Si si, je les ai ouverts. J'avais déjà regardé les dessins incriminés et m'étais étonné aussi de l'écart graphique entre la représentation de Spirou et Fantasio et des personnages noirs. Dans ton deuxiÚme lien on voit aussi Tembo tabou dont je parlais un peu au-dessus. Ta comparaison avec la réaction des Bretons pour Bécassine me paraßt tout à fait juste, et à mon sens c'était déjà du wokisme, dans le bon sens du terme.
Je ne sais pas si tu as ouvert les liens que j'avais mis dans mon post. Il y a deux ou trois planches de Dany : plus qu'une poursuite de la sĂ©rie, on dirait un exercice de style oĂč un dessinateur s'approprie par dĂ©fi un personnage qui ne fait pas partie de son univers. Cela dit, comme je le disais dans mon post, je comprends l'irritation des noirs et je n'en suis pas gĂȘnĂ©. Sans crier au wokisme, elle me paraĂźt aussi lĂ©gitime que les Bretons qui n'aimaient pas leur reprĂ©sentation caricaturale dans BĂ©cassine. Quand on regarde les planches de Dany, ce qui est gĂȘnant, c'est surtout le contraste entre le dessin de Spirou et Fantasio, au physique de playboy, et les dessins des noirs, aux traits forcĂ©s comme s'ils Ă©taient ciblĂ©s par le dessinateur...
Je n'ai pas lu ces nouveaux albums de Spirou ; en revanche j'ai avec beaucoup d'intĂ©rĂȘt la rĂ©interprĂ©tation d'Emile Bravo https://critiqueslibres.com/i.php/vcrit/54427 . Ăa me paraĂźt beaucoup plus intĂ©ressant que de poursuivre une sĂ©rie juste pour la poursuivre.
qui autorise-t-on à prendre la parole publiquement? Qui décide d'exclure? Le rédacteur en chef d'un journal? le chef de la rédaction d'une télé ou d'une radio?
Voici exactement le point le plus important.
Je pense que l'Ă©diteur (dans le cas prĂ©sent), le rĂ©dacteur en chef du journal,... ont comme raison d'ĂȘtre de dĂ©cider ce qui peut ĂȘtre publiĂ© ou pas (car enfreinte Ă la morale, etc..). Il y a le concept de responsabilitĂ© en cascade : le journaliste ne sera pas responsable car c'est le rĂ©dacteur en chef qui assume la responsabilitĂ© en cas de procĂšs.
Dans le cas prĂ©sent Thaux explique que l'Ă©diteur a pris la dĂ©cision, non pour dĂ©fendre ses intĂ©rĂȘts financier, mais plutĂŽt car le contenu Ă©tait contestable. Rien Ă dire dans ce cas.
DĂšs lors qu'un Ă©diteur dĂ©cide de publier , ce qui est un geste privĂ©, il me semble qu'il peut dĂ©cider librement de ne plus le faire pour ses propres raisons (il a fait une erreur d'apprĂ©ciation ou autres comme l'ambiguĂŻtĂ© par exemple...)...On peut toujours accuser de tout et n'importe quoi sur les rĂ©seaux sociaux et de mĂȘme on peut toujours avoir l'obsession des mĂȘmes responsables , et c'est pas demain que ça va s'arrĂȘter ...
L'éditeur a préféré ne pas aller au procÚs ça me paraßt clair comme motivation et choix...respectons-la !
L'éditeur a préféré ne pas aller au procÚs ça me paraßt clair comme motivation et choix...respectons-la !
qui autorise-t-on à prendre la parole publiquement? Qui décide d'exclure? Le rédacteur en chef d'un journal? le chef de la rédaction d'une télé ou d'une radio?
Voici exactement le point le plus important.
Je pense que l'Ă©diteur (dans le cas prĂ©sent), le rĂ©dacteur en chef du journal,... ont comme raison d'ĂȘtre de dĂ©cider ce qui peut ĂȘtre publiĂ© ou pas (car enfreinte Ă la morale, etc..). Il y a le concept de responsabilitĂ© en cascade : le journaliste ne sera pas responsable car c'est le rĂ©dacteur en chef qui assume la responsabilitĂ© en cas de procĂšs.
