L'Assommoir de Ămile Zola
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Francophone
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Un grand livre
Oubliez quelques minutes que vous avez peut-ĂȘtre dĂ» plancher sur ce livre au LycĂ©e⊠Aujourd'hui, plus de professeur, plus d'interrogation, plus d'angoisse Ă devoir lire un bouquin rasoir, parce quâexigĂ©.
Plus rien que Zola, vous et " LâAssommoir ". C'est-Ă -dire, enfin le vrai plaisir de lire un trĂšs grand livre sans arriĂšre-pensĂ©e ! Car Zola est vraiment un trĂšs grand Ă©crivain et " L'Assommoir " un excellent livre.
Nous sommes au Second Empire, les campagnes se vident et Paris se remplit. Gervaise nâa que vingt-deux ans, elle a deux enfants avec Lantier, boĂźte un peu de la jambe droite, mais est quand mĂȘme toujours assez jolie et fraĂźche. Ils habitent dans une seule piĂšce pour eux quatre. Lantier est un paresseux qui rĂȘve de fortune mais n'envisage pas de travailler beaucoup. Alors, il envoie sa femme mettre ses vĂȘtements au Mont de PiĂ©tĂ©. Un matin, alors quâelle est partie au lavoir, il en profite, aprĂšs une scĂšne, pour faire sa malle et se tirer.
La bagarre au lavoir entre Gervaise et la soeur de la maĂźtresse de Lantier !. Un grand morceau d'Ă©criture !⊠Et voilĂ Gervaise seule, abandonnĂ©e avec ses deux enfants et pas un sou. Heureusement, il y a Coupeau qui l'avait dĂ©jĂ remarquĂ©e et tourne autour d'elle. Il est ouvrier zingueur et pas flemmard comme Lantier. Il a un logement dĂ©cent et des Ă©conomies. Ils ne tardent pas Ă s'installer ensemble et Coupeau ne manque pas de travail dans ce Paris qu'Haussmann reconstruit de partout. Sa mĂšre Ă lui vit aussi avec eux. Tout va enfin bien pour Gervaise et ils se marient. Elle sera vite enceinte et accouchera d'une petite fille qu'on appellera Nana. Vingt ans plus tard, ce sera elle lâhĂ©roĂŻne du livre qui porte son nom. Pour l'instant, la petite grandit et, un jour que Gervaise porte le casse-croĂ»te de Coupeau, distrait, il dĂ©gringole de la toiture sur laquelle il travaille. Il ne se tue pas, mais ne saura plus travailler comme avant. La lente descente dans lâalcool, dans l'enfer, va dĂ©buter pour lui et pour Gervaise.
Zola nous livre ici un portrait de la classe ouvriĂšre d'un incroyable rĂ©alisme. Son but n'est vraiment pas de faire croire que les ouvriers sont des dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ou des faibles. Les vrais responsables de la situation sont les conditions de vie qui leur sont imposĂ©es. Le problĂšme est dans ces villes oĂč l'homme perd son Ăąme dans le travail et la misĂšre, entassĂ© dans des logements insalubres et minuscules. L'alcool est lâĂ©chappatoire facile et les entraĂźne vers un engrenage dont ils ne sont pas conscients. Mais une fois quâil les tient !.
L'Ă©criture de Zola est des plus vivantes, prĂ©cise. Lorsqu'il dĂ©crit Coupeau, enfermĂ© dans une cage et dansant comme un fou pour Ă©viter les rats quâil voit courir partout autour de lui, câest hallucinant !⊠Cette crise de delirium tremens est rendue avec la mĂȘme vivacitĂ© de langage que ne lâaurait fait mon ami Louis Ferdinand (CĂ©line). On s'y voit, on le voit, sur grand Ă©cran, gesticulant, hurlant, possĂ©dĂ©, totalement dĂ©glinguĂ© !
Un trÚs grand écrivain, un trÚs grand livre. Zola échappe au temps et aux modes.
Les éditions
L'Assommoir [Texte imprimĂ©] Ămile Zola [prĂ©face d'Armand Lanoux]
de Zola, Ămile Lanoux, Armand (Autre)L'Assommoir
de Zola, Ămile ThĂ©renty, Marie-Ăve (Commentaires)ISBN : 9782012814134 ; 1,35 ⏠; 04/03/2009 ; 495 p. BrochĂ©
L'assommoir [Texte imprimĂ©] Ămile Zola prĂ©f. de Jean-Louis Bory Ă©d. Ă©tablie et annotĂ©e par Henri Mitterand,...
de Zola, Ămile Bory, Jean-Louis (PrĂ©facier) Mitterand, Henri (Editeur scientifique)L'assommoir [Texte imprimĂ©] Zola chronologie, prĂ©sentation, notes, dossier, bibliographie, lexique par Chantal Pierre-Gnassounou
de Zola, Ămile Pierre-Gnassounou, Chantal (Editeur scientifique)L'Assommoir
de Zola, Ămile Gengembre, GĂ©rard (PrĂ©facier)ISBN : 9782266205146 ; 3,90 ⏠; 31/03/2010 ; 592 p. Poche
L'assommoir [Texte imprimé], roman Zola éd. présentée, annotée et commentée par Gilles Guilleron,...
de Zola, Ămile Guilleron, Gilles (Editeur scientifique)ISBN : 9782035881335 ; 4,10 ⏠; 01/09/2001 ; 576 p. BrochĂ©
L'assommoir [Texte imprimĂ©] Ămile Zola prĂ©f. et comment. de GĂ©rard Gengembre
de Zola, Ămile Gengembre, GĂ©rard (Editeur scientifique)L'assommoir [Texte imprimĂ©], roman Zola Ă©dition prĂ©sentĂ©e, annotĂ©e et commentĂ©e par Gilles Guilleron,...
de Zola, Ămile Guilleron, Gilles (Editeur scientifique)ISBN : 9782035842794 ; 5,10 ⏠; 09/07/2008 ; 576 p. BrochĂ©
Les livres liés
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Jusqu'au bout de la déchéance
Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 66 ans) - 6 septembre 2021
LâĆuvre la plus noire de Zola. Une dĂ©sespĂ©rance complĂšte. Les 100 derniĂšres pages sont une souffrance sans issue. Un livre choc.
