Le voyage de Nerval de Denis Langlois

Le voyage de Nerval de Denis Langlois

Catégorie(s) : Littérature => Moyen Orient

Critiqué par L. Breuil, le 18 avril 2021 (Inscrite le 25 janvier 2012, 53 ans)
La note : 9 étoiles
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Nerval toujours vivant

Gérard de Nerval fou ? Peut-être pas. Dans le "Le Voyage de Nerval" , Denis Langlois explique que Nerval, lors d'un séjour au Liban en 1843, a été profondément marqué par la religion druze qui s'appuie sur la transmigration des âmes. Quand quelqu'un meurt, son âme se retrouve dans le corps de quelqu'un qui vient au monde. Loin de mourir, Nerval en se suicidant n'a-t-il pas voulu renaître ?
C'est la question que l'on se pose en refermant le livre. Ce qui est sûr, c'est que Nerval est toujours vivant dans nos esprits. L'incendie de Notre-Dame lui a curieusement redonné une certaine notoriété, car il avait écrit un poème prémonitoire qui annonçait la destruction de la cathédrale.
Je m'intéresse au Liban et, en 2012, sur "Critiques libres", j'avais chroniqué "Le Déplacé", un premier livre de Denis Langlois ayant pour cadre le Liban et plus spécialement les montagnes du Chouf, le pays des Druzes. Je ne dirai pas que "Le Voyage de Nerval" qui concerne lui aussi le Liban et le Chouf est une suite, même si Nerval peut être qualifié de déplacé dans sa propre vie. Mais c'est sûrement un complément. En tout cas un livre étrange, dérangeant même, qui ne nous laisse pas indemne. Il réinterprète le vie et la mort de Nerval, et un peu bien sûr notre propre existence.
Mais laissons l'éditeur, La Déviation (autre appellation significative) nous présenter le livre :

Gérard de Nerval plus proche que jamais. Denis Langlois lit et relit son Voyage en Orient, en s’adressant directement au poète. Ils ont en commun l’écriture, mais aussi le Liban.
« Tu te trompes, Nerval. On ne se remet jamais d’un voyage en Orient et encore moins d’une plongée dans la religion druze. » Entre collègues le tutoiement est de rigueur, la franchise aussi. Langlois parle boulot, inspiration, écriture, édition. Vis-à-vis de Nerval il est tour à tour fraternel, critique et admiratif. Un « petit écrivain », comme il se qualifie, s’adresse à un grand.
Le livre n’est donc pas écrit à la troisième personne mais à la seconde et à la première : Tu et Je. Passé et présent se répondent. Nerval est à la fois inscrit dans son époque et dans la postérité. L’auteur de Sylvie et de El Desdichado n’a jamais été aussi proche. On partage ses succès littéraires mais aussi ses amours impossibles, ses visions, ses angoisses. Il y a enfin sa mort étrange pour laquelle Langlois propose une nouvelle perspective.
Au centre du livre, le voyage en Orient. Celui qu’a réellement accompli Nerval en 1843, puis le livre qui en est issu. Quelle est la place de la réalité en littérature ?
Denis Langlois a vécu au Liban. Il en a lui aussi rapporté un livre, Le Déplacé, saisissant récit sur les séquelles de la guerre. Il a, comme Nerval, arpenté les montagnes du Chouf, le foyer de la religion druze. C’est une religion fermée mais, par le détour de la franc-maçonnerie à laquelle il est déjà initié, Nerval se considère comme druze lui-même.
Peut-être une nouvelle clé pour comprendre son œuvre et sa vie.

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