Une saison pour la peur de James Lee Burke

Une saison pour la peur de James Lee Burke
( A morning for flamingos)

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Policiers et thrillers

Critiqué par Rotko, le 20 avril 2003 (AvrillĂ©, Inscrit le 22 septembre 2002, 52 ans)
Critiqué par Rotko, le 20 avril 2003 (AvrillĂ©, Inscrit le 22 septembre 2002, 52 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 Ă©toiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 Ă©toiles (3 489ème position).
Visites : 9 183  (depuis Novembre 2007)

Le "meilleur ennemi" de l'homme ? lui-mĂȘme.

Dave Robicheau aurait une existence plus tranquille s'il avait l'ùme moins agitée. Chargé d'accompagner deux détenus, il ne peut s'opposer à leur évasion et se retrouve éclopé et traumatisé à l'hopital, avec des cauchemars qui lui rappellent le Vietnam.
L'un de ses amis lui propose une mission pour qu'il Ă©chappe Ă  son vague Ă  l'Ăąme : infiltrer un rĂ©seau de trafiquants de drogue pour mettre fin Ă  leurs activitĂ©s. Robicheau accepte d'ĂȘtre "un judas de profession", auprĂšs du caĂŻd Tony Cardo, personnage plus complexe qu'il n'y paraĂźt, et qui curieusement lui ressemble. "Nous avons tous notre petit panier de serpents personnel", dit ce "caĂŻd", droguĂ© aux amphĂštes.
La violence chez Burke n'est plus le monopole des mĂ©chants, elle est dans l'histoire du pays, et dans les obsessions des personnages. L'adversaire est moins l'ennemi que soi-mĂȘme. Pas lieu d'ĂȘtre fier de soi : on fut peureux, alcoolique, infidĂšle, on ne sait mĂȘme plus sur quelle rive est la loyautĂ©.
Burke dépasse donc le cadre du thriller traditionnel, et son écriture témoigne de l'influence d'Hemingway, ici avouée, et encore plus visible dans
"Vers une aube radieuse".

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Les éditions

Une saison pour la peur [Texte imprimé] James Lee Burke trad. de l'américain par Freddy Michalski
de Burke, James Lee Michalski, Freddy (Traducteur)
Payot & Rivages / Rivages-thriller.
ISBN : 9782869306042 ; 29,22 € ; 31/01/1993 ; 316 p. BrochĂ©
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Une saison pour la peur [Texte imprimé] James Lee Burke trad. de l'américain par Freddy Michalski
de Burke, James Lee Michalski, Freddy (Traducteur)
Payot & Rivages / Rivages noir.
ISBN : 9782743600358 ; 9,65 € ; 01/03/1996 ; 448 p. Poche
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Une amitié risquée

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 43 ans) - 14 août 2023

Ce quatriĂšme opus de la sĂ©rie "Dave Robicheaux" est assurĂ©ment une totale rĂ©ussite et probablement mon prĂ©fĂ©rĂ© pour le moment (je n'en ai lu que 5 sur les 23 de la sĂ©rie ; "Dans la brume Ă©lectrique...", qui est le sixiĂšme, il y Ă  longtemps, et les quatre premiers). "Une saison pour la peur", traduction hasardeuse, extrĂȘmement libre mĂȘme, de "A Morning for flamingos" (l'explication du titre original est donnĂ©e vers la moitiĂ© du roman, par le personnage de Kim), montre Robicheaux accepter une mission risquĂ©e proposĂ©e par un ami appartenant au SRS (un office fĂ©dĂ©ral anti-drogue) : infiltrer la pĂšgre de la Nouvelle-OrlĂ©ans, et plus particuliĂšrement la bande de Tony Cardo, afin de les faire tomber pour trafic. Pour lui qui sort tout juste d'un vrai traumatisme (il s'est fait tirer dessus, et a failli y passer, par un taulard qu'il escortait jusqu'au pĂ©nitencier d'Angola, afin qu'il y soit exĂ©cutĂ© ; le taulard s'est fait la malle, embarquant avec lui un autre condamnĂ© Ă  mort, probablement innocent mais de couleur noire, dont un membre de la famille supplie Robicheaux de l'aider Ă  l'innocenter), la mission est plus que risquĂ©e, mais il l'accepte tout de mĂȘme, et va se lier d'amitiĂ© avec Cardo, un mec plus complexe qu'il n'y paraĂźt, avec qui il partage certains points communs...
Pas trÚs étendu (430 pages en poche), ce quatriÚme cru est une vraie réussite, je ne vois rien à dire de négatif. Dialogues encore une fois parfaits, descriptions savoureuses, ambiance magnifique, James Lee Burke y brille de mille feux. Ca ferait un film remarquable.
J'aimerais cependant bien savoir qui est ce mec sur la couverture (une photo issue d'un film ? On dirait vaguement Dennis Hooper mais je ne pense pas que ça soit lui quand mĂȘme). J'ai eu du mal Ă  ne pas mettre cette tĂȘte sur le personnage de Cardo, malgrĂ© qu'il ne soit pas dĂ©crit de cette maniĂšre dans le roman...