Les personnages principaux
GERVAISE MACQUART
A elle seule, elle rĂ©sume toute l'histoire. DĂ©part la dĂ©chĂ©ance et arrivĂ©e perdante en tout et au mĂȘme rĂ©sultat.
Seconde Fille dâAntoine Macquart et de JosĂ©phine Gavaudan. SĆur de Lisa et de Jean. MĂšre de Claude, Jacques, Ătienne Lantier et dâAnna Coupeau. NĂ©e Ă Plassans en 1828, conçue dans lâivresse, Gervaise a la cuisse droite dĂ©viĂ©e et amaigrie, reproduction hĂ©rĂ©ditaire des brutalitĂ©s paternelles. ChĂ©tive, toute pĂąle, elle est mise au rĂ©gime de lâanisette par sa mĂšre, qui adore cette liqueur. Devenue grande fille, elle est restĂ©e chĂ©tive, fluette, avec une dĂ©licieuse tĂȘte de poupĂ©e, une petite face ronde et blĂȘme dâune exquise dĂ©licatesse. Son infirmitĂ© est presque une grĂące, sa taille flĂ©chit doucement Ă chaque pas, dans une sorte de balancement cadencĂ©. Des huit ans, elle gagnait dix sous par jour en cassant des amandes chez un nĂ©gociant voisin ; entrĂ©e ensuite en apprentissage chez une blanchisseuse, elle reçoit comme ouvriĂšre deux francs par jour ; tout son argent passe dans la poche de son pĂšre, qui godaille au dehors. Ă quatorze ans, Gervaise a de son amant, lâouvrier tanneur Lantier, un premier fils, Claude, puis deux autres, qui sont recueillis par leur grand mĂšre paternelle, sans que Macquart consente Ă faire une dĂ©marche qui rĂ©glerait la situation et le priverait du salaire de sa fille. Celle-ci vit ainsi, exploitĂ©e par son pĂšre, engrossĂ©e par son amant, sâhabituant Ă boire avec sa mĂšre des verres de liqueur qui la soĂ»lent Ă petites doses. Au dĂ©but de 1851, madame Lantier et JosĂ©phine Macquart Ă©tant mortes, Lantier retire Gervaise des mains de son pĂšre et lâemmĂšne Ă Paris avec deux des enfants.
Au bout de deux mois et demi, Lantier a mangĂ© le petit hĂ©ritage maternel, il abandonne Gervaise et les enfants dans une misĂ©rable chambre de lâhĂŽtel BoncĆur, boulevard de la Chapelle. JetĂ©e ainsi sur le pavĂ© de Paris, Gervaise est entrĂ©e comme ouvriĂšre chez madame Fauconnier, blanchisseuse, rue Neuve de la Goutte-dâOr. Ă vingt-deux ans, elle est grande, un peu mince, avec des traits fins, dĂ©jĂ tirĂ©s par les rudesses de sa vie. Elle ne boit plus de liqueurs comme Ă Plassans, ayant failli en mourir un jour, ce qui lâa dĂ©goĂ»tĂ©e des alcools. Son seul dĂ©faut est dâĂȘtre trĂšs sensible, dâaimer tout le monde, de se passionner pour des personnes qui lui font ensuite mille misĂšres. Elle ressemble Ă sa mĂšre par sa rage de sâattacher aux gens.
Son idĂ©al est modeste : travailler, manger du pain, avoir un trou Ă soi, Ă©lever ses enfants, mourir dans son lit. Mais elle nâa pas de volontĂ©, se laissant aller oĂč on la pousse, par crainte de causer de la peine Ă quelquâun. Câest ainsi que, sept semaines aprĂšs le dĂ©part de Lantier, elle consent Ă Ă©pouser Coupeau, malgrĂ© des peurs irraisonnĂ©es, de noirs pressentiments, lâhostilitĂ© Ă©vidente des Lorilleux devant qui le zingueur est si petit garçon.
MariĂ©e, Gervaise travaille avec lâardent dĂ©sir de satisfaire son idĂ©al. Elle fait des journĂ©es de douze heures chez madame Fauconnier, le mĂ©nage se met dans ses meubles et sâinstalle rue Neuve de la Goutte-dâOr, sur le palier des Goujet. La petite Anna vient au monde dĂšs la premiĂšre annĂ©e, Claude est parti au collĂšge, les autres enfants poussent, on a pu Ă©conomiser six cents francs en quatre annĂ©es laborieuses, Gervaise va sâĂ©tablir, lorsque Coupeau se casse une jambe en travaillant et reste Ă©tendu, puis en convalescence, pendant quatre mois. Les Ă©conomies sont mangĂ©es, Coupeau a perdu le goĂ»t du travail et commence une existence dâivrogne qui le mĂšnera peu Ă peu au dĂ©lire alcoolique.
Gervaise, Ă©tablie dans une boutique de la maison des Lorilleux, grĂące Ă un prĂȘt de cinq cents francs du forgeron Goujet, qui lâaime comme une sainte Vierge, sâest remise bravement Ă la besogne, Ă©prouvant des joies dâenfant devant son rĂȘve rĂ©alisĂ© ; mais elle sâattriste de lâinconduite de Coupeau, ne voulant pourtant pas quâon la plaigne, excusant son mari, le dĂ©shabillant maternellement lorsquâil rentre ivre. Cette existence lâaveulit, elle cĂšde Ă tous les petits abandons de son embonpoint naissant ; lâoisivetĂ© et les dĂ©sordres de lâhomme commencent Ă porter leur fruit, la gĂȘne arrive. Dâabord, Gervaise avait rendu vingt francs par mois aux Goujet, elle ne donne plus dâargent et mĂȘme contracte de nouveaux emprunts, elle fait des billets. Lantier a reparu, ramenĂ© par la grande Virginie qui, fessĂ©e, autrefois en plein lavoir, a gardĂ© contre la blanchisseuse une sourde rancune.
