Saint Jean-Baptiste
15/07/2023 @ 10:37:51
Samedi 15 juillet 2023

« Papy, il y a un problĂšme
 »

C’est trĂšs amusant cette façon qu’ont les enfants de lire les BD. La premiĂšre fois qu’ils ont vu Tintin en dessins animĂ©s Ă  la TV ils ont dit :" il ne parle pas comme dans les livres ".

Shelton
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15/07/2023 @ 11:51:45

C’est trĂšs amusant cette façon qu’ont les enfants de lire les BD. La premiĂšre fois qu’ils ont vu Tintin en dessins animĂ©s Ă  la TV ils ont dit : " il ne parle pas comme dans les livres ".


C'est exactement cela !!!

Shelton
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16/07/2023 @ 06:25:06
Dimanche 16 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’ai trouvĂ© il y a quelques semaines une réédition des aventures de GĂ©dĂ©on, le premier volume, celui qui porte comme nom, tout simplement, « GĂ©dĂ©on ». C’est donc avec plaisir et dĂ©lectation que je suis parti en compagnie de mon caneton au long cou


Benjamin Rabier, l’auteur, est un artiste que j’apprĂ©cie beaucoup (1864-1939). Avant de le connaitre pour son GĂ©dĂ©on et son dessin de la Vache qui rit, j’avoue avoir surtout profitĂ© de ses Fables de La Fontaine (1924). Maman avait le fablier entier en Ă©dition originale et enfants, nous l’adorions. Malheureusement, j’avoue sans peine, avoir maltraitĂ© cet ouvrage avec mes frĂšres et sƓur : lequel commença le saccage, j’avoue ne pas le savoir, ce qui est certain c’est que nous avions dĂ©coupĂ© de nombreuses illustrations pour en faire comme des images « bon point » ! Ce drame fit beaucoup de bruit Ă  l’époque, enfin dans notre famille, et aujourd’hui je suis obligĂ© de me contenter de lire la version de Gustave DorĂ© qui elle, a passĂ© le temps
 Bon, je suis un peu de mauvaise foi car j’ai trouvĂ© depuis cet accident de ciseaux une Ă©dition des Fables de Benjamin Rabier
 AprĂšs tout, Ă©dition originale ou pas, ce qui est important, c’est bien la qualitĂ© des illustrations !

Car Benjamin Rabier est un des plus grands illustrateurs français. D’origine modeste, il est obligĂ© de travailler trĂšs tĂŽt pour vivre et le dessin ne deviendra sa source de revenus que dans un second temps. Alors qu’il est comptable au Bon marchĂ©, ce sont les contacts avec Caran d’Ache qui vont lui permettre d’avancer. Certaines revues publient ses dessins et il sort mĂȘme un album pour la jeunesse, Tintin-Lutin, avec un personnage qui aurait pu servir d’inspiration Ă  Hergé  Autant on peut ĂȘtre prudent sur les influences, autant force est de constater que Benjamin Rabier est bien l’un des pionniers de la bande dessinĂ©e !

Ses illustrations des Fables sont rĂ©ellement gĂ©niales et quand on regarde avec attention chaque dessin on mesure la façon dont l’illustrateur s’est appropriĂ© le texte pour en donner une version graphique trĂšs personnelle et de qualitĂ©. L’expression de ses personnages en dit tellement sur ce qu’ils pensent, vivent et veulent nous raconter
 Avec Rabier, La Fontaine passe au second plan !

On lui doit aussi la fameuse Vache qui rit, le dessin initial, bien sĂ»r, et pas le fromage (d’ailleurs est-ce du fromage ou une pĂąte Ă  tartiner ?). Ce dessin a fait le tour du monde et cette vache un peu particuliĂšre prolonge sa vie d’annĂ©e en annĂ©e
 Chapeau bas monsieur Benjamin Rabier !

Enfin, c’est en 1923 que nait son personnage de fiction GĂ©dĂ©on, un drĂŽle de lascar qui va vivre ses aventures dans ce que l’on peut et doit appeler une vĂ©ritable bande dessinĂ©e. Entre 1923 et 1939, il y aura 16 albums que je qualifierai, quant Ă  moi, de mythiques et gĂ©niaux !

Alors, il reste une derniĂšre question et de taille : le travail de Benjamin Rabier est-il encore accessible aux jeunes, peut-il dĂ©clencher le plaisir des jeunes lecteurs en ce dĂ©but du XXI° siĂšcle ? Bonne question dont je ne possĂšde pas seul la rĂ©ponse, mais si vous n’essayez pas de faire lire GĂ©dĂ©on Ă  un jeune enfant, vous ne saurez jamais ! Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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17/07/2023 @ 08:00:17
Lundi 17 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et rien e tel qu’un bon ouvrage historique pour rĂ©tablir certaines vĂ©ritĂ©s. Il faut dire que les mensonges, certains disent aujourd’hui fake news ou approximations avec les rĂ©alitĂ©s, ont la vie dure et que pour rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© il faudra toujours des arguments solides, voire beaucoup plus !

Depuis ma jeunesse (lĂ , je ne cherche pas Ă  jouer au vieux qui radote mais juste Ă  donner une rĂ©fĂ©rence temporelle), on me disait que les AmĂ©ricains avaient Ă  l’issue de la Seconde guerre mondiale « rĂ©cupĂ©ré», souvent de force, des savants nazis -les plus sympas diraient juste allemands - pour profiter de toutes les recherches faites sous la direction gĂ©nĂ©rale d’Hitler. Les Russes en avaient de mĂȘme mais pas les autres, surtout pas les Français


A Brest, durant mes Ă©tudes universitaires, j’avais dĂ©jĂ  eu un doute quand j’avais dĂ©couvert avec un enseignant que la France avait profitĂ© de certaines expĂ©riences dans les camps pour Ă©tablir des tables scientifiques de plongĂ©e
 Cela faisait un peu froid dans le dos
 J’avais alors cru qu’il s’agissait d’une exception, d’un cas unique
 Cette fois-ci, la rĂ©vĂ©lation est cruelle


C’est visiblement un peu par hasard que Michel Tedoldi, rĂ©alisateur d’enquĂȘtes sur des faits de sociĂ©tĂ© pour France TV et Arte, dĂ©couvre qu’un nombre consĂ©quent de savants allemands (et mĂȘme parfois nazis) ont travaillĂ© pour la France dans les domaines atomique et aĂ©ronautique par exemple
 Alors, puisque certaines choses semblaient avoir Ă©tĂ© cachĂ©es, Michel Tedoldi est parti Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ©, enfin disons plutĂŽt une partie de la vĂ©ritĂ© car certaines choses resteront certainement dans l’ombre


Il ne s’agit donc pas d’un livre d’histoire classique mais bien du rĂ©cit d’une enquĂȘte : on saura ce qu’il s’est passĂ© mais surtout les comment, les pourquoi, les dissimulations, les secrets plus ou moins bien gardĂ©s
 Ce qui est fascinant c’est de constater que cette vĂ©ritĂ© a Ă©tĂ© oubliĂ©e, occultĂ©e, partiellement effacĂ©e sans que l’on puisse dĂ©tecter Ă  chaque Ă©tape une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de tromper, de mentir, de manipuler
 En fait, en mĂȘme temps que la RĂ©sistance imposait une sorte de nouvelle Ă©tape du roman national, les industriels Ă©crivaient leur histoire en oubliant Hermann Oestrich, Heinz Bringer, Otto Ambros, Rolf Engel
 Ces scientifiques Ă©taient allemands, certains ouvertement nazis. Ils sont devenus les rouages et moteurs de nos grandes spĂ©cialitĂ©s « françaises » : nuclĂ©aire, aĂ©ronautique, espace
 Ils ont Ă©tĂ© recrutĂ©s massivement dĂšs 1944, certains ont mĂȘme eu la LĂ©gion d’Honneur et Michel Tedoldi nous raconte cette histoire qui Ă©tait restĂ©e dans l’ombre


Il s’agit donc d’un trĂšs bon livre Ă  dĂ©couvrir juste pour en savoir plus et, quand vous entendrez que l’Inde nous achĂšte quelques Rafale et autres Airbus, vous vous souviendrez alors que l’on doit cela, en grande part, Ă  des anciens nazis
 Oui, je sais, cela fait un peu froid dans le dos
 Et vous ne pourrez mĂȘme pas vous consoler avec l’aventure d’Ariane Espace qui, elle-aussi, a bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’aide indispensable de ces anciens savants du III° Reich !

