Samedi 15 juillet 2023Câest trĂšs amusant cette façon quâont les enfants de lire les BD. La premiĂšre fois quâils ont vu Tintin en dessins animĂ©s Ă la TV ils ont dit :" il ne parle pas comme dans les livres ".
« Papy, il y a un problÚme⊠»
Câest trĂšs amusant cette façon quâont les enfants de lire les BD. La premiĂšre fois quâils ont vu Tintin en dessins animĂ©s Ă la TV ils ont dit : " il ne parle pas comme dans les livres ".
C'est exactement cela !!!
Dimanche 16 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâai trouvĂ© il y a quelques semaines une réédition des aventures de GĂ©dĂ©on, le premier volume, celui qui porte comme nom, tout simplement, « GĂ©dĂ©on ». Câest donc avec plaisir et dĂ©lectation que je suis parti en compagnie de mon caneton au long couâŠ
Benjamin Rabier, lâauteur, est un artiste que jâapprĂ©cie beaucoup (1864-1939). Avant de le connaitre pour son GĂ©dĂ©on et son dessin de la Vache qui rit, jâavoue avoir surtout profitĂ© de ses Fables de La Fontaine (1924). Maman avait le fablier entier en Ă©dition originale et enfants, nous lâadorions. Malheureusement, jâavoue sans peine, avoir maltraitĂ© cet ouvrage avec mes frĂšres et sĆur : lequel commença le saccage, jâavoue ne pas le savoir, ce qui est certain câest que nous avions dĂ©coupĂ© de nombreuses illustrations pour en faire comme des images « bon point » ! Ce drame fit beaucoup de bruit Ă lâĂ©poque, enfin dans notre famille, et aujourdâhui je suis obligĂ© de me contenter de lire la version de Gustave DorĂ© qui elle, a passĂ© le temps⊠Bon, je suis un peu de mauvaise foi car jâai trouvĂ© depuis cet accident de ciseaux une Ă©dition des Fables de Benjamin Rabier⊠AprĂšs tout, Ă©dition originale ou pas, ce qui est important, câest bien la qualitĂ© des illustrations !
Car Benjamin Rabier est un des plus grands illustrateurs français. Dâorigine modeste, il est obligĂ© de travailler trĂšs tĂŽt pour vivre et le dessin ne deviendra sa source de revenus que dans un second temps. Alors quâil est comptable au Bon marchĂ©, ce sont les contacts avec Caran dâAche qui vont lui permettre dâavancer. Certaines revues publient ses dessins et il sort mĂȘme un album pour la jeunesse, Tintin-Lutin, avec un personnage qui aurait pu servir dâinspiration Ă Hergé⊠Autant on peut ĂȘtre prudent sur les influences, autant force est de constater que Benjamin Rabier est bien lâun des pionniers de la bande dessinĂ©e !
Ses illustrations des Fables sont rĂ©ellement gĂ©niales et quand on regarde avec attention chaque dessin on mesure la façon dont lâillustrateur sâest appropriĂ© le texte pour en donner une version graphique trĂšs personnelle et de qualitĂ©. Lâexpression de ses personnages en dit tellement sur ce quâils pensent, vivent et veulent nous raconter⊠Avec Rabier, La Fontaine passe au second plan !
On lui doit aussi la fameuse Vache qui rit, le dessin initial, bien sĂ»r, et pas le fromage (dâailleurs est-ce du fromage ou une pĂąte Ă tartiner ?). Ce dessin a fait le tour du monde et cette vache un peu particuliĂšre prolonge sa vie dâannĂ©e en annĂ©e⊠Chapeau bas monsieur Benjamin Rabier !
Enfin, câest en 1923 que nait son personnage de fiction GĂ©dĂ©on, un drĂŽle de lascar qui va vivre ses aventures dans ce que lâon peut et doit appeler une vĂ©ritable bande dessinĂ©e. Entre 1923 et 1939, il y aura 16 albums que je qualifierai, quant Ă moi, de mythiques et gĂ©niaux !
Alors, il reste une derniĂšre question et de taille : le travail de Benjamin Rabier est-il encore accessible aux jeunes, peut-il dĂ©clencher le plaisir des jeunes lecteurs en ce dĂ©but du XXI° siĂšcle ? Bonne question dont je ne possĂšde pas seul la rĂ©ponse, mais si vous nâessayez pas de faire lire GĂ©dĂ©on Ă un jeune enfant, vous ne saurez jamais ! Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâai trouvĂ© il y a quelques semaines une réédition des aventures de GĂ©dĂ©on, le premier volume, celui qui porte comme nom, tout simplement, « GĂ©dĂ©on ». Câest donc avec plaisir et dĂ©lectation que je suis parti en compagnie de mon caneton au long couâŠ
Benjamin Rabier, lâauteur, est un artiste que jâapprĂ©cie beaucoup (1864-1939). Avant de le connaitre pour son GĂ©dĂ©on et son dessin de la Vache qui rit, jâavoue avoir surtout profitĂ© de ses Fables de La Fontaine (1924). Maman avait le fablier entier en Ă©dition originale et enfants, nous lâadorions. Malheureusement, jâavoue sans peine, avoir maltraitĂ© cet ouvrage avec mes frĂšres et sĆur : lequel commença le saccage, jâavoue ne pas le savoir, ce qui est certain câest que nous avions dĂ©coupĂ© de nombreuses illustrations pour en faire comme des images « bon point » ! Ce drame fit beaucoup de bruit Ă lâĂ©poque, enfin dans notre famille, et aujourdâhui je suis obligĂ© de me contenter de lire la version de Gustave DorĂ© qui elle, a passĂ© le temps⊠Bon, je suis un peu de mauvaise foi car jâai trouvĂ© depuis cet accident de ciseaux une Ă©dition des Fables de Benjamin Rabier⊠AprĂšs tout, Ă©dition originale ou pas, ce qui est important, câest bien la qualitĂ© des illustrations !
Car Benjamin Rabier est un des plus grands illustrateurs français. Dâorigine modeste, il est obligĂ© de travailler trĂšs tĂŽt pour vivre et le dessin ne deviendra sa source de revenus que dans un second temps. Alors quâil est comptable au Bon marchĂ©, ce sont les contacts avec Caran dâAche qui vont lui permettre dâavancer. Certaines revues publient ses dessins et il sort mĂȘme un album pour la jeunesse, Tintin-Lutin, avec un personnage qui aurait pu servir dâinspiration Ă Hergé⊠Autant on peut ĂȘtre prudent sur les influences, autant force est de constater que Benjamin Rabier est bien lâun des pionniers de la bande dessinĂ©e !
Ses illustrations des Fables sont rĂ©ellement gĂ©niales et quand on regarde avec attention chaque dessin on mesure la façon dont lâillustrateur sâest appropriĂ© le texte pour en donner une version graphique trĂšs personnelle et de qualitĂ©. Lâexpression de ses personnages en dit tellement sur ce quâils pensent, vivent et veulent nous raconter⊠Avec Rabier, La Fontaine passe au second plan !
On lui doit aussi la fameuse Vache qui rit, le dessin initial, bien sĂ»r, et pas le fromage (dâailleurs est-ce du fromage ou une pĂąte Ă tartiner ?). Ce dessin a fait le tour du monde et cette vache un peu particuliĂšre prolonge sa vie dâannĂ©e en annĂ©e⊠Chapeau bas monsieur Benjamin Rabier !
Enfin, câest en 1923 que nait son personnage de fiction GĂ©dĂ©on, un drĂŽle de lascar qui va vivre ses aventures dans ce que lâon peut et doit appeler une vĂ©ritable bande dessinĂ©e. Entre 1923 et 1939, il y aura 16 albums que je qualifierai, quant Ă moi, de mythiques et gĂ©niaux !
Alors, il reste une derniĂšre question et de taille : le travail de Benjamin Rabier est-il encore accessible aux jeunes, peut-il dĂ©clencher le plaisir des jeunes lecteurs en ce dĂ©but du XXI° siĂšcle ? Bonne question dont je ne possĂšde pas seul la rĂ©ponse, mais si vous nâessayez pas de faire lire GĂ©dĂ©on Ă un jeune enfant, vous ne saurez jamais ! Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tous !
Lundi 17 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien e tel quâun bon ouvrage historique pour rĂ©tablir certaines vĂ©ritĂ©s. Il faut dire que les mensonges, certains disent aujourdâhui fake news ou approximations avec les rĂ©alitĂ©s, ont la vie dure et que pour rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© il faudra toujours des arguments solides, voire beaucoup plus !
Depuis ma jeunesse (lĂ , je ne cherche pas Ă jouer au vieux qui radote mais juste Ă donner une rĂ©fĂ©rence temporelle), on me disait que les AmĂ©ricains avaient Ă lâissue de la Seconde guerre mondiale « rĂ©cupĂ©ré», souvent de force, des savants nazis -les plus sympas diraient juste allemands - pour profiter de toutes les recherches faites sous la direction gĂ©nĂ©rale dâHitler. Les Russes en avaient de mĂȘme mais pas les autres, surtout pas les FrançaisâŠ
A Brest, durant mes Ă©tudes universitaires, jâavais dĂ©jĂ eu un doute quand jâavais dĂ©couvert avec un enseignant que la France avait profitĂ© de certaines expĂ©riences dans les camps pour Ă©tablir des tables scientifiques de plongĂ©e⊠Cela faisait un peu froid dans le dos⊠Jâavais alors cru quâil sâagissait dâune exception, dâun cas unique⊠Cette fois-ci, la rĂ©vĂ©lation est cruelleâŠ
Câest visiblement un peu par hasard que Michel Tedoldi, rĂ©alisateur dâenquĂȘtes sur des faits de sociĂ©tĂ© pour France TV et Arte, dĂ©couvre quâun nombre consĂ©quent de savants allemands (et mĂȘme parfois nazis) ont travaillĂ© pour la France dans les domaines atomique et aĂ©ronautique par exemple⊠Alors, puisque certaines choses semblaient avoir Ă©tĂ© cachĂ©es, Michel Tedoldi est parti Ă la recherche de la vĂ©ritĂ©, enfin disons plutĂŽt une partie de la vĂ©ritĂ© car certaines choses resteront certainement dans lâombreâŠ
Il ne sâagit donc pas dâun livre dâhistoire classique mais bien du rĂ©cit dâune enquĂȘte : on saura ce quâil sâest passĂ© mais surtout les comment, les pourquoi, les dissimulations, les secrets plus ou moins bien gardĂ©s⊠Ce qui est fascinant câest de constater que cette vĂ©ritĂ© a Ă©tĂ© oubliĂ©e, occultĂ©e, partiellement effacĂ©e sans que lâon puisse dĂ©tecter Ă chaque Ă©tape une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de tromper, de mentir, de manipuler⊠En fait, en mĂȘme temps que la RĂ©sistance imposait une sorte de nouvelle Ă©tape du roman national, les industriels Ă©crivaient leur histoire en oubliant Hermann Oestrich, Heinz Bringer, Otto Ambros, Rolf Engel⊠Ces scientifiques Ă©taient allemands, certains ouvertement nazis. Ils sont devenus les rouages et moteurs de nos grandes spĂ©cialitĂ©s « françaises » : nuclĂ©aire, aĂ©ronautique, espace⊠Ils ont Ă©tĂ© recrutĂ©s massivement dĂšs 1944, certains ont mĂȘme eu la LĂ©gion dâHonneur et Michel Tedoldi nous raconte cette histoire qui Ă©tait restĂ©e dans lâombreâŠ
Il sâagit donc dâun trĂšs bon livre Ă dĂ©couvrir juste pour en savoir plus et, quand vous entendrez que lâInde nous achĂšte quelques Rafale et autres Airbus, vous vous souviendrez alors que lâon doit cela, en grande part, Ă des anciens nazis⊠Oui, je sais, cela fait un peu froid dans le dos⊠Et vous ne pourrez mĂȘme pas vous consoler avec lâaventure dâAriane Espace qui, elle-aussi, a bĂ©nĂ©ficiĂ© de lâaide indispensable de ces anciens savants du III° Reich !
Alors, mĂȘme si cela ne donne pas le moral, mĂȘme si vous allez comprendre que les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale nâont pas toujours Ă©tĂ© cohĂ©rents jusquâau bout, mĂȘme si vous ne serez plus aussi fiers des Mirage, Airbus, Rafale et Ariane, je ne peux, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, que vous conseiller cette trĂšs belle enquĂȘte de Michel Tedoldi, « Un pacte avec le diable » !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien e tel quâun bon ouvrage historique pour rĂ©tablir certaines vĂ©ritĂ©s. Il faut dire que les mensonges, certains disent aujourdâhui fake news ou approximations avec les rĂ©alitĂ©s, ont la vie dure et que pour rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© il faudra toujours des arguments solides, voire beaucoup plus !
Depuis ma jeunesse (lĂ , je ne cherche pas Ă jouer au vieux qui radote mais juste Ă donner une rĂ©fĂ©rence temporelle), on me disait que les AmĂ©ricains avaient Ă lâissue de la Seconde guerre mondiale « rĂ©cupĂ©ré», souvent de force, des savants nazis -les plus sympas diraient juste allemands - pour profiter de toutes les recherches faites sous la direction gĂ©nĂ©rale dâHitler. Les Russes en avaient de mĂȘme mais pas les autres, surtout pas les FrançaisâŠ
A Brest, durant mes Ă©tudes universitaires, jâavais dĂ©jĂ eu un doute quand jâavais dĂ©couvert avec un enseignant que la France avait profitĂ© de certaines expĂ©riences dans les camps pour Ă©tablir des tables scientifiques de plongĂ©e⊠Cela faisait un peu froid dans le dos⊠Jâavais alors cru quâil sâagissait dâune exception, dâun cas unique⊠Cette fois-ci, la rĂ©vĂ©lation est cruelleâŠ
Câest visiblement un peu par hasard que Michel Tedoldi, rĂ©alisateur dâenquĂȘtes sur des faits de sociĂ©tĂ© pour France TV et Arte, dĂ©couvre quâun nombre consĂ©quent de savants allemands (et mĂȘme parfois nazis) ont travaillĂ© pour la France dans les domaines atomique et aĂ©ronautique par exemple⊠Alors, puisque certaines choses semblaient avoir Ă©tĂ© cachĂ©es, Michel Tedoldi est parti Ă la recherche de la vĂ©ritĂ©, enfin disons plutĂŽt une partie de la vĂ©ritĂ© car certaines choses resteront certainement dans lâombreâŠ
Il ne sâagit donc pas dâun livre dâhistoire classique mais bien du rĂ©cit dâune enquĂȘte : on saura ce quâil sâest passĂ© mais surtout les comment, les pourquoi, les dissimulations, les secrets plus ou moins bien gardĂ©s⊠Ce qui est fascinant câest de constater que cette vĂ©ritĂ© a Ă©tĂ© oubliĂ©e, occultĂ©e, partiellement effacĂ©e sans que lâon puisse dĂ©tecter Ă chaque Ă©tape une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de tromper, de mentir, de manipuler⊠En fait, en mĂȘme temps que la RĂ©sistance imposait une sorte de nouvelle Ă©tape du roman national, les industriels Ă©crivaient leur histoire en oubliant Hermann Oestrich, Heinz Bringer, Otto Ambros, Rolf Engel⊠Ces scientifiques Ă©taient allemands, certains ouvertement nazis. Ils sont devenus les rouages et moteurs de nos grandes spĂ©cialitĂ©s « françaises » : nuclĂ©aire, aĂ©ronautique, espace⊠Ils ont Ă©tĂ© recrutĂ©s massivement dĂšs 1944, certains ont mĂȘme eu la LĂ©gion dâHonneur et Michel Tedoldi nous raconte cette histoire qui Ă©tait restĂ©e dans lâombreâŠ
Il sâagit donc dâun trĂšs bon livre Ă dĂ©couvrir juste pour en savoir plus et, quand vous entendrez que lâInde nous achĂšte quelques Rafale et autres Airbus, vous vous souviendrez alors que lâon doit cela, en grande part, Ă des anciens nazis⊠Oui, je sais, cela fait un peu froid dans le dos⊠Et vous ne pourrez mĂȘme pas vous consoler avec lâaventure dâAriane Espace qui, elle-aussi, a bĂ©nĂ©ficiĂ© de lâaide indispensable de ces anciens savants du III° Reich !
Alors, mĂȘme si cela ne donne pas le moral, mĂȘme si vous allez comprendre que les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale nâont pas toujours Ă©tĂ© cohĂ©rents jusquâau bout, mĂȘme si vous ne serez plus aussi fiers des Mirage, Airbus, Rafale et Ariane, je ne peux, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, que vous conseiller cette trĂšs belle enquĂȘte de Michel Tedoldi, « Un pacte avec le diable » !