Et câest alors la lente dĂ©chĂ©ance de Gervaise qui dĂ©sespĂšre dâĂȘtre jamais heureuse, placĂ©e entre un mari indigne qui maintenant la dĂ©goĂ»te et un ancien amant qui veut la reprendre. Elle a essayĂ© un instant de se rĂ©fugier dans le pur amour de Goujet, mais sans force pour rĂ©sister Ă Lantier, elle finit par succomber, presque sous les yeux de la petite Anna. Et le quartier sait lâhistoire, grĂące aux racontars de maman Coupeau. Gervaise a perdu tout respect dâelle-mĂȘme, elle vit tranquillement ou milieu de lâindignation publique, ses paresses lâamollissent, elle passe dans le lit de Lantier chaque fois que Coupeau rentre ivre ou quâil ronfle trop fort, elle se dĂ©sintĂ©resse du travail, les pratiques sâen vont une Ă une, elle doit renvoyer sa derniĂšre ouvriĂšre et ne garder que lâapprentie Augustine, la saletĂ© pĂ©nĂštre dans la boutique, les dettes croissent, tout va au Mont-de-PiĂ©tĂ© de la rue Polonceau. AprĂšs une courte rĂ©volte, Gervaise finit toujours par trouver sa position naturelle, elle nâa de colĂšre contre personne, sauf peut-ĂȘtre contre madame Lorilleux qui lâa ridiculisĂ©e sous le nom de la Banban et dont elle se venge en lâappelant Queue-de-Vache. Ă bout de ressources, elle se dĂ©cide Ă cĂ©der sa boutique Ă la grande Virginie, qui va enfin pouvoir lâĂ©craser. Et alors, câest lâenfer dans une petite chambre du sixiĂšme.
Gervaise sâest mise Ă boire ; acceptĂ©e comme ouvriĂšre par son ancienne patronne, elle gĂąte tellement lâouvrage quâon la classe au rang de simple laveuse. Lors de la fuite de Nana, elle reste grise pendant trois jours ; devenue Ă©norme, elle lave une fois par semaine le parquet chez Virginie, dont les rapports avec Lantier la laissent indiffĂ©rente. On ne veut plus dâelle nulle part ; elle dort sur la paille et en arrive Ă chercher sa vie dans les tas dâordures. Enfin, aprĂšs la mort de Coupeau Ă Sainte-Anne, Gervaise succombe Ă son tour ; elle meurt de misĂšre et va ĂȘtre emportĂ©e par Bazouge, le vieux croque-mort dont elle avait si peur autrefois.
AUGUSTE LANTIER
NĂ© en 1824. Ouvrier tanneur Ă Plassans. Devient Ă dix-huit ans lâamant de Gervaise Macquart et a dâelle trois enfants, Claude, Jacques, Ătienne, qui sont recueillis par madame Lantier mĂšre.
Beau parleur qui s'écoute et change de discours au gré de ses lubies, Lantier est un profiteur sans remord. Tout doit lui profiter sans le moindre effort et il parvient à trouver justification de sa conduite à chaque degré de son ignominie.
COUPEAU
NĂ© en 1824 Ă Paris, 22, rue de la Goutte-dâOr. Fils de maman Coupeau, frĂšre de madame Lerat et de madame Lorilleux. Mari de Gervaise Macquart. PĂšre dâAnna Coupeau, dite Nana. Ouvrier zingueur. Ă vingt-six ans, câest un garçon trĂšs propre, Ă la mĂąchoire infĂ©rieure saillante, au nez lĂ©gĂšrement Ă©crasĂ©, il a de beaux yeux marrons, la face dâun chien joyeux et bon enfant. Sa grosse chevelure frisĂ©e se tient tout debout. De caractĂšre faible, tremblant devant les Lorilleux, il vit sans se soucier de lâavenir, il a une drĂŽlerie gouailleuse dâouvrier parisien, câest un bon sujet, trĂšs sobre, on le surnomme Cadet-Cassis parce quâil prend gĂ©nĂ©ralement du cassis, quand les camarades le mĂšnent de force chez le marchand de vin. Son pĂšre, ouvrier zingueur comme lui, sâest Ă©crabouillĂ© la tĂȘte un jour de ribotte en tombant de la gouttiĂšre du n° 25 de la rue Coquenard et ce souvenir rend sage toute la famille.
Mais Coupeau est faible et peu à peu il sombre dans la déchéance de l'alcool. Gervaise n'ose pas intervenir et Lantier qui devient son ami le pousse un peu plus vers le précipice. Sa fin sera atroce. Zola fait de lui un plaidoyer contre l'alcoolisme.
Personnages secondaires
AdĂšle
Amanda
Auguste
Augustine
Baquet (La MĂšre)
Baudequin
Bazouge
Bec-Salé, dit Boit-sans-soif
Bénard (Le Ménage)
Bibi-La-Grillade
Bijard
Bijard (Eulalie)
Bijard (Henriette)
Bijard (Jules)
Bijard (Mme)
Boche
Boche (Mme)
Boche (Pauline)
BoncĆur
Bourguignon
Brétigny (Comtesse de)
Bru (Le PĂšre)
Caroline
Célestine
Champion
Charles
Clémence (Mlle)
Colombe (Le PĂšre)
Coquet (Le Ménage)
Coudeloup (Mme)
Coupeau
Coupeau (Maman)
Cudorge (Mmes)
DédÚle
Eulalie
Fauconnier (Mme)
Fifine
François
Gaudron
Goujet dit Gueule d'or
Goujet (Mme)
Lantier (Claude)
Lantier (Ătienne)
Lehongre (Les)
Léonie
Lerat (Mme)
Lingierlot (Le Ménage)
Lisa
Lorilleux
Lorilleux (Mme)
Louis (La MĂšre)
Madinier
Marescot
Marsoullier
Mes-Bottes
Meyer
Nana
Pauline
Péquignot
Pied-de-Céleri
Poisson
Putois
Remanjou (Mlle)
Sophie
T... (Marquis de)
ThérÚse
Thomas
Titreville (Mme)
Valençay (Baron de)
Vigoureux
Virginie (La Grande)
Zidore
Le monde ouvrier et les ravages de l'alcool
Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 38 ans) - 22 février 2021
Zola nous plonge dans le monde ouvrier et les ravages de lâalcoolisme Ă travers lâhistoire de Gervaise et Coupeau, un brave couple dâouvriers plutĂŽt optimistes qui se rĂ©voltent contre leur condition. GrĂące Ă lâaide dâun voisin et Ă beaucoup dâimplication, ils parviennent Ă obtenir assez dâargent pour ouvrir une blanchisserie reconnue par les gens du quartier. Tout va pour le mieux jusquâau jour oĂč Coupeau, suite Ă un accident, se retrouve en longue convalescence et sombre dans lâalcool. Commence alors une lente dĂ©chĂ©ance qui les amĂšne progressivement Ă se dĂ©pouiller de leurs maigres possessions, jusquâĂ leur dignitĂ©. Câest tellement bien dĂ©crit que lâon arrive Ă ressentir la misĂšre qui transpire par toutes les pores de ce petit quartier de la Goutte dâOr et que lâon ne peut que constater que tout ce qui arrive est malheureusement inĂ©luctable.