Dans le cas prĂ©sent Thaux explique que l'Ă©diteur a pris la dĂ©cision, non pour dĂ©fendre ses intĂ©rĂȘts financier, mais plutĂŽt car le contenu Ă©tait contestable. Rien Ă dire dans ce cas.
@Saule (et d'autres) : il me semble que vous mĂ©langez tout. Dans l'affaire Spirou, il n'y aucune responsabilitĂ© engagĂ©e car cette BD n'enfreint pas de loi. D'ailleurs, ça fait un an qu'elle est dans les bacs des libraires... C'est juste une condamnation "morale" sur le fait que des personnes viennent (et non sans raison) de s'Ă©mouvoir que le dessin de Dany caricature les noirs et pas les blancs. En l'occurrence, je comprends l'irritation des noirs (de mĂȘme que pour les Bretons avec BĂ©cassine, et ça n'a rien Ă voir avec le wokisme) mais, en mĂȘme temps, je suis irritĂ© d'un deux poids deux mesures dans la "bien-pensance" car, par exemple, on loue la libertĂ© de ton de Charlie-Hebdo pour des caricatures infiniment plus offensantes (Ă l'Ă©gard des musulmans, des cathos, des noirs, des juifs, des femmes, etc.) que ce qu'on reproche Ă Dany (c'est-Ă -dire - grosso modo - d'avoir dessinĂ© Spirou et Fantasio en hommes blancs Ă©lĂ©gants et musclĂ©s au milieu de noirs avec des gros visages ronds Ă grosses lĂšvres...). On peut Ă la fois se fĂ©liciter de l'auto-censure de Dupuis, signe que les choses Ă©voluent dans le bon sens, et s'inquiĂ©ter que ça fasse sous la pression d'une bien-pensance qui me semble aussi dangereuse (mais pour d'autres raisons) que ce qu'elle condamne...
Concernant BĂ©cassine que j'adore, je peux comprendre la rĂ©action des bretons mais il y a tellement de malice dans son comportement, de critique d'un certain milieu bourgeois qu'elle rend ridiculesurtout Ă cette epoque , d'utilisation de sa prĂ©tendue bĂȘtise de "bon sens " pour se moquer de ce milieu ! Et les dessins !
Mais l'humour est ressenti d'une façon tellement diffĂ©rente selon le cĂŽtĂ© oĂč l'on se trouve...
Mais l'humour est ressenti d'une façon tellement diffĂ©rente selon le cĂŽtĂ© oĂč l'on se trouve...
En l'occurrence, je comprends l'irritation des noirs (de mĂȘme que pour les Bretons avec BĂ©cassine, et ça n'a rien Ă voir avec le wokisme) mais, en mĂȘme temps, je suis irritĂ© d'un deux poids deux mesures dans la "bien-pensance" car, par exemple, on loue la libertĂ© de ton de Charlie-Hebdo pour des caricatures infiniment plus offensantes (Ă l'Ă©gard des musulmans, des cathos, des noirs, des juifs, des femmes, etc.) que ce qu'on reproche Ă Dany (c'est-Ă -dire - grosso modo - d'avoir dessinĂ© Spirou et Fantasio en hommes blancs Ă©lĂ©gants et musclĂ©s au milieu de noirs avec des gros visages ronds Ă grosses lĂšvres...). On peut Ă la fois se fĂ©liciter de l'auto-censure de Dupuis, signe que les choses Ă©voluent dans le bon sens, et s'inquiĂ©ter que ça fasse sous la pression d'une bien-pensance qui me semble aussi dangereuse (mais pour d'autres raisons) que ce qu'elle condamne...
Peut-ĂȘtre tout simplement que Dupuis n'a pas envie d'ĂȘtre Charlie Hebdo, qui fait son beurre de ce genre de caricatures, qu'Ă titre personnel, je ne loue pas. (De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, j'aurais tendance Ă me fĂ©liciter de vivre dans un Ătat oĂč on peut faire ce que fait Charlie Hebdo, mais je n'apprĂ©cie pas leur ligne et il me semble que ce n'est pas tant qu'on loue ce magazine mais plutĂŽt qu'il est devenu difficile de le critiquer depuis les attentats.)
