L'Assommoir de Émile Zola

L'Assommoir de Émile Zola

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Francophone

Critiqué par Jules, le 4 fĂ©vrier 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 dĂ©cembre 2000, 81 ans)
Critiqué par Jules, le 4 fĂ©vrier 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 dĂ©cembre 2000, 81 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 Ă©toiles (basée sur 32 avis)
Cote pondérée : 9 Ă©toiles (23ème position).
Discussion(s) : 4 (Voir »)
Visites : 46 253  (depuis Novembre 2007)

Un grand livre

Oubliez quelques minutes que vous avez peut-ĂȘtre dĂ» plancher sur ce livre au LycĂ©e
 Aujourd'hui, plus de professeur, plus d'interrogation, plus d'angoisse Ă  devoir lire un bouquin rasoir, parce qu’exigĂ©.
Plus rien que Zola, vous et " L’Assommoir ". C'est-Ă -dire, enfin le vrai plaisir de lire un trĂšs grand livre sans arriĂšre-pensĂ©e ! Car Zola est vraiment un trĂšs grand Ă©crivain et " L'Assommoir " un excellent livre.
Nous sommes au Second Empire, les campagnes se vident et Paris se remplit. Gervaise n’a que vingt-deux ans, elle a deux enfants avec Lantier, boĂźte un peu de la jambe droite, mais est quand mĂȘme toujours assez jolie et fraĂźche. Ils habitent dans une seule piĂšce pour eux quatre. Lantier est un paresseux qui rĂȘve de fortune mais n'envisage pas de travailler beaucoup. Alors, il envoie sa femme mettre ses vĂȘtements au Mont de PiĂ©tĂ©. Un matin, alors qu’elle est partie au lavoir, il en profite, aprĂšs une scĂšne, pour faire sa malle et se tirer.
La bagarre au lavoir entre Gervaise et la soeur de la maĂźtresse de Lantier !. Un grand morceau d'Ă©criture !
 Et voilĂ  Gervaise seule, abandonnĂ©e avec ses deux enfants et pas un sou. Heureusement, il y a Coupeau qui l'avait dĂ©jĂ  remarquĂ©e et tourne autour d'elle. Il est ouvrier zingueur et pas flemmard comme Lantier. Il a un logement dĂ©cent et des Ă©conomies. Ils ne tardent pas Ă  s'installer ensemble et Coupeau ne manque pas de travail dans ce Paris qu'Haussmann reconstruit de partout. Sa mĂšre Ă  lui vit aussi avec eux. Tout va enfin bien pour Gervaise et ils se marient. Elle sera vite enceinte et accouchera d'une petite fille qu'on appellera Nana. Vingt ans plus tard, ce sera elle l’hĂ©roĂŻne du livre qui porte son nom. Pour l'instant, la petite grandit et, un jour que Gervaise porte le casse-croĂ»te de Coupeau, distrait, il dĂ©gringole de la toiture sur laquelle il travaille. Il ne se tue pas, mais ne saura plus travailler comme avant. La lente descente dans l’alcool, dans l'enfer, va dĂ©buter pour lui et pour Gervaise.
Zola nous livre ici un portrait de la classe ouvriĂšre d'un incroyable rĂ©alisme. Son but n'est vraiment pas de faire croire que les ouvriers sont des dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ou des faibles. Les vrais responsables de la situation sont les conditions de vie qui leur sont imposĂ©es. Le problĂšme est dans ces villes oĂč l'homme perd son Ăąme dans le travail et la misĂšre, entassĂ© dans des logements insalubres et minuscules. L'alcool est l’échappatoire facile et les entraĂźne vers un engrenage dont ils ne sont pas conscients. Mais une fois qu’il les tient !.
L'Ă©criture de Zola est des plus vivantes, prĂ©cise. Lorsqu'il dĂ©crit Coupeau, enfermĂ© dans une cage et dansant comme un fou pour Ă©viter les rats qu’il voit courir partout autour de lui, c’est hallucinant !
 Cette crise de delirium tremens est rendue avec la mĂȘme vivacitĂ© de langage que ne l’aurait fait mon ami Louis Ferdinand (CĂ©line). On s'y voit, on le voit, sur grand Ă©cran, gesticulant, hurlant, possĂ©dĂ©, totalement dĂ©glinguĂ© !
Un trÚs grand écrivain, un trÚs grand livre. Zola échappe au temps et aux modes.

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Les éditions

L'Assommoir [Texte imprimĂ©] Émile Zola [prĂ©face d'Armand Lanoux]
de Zola, Émile Lanoux, Armand (Autre)
le Livre de poche / Le Livre de poche
ISBN : 9782253002857 ; 4,00 € ; 07/12/1971 ; 566 p. Poche
L'Assommoir
de Zola, Émile ThĂ©renty, Marie-Ève (Commentaires)
Hachette
ISBN : 9782012814134 ; 1,35 € ; 04/03/2009 ; 495 p. BrochĂ©
L'assommoir [Texte imprimĂ©] Émile Zola prĂ©f. de Jean-Louis Bory Ă©d. Ă©tablie et annotĂ©e par Henri Mitterand,...
de Zola, Émile Bory, Jean-Louis (PrĂ©facier) Mitterand, Henri (Editeur scientifique)
Folio / Collection Folio
ISBN : 9782070411436 ; 1,00 € ; 01/01/1977 ; 561 p. Poche
L'assommoir [Texte imprimé] Zola chronologie, présentation, notes, dossier, bibliographie, lexique par Chantal Pierre-Gnassounou
de Zola, Émile Pierre-Gnassounou, Chantal (Editeur scientifique)
Flammarion / G.F..
ISBN : 9782081217706 ; 3,80 € ; 25/08/2008 ; 576 p. Poche
L'Assommoir
de Zola, Émile Gengembre, GĂ©rard (PrĂ©facier)
Pocket
ISBN : 9782266205146 ; 3,90 € ; 31/03/2010 ; 592 p. Poche
L'assommoir [Texte imprimé], roman Zola éd. présentée, annotée et commentée par Gilles Guilleron,...
de Zola, Émile Guilleron, Gilles (Editeur scientifique)
Larousse / Petits classiques Larousse.
ISBN : 9782035881335 ; 4,10 € ; 01/09/2001 ; 576 p. BrochĂ©
L'assommoir [Texte imprimĂ©] Émile Zola prĂ©f. et comment. de GĂ©rard Gengembre
de Zola, Émile Gengembre, GĂ©rard (Editeur scientifique)
Pocket / Presses pocket (Paris).
ISBN : 9782266082631 ; 1,00 € ; 31/07/1993 ; 567 p. Poche
L'assommoir [Texte imprimé], roman Zola édition présentée, annotée et commentée par Gilles Guilleron,...
de Zola, Émile Guilleron, Gilles (Editeur scientifique)
Larousse / Petits classiques Larousse.
ISBN : 9782035842794 ; 5,10 € ; 09/07/2008 ; 576 p. BrochĂ©
L'Assommoir
de Zola, Émile
Saga Egmont French
ISBN : 9788726726695 ; 02/03/2021 ; 493 p. Ebook
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Jusqu'au bout de la déchéance

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 66 ans) - 6 septembre 2021

L’assommoir Ă©tait un dĂ©bit de boissons proche de la rue de la Goutte d'or. On y distillait un alcool de mĂ©diocre qualitĂ© mais qui Ă©tait d'une trĂšs forte teneur en alcool. Repaire des ivrognes du dernier stade avant l'asile, l'ivresse y Ă©tait garantie et mauvaise.
L’Ɠuvre la plus noire de Zola. Une dĂ©sespĂ©rance complĂšte. Les 100 derniĂšres pages sont une souffrance sans issue. Un livre choc.



Les personnages principaux

GERVAISE MACQUART
A elle seule, elle rĂ©sume toute l'histoire. DĂ©part la dĂ©chĂ©ance et arrivĂ©e perdante en tout et au mĂȘme rĂ©sultat.