Mardi 18 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et parfois cet Ă©tĂ© des livres me permet de me poser des questions de fond sur la littĂ©rature, sur les grands auteurs, sur ces « fameux » classiques quâil faudrait avoir lus avant de mourir⊠Par exemple, le 11 juillet 2023, Milan Kundera dĂ©cĂšde Ă lâĂąge de 94 ans⊠Dâun seul coup, la planĂšte livres, malheureusement de plus en plus petite, sâagite et ceux qui ne lâont pas lu veulent rattraper leur retard tandis que les autres semblent faire les malins, « nous, on lâa lu ! »⊠De son vivant, sâentend !
Tout cela est en fait bien superflu, artificiel et sans consĂ©quence⊠On peut bien vivre sans avoir lu Kundera (et de trĂšs nombreux autres auteurs dâailleurs). Mais, on peut aussi ĂȘtre passĂ© Ă cĂŽtĂ© de Kundera et avoir envie de combler, du moins partiellement, cette lacune (ou supposĂ©e telle). Se pose alors la grande question : par quel livre commencer ?
A titre personnel, ne croyez surtout pas que jâai tout lu et que je connaitrais tous les auteurs, mon rĂ©flexe initial est de prendre un premier ouvrage au hasard et si jâaime, de continuer sans cesse jusquâĂ Ă©puisement des ouvrages de lâauteur en question⊠Mon Ă©pouse regarde souvent cette « boulimie » avec curiositĂ©. Elle sait que si jâaime au moment de la dĂ©couverte, il y aura obligatoirement une suite⊠Câest ainsi que, lors de mon collĂšge, jâai dĂ©couvert Corneille et lu durant la mĂȘme annĂ©e scolaire plus de trente piĂšces⊠Jâen avais lues plus que mon professeur de français⊠Depuis, il en fut de mĂȘme avec de nombreux auteurs dont certains sont encore bien prĂ©sents dans ma bibliothĂšque malgrĂ© la crise du logement !
Alors revenons Ă Milan Kundera et tentons de donner une piste de lecture Ă ceux qui ne le connaissent pas du tout et, qui sait, une envie de relecture aux autres. Je proposerai de commencer par « La fĂȘte de lâinsignifiance » et je vais tenter de vous expliquer pourquoi de façon simple et concise.
Tout dâabord, câest un roman peu volumineux, directement Ă©crit en français donc sans problĂšme de traduction plus ou moins limpide et, enfin, disponible en format poche ce qui ne mettra pas en pĂ©ril vos finances personnelles. VoilĂ , pour les aspects les plus techniquesâŠ
Sur la forme littĂ©raire, ce roman est parfaitement reprĂ©sentatif du style de Milan Kundera, avec de nombreux personnages, des digressions narratives qui emportent le lecteur dans un ailleurs qui lui font oublier la rĂ©alitĂ© et des phases presque philosophiques ou mĂ©taphysiques qui pourraient donner lâillusion dâĂȘtre dans un essai et non un roman.
Enfin, dans ce trĂšs bon roman, Milan Kundera, Ă partir dâune multitude de petites scĂšnes du quotidien, nous interroge sur ce qui a du sens dans nos vies⊠Car, Alain, Charles, Ramon, La Franck et les autres ne sont que des « nous-mĂȘmes », des « Kundera » aussi⊠Il y a dans cette littĂ©rature, une modernitĂ©, une contemporanĂ©itĂ© surprenante qui ne peut que nous renvoyer aux plus grands auteurs contemporains comme Becket, Camus ou Ionesco (pour ne pas vous citer des pans entiers de ma fameuse bibliothĂšque).
Avant dâĂ©crire cette chronique, jâai pris le temps de relire « La fĂȘte de lâinsignifiance » et je dois vous avouer que je lâai trouvĂ© encore plus fort que dans ma mĂ©moire ! Donc, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, voici donc une bonne idĂ©e de lecture ou relecture de Milan Kundera !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et parfois cet Ă©tĂ© des livres me permet de me poser des questions de fond sur la littĂ©rature, sur les grands auteurs, sur ces « fameux » classiques quâil faudrait avoir lus avant de mourir⊠Par exemple, le 11 juillet 2023, Milan Kundera dĂ©cĂšde Ă lâĂąge de 94 ans⊠Dâun seul coup, la planĂšte livres, malheureusement de plus en plus petite, sâagite et ceux qui ne lâont pas lu veulent rattraper leur retard tandis que les autres semblent faire les malins, « nous, on lâa lu ! »⊠De son vivant, sâentend !
Tout cela est en fait bien superflu, artificiel et sans consĂ©quence⊠On peut bien vivre sans avoir lu Kundera (et de trĂšs nombreux autres auteurs dâailleurs). Mais, on peut aussi ĂȘtre passĂ© Ă cĂŽtĂ© de Kundera et avoir envie de combler, du moins partiellement, cette lacune (ou supposĂ©e telle). Se pose alors la grande question : par quel livre commencer ?
A titre personnel, ne croyez surtout pas que jâai tout lu et que je connaitrais tous les auteurs, mon rĂ©flexe initial est de prendre un premier ouvrage au hasard et si jâaime, de continuer sans cesse jusquâĂ Ă©puisement des ouvrages de lâauteur en question⊠Mon Ă©pouse regarde souvent cette « boulimie » avec curiositĂ©. Elle sait que si jâaime au moment de la dĂ©couverte, il y aura obligatoirement une suite⊠Câest ainsi que, lors de mon collĂšge, jâai dĂ©couvert Corneille et lu durant la mĂȘme annĂ©e scolaire plus de trente piĂšces⊠Jâen avais lues plus que mon professeur de français⊠Depuis, il en fut de mĂȘme avec de nombreux auteurs dont certains sont encore bien prĂ©sents dans ma bibliothĂšque malgrĂ© la crise du logement !
Alors revenons Ă Milan Kundera et tentons de donner une piste de lecture Ă ceux qui ne le connaissent pas du tout et, qui sait, une envie de relecture aux autres. Je proposerai de commencer par « La fĂȘte de lâinsignifiance » et je vais tenter de vous expliquer pourquoi de façon simple et concise.
Tout dâabord, câest un roman peu volumineux, directement Ă©crit en français donc sans problĂšme de traduction plus ou moins limpide et, enfin, disponible en format poche ce qui ne mettra pas en pĂ©ril vos finances personnelles. VoilĂ , pour les aspects les plus techniquesâŠ
Sur la forme littĂ©raire, ce roman est parfaitement reprĂ©sentatif du style de Milan Kundera, avec de nombreux personnages, des digressions narratives qui emportent le lecteur dans un ailleurs qui lui font oublier la rĂ©alitĂ© et des phases presque philosophiques ou mĂ©taphysiques qui pourraient donner lâillusion dâĂȘtre dans un essai et non un roman.
Enfin, dans ce trĂšs bon roman, Milan Kundera, Ă partir dâune multitude de petites scĂšnes du quotidien, nous interroge sur ce qui a du sens dans nos vies⊠Car, Alain, Charles, Ramon, La Franck et les autres ne sont que des « nous-mĂȘmes », des « Kundera » aussi⊠Il y a dans cette littĂ©rature, une modernitĂ©, une contemporanĂ©itĂ© surprenante qui ne peut que nous renvoyer aux plus grands auteurs contemporains comme Becket, Camus ou Ionesco (pour ne pas vous citer des pans entiers de ma fameuse bibliothĂšque).
Avant dâĂ©crire cette chronique, jâai pris le temps de relire « La fĂȘte de lâinsignifiance » et je dois vous avouer que je lâai trouvĂ© encore plus fort que dans ma mĂ©moire ! Donc, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, voici donc une bonne idĂ©e de lecture ou relecture de Milan Kundera !
Mercredi 19 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâaime bien me replonger dans des livres anciens, mĂȘme quand il sâagit de livres pour la jeunesse ou dâalbums illustrĂ©s. Câest une façon de lire ce que nos parents, parfois grands-parents, lisaient Ă leur Ă©poque⊠Pour moi, câest aussi une façon de bien mesurer lâĂ©volution de ces histoires, des graphismes, des narrations graphiques⊠De mieux percevoir lâĂ©volution de la bande dessinĂ©e de sa crĂ©ation Ă aujourdâhui !
Par exemple, dans les prĂ©curseurs de la ligne claire â pour simplifier, disons la façon quâavait HergĂ© de raconter les aventures de son ami Tintin â on trouve un certain Joseph Pinchon (1871-1953). Cet artiste, en 1905, crĂ©e le personnage de BĂ©cassine en mettant en image des gags de Jacqueline RiviĂšre, rĂ©dactrice en chef du magazine La semaine de Suzette ! A partir de 1913, câest Maurice Languereau, dit Caumery, qui assurera les scenarii de cette sĂ©rie mythique qui a enchantĂ© â ou pas â nos ascendantsâŠ
Au dĂ©part, BĂ©cassine nâĂ©tait pas bretonne, câest lorsque Caumery prend le scĂ©nario en main que BĂ©cassine devient bretonne, une hĂ©roĂŻne finistĂ©rienne du nom dâAnnaĂŻk Labornez. Mais que faut-il penser rĂ©ellement de cette chĂšre BĂ©cassine ? Doit-on y voir la façon pĂ©jorative des Parisiens vis-Ă -vis du « petit peuple breton » ? Certains lâont dit abondement mais je voudrais que les choses Ă©voluentâŠ
Pour cette chronique, jâai dĂ©cidĂ© de relire un album dans sa version originale et câest possible grĂące aux fac-similĂ©s de grande qualitĂ© que lâon trouve soit dâoccasion, soit chez de nombreux soldeurs⊠Jâai choisi « BĂ©cassine prend des pensionnaires » car il commence par les remises de prix de fin dâannĂ©e, quand lâillustrissime Loulotte fait la rafle des prixâŠ
Ah, vous ne semblez pas connaitre Loulotte, câest cela ? Il sâagit de Louise Charlotte de Grand-Air⊠mais laissons BĂ©cassine vous parler dâelle :
« Cette petite, je lâai pouponnĂ©e quand elle Ă©tait au biberon. Depuis bientĂŽt douze ans, pas un seul jour, je nâai cessĂ© de la soigner et de veiller sur elle. Aussi, je lâaime comme si jâĂ©tais sa mĂšre⊠»
Mais avant dâĂȘtre une mĂšre dâadoption ou nourrice de service, BĂ©cassine est une jeune femme que lâon dĂ©crit avec des stĂ©rĂ©otypes de lâĂ©poque. A ce titre, au premier abord, ce nâest pas trĂšs sympathique pour les femmes, pour le personnel de maison et pour les Bretons. On peut ajouter aussi pour les pauvres, les Ă©trangers, les autochtones des colonies⊠Mais, si on prend le temps de lire lâalbum en entier â les textes sont beaucoup plus longs que dans les bĂ©dĂ©s contemporaines â il faut reconnaitre que lâon peut voir Ă©voluer son jugementâŠ
Oui, BĂ©cassine est assez naĂŻve mais elle se pose de trĂšs nombreuses questions et parfois elle fait mĂȘme preuve de sagesse dans ses mesures Ă©ducatives vis-Ă -vis de la petite Loulotte. MĂȘme si elle est gaffeuse et quâelle commet de trĂšs nombreuses bĂȘtises, il nâen demeure pas moins que câest une sacrĂ©e femme autonome pour lâĂ©poque. Elle voyage seule en train, assure des tĂąches Ă©ducatives, dĂ©samorce des crises internes Ă la famille, est capable dâenquĂȘter modestement mais avec efficacitĂ© sur les petits mystĂšres de la vie quotidienne, peut prendre Ă sa charge des actes administratifs ou financiers comme rĂ©server un hĂŽtel pour la famille⊠Une femme Ă tout faire et non lâidiote du village !
Attention, je ne suis pas en train de dire que BĂ©cassine soit un modĂšle de femme Ă©panouie et quâelle devrait servir de modĂšle Ă©ducatif aujourdâhui ! Bien sĂ»r, je veux simplement attirer votre attention que trop rapidement on a condamnĂ© cette BĂ©cassine â et ses auteurs â en oubliant de remettre cette histoire dans son contexte. Pour lâhistoire de la bĂ©dĂ©, câest une Ă©tape capitale, pour celle de la femme câest aussi une façon de montrer les annĂ©es trente et, enfin, pour mesurer lâĂ©tat de perception de la province par Paris, câest assez Ă©clairantâŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, pourquoi ne pas prendre le temps de lire ou relire lâun de ces albums des aventures de BĂ©cassine, comme BĂ©cassine prend des pensionnaires?
TrĂšs bonne lecture et Ă demain !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâaime bien me replonger dans des livres anciens, mĂȘme quand il sâagit de livres pour la jeunesse ou dâalbums illustrĂ©s. Câest une façon de lire ce que nos parents, parfois grands-parents, lisaient Ă leur Ă©poque⊠Pour moi, câest aussi une façon de bien mesurer lâĂ©volution de ces histoires, des graphismes, des narrations graphiques⊠De mieux percevoir lâĂ©volution de la bande dessinĂ©e de sa crĂ©ation Ă aujourdâhui !
Par exemple, dans les prĂ©curseurs de la ligne claire â pour simplifier, disons la façon quâavait HergĂ© de raconter les aventures de son ami Tintin â on trouve un certain Joseph Pinchon (1871-1953). Cet artiste, en 1905, crĂ©e le personnage de BĂ©cassine en mettant en image des gags de Jacqueline RiviĂšre, rĂ©dactrice en chef du magazine La semaine de Suzette ! A partir de 1913, câest Maurice Languereau, dit Caumery, qui assurera les scenarii de cette sĂ©rie mythique qui a enchantĂ© â ou pas â nos ascendantsâŠ
Au dĂ©part, BĂ©cassine nâĂ©tait pas bretonne, câest lorsque Caumery prend le scĂ©nario en main que BĂ©cassine devient bretonne, une hĂ©roĂŻne finistĂ©rienne du nom dâAnnaĂŻk Labornez. Mais que faut-il penser rĂ©ellement de cette chĂšre BĂ©cassine ? Doit-on y voir la façon pĂ©jorative des Parisiens vis-Ă -vis du « petit peuple breton » ? Certains lâont dit abondement mais je voudrais que les choses Ă©voluentâŠ
Pour cette chronique, jâai dĂ©cidĂ© de relire un album dans sa version originale et câest possible grĂące aux fac-similĂ©s de grande qualitĂ© que lâon trouve soit dâoccasion, soit chez de nombreux soldeurs⊠Jâai choisi « BĂ©cassine prend des pensionnaires » car il commence par les remises de prix de fin dâannĂ©e, quand lâillustrissime Loulotte fait la rafle des prixâŠ
Ah, vous ne semblez pas connaitre Loulotte, câest cela ? Il sâagit de Louise Charlotte de Grand-Air⊠mais laissons BĂ©cassine vous parler dâelle :
« Cette petite, je lâai pouponnĂ©e quand elle Ă©tait au biberon. Depuis bientĂŽt douze ans, pas un seul jour, je nâai cessĂ© de la soigner et de veiller sur elle. Aussi, je lâaime comme si jâĂ©tais sa mĂšre⊠»
Mais avant dâĂȘtre une mĂšre dâadoption ou nourrice de service, BĂ©cassine est une jeune femme que lâon dĂ©crit avec des stĂ©rĂ©otypes de lâĂ©poque. A ce titre, au premier abord, ce nâest pas trĂšs sympathique pour les femmes, pour le personnel de maison et pour les Bretons. On peut ajouter aussi pour les pauvres, les Ă©trangers, les autochtones des colonies⊠Mais, si on prend le temps de lire lâalbum en entier â les textes sont beaucoup plus longs que dans les bĂ©dĂ©s contemporaines â il faut reconnaitre que lâon peut voir Ă©voluer son jugementâŠ
Oui, BĂ©cassine est assez naĂŻve mais elle se pose de trĂšs nombreuses questions et parfois elle fait mĂȘme preuve de sagesse dans ses mesures Ă©ducatives vis-Ă -vis de la petite Loulotte. MĂȘme si elle est gaffeuse et quâelle commet de trĂšs nombreuses bĂȘtises, il nâen demeure pas moins que câest une sacrĂ©e femme autonome pour lâĂ©poque. Elle voyage seule en train, assure des tĂąches Ă©ducatives, dĂ©samorce des crises internes Ă la famille, est capable dâenquĂȘter modestement mais avec efficacitĂ© sur les petits mystĂšres de la vie quotidienne, peut prendre Ă sa charge des actes administratifs ou financiers comme rĂ©server un hĂŽtel pour la famille⊠Une femme Ă tout faire et non lâidiote du village !
Attention, je ne suis pas en train de dire que BĂ©cassine soit un modĂšle de femme Ă©panouie et quâelle devrait servir de modĂšle Ă©ducatif aujourdâhui ! Bien sĂ»r, je veux simplement attirer votre attention que trop rapidement on a condamnĂ© cette BĂ©cassine â et ses auteurs â en oubliant de remettre cette histoire dans son contexte. Pour lâhistoire de la bĂ©dĂ©, câest une Ă©tape capitale, pour celle de la femme câest aussi une façon de montrer les annĂ©es trente et, enfin, pour mesurer lâĂ©tat de perception de la province par Paris, câest assez Ă©clairantâŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, pourquoi ne pas prendre le temps de lire ou relire lâun de ces albums des aventures de BĂ©cassine, comme BĂ©cassine prend des pensionnaires?
