Donatien
avatar 16/03/2013 @ 08:24:08
D'accord SJB pour la critique de certains journalistes, d'où qu'ils parlent.
La technique des "'extraits" est en effet très douteuse.

Mais qui croire? Quelles sont les sources crédibles, les journalistes
sérieux?

Lorsque l'on apprend que même de grands médias comme le NY times ont été manipulés!

Faut-il encore tenter de savoir? Je me le demande .

A+

Saint Jean-Baptiste 16/03/2013 @ 11:50:18
D'accord SJB

Mais qui croire? Quelles sont les sources crédibles, les journalistes
sérieux?

A mon humble avis, Donatien, il y a deux fléaux actuellement dans les médias, c'est la censure et la manipulation.

Victor Hugo disait que le monde sera meilleur quand les gens seront alphabétisés.
Aujourd'hui les gens sont alphabétisés, et c'est très bien, c'est la condition d'une bonne démocratie. Mais ça les a rendu manipulables et, à mon avis, sur ce plan là, le monde n'est pas devenu meilleur.

La censure est bien réelle, il y a des sujets tabous  : dernièrement, un journaliste, Eric Zémour, a été condamné pour avoir dit une vérité qu'il ne pouvait pas dire ; pas pour avoir menti.
Il y a un consensus dans nos sociétés pour interdire un courant de pensée, même si cette pensée est la ligne politique de 25 % de la population.


Je ne sais plus quel politicien français a dit : aujourd'hui il n'est plus nécessaire d'assassiner ou de « suicider » son rival, il suffit d'inventer un gros scandale à son sujet. C'est une manipulation incroyable : on peut descendre un homme en inventant un scandale sur lui. Et dans ces cas là, la presse est toujours unanime pour marcher dans la combine, comme si on lui imposait sa ligne de conduite.

Il existe des contre-vérités, répandues par la presse unanime, comme si elle répondait à des ordres.
Par exemple, l'histoire de pédophilie de Outreau (orthographe incertaine) : pendant 15 jours la presse unanime a condamné. Il a fallu qu'un journaliste belge dénonce le manège pour que les média se retournent.

Lors du génocide Ruwandais, la presse et les TV françaises se sont tues pendant au moins 8 jours ; sujet tabou, silence radio, circulez, il n'y a rien à voir ! La presse est aux ordres et nous sommes manipulés !

Autre exemple, les médias unanimes ont toujours affirmé que Jean-Paul II avait interdit le préservatif ; or un jour, quelqu'un a mis les média au défi de donner une preuve. Tous ses interview ont été filmé cent fois et jamais on a pu montrer un interview où il aurait ne fut-ce que prononcer le mot.


Pourtant, c'est un devoir de citoyen de s'informer. Je crois que le mieux est d'exercer son esprit critique et de recouper les informations. Mais ça prend beaucoup de temps.
Et quand on travaille, on n'a très peu de temps et, quand on est pensionné, encore moins... alors... on est fichu !

Feint

avatar 16/03/2013 @ 12:31:27
Aujourd'hui les gens sont alphabétisés, et c'est très bien, c'est la condition d'une bonne démocratie. Mais ça les a rendu manipulables et, à mon avis, sur ce plan là, le monde n'est pas devenu meilleur.
C'est sûr qu'à l'époque des paysans analphabètes, du Roi et de la religion unique et obligatoire, le peuple était beaucoup moins "manipulable".

Saint Jean-Baptiste 16/03/2013 @ 16:24:05

C'est sûr qu'à l'époque des paysans analphabètes, du Roi et de la religion unique et obligatoire, le peuple était beaucoup moins "manipulable".

Je bénis les bienfaits de l'instruction et de l'école obligatoire mais je constate une conséquence, la manipulation, qu'on avait pas prévue et qui est un nouveau fléau.

Je crois qu'avant, sous l'Ancien régime, les populations savaient peu de choses mais avaient des convictions très fortes, qu'ils se transmettaient de génération en génération.
Mais c'est très difficile à savoir, c'est la part de l'Histoire qu'on connaît le moins, justement parce que ces gens n'écrivaient pas et donc, ils n'ont pas laissé de témoignage.
On voudrait savoir ce que pensaient les paysans du XVIIème siècle, à quoi ils croyaient, quelles étaient leurs valeurs, quel sens ils donnaient à leur vie...
Mais, personnellement, je crois qu'ils étaient moins manipulables qu'aujourd'hui.