Mais ce n'est pas parce que Charlie Hebdo fait (Ă bon droit) du Charlie Hebdo que tout le monde doit vouloir le faire. Dupuis, qui n'est donc pas Charlie Hebdo, n'a peut-ĂȘtre tout simplement pas envie d'ĂȘtre associĂ© Ă cette image. Peut-ĂȘtre que la BD est sortie sans que l'Ă©diteur se soit rendu compte de son caractĂšre offensant, ou qu'il s'en est rendu compte trop tard et pour diffĂ©rentes raisons (commerciales, d'agenda, que sais-je ?) a fait le choix de la sortir quand mĂȘme en espĂ©rant que ça passe. Ce qui a Ă©tĂ© le cas pendant un an et puis une polĂ©mique surgit dont Dupuis, contrairement Ă Charlie Hebdo, ne veut pas et fait le choix de rappeler une BD qui ne correspond pas Ă sa ligne. Je ne vois pas le problĂšme.
C'est un peu comme un humoriste qui fait une mauvaise blague. On peut la jouer comme Meurice et dire j'ai le droit d'appeler Netanyahu un nazi sans prĂ©puce alors je persiste Ă le faire et passe mon costume de hĂ©ros de la libertĂ© d'expression, ou bien on peut aussi se rendre compte que mĂȘme si on a le droit de le dire, ce n'est pas une trĂšs bonne blague, s'excuser et passer Ă autre chose. Dupuis choisit visiblement cette seconde voie. Je ne vois pas le mal.
En gros, ce n'est pas parce qu'on vit dans un Ătat oĂč c'est possible de le faire, qu'on est obligĂ© de faire le choix d'offenser.
Charlie est un journal militant dont la raison d'ĂȘtre est de provoquer pour repousser les limites de la libertĂ© d'expression.
Spirou est une BD Ă©tiquetĂ©e jeunesse (mĂȘme si son lectorat n'est sans doute pas si jeune). On peut comprendre et se fĂ©liciter que perpĂ©tuer des stĂ©rĂ©otypes racistes auprĂšs du jeune public ne soient pas son objectif.
Charlie est un journal militant dont la raison d'ĂȘtre est de provoquer pour repousser les limites de la libertĂ© d'expression.
Spirou est une BD Ă©tiquetĂ©e jeunesse (mĂȘme si son lectorat n'est sans doute pas si jeune). On peut comprendre et se fĂ©liciter que perpĂ©tuer des stĂ©rĂ©otypes racistes auprĂšs du jeune public ne soient pas son objectif.
En gros, ce n'est pas parce qu'on vit dans un Ătat oĂč c'est possible de le faire, qu'on est obligĂ© de faire le choix d'offenser.
Charlie est un journal militant dont la raison d'ĂȘtre est de provoquer pour repousser les limites de la libertĂ© d'expression.
Spirou est une BD Ă©tiquetĂ©e jeunesse (mĂȘme si son lectorat n'est sans doute pas si jeune). On peut comprendre et se fĂ©liciter que perpĂ©tuer des stĂ©rĂ©otypes racistes auprĂšs du jeune public ne soient pas son objectif.
Je suis tout Ă fait d'accord avec toi. Ce que je trouve gĂȘnant, et un peu inquiĂ©tant, c'est que Dupuis semble ne pas l'avoir fait de sa propre initiative par prise de conscience mais sous pression d'associations auxquelles il donne implicitement raison... Je pense que Dupuis a raison de retirer sa BD, et que c'est une bonne chose, mais je n'aime pas la façon dont on est en train d'alimenter une machine Ă censure via la caisse de rĂ©sonance des rĂ©seaux sociaux, etc.
En gros, ce n'est pas parce qu'on vit dans un Ătat oĂč c'est possible de le faire, qu'on est obligĂ© de faire le choix d'offenser.
Charlie est un journal militant dont la raison d'ĂȘtre est de provoquer pour repousser les limites de la libertĂ© d'expression.
Spirou est une BD Ă©tiquetĂ©e jeunesse (mĂȘme si son lectorat n'est sans doute pas si jeune). On peut comprendre et se fĂ©liciter que perpĂ©tuer des stĂ©rĂ©otypes racistes auprĂšs du jeune public ne soient pas son objectif.