Alors, mĂȘme si cela ne donne pas le moral, mĂȘme si vous allez comprendre que les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale n’ont pas toujours Ă©tĂ© cohĂ©rents jusqu’au bout, mĂȘme si vous ne serez plus aussi fiers des Mirage, Airbus, Rafale et Ariane, je ne peux, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, que vous conseiller cette trĂšs belle enquĂȘte de Michel Tedoldi, « Un pacte avec le diable » !

Shelton
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18/07/2023 @ 20:57:51
Mardi 18 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois cet Ă©tĂ© des livres me permet de me poser des questions de fond sur la littĂ©rature, sur les grands auteurs, sur ces « fameux » classiques qu’il faudrait avoir lus avant de mourir
 Par exemple, le 11 juillet 2023, Milan Kundera dĂ©cĂšde Ă  l’ñge de 94 ans
 D’un seul coup, la planĂšte livres, malheureusement de plus en plus petite, s’agite et ceux qui ne l’ont pas lu veulent rattraper leur retard tandis que les autres semblent faire les malins, « nous, on l’a lu ! »  De son vivant, s’entend !

Tout cela est en fait bien superflu, artificiel et sans consĂ©quence
 On peut bien vivre sans avoir lu Kundera (et de trĂšs nombreux autres auteurs d’ailleurs). Mais, on peut aussi ĂȘtre passĂ© Ă  cĂŽtĂ© de Kundera et avoir envie de combler, du moins partiellement, cette lacune (ou supposĂ©e telle). Se pose alors la grande question : par quel livre commencer ?

A titre personnel, ne croyez surtout pas que j’ai tout lu et que je connaitrais tous les auteurs, mon rĂ©flexe initial est de prendre un premier ouvrage au hasard et si j’aime, de continuer sans cesse jusqu’à Ă©puisement des ouvrages de l’auteur en question
 Mon Ă©pouse regarde souvent cette « boulimie » avec curiositĂ©. Elle sait que si j’aime au moment de la dĂ©couverte, il y aura obligatoirement une suite
 C’est ainsi que, lors de mon collĂšge, j’ai dĂ©couvert Corneille et lu durant la mĂȘme annĂ©e scolaire plus de trente piĂšces
 J’en avais lues plus que mon professeur de français
 Depuis, il en fut de mĂȘme avec de nombreux auteurs dont certains sont encore bien prĂ©sents dans ma bibliothĂšque malgrĂ© la crise du logement !

Alors revenons Ă  Milan Kundera et tentons de donner une piste de lecture Ă  ceux qui ne le connaissent pas du tout et, qui sait, une envie de relecture aux autres. Je proposerai de commencer par « La fĂȘte de l’insignifiance » et je vais tenter de vous expliquer pourquoi de façon simple et concise.

Tout d’abord, c’est un roman peu volumineux, directement Ă©crit en français donc sans problĂšme de traduction plus ou moins limpide et, enfin, disponible en format poche ce qui ne mettra pas en pĂ©ril vos finances personnelles. VoilĂ , pour les aspects les plus techniques


Sur la forme littĂ©raire, ce roman est parfaitement reprĂ©sentatif du style de Milan Kundera, avec de nombreux personnages, des digressions narratives qui emportent le lecteur dans un ailleurs qui lui font oublier la rĂ©alitĂ© et des phases presque philosophiques ou mĂ©taphysiques qui pourraient donner l’illusion d’ĂȘtre dans un essai et non un roman.

Enfin, dans ce trĂšs bon roman, Milan Kundera, Ă  partir d’une multitude de petites scĂšnes du quotidien, nous interroge sur ce qui a du sens dans nos vies
 Car, Alain, Charles, Ramon, La Franck et les autres ne sont que des « nous-mĂȘmes », des « Kundera » aussi
 Il y a dans cette littĂ©rature, une modernitĂ©, une contemporanĂ©itĂ© surprenante qui ne peut que nous renvoyer aux plus grands auteurs contemporains comme Becket, Camus ou Ionesco (pour ne pas vous citer des pans entiers de ma fameuse bibliothĂšque).

Avant d’écrire cette chronique, j’ai pris le temps de relire « La fĂȘte de l’insignifiance » et je dois vous avouer que je l’ai trouvĂ© encore plus fort que dans ma mĂ©moire ! Donc, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, voici donc une bonne idĂ©e de lecture ou relecture de Milan Kundera !

Shelton
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19/07/2023 @ 22:47:02
Mercredi 19 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’aime bien me replonger dans des livres anciens, mĂȘme quand il s’agit de livres pour la jeunesse ou d’albums illustrĂ©s. C’est une façon de lire ce que nos parents, parfois grands-parents, lisaient Ă  leur Ă©poque
 Pour moi, c’est aussi une façon de bien mesurer l’évolution de ces histoires, des graphismes, des narrations graphiques
 De mieux percevoir l’évolution de la bande dessinĂ©e de sa crĂ©ation Ă  aujourd’hui !

Par exemple, dans les prĂ©curseurs de la ligne claire – pour simplifier, disons la façon qu’avait HergĂ© de raconter les aventures de son ami Tintin – on trouve un certain Joseph Pinchon (1871-1953). Cet artiste, en 1905, crĂ©e le personnage de BĂ©cassine en mettant en image des gags de Jacqueline RiviĂšre, rĂ©dactrice en chef du magazine La semaine de Suzette ! A partir de 1913, c’est Maurice Languereau, dit Caumery, qui assurera les scenarii de cette sĂ©rie mythique qui a enchantĂ© – ou pas – nos ascendants


Au dĂ©part, BĂ©cassine n’était pas bretonne, c’est lorsque Caumery prend le scĂ©nario en main que BĂ©cassine devient bretonne, une hĂ©roĂŻne finistĂ©rienne du nom d’AnnaĂŻk Labornez. Mais que faut-il penser rĂ©ellement de cette chĂšre BĂ©cassine ? Doit-on y voir la façon pĂ©jorative des Parisiens vis-Ă -vis du « petit peuple breton » ? Certains l’ont dit abondement mais je voudrais que les choses Ă©voluent


Pour cette chronique, j’ai dĂ©cidĂ© de relire un album dans sa version originale et c’est possible grĂące aux fac-similĂ©s de grande qualitĂ© que l’on trouve soit d’occasion, soit chez de nombreux soldeurs
 J’ai choisi « BĂ©cassine prend des pensionnaires » car il commence par les remises de prix de fin d’annĂ©e, quand l’illustrissime Loulotte fait la rafle des prix


Ah, vous ne semblez pas connaitre Loulotte, c’est cela ? Il s’agit de Louise Charlotte de Grand-Air
 mais laissons BĂ©cassine vous parler d’elle :

« Cette petite, je l’ai pouponnĂ©e quand elle Ă©tait au biberon. Depuis bientĂŽt douze ans, pas un seul jour, je n’ai cessĂ© de la soigner et de veiller sur elle. Aussi, je l’aime comme si j’étais sa mĂšre
 »

Mais avant d’ĂȘtre une mĂšre d’adoption ou nourrice de service, BĂ©cassine est une jeune femme que l’on dĂ©crit avec des stĂ©rĂ©otypes de l’époque. A ce titre, au premier abord, ce n’est pas trĂšs sympathique pour les femmes, pour le personnel de maison et pour les Bretons. On peut ajouter aussi pour les pauvres, les Ă©trangers, les autochtones des colonies
 Mais, si on prend le temps de lire l’album en entier – les textes sont beaucoup plus longs que dans les bĂ©dĂ©s contemporaines – il faut reconnaitre que l’on peut voir Ă©voluer son jugement


Oui, BĂ©cassine est assez naĂŻve mais elle se pose de trĂšs nombreuses questions et parfois elle fait mĂȘme preuve de sagesse dans ses mesures Ă©ducatives vis-Ă -vis de la petite Loulotte. MĂȘme si elle est gaffeuse et qu’elle commet de trĂšs nombreuses bĂȘtises, il n’en demeure pas moins que c’est une sacrĂ©e femme autonome pour l’époque. Elle voyage seule en train, assure des tĂąches Ă©ducatives, dĂ©samorce des crises internes Ă  la famille, est capable d’enquĂȘter modestement mais avec efficacitĂ© sur les petits mystĂšres de la vie quotidienne, peut prendre Ă  sa charge des actes administratifs ou financiers comme rĂ©server un hĂŽtel pour la famille
 Une femme Ă  tout faire et non l’idiote du village !

Attention, je ne suis pas en train de dire que BĂ©cassine soit un modĂšle de femme Ă©panouie et qu’elle devrait servir de modĂšle Ă©ducatif aujourd’hui ! Bien sĂ»r, je veux simplement attirer votre attention que trop rapidement on a condamnĂ© cette BĂ©cassine – et ses auteurs – en oubliant de remettre cette histoire dans son contexte. Pour l’histoire de la bĂ©dĂ©, c’est une Ă©tape capitale, pour celle de la femme c’est aussi une façon de montrer les annĂ©es trente et, enfin, pour mesurer l’état de perception de la province par Paris, c’est assez Ă©clairant


Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, pourquoi ne pas prendre le temps de lire ou relire l’un de ces albums des aventures de BĂ©cassine, comme BĂ©cassine prend des pensionnaires?