TrĂšs bonne lecture et Ă demain !
Jeudi 20 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé⊠Le doux plaisir du lecteur et ce nâest pas de lâĂ©goĂŻsme car vous pouvez partager vos impressions de lecture, prĂȘter ou offrir vos livres⊠Partant de lâidĂ©e que certains dâentre vous vont passer Ă proximitĂ© de Bordeaux, quâils prendront le temps dâaller visiter lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e dâAquitaine, jâai pensĂ© que nous pourrions ouvrir quelques ouvrages sur ce thĂšmeâŠ
Alors, pour Ă©viter de donner simplement un catalogue, je commencerai par une bande dessinĂ©e qui se dĂ©roule au nĂ©olithique⊠Lorsque lâon souhaite parler du nĂ©olithique (la derniĂšre pĂ©riode de la prĂ©histoire, environ entre -5800 et -2500, le moment clef pour lâhumanitĂ© c'est-Ă -dire lâinstallation en village, les dĂ©buts de la culture et de lâĂ©levageâŠ), il y a toujours une difficultĂ© car il nây a pas de documents Ă©crits qui raconteraient avec moult dĂ©tails la vie quotidienne durant cette pĂ©riode⊠Le narrateur, lâhistorien, le conteur, doivent donc inventer en restant cohĂ©rents avec les Ă©lĂ©ments connusâŠ
Je sais, par expĂ©rience, que le chemin est Ă©troit et dĂ©licat, ayant inventĂ© jadis quelques fables pĂ©dagogiques pour montrer Ă mes Ă©tudiants la crĂ©ation artistique durant ce nĂ©olithique, lâapparition de lâorganisation clanique, la naissance mĂȘme des premiers dĂ©bats politiques⊠Du coup, câest toujours avec bienveillance et curiositĂ© que jâouvre les ouvrages consacrĂ©es Ă cette pĂ©riode, y compris quand il sâagit de bandes dessinĂ©es !
Ici, avec cette bĂ©dĂ© « Tassili », nous sommes Ă la fin du PalĂ©olithique, juste avant le NĂ©olithique⊠En fait, trĂšs dĂ©licat de marquer la diffĂ©rence entre les deux. On quitte un monde, on entre dans le deuxiĂšme⊠On est dans le Sahara, un dĂ©sert qui ne lâest pas encore, qui est vert, luxuriant, paisible, agrĂ©able Ă vivre⊠On est dans un clan qui vit encore de la chasse et de la cueillette, un clan qui change de lieu chaque fois que le gibier vient Ă manquer, que les fruits ne sont plus assez nombreux pour nourrir les membres du groupe. Chasser et se reproduire sont les deux actions principales et les individus ne sont pas au centre des prĂ©occupations claniquesâŠ
On va sâattacher Ă une jeune femme, DjanĂ©, qui symbolise Ă elle-seule les changements qui sâannoncent. Elle crĂ©e des outils, ose des objets dĂ©coratifs, dessine, plante des graines et, surtout, est habitĂ©e par une soif de libertĂ©. Attention, on nâest pas dans le fĂ©minisme tel que notre Ă©poque oserait le dĂ©finir, ne soyons pas hors sujet. Elle veut juste dĂ©cider de son avenir, pousser le clan Ă des changementsâŠ
Le scĂ©nario de Maadiar est solide, crĂ©dible, et il Ă©vite la miĂšvrerie. Le lecteur reste attachĂ© Ă lâhistoire jusquâau bout et peut ĂȘtre mĂȘme surpris de lâissue quâil ne voyait pas arriver ainsi⊠FrĂ©wĂ© offre une narration graphique plaisante, esthĂ©tique et efficace. Le lecteur ne peut quâadhĂ©rer Ă cette façon de concevoir la bande dessinĂ©e : humaine, belle et agrĂ©able Ă lire !
VoilĂ , comme jâai pris le temps de vous prĂ©senter cette bande dessinĂ©e de façon un peu plus longue que prĂ©vue initialement, je vais ĂȘtre obligĂ© de revenir sur la prĂ©histoire dĂšs la prochaine chronique⊠Heureusement, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, vous allez avoir le temps, surtout pour ceux qui ne visiteront pas lâexposition du musĂ©e dâAquitaine, de vous immerger dans cette prĂ©histoire lointaine, en particulier avec cette bande dessinĂ©e « Tassili » de Maadiar et FrĂ©wĂ© aux Ă©ditions La boĂźte Ă bulles !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé⊠Le doux plaisir du lecteur et ce nâest pas de lâĂ©goĂŻsme car vous pouvez partager vos impressions de lecture, prĂȘter ou offrir vos livres⊠Partant de lâidĂ©e que certains dâentre vous vont passer Ă proximitĂ© de Bordeaux, quâils prendront le temps dâaller visiter lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e dâAquitaine, jâai pensĂ© que nous pourrions ouvrir quelques ouvrages sur ce thĂšmeâŠ
Alors, pour Ă©viter de donner simplement un catalogue, je commencerai par une bande dessinĂ©e qui se dĂ©roule au nĂ©olithique⊠Lorsque lâon souhaite parler du nĂ©olithique (la derniĂšre pĂ©riode de la prĂ©histoire, environ entre -5800 et -2500, le moment clef pour lâhumanitĂ© c'est-Ă -dire lâinstallation en village, les dĂ©buts de la culture et de lâĂ©levageâŠ), il y a toujours une difficultĂ© car il nây a pas de documents Ă©crits qui raconteraient avec moult dĂ©tails la vie quotidienne durant cette pĂ©riode⊠Le narrateur, lâhistorien, le conteur, doivent donc inventer en restant cohĂ©rents avec les Ă©lĂ©ments connusâŠ
Je sais, par expĂ©rience, que le chemin est Ă©troit et dĂ©licat, ayant inventĂ© jadis quelques fables pĂ©dagogiques pour montrer Ă mes Ă©tudiants la crĂ©ation artistique durant ce nĂ©olithique, lâapparition de lâorganisation clanique, la naissance mĂȘme des premiers dĂ©bats politiques⊠Du coup, câest toujours avec bienveillance et curiositĂ© que jâouvre les ouvrages consacrĂ©es Ă cette pĂ©riode, y compris quand il sâagit de bandes dessinĂ©es !
Ici, avec cette bĂ©dĂ© « Tassili », nous sommes Ă la fin du PalĂ©olithique, juste avant le NĂ©olithique⊠En fait, trĂšs dĂ©licat de marquer la diffĂ©rence entre les deux. On quitte un monde, on entre dans le deuxiĂšme⊠On est dans le Sahara, un dĂ©sert qui ne lâest pas encore, qui est vert, luxuriant, paisible, agrĂ©able Ă vivre⊠On est dans un clan qui vit encore de la chasse et de la cueillette, un clan qui change de lieu chaque fois que le gibier vient Ă manquer, que les fruits ne sont plus assez nombreux pour nourrir les membres du groupe. Chasser et se reproduire sont les deux actions principales et les individus ne sont pas au centre des prĂ©occupations claniquesâŠ
On va sâattacher Ă une jeune femme, DjanĂ©, qui symbolise Ă elle-seule les changements qui sâannoncent. Elle crĂ©e des outils, ose des objets dĂ©coratifs, dessine, plante des graines et, surtout, est habitĂ©e par une soif de libertĂ©. Attention, on nâest pas dans le fĂ©minisme tel que notre Ă©poque oserait le dĂ©finir, ne soyons pas hors sujet. Elle veut juste dĂ©cider de son avenir, pousser le clan Ă des changementsâŠ
Le scĂ©nario de Maadiar est solide, crĂ©dible, et il Ă©vite la miĂšvrerie. Le lecteur reste attachĂ© Ă lâhistoire jusquâau bout et peut ĂȘtre mĂȘme surpris de lâissue quâil ne voyait pas arriver ainsi⊠FrĂ©wĂ© offre une narration graphique plaisante, esthĂ©tique et efficace. Le lecteur ne peut quâadhĂ©rer Ă cette façon de concevoir la bande dessinĂ©e : humaine, belle et agrĂ©able Ă lire !
VoilĂ , comme jâai pris le temps de vous prĂ©senter cette bande dessinĂ©e de façon un peu plus longue que prĂ©vue initialement, je vais ĂȘtre obligĂ© de revenir sur la prĂ©histoire dĂšs la prochaine chronique⊠Heureusement, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, vous allez avoir le temps, surtout pour ceux qui ne visiteront pas lâexposition du musĂ©e dâAquitaine, de vous immerger dans cette prĂ©histoire lointaine, en particulier avec cette bande dessinĂ©e « Tassili » de Maadiar et FrĂ©wĂ© aux Ă©ditions La boĂźte Ă bulles !
Vendredi 21 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans le prolongement de ma derniĂšre chronique, nous allons rester dans la PrĂ©histoire puisque certains, nâen doutons pas, iront visiter cet Ă©tĂ© (et lâexposition dure jusquâau 7 janvier 2024) lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e dâAquitaineâŠ
Alors, aprĂšs la bande dessinĂ©e dâhier, Tassili, passons Ă un ouvrage de vulgarisation essentiel. Je rappelle, avec gentillesse, pour certains que la vulgarisation est un acte calculĂ©, pĂ©dagogique et humain pour mettre Ă la portĂ©e du plus grand nombre un savoir, une compĂ©tence, une culture⊠PassionnĂ© de prĂ©histoire et mĂȘme de la pĂ©riode qui la prĂ©cĂšde, il mâarrive depuis quelques annĂ©es dâaccompagner (enfin, câest plutĂŽt moi qui suis le moteur de ces visites) les petits-enfants et filleule au Dino-Zoo, un lieu de vulgarisation trĂšs bien conçu en Franche-Comté⊠Câest justement aprĂšs une expĂ©rience vĂ©cue avec certains de mes petits enfants que jâai choisi de prĂ©senter aujourdâhui trois livres qui avaient Ă©tĂ© rĂ©unis en un seul par France Loisirs en 2011 et que lâon peut encore trouver sĂ©parĂ©ment aujourdâhui aux Ă©ditions du Seuil⊠Il sâagit de Lâunivers, Les origines de lâhomme et La prĂ©histoire expliquĂ©s Ă mes petits-enfantsâŠ
Si le parc en question, le Dino-Zoo, prĂ©sente sur un chemin forestier (diffĂ©rent de celui des dinosaures) une sorte de fresque grandeur nature de lâapparition de lâhomme avec ses diffĂ©rents ancĂȘtres, avouons que le jeune enfant a bien du mal Ă comprendre le gouffre temporel qui sĂ©pare les dinosaures et lâhomme⊠Pensez-vous, ils ont disparu quelques 65 millions dâannĂ©es, une durĂ©e inexplicable aux enfants, avant que lâhomme fasse son apparition sur Terre⊠Il est donc temps de remettre les choses en place et comme le sujet est assez complexe, rien de tel quâun bon livre, ou, ici, trois livres !
Le premier dâHubert Reeves â mais on nâest pas obligĂ© de les utiliser dans lâordre â permet de comprendre la crĂ©ation de lâunivers et sa rĂ©alitĂ© dâaujourdâhui. Lâauteur parle aux enfants mais pour bien des bĂ©otiens que nous sommes on va dire que câest Ă notre niveau de comprĂ©hension. Par exemple, il y a quelques semaines, on a vu des spĂ©cialistes sâĂ©merveiller sur la premiĂšre image dâun trou noir alors quâaucun journaliste nâĂ©tait capable dâexpliquer clairement de quoi il sâagissait. LĂ , lâexplication est accessible et ça fait du bienâŠ
Dans le second ouvrage, Pascal Picq va se centrer sur lâapparition de lâhomme, un sujet qui semble difficile au premier abord et quâil traite avec talent, expertise, pĂ©dagogie⊠LĂ encore, câest trĂšs accessible. Bien sĂ»r, il ne pouvait pas en ĂȘtre autrement, on rencontrera Lucy, une de nos grandes ancĂȘtres mais on comprendra surtout ce quâest un homme, un singe mais pas nâimporte quel singe⊠et, lĂ , ça devient passionnant !
Enfin, dans le troisiĂšme ouvrage, on va se plonger dans la PrĂ©histoire, un domaine extraordinaire, un monde Ă dĂ©couvrir⊠Et lâune des premiĂšres questions posĂ©es par les petits-enfants de Jean Clottes porte sur les dinosaures ce qui permet Ă lâauteur dâexpliquer que lâĂšre des dinosaures nâa rien Ă voir avec la PrĂ©histoire des humainsâŠ
Alors, que vous alliez cet Ă©tĂ© dans un parc de dinosaures oĂč que vous visitiez lâexposition du musĂ©e dâAquitaine, que vous vous glissiez dans une rĂ©plique de grotte palĂ©olithique comme celle de la grotte Chauvet ou que vous marchiez au milieu des mĂ©galithes Ă Carnac, ces trois livres vous donneront la possibilitĂ© de trouver les mots adaptĂ©s aux plus jeunes⊠Ils vous aideront Ă comprendre aussiâŠ
Et, le soir venu, exceptionnellement, vous ne lirez pas, vous vous poserez sous la voute cĂ©leste et vous raconterez Ă vos petits-enfants comment lâunivers est devenu cette merveille⊠Mais, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, comme vous devez prĂ©parer ces rencontres avec les plus jeunes de vos familles, je ne peux que vous souhaiter bonne lecture !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans le prolongement de ma derniĂšre chronique, nous allons rester dans la PrĂ©histoire puisque certains, nâen doutons pas, iront visiter cet Ă©tĂ© (et lâexposition dure jusquâau 7 janvier 2024) lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » au musĂ©e dâAquitaineâŠ
Alors, aprĂšs la bande dessinĂ©e dâhier, Tassili, passons Ă un ouvrage de vulgarisation essentiel. Je rappelle, avec gentillesse, pour certains que la vulgarisation est un acte calculĂ©, pĂ©dagogique et humain pour mettre Ă la portĂ©e du plus grand nombre un savoir, une compĂ©tence, une culture⊠PassionnĂ© de prĂ©histoire et mĂȘme de la pĂ©riode qui la prĂ©cĂšde, il mâarrive depuis quelques annĂ©es dâaccompagner (enfin, câest plutĂŽt moi qui suis le moteur de ces visites) les petits-enfants et filleule au Dino-Zoo, un lieu de vulgarisation trĂšs bien conçu en Franche-Comté⊠Câest justement aprĂšs une expĂ©rience vĂ©cue avec certains de mes petits enfants que jâai choisi de prĂ©senter aujourdâhui trois livres qui avaient Ă©tĂ© rĂ©unis en un seul par France Loisirs en 2011 et que lâon peut encore trouver sĂ©parĂ©ment aujourdâhui aux Ă©ditions du Seuil⊠Il sâagit de Lâunivers, Les origines de lâhomme et La prĂ©histoire expliquĂ©s Ă mes petits-enfantsâŠ
Si le parc en question, le Dino-Zoo, prĂ©sente sur un chemin forestier (diffĂ©rent de celui des dinosaures) une sorte de fresque grandeur nature de lâapparition de lâhomme avec ses diffĂ©rents ancĂȘtres, avouons que le jeune enfant a bien du mal Ă comprendre le gouffre temporel qui sĂ©pare les dinosaures et lâhomme⊠Pensez-vous, ils ont disparu quelques 65 millions dâannĂ©es, une durĂ©e inexplicable aux enfants, avant que lâhomme fasse son apparition sur Terre⊠Il est donc temps de remettre les choses en place et comme le sujet est assez complexe, rien de tel quâun bon livre, ou, ici, trois livres !
Le premier dâHubert Reeves â mais on nâest pas obligĂ© de les utiliser dans lâordre â permet de comprendre la crĂ©ation de lâunivers et sa rĂ©alitĂ© dâaujourdâhui. Lâauteur parle aux enfants mais pour bien des bĂ©otiens que nous sommes on va dire que câest Ă notre niveau de comprĂ©hension. Par exemple, il y a quelques semaines, on a vu des spĂ©cialistes sâĂ©merveiller sur la premiĂšre image dâun trou noir alors quâaucun journaliste nâĂ©tait capable dâexpliquer clairement de quoi il sâagissait. LĂ , lâexplication est accessible et ça fait du bienâŠ
Dans le second ouvrage, Pascal Picq va se centrer sur lâapparition de lâhomme, un sujet qui semble difficile au premier abord et quâil traite avec talent, expertise, pĂ©dagogie⊠LĂ encore, câest trĂšs accessible. Bien sĂ»r, il ne pouvait pas en ĂȘtre autrement, on rencontrera Lucy, une de nos grandes ancĂȘtres mais on comprendra surtout ce quâest un homme, un singe mais pas nâimporte quel singe⊠et, lĂ , ça devient passionnant !