Je suis tout Ă fait d'accord avec toi. Ce que je trouve gĂȘnant, et un peu inquiĂ©tant, c'est que Dupuis semble ne pas l'avoir fait de sa propre initiative par prise de conscience mais sous pression d'associations auxquelles il donne implicitement raison... Je pense que Dupuis a raison de retirer sa BD, et que c'est une bonne chose, mais je n'aime pas la façon dont on est en train d'alimenter une machine Ă censure via la caisse de rĂ©sonance des rĂ©seaux sociaux, etc.
Tu ne l'aimes pas mais tu ne peux dĂ©montrer qu'il s'agit d'une "machine Ă censure" . Que voudrais-tu ? Censurer ces avis? C'est un peu contradictoire non ? On peut admettre que ces avis, tous extrĂȘmes qu'ils soient, ont permis Ă Dupuis de prendre conscience de son erreur...alors...
Je pense que le problÚme, c'est que Dupuis a sorti sa BD, pas qu'il la retire. Je ne sais pas ce qui l'a poussé à la sortir : le processus était trop avancé pour revenir en arriÚre ? il n'a pas perçu le caractÚre offensant des dessins (mon analogie avec une mauvaise blague) ?
AprĂšs, une fois que la BD est sortie, soit qu'il n'y voie pas le mal, soit qu'il espĂšre que ça passera sans faire de vague, l'Ă©diteur n'a aucun intĂ©rĂȘt Ă rappeler sa BD de lui-mĂȘme. Il faut bien que quelque chose l'y pousse. Dupuis aurait trĂšs bien pu faire le choix de laisser passer l'orage : il se serait trouvĂ© au moins autant de gens pour soutenir ce choix (il n'y a qu'Ă voir ce forum).
AprÚs tout la véritable polémique a commencé quand Dupuis a décidé de rappeler sa BD, pas quand on en a dénoncé le dessin. Paradoxalement, c'est donc davantage pour avoir retiré une BD comportant des dessins racistes que pour l'avoir publiée que Dupuis essuie un shitstorm. Encore une preuve que la "bien-pensance" n'est pas vraiment du cÎté qu'on croit...
AprĂšs, une fois que la BD est sortie, soit qu'il n'y voie pas le mal, soit qu'il espĂšre que ça passera sans faire de vague, l'Ă©diteur n'a aucun intĂ©rĂȘt Ă rappeler sa BD de lui-mĂȘme. Il faut bien que quelque chose l'y pousse. Dupuis aurait trĂšs bien pu faire le choix de laisser passer l'orage : il se serait trouvĂ© au moins autant de gens pour soutenir ce choix (il n'y a qu'Ă voir ce forum).
AprÚs tout la véritable polémique a commencé quand Dupuis a décidé de rappeler sa BD, pas quand on en a dénoncé le dessin. Paradoxalement, c'est donc davantage pour avoir retiré une BD comportant des dessins racistes que pour l'avoir publiée que Dupuis essuie un shitstorm. Encore une preuve que la "bien-pensance" n'est pas vraiment du cÎté qu'on croit...
Je mâĂ©tonne quâautant de gens amoureux des livres soient prĂȘts Ă donner le mot final de publication de toutes les Ćuvres Ă quelques minoritĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux qui font des autodafĂ©s virtuels!
Autrement dire de laisser aux autres le choix de ce que lâon doit lire ou non, ou mĂȘme de penser en fait!
DĂ©jĂ que lâon aseptise maintenant souvent avant publication parce quâon nous prend pour des enfants ou des cons, si en plus nâimporte qui peut censurer Ă qui mieux mieux, aussi bien dire aux crĂ©ateurs Ă lâavance de nous Ă©crire que des choses sensibles et infiniment fades qui ne vont offenser personne sur Tik Tok.
Autrement dire de laisser aux autres le choix de ce que lâon doit lire ou non, ou mĂȘme de penser en fait!
DĂ©jĂ que lâon aseptise maintenant souvent avant publication parce quâon nous prend pour des enfants ou des cons, si en plus nâimporte qui peut censurer Ă qui mieux mieux, aussi bien dire aux crĂ©ateurs Ă lâavance de nous Ă©crire que des choses sensibles et infiniment fades qui ne vont offenser personne sur Tik Tok.
Je mâĂ©tonne quâautant de gens amoureux des livres soient prĂȘts Ă donner le mot final de publication de toutes les Ćuvres Ă quelques minoritĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux qui font des autodafĂ©s virtuels!