TrĂšs bonne lecture et Ă  demain !

Shelton
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20/07/2023 @ 07:20:31
Jeudi 20 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé  Le doux plaisir du lecteur et ce n’est pas de l’égoĂŻsme car vous pouvez partager vos impressions de lecture, prĂȘter ou offrir vos livres
 Partant de l’idĂ©e que certains d’entre vous vont passer Ă  proximitĂ© de Bordeaux, qu’ils prendront le temps d’aller visiter l’exposition « L’art prĂ©historique, de l’Aquitaine Ă  la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e d’Aquitaine, j’ai pensĂ© que nous pourrions ouvrir quelques ouvrages sur ce thĂšme


Alors, pour Ă©viter de donner simplement un catalogue, je commencerai par une bande dessinĂ©e qui se dĂ©roule au nĂ©olithique
 Lorsque l’on souhaite parler du nĂ©olithique (la derniĂšre pĂ©riode de la prĂ©histoire, environ entre -5800 et -2500, le moment clef pour l’humanitĂ© c'est-Ă -dire l’installation en village, les dĂ©buts de la culture et de l’élevage
), il y a toujours une difficultĂ© car il n’y a pas de documents Ă©crits qui raconteraient avec moult dĂ©tails la vie quotidienne durant cette pĂ©riode
 Le narrateur, l’historien, le conteur, doivent donc inventer en restant cohĂ©rents avec les Ă©lĂ©ments connus


Je sais, par expĂ©rience, que le chemin est Ă©troit et dĂ©licat, ayant inventĂ© jadis quelques fables pĂ©dagogiques pour montrer Ă  mes Ă©tudiants la crĂ©ation artistique durant ce nĂ©olithique, l’apparition de l’organisation clanique, la naissance mĂȘme des premiers dĂ©bats politiques
 Du coup, c’est toujours avec bienveillance et curiositĂ© que j’ouvre les ouvrages consacrĂ©es Ă  cette pĂ©riode, y compris quand il s’agit de bandes dessinĂ©es !

Ici, avec cette bĂ©dĂ© « Tassili », nous sommes Ă  la fin du PalĂ©olithique, juste avant le NĂ©olithique
 En fait, trĂšs dĂ©licat de marquer la diffĂ©rence entre les deux. On quitte un monde, on entre dans le deuxiĂšme
 On est dans le Sahara, un dĂ©sert qui ne l’est pas encore, qui est vert, luxuriant, paisible, agrĂ©able Ă  vivre
 On est dans un clan qui vit encore de la chasse et de la cueillette, un clan qui change de lieu chaque fois que le gibier vient Ă  manquer, que les fruits ne sont plus assez nombreux pour nourrir les membres du groupe. Chasser et se reproduire sont les deux actions principales et les individus ne sont pas au centre des prĂ©occupations claniques


On va s’attacher Ă  une jeune femme, DjanĂ©, qui symbolise Ă  elle-seule les changements qui s’annoncent. Elle crĂ©e des outils, ose des objets dĂ©coratifs, dessine, plante des graines et, surtout, est habitĂ©e par une soif de libertĂ©. Attention, on n’est pas dans le fĂ©minisme tel que notre Ă©poque oserait le dĂ©finir, ne soyons pas hors sujet. Elle veut juste dĂ©cider de son avenir, pousser le clan Ă  des changements


Le scĂ©nario de Maadiar est solide, crĂ©dible, et il Ă©vite la miĂšvrerie. Le lecteur reste attachĂ© Ă  l’histoire jusqu’au bout et peut ĂȘtre mĂȘme surpris de l’issue qu’il ne voyait pas arriver ainsi
 FrĂ©wĂ© offre une narration graphique plaisante, esthĂ©tique et efficace. Le lecteur ne peut qu’adhĂ©rer Ă  cette façon de concevoir la bande dessinĂ©e : humaine, belle et agrĂ©able Ă  lire !

VoilĂ , comme j’ai pris le temps de vous prĂ©senter cette bande dessinĂ©e de façon un peu plus longue que prĂ©vue initialement, je vais ĂȘtre obligĂ© de revenir sur la prĂ©histoire dĂšs la prochaine chronique
 Heureusement, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, vous allez avoir le temps, surtout pour ceux qui ne visiteront pas l’exposition du musĂ©e d’Aquitaine, de vous immerger dans cette prĂ©histoire lointaine, en particulier avec cette bande dessinĂ©e « Tassili » de Maadiar et FrĂ©wĂ© aux Ă©ditions La boĂźte Ă  bulles !

Shelton
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21/07/2023 @ 07:57:59
Vendredi 21 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans le prolongement de ma derniĂšre chronique, nous allons rester dans la PrĂ©histoire puisque certains, n’en doutons pas, iront visiter cet Ă©tĂ© (et l’exposition dure jusqu’au 7 janvier 2024) l’exposition « L’art prĂ©historique, de l’Aquitaine Ă  la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e d’Aquitaine


Alors, aprĂšs la bande dessinĂ©e d’hier, Tassili, passons Ă  un ouvrage de vulgarisation essentiel. Je rappelle, avec gentillesse, pour certains que la vulgarisation est un acte calculĂ©, pĂ©dagogique et humain pour mettre Ă  la portĂ©e du plus grand nombre un savoir, une compĂ©tence, une culture
 PassionnĂ© de prĂ©histoire et mĂȘme de la pĂ©riode qui la prĂ©cĂšde, il m’arrive depuis quelques annĂ©es d’accompagner (enfin, c’est plutĂŽt moi qui suis le moteur de ces visites) les petits-enfants et filleule au Dino-Zoo, un lieu de vulgarisation trĂšs bien conçu en Franche-Comté  C’est justement aprĂšs une expĂ©rience vĂ©cue avec certains de mes petits enfants que j’ai choisi de prĂ©senter aujourd’hui trois livres qui avaient Ă©tĂ© rĂ©unis en un seul par France Loisirs en 2011 et que l’on peut encore trouver sĂ©parĂ©ment aujourd’hui aux Ă©ditions du Seuil
 Il s’agit de L’univers, Les origines de l’homme et La prĂ©histoire expliquĂ©s Ă  mes petits-enfants


Si le parc en question, le Dino-Zoo, prĂ©sente sur un chemin forestier (diffĂ©rent de celui des dinosaures) une sorte de fresque grandeur nature de l’apparition de l’homme avec ses diffĂ©rents ancĂȘtres, avouons que le jeune enfant a bien du mal Ă  comprendre le gouffre temporel qui sĂ©pare les dinosaures et l’homme
 Pensez-vous, ils ont disparu quelques 65 millions d’annĂ©es, une durĂ©e inexplicable aux enfants, avant que l’homme fasse son apparition sur Terre
 Il est donc temps de remettre les choses en place et comme le sujet est assez complexe, rien de tel qu’un bon livre, ou, ici, trois livres !

Le premier d’Hubert Reeves – mais on n’est pas obligĂ© de les utiliser dans l’ordre – permet de comprendre la crĂ©ation de l’univers et sa rĂ©alitĂ© d’aujourd’hui. L’auteur parle aux enfants mais pour bien des bĂ©otiens que nous sommes on va dire que c’est Ă  notre niveau de comprĂ©hension. Par exemple, il y a quelques semaines, on a vu des spĂ©cialistes s’émerveiller sur la premiĂšre image d’un trou noir alors qu’aucun journaliste n’était capable d’expliquer clairement de quoi il s’agissait. LĂ , l’explication est accessible et ça fait du bien


Dans le second ouvrage, Pascal Picq va se centrer sur l’apparition de l’homme, un sujet qui semble difficile au premier abord et qu’il traite avec talent, expertise, pĂ©dagogie
 LĂ  encore, c’est trĂšs accessible. Bien sĂ»r, il ne pouvait pas en ĂȘtre autrement, on rencontrera Lucy, une de nos grandes ancĂȘtres mais on comprendra surtout ce qu’est un homme, un singe mais pas n’importe quel singe
 et, lĂ , ça devient passionnant !