Enfin, dans le troisiĂšme ouvrage, on va se plonger dans la PrĂ©histoire, un domaine extraordinaire, un monde Ă dĂ©couvrir⊠Et lâune des premiĂšres questions posĂ©es par les petits-enfants de Jean Clottes porte sur les dinosaures ce qui permet Ă lâauteur dâexpliquer que lâĂšre des dinosaures nâa rien Ă voir avec la PrĂ©histoire des humainsâŠ
Alors, que vous alliez cet Ă©tĂ© dans un parc de dinosaures oĂč que vous visitiez lâexposition du musĂ©e dâAquitaine, que vous vous glissiez dans une rĂ©plique de grotte palĂ©olithique comme celle de la grotte Chauvet ou que vous marchiez au milieu des mĂ©galithes Ă Carnac, ces trois livres vous donneront la possibilitĂ© de trouver les mots adaptĂ©s aux plus jeunes⊠Ils vous aideront Ă comprendre aussiâŠ
Et, le soir venu, exceptionnellement, vous ne lirez pas, vous vous poserez sous la voute cĂ©leste et vous raconterez Ă vos petits-enfants comment lâunivers est devenu cette merveille⊠Mais, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, comme vous devez prĂ©parer ces rencontres avec les plus jeunes de vos familles, je ne peux que vous souhaiter bonne lecture !
Samedi 22 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et nous allons, encore, prolonger notre immersion dans la PrĂ©histoire. Certains trouveront cela peut-ĂȘtre un peu excessif mais, en fait, durant lâĂ©tĂ©, nous sommes trĂšs nombreux Ă la toucher du doigt cette PrĂ©histoire lointaine, Ă travers une visite de musĂ©e, dâexposition, dâune promenade sur un site naturel ou la visite dâun site reconstituant une grotte du palĂ©olithiqueâŠPourtant, la sociĂ©tĂ© prĂ©historique nous semble complĂštement inconnue et difficile Ă apprĂ©hender⊠Câest si loinâŠ
Chaque fois que jâaccompagne une nouvelle personne en Bretagne dans un de ces magnifiques lieux dâalignements de mĂ©galithes, jâai le droit Ă la mĂȘme sĂ©rie de questions : de quoi sâagit-il, quel est le sens de ces alignements, est-ce un cimetiĂšre, est-ce un lieu de culte, que sait-on de cette civilisationâŠ
Autant je sais prĂ©ciser que ces alignements ne doivent rien Ă ObĂ©lix et ses amis Gaulois car la civilisation qui les a mis en place nâest ni celte ni gauloise, autant je suis obligĂ© de prĂ©ciser que nous ne savons que fort peu de choses sur ces hommes qui nous ont laissĂ© ces milliers de pierres dans les champs⊠en Bretagne en particulier mais pas que !
Câest au XIXe siĂšcle que lâon a commencĂ© Ă sâintĂ©resser Ă ces pierres, Ă leur donner un nom, Ă les distinguer les unes des autres⊠James Fergusson a Ă©tudiĂ© ces « rude stones » et on a parlĂ© de tables de pierres (dolmens en breton) et de pierres longues debout (menhirs en breton). A la mĂȘme pĂ©riode James Miln puis Zacharie Le Rouzic dĂ©couvrent et mettent en valeur le site de CarnacâŠ
Au dĂ©part, on croyait que toutes ces pierres dans le monde se ressemblaient, que les cultures prĂ©historiques avaient une multitude de points communs⊠et cet ouvrage de Roger Joussaume, ancien directeur de recherches au CNRS, nous dĂ©montre que plus on Ă©tudie ces civilisations, plus on visite ces sites, plus on frĂ©quente ces Ă©tranges architectes de la pierre, plus on comprend que chacune de ces civilisations avait ses particularitĂ©s, ses cultes, ses us et coutumes, sa religion et sa façon de rendre hommage aux mortsâŠ
Certes, Ă la fin de la lecture de ce petit opuscule vous nâĂȘtes toujours pas capable dâaffirmer ce quâĂ©tait le peuple qui a laissĂ© les alignements de Carnac aux gĂ©nĂ©rations futures, mais vous savez avec beaucoup de prĂ©cision dire ce que ce peuple nâĂ©tait pas et ce qui les diffĂ©rencie des autres⊠Et câest tout simplement passionnant !
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire mais aussi pour apprendre, je ne saurais trop vous conseiller, si vous allez cet Ă©tĂ© sur un de ces sites consacrĂ© Ă la PrĂ©histoire, de bien prĂ©parer votre voyage, de choisir chaque fois que câest proposĂ© lâoption avec guide (audio guide Ă dĂ©faut si vous supportez ce type de chose, moi je dĂ©teste) car il est important de ne pas se laisser porter par des mythes infondĂ©s mais bien dâintĂ©grer tous les Ă©lĂ©ments de la recherche contemporaine sur la PrĂ©histoire et ses diffĂ©rentes pĂ©riodes, ses peuples, ses culturesâŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lectures Ă toutes et Ă tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et nous allons, encore, prolonger notre immersion dans la PrĂ©histoire. Certains trouveront cela peut-ĂȘtre un peu excessif mais, en fait, durant lâĂ©tĂ©, nous sommes trĂšs nombreux Ă la toucher du doigt cette PrĂ©histoire lointaine, Ă travers une visite de musĂ©e, dâexposition, dâune promenade sur un site naturel ou la visite dâun site reconstituant une grotte du palĂ©olithiqueâŠPourtant, la sociĂ©tĂ© prĂ©historique nous semble complĂštement inconnue et difficile Ă apprĂ©hender⊠Câest si loinâŠ
Chaque fois que jâaccompagne une nouvelle personne en Bretagne dans un de ces magnifiques lieux dâalignements de mĂ©galithes, jâai le droit Ă la mĂȘme sĂ©rie de questions : de quoi sâagit-il, quel est le sens de ces alignements, est-ce un cimetiĂšre, est-ce un lieu de culte, que sait-on de cette civilisationâŠ
Autant je sais prĂ©ciser que ces alignements ne doivent rien Ă ObĂ©lix et ses amis Gaulois car la civilisation qui les a mis en place nâest ni celte ni gauloise, autant je suis obligĂ© de prĂ©ciser que nous ne savons que fort peu de choses sur ces hommes qui nous ont laissĂ© ces milliers de pierres dans les champs⊠en Bretagne en particulier mais pas que !
Câest au XIXe siĂšcle que lâon a commencĂ© Ă sâintĂ©resser Ă ces pierres, Ă leur donner un nom, Ă les distinguer les unes des autres⊠James Fergusson a Ă©tudiĂ© ces « rude stones » et on a parlĂ© de tables de pierres (dolmens en breton) et de pierres longues debout (menhirs en breton). A la mĂȘme pĂ©riode James Miln puis Zacharie Le Rouzic dĂ©couvrent et mettent en valeur le site de CarnacâŠ
Au dĂ©part, on croyait que toutes ces pierres dans le monde se ressemblaient, que les cultures prĂ©historiques avaient une multitude de points communs⊠et cet ouvrage de Roger Joussaume, ancien directeur de recherches au CNRS, nous dĂ©montre que plus on Ă©tudie ces civilisations, plus on visite ces sites, plus on frĂ©quente ces Ă©tranges architectes de la pierre, plus on comprend que chacune de ces civilisations avait ses particularitĂ©s, ses cultes, ses us et coutumes, sa religion et sa façon de rendre hommage aux mortsâŠ
Certes, Ă la fin de la lecture de ce petit opuscule vous nâĂȘtes toujours pas capable dâaffirmer ce quâĂ©tait le peuple qui a laissĂ© les alignements de Carnac aux gĂ©nĂ©rations futures, mais vous savez avec beaucoup de prĂ©cision dire ce que ce peuple nâĂ©tait pas et ce qui les diffĂ©rencie des autres⊠Et câest tout simplement passionnant !
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire mais aussi pour apprendre, je ne saurais trop vous conseiller, si vous allez cet Ă©tĂ© sur un de ces sites consacrĂ© Ă la PrĂ©histoire, de bien prĂ©parer votre voyage, de choisir chaque fois que câest proposĂ© lâoption avec guide (audio guide Ă dĂ©faut si vous supportez ce type de chose, moi je dĂ©teste) car il est important de ne pas se laisser porter par des mythes infondĂ©s mais bien dâintĂ©grer tous les Ă©lĂ©ments de la recherche contemporaine sur la PrĂ©histoire et ses diffĂ©rentes pĂ©riodes, ses peuples, ses culturesâŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lectures Ă toutes et Ă tous !
Dimanche 23 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâavoue que lorsque je suis en vacances je nâai que rarement le temps dâaller Ă des confĂ©rences sĂ©rieuses, universitaires ou autres⊠AprĂšs tout, les vacances câest fait pour lire, se reposer et profiter de la famille et de la nature⊠Mais « rarement » ne signifie pas « jamais » !
Il y a quelques annĂ©es, durant le mois dâaoĂ»t, mon attention a Ă©tĂ© retenue par une affiche de confĂ©rence organisĂ©e par les amis du musĂ©e de PrĂ©histoire de Carnac avec un certain Marc AzĂ©ma sur la PrĂ©histoire du cinĂ©ma. ImmĂ©diatement, jâai eu envie dâaller Ă©couter cet individu que je ne connaissais pas car le thĂšme semblait passionnant !
A lâĂ©poque jâenseignais lâhistoire des mĂ©dias dans une licence professionnelle image et son et jâĂ©tais trĂšs curieux de savoir ce que jâallais bien pouvoir apprendre. Il faut dire que jâavais imaginĂ© depuis longtemps, sans ĂȘtre ni archĂ©ologue ni spĂ©cialiste de la prĂ©histoire, une version de lâapparition des arts dans lâhumanitĂ©, une forme de conte illustrĂ©, dont je mâĂ©tais juste prĂ©occupĂ© de ne pas avoir fait dâerreur grave avec ce que lâon savait de cette Ă©poque fort lointaine⊠Pour une fois, jâallais ĂȘtre confrontĂ© avec une vision scientifique et archĂ©ologique et jâen attendais beaucoupâŠ
La confĂ©rence sâest dĂ©roulĂ©e comme dans un rĂȘve avec un confĂ©rencier qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre un excellent vulgarisateur accessible Ă tous, surtout aux vacanciers curieux qui avaient franchi la porte de la salle⊠On a ainsi revĂ©cu lâĂ©merveillement de Marc AzĂ©ma lorsquâil put entrer pour la premiĂšre fois dans la fameuse grotte Chauvet⊠Câest comme si on y Ă©tait nous aussi⊠mais câest par la suite que tout devint encore plus fascinantâŠ
En effet, câest alors quâil a expliquĂ© comment ces hommes prĂ©historiques avaient inventĂ© la narration graphique, le mouvement dans cette narration c'est-Ă -dire Ă©taient bien les inventeurs prĂ©historique du cinĂ©ma ! Oui, je comprends que dit comme cela, il y a de quoi ĂȘtre surpris. Mais, si on suit Marc AzĂ©ma dans tout son raisonnement et si lâon regarde les Ă©lĂ©ments factuels (les preuves indiscutables comme on pourrait dire), force est de constater que tout cela est crĂ©dible, vĂ©ridique, incroyable et fascinant⊠Jâaurais pu, ce soir lĂ , lâĂ©couter encore dix heures et partir immĂ©diatement avec lui pour visiter la grotte Chauvet !
Heureusement, jâai pu, dâune part lâinterviewer pour la radio et dâautre part repartir avec son ouvrage (accompagnĂ© dâun DVD absolument indispensable pour tout comprendre !). Comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, jâai pu prolonger mon voyage dans la grotte Chauvet et bien comprendre pourquoi on pouvait bien parler de prĂ©histoire du cinĂ©ma⊠Oui, je sais, je ne vous ai pas encore tout dit mais câest juste pour ne pas vous spoiler (divulgĂącher comme disent nos cousins canadiens) la lecture de cet excellent ouvrage que je vous conseille, surtout si cet Ă©tĂ© vous aviez prĂ©vu une escale du cĂŽtĂ© de la grotte Chauvet, enfin, sa rĂ©pliqueâŠ
TrĂšs bonne lecture Ă tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et jâavoue que lorsque je suis en vacances je nâai que rarement le temps dâaller Ă des confĂ©rences sĂ©rieuses, universitaires ou autres⊠AprĂšs tout, les vacances câest fait pour lire, se reposer et profiter de la famille et de la nature⊠Mais « rarement » ne signifie pas « jamais » !
Il y a quelques annĂ©es, durant le mois dâaoĂ»t, mon attention a Ă©tĂ© retenue par une affiche de confĂ©rence organisĂ©e par les amis du musĂ©e de PrĂ©histoire de Carnac avec un certain Marc AzĂ©ma sur la PrĂ©histoire du cinĂ©ma. ImmĂ©diatement, jâai eu envie dâaller Ă©couter cet individu que je ne connaissais pas car le thĂšme semblait passionnant !
A lâĂ©poque jâenseignais lâhistoire des mĂ©dias dans une licence professionnelle image et son et jâĂ©tais trĂšs curieux de savoir ce que jâallais bien pouvoir apprendre. Il faut dire que jâavais imaginĂ© depuis longtemps, sans ĂȘtre ni archĂ©ologue ni spĂ©cialiste de la prĂ©histoire, une version de lâapparition des arts dans lâhumanitĂ©, une forme de conte illustrĂ©, dont je mâĂ©tais juste prĂ©occupĂ© de ne pas avoir fait dâerreur grave avec ce que lâon savait de cette Ă©poque fort lointaine⊠Pour une fois, jâallais ĂȘtre confrontĂ© avec une vision scientifique et archĂ©ologique et jâen attendais beaucoupâŠ
La confĂ©rence sâest dĂ©roulĂ©e comme dans un rĂȘve avec un confĂ©rencier qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre un excellent vulgarisateur accessible Ă tous, surtout aux vacanciers curieux qui avaient franchi la porte de la salle⊠On a ainsi revĂ©cu lâĂ©merveillement de Marc AzĂ©ma lorsquâil put entrer pour la premiĂšre fois dans la fameuse grotte Chauvet⊠Câest comme si on y Ă©tait nous aussi⊠mais câest par la suite que tout devint encore plus fascinantâŠ
En effet, câest alors quâil a expliquĂ© comment ces hommes prĂ©historiques avaient inventĂ© la narration graphique, le mouvement dans cette narration c'est-Ă -dire Ă©taient bien les inventeurs prĂ©historique du cinĂ©ma ! Oui, je comprends que dit comme cela, il y a de quoi ĂȘtre surpris. Mais, si on suit Marc AzĂ©ma dans tout son raisonnement et si lâon regarde les Ă©lĂ©ments factuels (les preuves indiscutables comme on pourrait dire), force est de constater que tout cela est crĂ©dible, vĂ©ridique, incroyable et fascinant⊠Jâaurais pu, ce soir lĂ , lâĂ©couter encore dix heures et partir immĂ©diatement avec lui pour visiter la grotte Chauvet !
Heureusement, jâai pu, dâune part lâinterviewer pour la radio et dâautre part repartir avec son ouvrage (accompagnĂ© dâun DVD absolument indispensable pour tout comprendre !). Comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, jâai pu prolonger mon voyage dans la grotte Chauvet et bien comprendre pourquoi on pouvait bien parler de prĂ©histoire du cinĂ©ma⊠Oui, je sais, je ne vous ai pas encore tout dit mais câest juste pour ne pas vous spoiler (divulgĂącher comme disent nos cousins canadiens) la lecture de cet excellent ouvrage que je vous conseille, surtout si cet Ă©tĂ© vous aviez prĂ©vu une escale du cĂŽtĂ© de la grotte Chauvet, enfin, sa rĂ©pliqueâŠ
TrĂšs bonne lecture Ă tous !
Durant le festival d'arts de la rue, Chalon dans la rue 2023, un grand nombre de compagnies ont pris la base de leurs spectacles dans les grands classiques de la littérature... Antigone, Les misérables, Don Quichotte, Le Cid, pour ne citer que quelques-uns de ces ouvrages de référence...
Lundi 24 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé⊠Je le dis souvent mais le doux plaisir du lecteur et ce nâest pas de lâĂ©goĂŻsme, une bonne fois pour toutes, mĂȘme si pour certains dâentre nous la lecture se pratique avant tout dans le calme⊠Bon, je reconnais que lire sur la plage nâest pas toujours une sinĂ©cure⊠Vent qui soulĂšve le sable, soleil trop chaud, enfants qui braillent ou, pire, qui courent vous dĂ©poser de lâeau, du sable, des jouets⊠Bref, lire Ă la plage nĂ©cessite quelques prĂ©cautions pour arriver Ă en profiter au maximumâŠ
Partant de lâidĂ©e que certains dâentre vous quitterons temporairement la plage trop chaude ou trop bruyante pour aller visiter Bordeaux et prendre le temps dâentrer dans lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » du musĂ©e dâAquitaine, jâai pensĂ© que nous pourrions finir notre incursion dans la PrĂ©histoire par ce trĂšs beau Dossier de lâArchĂ©ologie, Art PalĂ©olithique⊠Oui, je sais, ce nâest pas trĂšs habituel que je vous invite Ă lire un magazine de cette nature mais il sâagit bien dâune lecture, voire mĂȘme dâune trĂšs bonne lecture !