Feint

avatar 16/03/2013 @ 16:50:15
Mais, personnellement, je crois qu'ils étaient moins manipulables qu'aujourd'hui.
Rassure-toi, il y a aujourd'hui de plus en plus de gens qui ne lisent pas et qui se contentent de regarder la télé ; au moins ceux-là ne risquent pas de se laisser manipuler.

Donatien
avatar 17/03/2013 @ 08:34:00
Le seul espoir c'est l'existence de "Justes" qui sauvent l'espèce.
Tant qu'ils existeront, je garde l'espoir d'une fraternité agissante.

Le pire ce sont les indifférents!

Merci à vous.
A+

Lisab
avatar 17/03/2013 @ 10:50:10
Malheureusement il nous est très difficile sinon impossible de ne pas être manipulés avec les outils de communication à notre disposition qui nous bombardent à longueur de temps mais la manipulation a malheureusement toujours existé même si elle était différente et à plus petite échelle. Que de conflits auraient pu être évités ......

L'esprit critique et l'ouverture d'esprit à différents modes de pensées devraient toujours être en éveil afin de rester sur ses gardes et faire des choix personnels après avoir écouté les différents sons de cloches variés et contradictoires. CL me sembe fonctionner assez justement dans cette optique.

L'instruction et la connaissance sont certainement des plus utiles et les parents comme les professeurs devraient avant tout apprendre aux enfants à regarder la télévision, un film, utiliser internet, lire, etc. avec un certain esprit critique.

Bolcho
avatar 11/04/2013 @ 18:58:58
Bon, c'est le moment, voici la sélection du mois.

Monde Diplo d'avril 2013

« Social-défaitisme à la française », Martine Bulard
Il avait fallu deux ans à Mitterrand pour prendre le tournant de la rigueur en 1983. Il aura suffi de 6 mois pour que Hollande négocie le tournant libéral avec l'enthousiasme d'un convaincu. Dans Les Echos, on ne cachait pas sa satisfaction dès la mi-mars en parlant de « remise à plat de la protection sociale, réduction du périmètre de l'Etat, gain de productivité dans le secteur public, dialogue social renouvelé en profondeur. Un choix courageux vers une politique libérale de gauche »...qu'on a bien du mal à distinguer d'une politique libérale de droite.
Impôt exceptionnel à 75% pour les hauts revenus, taxation des rémunérations du capital, tout ça tombe plus ou moins à l'eau. Reste les 20 milliards d'euros qu'on a trouvé en faveur des entreprises, la hausse de la TVA planifiée et de nouvelles lois sociales qui vont faciliter la vie des patrons voulant « flexibiliser » le temps de travail.
En fait, les cadres socialistes et les principaux experts sont formatés par les mêmes écoles qui voient en l'Etat le gaspilleur en chef, dans la privatisation un gage d'efficacité et dans le « coût du travail » l'ennemi économique numéro un.

Chavez
Plusieurs articles reviennent évidemment sur Chavez et la « révolution bolivarienne ». Cela permet de rappeler, chiffres à l'appui, que la population vénézuelienne va beaucoup mieux aujourd'hui.
Depuis 2003, le pays a connu un taux de croissance annuelle moyen de 4,3%, et une baisse de pauvreté de presque 50%. En 2012, le taux de croissance atteignait 5,8%, avec un taux de chômage de 6,4% - inférieur de moitié à ce qu'il était avant Chavez – que pourrait lui envier la zone euro. Tous ces résultats ont été obtenus grâce à des investissements importants dans l'éducation, la santé et la lutte contre la malnutrition. Le taux de mortalité infantile a chuté de 30% depuis 19999. Mais cela ne saurait dissuader le Washington Post de fustiger « la détresse économique causée par M. Chavez », ni d'accuser la révolution bolivarienne d'avoir « ruiné un pays autrefois prospère » (5 janvier 2013).
Le pays est devenu le moins inégalitaire de la région au cours des 14 dernières années.
L'hebdomadaire britannique The Economist réussit d'une part à s'alarmer d'une « dérive dictatoriale » au Vénézuela (même si Chavez a toujours battu ses opposants à la régulière, aux dires mêmes de Jimmy Carter), et d'autre part, il il se félicite de l'arrivée au pouvoir de Mario Monti en Italie, tout en concédant qu'il « pilote un gouvernement 'technocratique' dont aucun des membres n'a été élu ».
Bref, la presse aux ordres fait son travail habituel.
L'après-Chavez pose des questions, mais quelque chose joue en faveur de la continuité : les Etats-Unis. La plupart des dirigeants bolivariens sont convaincus que Washington ne reculera devant aucune option, y compris militaire, pour renverser le gouvernement honni du Vénézuela.