Vengeance aveugle !

8 étoiles

Critique de Pakstones (saubens, Inscrit le 2 septembre 2010, 60 ans) - 10 mai 2014

Hey sucker, voici le retour de Dave Robichaux, ex flic alcoolo, hanté par un passé tragique et attiré par des sables mouvants.

C'est suite Ă  un arrachage qui va mal tourner, que "belle mĂšche" va accepter un taf des plus dangereux.
Infiltrer la mafia de la New Orléans au coté de Tony Cardo, caïd de la dope, plombé aux amphét.

Une histoire de coeur va renaitre avec Bootsie Mouton, son premier A., mais son désir de vengeance prédomine dans cette foutue histoire, et va l'amener dans une spirale violente au risque de tout perdre.

Boggs, Boggs, Boggs, tu dynamites cet horizon mortuaire semé de déchirure indélébile.

Et c'est bien ça ce que l'on aime chez J.L. BURKE, ne pas savoir la limite du bien et du mal, ne pas savoir qui va se faire repasser, ne pas savoir le dénouement avant d'avoir fini le dernier chap.

Podna, je te le dis, tu as lĂ  un putain de book, qui va te faire glisser quelques perles de sueurs froides dans le dos.

J't'aurai prévenu old men !!!

Dave Robicheaux : quatriĂšme acte

8 étoiles

Critique de Ayor (, Inscrit le 31 janvier 2005, 53 ans) - 23 janvier 2011

Le scénario est cette fois-ci un peu différent puisque l'auteur nous propose une plongée directe dans le milieu de la pÚgre de La Nouvelle Orléans.
Et une fois de plus il sait y faire pour nous proposer une bonne histoire, mĂȘme si je l'ai trouvĂ©e peut-ĂȘtre un ton en dessous des trois premiĂšres. On commence Ă  bien connaitre son hĂ©ros rĂ©current, Dave Robicheaux, qui ici se pose tout un tas de questions sur sa loyautĂ©, sur ce qu'il doit faire et bien Ă©videmment sur lui-mĂȘme. Le travail d'introspection et le suspense qui en dĂ©coule sont des plus intĂ©ressants, tout comme d'ailleurs la psychologie des personnages secondaires.
Et toujours en toile de fond, ces paysages fantastiques décrits avec précision et passion par un écrivain talentueux.

Ayant repris du service auprÚs du shérif pour rembourser des dettes contractées dans l'épisode précédent, Dave Robicheaux tombe dans une embuscade lors d'un transfert de prisonniers. Gravement blessé, il se remet doucement de ce traumatique évÚnement lorsqu'il est contacté par Minos P.Dautrieve, un ami faisant partie de la force présidentielle sur les stupéfiants, qui lui propose une infiltration au sein de la bande de Tony Cardo, un des boss de la pÚgre de La Nouvelle Orléans. D'abord hésitant, Dave accepte finalement le travail.

Et un plaisir de lecture

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 69 ans) - 7 novembre 2007

« Elle avait toujours aimĂ© les roses et les belles-de-nuit. Les parterres fleuris sur sa pelouse et dans les zones ombragĂ©es autour de la coulĂ©e en Ă©taient couvertes, lorsqu’elle habitait Spanish Lake. Aujourd’hui, elle cultivait des belles-de-nuit mauve et or le long du mur du patio sur Camp Street. Leurs fleurs avaient dĂ©ja grainĂ© avant l’hiver et les semences ressemblaient Ă  de gros grains de poivre noir sur les briques patinĂ©es, mais ses rosiers jaunes et hybrides de bleu Ă©taient encore Ă©panouis, les roses aussi grosses qu’un poing. Le ciel Ă  l’ouest Ă©tait zĂ©brĂ© de pourpre au travers des chĂȘnes, et des feuilles mortes flottaient au-dessus des tunnels de lumiĂšre sous-marine dans sa piscine. L’air Ă©tait lourd, chargĂ© du goĂ»t fumĂ© de la viande qui grillait sur le barbecue, frais et doux-amer de toutes les senteurs de l’automne, telles ces odeurs de chaumes de cannes Ă  sucre en train de brĂ»ler ou de noix de pacane en train de moisir dans leur coque sous l’arbre. »