On commencera par prĂ©senter lâexposition du musĂ©e dâAquitaine (la derniĂšre exposition sur lâart prĂ©historique date de 1996 et il Ă©tait temps dâouvrir une nouvelle page sur la question. Mais trĂšs rapidement, on entre dans le dossier avec des questions fortes et incontournables. Certes, ici, je ne vais pas vous donner les rĂ©ponses parce que le dossier est trĂšs bien fait et que mes reformulations seraient sans aucune pertinenceâŠ
Mais la dĂ©marche commence par cette interrogation lancinante : comment dĂ©finir lâart prĂ©historique, quels sont ces artistes dâun autre temps, que nous reste-il de lâĂ©poque, les copies pour les touristes sont-elles indispensables⊠Oui, les questions sont trĂšs nombreuses et elles ne sont pas, si on prend le temps de rĂ©flĂ©chir un peu, pas spĂ©cifique de lâart prĂ©historique. En effet, en art contemporain, on peut entendre : est-ce de lâart ? Qui sont ces artistes qui parfois ressemblent Ă des usurpateurs ? Que restera-t-il de cet art dans quelques siĂšcles ?âŠ
Ici, on va trouver des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses, de rĂ©flexion, de preuves, avec une clartĂ© destinĂ©e au grand public. Pas besoin dâĂȘtre archĂ©ologue ou philosophe de lâart pour lire ce travail qui donne envie, avouons-le, dâaller visiter cette exposition Ă Bordeaux. Si vous allez dans dâautres rĂ©gions, nâoubliez jamais que lâon trouve beaucoup de traces de la PrĂ©histoire en France et quâĂ chaque fois vous passerez de beaux moments Ă la recherche de nos racines en humanitĂ©âŠ
Câest aussi (visite comme lecture), lâoccasion de dĂ©couvrir que ce domaine nâest pas un savoir figĂ© mais bien un champ de connaissances en pleine Ă©volution grĂące Ăš la recherche, Ă la curiositĂ© et parfois mĂȘme la chance⊠Chaque dĂ©couverte de site montre cette chance, ce hasard ou cette opportunitĂ© transformĂ©s par des acteurs de la PrĂ©histoire qui sont de vĂ©ritables savants et scientifiques⊠En vacances, vous ne vous transformerez pas en chercheurs mais en amateurs curieux, en lecteurs assidus, en admirateurs fascinĂ©s et câest dĂ©jĂ Ă©norme !
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, je vous propose de commencer modestement par ce trĂšs bon Dossier dâArchĂ©ologie, Art palĂ©olithique (numĂ©ro mai-juin 2023). TrĂšs bonne lecture !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures vous pouvez, vous avez le droit, vous devez mĂȘme rechercher votre plaisir de lecteur, sans scrupule ni hĂ©sitation, sans limite et sans prĂ©jugé⊠Je le dis souvent mais le doux plaisir du lecteur et ce nâest pas de lâĂ©goĂŻsme, une bonne fois pour toutes, mĂȘme si pour certains dâentre nous la lecture se pratique avant tout dans le calme⊠Bon, je reconnais que lire sur la plage nâest pas toujours une sinĂ©cure⊠Vent qui soulĂšve le sable, soleil trop chaud, enfants qui braillent ou, pire, qui courent vous dĂ©poser de lâeau, du sable, des jouets⊠Bref, lire Ă la plage nĂ©cessite quelques prĂ©cautions pour arriver Ă en profiter au maximumâŠ
Partant de lâidĂ©e que certains dâentre vous quitterons temporairement la plage trop chaude ou trop bruyante pour aller visiter Bordeaux et prendre le temps dâentrer dans lâexposition « Lâart prĂ©historique, de lâAquitaine Ă la MĂ©diterranĂ©e » du musĂ©e dâAquitaine, jâai pensĂ© que nous pourrions finir notre incursion dans la PrĂ©histoire par ce trĂšs beau Dossier de lâArchĂ©ologie, Art PalĂ©olithique⊠Oui, je sais, ce nâest pas trĂšs habituel que je vous invite Ă lire un magazine de cette nature mais il sâagit bien dâune lecture, voire mĂȘme dâune trĂšs bonne lecture !
On commencera par prĂ©senter lâexposition du musĂ©e dâAquitaine (la derniĂšre exposition sur lâart prĂ©historique date de 1996 et il Ă©tait temps dâouvrir une nouvelle page sur la question. Mais trĂšs rapidement, on entre dans le dossier avec des questions fortes et incontournables. Certes, ici, je ne vais pas vous donner les rĂ©ponses parce que le dossier est trĂšs bien fait et que mes reformulations seraient sans aucune pertinenceâŠ
Mais la dĂ©marche commence par cette interrogation lancinante : comment dĂ©finir lâart prĂ©historique, quels sont ces artistes dâun autre temps, que nous reste-il de lâĂ©poque, les copies pour les touristes sont-elles indispensables⊠Oui, les questions sont trĂšs nombreuses et elles ne sont pas, si on prend le temps de rĂ©flĂ©chir un peu, pas spĂ©cifique de lâart prĂ©historique. En effet, en art contemporain, on peut entendre : est-ce de lâart ? Qui sont ces artistes qui parfois ressemblent Ă des usurpateurs ? Que restera-t-il de cet art dans quelques siĂšcles ?âŠ
Ici, on va trouver des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses, de rĂ©flexion, de preuves, avec une clartĂ© destinĂ©e au grand public. Pas besoin dâĂȘtre archĂ©ologue ou philosophe de lâart pour lire ce travail qui donne envie, avouons-le, dâaller visiter cette exposition Ă Bordeaux. Si vous allez dans dâautres rĂ©gions, nâoubliez jamais que lâon trouve beaucoup de traces de la PrĂ©histoire en France et quâĂ chaque fois vous passerez de beaux moments Ă la recherche de nos racines en humanitĂ©âŠ
Câest aussi (visite comme lecture), lâoccasion de dĂ©couvrir que ce domaine nâest pas un savoir figĂ© mais bien un champ de connaissances en pleine Ă©volution grĂące Ăš la recherche, Ă la curiositĂ© et parfois mĂȘme la chance⊠Chaque dĂ©couverte de site montre cette chance, ce hasard ou cette opportunitĂ© transformĂ©s par des acteurs de la PrĂ©histoire qui sont de vĂ©ritables savants et scientifiques⊠En vacances, vous ne vous transformerez pas en chercheurs mais en amateurs curieux, en lecteurs assidus, en admirateurs fascinĂ©s et câest dĂ©jĂ Ă©norme !
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, je vous propose de commencer modestement par ce trĂšs bon Dossier dâArchĂ©ologie, Art palĂ©olithique (numĂ©ro mai-juin 2023). TrĂšs bonne lecture !
Mardi 25 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et je dois bien avouer que mes modestes recherches dans le champ autobiographique me poussent Ă des lectures que je nâaurais pas faites il y a seulement deux ou trois ans⊠Non pas par mĂ©pris des auteurs ou de leurs livres mais plutĂŽt par ignorance de leur existence, parfois par manque de goĂ»t pour le thĂšme abordĂ© ou encore parce que de trop nombreux ouvrages Ă©taient encore sur la liste de mes urgences Ă lire⊠Reconnaissons que tout cela est assez ridicule car quâest-ce quâune urgence Ă lire ? Sur quels critĂšres inscrit-on un livre dans nos urgences Ă lire ? Et si nous regardons avec sĂ©rĂ©nitĂ© et attention le nombre dâouvrages dont on a Ă©tĂ© déçu par dĂ©cennie, on ne peut que constater que nos choix sont souvent futiles, lĂ©gers et infondĂ©s⊠Mais revenons Ă notre sujet du jour !
Puisque lâobjectif est de construire une prĂ©sentation du champ autobiographique pour une durĂ©e de 6 heures environ, il nâest donc pas inutile de se laisser porter sur des rivages inconnus, vers des auteurs improbables (et ce nâest pas pĂ©joratif pour eux) ou prendre le risque dâaborder des Ăźles dont le nom mĂȘme mâĂ©tait inconnu⊠Câest le cas avec ce texte de Catherine Cusset, Confession dâune radine, 2003. Câest le titre, plus exactement le premier mot du titre, « Confession », qui mâa fait rappliquer Ă grande vitesse⊠Ce nâest pas rien une « confession » dans lâautobiographie. Dâailleurs, nâoublions jamais que ce mot peut avoir deux sens fort diffĂ©rents : soit il sâagit de prĂ©senter une « faute » et de sâen excuser, forme de sacrement de la pĂ©nitence des ChrĂ©tiens mais de façon publique, soit câest une proclamation de ce que lâon croit et pense profondĂ©ment sur un sujet⊠Si Rousseau est plutĂŽt dans la pratique de lâexcuse, Augustin est plutĂŽt lui dans la proclamation de la foi et sâil utilise lâexcuse câest plutĂŽt pour montrer immĂ©diatement que Dieu, son Dieu dâamour, ne sâest pas arrĂȘtĂ© Ă ses fautes bien rĂ©elles et lui a donnĂ© la chance dâavancer dans la vie religieuse et ecclĂ©siastique (il sera Ă©vĂȘque dâHippone). Donc, je voulais bien savoir ce qui se cachait derriĂšre ces « Confessions dâune radine »âŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment et de taille, Catherine Cusset est une romanciĂšre qui Ă©crit trĂšs bien, rĂ©putĂ©e et reconnue. Certes, elle nâest pas situĂ©e au sommet de la hiĂ©rarchie littĂ©raire mais elle a dĂ©jĂ obtenu le Goncourt des lycĂ©ens, le grand prix des lectrices du magazine Elle, le choix Goncourt Suisse, Belge, Roumain et SlovĂšne (ne me demandez pas de quoi il sâagit en dĂ©tail car jâai dĂ©couvert ces prix distribuĂ©s par diffĂ©rents pays en partant de la liste officielle du Goncourt de lâannĂ©e) et le prix AnaĂŻs Nin. Il Ă©tait donc intĂ©ressant de lire un de ses textes de fiction-autobiographique, il semble que le terme exact serait autofiction, pour me faire une idĂ©e prĂ©cise et ce fut une lecture trĂšs sympathique !
Le texte est Ă©crit Ă la premiĂšre personne et, sans couvrir toute la vie de lâautrice, il permet de balayer une grande partie de la vie et surtout de la construction psychologique de cette femme. Certains ont vu dans ce livre comme un ouvrage sur la haine de soi. Je suis plus prudent dans mon jugement car mĂȘme si elle ne semble pas trop sâaimer, je ne pense pas que ce soit de la haine et en tous cas aucune trace de volontĂ© de se nuire, se dĂ©truire⊠Alors, oui, elle se juge radine et semble bien lâĂȘtre⊠Câest un dĂ©faut, sans aucun doute mais faut-il aller plus loin que le constat ? Je nâen suis pas certain !
Par contre le livre se lit avec beaucoup de plaisir, il est plutĂŽt drĂŽle et cela donne envie dâaller dĂ©couvrir ses autres ouvrages dâautofiction. Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et je dois bien avouer que mes modestes recherches dans le champ autobiographique me poussent Ă des lectures que je nâaurais pas faites il y a seulement deux ou trois ans⊠Non pas par mĂ©pris des auteurs ou de leurs livres mais plutĂŽt par ignorance de leur existence, parfois par manque de goĂ»t pour le thĂšme abordĂ© ou encore parce que de trop nombreux ouvrages Ă©taient encore sur la liste de mes urgences Ă lire⊠Reconnaissons que tout cela est assez ridicule car quâest-ce quâune urgence Ă lire ? Sur quels critĂšres inscrit-on un livre dans nos urgences Ă lire ? Et si nous regardons avec sĂ©rĂ©nitĂ© et attention le nombre dâouvrages dont on a Ă©tĂ© déçu par dĂ©cennie, on ne peut que constater que nos choix sont souvent futiles, lĂ©gers et infondĂ©s⊠Mais revenons Ă notre sujet du jour !
Puisque lâobjectif est de construire une prĂ©sentation du champ autobiographique pour une durĂ©e de 6 heures environ, il nâest donc pas inutile de se laisser porter sur des rivages inconnus, vers des auteurs improbables (et ce nâest pas pĂ©joratif pour eux) ou prendre le risque dâaborder des Ăźles dont le nom mĂȘme mâĂ©tait inconnu⊠Câest le cas avec ce texte de Catherine Cusset, Confession dâune radine, 2003. Câest le titre, plus exactement le premier mot du titre, « Confession », qui mâa fait rappliquer Ă grande vitesse⊠Ce nâest pas rien une « confession » dans lâautobiographie. Dâailleurs, nâoublions jamais que ce mot peut avoir deux sens fort diffĂ©rents : soit il sâagit de prĂ©senter une « faute » et de sâen excuser, forme de sacrement de la pĂ©nitence des ChrĂ©tiens mais de façon publique, soit câest une proclamation de ce que lâon croit et pense profondĂ©ment sur un sujet⊠Si Rousseau est plutĂŽt dans la pratique de lâexcuse, Augustin est plutĂŽt lui dans la proclamation de la foi et sâil utilise lâexcuse câest plutĂŽt pour montrer immĂ©diatement que Dieu, son Dieu dâamour, ne sâest pas arrĂȘtĂ© Ă ses fautes bien rĂ©elles et lui a donnĂ© la chance dâavancer dans la vie religieuse et ecclĂ©siastique (il sera Ă©vĂȘque dâHippone). Donc, je voulais bien savoir ce qui se cachait derriĂšre ces « Confessions dâune radine »âŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment et de taille, Catherine Cusset est une romanciĂšre qui Ă©crit trĂšs bien, rĂ©putĂ©e et reconnue. Certes, elle nâest pas situĂ©e au sommet de la hiĂ©rarchie littĂ©raire mais elle a dĂ©jĂ obtenu le Goncourt des lycĂ©ens, le grand prix des lectrices du magazine Elle, le choix Goncourt Suisse, Belge, Roumain et SlovĂšne (ne me demandez pas de quoi il sâagit en dĂ©tail car jâai dĂ©couvert ces prix distribuĂ©s par diffĂ©rents pays en partant de la liste officielle du Goncourt de lâannĂ©e) et le prix AnaĂŻs Nin. Il Ă©tait donc intĂ©ressant de lire un de ses textes de fiction-autobiographique, il semble que le terme exact serait autofiction, pour me faire une idĂ©e prĂ©cise et ce fut une lecture trĂšs sympathique !
Le texte est Ă©crit Ă la premiĂšre personne et, sans couvrir toute la vie de lâautrice, il permet de balayer une grande partie de la vie et surtout de la construction psychologique de cette femme. Certains ont vu dans ce livre comme un ouvrage sur la haine de soi. Je suis plus prudent dans mon jugement car mĂȘme si elle ne semble pas trop sâaimer, je ne pense pas que ce soit de la haine et en tous cas aucune trace de volontĂ© de se nuire, se dĂ©truire⊠Alors, oui, elle se juge radine et semble bien lâĂȘtre⊠Câest un dĂ©faut, sans aucun doute mais faut-il aller plus loin que le constat ? Je nâen suis pas certain !
Par contre le livre se lit avec beaucoup de plaisir, il est plutĂŽt drĂŽle et cela donne envie dâaller dĂ©couvrir ses autres ouvrages dâautofiction. Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tous !
Mercredi 26 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et restons encore dans lâautobiographie avec un ouvrage lĂ©ger, drĂŽle, sympathique et tout Ă fait adaptĂ© Ă une bonne lecture estivale. Il sâagit dâun des livres de Nicole de Buron, « Câest fou ce quâon voit de choses dans la vie ». Cette journaliste et scĂ©nariste sâest souvent inspirĂ©e de sa propre vie pour Ă©crire des autobiographies pleines dâhumour et je nâavais jamais lu un seul ouvrage dâelle jusquâĂ maintenant. Je nâavais aucun a priori, je ne connaissais mĂȘme pas son nom. Il faut dire que je nâĂ©tais pas lecteur du magazine Marie-Claire, je nâavais jamais vu ses sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es comme « Les Saintes ChĂ©ries » ou ses comĂ©dies pour le cinĂ©ma comme « Elle court, elle court la banlieue »âŠ
Câest en fouinant ici ou lĂ que je suis tombĂ© sur ce livre, quand jâai vu quâil sâagissait dâune autobiographie, je me suis dit que câĂ©tait fort Ă propos et jâai lu⊠Grand bien mâen a pris car comme elle part de sa naissance, jâai pu dĂ©couvrir un peu mieux qui Ă©tait cette Nicole de Buron.