Encore un Zola que jâai beaucoup apprĂ©ciĂ© pour sa qualitĂ© de descriptions plus vraies que nature et cette immersion totale, mĂȘme si ce quâil nous donne Ă voir nâest pas trĂšs rĂ©jouissant. Il ne faut pas passer Ă cĂŽtĂ© de ce chef dâĆuvre !
Condition ouvriĂšre
Critique de Vince92 (ZĂŒrich, Inscrit le 20 octobre 2008, 48 ans) - 18 novembre 2020
Dans ce livre, Zola dĂ©peint la chute d'une famille ouvriĂšre de Paris au cours de la seconde moitiĂ© du 19e s. Gervaise, blanchisseuse, qui a suivi son amant Lantier Ă la capitale, se voit abandonnĂ©e avec ses deux enfants. TrĂšs vite cependant, Ă force de travail et d'une part de chance non nĂ©gligeable, elle parvient Ă monter sa propre affaire qui, loin d'ĂȘtre prospĂšre, lui permet de sortir de sa condition de simple ouvriĂšre. Son mari, Coupeau, ouvrier zingueur, est un brave travailleur, sĂ©rieux et sobre, mais pour son malheur va ĂȘtre victime d'un accident qui va le conduire dans la dĂ©chĂ©ance de l'alcoolisme.
C'est toute l'histoire de l'Assommoir que la dĂ©pendance d'une grande partie de la population ouvriĂšre de l'Ă©poque Ă l'alcool. La frĂ©quentation des Ă©tablissement de dĂ©bit de boisson semblait ĂȘtre la calamitĂ© du prolĂ©tariat de l'Ă©poque. L'alcoolisme, entraĂźnant la paresse et l'absence de tempĂ©rance dans les moeurs des ouvriers semble ĂȘtre la condition normale de cette partie de la population.
Zola dans ce livre dĂ©nonce ceci, il dĂ©nonce en progressiste qu'il est les conditions matĂ©rielles de l'ouvrier, mais aussi, chose plus Ă©tonnante, les moeurs et habitudes de l'ouvrier qui semble ĂȘtre le seul responsable de sa situation: il aurait Ă©tĂ© facile Ă Coupeau, Lantier ou Boche de se sortir de la misĂšre s'ils avaient Ă©tĂ© sĂ©rieux et responsables. Las. Leur penchant vers l'eau-de-vie les conduit irrĂ©mĂ©diablement Ă leur perte. C'est vrai de Coupeau qui sombre dans la folie mais aussi de Gervaise, tombĂ©e dans un Ă©tat d'hĂ©bĂ©tude rĂ©ellement fascinant.
Sorte de documentaire sur les ouvriers parisiens du temps des grands travaux haussmanniens, l'Assommoir est un bon roman qui se lit comme un "thriller", qui tient le lecteur en haleine, lui qui veut connaĂźtre le sort de Gervaise. Pourra-t-elle une fois encore se sortir de ce mauvais pas?
A noter dans l'édition donnée au Livre de poche, des documents intéressants comme les notes de fabrication du roman par l'auteur, des notes de fin de page qui guident le lecteur dans sa compréhension de l'argot parisien de l'époque, des extraits de documents qui ont inspirés Emile Zola.
A noter également le bon film de René Clément de 1956, Gervaise, qui rend un bel hommage au roman.
"C'est du Zola"
Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 59 ans) - 17 février 2015
Il constaterait qu'hĂ©las, des Gervaise et Coupeau, il y en a encore, partout, il suffit de regarder autour de soi et de voir que le problĂšme n'est pas rĂ©glĂ©. Que les thĂšmes abordĂ©s par son livre sont toujours d'actualitĂ©, et que peu de solutions sont apportĂ©es pour amĂ©liorer le quotidien des femmes battues, des chĂŽmeurs, des "sans domicile fixe", des enfants livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes.
Entrent en jeu aussi la curiosité malsaine, les "cancans" destructeurs, les yeux fermés face à la misÚre, le chacun pour soi. Oui, vraiment, Monsieur Zola serait bien déçu que son livre reflÚte encore une réalité qui surgit en pleine face, et qui ne le rend pas du tout désuet.
La diffĂ©rence ? Des consĂ©quences bien plus graves que la mort de ces deux ĂȘtres dans une indiffĂ©rence absolue, des divisions plus prononcĂ©es et un fossĂ© qui se creuse de plus en plus... Bien pire que du Zola !
Un peu trop mélodramatique
Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 25 avril 2014
Sous le Second Empire de NapolĂ©on III (milieu 19e siĂšcle), Ă Paris, on suit la dĂ©chĂ©ance dâune ouvriĂšre (Gervaise Macquart, qui sera la mĂšre dâĂtienne de Germinal et Nana), une vie de misĂšre provoquĂ©e par lâalcool et la pauvretĂ©.
Tout comme dans Au Bonheur des Dames, on martyrise lâhĂ©roĂŻne, elle se fait avoir par des vauriens et je peux bien croire que le commĂ©rage Ă©tait le sport national de lâĂ©poque, mais en gĂ©nĂ©ral je trouvais quâon en mettait trop, ça fait trĂšs Aurore lâenfant martyre. Si câĂ©tait dĂ©jĂ limite dans le Bonheur des Dames avec Denise, câest une surdose avec Gervaise. Je crois en la misĂšre et le roman a plusieurs scĂšnes fortes, mais un peu moins de mĂ©lodrame mâaurait plus marquĂ©. Et dire que dans le dossier de mon Ă©dition (Flammarion, 1085) on lit que Zola voulait encore rendre ça plus mĂ©lodramatique, quâil a beaucoup coupĂ©, mon doux...
Jâai trouvĂ© LâAssommoir plus puissant que Nana (mĂȘme si Nana est un roman plus nuancĂ©), mais câest moins mĂ©morable quâAu Bonheur des Dames et Germinal, câest trop exagĂ©rĂ© Ă mon goĂ»t. Je recommande tout de mĂȘme si vous voulez lire les Rougon-Macquart.