Seconde Fille d’Antoine Macquart et de JosĂ©phine Gavaudan. SƓur de Lisa et de Jean. MĂšre de Claude, Jacques, Étienne Lantier et d’Anna Coupeau. NĂ©e Ă  Plassans en 1828, conçue dans l’ivresse, Gervaise a la cuisse droite dĂ©viĂ©e et amaigrie, reproduction hĂ©rĂ©ditaire des brutalitĂ©s paternelles. ChĂ©tive, toute pĂąle, elle est mise au rĂ©gime de l’anisette par sa mĂšre, qui adore cette liqueur. Devenue grande fille, elle est restĂ©e chĂ©tive, fluette, avec une dĂ©licieuse tĂȘte de poupĂ©e, une petite face ronde et blĂȘme d’une exquise dĂ©licatesse. Son infirmitĂ© est presque une grĂące, sa taille flĂ©chit doucement Ă  chaque pas, dans une sorte de balancement cadencĂ©. Des huit ans, elle gagnait dix sous par jour en cassant des amandes chez un nĂ©gociant voisin ; entrĂ©e ensuite en apprentissage chez une blanchisseuse, elle reçoit comme ouvriĂšre deux francs par jour ; tout son argent passe dans la poche de son pĂšre, qui godaille au dehors. À quatorze ans, Gervaise a de son amant, l’ouvrier tanneur Lantier, un premier fils, Claude, puis deux autres, qui sont recueillis par leur grand mĂšre paternelle, sans que Macquart consente Ă  faire une dĂ©marche qui rĂ©glerait la situation et le priverait du salaire de sa fille. Celle-ci vit ainsi, exploitĂ©e par son pĂšre, engrossĂ©e par son amant, s’habituant Ă  boire avec sa mĂšre des verres de liqueur qui la soĂ»lent Ă  petites doses. Au dĂ©but de 1851, madame Lantier et JosĂ©phine Macquart Ă©tant mortes, Lantier retire Gervaise des mains de son pĂšre et l’emmĂšne Ă  Paris avec deux des enfants.
Au bout de deux mois et demi, Lantier a mangĂ© le petit hĂ©ritage maternel, il abandonne Gervaise et les enfants dans une misĂ©rable chambre de l’hĂŽtel BoncƓur, boulevard de la Chapelle. JetĂ©e ainsi sur le pavĂ© de Paris, Gervaise est entrĂ©e comme ouvriĂšre chez madame Fauconnier, blanchisseuse, rue Neuve de la Goutte-d’Or. À vingt-deux ans, elle est grande, un peu mince, avec des traits fins, dĂ©jĂ  tirĂ©s par les rudesses de sa vie. Elle ne boit plus de liqueurs comme Ă  Plassans, ayant failli en mourir un jour, ce qui l’a dĂ©goĂ»tĂ©e des alcools. Son seul dĂ©faut est d’ĂȘtre trĂšs sensible, d’aimer tout le monde, de se passionner pour des personnes qui lui font ensuite mille misĂšres. Elle ressemble Ă  sa mĂšre par sa rage de s’attacher aux gens.

Son idĂ©al est modeste : travailler, manger du pain, avoir un trou Ă  soi, Ă©lever ses enfants, mourir dans son lit. Mais elle n’a pas de volontĂ©, se laissant aller oĂč on la pousse, par crainte de causer de la peine Ă  quelqu’un. C’est ainsi que, sept semaines aprĂšs le dĂ©part de Lantier, elle consent Ă  Ă©pouser Coupeau, malgrĂ© des peurs irraisonnĂ©es, de noirs pressentiments, l’hostilitĂ© Ă©vidente des Lorilleux devant qui le zingueur est si petit garçon.

MariĂ©e, Gervaise travaille avec l’ardent dĂ©sir de satisfaire son idĂ©al. Elle fait des journĂ©es de douze heures chez madame Fauconnier, le mĂ©nage se met dans ses meubles et s’installe rue Neuve de la Goutte-d’Or, sur le palier des Goujet. La petite Anna vient au monde dĂšs la premiĂšre annĂ©e, Claude est parti au collĂšge, les autres enfants poussent, on a pu Ă©conomiser six cents francs en quatre annĂ©es laborieuses, Gervaise va s’établir, lorsque Coupeau se casse une jambe en travaillant et reste Ă©tendu, puis en convalescence, pendant quatre mois. Les Ă©conomies sont mangĂ©es, Coupeau a perdu le goĂ»t du travail et commence une existence d’ivrogne qui le mĂšnera peu Ă  peu au dĂ©lire alcoolique.

Gervaise, Ă©tablie dans une boutique de la maison des Lorilleux, grĂące Ă  un prĂȘt de cinq cents francs du forgeron Goujet, qui l’aime comme une sainte Vierge, s’est remise bravement Ă  la besogne, Ă©prouvant des joies d’enfant devant son rĂȘve rĂ©alisĂ© ; mais elle s’attriste de l’inconduite de Coupeau, ne voulant pourtant pas qu’on la plaigne, excusant son mari, le dĂ©shabillant maternellement lorsqu’il rentre ivre. Cette existence l’aveulit, elle cĂšde Ă  tous les petits abandons de son embonpoint naissant ; l’oisivetĂ© et les dĂ©sordres de l’homme commencent Ă  porter leur fruit, la gĂȘne arrive. D’abord, Gervaise avait rendu vingt francs par mois aux Goujet, elle ne donne plus d’argent et mĂȘme contracte de nouveaux emprunts, elle fait des billets. Lantier a reparu, ramenĂ© par la grande Virginie qui, fessĂ©e, autrefois en plein lavoir, a gardĂ© contre la blanchisseuse une sourde rancune.

Et c’est alors la lente dĂ©chĂ©ance de Gervaise qui dĂ©sespĂšre d’ĂȘtre jamais heureuse, placĂ©e entre un mari indigne qui maintenant la dĂ©goĂ»te et un ancien amant qui veut la reprendre. Elle a essayĂ© un instant de se rĂ©fugier dans le pur amour de Goujet, mais sans force pour rĂ©sister Ă  Lantier, elle finit par succomber, presque sous les yeux de la petite Anna. Et le quartier sait l’histoire, grĂące aux racontars de maman Coupeau. Gervaise a perdu tout respect d’elle-mĂȘme, elle vit tranquillement ou milieu de l’indignation publique, ses paresses l’amollissent, elle passe dans le lit de Lantier chaque fois que Coupeau rentre ivre ou qu’il ronfle trop fort, elle se dĂ©sintĂ©resse du travail, les pratiques s’en vont une Ă  une, elle doit renvoyer sa derniĂšre ouvriĂšre et ne garder que l’apprentie Augustine, la saletĂ© pĂ©nĂštre dans la boutique, les dettes croissent, tout va au Mont-de-PiĂ©tĂ© de la rue Polonceau. AprĂšs une courte rĂ©volte, Gervaise finit toujours par trouver sa position naturelle, elle n’a de colĂšre contre personne, sauf peut-ĂȘtre contre madame Lorilleux qui l’a ridiculisĂ©e sous le nom de la Banban et dont elle se venge en l’appelant Queue-de-Vache. À bout de ressources, elle se dĂ©cide Ă  cĂ©der sa boutique Ă  la grande Virginie, qui va enfin pouvoir l’écraser. Et alors, c’est l’enfer dans une petite chambre du sixiĂšme.

Gervaise s’est mise Ă  boire ; acceptĂ©e comme ouvriĂšre par son ancienne patronne, elle gĂąte tellement l’ouvrage qu’on la classe au rang de simple laveuse. Lors de la fuite de Nana, elle reste grise pendant trois jours ; devenue Ă©norme, elle lave une fois par semaine le parquet chez Virginie, dont les rapports avec Lantier la laissent indiffĂ©rente. On ne veut plus d’elle nulle part ; elle dort sur la paille et en arrive Ă  chercher sa vie dans les tas d’ordures. Enfin, aprĂšs la mort de Coupeau Ă  Sainte-Anne, Gervaise succombe Ă  son tour ; elle meurt de misĂšre et va ĂȘtre emportĂ©e par Bazouge, le vieux croque-mort dont elle avait si peur autrefois.