Je ne vais pas tout vous raconter, bien sĂ»r, mais juste prĂ©ciser que dĂšs le dĂ©part on sent que lâautrice va transformer tous les Ă©vĂšnements de sa vie, des choses les plus banales au plus cruelles, en source dâhumour. Câest indiscutablement sa force et cela transforme son livre en Ă©clat de rire qui se prolonge de page en page. Je lâai lu sur trois jours et, Ă chaque petit dĂ©jeuner, je pouvais raconter Ă mon Ă©pouse au moins une nouvelle scĂšne qui enrichissait notre journĂ©e dâun petit sourire.
Alors, bien sĂ»r, ne croyez pas un instant que cette femme nâaurait jamais connu la tristesse, le malheur, le drame⊠Elle a rencontrĂ© tout cela dans sa vie, le divorce des parents dĂšs le plus jeune Ăąge, une grand-mĂšre trĂšs sĂ©vĂšre, la difficultĂ© de construire sa vie de femme, la pĂ©riode de la guerre, les premiers employeurs pas trĂšs sympathiques⊠mais, Ă chaque fois, elle raconte cela avec lĂ©gĂšretĂ©, humour et humanitĂ© !
Certains Ă©pisodes montrent aussi avec moult dĂ©tails la situation de la femme juste aprĂšs la guerre et comme on a tendance Ă oublier trĂšs vite dâoĂč on vient, la piqure de rappel me semble indispensable ! Oui, juste aprĂšs le Seconde Guerre mondiale, la libertĂ© des femmes nâĂ©tait pas trĂšs importante mĂȘme si elles venaient dâobtenir le droit de vote !
Si le voyage dans le sud de lâAlgĂ©rie avec des jeunes amis est assez reprĂ©sentatif de la quĂȘte de libertĂ©, lâĂ©pisode le plus sympathique, pour moi, est dans la description des relations avec sa belle-mĂšre (comme quoi certains nâont pas de problĂšme avec leur belle-mĂšre) et la fin accidentelle et trĂšs violente de ses beaux-parents. MĂȘme avec cet Ă©vĂšnement grave et dramatique, elle arrive Ă nous faire sourireâŠ
CĂŽtĂ© Ă©criture, câest simple, sans fioriture ni effet de style particulier mais câest trĂšs agrĂ©able Ă lire. On nâest pas en prĂ©sence dâun chef dâĆuvre, mais il sâagit dâun livre qui pourrait tout Ă fait avoir sa place dans votre sac de plage, de piscine, de spa, de pique-nique ou de train⊠Je ne suis pas certain dâavoir lâoccasion de relire un livre de Nicole de Buron mais je ne regrette absolument pas de lâavoir dĂ©couverte par hasardâŠ
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, je ne peux que vous inviter Ă oser dĂ©couvrir les auteurs que vous croisez, Nicole de Buron par exempleâŠ
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et restons encore dans lâautobiographie avec un ouvrage lĂ©ger, drĂŽle, sympathique et tout Ă fait adaptĂ© Ă une bonne lecture estivale. Il sâagit dâun des livres de Nicole de Buron, « Câest fou ce quâon voit de choses dans la vie ». Cette journaliste et scĂ©nariste sâest souvent inspirĂ©e de sa propre vie pour Ă©crire des autobiographies pleines dâhumour et je nâavais jamais lu un seul ouvrage dâelle jusquâĂ maintenant. Je nâavais aucun a priori, je ne connaissais mĂȘme pas son nom. Il faut dire que je nâĂ©tais pas lecteur du magazine Marie-Claire, je nâavais jamais vu ses sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es comme « Les Saintes ChĂ©ries » ou ses comĂ©dies pour le cinĂ©ma comme « Elle court, elle court la banlieue »âŠ
Câest en fouinant ici ou lĂ que je suis tombĂ© sur ce livre, quand jâai vu quâil sâagissait dâune autobiographie, je me suis dit que câĂ©tait fort Ă propos et jâai lu⊠Grand bien mâen a pris car comme elle part de sa naissance, jâai pu dĂ©couvrir un peu mieux qui Ă©tait cette Nicole de Buron.
Je ne vais pas tout vous raconter, bien sĂ»r, mais juste prĂ©ciser que dĂšs le dĂ©part on sent que lâautrice va transformer tous les Ă©vĂšnements de sa vie, des choses les plus banales au plus cruelles, en source dâhumour. Câest indiscutablement sa force et cela transforme son livre en Ă©clat de rire qui se prolonge de page en page. Je lâai lu sur trois jours et, Ă chaque petit dĂ©jeuner, je pouvais raconter Ă mon Ă©pouse au moins une nouvelle scĂšne qui enrichissait notre journĂ©e dâun petit sourire.
Alors, bien sĂ»r, ne croyez pas un instant que cette femme nâaurait jamais connu la tristesse, le malheur, le drame⊠Elle a rencontrĂ© tout cela dans sa vie, le divorce des parents dĂšs le plus jeune Ăąge, une grand-mĂšre trĂšs sĂ©vĂšre, la difficultĂ© de construire sa vie de femme, la pĂ©riode de la guerre, les premiers employeurs pas trĂšs sympathiques⊠mais, Ă chaque fois, elle raconte cela avec lĂ©gĂšretĂ©, humour et humanitĂ© !
Certains Ă©pisodes montrent aussi avec moult dĂ©tails la situation de la femme juste aprĂšs la guerre et comme on a tendance Ă oublier trĂšs vite dâoĂč on vient, la piqure de rappel me semble indispensable ! Oui, juste aprĂšs le Seconde Guerre mondiale, la libertĂ© des femmes nâĂ©tait pas trĂšs importante mĂȘme si elles venaient dâobtenir le droit de vote !
Si le voyage dans le sud de lâAlgĂ©rie avec des jeunes amis est assez reprĂ©sentatif de la quĂȘte de libertĂ©, lâĂ©pisode le plus sympathique, pour moi, est dans la description des relations avec sa belle-mĂšre (comme quoi certains nâont pas de problĂšme avec leur belle-mĂšre) et la fin accidentelle et trĂšs violente de ses beaux-parents. MĂȘme avec cet Ă©vĂšnement grave et dramatique, elle arrive Ă nous faire sourireâŠ
CĂŽtĂ© Ă©criture, câest simple, sans fioriture ni effet de style particulier mais câest trĂšs agrĂ©able Ă lire. On nâest pas en prĂ©sence dâun chef dâĆuvre, mais il sâagit dâun livre qui pourrait tout Ă fait avoir sa place dans votre sac de plage, de piscine, de spa, de pique-nique ou de train⊠Je ne suis pas certain dâavoir lâoccasion de relire un livre de Nicole de Buron mais je ne regrette absolument pas de lâavoir dĂ©couverte par hasardâŠ
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, je ne peux que vous inviter Ă oser dĂ©couvrir les auteurs que vous croisez, Nicole de Buron par exempleâŠ
Jeudi 27 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et je comprends trĂšs bien ceux qui nâont pas envie de lire durant lâĂ©tĂ© dâĂ©normes biographies ni des monographies sans fin pondues par des universitaires qui oublient dâĂȘtre accessibles Ă tous⊠NĂ©anmoins, ils aiment lâHistoire ces lecteurs de lâĂ©tĂ© et ils cherchent des ouvrages pour satisfaire leur passion historique⊠Câest pour cela que jâaime certains livres de vulgarisation thĂ©matiques, malgrĂ© parfois leurs limites, car ils permettent en une lecture de quelques heures (chacun Ă sa vitesse, ne lâoublions pas) de balayer toute lâhistoire de lâhumanitĂ© ou de la France⊠Câest le cas de cet ouvrage collectif, « Les derniers jours des rois », sous la direction de Patrice Gueniffey. LĂ , il va sâagir de lâhistoire des rois de France de Charlemagne Ă NapolĂ©on III, enfin, du rĂ©cit de leur mort plus que de lâhistoire entiĂšre⊠Et ils nây seront pas tous, seulement 19 dâentre eux⊠Par contre, Ă chaque fois, quasiment par un des meilleurs spĂ©cialistes de la question, du rĂšgne, de la personne royale !
Ce quâil faut bien comprendre, câest que pour chaque roi et sa mort, lâauteur choisi va quand mĂȘme nous donner lâessentiel du rĂšgne de ce roi et câest ce qui transforme cet ouvrage, au dĂ©part limitĂ© Ă un aspect, en une synthĂšse beaucoup plus riche que prĂ©vu. Mais, et il faut en avoir bien conscience avant de se lancer dans cette lecture, quand on veut synthĂ©tiser un rĂšgne comme celui de Louis XIV (un exemple parmi dâautres) en une quinzaine de pages, on est obligatoirement beaucoup trop synthĂ©tique pour tout dire, tout aborder ! Câest donc un ouvrage qui entrainera de la frustration Ă moins quâil serve au contraire de sorte de prĂ©face Ă dâautres lectures historiques de lâĂ©tĂ© !
A lâinverse, il est bien assez complet pour celui qui veux juste voyager dans lâHistoire de France pour rafraichir sa mĂ©moire scolaire (et parfois, on en a bien besoin !). Alors, prenons le temps de rencontrer certains de ces roisâŠ
Câest avec Jacques Heers (1923-2013) que nous allons prendre conscience du rĂšgne et surtout de la mort de Louis XI. Il faut dire que ce roi a Ă©tĂ© un grand incompris de notre histoire et il a fallu attendre plusieurs grandes biographies dont celle de Paul Murray Kendall pour que lâon rĂ©alise la grandeur de ce roi et le travail accompli pour la France. On nâa peu de dĂ©tails sur les derniĂšres heures de Louis XI mais Heers nous montre bien que nous sommes loin dâun bigot cherchant la moindre amulette ou relique pour rester vivant malgrĂ© la lĂ©gende qui entourera ce roiâŠ
On parlera plus loin avec Didier Le Fur de François 1er et sa septicĂ©mie, Henri II et son tournoi fatal, Henri III et son assassinat par un moine (Jean-François Solnon) et celui dâHenri IV par le fameux Ravaillac (Jean-Pierre Babelon)⊠On nâa pas tant de rois assassinĂ©s, autant parler de ces deux HenriâŠ
Je voudrais juste attirer votre attention sur deux fins de rĂšgnes assez tristes et pathĂ©tiques, celles de Louis XVIII (Daniel de Montplaisir) et Charles X (Jean-Paul Bled). On ne connait que trĂšs peu ces deux rois de la courte pĂ©riode de rĂ©tablissement de la monarchie aprĂšs la RĂ©volution (Restauration)⊠Louis VIII et les plaisir de la table, une passion parait-il pour les huitres et, pourtant, un roi qui malgrĂ© ses difficultĂ©s pour se dĂ©placer, est restĂ© focus sur les affaires de la couronne jusquâĂ la mort⊠Quant Ă Charles X, il aura une mort politique (abdication) puis une mort physique des suites du cholĂ©raâŠ
Ce qui est certain, câest quâaprĂšs cette lecture on a le sentiment dâavoir un peu rĂ©visĂ© son cours dâhistoire et mĂȘme dâavoir appris quelques « petites choses » car je vous lâavoue jâavais un peu zappĂ© le cholĂ©ra de Charles XâŠ
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !!!
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et je comprends trĂšs bien ceux qui nâont pas envie de lire durant lâĂ©tĂ© dâĂ©normes biographies ni des monographies sans fin pondues par des universitaires qui oublient dâĂȘtre accessibles Ă tous⊠NĂ©anmoins, ils aiment lâHistoire ces lecteurs de lâĂ©tĂ© et ils cherchent des ouvrages pour satisfaire leur passion historique⊠Câest pour cela que jâaime certains livres de vulgarisation thĂ©matiques, malgrĂ© parfois leurs limites, car ils permettent en une lecture de quelques heures (chacun Ă sa vitesse, ne lâoublions pas) de balayer toute lâhistoire de lâhumanitĂ© ou de la France⊠Câest le cas de cet ouvrage collectif, « Les derniers jours des rois », sous la direction de Patrice Gueniffey. LĂ , il va sâagir de lâhistoire des rois de France de Charlemagne Ă NapolĂ©on III, enfin, du rĂ©cit de leur mort plus que de lâhistoire entiĂšre⊠Et ils nây seront pas tous, seulement 19 dâentre eux⊠Par contre, Ă chaque fois, quasiment par un des meilleurs spĂ©cialistes de la question, du rĂšgne, de la personne royale !
Ce quâil faut bien comprendre, câest que pour chaque roi et sa mort, lâauteur choisi va quand mĂȘme nous donner lâessentiel du rĂšgne de ce roi et câest ce qui transforme cet ouvrage, au dĂ©part limitĂ© Ă un aspect, en une synthĂšse beaucoup plus riche que prĂ©vu. Mais, et il faut en avoir bien conscience avant de se lancer dans cette lecture, quand on veut synthĂ©tiser un rĂšgne comme celui de Louis XIV (un exemple parmi dâautres) en une quinzaine de pages, on est obligatoirement beaucoup trop synthĂ©tique pour tout dire, tout aborder ! Câest donc un ouvrage qui entrainera de la frustration Ă moins quâil serve au contraire de sorte de prĂ©face Ă dâautres lectures historiques de lâĂ©tĂ© !
A lâinverse, il est bien assez complet pour celui qui veux juste voyager dans lâHistoire de France pour rafraichir sa mĂ©moire scolaire (et parfois, on en a bien besoin !). Alors, prenons le temps de rencontrer certains de ces roisâŠ
Câest avec Jacques Heers (1923-2013) que nous allons prendre conscience du rĂšgne et surtout de la mort de Louis XI. Il faut dire que ce roi a Ă©tĂ© un grand incompris de notre histoire et il a fallu attendre plusieurs grandes biographies dont celle de Paul Murray Kendall pour que lâon rĂ©alise la grandeur de ce roi et le travail accompli pour la France. On nâa peu de dĂ©tails sur les derniĂšres heures de Louis XI mais Heers nous montre bien que nous sommes loin dâun bigot cherchant la moindre amulette ou relique pour rester vivant malgrĂ© la lĂ©gende qui entourera ce roiâŠ
On parlera plus loin avec Didier Le Fur de François 1er et sa septicĂ©mie, Henri II et son tournoi fatal, Henri III et son assassinat par un moine (Jean-François Solnon) et celui dâHenri IV par le fameux Ravaillac (Jean-Pierre Babelon)⊠On nâa pas tant de rois assassinĂ©s, autant parler de ces deux HenriâŠ
Je voudrais juste attirer votre attention sur deux fins de rĂšgnes assez tristes et pathĂ©tiques, celles de Louis XVIII (Daniel de Montplaisir) et Charles X (Jean-Paul Bled). On ne connait que trĂšs peu ces deux rois de la courte pĂ©riode de rĂ©tablissement de la monarchie aprĂšs la RĂ©volution (Restauration)⊠Louis VIII et les plaisir de la table, une passion parait-il pour les huitres et, pourtant, un roi qui malgrĂ© ses difficultĂ©s pour se dĂ©placer, est restĂ© focus sur les affaires de la couronne jusquâĂ la mort⊠Quant Ă Charles X, il aura une mort politique (abdication) puis une mort physique des suites du cholĂ©raâŠ
Ce qui est certain, câest quâaprĂšs cette lecture on a le sentiment dâavoir un peu rĂ©visĂ© son cours dâhistoire et mĂȘme dâavoir appris quelques « petites choses » car je vous lâavoue jâavais un peu zappĂ© le cholĂ©ra de Charles XâŠ
Alors, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture !!!