Enfin, dans le troisiĂšme ouvrage, on va se plonger dans la PrĂ©histoire, un domaine extraordinaire, un monde Ă  dĂ©couvrir
 Et l’une des premiĂšres questions posĂ©es par les petits-enfants de Jean Clottes porte sur les dinosaures ce qui permet Ă  l’auteur d’expliquer que l’ùre des dinosaures n’a rien Ă  voir avec la PrĂ©histoire des humains


Alors, que vous alliez cet Ă©tĂ© dans un parc de dinosaures oĂč que vous visitiez l’exposition du musĂ©e d’Aquitaine, que vous vous glissiez dans une rĂ©plique de grotte palĂ©olithique comme celle de la grotte Chauvet ou que vous marchiez au milieu des mĂ©galithes Ă  Carnac, ces trois livres vous donneront la possibilitĂ© de trouver les mots adaptĂ©s aux plus jeunes
 Ils vous aideront Ă  comprendre aussi


Et, le soir venu, exceptionnellement, vous ne lirez pas, vous vous poserez sous la voute cĂ©leste et vous raconterez Ă  vos petits-enfants comment l’univers est devenu cette merveille
 Mais, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, comme vous devez prĂ©parer ces rencontres avec les plus jeunes de vos familles, je ne peux que vous souhaiter bonne lecture !

Shelton
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22/07/2023 @ 07:51:39
Samedi 22 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et nous allons, encore, prolonger notre immersion dans la PrĂ©histoire. Certains trouveront cela peut-ĂȘtre un peu excessif mais, en fait, durant l’étĂ©, nous sommes trĂšs nombreux Ă  la toucher du doigt cette PrĂ©histoire lointaine, Ă  travers une visite de musĂ©e, d’exposition, d’une promenade sur un site naturel ou la visite d’un site reconstituant une grotte du palĂ©olithique
Pourtant, la sociĂ©tĂ© prĂ©historique nous semble complĂštement inconnue et difficile Ă  apprĂ©hender
 C’est si loin


Chaque fois que j’accompagne une nouvelle personne en Bretagne dans un de ces magnifiques lieux d’alignements de mĂ©galithes, j’ai le droit Ă  la mĂȘme sĂ©rie de questions : de quoi s’agit-il, quel est le sens de ces alignements, est-ce un cimetiĂšre, est-ce un lieu de culte, que sait-on de cette civilisation


Autant je sais prĂ©ciser que ces alignements ne doivent rien Ă  ObĂ©lix et ses amis Gaulois car la civilisation qui les a mis en place n’est ni celte ni gauloise, autant je suis obligĂ© de prĂ©ciser que nous ne savons que fort peu de choses sur ces hommes qui nous ont laissĂ© ces milliers de pierres dans les champs
 en Bretagne en particulier mais pas que !

C’est au XIXe siĂšcle que l’on a commencĂ© Ă  s’intĂ©resser Ă  ces pierres, Ă  leur donner un nom, Ă  les distinguer les unes des autres
 James Fergusson a Ă©tudiĂ© ces « rude stones » et on a parlĂ© de tables de pierres (dolmens en breton) et de pierres longues debout (menhirs en breton). A la mĂȘme pĂ©riode James Miln puis Zacharie Le Rouzic dĂ©couvrent et mettent en valeur le site de Carnac


Au dĂ©part, on croyait que toutes ces pierres dans le monde se ressemblaient, que les cultures prĂ©historiques avaient une multitude de points communs
 et cet ouvrage de Roger Joussaume, ancien directeur de recherches au CNRS, nous dĂ©montre que plus on Ă©tudie ces civilisations, plus on visite ces sites, plus on frĂ©quente ces Ă©tranges architectes de la pierre, plus on comprend que chacune de ces civilisations avait ses particularitĂ©s, ses cultes, ses us et coutumes, sa religion et sa façon de rendre hommage aux morts

Certes, Ă  la fin de la lecture de ce petit opuscule vous n’ĂȘtes toujours pas capable d’affirmer ce qu’était le peuple qui a laissĂ© les alignements de Carnac aux gĂ©nĂ©rations futures, mais vous savez avec beaucoup de prĂ©cision dire ce que ce peuple n’était pas et ce qui les diffĂ©rencie des autres
 Et c’est tout simplement passionnant !

Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire mais aussi pour apprendre, je ne saurais trop vous conseiller, si vous allez cet Ă©tĂ© sur un de ces sites consacrĂ© Ă  la PrĂ©histoire, de bien prĂ©parer votre voyage, de choisir chaque fois que c’est proposĂ© l’option avec guide (audio guide Ă  dĂ©faut si vous supportez ce type de chose, moi je dĂ©teste) car il est important de ne pas se laisser porter par des mythes infondĂ©s mais bien d’intĂ©grer tous les Ă©lĂ©ments de la recherche contemporaine sur la PrĂ©histoire et ses diffĂ©rentes pĂ©riodes, ses peuples, ses cultures


Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lectures Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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23/07/2023 @ 07:04:05
Dimanche 23 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’avoue que lorsque je suis en vacances je n’ai que rarement le temps d’aller Ă  des confĂ©rences sĂ©rieuses, universitaires ou autres
 AprĂšs tout, les vacances c’est fait pour lire, se reposer et profiter de la famille et de la nature
 Mais « rarement » ne signifie pas « jamais » !

Il y a quelques annĂ©es, durant le mois d’aoĂ»t, mon attention a Ă©tĂ© retenue par une affiche de confĂ©rence organisĂ©e par les amis du musĂ©e de PrĂ©histoire de Carnac avec un certain Marc AzĂ©ma sur la PrĂ©histoire du cinĂ©ma. ImmĂ©diatement, j’ai eu envie d’aller Ă©couter cet individu que je ne connaissais pas car le thĂšme semblait passionnant !

A l’époque j’enseignais l’histoire des mĂ©dias dans une licence professionnelle image et son et j’étais trĂšs curieux de savoir ce que j’allais bien pouvoir apprendre. Il faut dire que j’avais imaginĂ© depuis longtemps, sans ĂȘtre ni archĂ©ologue ni spĂ©cialiste de la prĂ©histoire, une version de l’apparition des arts dans l’humanitĂ©, une forme de conte illustrĂ©, dont je m’étais juste prĂ©occupĂ© de ne pas avoir fait d’erreur grave avec ce que l’on savait de cette Ă©poque fort lointaine
 Pour une fois, j’allais ĂȘtre confrontĂ© avec une vision scientifique et archĂ©ologique et j’en attendais beaucoup


La confĂ©rence s’est dĂ©roulĂ©e comme dans un rĂȘve avec un confĂ©rencier qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre un excellent vulgarisateur accessible Ă  tous, surtout aux vacanciers curieux qui avaient franchi la porte de la salle
 On a ainsi revĂ©cu l’émerveillement de Marc AzĂ©ma lorsqu’il put entrer pour la premiĂšre fois dans la fameuse grotte Chauvet
 C’est comme si on y Ă©tait nous aussi
 mais c’est par la suite que tout devint encore plus fascinant


En effet, c’est alors qu’il a expliquĂ© comment ces hommes prĂ©historiques avaient inventĂ© la narration graphique, le mouvement dans cette narration c'est-Ă -dire Ă©taient bien les inventeurs prĂ©historique du cinĂ©ma ! Oui, je comprends que dit comme cela, il y a de quoi ĂȘtre surpris. Mais, si on suit Marc AzĂ©ma dans tout son raisonnement et si l’on regarde les Ă©lĂ©ments factuels (les preuves indiscutables comme on pourrait dire), force est de constater que tout cela est crĂ©dible, vĂ©ridique, incroyable et fascinant
 J’aurais pu, ce soir lĂ , l’écouter encore dix heures et partir immĂ©diatement avec lui pour visiter la grotte Chauvet !

Heureusement, j’ai pu, d’une part l’interviewer pour la radio et d’autre part repartir avec son ouvrage (accompagnĂ© d’un DVD absolument indispensable pour tout comprendre !). Comme l’étĂ© c’est fait pour lire, j’ai pu prolonger mon voyage dans la grotte Chauvet et bien comprendre pourquoi on pouvait bien parler de prĂ©histoire du cinĂ©ma
 Oui, je sais, je ne vous ai pas encore tout dit mais c’est juste pour ne pas vous spoiler (divulgĂącher comme disent nos cousins canadiens) la lecture de cet excellent ouvrage que je vous conseille, surtout si cet Ă©tĂ© vous aviez prĂ©vu une escale du cĂŽtĂ© de la grotte Chauvet, enfin, sa rĂ©plique


TrĂšs bonne lecture Ă  tous !

Shelton
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23/07/2023 @ 14:59:55
Durant le festival d'arts de la rue, Chalon dans la rue 2023, un grand nombre de compagnies ont pris la base de leurs spectacles dans les grands classiques de la littérature... Antigone, Les misérables, Don Quichotte, Le Cid, pour ne citer que quelques-uns de ces ouvrages de référence...