AUGUSTE LANTIER
NĂ© en 1824. Ouvrier tanneur Ă  Plassans. Devient Ă  dix-huit ans l’amant de Gervaise Macquart et a d’elle trois enfants, Claude, Jacques, Étienne, qui sont recueillis par madame Lantier mĂšre.
Beau parleur qui s'écoute et change de discours au gré de ses lubies, Lantier est un profiteur sans remord. Tout doit lui profiter sans le moindre effort et il parvient à trouver justification de sa conduite à chaque degré de son ignominie.

COUPEAU
NĂ© en 1824 Ă  Paris, 22, rue de la Goutte-d’Or. Fils de maman Coupeau, frĂšre de madame Lerat et de madame Lorilleux. Mari de Gervaise Macquart. PĂšre d’Anna Coupeau, dite Nana. Ouvrier zingueur. À vingt-six ans, c’est un garçon trĂšs propre, Ă  la mĂąchoire infĂ©rieure saillante, au nez lĂ©gĂšrement Ă©crasĂ©, il a de beaux yeux marrons, la face d’un chien joyeux et bon enfant. Sa grosse chevelure frisĂ©e se tient tout debout. De caractĂšre faible, tremblant devant les Lorilleux, il vit sans se soucier de l’avenir, il a une drĂŽlerie gouailleuse d’ouvrier parisien, c’est un bon sujet, trĂšs sobre, on le surnomme Cadet-Cassis parce qu’il prend gĂ©nĂ©ralement du cassis, quand les camarades le mĂšnent de force chez le marchand de vin. Son pĂšre, ouvrier zingueur comme lui, s’est Ă©crabouillĂ© la tĂȘte un jour de ribotte en tombant de la gouttiĂšre du n° 25 de la rue Coquenard et ce souvenir rend sage toute la famille.
Mais Coupeau est faible et peu à peu il sombre dans la déchéance de l'alcool. Gervaise n'ose pas intervenir et Lantier qui devient son ami le pousse un peu plus vers le précipice. Sa fin sera atroce. Zola fait de lui un plaidoyer contre l'alcoolisme.

Personnages secondaires

AdĂšle
Amanda
Auguste
Augustine
Baquet (La MĂšre)
Baudequin
Bazouge
Bec-Salé, dit Boit-sans-soif
Bénard (Le Ménage)
Bibi-La-Grillade
Bijard
Bijard (Eulalie)
Bijard (Henriette)
Bijard (Jules)
Bijard (Mme)
Boche
Boche (Mme)
Boche (Pauline)
BoncƓur
Bourguignon
Brétigny (Comtesse de)
Bru (Le PĂšre)
Caroline
Célestine
Champion
Charles
Clémence (Mlle)
Colombe (Le PĂšre)
Coquet (Le Ménage)
Coudeloup (Mme)
Coupeau
Coupeau (Maman)
Cudorge (Mmes)
DédÚle
Eulalie
Fauconnier (Mme)
Fifine
François
Gaudron
Goujet dit Gueule d'or
Goujet (Mme)
Lantier (Claude)
Lantier (Étienne)
Lehongre (Les)
Léonie
Lerat (Mme)
Lingierlot (Le Ménage)
Lisa
Lorilleux
Lorilleux (Mme)
Louis (La MĂšre)
Madinier
Marescot
Marsoullier
Mes-Bottes
Meyer
Nana
Pauline
Péquignot
Pied-de-Céleri
Poisson
Putois
Remanjou (Mlle)
Sophie
T... (Marquis de)
ThérÚse
Thomas
Titreville (Mme)
Valençay (Baron de)
Vigoureux
Virginie (La Grande)
Zidore

Le monde ouvrier et les ravages de l'alcool

9 étoiles

Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 38 ans) - 22 février 2021

« Mon idĂ©al, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d'avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez un lit, une table et deux chaises, pas davantage... », ainsi s’exprimait Gervaise au dĂ©but du roman, Provençale sans prĂ©tention aucune venue s’installer Ă  Paris avec ses enfants. Elle va pourtant revoir ses idĂ©aux Ă  la baisse.
Zola nous plonge dans le monde ouvrier et les ravages de l’alcoolisme Ă  travers l’histoire de Gervaise et Coupeau, un brave couple d’ouvriers plutĂŽt optimistes qui se rĂ©voltent contre leur condition. GrĂące Ă  l’aide d’un voisin et Ă  beaucoup d’implication, ils parviennent Ă  obtenir assez d’argent pour ouvrir une blanchisserie reconnue par les gens du quartier. Tout va pour le mieux jusqu’au jour oĂč Coupeau, suite Ă  un accident, se retrouve en longue convalescence et sombre dans l’alcool. Commence alors une lente dĂ©chĂ©ance qui les amĂšne progressivement Ă  se dĂ©pouiller de leurs maigres possessions, jusqu’à leur dignitĂ©. C’est tellement bien dĂ©crit que l’on arrive Ă  ressentir la misĂšre qui transpire par toutes les pores de ce petit quartier de la Goutte d’Or et que l’on ne peut que constater que tout ce qui arrive est malheureusement inĂ©luctable.
Encore un Zola que j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© pour sa qualitĂ© de descriptions plus vraies que nature et cette immersion totale, mĂȘme si ce qu’il nous donne Ă  voir n’est pas trĂšs rĂ©jouissant. Il ne faut pas passer Ă  cĂŽtĂ© de ce chef d’Ɠuvre !

Condition ouvriĂšre

7 étoiles

Critique de Vince92 (ZĂŒrich, Inscrit le 20 octobre 2008, 48 ans) - 18 novembre 2020

SeptiĂšme volume de la grande saga d'Emile Zola des Rougon-Macquart, l'Assommoir est sans doute l'un de ses romans les plus connus avec Germinal.
Dans ce livre, Zola dĂ©peint la chute d'une famille ouvriĂšre de Paris au cours de la seconde moitiĂ© du 19e s. Gervaise, blanchisseuse, qui a suivi son amant Lantier Ă  la capitale, se voit abandonnĂ©e avec ses deux enfants. TrĂšs vite cependant, Ă  force de travail et d'une part de chance non nĂ©gligeable, elle parvient Ă  monter sa propre affaire qui, loin d'ĂȘtre prospĂšre, lui permet de sortir de sa condition de simple ouvriĂšre. Son mari, Coupeau, ouvrier zingueur, est un brave travailleur, sĂ©rieux et sobre, mais pour son malheur va ĂȘtre victime d'un accident qui va le conduire dans la dĂ©chĂ©ance de l'alcoolisme.
C'est toute l'histoire de l'Assommoir que la dĂ©pendance d'une grande partie de la population ouvriĂšre de l'Ă©poque Ă  l'alcool. La frĂ©quentation des Ă©tablissement de dĂ©bit de boisson semblait ĂȘtre la calamitĂ© du prolĂ©tariat de l'Ă©poque. L'alcoolisme, entraĂźnant la paresse et l'absence de tempĂ©rance dans les moeurs des ouvriers semble ĂȘtre la condition normale de cette partie de la population.
Zola dans ce livre dĂ©nonce ceci, il dĂ©nonce en progressiste qu'il est les conditions matĂ©rielles de l'ouvrier, mais aussi, chose plus Ă©tonnante, les moeurs et habitudes de l'ouvrier qui semble ĂȘtre le seul responsable de sa situation: il aurait Ă©tĂ© facile Ă  Coupeau, Lantier ou Boche de se sortir de la misĂšre s'ils avaient Ă©tĂ© sĂ©rieux et responsables. Las. Leur penchant vers l'eau-de-vie les conduit irrĂ©mĂ©diablement Ă  leur perte. C'est vrai de Coupeau qui sombre dans la folie mais aussi de Gervaise, tombĂ©e dans un Ă©tat d'hĂ©bĂ©tude rĂ©ellement fascinant.
Sorte de documentaire sur les ouvriers parisiens du temps des grands travaux haussmanniens, l'Assommoir est un bon roman qui se lit comme un "thriller", qui tient le lecteur en haleine, lui qui veut connaĂźtre le sort de Gervaise. Pourra-t-elle une fois encore se sortir de ce mauvais pas?
A noter dans l'édition donnée au Livre de poche, des documents intéressants comme les notes de fabrication du roman par l'auteur, des notes de fin de page qui guident le lecteur dans sa compréhension de l'argot parisien de l'époque, des extraits de documents qui ont inspirés Emile Zola.
A noter également le bon film de René Clément de 1956, Gervaise, qui rend un bel hommage au roman.

