

Dans la notice biobliographique, on apprend que l’écrivaine a subi un grave problème de santé accompagné d’un lourd traitement.

Mais il ne faudrait certainement pas considérer ce recueil à la seule lumière de cette réalité même si rien n’empêche de lire ce livre enthousiaste, résolument tourné vers l’avenir, comme une ode à la vie retrouvée.

" Je reviens du néant

et ma peau se teinte de vie,

de cette eau de capillaires roses

qui irrigue à nouveau mes joues,

si le souffle du jour a choisi

de me ramener à la nuit,

c’est que l’étoile du hasard

a brillé sur mon corps sourd. "

Dans "L’absolu de l’art", elle donne une double condition contrastée au bonheur, à l’image de ses poèmes.

" Il faut à notre bonheur

quelques cuillères de ténèbres

et quelques pincées d’étoiles. "

De quoi savourer l’existence, de tous nos sens.

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