La misĂšre!!!!
Critique de Manu2793 (Voiron, Inscrit le 15 novembre 2010, 38 ans) - 3 janvier 2014
Câest Zola !
Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 7 décembre 2013
Reconnu comme un modĂšle de composition, lâouvrage bĂ©nĂ©ficie dâun scĂ©nario simple et fluide, et mĂȘme si on connaĂźt dâavance la tragique destinĂ©e de Gervaise, on demeure Ă la fois fascinĂ© et pĂ©trifiĂ© par cette inĂ©luctable descente aux enfers, oĂč chaque micro-Ă©vĂ©nement se pose tel un oracle malĂ©fique sur la tĂȘte de ce personnage touchant, frappĂ© dĂšs sa naissance du sceau de la malĂ©diction. Comme Gervaise, tous les protagonistes semblent avoir VRAIMENT existĂ© (et existent probablement toujours en 2013), et cela est aussi un point fort du roman, ce rĂ©alisme prodigieux que Zola, fin observateur, parvient Ă nous faire ressentir, rĂ©alisme des gens et de lâenvironnement, mais aussi des sons, des couleurs et des odeurs dans le Paris du XIXĂšme siĂšcle.
Sâajoute Ă tout cela, et câest peut-ĂȘtre le plus important, UN VRAI PLAISIR DE LECTURE ! Lâauteur a combinĂ© habilement lâargot fleuri de lâĂ©poque Ă la prose habituelle de la narration. Les descriptions se dĂ©roulent sans concessions, jusque dans les dĂ©tails les plus triviaux (la scĂšne de Coupeau baignant dans son vomi !). Si lâon devait faire un parallĂšle avec notre Ă©poque, Zola, scrutateur implacable des mĆurs dâune classe sociale au dĂ©but de lâĂšre industrielle en France, aurait trĂšs bien pu tourner un documentaire pour lâĂ©mission « Striptease ».
« LâAssommoir » a beaucoup dĂ©rangĂ© lors de sa publication, laissant libre cours aux interprĂ©tations les plus diverses, quâelles viennent de la droite, qui fut rĂ©vulsĂ©e par son « Ă©cĆurante malpropretĂ© » ou de la gauche, qui lâaccusait de salir le peuple. Car en effet, Zola nâest jamais dĂ©monstratif, il ne fait que dĂ©crire. Vu par les uns comme le « chef de la Commune littĂ©raire » et par les autres comme un bourgeois mĂ©prisant, il Ă©tait un rĂ©publicain convaincu et nâa pas hĂ©sitĂ© Ă sâengager dans des causes sociales tout en Ă©tant attachĂ© Ă son indĂ©pendance de libre penseur.
Aujourdâhui, ce roman a malheureusement conservĂ© toute son actualitĂ© dans un contexte de paupĂ©risation de la classe moyenne et de chĂŽmage galopant. Je nây ai vu pour ma part aucun mĂ©pris des classes pauvres, plutĂŽt comme le constat terrible dâune sociĂ©tĂ© inĂ©galitaire oĂč le mauvais alcool ne constituait souvent que la seule Ă©chappatoire dans un milieu urbain peu avenant. Quoique lâon en pense, un chef dâĆuvre. Le classique qui mâa incontestablement le plus marquĂ© parmi mes lectures littĂ©raires au collĂšge.
un livre trÚs réaliste...
Critique de MaMa (, Inscrite le 26 novembre 2013, 27 ans) - 27 novembre 2013
Un livre trĂšs intĂ©ressant qui vaut la peine d'ĂȘtre lu !
Gervaise c'est la b*ise
Critique de FrĂšreGallagher (, Inscrit le 7 janvier 2013, 38 ans) - 18 octobre 2013
Nous allons voir Gervaise abandonnée, rabibochée, tomber, se relever au milieu des injustices, mais aussi de la jalousie, des faux espoirs, et de la lùcheté des hommes.
SincÚrement, ce bouquin m'a fait froid dans le dos, il m'a paru cru et parfois excessivement dur, dans la détresse mélancolique qu'il décrit. Comme j'ai pu le lire sur une autre critique (celle de L'équilibre du Monde) ce n'est pas un livre à lire "un dimanche gris de novembre pluvieux avec Arlette Chabot" car le coup de déprime est assuré!
Mais mĂȘme si je ne suis pas fan du genre j'ai dĂ©vorĂ© l'Assommoir, et je le recommande sĂ©rieusement Ă n'importe qui.
L'assommoir ... avec 2 "m", s'il vous plait...
Critique de Lecassin (Saint Médard en Jalles, Inscrit le 2 mars 2012, 70 ans) - 3 juillet 2012
Publié en 1876, « L'Assommoir »est le septiÚme volume de la série « Les rougon-macquart ». Essentiellement consacré au monde ouvrier, il fit scandale à sa sortie - trop cru, disait-on - mais connut un véritable succÚs de librairie qui ne s'est jamais démenti.
Le personnage central de l'ouvrage est Gervaise Macquart, la cousine des Mouret, et la sĆur de la charcutiĂšre Lisa Quenu du « Ventre de Paris ». Elle s'installe Ă Paris avec son amant, Auguste Lantier, et leurs deux enfants, Claude - qu'on retrouvera dans « L'Ćuvre » - et Ătienne, hĂ©ros de « Germinal ».
Lantier a tout du parasite : fainéant, beau parleur, dépensier et infidÚle. AprÚs avoir ruiné Gervaise et dilapidé son maigre héritage, il l'abandonnera.
Elle rencontrera Coupeau, ouvrier zingueur, honnĂȘte et travailleur. de leur union, naĂźtra Anna Coupeau, la future « Nana »⊠AllĂ©luia, se dit-on⊠et puis il y aura la chute du toitâŠ
AprĂšs une incursion partielle dans le monde ouvrier avec « Le Ventre de Paris », il s'agit avec cet « Assommoir », d'une immersion totale dans ce milieu. On dĂ©couvrira l'univers des lavoirs et des blanchisseuses, celui des toits de Paris et des couvreurs-zingueurs, celui de la forge, celui des fleurs⊠Mais aussi et surtout celui des bistrots oĂč les ouvriers viennent se pourrir la santĂ© Ă coup d'alcool frelatĂ©.