« Drone et kamikaze, jeu de miroirs », Grégoire Chamayou, Philosophe CNRS
L'usage de ces engins sans pilote ne suscite pas de rejet massif dans l'opinion en Occident, alors que les attentats-suicides apparaissent comme le sommet de la barbarie.
Le kamikaze s'abîme une fois pour toute dans l'explosion alors que le drone lance ses missiles à répétition comme si de rien n'était. Kamikaze : mon corps est une arme. Drone : mon arme est sans corps.
Deux options pratiques opposées pour résoudre un même problème, celui du guidage de la bombe jusqu'à sa cible.
Cette polarité est d'abord économique. Elle oppose ceux qui possèdent le capital et la technologie à ceux qui n'ont plus, pour combattre, que leurs corps. Ce sont aussi deux régimes éthiques, l'éthique du sacrifice héroïque d'un côté, éthique de l'autopréservation vitale de l'autre.
En quoi une arme permettant de tuer sans aucun danger serait-elle moins répugnante que l'opposé ?

« L'OTAN, terrain d'influence pour la France », Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères
Dans sa réponse Régis Debray (voir le mois dernier), Hubert Védrine plaide pour rester dans l'OTAN. Parmi ses arguments (ne pas fâcher les USA ni les autres pays européens par exemple), il y en a un qui pèse son poids de cynisme : « Au moment où s'accélère la gigantesque redistribution des cartes en cours avec la montée de dizaines d'émergents, nous n'avons pas le choix. Nous devons nous battre au sein de l'OTAN comme de l'Union européenne (...). L'économie de marché restera une compétition ».
Traduction : il nous faut une capacité militaire, non pour défendre nos territoires (qui n'ont rien à craindre), mais pour aller défendre nos intérêts économiques dans le monde, les armes à la main...
« Vers une recherche sans brevets », German Velasquez, Conseiller principal pour la santé et le développement, Centre Sud, Genève
L'industrie pharmaceutique s'est convertie au capitalisme spéculatif. La logique du marché la conduit à développer des médicaments qui traitent plus qu'ils ne guérissent. De fait, un patient non guéri reste un consommateur permanent tandis que les patients qui guérissent...tuent le marché. Cette même logique a poussé les industriels à négliger les besoins des patients les plus démunis de la planète.
Toutes les équipes des universités, des institutions publiques et des laboratoires privés bénéficiant de subventions publiques pourraient mettre en commun leurs découvertes. Aujourd'hui, c'est loin d'être le cas : les recherches de bien des institutions sont vendues à l'industrie privée qui s'attribue parfois des brevets sur ces produits développés grâce à des fonds publics.

« Le coût de la viande bon marché », Agnès Stienne, journaliste
Avec le développement économique des pays émergents, la demande de viande a augmenté et, donc, le besoin de terres agricoles pour nourrir le bétail. En Chine par exemple, la consommation annuelle de viande a crû de 55% en dix ans.
Au niveau mondial, l'industrie de la viande est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre, alors qu'elle représente moins de 2% du PIB mondial ; elle s'avère vorace en ressources naturelles, en terres et en produits agricoles. Faut-il produire des céréales pour nourrir les humains ou pour engraisser les bœufs ? Il faut au moins sept kilos de céréales pour fournir un seul kilo de bœuf, quatre pour un kilo de porc, deux pour un kilo de poulet.
Les pâturages et fourrages (pour le bétail donc) occupent 78% des terres agricoles.
Or, l'année 2008 fut marquée par des émeutes de la faim en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Indonésie, aux Philippines, etc, provoquées par une hausse sans précédent du prix des matières premières agricoles sur le marché international. Malgré la baisse des coûts réels de production des céréales, les prix de vente ne cessent d'augmenter. Cette hausse fait basculer des millions de gens dans la pauvreté, notamment ceux qui consacrent déjà plus de la moitié de leurs revenus à l'alimentation.
En Amérique du Sud, le surpâturage laisse derrière lui des terres stériles et saturées de déjections animales. Ce saccage sert la production d'agrocarburants et d'aliments concentrés pour le bétail. Les millions de porcs et de poulets qui croupissent dans des hangars de béton sombres et puants en ont dévoré 1 250 millions de tonnes en 2005.
On fabrique des saucisses comme on assemble des voitures, à partir des matières premières. De fait, les animaux, purs résultats de la recherche agronomique, ne sont pas tout à fait ordinaires. Sélection après sélection, ils sont « élaborés » de telle sorte que le développement de leur masse musculaire soit accéléré et leurs performances reproductrices dopées. Mais cela les rend hypersensibles aux maladies, d'où le recours fréquent aux antibiotiques.