"C'est du Zola"

10 étoiles

Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 59 ans) - 17 février 2015

"C'est du Zola"... Cette phrase que j'entends souvent, trop souvent aujourd'hui quand quelqu'un raconte notre misĂšre humaine, me rappelle "L'Assommoir" et la descente aux enfers de Gervaise et Coupeau. Que dirait M. Zola si demain il revenait parmi nous ???

Il constaterait qu'hĂ©las, des Gervaise et Coupeau, il y en a encore, partout, il suffit de regarder autour de soi et de voir que le problĂšme n'est pas rĂ©glĂ©. Que les thĂšmes abordĂ©s par son livre sont toujours d'actualitĂ©, et que peu de solutions sont apportĂ©es pour amĂ©liorer le quotidien des femmes battues, des chĂŽmeurs, des "sans domicile fixe", des enfants livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes.

Entrent en jeu aussi la curiosité malsaine, les "cancans" destructeurs, les yeux fermés face à la misÚre, le chacun pour soi. Oui, vraiment, Monsieur Zola serait bien déçu que son livre reflÚte encore une réalité qui surgit en pleine face, et qui ne le rend pas du tout désuet.

La diffĂ©rence ? Des consĂ©quences bien plus graves que la mort de ces deux ĂȘtres dans une indiffĂ©rence absolue, des divisions plus prononcĂ©es et un fossĂ© qui se creuse de plus en plus... Bien pire que du Zola !

Un peu trop mélodramatique

8 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 25 avril 2014

« - Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose
 Mon idĂ©al, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d’avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage
 Ah ! je voudrais aussi Ă©lever mes enfants, en faire de bons sujets, si c’était possible
 Il y a encore un idĂ©al, ce serait de ne pas ĂȘtre battue, si je me remettais jamais en mĂ©nage ; non, ça ne me plairait pas d’ĂȘtre battue
 Et c’est tout, vous voyez, c’est tout
 »

Sous le Second Empire de NapolĂ©on III (milieu 19e siĂšcle), Ă  Paris, on suit la dĂ©chĂ©ance d’une ouvriĂšre (Gervaise Macquart, qui sera la mĂšre d’Étienne de Germinal et Nana), une vie de misĂšre provoquĂ©e par l’alcool et la pauvretĂ©.

Tout comme dans Au Bonheur des Dames, on martyrise l’hĂ©roĂŻne, elle se fait avoir par des vauriens et je peux bien croire que le commĂ©rage Ă©tait le sport national de l’époque, mais en gĂ©nĂ©ral je trouvais qu’on en mettait trop, ça fait trĂšs Aurore l’enfant martyre. Si c’était dĂ©jĂ  limite dans le Bonheur des Dames avec Denise, c’est une surdose avec Gervaise. Je crois en la misĂšre et le roman a plusieurs scĂšnes fortes, mais un peu moins de mĂ©lodrame m’aurait plus marquĂ©. Et dire que dans le dossier de mon Ă©dition (Flammarion, 1085) on lit que Zola voulait encore rendre ça plus mĂ©lodramatique, qu’il a beaucoup coupĂ©, mon doux...

J’ai trouvĂ© L’Assommoir plus puissant que Nana (mĂȘme si Nana est un roman plus nuancĂ©), mais c’est moins mĂ©morable qu’Au Bonheur des Dames et Germinal, c’est trop exagĂ©rĂ© Ă  mon goĂ»t. Je recommande tout de mĂȘme si vous voulez lire les Rougon-Macquart.

La misĂšre!!!!

8 étoiles

Critique de Manu2793 (Voiron, Inscrit le 15 novembre 2010, 38 ans) - 3 janvier 2014

Ce livre souvent imposĂ© dans la scolaritĂ© des collĂ©giens ou lycĂ©ens mĂ©rite d'ĂȘtre lu. Beaucoup ne l'auront que survolĂ©, ou mĂȘme pas ouvert du tout, par manque de temps ou fainĂ©antise. Ce livre vaut la peine d'ĂȘtre lu. Rien n'est plus efficace pour comprendre la misĂšre sociale du XIXiĂšme. Zola dĂ©crit cette misĂšre admirablement bien. On sera tous Ă©mus par le cruel destin de Gervaise.

C’est Zola !

10 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 7 décembre 2013

Chef d’Ɠuvre du roman naturaliste, « L’Assommoir », jugĂ© trop cru Ă  sa sortie en 1877, avait provoquĂ© une vive polĂ©mique. Pourtant, Zola connaissait bien cette rĂ©alitĂ© de la pauvretĂ© dĂ©crite dans le livre pour l’avoir vĂ©cu lui-mĂȘme Ă  son arrivĂ©e Ă  Paris. Cela n’empĂȘcha pas « L’Assommoir » » d’ĂȘtre rapidement un immense succĂšs de librairie pour se poser quelques dĂ©cennies plus tard en classique de la littĂ©rature, et on le comprend Ă  sa lecture.

Reconnu comme un modĂšle de composition, l’ouvrage bĂ©nĂ©ficie d’un scĂ©nario simple et fluide, et mĂȘme si on connaĂźt d’avance la tragique destinĂ©e de Gervaise, on demeure Ă  la fois fascinĂ© et pĂ©trifiĂ© par cette inĂ©luctable descente aux enfers, oĂč chaque micro-Ă©vĂ©nement se pose tel un oracle malĂ©fique sur la tĂȘte de ce personnage touchant, frappĂ© dĂšs sa naissance du sceau de la malĂ©diction. Comme Gervaise, tous les protagonistes semblent avoir VRAIMENT existĂ© (et existent probablement toujours en 2013), et cela est aussi un point fort du roman, ce rĂ©alisme prodigieux que Zola, fin observateur, parvient Ă  nous faire ressentir, rĂ©alisme des gens et de l’environnement, mais aussi des sons, des couleurs et des odeurs dans le Paris du XIXĂšme siĂšcle.

S’ajoute Ă  tout cela, et c’est peut-ĂȘtre le plus important, UN VRAI PLAISIR DE LECTURE ! L’auteur a combinĂ© habilement l’argot fleuri de l’époque Ă  la prose habituelle de la narration. Les descriptions se dĂ©roulent sans concessions, jusque dans les dĂ©tails les plus triviaux (la scĂšne de Coupeau baignant dans son vomi !). Si l’on devait faire un parallĂšle avec notre Ă©poque, Zola, scrutateur implacable des mƓurs d’une classe sociale au dĂ©but de l’ùre industrielle en France, aurait trĂšs bien pu tourner un documentaire pour l’émission « Striptease ».

« L’Assommoir » a beaucoup dĂ©rangĂ© lors de sa publication, laissant libre cours aux interprĂ©tations les plus diverses, qu’elles viennent de la droite, qui fut rĂ©vulsĂ©e par son « Ă©cƓurante malpropretĂ© » ou de la gauche, qui l’accusait de salir le peuple. Car en effet, Zola n’est jamais dĂ©monstratif, il ne fait que dĂ©crire. Vu par les uns comme le « chef de la Commune littĂ©raire » et par les autres comme un bourgeois mĂ©prisant, il Ă©tait un rĂ©publicain convaincu et n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  s’engager dans des causes sociales tout en Ă©tant attachĂ© Ă  son indĂ©pendance de libre penseur.