« L'Assommoir » n'est pas mon prĂ©fĂ©rĂ© dans cette saga du Second Empire ; sans doute les rĂ©miniscences d'une lecture forcĂ©e de collĂ©gien. Il n'en reste pas moins un des maillons forts de l'Ćuvre d'Emile Zola.
Le premier grand classique des rougon Macquart
Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 43 ans) - 18 mars 2012
Dans ce roman, on se retrouvé plongé dans les faubourgs populaires d'un Paris qui se transforme et se reconstruit. Les ouvriers travaillent dur et vivent difficilement, dans d'assez mauvaises conditions : petits logements, pas de congés payés, de prise en charge des accidents du travail. Pourtant, le travail ne manque pas, et pour qui travaille, finalement, ils arrivent à s'en sortir. Pour beaucoup aussi, le vie est si difficile qu'ils essaient d'oublier en se noyant dans l'alcool.
Gervaise est une jeune femme travailleuse, qui ne demande pas grand chose de la vie. Elle finit difficilement à ouvrir sa petite boutique et à trouver un mari travailleur. Mais c'est sans compter sur le sort qui s'acharne. Son mari, suite à un accident, a perdu le goût du travail, et s'ensuit une lente déchéance.
Ce roman est plutĂŽt triste et on est pris de sympathie pour Gervaise, qui est loin d'ĂȘtre mauvaise.
Un bon tome de la série des Rougon Macquart, le meilleur, je ne sais pas, car j'ai autant, voire plus apprécié d'autres tomes précédant celui-ci.
Si terriblement humain !
Critique de DE GOUGE (Nantes, Inscrite le 30 septembre 2011, 69 ans) - 18 novembre 2011
Cette lente descente aux enfers ne peut que nous bouleverser !
Ce courageux petit bout de femme : 22 ans, abandonnée, qui repart dans la vie, atteint son objectif de dignité, de propreté (physique et morale), puis à partir de l'accident de travail de celui qui l'a enfin reconnue, lùche les amarres !
Le livre est cruel, l' injustice de ce destin, terrible !
La façon dont Gervaise se réfugie, d'abord dans la gloutonnerie (récits hallucinants !) puis dans l'alcool (récits affreusement déprimants !) décrit comme une vaine tentative de lutte contre le destin.
Une lutte perdue d'avance : malgré son coté "mÚre courage" Gervaise subit le trop plein d'une société impitoyable ! Les coups, reçus tout le long de son existence, sont trop violents. Qui pourrait se permettre de juger ? On accompagne cette terrible déchéance et ces conséquences : les 3 enfants de Gervaise feront l'objet de 3 superbes livres, de 3 destinées, de 3 douleurs !
J'aime le personnage de Gervaise : une femme droite, aimante, aimable, qui ne demande à la vie qu'un toit, un peu de dignité et de tendresse !
C'Ă©tait trop demander dans le milieu ouvrier d'une pĂ©riode oĂč prĂ©domine le "chacun pour soi" faute d'autre horizon: elle va sombrer dans la pire dĂ©cadence !
Le destin de Gervaise et celui qu'on impose aujourd'hui à tant de "sans papier" sont-ils si différents ??????
J'ai peur moi mĂȘme de rĂ©pondre Ă cette question ..............
L'Assommoir
Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 46 ans) - 25 septembre 2011
Pour ce qui est de l'Assommoir, l'histoire raconte la vie de Gervaise, une femme qui aprĂšs avoir eu deux enfants avec un homme est abandonnĂ©e. Elle se marie ensuite avec l'homme parfait. Cependant, sa vie tourne au cauchemar lorsque son homme se blesse en travaillant. Celui-ci tombe alors dans tous les vices des prolĂ©taires de l'Ă©poque, c'est Ă dire la boisson et la paresse. C'est alors que tous ses rĂȘves s'Ă©croulent et qu'elle tombe plus bas que l'enfer.
Ătant passionnĂ© d'histoire, j'ai adorĂ© ce livre. J'aime la façon rĂ©aliste dont l'auteur dĂ©crit le monde du 19e siĂšcle. Et que dire de l'histoire touchante de Gervaise. Tout le long de l'histoire, j'ai eu pitiĂ© d'elle. Elle tombe tellement bas et n'a aucun respect des gens qui l'entourent.
pour ceux qui ont l'intention de lire le livre, j'aimerais signaler que les livres Nana, Germinal et la bĂȘte humaine sont en lien avec l'Assommoir. C'est lâhistoire des enfants de Gervaise
Un chef d'oeuvre...
Critique de Corentin (, Inscrit le 24 janvier 2011, 30 ans) - 14 mars 2011
La prĂ©cision Ă©poustouflante, le style presque parfait ( la perfection n'existe pas!) Ă un tel point que l'on pourrait analyser la place d'une virgule, le destin remarquable par sa simplicitĂ© de l'hĂ©roĂŻne Gervaise sont autant d'ingrĂ©dients pour montrer le caractĂšre unique d'une oeuvre comme on n'en trouve plus mĂȘme si l'inclusion de la science dans la littĂ©rature et tous les risques qu'elle comprend paraissent aujourd'hui dĂ©suets...
A lire de toute urgence
La condition ouvriĂšre au XIX iĂšme
Critique de Frunny (, Inscrit(e) le 28 décembre 2009, - ans) - 17 juillet 2010
Zola décrit avec réalisme la dureté de la vie ouvriÚre à PARIS , la misÚre humaine ( physique mais surtout intellectuelle ) qui semble sans issue.
De l'union de Gervaise et Coupeau nait Nana qui fera l'objet d'un roman Ă venir tout aussi poignant .
Une oeuvre indispensable .
De l'importance d'ĂȘtre bien nĂ©
Critique de Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 54 ans) - 8 septembre 2009
A mon sens, la singularité de ce roman réside dans l'aspect inéluctable du destin de ces gens, et donc de Gervaise inévitablement.
LĂ oĂč le romantisme s'arroge d'une certaine forme de crĂ©dibilitĂ© en se donnant des grands airs, du lyrisme et par lĂ -mĂȘme des hĂ©ros qui s'arrachent Ă leur sort, ici point !! DĂšs l'entame, Gervaise est Ă©crasĂ©e (et nous avec) par le poids de sa vie, de sa condition, bref de sa non existence.