DE GOUGE
avatar 11/04/2013 @ 19:21:08
La religion m'emmerde, et les dogmatismes (avec ou sans dieu) encore plus. Mais je crois sincèrement que les extrêmismes de tous poils naissent et se développent dans le terreau de l'ignorance et de l'injustice sociale


Pour le terreau, je suis d'accord, mais, Minoritaire, tu sembles oublier le Pognon : engrais et recolteur .....!

Bravo Bolcho, tes résumés sont passionnants !

Pieronnelle

avatar 12/04/2013 @ 12:13:50
Merci Bolcho !

Antinea
avatar 12/04/2013 @ 13:08:57
Une précision pour l'élevage...
Il y a un net recul, en Europe, de l'utilisation des antibiotiques. La Hollande par exemple est en train de les bannir. La France a un programme pour les réduire. Et pour préciser, la sélection, des bovins notamment, ne prend pas le tournant si désastreux que la journaliste le dit. Au contraire, depuis peu il s'avère que la diversité soit le critère privilégié pour la sélection notamment de marqueurs d'intérêt. Mais cela, en Europe, encore, et pas, effectivement dans les pays d'Amérique du Sud et d'Asie... quant à "la viande pas chère", je me demande on elle est. Pas chez mon boucher ni même au monop' du quartier... à 7-8 euros de steack, je me demande qui peut encore payer cela et me demande comment font les familles pour nourrir leurs gosses en croissance.

SpaceCadet

avatar 12/04/2013 @ 13:12:58
Bonjour Bolcho!

"Un choix courageux vers une politique libérale de gauche »...qu'on a bien du mal à distinguer d'une politique libérale de droite."

Tiens donc, justement ces jours-ci je me pose un peu la question à savoir dans quel camp il convient de placer ce gouvernement...

Darius

avatar 12/04/2013 @ 16:58:42
@ Bolcho : si le Vénézuéla t'intéresse, je te suggère cet excellent blog rédigé par un journaliste belge qui vit là-bas et qui parle justement de l'article paru dans le monde diplomatique d'avril 2013

http://venezuelatina.com/2013/03/…

Saint Jean-Baptiste 15/04/2013 @ 13:23:31
Merci, Bolcho de nous donner de temps en temps de bonnes lectures... enfin, bonnes, c'est selon ! mais toujours intéressantes, certainement.

A propos de Chavez, je constate que l'aveuglement de Le Monde, provoqué par son anti-américanisme, l'empêche de faire un bilan de son règne qui pourtant serait bien intéressant.

On a dit tout et le contraire de tout à propos de Chavez et c'est difficile de contrôler les informations. Mais il faut se méfier des évaluations par pourcentage : si j'ai un euro et qu'aujourd'hui je reçois cinquante cents, on dira que, depuis hier, ma fortune augmente tous les jours de 50 %. Alors quand on dit qu'au Vénézuela l'indice de pauvreté à diminué de 50 % depuis Chavez c'est à prendre avec des pincettes.

Je crois, pour ma part, que Chavez n'a pas été totalement mauvais, ce qui, en Amérique Latine, suffit à en faire un dieu.
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz du monde et Chavez les a nationalisées. Il a manœuvré pour faire monter les prix dans la proportion de 1 à 10 ce qui contribue à nous étrangler. Mais nous sommes tellement imprégnés de charité chrétienne que nous trouvons ça génial !

Il a distribué beaucoup d'argent aux pauvres mais, il se dit par ailleurs que cette prodigalité a provoqué une inflation incontrôlable, qu'elle a augmenté la dette d'une façon difficilement récupérable, et que rien n'a été investi dans les installations pétrolières qui commencent à se dégrader dangereusement. Enfin la corruption et la simonie se sont institutionnalisées au point de rendre l’État ingouvernable.
Donc, bilan probablement très mitigé !