Aujourd’hui, ce roman a malheureusement conservĂ© toute son actualitĂ© dans un contexte de paupĂ©risation de la classe moyenne et de chĂŽmage galopant. Je n’y ai vu pour ma part aucun mĂ©pris des classes pauvres, plutĂŽt comme le constat terrible d’une sociĂ©tĂ© inĂ©galitaire oĂč le mauvais alcool ne constituait souvent que la seule Ă©chappatoire dans un milieu urbain peu avenant. Quoique l’on en pense, un chef d’Ɠuvre. Le classique qui m’a incontestablement le plus marquĂ© parmi mes lectures littĂ©raires au collĂšge.

un livre trÚs réaliste...

9 étoiles

Critique de MaMa (, Inscrite le 26 novembre 2013, 27 ans) - 27 novembre 2013

j'ai du lire ce livre quand j'étais en 4Úme. Lorsque j'ai lu la premiÚre page, j'ai été désespérée, je me suis demandé comment j'allais faire pour comprendre ce bouquin. puis je me suis forcée à le lire ( j'étais obligée on avait un ds sur le livre) . et petit à petit j'ai été prise dans le bouquin. en 4Úme ce bouquin ne m'avait plu que moyennement. je l'ai relu cet été et je l'ai trouvé génial ! ce qu j'aime c'est que Zola dépeint des scÚnes trÚs "banales " il n'y a rien d'extraordinaire dans la vie de Gervaise, mais la plume de Zola la rend passionnante . j'aime aussi cette sorte de fatalité que l'on retrouve dans les Rougon-Macquart.

Un livre trĂšs intĂ©ressant qui vaut la peine d'ĂȘtre lu !

Gervaise c'est la b*ise

8 étoiles

Critique de FrĂšreGallagher (, Inscrit le 7 janvier 2013, 38 ans) - 18 octobre 2013

C'est avec ce jeu de mot peu subtil que j'attaque ma critique éclair de l'assommoir. On pourrait résumer ce livre à l'adage "trop bon, trop con". C'est une longue et dure descente aux enfers que va vivre notre héroïne, à travers la misÚre et les affres de l'alcool d'un paris en reconstruction, en vivant le quotidien d'un quartier ouvrier, ces espoirs et désespoirs.
Nous allons voir Gervaise abandonnée, rabibochée, tomber, se relever au milieu des injustices, mais aussi de la jalousie, des faux espoirs, et de la lùcheté des hommes.
SincÚrement, ce bouquin m'a fait froid dans le dos, il m'a paru cru et parfois excessivement dur, dans la détresse mélancolique qu'il décrit. Comme j'ai pu le lire sur une autre critique (celle de L'équilibre du Monde) ce n'est pas un livre à lire "un dimanche gris de novembre pluvieux avec Arlette Chabot" car le coup de déprime est assuré!
Mais mĂȘme si je ne suis pas fan du genre j'ai dĂ©vorĂ© l'Assommoir, et je le recommande sĂ©rieusement Ă  n'importe qui.

L'assommoir ... avec 2 "m", s'il vous plait...

8 étoiles

Critique de Lecassin (Saint Médard en Jalles, Inscrit le 2 mars 2012, 70 ans) - 3 juillet 2012

« L'Assommoir », comme « Germinal » pour d'autres, fut mon premier contact avec l'Ɠuvre d'Emile Zola, au collĂšge. Il faut bien reconnaĂźtre qu'Ă  cette Ă©poque j'Ă©tais comme on dit « passĂ© complĂštement Ă  cĂŽtĂ© ». Heureusement, une tentative postĂ©rieure, les vingt ans largement passĂ©s m'ont offert une seconde chance, hors Rougon-Maquart avec ThĂ©rĂšse raquin. Un choc ! Et la question : si Zola, c'est ça, comment suis-je passĂ© Ă  cĂŽtĂ© au collĂšge ? Je sais maintenant qu'il y a un temps pour tout et pour toute lecture
 J'entrepris donc la lecture du premier tome, « La Fortune des Rougon », puis le deuxiĂšme
 le troisiĂšme

Publié en 1876, « L'Assommoir »est le septiÚme volume de la série « Les rougon-macquart ». Essentiellement consacré au monde ouvrier, il fit scandale à sa sortie - trop cru, disait-on - mais connut un véritable succÚs de librairie qui ne s'est jamais démenti.
Le personnage central de l'ouvrage est Gervaise Macquart, la cousine des Mouret, et la sƓur de la charcutiĂšre Lisa Quenu du « Ventre de Paris ». Elle s'installe Ă  Paris avec son amant, Auguste Lantier, et leurs deux enfants, Claude - qu'on retrouvera dans « L'Ɠuvre » - et Étienne, hĂ©ros de « Germinal ».
Lantier a tout du parasite : fainéant, beau parleur, dépensier et infidÚle. AprÚs avoir ruiné Gervaise et dilapidé son maigre héritage, il l'abandonnera.
Elle rencontrera Coupeau, ouvrier zingueur, honnĂȘte et travailleur. de leur union, naĂźtra Anna Coupeau, la future « Nana »  AllĂ©luia, se dit-on
 et puis il y aura la chute du toit


AprĂšs une incursion partielle dans le monde ouvrier avec « Le Ventre de Paris », il s'agit avec cet « Assommoir », d'une immersion totale dans ce milieu. On dĂ©couvrira l'univers des lavoirs et des blanchisseuses, celui des toits de Paris et des couvreurs-zingueurs, celui de la forge, celui des fleurs
 Mais aussi et surtout celui des bistrots oĂč les ouvriers viennent se pourrir la santĂ© Ă  coup d'alcool frelatĂ©.
« L'Assommoir » n'est pas mon prĂ©fĂ©rĂ© dans cette saga du Second Empire ; sans doute les rĂ©miniscences d'une lecture forcĂ©e de collĂ©gien. Il n'en reste pas moins un des maillons forts de l'Ɠuvre d'Emile Zola.

Le premier grand classique des rougon Macquart

8 étoiles

Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 43 ans) - 18 mars 2012

L'assommoir est le premier roman trÚs connu des Rougon Macquart et réputé comme étant un chef d'oeuvre.
Dans ce roman, on se retrouvé plongé dans les faubourgs populaires d'un Paris qui se transforme et se reconstruit. Les ouvriers travaillent dur et vivent difficilement, dans d'assez mauvaises conditions : petits logements, pas de congés payés, de prise en charge des accidents du travail. Pourtant, le travail ne manque pas, et pour qui travaille, finalement, ils arrivent à s'en sortir. Pour beaucoup aussi, le vie est si difficile qu'ils essaient d'oublier en se noyant dans l'alcool.
Gervaise est une jeune femme travailleuse, qui ne demande pas grand chose de la vie. Elle finit difficilement à ouvrir sa petite boutique et à trouver un mari travailleur. Mais c'est sans compter sur le sort qui s'acharne. Son mari, suite à un accident, a perdu le goût du travail, et s'ensuit une lente déchéance.
Ce roman est plutĂŽt triste et on est pris de sympathie pour Gervaise, qui est loin d'ĂȘtre mauvaise.
Un bon tome de la série des Rougon Macquart, le meilleur, je ne sais pas, car j'ai autant, voire plus apprécié d'autres tomes précédant celui-ci.

Si terriblement humain !