Shelton
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24/07/2023 @ 08:17:18
Lundi 24 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé  Je le dis souvent mais le doux plaisir du lecteur et ce n’est pas de l’égoĂŻsme, une bonne fois pour toutes, mĂȘme si pour certains d’entre nous la lecture se pratique avant tout dans le calme
 Bon, je reconnais que lire sur la plage n’est pas toujours une sinĂ©cure
 Vent qui soulĂšve le sable, soleil trop chaud, enfants qui braillent ou, pire, qui courent vous dĂ©poser de l’eau, du sable, des jouets
 Bref, lire Ă  la plage nĂ©cessite quelques prĂ©cautions pour arriver Ă  en profiter au maximum


Partant de l’idĂ©e que certains d’entre vous quitterons temporairement la plage trop chaude ou trop bruyante pour aller visiter Bordeaux et prendre le temps d’entrer dans l’exposition « L’art prĂ©historique, de l’Aquitaine Ă  la MĂ©diterranĂ©e » du musĂ©e d’Aquitaine, j’ai pensĂ© que nous pourrions finir notre incursion dans la PrĂ©histoire par ce trĂšs beau Dossier de l’ArchĂ©ologie, Art PalĂ©olithique
 Oui, je sais, ce n’est pas trĂšs habituel que je vous invite Ă  lire un magazine de cette nature mais il s’agit bien d’une lecture, voire mĂȘme d’une trĂšs bonne lecture !

On commencera par prĂ©senter l’exposition du musĂ©e d’Aquitaine (la derniĂšre exposition sur l’art prĂ©historique date de 1996 et il Ă©tait temps d’ouvrir une nouvelle page sur la question. Mais trĂšs rapidement, on entre dans le dossier avec des questions fortes et incontournables. Certes, ici, je ne vais pas vous donner les rĂ©ponses parce que le dossier est trĂšs bien fait et que mes reformulations seraient sans aucune pertinence


Mais la dĂ©marche commence par cette interrogation lancinante : comment dĂ©finir l’art prĂ©historique, quels sont ces artistes d’un autre temps, que nous reste-il de l’époque, les copies pour les touristes sont-elles indispensables
 Oui, les questions sont trĂšs nombreuses et elles ne sont pas, si on prend le temps de rĂ©flĂ©chir un peu, pas spĂ©cifique de l’art prĂ©historique. En effet, en art contemporain, on peut entendre : est-ce de l’art ? Qui sont ces artistes qui parfois ressemblent Ă  des usurpateurs ? Que restera-t-il de cet art dans quelques siĂšcles ?


Ici, on va trouver des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses, de rĂ©flexion, de preuves, avec une clartĂ© destinĂ©e au grand public. Pas besoin d’ĂȘtre archĂ©ologue ou philosophe de l’art pour lire ce travail qui donne envie, avouons-le, d’aller visiter cette exposition Ă  Bordeaux. Si vous allez dans d’autres rĂ©gions, n’oubliez jamais que l’on trouve beaucoup de traces de la PrĂ©histoire en France et qu’à chaque fois vous passerez de beaux moments Ă  la recherche de nos racines en humanité 

C’est aussi (visite comme lecture), l’occasion de dĂ©couvrir que ce domaine n’est pas un savoir figĂ© mais bien un champ de connaissances en pleine Ă©volution grĂące Ăš la recherche, Ă  la curiositĂ© et parfois mĂȘme la chance
 Chaque dĂ©couverte de site montre cette chance, ce hasard ou cette opportunitĂ© transformĂ©s par des acteurs de la PrĂ©histoire qui sont de vĂ©ritables savants et scientifiques
 En vacances, vous ne vous transformerez pas en chercheurs mais en amateurs curieux, en lecteurs assidus, en admirateurs fascinĂ©s et c’est dĂ©jĂ  Ă©norme !

Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, je vous propose de commencer modestement par ce trĂšs bon Dossier d’ArchĂ©ologie, Art palĂ©olithique (numĂ©ro mai-juin 2023). TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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25/07/2023 @ 18:14:57
Mardi 25 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et je dois bien avouer que mes modestes recherches dans le champ autobiographique me poussent Ă  des lectures que je n’aurais pas faites il y a seulement deux ou trois ans
 Non pas par mĂ©pris des auteurs ou de leurs livres mais plutĂŽt par ignorance de leur existence, parfois par manque de goĂ»t pour le thĂšme abordĂ© ou encore parce que de trop nombreux ouvrages Ă©taient encore sur la liste de mes urgences Ă  lire
 Reconnaissons que tout cela est assez ridicule car qu’est-ce qu’une urgence Ă  lire ? Sur quels critĂšres inscrit-on un livre dans nos urgences Ă  lire ? Et si nous regardons avec sĂ©rĂ©nitĂ© et attention le nombre d’ouvrages dont on a Ă©tĂ© déçu par dĂ©cennie, on ne peut que constater que nos choix sont souvent futiles, lĂ©gers et infondĂ©s
 Mais revenons Ă  notre sujet du jour !

Puisque l’objectif est de construire une prĂ©sentation du champ autobiographique pour une durĂ©e de 6 heures environ, il n’est donc pas inutile de se laisser porter sur des rivages inconnus, vers des auteurs improbables (et ce n’est pas pĂ©joratif pour eux) ou prendre le risque d’aborder des Ăźles dont le nom mĂȘme m’était inconnu
 C’est le cas avec ce texte de Catherine Cusset, Confession d’une radine, 2003. C’est le titre, plus exactement le premier mot du titre, « Confession », qui m’a fait rappliquer Ă  grande vitesse
 Ce n’est pas rien une « confession » dans l’autobiographie. D’ailleurs, n’oublions jamais que ce mot peut avoir deux sens fort diffĂ©rents : soit il s’agit de prĂ©senter une « faute » et de s’en excuser, forme de sacrement de la pĂ©nitence des ChrĂ©tiens mais de façon publique, soit c’est une proclamation de ce que l’on croit et pense profondĂ©ment sur un sujet
 Si Rousseau est plutĂŽt dans la pratique de l’excuse, Augustin est plutĂŽt lui dans la proclamation de la foi et s’il utilise l’excuse c’est plutĂŽt pour montrer immĂ©diatement que Dieu, son Dieu d’amour, ne s’est pas arrĂȘtĂ© Ă  ses fautes bien rĂ©elles et lui a donnĂ© la chance d’avancer dans la vie religieuse et ecclĂ©siastique (il sera Ă©vĂȘque d’Hippone). Donc, je voulais bien savoir ce qui se cachait derriĂšre ces « Confessions d’une radine » 

DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment et de taille, Catherine Cusset est une romanciĂšre qui Ă©crit trĂšs bien, rĂ©putĂ©e et reconnue. Certes, elle n’est pas situĂ©e au sommet de la hiĂ©rarchie littĂ©raire mais elle a dĂ©jĂ  obtenu le Goncourt des lycĂ©ens, le grand prix des lectrices du magazine Elle, le choix Goncourt Suisse, Belge, Roumain et SlovĂšne (ne me demandez pas de quoi il s’agit en dĂ©tail car j’ai dĂ©couvert ces prix distribuĂ©s par diffĂ©rents pays en partant de la liste officielle du Goncourt de l’annĂ©e) et le prix AnaĂŻs Nin. Il Ă©tait donc intĂ©ressant de lire un de ses textes de fiction-autobiographique, il semble que le terme exact serait autofiction, pour me faire une idĂ©e prĂ©cise et ce fut une lecture trĂšs sympathique !

Le texte est Ă©crit Ă  la premiĂšre personne et, sans couvrir toute la vie de l’autrice, il permet de balayer une grande partie de la vie et surtout de la construction psychologique de cette femme. Certains ont vu dans ce livre comme un ouvrage sur la haine de soi. Je suis plus prudent dans mon jugement car mĂȘme si elle ne semble pas trop s’aimer, je ne pense pas que ce soit de la haine et en tous cas aucune trace de volontĂ© de se nuire, se dĂ©truire
 Alors, oui, elle se juge radine et semble bien l’ĂȘtre
 C’est un dĂ©faut, sans aucun doute mais faut-il aller plus loin que le constat ? Je n’en suis pas certain !