On est en Louisiane, lĂ , Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans, puisque dans la sĂ©rie « Dave Robicheaux ». Qui pourra douter Ă  la lecture de l’extrait ci-dessus, d’une part de l’amour de James Lee Burke pour sa Louisiane, d’autre part de l’importance donnĂ©e dans son Ă©criture aux odeurs, aux images, aux goĂ»ts, mais Ă©galement aux sentiments, souvent violents et contradictoires des protagonistes. C’est que, manifestement la Louisiane n’est pas une contrĂ©e tendre pour les humains qui y rĂ©sident,
Dave Robicheaux, dans cet Ă©pisode, a repiquĂ© au travail chez le shĂ©riff (curieux pays quand mĂȘme !), pour de simples raisons alimentaires. Et il est d’entrĂ©e confrontĂ© Ă  un sale boulot : convoyer deux condamnĂ©s Ă  mort vers l’endroit ultime. Ca va mal se passer puisque son collĂšgue se fera tuer, que lui-mĂȘme se prendra une balle dans le ventre et que les deux condamnĂ©s s’échappent.
Dans le laps de temps qui suit ; no man’s land entre la vie normale et l’inactivitĂ©, celui de la convalescence, Dave sera confrontĂ©, comme souvent chez James Lee Burke, aux fantĂŽmes de sa vie passĂ©e, et notamment de son passage Ă  la guerre au Viet-NĂąm. Il va, peut-ĂȘtre pour exorciser ces dĂ©mons, aller un peu plus loin et prendre des risques insensĂ©s en acceptant de jouer l’infiltration, comme faux flic dĂ©froquĂ©, de la Mafia de la drogue Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans. LĂ  rien ne se passera comme il pouvait le prĂ©voir. D’ailleurs avec James Lee Burke, ça se passe rarement comment on pourrait le prĂ©voir ! Les sentiments les plus purs comme les plus obscurs vont prendre le pas sur sa mission et 
 vogue la galĂšre.
Mais Clete Purcell est lĂ  pour veiller sur son ami. Des forces plus obscures aussi peut-ĂȘtre ? Anecdotiquement, c’est dans cet Ă©pisode que Dave Robicheaux retrouve Bootsie Mouton, son amour de jeunesse et que l’histoire se renoue.
C’est violent, c’est fort, bourrĂ© d’émotions (et au pays de l’oncle Sam ce n’est peut-ĂȘtre pas toujours facile Ă  mettre en exergue). Personnellement je vibre toujours autant sur James Lee Burke, au point d’avoir l’impression d’avoir dĂ©jĂ  voyagĂ© prĂšs de la Nouvelle-OrlĂ©ans !

Robicheaux joue copain-copain avec un caĂŻd

9 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 58 ans) - 27 août 2007

VoilĂ  que notre Robicheaux a repris du service auprĂšs de la police! Et l’une de ses premiĂšres tĂąches sera d’infiltrer un rĂ©seau de trafiquants de drogue, ce qu’il accepte bon grĂ© mal grĂ©. Il joue tellement finement qu’il deviendra l’ami du caĂŻd, Tony Cardo. Et c’est ici que l’on voit l’un des atouts principaux de la psychologie des personnages de Burke : jamais blancs, jamais noirs, toujours gris. Car ce Tony Cardo semble avoir un bon fond. Il s’occupe Ă  merveille et avec un dĂ©vouement sans limite de son petit garçon handicapĂ©, par exemple. A tel point que ses supĂ©rieurs doivent plusieurs fois prendre Robicheaux entre quatre z’yeux pour lui rappeler que ce mĂȘme Tony est celui qui vend de la drogue, qui s’enrichit proportionnellement Ă  la dĂ©pendance de certains, qui ne fait pas de quartier Ă  ses ennemis, qui tue lorsqu’il le faut. Bien sĂ»r, la morale sera sauve, mais comme toujours avec Burke, cette morale est nuancĂ©e, ses limites sont floues, il n’y a pas d’absolu avec lui, que du relatif. Cela vaut Ă©galement pour ses relations avec Bootsie, son premier amour qu’il retrouve par hasard dans cet univers. Avec elle, cela se passera plutĂŽt bien, trop peut-ĂȘtre ? Trahira-t-elle ses confidences ?

Ce volume est trĂšs abouti et figure certainement parmi les points forts des aventures de Robicheaux.

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