10 étoiles

Critique de DE GOUGE (Nantes, Inscrite le 30 septembre 2011, 69 ans) - 18 novembre 2011

C'est sans doute, pour moi, le livre de Zola, dont je suis inconditionnelle, le plus accompli !
Cette lente descente aux enfers ne peut que nous bouleverser !
Ce courageux petit bout de femme : 22 ans, abandonnée, qui repart dans la vie, atteint son objectif de dignité, de propreté (physique et morale), puis à partir de l'accident de travail de celui qui l'a enfin reconnue, lùche les amarres !
Le livre est cruel, l' injustice de ce destin, terrible !
La façon dont Gervaise se réfugie, d'abord dans la gloutonnerie (récits hallucinants !) puis dans l'alcool (récits affreusement déprimants !) décrit comme une vaine tentative de lutte contre le destin.
Une lutte perdue d'avance : malgré son coté "mÚre courage" Gervaise subit le trop plein d'une société impitoyable ! Les coups, reçus tout le long de son existence, sont trop violents. Qui pourrait se permettre de juger ? On accompagne cette terrible déchéance et ces conséquences : les 3 enfants de Gervaise feront l'objet de 3 superbes livres, de 3 destinées, de 3 douleurs !
J'aime le personnage de Gervaise : une femme droite, aimante, aimable, qui ne demande à la vie qu'un toit, un peu de dignité et de tendresse !
C'Ă©tait trop demander dans le milieu ouvrier d'une pĂ©riode oĂč prĂ©domine le "chacun pour soi" faute d'autre horizon: elle va sombrer dans la pire dĂ©cadence !
Le destin de Gervaise et celui qu'on impose aujourd'hui à tant de "sans papier" sont-ils si différents ??????
J'ai peur moi mĂȘme de rĂ©pondre Ă  cette question ..............

L'Assommoir

9 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 46 ans) - 25 septembre 2011

Émile Zola est un de mes auteurs favoris. J'adore le cĂŽtĂ© sombre de ses livres qui dĂ©crit avec justesse le monde du 19e siĂšcle. Son histoire des Rougon-Macquard se dĂ©roule durant le Second Empire en France.

Pour ce qui est de l'Assommoir, l'histoire raconte la vie de Gervaise, une femme qui aprĂšs avoir eu deux enfants avec un homme est abandonnĂ©e. Elle se marie ensuite avec l'homme parfait. Cependant, sa vie tourne au cauchemar lorsque son homme se blesse en travaillant. Celui-ci tombe alors dans tous les vices des prolĂ©taires de l'Ă©poque, c'est Ă  dire la boisson et la paresse. C'est alors que tous ses rĂȘves s'Ă©croulent et qu'elle tombe plus bas que l'enfer.

Étant passionnĂ© d'histoire, j'ai adorĂ© ce livre. J'aime la façon rĂ©aliste dont l'auteur dĂ©crit le monde du 19e siĂšcle. Et que dire de l'histoire touchante de Gervaise. Tout le long de l'histoire, j'ai eu pitiĂ© d'elle. Elle tombe tellement bas et n'a aucun respect des gens qui l'entourent.

pour ceux qui ont l'intention de lire le livre, j'aimerais signaler que les livres Nana, Germinal et la bĂȘte humaine sont en lien avec l'Assommoir. C'est l’histoire des enfants de Gervaise

Un chef d'oeuvre...

9 étoiles

Critique de Corentin (, Inscrit le 24 janvier 2011, 30 ans) - 14 mars 2011

Roman naturaliste par excellence, L'Assommoir est certainement le roman le plus connu de Zola. Je ne vois donc plus l'intĂ©rĂȘt d'en faire un pĂąle rĂ©sumĂ© qui ne pourra jamais reflĂ©ter toute la qualitĂ© de l'oeuvre.
La prĂ©cision Ă©poustouflante, le style presque parfait ( la perfection n'existe pas!) Ă  un tel point que l'on pourrait analyser la place d'une virgule, le destin remarquable par sa simplicitĂ© de l'hĂ©roĂŻne Gervaise sont autant d'ingrĂ©dients pour montrer le caractĂšre unique d'une oeuvre comme on n'en trouve plus mĂȘme si l'inclusion de la science dans la littĂ©rature et tous les risques qu'elle comprend paraissent aujourd'hui dĂ©suets...
A lire de toute urgence

La condition ouvriĂšre au XIX iĂšme

9 étoiles

Critique de Frunny (, Inscrit(e) le 28 décembre 2009, - ans) - 17 juillet 2010

Gervaise se décide enfin à quitter Lantier ( indécrottable fainéant aux ambitions délirantes ) pour tomber dans les pattes de Coupeau qui ne lui offrira guÚre une vie plus reluisante ( le destin se chargera d'une lente descente aux enfers )
Zola décrit avec réalisme la dureté de la vie ouvriÚre à PARIS , la misÚre humaine ( physique mais surtout intellectuelle ) qui semble sans issue.
De l'union de Gervaise et Coupeau nait Nana qui fera l'objet d'un roman Ă  venir tout aussi poignant .
Une oeuvre indispensable .

De l'importance d'ĂȘtre bien nĂ©

8 étoiles

Critique de Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 54 ans) - 8 septembre 2009

Si décrire le Paris populaire du second empire consiste à en faire une description juste, réaliste et dénuée des oripeaux du langage bourgeois, qui soit dit en passant n'a rien à faire dans ce Paris là, alors OUI Zola est le pornographe tant décrié au moment de la sortie de "L'assommoir".

A mon sens, la singularité de ce roman réside dans l'aspect inéluctable du destin de ces gens, et donc de Gervaise inévitablement.
LĂ  oĂč le romantisme s'arroge d'une certaine forme de crĂ©dibilitĂ© en se donnant des grands airs, du lyrisme et par lĂ -mĂȘme des hĂ©ros qui s'arrachent Ă  leur sort, ici point !! DĂšs l'entame, Gervaise est Ă©crasĂ©e (et nous avec) par le poids de sa vie, de sa condition, bref de sa non existence.
Quand bien mĂȘme se prĂ©sente une fois l'occasion de s'en extirper un peu, elle refuse l'amour de Goujet, et le refusera mĂȘme au seuil du trĂ©pas, comme convaincue que sa place est dans la fange avec la misĂšre comme seconde peau.

Que serait-il advenu si ce diable de Coupeau avait passé l'arme à gauche en chutant du toit ? On serait tenté de répondre que rien n'y aurait fait, que la mauvaise fortune n'aurait pas pour autant passé son chemin.
Zola a su voir Gervaise, Lantier, Coupeau et les autres tels qu'ils sont, dans tout leur aspect sociétal et sans faire de bons sentiments.
Alors oui, on comprend que cela ait pu choquer; on comprend aussi que cette hyper-rĂ©alitĂ© pu ĂȘtre assimilĂ©e Ă  une oeuvre pornographique mais lĂ  Ă©tait bien le but.
Zola a montré de façon crue et réaliste une vérité ordinaire que d'autres ne voulaient pas voir. Grand bien lui fasse !!

Des "bas-fonds" poignants et attachants

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 20 décembre 2008

Ce roman aurait tous les ingrĂ©dients pour ĂȘtre misĂ©rabiliste, et s'avĂšre, au contraire, bourrĂ© de rebondissements, d'anecdotes croustillantes, soutenus par un style d'une verve rare. C'est un trĂšs grand livre.

Pas pour les lycéens...

3 étoiles

Critique de Le café de... (Perpignan - Bordeaux, Inscrite le 17 août 2008, 42 ans) - 19 août 2008

J'ai Ă©tĂ© obligĂ©e de lire ce livre pour le lycĂ©e, avec des dĂ©lais de lecture plutĂŽt faibles et des devoirs imposĂ©s aux sujets qui me passaient alors bien au-dessus de la tĂȘte...

Je ne comprends pas pourquoi on fait lire des livres aussi longs à des adolescents (plus de la moitié de ma classe ne l'a, du coup, tout simplement pas lu).

Si des années plus tard, j'ai bien envie de me plonger dans la série des Rougon-Macquart, ce n'est certainement pas grùce à ces livres imposés... Il m'aura fallu prÚs de 10 ans pour ne pas mourir d'ennui en repensant aux heures de cours sur la scÚne de l'alambic...