Par contre le livre se lit avec beaucoup de plaisir, il est plutĂŽt drĂŽle et cela donne envie d’aller dĂ©couvrir ses autres ouvrages d’autofiction. Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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26/07/2023 @ 07:34:08
Mercredi 26 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et restons encore dans l’autobiographie avec un ouvrage lĂ©ger, drĂŽle, sympathique et tout Ă  fait adaptĂ© Ă  une bonne lecture estivale. Il s’agit d’un des livres de Nicole de Buron, « C’est fou ce qu’on voit de choses dans la vie ». Cette journaliste et scĂ©nariste s’est souvent inspirĂ©e de sa propre vie pour Ă©crire des autobiographies pleines d’humour et je n’avais jamais lu un seul ouvrage d’elle jusqu’à maintenant. Je n’avais aucun a priori, je ne connaissais mĂȘme pas son nom. Il faut dire que je n’étais pas lecteur du magazine Marie-Claire, je n’avais jamais vu ses sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es comme « Les Saintes ChĂ©ries » ou ses comĂ©dies pour le cinĂ©ma comme « Elle court, elle court la banlieue » 

C’est en fouinant ici ou lĂ  que je suis tombĂ© sur ce livre, quand j’ai vu qu’il s’agissait d’une autobiographie, je me suis dit que c’était fort Ă  propos et j’ai lu
 Grand bien m’en a pris car comme elle part de sa naissance, j’ai pu dĂ©couvrir un peu mieux qui Ă©tait cette Nicole de Buron.

Je ne vais pas tout vous raconter, bien sĂ»r, mais juste prĂ©ciser que dĂšs le dĂ©part on sent que l’autrice va transformer tous les Ă©vĂšnements de sa vie, des choses les plus banales au plus cruelles, en source d’humour. C’est indiscutablement sa force et cela transforme son livre en Ă©clat de rire qui se prolonge de page en page. Je l’ai lu sur trois jours et, Ă  chaque petit dĂ©jeuner, je pouvais raconter Ă  mon Ă©pouse au moins une nouvelle scĂšne qui enrichissait notre journĂ©e d’un petit sourire.

Alors, bien sĂ»r, ne croyez pas un instant que cette femme n’aurait jamais connu la tristesse, le malheur, le drame
 Elle a rencontrĂ© tout cela dans sa vie, le divorce des parents dĂšs le plus jeune Ăąge, une grand-mĂšre trĂšs sĂ©vĂšre, la difficultĂ© de construire sa vie de femme, la pĂ©riode de la guerre, les premiers employeurs pas trĂšs sympathiques
 mais, Ă  chaque fois, elle raconte cela avec lĂ©gĂšretĂ©, humour et humanitĂ© !

Certains Ă©pisodes montrent aussi avec moult dĂ©tails la situation de la femme juste aprĂšs la guerre et comme on a tendance Ă  oublier trĂšs vite d’oĂč on vient, la piqure de rappel me semble indispensable ! Oui, juste aprĂšs le Seconde Guerre mondiale, la libertĂ© des femmes n’était pas trĂšs importante mĂȘme si elles venaient d’obtenir le droit de vote !

Si le voyage dans le sud de l’AlgĂ©rie avec des jeunes amis est assez reprĂ©sentatif de la quĂȘte de libertĂ©, l’épisode le plus sympathique, pour moi, est dans la description des relations avec sa belle-mĂšre (comme quoi certains n’ont pas de problĂšme avec leur belle-mĂšre) et la fin accidentelle et trĂšs violente de ses beaux-parents. MĂȘme avec cet Ă©vĂšnement grave et dramatique, elle arrive Ă  nous faire sourire


CĂŽtĂ© Ă©criture, c’est simple, sans fioriture ni effet de style particulier mais c’est trĂšs agrĂ©able Ă  lire. On n’est pas en prĂ©sence d’un chef d’Ɠuvre, mais il s’agit d’un livre qui pourrait tout Ă  fait avoir sa place dans votre sac de plage, de piscine, de spa, de pique-nique ou de train
 Je ne suis pas certain d’avoir l’occasion de relire un livre de Nicole de Buron mais je ne regrette absolument pas de l’avoir dĂ©couverte par hasard


Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, je ne peux que vous inviter Ă  oser dĂ©couvrir les auteurs que vous croisez, Nicole de Buron par exemple


Shelton
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27/07/2023 @ 06:42:22
Jeudi 27 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et je comprends trĂšs bien ceux qui n’ont pas envie de lire durant l’étĂ© d’énormes biographies ni des monographies sans fin pondues par des universitaires qui oublient d’ĂȘtre accessibles Ă  tous
 NĂ©anmoins, ils aiment l’Histoire ces lecteurs de l’étĂ© et ils cherchent des ouvrages pour satisfaire leur passion historique
 C’est pour cela que j’aime certains livres de vulgarisation thĂ©matiques, malgrĂ© parfois leurs limites, car ils permettent en une lecture de quelques heures (chacun Ă  sa vitesse, ne l’oublions pas) de balayer toute l’histoire de l’humanitĂ© ou de la France
 C’est le cas de cet ouvrage collectif, « Les derniers jours des rois », sous la direction de Patrice Gueniffey. LĂ , il va s’agir de l’histoire des rois de France de Charlemagne Ă  NapolĂ©on III, enfin, du rĂ©cit de leur mort plus que de l’histoire entiĂšre
 Et ils n’y seront pas tous, seulement 19 d’entre eux
 Par contre, Ă  chaque fois, quasiment par un des meilleurs spĂ©cialistes de la question, du rĂšgne, de la personne royale !

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que pour chaque roi et sa mort, l’auteur choisi va quand mĂȘme nous donner l’essentiel du rĂšgne de ce roi et c’est ce qui transforme cet ouvrage, au dĂ©part limitĂ© Ă  un aspect, en une synthĂšse beaucoup plus riche que prĂ©vu. Mais, et il faut en avoir bien conscience avant de se lancer dans cette lecture, quand on veut synthĂ©tiser un rĂšgne comme celui de Louis XIV (un exemple parmi d’autres) en une quinzaine de pages, on est obligatoirement beaucoup trop synthĂ©tique pour tout dire, tout aborder ! C’est donc un ouvrage qui entrainera de la frustration Ă  moins qu’il serve au contraire de sorte de prĂ©face Ă  d’autres lectures historiques de l’étĂ© !

A l’inverse, il est bien assez complet pour celui qui veux juste voyager dans l’Histoire de France pour rafraichir sa mĂ©moire scolaire (et parfois, on en a bien besoin !). Alors, prenons le temps de rencontrer certains de ces rois


C’est avec Jacques Heers (1923-2013) que nous allons prendre conscience du rĂšgne et surtout de la mort de Louis XI. Il faut dire que ce roi a Ă©tĂ© un grand incompris de notre histoire et il a fallu attendre plusieurs grandes biographies dont celle de Paul Murray Kendall pour que l’on rĂ©alise la grandeur de ce roi et le travail accompli pour la France. On n’a peu de dĂ©tails sur les derniĂšres heures de Louis XI mais Heers nous montre bien que nous sommes loin d’un bigot cherchant la moindre amulette ou relique pour rester vivant malgrĂ© la lĂ©gende qui entourera ce roi


On parlera plus loin avec Didier Le Fur de François 1er et sa septicĂ©mie, Henri II et son tournoi fatal, Henri III et son assassinat par un moine (Jean-François Solnon) et celui d’Henri IV par le fameux Ravaillac (Jean-Pierre Babelon)
 On n’a pas tant de rois assassinĂ©s, autant parler de ces deux Henri


Je voudrais juste attirer votre attention sur deux fins de rĂšgnes assez tristes et pathĂ©tiques, celles de Louis XVIII (Daniel de Montplaisir) et Charles X (Jean-Paul Bled). On ne connait que trĂšs peu ces deux rois de la courte pĂ©riode de rĂ©tablissement de la monarchie aprĂšs la RĂ©volution (Restauration)
 Louis VIII et les plaisir de la table, une passion parait-il pour les huitres et, pourtant, un roi qui malgrĂ© ses difficultĂ©s pour se dĂ©placer, est restĂ© focus sur les affaires de la couronne jusqu’à la mort
 Quant Ă  Charles X, il aura une mort politique (abdication) puis une mort physique des suites du cholĂ©ra


Ce qui est certain, c’est qu’aprĂšs cette lecture on a le sentiment d’avoir un peu rĂ©visĂ© son cours d’histoire et mĂȘme d’avoir appris quelques « petites choses » car je vous l’avoue j’avais un peu zappĂ© le cholĂ©ra de Charles X


Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !!!

