Le concile de Jérusalem, Le frère du fils prodigue, L'ange Gabriel de Armel Job

Le concile de Jérusalem, Le frère du fils prodigue, L'ange Gabriel de Armel Job

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Théâtre

Critiqué par Catinus, le 18 octobre 2019 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 71 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 824ème position).
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Loin d'être rébarbatif

Nous sommes à Jérusalem vers l’an 50. Paul revient de Grèce où il enseigne la Bonne Parole. Il a été convoqué par Pierre et Jacques pour faire le point. Or, cela fait déjà un bon bout de temps qu’il y a de l’eau dans le gaz entre eux trois. Paul veut convertir tous les païens, les deux autres apôtres soutiennent qu’il faut d’abord devenir Juif (dont le passage par la circoncision) avec de devenir chrétien. Il va donc falloir mettre l’église au milieu du village. Avec leurs fichus caractères, ces trois-là vont se rentrer dans les plumes (et ce ne sont pas celles d’anges), une vraie bataille de coqs et d’égo. Marie tentera de temporiser mais les oreilles se bouchent.

Le thème est on ne peut plus sérieux mais la forme est très comique. On s’amuse beaucoup dans cette pièce d’Armel Job.
Le livre continue par l’histoire du fils prodigue, un peu romancée (quoique) et «L’Ange Gabriel » qui vous dit tout sur Dieu, dont sa solitude et sa création.

Extraits :

* Paul (impressionné)
Est-ce alors qu’il a dit que le pain que vous mangez était son propre corps, et le vin, son sang ?
Pierre
… Hein ? (Se secouant) Oui, façon de parler. Il se rendait bien compte qu’il était au bout de l’aventure, qu’il n’en sortirait pas vivant. (…) Quand il a rompu le pain azyme pour nous distribuer les morceaux, il a dit songeusement : ‘’Voici ce qu’il en sera bientôt de mon corps ». On était soufflés, tu penses bien, on n’avait plus la force de protester, on tenait notre quignon en main sans oser y toucher, et tout à coup, il a ajouté, comme sous le coup d’une brusque inspiration : « Oui, c’est mon corps, mangez-le ! »(…) (à la fin, il a ajouté) « Après, vous ferez entre vous ce que nous avons fait ce soir. Pour vous souvenir de moi, pour ne pas m’oublier. »

* Pierre n’est pas forcément vieux, mais il semble usé. Il marche avec une canne. Il n’a pas l’accent caricatural que Paul a affecté quand il l’a imité mais un accent régional, un peu comme le wallon, par exemple.

* Marie s’adressant à Paul :
Bien, bien … Ne parle à personne de notre rencontre. Je te laisse. Je ne faisais qu’une apparition.

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Les éditions

  • Le concile de Jérusalem, Le frère du fils prodigue, L'ange Gabriel
    de Job, Armel
    Fidélité
    ISBN : 9782873567989 ; EUR 19,50 ; 29/06/2018 ; 199 p. ; Broché
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Déclinaisons d’épisodes bibliques

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 57 ans) - 20 février 2022

Le talent d’Armel Job s’est mis au service de trois exercices évoquant des suites apocryphes d’une part la rencontre entre Pierre et Paul, d’autre part une suite possible à la parabole du fils prodigue et enfin des réflexions de l’Ange Gabriel, présent dans les trois grandes religions monothéistes.

Utilisant la forme de pièces de théâtre, on se délecte de ces histoires, même si la dernière m’a laissé plus perplexe ; le monologue de l’Ange étant hésitant entre le ton humoristique ou dramatique.

Si la première histoire résume parfaitement ce que fut le débat entre la vocation universelle du Christianisme voulue par Paul ou son rôle réformateur du Judaïsme, et donc limité à la communauté juive, prônée par Pierre et Jacques.
On sait ce qu’il est advenu, mais les dialogues entre les deux courants sont particulièrement instructifs et très bien vulgarisés dans cette rencontre qui a été évoquée dans des écrits (Lettres de Saint-Paul et Les Actes des Apôtres). Le lecteur appréciera les dialogues entre les protagonistes où on découvre les caractères et les arguments supposés des fondateurs de la religion chrétienne.

La deuxième fait référence à une parabole, et donc nullement à un quelconque fait historique. Il s’agit de lancer un débat entre la miséricorde ou la justice, deux valeurs qui semblent clairement s’opposer. L’auteur met ici en scène le père, le fils prodigue, son aîné et enfin une servante qui joue le rôle de modératrice.

Je ne reviens pas sur la troisième partie plus floue quant au message qu’elle veut faire passer.

En refermant ce livre, je ne peux ne pas penser au roman d’Eric-Emmanuel Schmitt, « L’Evangile selon Pilate », ou « Soif » d’Amélie Nothomb qui à leur manière ont aussi brillamment donné un regard personnel au Nouveau Testament.

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