Zola

10 étoiles

Critique de Medusa (, Inscrite le 19 août 2007, 64 ans) - 19 août 2007

quand on commence Ă  lire Zola ,on a envie de voir plus loin ,j'ai lu tout les Zola! Je voulais tout savoir de cette vie d'autrefois ,la pauvretĂ© la misĂšre les conditions de vie des ouvriers ,des femmes et des enfants Ă  cette Ă©poque.Et dire que dans certain pays c'est encore comme ça! J'aimerais que les jeunes rĂ©alisent les efforts qu'on du connaĂźtre nos ancĂȘtres pour avoir reussi Ă  avoir les congĂ©s payĂ©s la protections en cas de maladie ,d'accident de travail et de la sĂ©curitĂ© social . Quelle Ă©volution ,mes grands parents n'en reviendraient pas!

Assommant ???

9 étoiles

Critique de Dalania (Dijon, Inscrite le 25 octobre 2006, 39 ans) - 6 décembre 2006

Lorsque j'Ă©tais au lycĂ©e, une copine m'a dit que ce livre Ă©tait "assommant". Je venais de l'acheter et du coup je n'ai pas pu me rĂ©soudre Ă  le commencer. Il dormait dans mes Ă©tagĂšres. Puis, en faisant un tour dans le rayon des livres en francais Ă  la bibliothĂšque de Potsdam (oĂč ils n'ont presque que des classiques), je suis tombĂ©e dessus, et je me suis dit: Pourquoi ne pas voir par moi-mĂȘme. RĂ©sultat: j'ai adorĂ©. J'ai mis Ă  peine deux jours pour le lire, je n'ai pas pu dĂ©crocher. J'ai beaucoup de peine pour Gervaise, pauvre petite oie blanche, incapable de se rĂ©volter et dont tous profitent.

Un assommoir assommant!

10 étoiles

Critique de GerMi (, Inscrit le 19 mai 2006, 37 ans) - 19 mai 2006

Ce livre est une pure merveille dans le monde littéraire. Un bouquin, qui culmine les hauteurs des rougon macquart, pourtant tous excellents, par des déscriptions d'une rigueur scientifique incomparable et tellement bien placées. En réalité, l'harmonie régnante dans ce bouquin entre les descriptions et les sentiments nous permet d'apprecier au mieux celle entre notre raison et nos passions. L'un remettant toujours l'autre en cause.
Un chef-d'oeuvre que j'ai lu sans la moindre contrainte scolaire en tres peu de temps.Je me dirige logiquement maintenant vers nana et vais de ce pas lire les critiques.

Pour découvrir (et aimer Zola)

10 étoiles

Critique de Margarita29 (, Inscrite le 6 avril 2006, 56 ans) - 7 avril 2006

J'ai lu l'assommoir à l'ùge de 14 ans, en 3Úme, en livre imposé en cours de français. La moitié de ma classe l'a détesté, l'autre moitié l'a adoré.
J'ai fait partie des 2Úme : j'ai dévoré le roman en quelques jours.
Gervaise, le personnage principal, est si attachante : elle travaille, elle est honnĂȘte, gentille et le destin s'acharne contre elle : son mari alcoolique, sa fille (Nana) qui tourne mal, la boutique en faillite, et la dĂ©chĂ©ance, si magnifiquement dĂ©crite par Zola, si criante de vĂ©ritĂ©.
Par la suite, j'ai lu toute la série des Rougon-Macquart mais l'assommoir reste mon préféré.

le chef-d'oeuvre de Zola

10 étoiles

Critique de Fred236 (Nantes, Inscrit le 13 janvier 2006, 40 ans) - 13 janvier 2006

Cet ouvrage est remarquablement bien construit et l'écriture y est percutante et riche. C'est effectivement un livre de Zola, mais il s'agit là certainement d'un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) des Rougon-Macquart.
On reste accroché par la vie, les joies, et puis surtout les drames de ces petites gens de la banlieue parisienne à la deuxime moitié du XIXÚme. Ce livre réconforte dans un premier temps, puis effraie dans un second, les sentiments positifs du lecteur pour ses personnages sont en forme de courbe de Gauss.

Donc ce livre est un incontournable pour qui veut s'initier aux Rougon-Macquart...et les autres aussi d'ailleurs.

Misérabilisme urbain...

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 84 ans) - 9 août 2005

Je poursuis ma lecture de la saga des Rougon-Macquart de Zola et je lis les titres dans l'ordre chronologique de publication. Le septiÚme tome publié fut l'Assommoir, d'abord en feuilleton en 1876, et enfin en volume, fin janvier 1877.
Presque cent vingt ans plus tard, je termine la lecture de ce chef-d'Ɠuvre, en larmes
!
J'ai glorifié le génie de ce grand écrivain qu'est Zola à la fin de chacun des tomes précédents, mais je sais que cette fois, en plus, je n'oublierai jamais les personnages de cette histoire pathétique, mais oh combien bouleversante et poignante de réalisme.
Comme le dit si justement Jules à la fin de son brillant commentaire, Zola échappe au temps et aux modes.
Je suis également trÚs émue par la lecture de commentaires fort élogieux apportés par de trÚs jeunes gens
, dix-sept, dix-neuf et vingt ans, sur ce livre!

le meilleur de Zola!

10 étoiles

Critique de Azerty61 (normandie, Inscrite le 3 août 2005, 38 ans) - 3 août 2005

La série des Rougon-macquart est déjà magnifique, mais selon moi le meilleur reste l'assommoir...
Quel chef-d'oeuvre!
l'histoire est dĂ©chirante, tragique, et en mĂȘme temps si rĂ©aliste...

poignant

10 étoiles

Critique de Elmejeco (, Inscrit le 5 juillet 2005, 38 ans) - 9 juillet 2005

L'écriture de l'auteur représente une vision pessimiste de l'existence, et retranscrit de la plus belle maniÚre la réalité du monde ouvrier. On a l'impression de vivre cette histoire, de ressentir les personnages avec leurs mots doux, leurs disputes,

Gervaise est une femme brave, sympathique et généreuse mais tenaillée par un mari alcoolique, des fréquentations étouffantes, et surtout une pauvreté qui la transformera et la ravagera peu à peu
.
Celle-ci, malgrĂ© tous ses efforts et sa bontĂ©, court finalement Ă  sa perte pour mourir dans le dĂ©goĂ»t le plus profond. En travaillant dans un vaste logis, Gervaise fit la connaissance de la rĂ©ussite, mais ne s'est pas aperçue que celle-ci Ă©tait bancale et boitillante
 Car finalement, l'alcool, la source de son dĂ©sespoir, l'emmĂšnera peu Ă  peu jusqu'Ă  solder son corps, et se calfeutrer dans une niche qui l'aidera Ă  attendre sa mort, devant une attitude amorphe de son voisinage.
Un grand auteur, un grand livre qui montre une vie parmi tant d'autres chez les plus petits, les plus faibles.

2 M

10 étoiles

Critique de Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 75 ans) - 7 avril 2005

Bon, moi, ça m'énerve depuis un moment déjà, cet assomoir avec un seul M. Je sais que c'est la faute d'Amazon, mais comment expliquer que des lecteurs qui ont assez bien lu ce texte pour pouvoir en faire une critique n'aient pas remarqué qu'il y avait quelque chose qui clochait?
C'est rien, un détail, une broutille, mais ça m'énerve.
N'y a-t-il pas moyen de corriger?
Ceci dit, chef d'oeuvre, of course, mais quelle tristesse! On pleure, c'est obligé.

L'ouverture...