Shelton
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29/07/2023 @ 08:42:05
Vendredi 28 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et c’est aussi le moment privilĂ©giĂ©, pour de trĂšs nombreux Français, d’aller visiter des sites, des musĂ©es, des monuments
 Oui, il est un peu fini ce temps oĂč certains prenaient l’avion pour aller au bout du monde s’allonger sur le sable face Ă  la mer. Aujourd’hui, on va beaucoup moins loin, on se promĂšne, on randonne, on visite, on rencontre et on lit bien sĂ»r ! Parfois, on peut rĂ©aliser de belles combinaisons


Imaginons que vous ayez envie de passer un week-end Ă  Sens ou Fontainebleau. C’est rĂ©aliste puisque ce sont deux trĂšs belles villes, que le patrimoine y est riche et abondant, qu’il y a de trĂšs nombreuses possibilitĂ©s de se promener dans la nature
 Bref, de quoi s’occuper sans aucun souci. Mais, imaginons que vous ayez envie de sortir des chemins battus et que vous cherchiez une visite inhabituelle, un lieu qui vous dĂ©payse beaucoup, une visite que vous pourrez raconter Ă  vos amis sans entendre : « Ah, nous, on l’avait visitĂ© en 2014 » ou « Non, on n’avait pas apprĂ©ciĂ© du tout »  Cette fois-ci ce sera : « Le chĂąteau de By ? Jamais entendu parler
 » ou « Rosa Bonheur ? Jamais vu un de ses tableaux ! » 

Oui, Ă  2h40 de Chalon-sur-SaĂŽne, 10 minutes de Fontainebleau ou 1 heure de Paris, se trouve Ă  Thomery en Seine et Marne, le chĂąteau de Rosa Bonheur. Pas rĂ©ellement un chĂąteau mais plus une grande propriĂ©tĂ©, c’est lĂ  que Rosa Bonheur, artiste peintre, s’installe avec sa compagne en 1860. Elle installera dans le parc quelques enclos pour ses animaux et dans le « chĂąteau » son grand atelier, un atelier restĂ© Ă  l’identique
 Mais, reste Ă  savoir qui est Rosa pour avoir envie d’aller visiter ce havre de paix et sĂ©rĂ©nité 

Rosa Bonheur est une peintre et sculptrice française du dix-neuviĂšme siĂšcle, 1822-1899. Cette femme a voulu vivre sa vie de façon trĂšs indĂ©pendante, sans se soucier du quand dira-t-on et elle s’est spĂ©cialisĂ©e dans la reprĂ©sentation animale. Je disais qu’elle avait un besoin d’indĂ©pendance fort, atypique pour son Ă©poque, et on le vit de façon certaine dans le fait qu’elle vĂ©cut avec une femme, Nathalie Micas. Elles se rencontrent lors de l’adolescence et c’est la mort de Nathalie, en 1889, qui les sĂ©parera. On ne sut jamais la nature exacte de la relation, certains affirmant qu’il s’agissait d’un amour homosexuel, d’autres d’une sororitĂ© totale
 Aujourd’hui, on retiendra qu’elle a toujours refusĂ© les demandes en mariage reçues et que les deux femmes s’étaient construit une vie oĂč elles se sentaient bien
 Nathalie Ă©tait aussi une peintre


AprĂšs la mort de Nathalie, Rosa vivra encore 10 ans et acceptera qu’une artiste amĂ©ricaine, Anna Klumpke, vienne au chĂąteau puis l’aide Ă  Ă©crire ses souvenirs
 Ce sera sa seconde compagne et cette derniĂšre deviendra sa lĂ©gataire universelle


Mais si je vous parle de cette artiste que je ne connaissais pas il y a encore quelques semaines c’est qu’une trĂšs belle bande dessinĂ©e lui a Ă©tĂ© consacrĂ©e aux Ă©ditions Faton, maison dijonnaise


Le scĂ©nario est signĂ© CĂ©ka tandis que le dessin est de Christelle PĂ©cout. Cette derniĂšre est la dessinatrice de la sĂ©rie « Lune d’ombre » que j’avais adorĂ©e. On lui doit aussi le bel album «Hypathie », l’histoire d’une femme libre que l’on considĂ©ra comme une sorciĂšre, bien sĂ»r ! Pas surprenant de retrouver Christelle PĂ©cout dans une histoire de femme libre et indĂ©pendante


Cet album est un trĂšs bel hommage Ă  Rosa Bonheur, rĂ©alisĂ© avec talent et dĂ©licatesse, vĂ©ritable invitation Ă  aller plus loin
 Par exemple visiter le ChĂąteau de By voire mĂȘme de profiter d’une de ses chambres d’hĂŽtes pour un week-end
 Dormir dans la chambre mĂȘme de Rosa pour s’immerger totalement dans son univers
 Bon, il faudra rĂ©server et c’et un peu trop tard pour cette annĂ©e !

Mais, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, vous pouvez dĂ©jĂ  commencer par cette bande dessinĂ©e, « Rosa Bonheur, peintre et amie des animaux » et mĂȘme ce numĂ©ro exceptionnel de la revue Dossier de l’art qui lui est consacrĂ©.

TrĂšs bonne lecture !!!

Shelton
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29/07/2023 @ 08:44:26
... c'est un peu trop tard...

Shelton
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29/07/2023 @ 21:43:13
Samedi 29 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois les lectures m’emmĂšnent loin des rivages connus dans des lieux que je ne pensais pas frĂ©quenter un jour
 C’est ce qui m’est arrivĂ© en ouvrant cet ouvrage de Jean-Louis Fournier, « OĂč on va, papa ? ».

Au dĂ©but, tout commence paisiblement. Je suis dans mes recherches d’ouvrages autobiographiques, je cherche chez EmmaĂŒs et dans le village du livre de Cuisery et je prends presque tout ce qui me tombe dans la main, en particulier deux ouvrages de Jean-Louis Fournier que je ne connaissais pas. Je dĂ©couvre dans un premier temps qui est Jean-Louis Fournier : Ă©crivain, humoriste et rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision. C’était un proche de Pierre Desproges et il a, entre autres, rĂ©alisĂ© « la Minute nĂ©cessaire de monsieur CyclopĂšde ». Puis, j’ouvre le premier livre, « OĂč on va, papa ? ». Il s’agit d’un rĂ©cit fortement teintĂ© d’autobiographie, dans lequel Jean-Louis Fournier parle de ses deux garçons lourdement marquĂ©s par des handicaps. J’eus soudainement peur de tomber dans un livre pour faire pleurer dans les chaumiĂšres


Et pourtant, nous Ă©tions loin d’une telle situation, j’aurais du immĂ©diatement intĂ©grer que Jean-Louis Fournier Ă©tait un proche de Pierre Desproges. Il ne fallait donc pas faire pleurer mais rire pour atteindre la rĂ©flexion
 Mais comme la rĂ©flexion ne pouvait pas ni expliquer ni justifier deux enfants handicapĂ©s, on plongeait alors, irrĂ©mĂ©diablement, dans l’absurde
 Alors, oui, le lecteur parfois est Ă©mu, souvent rĂ©voltĂ©, pris d’un Ă©clat de rire ou habitĂ© par l’envie de dire discrĂštement Ă  Jean-Louis Fournier : « Tu as osĂ© ce gag
 Fallait ĂȘtre courageux ou inconscient ! ».

En fait, je pense que Jean-Louis Fournier est tout sauf inconscient. Il est profondĂ©ment triste face Ă  ses deux garçons, sa vie brisĂ©e, son mĂ©nage torpillé  Il imagine tout ce qu’il ne fera jamais avec ses garçons, il encaisse plus ou moins bien tout ce que les autres lui disent par leurs mots, leurs regards, leurs attitudes, leurs absences
 et il prĂ©fĂšre en rire sans sombrer dans le dĂ©sespoir


Ce livre est un excellent rĂ©cit, d’abord parce qu’il parle d’une rĂ©alitĂ© qui touche des milliers de parents quand ils apprennent que leur enfant est « handicapĂ© ». On parle bien ici des handicaps lourds, ceux qui empĂȘchent une vĂ©ritable intĂ©gration dans la famille, dans la vie, dans le monde du travail
 Le sujet mĂ©ritait un tel ouvrage !

Par ailleurs, l’humour et l’absurde semĂ©s par l’auteur entre les pages est une façon de montrer que l’ĂȘtre humain est capable de rĂ©sistance avec ses propres outils. Il cherche Ă  survivre, tout simplement. Et comme chacun le sait bien, la survie, c’est vital !

Reste Ă  savoir si un tel ouvrage pourrait blesser quelques familles touchĂ©es par le handicap
 Je suis certain que ce fut et ce sera encore le cas. L’humour et l’absurde ne peuvent pas convenir Ă  tous et donc ce livre n’est pas offrir Ă  tout le monde car certains ne rĂ©sisteraient pas Ă  une telle lecture. On peut mĂȘme ĂȘtre certain que des lecteurs qui seraient « non concernĂ©s » au premier chef pourraient ne pas supporter cet ouvrage
 tandis qu’à l’inverse il pourrait faire du bien Ă  d’autres
 Je pense Ă  certains pĂšres en particulier. Oui, on peut rire de tout mais pas nĂ©cessairement avec tout le monde
 Et on n’est mĂȘme pas obligĂ© d’en rire !