Quand bien mĂȘme se prĂ©sente une fois l'occasion de s'en extirper un peu, elle refuse l'amour de Goujet, et le refusera mĂȘme au seuil du trĂ©pas, comme convaincue que sa place est dans la fange avec la misĂšre comme seconde peau.
Que serait-il advenu si ce diable de Coupeau avait passé l'arme à gauche en chutant du toit ? On serait tenté de répondre que rien n'y aurait fait, que la mauvaise fortune n'aurait pas pour autant passé son chemin.
Zola a su voir Gervaise, Lantier, Coupeau et les autres tels qu'ils sont, dans tout leur aspect sociétal et sans faire de bons sentiments.
Alors oui, on comprend que cela ait pu choquer; on comprend aussi que cette hyper-rĂ©alitĂ© pu ĂȘtre assimilĂ©e Ă une oeuvre pornographique mais lĂ Ă©tait bien le but.
Zola a montré de façon crue et réaliste une vérité ordinaire que d'autres ne voulaient pas voir. Grand bien lui fasse !!
Des "bas-fonds" poignants et attachants
Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 20 décembre 2008
Pas pour les lycéens...
Critique de Le café de... (Perpignan - Bordeaux, Inscrite le 17 août 2008, 42 ans) - 19 août 2008
Je ne comprends pas pourquoi on fait lire des livres aussi longs à des adolescents (plus de la moitié de ma classe ne l'a, du coup, tout simplement pas lu).
Si des années plus tard, j'ai bien envie de me plonger dans la série des Rougon-Macquart, ce n'est certainement pas grùce à ces livres imposés... Il m'aura fallu prÚs de 10 ans pour ne pas mourir d'ennui en repensant aux heures de cours sur la scÚne de l'alambic...
Zola
Critique de Medusa (, Inscrite le 19 août 2007, 64 ans) - 19 août 2007
Assommant ???
Critique de Dalania (Dijon, Inscrite le 25 octobre 2006, 39 ans) - 6 décembre 2006
Un assommoir assommant!
Critique de GerMi (, Inscrit le 19 mai 2006, 37 ans) - 19 mai 2006
Un chef-d'oeuvre que j'ai lu sans la moindre contrainte scolaire en tres peu de temps.Je me dirige logiquement maintenant vers nana et vais de ce pas lire les critiques.
Pour découvrir (et aimer Zola)
Critique de Margarita29 (, Inscrite le 6 avril 2006, 56 ans) - 7 avril 2006
J'ai fait partie des 2Úme : j'ai dévoré le roman en quelques jours.
Gervaise, le personnage principal, est si attachante : elle travaille, elle est honnĂȘte, gentille et le destin s'acharne contre elle : son mari alcoolique, sa fille (Nana) qui tourne mal, la boutique en faillite, et la dĂ©chĂ©ance, si magnifiquement dĂ©crite par Zola, si criante de vĂ©ritĂ©.
Par la suite, j'ai lu toute la série des Rougon-Macquart mais l'assommoir reste mon préféré.
le chef-d'oeuvre de Zola
Critique de Fred236 (Nantes, Inscrit le 13 janvier 2006, 40 ans) - 13 janvier 2006
On reste accroché par la vie, les joies, et puis surtout les drames de ces petites gens de la banlieue parisienne à la deuxime moitié du XIXÚme. Ce livre réconforte dans un premier temps, puis effraie dans un second, les sentiments positifs du lecteur pour ses personnages sont en forme de courbe de Gauss.
Donc ce livre est un incontournable pour qui veut s'initier aux Rougon-Macquart...et les autres aussi d'ailleurs.
Misérabilisme urbain...
Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 84 ans) - 9 août 2005
Presque cent vingt ans plus tard, je termine la lecture de ce chef-d'Ćuvre, en larmesâŠ!
J'ai glorifié le génie de ce grand écrivain qu'est Zola à la fin de chacun des tomes précédents, mais je sais que cette fois, en plus, je n'oublierai jamais les personnages de cette histoire pathétique, mais oh combien bouleversante et poignante de réalisme.
Comme le dit si justement Jules à la fin de son brillant commentaire, Zola échappe au temps et aux modes.
Je suis Ă©galement trĂšs Ă©mue par la lecture de commentaires fort Ă©logieux apportĂ©s par de trĂšs jeunes gensâŠ, dix-sept, dix-neuf et vingt ans, sur ce livre!
le meilleur de Zola!
Critique de Azerty61 (normandie, Inscrite le 3 août 2005, 38 ans) - 3 août 2005
Quel chef-d'oeuvre!
l'histoire est dĂ©chirante, tragique, et en mĂȘme temps si rĂ©aliste...
poignant
Critique de Elmejeco (, Inscrit le 5 juillet 2005, 38 ans) - 9 juillet 2005
Gervaise est une femme brave, sympathique et gĂ©nĂ©reuse mais tenaillĂ©e par un mari alcoolique, des frĂ©quentations Ă©touffantes, et surtout une pauvretĂ© qui la transformera et la ravagera peu Ă peuâŠ.
Celle-ci, malgré tous ses efforts et sa bonté, court finalement à sa perte pour mourir dans le dégoût le plus profond. En travaillant dans un vaste logis, Gervaise fit la connaissance de la réussite, mais ne s'est pas aperçue que celle-ci était bancale et boitillante⊠Car finalement, l'alcool, la source de son désespoir, l'emmÚnera peu à peu jusqu'à solder son corps, et se calfeutrer dans une niche qui l'aidera à attendre sa mort, devant une attitude amorphe de son voisinage.
Un grand auteur, un grand livre qui montre une vie parmi tant d'autres chez les plus petits, les plus faibles.
2 M
Critique de Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 75 ans) - 7 avril 2005
C'est rien, un détail, une broutille, mais ça m'énerve.
N'y a-t-il pas moyen de corriger?
Ceci dit, chef d'oeuvre, of course, mais quelle tristesse! On pleure, c'est obligé.
L'ouverture...
Critique de Numanuma (Tours, Inscrit le 21 mars 2005, 53 ans) - 7 avril 2005
Et j'ai recommencé depuis le début, au calme... Toute la série des Rougon-Macquart a suivi, avec une nouvelle lecture de l'Assommoir en prime. Et toujours le choc!
