Rose, marie, Madeleine et moi de Claude Donnay

Rose, marie, Madeleine et moi de Claude Donnay

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Débézed, le 13 mai 2021 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 74 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 032ème position).
Visites : 285 

Marie Madeleine

Rose c’est la maman de l’auteur qui raconte son histoire, comment il devenu muet après le décès brutal de sa mère à un âge où les mamans ne devraient pas mourir. Marie, c’est la Vierge Marie celle qu’on célèbre le 15 août, le jour où Rose a été frappée d’un accident vasculaire cérébral, celle qui n’a pas veillé sur la maman de l’enfant si dévasté qu’il en a perdu la parole. Madeleine, c’est la cliente qui apporte une montre à l’enfant devenu adulte et expert en horlogerie mécanique, pour la réparer, c’est la fille qui a séduit le jeune homme et s’est mise en ménage avec lui.

Cette histoire, c’est une histoire triste mais une histoire pleine de tendresse et d‘émotion, l’histoire d’un enfant qui n’a jamais pu admettre le décès brutal de sa mère et qui, toute sa vie, en a voulu à celle qui devait la protéger de ses pouvoirs divins. La haine qu’il développe alors est si violente qu’elle provoque une véritable fureur iconoclaste l’incitant à détruire toutes les statues de la Vierge qu’’il rencontre et à détester toutes celles qui portent le nom de Marie. Mais, tout le monde n’a pas pour prénom usuel le premier affiché à l’état civil…

Claude c’est un auteur d’une grande sensibilité qui écrit tout aussi bien des vers, des romans que des nouvelles comme celle-ci. C’est aussi un excellent dénicheur de talents littéraires, il découvre régulièrement d’excellentes et excellents poètes, j’en ai déjà lu un certain nombre, je peux en témoigner.

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Blessures mariales

8 étoiles

Critique de Kinbote (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 62 ans) - 14 juin 2021

Le narrateur de cette nouvelle ne parle plus depuis le décès de sa mère survenu quand il avait dix ans. Perte dont il n’a jamais fait le deuil. Il en veut à la Vierge Marie qui « n’a pas levé le petit doigt pour empêcher la mort de sa mère » pour une autre Marie, qui était croyante. Depuis, il a, pour le moins, pris en aversion les statues de la Vierge.

Il parle néanmoins aux montres dont il répare le mécanisme grippé ou encrassé. Sur son lieu de travail, il rencontre, sans échanger avec elle une parole claire, l’autre femme de sa vie, une prénommée Madeleine, avec laquelle il se… marie. Madeleine est croyante elle aussi et se lie avec sa tante Léo. Elles prévoient, avec le narrateur et son père, un voyage à Lourdes qui comprendra la visite de l’inévitable grotte de la Vierge, lourde de sous-entendus. Là, il fera une découverte d’autant plus surprenante qu’elle va remuer des douleurs non cicatrisées.

Quant à Rose, il vous faudra lire le récit pour savoir quel va être son rôle…

Derrière le fil de l’intrigue, Claude Donnay interroge la fonction du langage et l’enracinement, toujours bien présent, des prénoms dans un fonds religieux (ou floral), donc irrationnel, et son retour inopiné à la faveur de circonstances particulières. Et quand l’inconscient collectif ou personnel refoule, cela peut avoir des conséquences funestes sur des individus qui n’ont pas pris la mesure de cette réalité. Quand on joue sur les prénoms, on atteint au plus intime des êtres, cela devient une question de vie ou de mort, nous dit à sa manière Claude Donnay, poète, romancier et éditeur.

Ce texte aussi réjouissant que bien conduit est paru dans l’allègre collection des Opuscules des Editions Lamiroy.

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