Autrement dire de laisser aux autres le choix de ce que lâon doit lire ou non, ou mĂȘme de penser en fait!
Et moi, je m'étonne qu'autant de gens qui lisent et semblent éduqués brandissent à tort et à travers la notion de censure sans, semble-t-il, y comprendre quoi que ce soit.
Ceux qui censurent, ce sont, par exemple, les gouverneurs républicains qui interdisent dans les écoles de leurs circonscriptions des ouvrages mettant en scÚne de jeunes homosexuels ou abordant la question de l'IVG.
Ici, il s'agit d'un Ă©diteur (soit, prĂ©cisĂ©ment, un de ces "autres" dont la raison d'ĂȘtre est de dĂ©cider de ce qui peut ou non ĂȘtre publiĂ©) qui semble se rendre compte d'une erreur qu'il a faite, puisque, manifestement, Dupuis n'avait pas pour intention de publier un ouvrage raciste. C'est un peu comme quand, lors d'un repas, si l'on dit quelque chose dont on se rend compte que ça a offensĂ© un des convives, on peut faire le choix de dire "je suis dĂ©solĂ©, je retire ce que j'ai dit, je ne voulais pas vous blesser" sans ĂȘtre pour autant victime d'une odieuse censure woke.
Personne n'oblige Dupuis Ă retirer sa BD. Il fait le choix de le faire â et visiblement, il se met plus de personnes Ă dos en faisant ce choix qu'en se contentant de laisser passer l'orage. Ca ne semble donc mĂȘme pas ĂȘtre par intĂ©rĂȘt Ă©conomique. Peut-ĂȘtre que Dupuis n'a juste pas envie de publier des ouvrages Ă caractĂšre raciste. Faut-il vraiment s'en inquiĂ©ter et y voir un pĂ©ril pour la dĂ©mocratie ?
DĂ©jĂ que lâon aseptise maintenant souvent avant publication parce quâon nous prend pour des enfants ou des cons, si en plus nâimporte qui peut censurer Ă qui mieux mieux, aussi bien dire aux crĂ©ateurs Ă lâavance de nous Ă©crire que des choses sensibles et infiniment fades qui ne vont offenser personne sur Tik Tok.
S'il te semble absolument nĂ©cessaire le bien commun que des ouvrages oĂč des Noirs sont comparĂ©s Ă des singes soient publiĂ©s, ne t'en fais pas : on peut aisĂ©ment en trouver. Non seulement dans une bonne partie des BD populaires du 20e siĂšcle qui continuent d'ĂȘtre rééditĂ©es ou dans des ouvrages qui jouent volontairement la carte de la provoc', mais aussi dans toute une "littĂ©rature spĂ©cialisĂ©e" dont le caractĂšre raciste est assumĂ©. Il n'y a qu'Ă creuser un peu.
brandissent Ă tort et Ă travers la notion de censure sans, semble-t-il, y comprendre quoi que ce soit.
Vrai, jâaurais dĂ» Ă©crire âune forme de censureâ
Dupuis n'avait pas pour intention de publier un ouvrage raciste.
Exactement.
S'il te semble absolument nĂ©cessaire le bien commun que des ouvrages oĂč des Noirs sont comparĂ©s Ă des singes soient publiĂ©s, ne t'en fais pas : on peut aisĂ©ment en trouver.
Heureusement, sinon on pourrait croire que le racisme nâexiste pas!
je n'aime pas la façon dont on est en train d'alimenter une machine Ă censure via la caisse de rĂ©sonance des rĂ©seaux sociaux, etc.Moi non plus, mais chaque cas est diffĂ©rent. Autant changer le titre de Dix petits nĂšgres ne me paraĂźt absolument pas nĂ©cessaire ; autant signaler Ă un Ă©diteur et Ă un auteur qu'ils ont produit, sans s'en rendre compte, quelque chose de choquant (il suffit de regarder les dessins pour s'en rendre compte), me paraĂźt utile. Que cela passe par l'intermĂ©diaire d'influenceurs, par les rĂ©seaux sociaux... ça ne me rĂ©jouit pas. Mais cela passerait par oĂč sinon ?
l'Ă©diteur a pris la dĂ©cision, non pour dĂ©fendre ses intĂ©rĂȘts financier, mais plutĂŽt car le contenu Ă©tait contestable. Rien Ă dire dans ce cas.