Vendredi 28 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et câest aussi le moment privilĂ©giĂ©, pour de trĂšs nombreux Français, dâaller visiter des sites, des musĂ©es, des monuments⊠Oui, il est un peu fini ce temps oĂč certains prenaient lâavion pour aller au bout du monde sâallonger sur le sable face Ă la mer. Aujourdâhui, on va beaucoup moins loin, on se promĂšne, on randonne, on visite, on rencontre et on lit bien sĂ»r ! Parfois, on peut rĂ©aliser de belles combinaisonsâŠ
Imaginons que vous ayez envie de passer un week-end Ă Sens ou Fontainebleau. Câest rĂ©aliste puisque ce sont deux trĂšs belles villes, que le patrimoine y est riche et abondant, quâil y a de trĂšs nombreuses possibilitĂ©s de se promener dans la nature⊠Bref, de quoi sâoccuper sans aucun souci. Mais, imaginons que vous ayez envie de sortir des chemins battus et que vous cherchiez une visite inhabituelle, un lieu qui vous dĂ©payse beaucoup, une visite que vous pourrez raconter Ă vos amis sans entendre : « Ah, nous, on lâavait visitĂ© en 2014 » ou « Non, on nâavait pas apprĂ©ciĂ© du tout »⊠Cette fois-ci ce sera : « Le chĂąteau de By ? Jamais entendu parler⊠» ou « Rosa Bonheur ? Jamais vu un de ses tableaux ! »âŠ
Oui, Ă 2h40 de Chalon-sur-SaĂŽne, 10 minutes de Fontainebleau ou 1 heure de Paris, se trouve Ă Thomery en Seine et Marne, le chĂąteau de Rosa Bonheur. Pas rĂ©ellement un chĂąteau mais plus une grande propriĂ©tĂ©, câest lĂ que Rosa Bonheur, artiste peintre, sâinstalle avec sa compagne en 1860. Elle installera dans le parc quelques enclos pour ses animaux et dans le « chĂąteau » son grand atelier, un atelier restĂ© Ă lâidentique⊠Mais, reste Ă savoir qui est Rosa pour avoir envie dâaller visiter ce havre de paix et sĂ©rĂ©nitĂ©âŠ
Rosa Bonheur est une peintre et sculptrice française du dix-neuviĂšme siĂšcle, 1822-1899. Cette femme a voulu vivre sa vie de façon trĂšs indĂ©pendante, sans se soucier du quand dira-t-on et elle sâest spĂ©cialisĂ©e dans la reprĂ©sentation animale. Je disais quâelle avait un besoin dâindĂ©pendance fort, atypique pour son Ă©poque, et on le vit de façon certaine dans le fait quâelle vĂ©cut avec une femme, Nathalie Micas. Elles se rencontrent lors de lâadolescence et câest la mort de Nathalie, en 1889, qui les sĂ©parera. On ne sut jamais la nature exacte de la relation, certains affirmant quâil sâagissait dâun amour homosexuel, dâautres dâune sororitĂ© totale⊠Aujourdâhui, on retiendra quâelle a toujours refusĂ© les demandes en mariage reçues et que les deux femmes sâĂ©taient construit une vie oĂč elles se sentaient bien⊠Nathalie Ă©tait aussi une peintreâŠ
AprĂšs la mort de Nathalie, Rosa vivra encore 10 ans et acceptera quâune artiste amĂ©ricaine, Anna Klumpke, vienne au chĂąteau puis lâaide Ă Ă©crire ses souvenirs⊠Ce sera sa seconde compagne et cette derniĂšre deviendra sa lĂ©gataire universelleâŠ
Mais si je vous parle de cette artiste que je ne connaissais pas il y a encore quelques semaines câest quâune trĂšs belle bande dessinĂ©e lui a Ă©tĂ© consacrĂ©e aux Ă©ditions Faton, maison dijonnaiseâŠ
Le scĂ©nario est signĂ© CĂ©ka tandis que le dessin est de Christelle PĂ©cout. Cette derniĂšre est la dessinatrice de la sĂ©rie « Lune dâombre » que jâavais adorĂ©e. On lui doit aussi le bel album «Hypathie », lâhistoire dâune femme libre que lâon considĂ©ra comme une sorciĂšre, bien sĂ»r ! Pas surprenant de retrouver Christelle PĂ©cout dans une histoire de femme libre et indĂ©pendanteâŠ
Cet album est un trĂšs bel hommage Ă Rosa Bonheur, rĂ©alisĂ© avec talent et dĂ©licatesse, vĂ©ritable invitation Ă aller plus loin⊠Par exemple visiter le ChĂąteau de By voire mĂȘme de profiter dâune de ses chambres dâhĂŽtes pour un week-end⊠Dormir dans la chambre mĂȘme de Rosa pour sâimmerger totalement dans son univers⊠Bon, il faudra rĂ©server et câet un peu trop tard pour cette annĂ©e !
Mais, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, vous pouvez dĂ©jĂ commencer par cette bande dessinĂ©e, « Rosa Bonheur, peintre et amie des animaux » et mĂȘme ce numĂ©ro exceptionnel de la revue Dossier de lâart qui lui est consacrĂ©.
TrĂšs bonne lecture !!!
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et câest aussi le moment privilĂ©giĂ©, pour de trĂšs nombreux Français, dâaller visiter des sites, des musĂ©es, des monuments⊠Oui, il est un peu fini ce temps oĂč certains prenaient lâavion pour aller au bout du monde sâallonger sur le sable face Ă la mer. Aujourdâhui, on va beaucoup moins loin, on se promĂšne, on randonne, on visite, on rencontre et on lit bien sĂ»r ! Parfois, on peut rĂ©aliser de belles combinaisonsâŠ
Imaginons que vous ayez envie de passer un week-end Ă Sens ou Fontainebleau. Câest rĂ©aliste puisque ce sont deux trĂšs belles villes, que le patrimoine y est riche et abondant, quâil y a de trĂšs nombreuses possibilitĂ©s de se promener dans la nature⊠Bref, de quoi sâoccuper sans aucun souci. Mais, imaginons que vous ayez envie de sortir des chemins battus et que vous cherchiez une visite inhabituelle, un lieu qui vous dĂ©payse beaucoup, une visite que vous pourrez raconter Ă vos amis sans entendre : « Ah, nous, on lâavait visitĂ© en 2014 » ou « Non, on nâavait pas apprĂ©ciĂ© du tout »⊠Cette fois-ci ce sera : « Le chĂąteau de By ? Jamais entendu parler⊠» ou « Rosa Bonheur ? Jamais vu un de ses tableaux ! »âŠ
Oui, Ă 2h40 de Chalon-sur-SaĂŽne, 10 minutes de Fontainebleau ou 1 heure de Paris, se trouve Ă Thomery en Seine et Marne, le chĂąteau de Rosa Bonheur. Pas rĂ©ellement un chĂąteau mais plus une grande propriĂ©tĂ©, câest lĂ que Rosa Bonheur, artiste peintre, sâinstalle avec sa compagne en 1860. Elle installera dans le parc quelques enclos pour ses animaux et dans le « chĂąteau » son grand atelier, un atelier restĂ© Ă lâidentique⊠Mais, reste Ă savoir qui est Rosa pour avoir envie dâaller visiter ce havre de paix et sĂ©rĂ©nitĂ©âŠ
Rosa Bonheur est une peintre et sculptrice française du dix-neuviĂšme siĂšcle, 1822-1899. Cette femme a voulu vivre sa vie de façon trĂšs indĂ©pendante, sans se soucier du quand dira-t-on et elle sâest spĂ©cialisĂ©e dans la reprĂ©sentation animale. Je disais quâelle avait un besoin dâindĂ©pendance fort, atypique pour son Ă©poque, et on le vit de façon certaine dans le fait quâelle vĂ©cut avec une femme, Nathalie Micas. Elles se rencontrent lors de lâadolescence et câest la mort de Nathalie, en 1889, qui les sĂ©parera. On ne sut jamais la nature exacte de la relation, certains affirmant quâil sâagissait dâun amour homosexuel, dâautres dâune sororitĂ© totale⊠Aujourdâhui, on retiendra quâelle a toujours refusĂ© les demandes en mariage reçues et que les deux femmes sâĂ©taient construit une vie oĂč elles se sentaient bien⊠Nathalie Ă©tait aussi une peintreâŠ
AprĂšs la mort de Nathalie, Rosa vivra encore 10 ans et acceptera quâune artiste amĂ©ricaine, Anna Klumpke, vienne au chĂąteau puis lâaide Ă Ă©crire ses souvenirs⊠Ce sera sa seconde compagne et cette derniĂšre deviendra sa lĂ©gataire universelleâŠ
Mais si je vous parle de cette artiste que je ne connaissais pas il y a encore quelques semaines câest quâune trĂšs belle bande dessinĂ©e lui a Ă©tĂ© consacrĂ©e aux Ă©ditions Faton, maison dijonnaiseâŠ
Le scĂ©nario est signĂ© CĂ©ka tandis que le dessin est de Christelle PĂ©cout. Cette derniĂšre est la dessinatrice de la sĂ©rie « Lune dâombre » que jâavais adorĂ©e. On lui doit aussi le bel album «Hypathie », lâhistoire dâune femme libre que lâon considĂ©ra comme une sorciĂšre, bien sĂ»r ! Pas surprenant de retrouver Christelle PĂ©cout dans une histoire de femme libre et indĂ©pendanteâŠ
Cet album est un trĂšs bel hommage Ă Rosa Bonheur, rĂ©alisĂ© avec talent et dĂ©licatesse, vĂ©ritable invitation Ă aller plus loin⊠Par exemple visiter le ChĂąteau de By voire mĂȘme de profiter dâune de ses chambres dâhĂŽtes pour un week-end⊠Dormir dans la chambre mĂȘme de Rosa pour sâimmerger totalement dans son univers⊠Bon, il faudra rĂ©server et câet un peu trop tard pour cette annĂ©e !
Mais, comme lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, vous pouvez dĂ©jĂ commencer par cette bande dessinĂ©e, « Rosa Bonheur, peintre et amie des animaux » et mĂȘme ce numĂ©ro exceptionnel de la revue Dossier de lâart qui lui est consacrĂ©.
TrĂšs bonne lecture !!!
... c'est un peu trop tard...
Samedi 29 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et parfois les lectures mâemmĂšnent loin des rivages connus dans des lieux que je ne pensais pas frĂ©quenter un jour⊠Câest ce qui mâest arrivĂ© en ouvrant cet ouvrage de Jean-Louis Fournier, « OĂč on va, papa ? ».
Au dĂ©but, tout commence paisiblement. Je suis dans mes recherches dâouvrages autobiographiques, je cherche chez EmmaĂŒs et dans le village du livre de Cuisery et je prends presque tout ce qui me tombe dans la main, en particulier deux ouvrages de Jean-Louis Fournier que je ne connaissais pas. Je dĂ©couvre dans un premier temps qui est Jean-Louis Fournier : Ă©crivain, humoriste et rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision. CâĂ©tait un proche de Pierre Desproges et il a, entre autres, rĂ©alisĂ© « la Minute nĂ©cessaire de monsieur CyclopĂšde ». Puis, jâouvre le premier livre, « OĂč on va, papa ? ». Il sâagit dâun rĂ©cit fortement teintĂ© dâautobiographie, dans lequel Jean-Louis Fournier parle de ses deux garçons lourdement marquĂ©s par des handicaps. Jâeus soudainement peur de tomber dans un livre pour faire pleurer dans les chaumiĂšresâŠ
Et pourtant, nous Ă©tions loin dâune telle situation, jâaurais du immĂ©diatement intĂ©grer que Jean-Louis Fournier Ă©tait un proche de Pierre Desproges. Il ne fallait donc pas faire pleurer mais rire pour atteindre la rĂ©flexion⊠Mais comme la rĂ©flexion ne pouvait pas ni expliquer ni justifier deux enfants handicapĂ©s, on plongeait alors, irrĂ©mĂ©diablement, dans lâabsurde⊠Alors, oui, le lecteur parfois est Ă©mu, souvent rĂ©voltĂ©, pris dâun Ă©clat de rire ou habitĂ© par lâenvie de dire discrĂštement Ă Jean-Louis Fournier : « Tu as osĂ© ce gag⊠Fallait ĂȘtre courageux ou inconscient ! ».
En fait, je pense que Jean-Louis Fournier est tout sauf inconscient. Il est profondĂ©ment triste face Ă ses deux garçons, sa vie brisĂ©e, son mĂ©nage torpillé⊠Il imagine tout ce quâil ne fera jamais avec ses garçons, il encaisse plus ou moins bien tout ce que les autres lui disent par leurs mots, leurs regards, leurs attitudes, leurs absences⊠et il prĂ©fĂšre en rire sans sombrer dans le dĂ©sespoirâŠ
Ce livre est un excellent rĂ©cit, dâabord parce quâil parle dâune rĂ©alitĂ© qui touche des milliers de parents quand ils apprennent que leur enfant est « handicapĂ© ». On parle bien ici des handicaps lourds, ceux qui empĂȘchent une vĂ©ritable intĂ©gration dans la famille, dans la vie, dans le monde du travail⊠Le sujet mĂ©ritait un tel ouvrage !
Par ailleurs, lâhumour et lâabsurde semĂ©s par lâauteur entre les pages est une façon de montrer que lâĂȘtre humain est capable de rĂ©sistance avec ses propres outils. Il cherche Ă survivre, tout simplement. Et comme chacun le sait bien, la survie, câest vital !
Reste Ă savoir si un tel ouvrage pourrait blesser quelques familles touchĂ©es par le handicap⊠Je suis certain que ce fut et ce sera encore le cas. Lâhumour et lâabsurde ne peuvent pas convenir Ă tous et donc ce livre nâest pas offrir Ă tout le monde car certains ne rĂ©sisteraient pas Ă une telle lecture. On peut mĂȘme ĂȘtre certain que des lecteurs qui seraient « non concernĂ©s » au premier chef pourraient ne pas supporter cet ouvrage⊠tandis quâĂ lâinverse il pourrait faire du bien Ă dâautres⊠Je pense Ă certains pĂšres en particulier. Oui, on peut rire de tout mais pas nĂ©cessairement avec tout le monde⊠Et on nâest mĂȘme pas obligĂ© dâen rire !
NĂ©anmoins, pour ceux qui veulent tenter lâaventure, nâhĂ©sitez pas Ă partir Ă la rencontre de Thomas et Mathieu⊠De leur pĂšre Jean-Louis aussi !
Bonne lecture estivale !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et parfois les lectures mâemmĂšnent loin des rivages connus dans des lieux que je ne pensais pas frĂ©quenter un jour⊠Câest ce qui mâest arrivĂ© en ouvrant cet ouvrage de Jean-Louis Fournier, « OĂč on va, papa ? ».
Au dĂ©but, tout commence paisiblement. Je suis dans mes recherches dâouvrages autobiographiques, je cherche chez EmmaĂŒs et dans le village du livre de Cuisery et je prends presque tout ce qui me tombe dans la main, en particulier deux ouvrages de Jean-Louis Fournier que je ne connaissais pas. Je dĂ©couvre dans un premier temps qui est Jean-Louis Fournier : Ă©crivain, humoriste et rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision. CâĂ©tait un proche de Pierre Desproges et il a, entre autres, rĂ©alisĂ© « la Minute nĂ©cessaire de monsieur CyclopĂšde ». Puis, jâouvre le premier livre, « OĂč on va, papa ? ». Il sâagit dâun rĂ©cit fortement teintĂ© dâautobiographie, dans lequel Jean-Louis Fournier parle de ses deux garçons lourdement marquĂ©s par des handicaps. Jâeus soudainement peur de tomber dans un livre pour faire pleurer dans les chaumiĂšresâŠ
Et pourtant, nous Ă©tions loin dâune telle situation, jâaurais du immĂ©diatement intĂ©grer que Jean-Louis Fournier Ă©tait un proche de Pierre Desproges. Il ne fallait donc pas faire pleurer mais rire pour atteindre la rĂ©flexion⊠Mais comme la rĂ©flexion ne pouvait pas ni expliquer ni justifier deux enfants handicapĂ©s, on plongeait alors, irrĂ©mĂ©diablement, dans lâabsurde⊠Alors, oui, le lecteur parfois est Ă©mu, souvent rĂ©voltĂ©, pris dâun Ă©clat de rire ou habitĂ© par lâenvie de dire discrĂštement Ă Jean-Louis Fournier : « Tu as osĂ© ce gag⊠Fallait ĂȘtre courageux ou inconscient ! ».
En fait, je pense que Jean-Louis Fournier est tout sauf inconscient. Il est profondĂ©ment triste face Ă ses deux garçons, sa vie brisĂ©e, son mĂ©nage torpillé⊠Il imagine tout ce quâil ne fera jamais avec ses garçons, il encaisse plus ou moins bien tout ce que les autres lui disent par leurs mots, leurs regards, leurs attitudes, leurs absences⊠et il prĂ©fĂšre en rire sans sombrer dans le dĂ©sespoirâŠ
Ce livre est un excellent rĂ©cit, dâabord parce quâil parle dâune rĂ©alitĂ© qui touche des milliers de parents quand ils apprennent que leur enfant est « handicapĂ© ». On parle bien ici des handicaps lourds, ceux qui empĂȘchent une vĂ©ritable intĂ©gration dans la famille, dans la vie, dans le monde du travail⊠Le sujet mĂ©ritait un tel ouvrage !
Par ailleurs, lâhumour et lâabsurde semĂ©s par lâauteur entre les pages est une façon de montrer que lâĂȘtre humain est capable de rĂ©sistance avec ses propres outils. Il cherche Ă survivre, tout simplement. Et comme chacun le sait bien, la survie, câest vital !
Reste Ă savoir si un tel ouvrage pourrait blesser quelques familles touchĂ©es par le handicap⊠Je suis certain que ce fut et ce sera encore le cas. Lâhumour et lâabsurde ne peuvent pas convenir Ă tous et donc ce livre nâest pas offrir Ă tout le monde car certains ne rĂ©sisteraient pas Ă une telle lecture. On peut mĂȘme ĂȘtre certain que des lecteurs qui seraient « non concernĂ©s » au premier chef pourraient ne pas supporter cet ouvrage⊠tandis quâĂ lâinverse il pourrait faire du bien Ă dâautres⊠Je pense Ă certains pĂšres en particulier. Oui, on peut rire de tout mais pas nĂ©cessairement avec tout le monde⊠Et on nâest mĂȘme pas obligĂ© dâen rire !