NĂ©anmoins, pour ceux qui veulent tenter l’aventure, n’hĂ©sitez pas Ă  partir Ă  la rencontre de Thomas et Mathieu
 De leur pĂšre Jean-Louis aussi !

Bonne lecture estivale !

Shelton
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31/07/2023 @ 08:46:18
Dimanche 30 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et rien de tel que de lire un petit guide sur le Morvan avant d’y aller camper pendant une semaine avec quelques-uns de mes petits fils
 Dit comme cela, vous pourriez ĂȘtre admiratifs et penser qu’un tel homme a encore de l’énergie pour aller gambader dans la nature avec ses petits-fils plein de vitalité  mais je dois tempĂ©rer largement votre enthousiasme car mes petits-fils n’ont pas encore totalement l’ñge de m’user dans les forĂȘts, les plus jeunes ayant 6, 5 et 4 ans
 Je vais encore suivre mais bientĂŽt
 et ça je le sais bien !

Donc, revenons-en quand mĂȘme Ă  ce magnifique Morvan, celui qui accueillait dĂ©jĂ  des ĂȘtres humains il y a un peu plus de 30000 ans, les peintures rupestres de la grotte d’Arcy-sur-Cure en attestant
 Morvan qui vit aussi Jules CĂ©sar et le chef gaulois VercingĂ©torix du cĂŽtĂ© du Mont Beuvray, sur les restes de l’oppidum de Bibracte
 Morvan, parc naturel aux 50 nuances de vert qui enchante chaque annĂ©e les adeptes du tourisme respectueux de ces magnifiques forĂȘts
 Morvan qui malgrĂ© sa petite taille (100 km de long, 50 km de large) est un massif qui touche Ă  quatre dĂ©partements : la NiĂšvre, la CĂŽte d’Or, l’Yonne et la SaĂŽne-et-Loire
 Et nous n’oublierons pas ses lacs dont celui des Settons est le plus cĂ©lĂšbre !

Mais comme l’activitĂ© premiĂšre est la marche – oui, il faut randonner mĂȘme avec les pus jeunes mais savoir adapter son parcours Ă  leurs capacitĂ©s physiques et psychiques (les premiĂšres limites sont dans la tĂȘte) – il faut prĂ©parer ses activitĂ©s Ă  l’avance en osant ouvrir les guides de ce beau Morvan. C’est pour cela que j’ai commencĂ© ma sĂ©ance de lecture avec « Morvan, massif et parc naturel » d’Alain Perrier dans la collection Le p’tit crapahut. Attention, il ne s’agit pas d’envoyer le clan familial sur des circuits de 3h ou plus mais bien de trouver soit des circuits abordables par les plus petits, soit de s’inspirer de parcours plus exigeants mais en n’en faisant qu’une seule partie
 C’est pour cela qu’il faut prĂ©parer ses activitĂ©s car avec de petits pitres comme ça, on n’a pas le droit Ă  l’erreur !

Pour ce travail prĂ©paratoire, le petit guide choisi est assez clair et prĂ©cis, donne beaucoup d’élĂ©ments parfaitement adaptĂ©s Ă  la marche en famille
 Enfin, il rappelle que ce petit massif du Morvan comporte moins de piĂšges que ceux du Jura, des Alpes ou des PyrĂ©nĂ©es
 Certes, il peut y avoir des dĂ©nivelĂ©s (oui, dĂ©solĂ©, l’oppidum de Bibracte est bien en haut !), du soleil, quelques plantes urticantes mais rien de bien mĂ©chant. C’est un massif ouvert au plus grand nombre !

Pour clore ce petit chapitre pĂ©destre, je dois ajouter que c’est seulement aprĂšs avoir testĂ© sur place la qualitĂ© des informations et prĂ©cisions que je pourrai valider dĂ©finitivement ce guide. Pour le moment, je suis obligĂ© de me limiter Ă  deux points : trĂšs clair et donne envie de partir pour le Morvan ! Je reviendrai vous donner quelques ressentis aprĂšs ma semaine dans le Morvan


En attendant, trĂšs bonne lecture Ă  tous !

Shelton
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01/08/2023 @ 19:25:49
Lundi 31 juillet 2023

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans les lectures (quotidiennes serais-je tentĂ© de prĂ©ciser) il y a la presse
 Ah, la presse, une lecture pas identique aux autres et qui subit aujourd’hui de nombreuses attaques. D’ailleurs, vous devez entendre les mĂȘmes discours que moi dans vos familles : ceux qui sont plus Ă  droite trouvent la presse trop de gauche et, inversement, ceux qui sont plus Ă  gauche trouve la presse plus Ă  droite
 On pourrait ĂȘtre tentĂ© de dire que tout cela n’est pas un problĂšme et qu’au bout du compte tout s’équilibre
 mais je n’en suis pas certain !

Ayant enseignĂ© l’histoire des mĂ©dias durant quelques longues annĂ©es, j’ai vu les pĂ©riodes oĂč les moyens de communication et la presse Ă©taient dans les mains du pouvoir – Ă  commencer par un certain Richelieu – puis dans l’escarcelle des riches avant de voir arriver la publicitĂ© et les annonceurs qui Ă©taient censĂ©s apporter de l’indĂ©pendance aux mĂ©dias
 Le dĂ©bat ne date donc pas de la crise au Journal du Dimanche et nous en avons tous Ă©tĂ© tĂ©moins Ă  un moment ou un autre
 ORTF voix de son maĂźtre, crise au Parisien, crise d’I-tĂ©lé  MĂ©dias appartenant Ă  des grands groupes capitalistes, main mise de certains grands capitaines d’industrie sur des titres (souvenez-vous de Jours de France et Marcel Dassault)
 Rien de trĂšs neuf dans le monde de l’information et du papier (oui, de la radiophonie, du tĂ©lĂ©visuel et du numĂ©rique aussi) !

Alors, pour me redonner un peu le moral – toute crise de la presse me semble grave pour notre dĂ©mocratie – j’ai ressorti le « Dictionnaire amoureux du journalisme » de Serge July
 Oui, je sais, certains sont en train d’hurler : Quoi, ce petit journaleux de gauche donne des leçons d’indĂ©pendance de la presse ! Et les autres de brailler avec les loups que Serge July ne serait qu’un traitre bourgeois qui aurait oubliĂ© qui il Ă©tait et d’oĂč il venait
 Moi, je me contente de lire (et relire) cet ouvrage que j’aime beaucoup !

Je ne vais pas vous rĂ©sumer ce beau livre mais commencer pas affirmer qu’il s’agit d’un livre qui est tout sauf objectif : oui, il s’agit d’un dictionnaire amoureux pas d’une Ă©tude exhaustive de la presse. Donc, Serge July se promĂšne dans ses souvenirs, sa mĂ©moire de lecteur, ses archives de journaliste pour tenter de trouver des entrĂ©es pertinentes et passionnantes : pour moi, il y arrive et je peux feuilleter cet ouvrage trĂšs rĂ©guliĂšrement. Je dis bien feuilleter car on n’est rĂ©ellement pas obligĂ© de le lire en continu


DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment de cet ouvrage, c’est la tentative de Serge July pour ne pas oublier les sujets qui pourraient fĂącher. Aborder le journalisme n’est pas Ă©voquer son histoire, son journal, son mĂ©tier. C’est prendre de la hauteur, parler de films, de fictions, de personnages historiques, d’époques spĂ©cifiques
 C’est aussi se pencher sur l’argent, le populisme, le cafĂ© du commerce, l’audimat
 Enfin, rassurez-vous (si toutefois vous Ă©tiez inquiets), il y aura bien une entrĂ©e « Serge July » et une autre « LibĂ©ration », ce qui permettra Ă  l’auteur et journaliste de parler de son expĂ©rience
 Je ne citerai qu’une seule phrase : « J’ai fait avec LibĂ©ration, le plus beau mĂ©tier du monde ! »

Tout cela ne vous dira pas ce que deviendra le JDD, avec ou sans Geoffroy Lejeune, ce que deviendront les diffĂ©rents titres appartenant Ă  des grands capitalistes, ou comment disparaitront rapidement tous les petits mĂ©dias qui n’arrivent plus Ă  boucler leur budget


Lisant de façon rĂ©guliĂšre deux quotidiens et trois magazines hebdomadaires, je ne peux que vous encourager Ă  lire la presse car c’est le seul moyen d’aider les journalistes Ă  faire leur travail dans la durĂ©e et vous de vous informer de façon plurielle ! Chaque regard diffĂ©rent vous permet de vous rapprocher de la « vĂ©ritĂ© » 

Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous


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