Les concombres n'ont jamais lu Nietzsche de Serge Basso de March, Fred Le Thouron (Dessin)

Les concombres n'ont jamais lu Nietzsche de Serge Basso de March, Fred Le Thouron (Dessin)

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 20 juin 2017 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 837 

Les mots qui boitent

« Aphorismes bancals,
Proverbes bancroches
Et petites phrases décalées »

Le sous-titre de ce recueil insinuant que tout est plus ou moins boiteux dans ce texte, peut paraître péjoratif mais, à mon avis, il signifie plutôt qu’avec de belles phrases, de belles expressions, de beaux proverbes, l’auteur a réussi à faire des phrases qui ne veulent plus du tout dire ce que l’auteur original avait voulu faire dire à ses mots. Ce sous-titre éloquent conduit directement à l’avant-propos d’Alain Dantinne qui le complète un peu radicalement : « Qui connaît Serge Basso sait qu’il a la détente rapide, il vous zigouille une idée généreuse en trois bons mots bien frappés ! ». « C’est un déviant textuel, un faussaire sous ses faux airs de Napolitain… »

Ainsi averti le lecteur ne pourra que constater les dégâts commis par ce démolisseurs de belles phrases, ce détourneur de bons mots, ce copiste pervers, ce « caviardeurs » de sentences moralisatrices …. et apprécier la finesse de son esprit :

« Pour Yseult l’amour était attristant. »

L’étendue de sa culture :

« J’ai connu une Hélène qui aimait Paris sans que ça déclenche une guerre à Troyes. »

L’habilité de ses détournements :

« Renoncer aux pompes de Satan, ça ne veut pas dire chausser les mules du Pape. »
« Quand les cyprès sont loin, les distances sont faussées. »

La noirceur se son humour :

« La guillotine travail au coup par cou. »

Sans oublier ses piques acérées :

« Depuis que j’ai une cirrhose de la foi, j’ai arrêté le vin de messe. »
« Aux religions du livre je préfère la religion des livres. »

Mais que serait ce recueil sans la contribution du désopilant et néanmoins célèbre dessinateur Lefred Thouron qui complète magnifiquement les saillies de l’auteur qui avec toute sa modestie avoue : « Le faiseur d’aphorismes n’est, devant les hommes, qu’un pêcheur en mots troubles ». Mais, je vous l’assure la friture est bonne à déguster sans attendre l’inutile après-face de Claude Frisoni !

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