NĂ©anmoins, pour ceux qui veulent tenter lâaventure, nâhĂ©sitez pas Ă partir Ă la rencontre de Thomas et Mathieu⊠De leur pĂšre Jean-Louis aussi !
Bonne lecture estivale !
Dimanche 30 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien de tel que de lire un petit guide sur le Morvan avant dây aller camper pendant une semaine avec quelques-uns de mes petits fils⊠Dit comme cela, vous pourriez ĂȘtre admiratifs et penser quâun tel homme a encore de lâĂ©nergie pour aller gambader dans la nature avec ses petits-fils plein de vitalité⊠mais je dois tempĂ©rer largement votre enthousiasme car mes petits-fils nâont pas encore totalement lâĂąge de mâuser dans les forĂȘts, les plus jeunes ayant 6, 5 et 4 ans⊠Je vais encore suivre mais bientĂŽt⊠et ça je le sais bien !
Donc, revenons-en quand mĂȘme Ă ce magnifique Morvan, celui qui accueillait dĂ©jĂ des ĂȘtres humains il y a un peu plus de 30000 ans, les peintures rupestres de la grotte dâArcy-sur-Cure en attestant⊠Morvan qui vit aussi Jules CĂ©sar et le chef gaulois VercingĂ©torix du cĂŽtĂ© du Mont Beuvray, sur les restes de lâoppidum de Bibracte⊠Morvan, parc naturel aux 50 nuances de vert qui enchante chaque annĂ©e les adeptes du tourisme respectueux de ces magnifiques forĂȘts⊠Morvan qui malgrĂ© sa petite taille (100 km de long, 50 km de large) est un massif qui touche Ă quatre dĂ©partements : la NiĂšvre, la CĂŽte dâOr, lâYonne et la SaĂŽne-et-Loire⊠Et nous nâoublierons pas ses lacs dont celui des Settons est le plus cĂ©lĂšbre !
Mais comme lâactivitĂ© premiĂšre est la marche â oui, il faut randonner mĂȘme avec les pus jeunes mais savoir adapter son parcours Ă leurs capacitĂ©s physiques et psychiques (les premiĂšres limites sont dans la tĂȘte) â il faut prĂ©parer ses activitĂ©s Ă lâavance en osant ouvrir les guides de ce beau Morvan. Câest pour cela que jâai commencĂ© ma sĂ©ance de lecture avec « Morvan, massif et parc naturel » dâAlain Perrier dans la collection Le pâtit crapahut. Attention, il ne sâagit pas dâenvoyer le clan familial sur des circuits de 3h ou plus mais bien de trouver soit des circuits abordables par les plus petits, soit de sâinspirer de parcours plus exigeants mais en nâen faisant quâune seule partie⊠Câest pour cela quâil faut prĂ©parer ses activitĂ©s car avec de petits pitres comme ça, on nâa pas le droit Ă lâerreur !
Pour ce travail prĂ©paratoire, le petit guide choisi est assez clair et prĂ©cis, donne beaucoup dâĂ©lĂ©ments parfaitement adaptĂ©s Ă la marche en famille⊠Enfin, il rappelle que ce petit massif du Morvan comporte moins de piĂšges que ceux du Jura, des Alpes ou des PyrĂ©nĂ©es⊠Certes, il peut y avoir des dĂ©nivelĂ©s (oui, dĂ©solĂ©, lâoppidum de Bibracte est bien en haut !), du soleil, quelques plantes urticantes mais rien de bien mĂ©chant. Câest un massif ouvert au plus grand nombre !
Pour clore ce petit chapitre pĂ©destre, je dois ajouter que câest seulement aprĂšs avoir testĂ© sur place la qualitĂ© des informations et prĂ©cisions que je pourrai valider dĂ©finitivement ce guide. Pour le moment, je suis obligĂ© de me limiter Ă deux points : trĂšs clair et donne envie de partir pour le Morvan ! Je reviendrai vous donner quelques ressentis aprĂšs ma semaine dans le MorvanâŠ
En attendant, trĂšs bonne lecture Ă tous !
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et rien de tel que de lire un petit guide sur le Morvan avant dây aller camper pendant une semaine avec quelques-uns de mes petits fils⊠Dit comme cela, vous pourriez ĂȘtre admiratifs et penser quâun tel homme a encore de lâĂ©nergie pour aller gambader dans la nature avec ses petits-fils plein de vitalité⊠mais je dois tempĂ©rer largement votre enthousiasme car mes petits-fils nâont pas encore totalement lâĂąge de mâuser dans les forĂȘts, les plus jeunes ayant 6, 5 et 4 ans⊠Je vais encore suivre mais bientĂŽt⊠et ça je le sais bien !
Donc, revenons-en quand mĂȘme Ă ce magnifique Morvan, celui qui accueillait dĂ©jĂ des ĂȘtres humains il y a un peu plus de 30000 ans, les peintures rupestres de la grotte dâArcy-sur-Cure en attestant⊠Morvan qui vit aussi Jules CĂ©sar et le chef gaulois VercingĂ©torix du cĂŽtĂ© du Mont Beuvray, sur les restes de lâoppidum de Bibracte⊠Morvan, parc naturel aux 50 nuances de vert qui enchante chaque annĂ©e les adeptes du tourisme respectueux de ces magnifiques forĂȘts⊠Morvan qui malgrĂ© sa petite taille (100 km de long, 50 km de large) est un massif qui touche Ă quatre dĂ©partements : la NiĂšvre, la CĂŽte dâOr, lâYonne et la SaĂŽne-et-Loire⊠Et nous nâoublierons pas ses lacs dont celui des Settons est le plus cĂ©lĂšbre !
Mais comme lâactivitĂ© premiĂšre est la marche â oui, il faut randonner mĂȘme avec les pus jeunes mais savoir adapter son parcours Ă leurs capacitĂ©s physiques et psychiques (les premiĂšres limites sont dans la tĂȘte) â il faut prĂ©parer ses activitĂ©s Ă lâavance en osant ouvrir les guides de ce beau Morvan. Câest pour cela que jâai commencĂ© ma sĂ©ance de lecture avec « Morvan, massif et parc naturel » dâAlain Perrier dans la collection Le pâtit crapahut. Attention, il ne sâagit pas dâenvoyer le clan familial sur des circuits de 3h ou plus mais bien de trouver soit des circuits abordables par les plus petits, soit de sâinspirer de parcours plus exigeants mais en nâen faisant quâune seule partie⊠Câest pour cela quâil faut prĂ©parer ses activitĂ©s car avec de petits pitres comme ça, on nâa pas le droit Ă lâerreur !
Pour ce travail prĂ©paratoire, le petit guide choisi est assez clair et prĂ©cis, donne beaucoup dâĂ©lĂ©ments parfaitement adaptĂ©s Ă la marche en famille⊠Enfin, il rappelle que ce petit massif du Morvan comporte moins de piĂšges que ceux du Jura, des Alpes ou des PyrĂ©nĂ©es⊠Certes, il peut y avoir des dĂ©nivelĂ©s (oui, dĂ©solĂ©, lâoppidum de Bibracte est bien en haut !), du soleil, quelques plantes urticantes mais rien de bien mĂ©chant. Câest un massif ouvert au plus grand nombre !
Pour clore ce petit chapitre pĂ©destre, je dois ajouter que câest seulement aprĂšs avoir testĂ© sur place la qualitĂ© des informations et prĂ©cisions que je pourrai valider dĂ©finitivement ce guide. Pour le moment, je suis obligĂ© de me limiter Ă deux points : trĂšs clair et donne envie de partir pour le Morvan ! Je reviendrai vous donner quelques ressentis aprĂšs ma semaine dans le MorvanâŠ
En attendant, trĂšs bonne lecture Ă tous !
Lundi 31 juillet 2023
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures (quotidiennes serais-je tentĂ© de prĂ©ciser) il y a la presse⊠Ah, la presse, une lecture pas identique aux autres et qui subit aujourdâhui de nombreuses attaques. Dâailleurs, vous devez entendre les mĂȘmes discours que moi dans vos familles : ceux qui sont plus Ă droite trouvent la presse trop de gauche et, inversement, ceux qui sont plus Ă gauche trouve la presse plus Ă droite⊠On pourrait ĂȘtre tentĂ© de dire que tout cela nâest pas un problĂšme et quâau bout du compte tout sâĂ©quilibre⊠mais je nâen suis pas certain !
Ayant enseignĂ© lâhistoire des mĂ©dias durant quelques longues annĂ©es, jâai vu les pĂ©riodes oĂč les moyens de communication et la presse Ă©taient dans les mains du pouvoir â Ă commencer par un certain Richelieu â puis dans lâescarcelle des riches avant de voir arriver la publicitĂ© et les annonceurs qui Ă©taient censĂ©s apporter de lâindĂ©pendance aux mĂ©dias⊠Le dĂ©bat ne date donc pas de la crise au Journal du Dimanche et nous en avons tous Ă©tĂ© tĂ©moins Ă un moment ou un autre⊠ORTF voix de son maĂźtre, crise au Parisien, crise dâI-tĂ©lé⊠MĂ©dias appartenant Ă des grands groupes capitalistes, main mise de certains grands capitaines dâindustrie sur des titres (souvenez-vous de Jours de France et Marcel Dassault)⊠Rien de trĂšs neuf dans le monde de lâinformation et du papier (oui, de la radiophonie, du tĂ©lĂ©visuel et du numĂ©rique aussi) !
Alors, pour me redonner un peu le moral â toute crise de la presse me semble grave pour notre dĂ©mocratie â jâai ressorti le « Dictionnaire amoureux du journalisme » de Serge July⊠Oui, je sais, certains sont en train dâhurler : Quoi, ce petit journaleux de gauche donne des leçons dâindĂ©pendance de la presse ! Et les autres de brailler avec les loups que Serge July ne serait quâun traitre bourgeois qui aurait oubliĂ© qui il Ă©tait et dâoĂč il venait⊠Moi, je me contente de lire (et relire) cet ouvrage que jâaime beaucoup !
Je ne vais pas vous rĂ©sumer ce beau livre mais commencer pas affirmer quâil sâagit dâun livre qui est tout sauf objectif : oui, il sâagit dâun dictionnaire amoureux pas dâune Ă©tude exhaustive de la presse. Donc, Serge July se promĂšne dans ses souvenirs, sa mĂ©moire de lecteur, ses archives de journaliste pour tenter de trouver des entrĂ©es pertinentes et passionnantes : pour moi, il y arrive et je peux feuilleter cet ouvrage trĂšs rĂ©guliĂšrement. Je dis bien feuilleter car on nâest rĂ©ellement pas obligĂ© de le lire en continuâŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment de cet ouvrage, câest la tentative de Serge July pour ne pas oublier les sujets qui pourraient fĂącher. Aborder le journalisme nâest pas Ă©voquer son histoire, son journal, son mĂ©tier. Câest prendre de la hauteur, parler de films, de fictions, de personnages historiques, dâĂ©poques spĂ©cifiques⊠Câest aussi se pencher sur lâargent, le populisme, le cafĂ© du commerce, lâaudimat⊠Enfin, rassurez-vous (si toutefois vous Ă©tiez inquiets), il y aura bien une entrĂ©e « Serge July » et une autre « LibĂ©ration », ce qui permettra Ă lâauteur et journaliste de parler de son expĂ©rience⊠Je ne citerai quâune seule phrase : « Jâai fait avec LibĂ©ration, le plus beau mĂ©tier du monde ! »
Tout cela ne vous dira pas ce que deviendra le JDD, avec ou sans Geoffroy Lejeune, ce que deviendront les diffĂ©rents titres appartenant Ă des grands capitalistes, ou comment disparaitront rapidement tous les petits mĂ©dias qui nâarrivent plus Ă boucler leur budgetâŠ
Lisant de façon rĂ©guliĂšre deux quotidiens et trois magazines hebdomadaires, je ne peux que vous encourager Ă lire la presse car câest le seul moyen dâaider les journalistes Ă faire leur travail dans la durĂ©e et vous de vous informer de façon plurielle ! Chaque regard diffĂ©rent vous permet de vous rapprocher de la « vĂ©ritĂ© »âŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tousâŠ
LâĂ©tĂ© câest fait pour lire et dans les lectures (quotidiennes serais-je tentĂ© de prĂ©ciser) il y a la presse⊠Ah, la presse, une lecture pas identique aux autres et qui subit aujourdâhui de nombreuses attaques. Dâailleurs, vous devez entendre les mĂȘmes discours que moi dans vos familles : ceux qui sont plus Ă droite trouvent la presse trop de gauche et, inversement, ceux qui sont plus Ă gauche trouve la presse plus Ă droite⊠On pourrait ĂȘtre tentĂ© de dire que tout cela nâest pas un problĂšme et quâau bout du compte tout sâĂ©quilibre⊠mais je nâen suis pas certain !
Ayant enseignĂ© lâhistoire des mĂ©dias durant quelques longues annĂ©es, jâai vu les pĂ©riodes oĂč les moyens de communication et la presse Ă©taient dans les mains du pouvoir â Ă commencer par un certain Richelieu â puis dans lâescarcelle des riches avant de voir arriver la publicitĂ© et les annonceurs qui Ă©taient censĂ©s apporter de lâindĂ©pendance aux mĂ©dias⊠Le dĂ©bat ne date donc pas de la crise au Journal du Dimanche et nous en avons tous Ă©tĂ© tĂ©moins Ă un moment ou un autre⊠ORTF voix de son maĂźtre, crise au Parisien, crise dâI-tĂ©lé⊠MĂ©dias appartenant Ă des grands groupes capitalistes, main mise de certains grands capitaines dâindustrie sur des titres (souvenez-vous de Jours de France et Marcel Dassault)⊠Rien de trĂšs neuf dans le monde de lâinformation et du papier (oui, de la radiophonie, du tĂ©lĂ©visuel et du numĂ©rique aussi) !
Alors, pour me redonner un peu le moral â toute crise de la presse me semble grave pour notre dĂ©mocratie â jâai ressorti le « Dictionnaire amoureux du journalisme » de Serge July⊠Oui, je sais, certains sont en train dâhurler : Quoi, ce petit journaleux de gauche donne des leçons dâindĂ©pendance de la presse ! Et les autres de brailler avec les loups que Serge July ne serait quâun traitre bourgeois qui aurait oubliĂ© qui il Ă©tait et dâoĂč il venait⊠Moi, je me contente de lire (et relire) cet ouvrage que jâaime beaucoup !
Je ne vais pas vous rĂ©sumer ce beau livre mais commencer pas affirmer quâil sâagit dâun livre qui est tout sauf objectif : oui, il sâagit dâun dictionnaire amoureux pas dâune Ă©tude exhaustive de la presse. Donc, Serge July se promĂšne dans ses souvenirs, sa mĂ©moire de lecteur, ses archives de journaliste pour tenter de trouver des entrĂ©es pertinentes et passionnantes : pour moi, il y arrive et je peux feuilleter cet ouvrage trĂšs rĂ©guliĂšrement. Je dis bien feuilleter car on nâest rĂ©ellement pas obligĂ© de le lire en continuâŠ
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment de cet ouvrage, câest la tentative de Serge July pour ne pas oublier les sujets qui pourraient fĂącher. Aborder le journalisme nâest pas Ă©voquer son histoire, son journal, son mĂ©tier. Câest prendre de la hauteur, parler de films, de fictions, de personnages historiques, dâĂ©poques spĂ©cifiques⊠Câest aussi se pencher sur lâargent, le populisme, le cafĂ© du commerce, lâaudimat⊠Enfin, rassurez-vous (si toutefois vous Ă©tiez inquiets), il y aura bien une entrĂ©e « Serge July » et une autre « LibĂ©ration », ce qui permettra Ă lâauteur et journaliste de parler de son expĂ©rience⊠Je ne citerai quâune seule phrase : « Jâai fait avec LibĂ©ration, le plus beau mĂ©tier du monde ! »
Tout cela ne vous dira pas ce que deviendra le JDD, avec ou sans Geoffroy Lejeune, ce que deviendront les diffĂ©rents titres appartenant Ă des grands capitalistes, ou comment disparaitront rapidement tous les petits mĂ©dias qui nâarrivent plus Ă boucler leur budgetâŠ
Lisant de façon rĂ©guliĂšre deux quotidiens et trois magazines hebdomadaires, je ne peux que vous encourager Ă lire la presse car câest le seul moyen dâaider les journalistes Ă faire leur travail dans la durĂ©e et vous de vous informer de façon plurielle ! Chaque regard diffĂ©rent vous permet de vous rapprocher de la « vĂ©ritĂ© »âŠ
Alors, puisque lâĂ©tĂ© câest fait pour lire, bonne lecture Ă toutes et Ă tousâŠ
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