Voila un ouvrage qui pue le rĂ©el, qui sent la mort et le dĂ©sespoir, qui reflĂšte le temps et qui reste d'actualitĂ©. Impossible de ne pas vouloir y rentrer, impossible de ne pas rĂȘver de devenir un personnage du livre et sauver ceux qui peuvent l'ĂȘtre: empĂȘcher Coupeau de tomber de l'Ă©chafaudage et dans l'alcool, attendre Lantier au coin d'une rue, casser l'alambic donneur de mort.
Car, au-delĂ de l'histoire des personnages, il y a le projet de Zola de dresser un portrait d'une famille par et pour son milieu social, ses forces et ses faiblesses.
Industrieuse, travailleuse, la population française l'est mais Ă©galement prĂȘte Ă se jeter tĂȘte baisser dans la boisson et la paresse. Coupeau n'y Ă©chappe pas, ni Lantier, ni Gervaise au final.
L'alcool est le véritable héros du roman. Zola stigmatise une réalité que le Second Empire préfÚre ne pas voir, tout empressé qu'il est de faire de Paris LA ville lumiÚre de l'Europe. La politique ne s'embarrasse pas du sort des petites gens.
L' Assommoir est un livre dur, fort, intense, qui reste MA porte d'entrée vers la littérature.
facile et difficle
Critique de Litter@ire (, Inscrite le 9 février 2005, 40 ans) - 24 mars 2005
L'assommoir est un livre attachant. J'ai beaucoup aimĂ© le personnage de Gervaise, il est vrai que la fatalitĂ© pĂšse sur elle. Sachant cela, le lecteur est tĂ©moin impuissant de sa lente chute et plus elle s'enfonce, plus on ressent les choses, plus on les partage. Zola nous fait partager son sort en Ă©crivant les choses comme si elles coulaient de source, suivi le cours de la vie et nous empĂȘchant de nous ennuyer. Tout est plus vrai que nature
L'assommoir, faisant partie de la "nouvelle comédie humaine", est également attachant parce que l'on rentre dans une sorte de relation privilégiée avec les personnages étant donné qu'ils reviennent au fur et à mesure des livres de Zola.
Le but de Zola est de montrer la misÚre humaine, il y parvient avec brio et réalisme. La description tient là aussi une place importante.
Le schéma narratif évoque quelque peu les tragédies. Tout va trop bien pour Gervaise et Coupeau, ils sont obligés d'en subir le revers de la médaille! Mais c'est le déterminisme des personnages. Selon notre milieu social, selon les objets que l'on possÚde, selon ce que l'on est, nous devons aller vers notre destin. Gervaise ne lutte pas vraiment pour se sortir de la misÚre dans laquelle elle se voit tomber.
Le seul point que je ne comprends pas trop dans ce livre, c'est qu'il ne se veut pas romanesque et pourtant l'histoire de Lanthier restant chez Gervaise puis chez virginie et en passe de continuer ses manigances avec une autre jeune fille sans que les maris ne disent rien me semble trop invraisemblable dans cette oeuvre.
Ce bouquin est plein d'enjeux que je n'aurais pas remarqués si je n'avais pas eu un professeur me les expliquant.
Par exemple, le fait que Zola peint sa sociĂ©tĂ© changeante qui s'industrialise, qui s'urbanise, qui se fait plus dure, plus corrompue... et donc les vices qui vont avec parce que les gens ne la supportent pas, plus d'alcoolisme, de femmes battues. Et peut-ĂȘtre aussi mais ce n'est pas un vice, l'Ă©mancipation des femmes. C'est Gervaise et Virginie qui s'Ă©tablissent, c'est Nana qui se prend en charge seule...
L'assommoir fait donc partie d'un tout. En lisant ce livre comme il l'a été dit plaisant et facile, il faut voir les enjeux et il faut le voir dans la saga des rougon macquart... Ce livre est donc à la fois facile et difficile.
Il faut Ă©galement faire le lien avec Balzac qui avait les mĂȘmes ambitions que Zola, Ă ceci prĂšs qu'il dĂ©crivait tous les types de gens, et qui Ă©tait le modĂšle de Zola.
Ce livre est à la fois historique, réaliste, romanesque, analytique,naturaliste. C'est une vraie perle et il y aurait tant de d'autres choses à dire et auxquelles je ne pense pas!!!
ce livre m'a rendu accro...
Critique de Artemis (, Inscrite le 30 novembre 2004, 41 ans) - 30 novembre 2004
Si lĂ©ger que je l'ai trimballĂ© absolument partout (RER, cours de rĂ©crĂ©, queue Ă La Poste et mĂȘme Ă la boulangerie...)! Je n'ai pas pu le lĂącher avant d'en avoir lu la derniĂšre ligne!
Je suis entiÚrement d'accord avec Elahub : ce livre est trÚs facile à lire, il vous envoûte : on voit le vieux Paris de La Goutte d'Or, on le sent, on le vit... L'histoire est triste, mais remarquable: Gervaise se bat contre son destin. Cela m'a beaucoup fait réfléchir... pas au point de me prendre pour une princesse; mais pour moi, ça a été une de mes révélations : la littérature avait le POUVOIR de nous faire réfléchir à des "tonnes de trucs"... et moi, pauvre lycéenne, je pressentais que j'étais dans la bonne voie et que j'allais découvrir quelque chose de formidable!
ca fait réfléchir
Critique de Elahub (Göttingen, Inscrite le 3 janvier 2004, 64 ans) - 30 mars 2004
Le livre est trĂšs bien Ă©crit, facile Ă lire et je confirme tout ce que Jules a dit lĂ -dessus. On apprend mĂȘme beaucoup de choses comme faire des chaĂźnes en or ...
Et il y a des grandes, vastes pensées comme quand M.Goujet, amoureux de Gervaise nous donne ses réflexions sur la machine qui fait son travail plus vite et plus exactement que lui et qu'il nous dit qu'un jour cette machine va nous remplacer!
Un grand petit livre, absolument Ă conseiller, mais qui rend trĂšs triste aussi ....
Forums: L'Assommoir
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| Toujours pas de Zola pour moi | 34 | AmauryWatremez | 28 mai 2018 @ 20:28 | |
| Merci, Nath | 3 | Provisette1 | 22 février 2015 @ 13:45 | |
| Pour me convaincre d'aimer Zola | 63 | AmauryWatremez | 10 novembre 2011 @ 17:23 | |
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