@Saule
Et a quel moment le contenu devient âContestableâ sur les rĂ©seaux sociaux?
A partir de 50,000 commentaires, 200,000, ou 1 million?
A quel niveau, lâĂ©diteur, doit sâexcuser et retirer lâouvrage du domaine public?
S'il ne le fait pas, est-ce qu'une punition est de mise? Par exemple un boycottage des oeuvres de la maison?
Dupuis n'avait pas pour intention de publier un ouvrage raciste.
Exactement.
Eh bien, voilà . Fin de l'histoire. Dupuis n'a jamais eu pour intention de publier un livre à caractÚre raciste. Il se rend compte, aprÚs qu'on lui a mis le nez dedans, qu'il a pourtant bel et bien publié un ouvrage à caractÚre raciste. Alors, puisque ça ne correspondait à son intention, reconnaissant son erreur, Dupuis retire l'ouvrage. En aucun cas, ça ne s'apparente à une censure.
Ca en aurait Ă©tĂ© une si Dupuis avait depuis le dĂ©but eu pour volontĂ© de publier un ouvrage Ă caractĂšre raciste et en avait Ă©tĂ© empĂȘchĂ©. Ca ne semble pas ĂȘtre le cas.
Et c'est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que le parallĂšle avec Charlie n'est pas valide. Quand il publie une caricature, Charlie a bel et bien pour intention de provoquer. Et rien ne l'en empĂȘche, pas mĂȘme la bien-pensance-woke-islamo-gauchiste-fĂ©minazi-de-gĂŽche.
A partir de zĂ©ro commentaire. Il suffit que l'Ă©diteur et/ou l'auteur prenne conscience de cette nĂ©cessitĂ©. Les commentaires ne servent qu'Ă signaler quelque chose qui aurait dĂ©jĂ ĂȘtre perçu avant la publication.
A partir de 50,000 commentaires, 200,000, ou 1 million?
A quel niveau, lâĂ©diteur, doit sâexcuser et retirer lâouvrage du domaine public?
S'il te semble absolument nĂ©cessaire le bien commun que des ouvrages oĂč des Noirs sont comparĂ©s Ă des singes soient publiĂ©s, ne t'en fais pas : on peut aisĂ©ment en trouver.
Heureusement, sinon on pourrait croire que le racisme nâexiste pas!
Alors là il y a d'autres moyens. A l'école par exemple , on peut évoquer le racisme pour en montrer les méfaits. Le problÚme c'est d'imposer le racisme dans le contenu des lectures particuliÚrement concernant des enfants...
On est bien d'accord j'espĂšre, le racisme n'est pas acceptable....?
A partir de 50,000 commentaires, 200,000, ou 1 million?
A quel niveau, lâĂ©diteur, doit sâexcuser et retirer lâouvrage du domaine public?
A partir de zĂ©ro commentaire. Il suffit que l'Ă©diteur et/ou l'auteur prenne conscience de cette nĂ©cessitĂ©. Les commentaires ne servent qu'Ă signaler quelque chose qui aurait dĂ©jĂ ĂȘtre perçu avant la publication.
Donc, vous ĂȘtes en faveur de lâauto-censure a priori?
La fiction dorĂ©navant doit ĂȘtre balisĂ©e et formatĂ©e en fonction dâune prĂ©diction dâun futur potentiel dâoffenser un nombre inconnu de personnes sur les rĂ©seaux sociaux.
On ne peut plus parler alors dâun fait imaginĂ© (opposĂ© Ă rĂ©alitĂ©) puisque contaminĂ© par des enjeux du monde rĂ©el. Je dirais que le travail de lâĂ©crivain sâapparente alors Ă une forme dâintelligence artificielle (qui dâailleurs pourrait remplacer les Ă©crivains).
BientĂŽt il sera beaucoup plus simple pour un Ă©diteur dâutiliser un programme qui produit des romans ou des bĂ©dĂ©s en sâassurant de retirer tout ce qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© raciste, sexiste etc.
Ou plutĂŽt, ce seront les lecteurs qui vont fabriquer des romans et paramĂ©triser leur niveau de tolĂ©rance sur certains sujets, si le systĂšme le permetâŠ
On est bien d'accord j'espĂšre, le racisme n'est pas acceptable....?
Oui, bien sûr.
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