10 étoiles

Critique de Numanuma (Tours, Inscrit le 21 mars 2005, 53 ans) - 7 avril 2005

Au dĂ©but, juste un autre bouquin du programme, un gros! Il m'a fallu m'y prendre Ă  deux fois d'ailleurs: la premiĂšre lecture n'a servi Ă  rien, les mots dansaient devant mes yeux. Je me suis arrĂȘtĂ© Ă  la moitiĂ©.
Et j'ai recommencé depuis le début, au calme... Toute la série des Rougon-Macquart a suivi, avec une nouvelle lecture de l'Assommoir en prime. Et toujours le choc!
Voila un ouvrage qui pue le rĂ©el, qui sent la mort et le dĂ©sespoir, qui reflĂšte le temps et qui reste d'actualitĂ©. Impossible de ne pas vouloir y rentrer, impossible de ne pas rĂȘver de devenir un personnage du livre et sauver ceux qui peuvent l'ĂȘtre: empĂȘcher Coupeau de tomber de l'Ă©chafaudage et dans l'alcool, attendre Lantier au coin d'une rue, casser l'alambic donneur de mort.
Car, au-delĂ  de l'histoire des personnages, il y a le projet de Zola de dresser un portrait d'une famille par et pour son milieu social, ses forces et ses faiblesses.
Industrieuse, travailleuse, la population française l'est mais Ă©galement prĂȘte Ă  se jeter tĂȘte baisser dans la boisson et la paresse. Coupeau n'y Ă©chappe pas, ni Lantier, ni Gervaise au final.
L'alcool est le véritable héros du roman. Zola stigmatise une réalité que le Second Empire préfÚre ne pas voir, tout empressé qu'il est de faire de Paris LA ville lumiÚre de l'Europe. La politique ne s'embarrasse pas du sort des petites gens.
L' Assommoir est un livre dur, fort, intense, qui reste MA porte d'entrée vers la littérature.

facile et difficle

10 étoiles

Critique de Litter@ire (, Inscrite le 9 février 2005, 40 ans) - 24 mars 2005

J'ai lu ce livre parce que j'Ă©tudiais "l'argent" de Zola. J'ai choisi l'assommoir parce qu'on m'avait dit qu'il Ă©tait vraiment assommant!!! Je voulais m'en rendre compte par moi mĂȘme et j'ai adorĂ©. J'ai Ă©tĂ© surprise parce qu'on dit souvent que Zola est rĂ©barbatif. Mais il faut comprendre, et l'assommoir en est un exemple, que Zola utilise ces longues descriptions pour nous informer sur les personnages et quand j'ai compris ça, j'ai admirĂ© Zola, chaque mot est un jeu de piste, pourquoi ce mot, Ă  cette place.

L'assommoir est un livre attachant. J'ai beaucoup aimĂ© le personnage de Gervaise, il est vrai que la fatalitĂ© pĂšse sur elle. Sachant cela, le lecteur est tĂ©moin impuissant de sa lente chute et plus elle s'enfonce, plus on ressent les choses, plus on les partage. Zola nous fait partager son sort en Ă©crivant les choses comme si elles coulaient de source, suivi le cours de la vie et nous empĂȘchant de nous ennuyer. Tout est plus vrai que nature

L'assommoir, faisant partie de la "nouvelle comédie humaine", est également attachant parce que l'on rentre dans une sorte de relation privilégiée avec les personnages étant donné qu'ils reviennent au fur et à mesure des livres de Zola.

Le but de Zola est de montrer la misÚre humaine, il y parvient avec brio et réalisme. La description tient là aussi une place importante.



Le schéma narratif évoque quelque peu les tragédies. Tout va trop bien pour Gervaise et Coupeau, ils sont obligés d'en subir le revers de la médaille! Mais c'est le déterminisme des personnages. Selon notre milieu social, selon les objets que l'on possÚde, selon ce que l'on est, nous devons aller vers notre destin. Gervaise ne lutte pas vraiment pour se sortir de la misÚre dans laquelle elle se voit tomber.



Le seul point que je ne comprends pas trop dans ce livre, c'est qu'il ne se veut pas romanesque et pourtant l'histoire de Lanthier restant chez Gervaise puis chez virginie et en passe de continuer ses manigances avec une autre jeune fille sans que les maris ne disent rien me semble trop invraisemblable dans cette oeuvre.


Ce bouquin est plein d'enjeux que je n'aurais pas remarqués si je n'avais pas eu un professeur me les expliquant.
Par exemple, le fait que Zola peint sa sociĂ©tĂ© changeante qui s'industrialise, qui s'urbanise, qui se fait plus dure, plus corrompue... et donc les vices qui vont avec parce que les gens ne la supportent pas, plus d'alcoolisme, de femmes battues. Et peut-ĂȘtre aussi mais ce n'est pas un vice, l'Ă©mancipation des femmes. C'est Gervaise et Virginie qui s'Ă©tablissent, c'est Nana qui se prend en charge seule...


L'assommoir fait donc partie d'un tout. En lisant ce livre comme il l'a été dit plaisant et facile, il faut voir les enjeux et il faut le voir dans la saga des rougon macquart... Ce livre est donc à la fois facile et difficile.


Il faut Ă©galement faire le lien avec Balzac qui avait les mĂȘmes ambitions que Zola, Ă  ceci prĂšs qu'il dĂ©crivait tous les types de gens, et qui Ă©tait le modĂšle de Zola.
Ce livre est à la fois historique, réaliste, romanesque, analytique,naturaliste. C'est une vraie perle et il y aurait tant de d'autres choses à dire et auxquelles je ne pense pas!!!

ce livre m'a rendu accro...

10 étoiles

Critique de Artemis (, Inscrite le 30 novembre 2004, 41 ans) - 30 novembre 2004

J'avais emprunté ce livre à la bibliothÚque du lycée... histoire de lire un classique et d'augmenter ma culture littéraire... Pourquoi "L'assommoir"? La couverture était jolie et le format me convenait... Il n'avait pas l'air trop lourd!
Si lĂ©ger que je l'ai trimballĂ© absolument partout (RER, cours de rĂ©crĂ©, queue Ă  La Poste et mĂȘme Ă  la boulangerie...)! Je n'ai pas pu le lĂącher avant d'en avoir lu la derniĂšre ligne!

Je suis entiÚrement d'accord avec Elahub : ce livre est trÚs facile à lire, il vous envoûte : on voit le vieux Paris de La Goutte d'Or, on le sent, on le vit... L'histoire est triste, mais remarquable: Gervaise se bat contre son destin. Cela m'a beaucoup fait réfléchir... pas au point de me prendre pour une princesse; mais pour moi, ça a été une de mes révélations : la littérature avait le POUVOIR de nous faire réfléchir à des "tonnes de trucs"... et moi, pauvre lycéenne, je pressentais que j'étais dans la bonne voie et que j'allais découvrir quelque chose de formidable!

ca fait réfléchir

8 étoiles

Critique de Elahub (Göttingen, Inscrite le 3 janvier 2004, 64 ans) - 30 mars 2004

.... ceux qui se plaignent toujours et partout de leur sort .... lisez ce petit bouquin et vous verrez que vous ĂȘtes des rois:)

Le livre est trĂšs bien Ă©crit, facile Ă  lire et je confirme tout ce que Jules a dit lĂ -dessus. On apprend mĂȘme beaucoup de choses comme faire des chaĂźnes en or ...
Et il y a des grandes, vastes pensées comme quand M.Goujet, amoureux de Gervaise nous donne ses réflexions sur la machine qui fait son travail plus vite et plus exactement que lui et qu'il nous dit qu'un jour cette machine va nous remplacer!

Un grand petit livre, absolument Ă  conseiller, mais qui rend trĂšs triste aussi ....

Forums: L'Assommoir

  Sujets Messages Utilisateur Dernier message
  Toujours pas de Zola pour moi 34 AmauryWatremez 28 mai 2018 @ 20:28
  Merci, Nath 3 Provisette1 22 fĂ©vrier 2015 @ 13:45
  Pour me convaincre d'aimer Zola 63 AmauryWatremez 10 novembre 2011 @ 17:23
  coucou 3 Elahub 5 mars 2004 @ 16:16


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