Toutes ces informations seront toujours contradictoires selon le camp qu'on a choisi ; mais l'attitude des États-Unis est bien compréhensible étant donné que Chavez a clairement choisi le camp ennemi, qui, apparemment, est le camp ami de Le Monde.
Je crois que le jour où Habiarimana (orthographe incertaine) lancera sa bombe atomique sur l'Amérique, puis sur l'Europe, Le Monde criera victoire !

Saint Jean-Baptiste 15/04/2013 @ 13:53:25
La comparaison entre drone et kamikaze est vraiment intéressante. C'est dommage qu'elle soit traitée de façon si partisane et superficielle. Mais, pour commencer, il faut dire qu'il y a une erreur flagrante : la question n'est nullement économique, les kamikazes proviennent exclusivement du camp arabo-musulman-intégriste qui sont les gens les plus riches du monde... Mais passons !


J'ai toujours été frappé que, dans les livres écrits par des soldats de 14/18, ce qui les afflige le plus c'est de tirer au juger, c'est à dire sur des adversaires qu'ils ne voient pas. Comme si le fait de voir son ennemi et de lui enfoncer une baïonnette dans le ventre était moins horrible ! J'avoue que je ne comprends pas.

Par ailleurs, quelle différence y a-t-il entre le soldat français qui envoie une grenade dans la tranchée ennemie avec une catapulte et le soldat américain qui envoie un drone télécommandé derrière les lignes ennemies ? Les Américains ont trouvé un moyen de se garder de leurs ennemis et surtout de détruire leur matériel sans se faire tuer eux-mêmes. Tant pis pour Le Monde et tant mieux pour eux !

Pour moi l'horreur est ailleurs : dans la guerre du Pacifique, par exemple, les Japonnais avaient pour ordre de blesser les Américains parce que ça les retardaient ; les Américains se préoccupaient de leurs blessés alors que les Japonnais les achevaient.
Je trouve aussi que bombarder des villes est une abomination.

Mais pour, moi, le sommet de l'abomination c'est les kamikazes !
Je ne comprends pas que Le Monde puisse parler de « l'éthique du sacrifice héroïque ». Qu'y a-t-il d'héroïque à se kamikazer pour tuer des civils dans des hôpitaux, sur des marchés, dans des bus scolaires, dans des immeubles-tours... ?

Les kamikazes sont le dernier des raffinements trouvés par les humains pour faire la guerre ! Une guerre avec des kamikazes contre des populations civiles, ou contre des militaires, ça n'avait jamais existé avant !
La secte des has-assins (orthographe incertaine) assassinait des personnalités bien ciblées sans mission de se sacrifier eux-mêmes et ils étaient drogués. Il est vrai que ces malheureux kamikazes sont manipulés et aussi mentalement drogués par des ennemis du genre humain...
Les Japonnais qui s'envoyaient avec leur avion sur des porte-avions américains dans la guerre du Pacifique n'étaient pas du tout des volontaires. Les rares survivants l'ont assez dit.

Les kamikazes sont le dernier raffinement dans la haine et dans la cruauté du genre humain !
Franchement, le fait que le drone soit une invention américaine fait râler Le Monde, c'est bien normal, mais, de là à parler de « l'étique du sacrifice héroïque » à propos des kamikazes... là, pour moi, Le monde a dépassé les limites de l'horreur !

Mr.Smith

avatar 15/04/2013 @ 17:09:41
«On a dit tout et le contraire de tout à propos de Chavez et c'est difficile de contrôler les informations. Mais il faut se méfier des évaluations par pourcentage : si j'ai un euro et qu'aujourd'hui je reçois cinquante cents, on dira que, depuis hier, ma fortune augmente tous les jours de 50 %. Alors quand on dit qu'au Vénézuela l'indice de pauvreté à diminué de 50 % depuis Chavez c'est à prendre avec des pincettes.»



   •   Selon “Global Finance” et le “World Factbook” de la CIA , l’économie vénézuélienne présente les indicateurs suivants : taux de chômage de 8% ; 45,5% de dette publique gouvernementale comme pourcentage du PIB (par contraste le même pourcentage est de 82.5% dans l’Union Européenne) ; une croissance réelle du PIB par habitant qui atteint 13.070 dollars. En 2011, l’économie vénézuélienne a défié toutes les previsions en croissant de 4.2 % et de 5.6 % dans la première moitié de 2012. Mème le « Wall Street Journal » rapporte que le marché boursier du Venezuela est de loin le plus performant du monde, battant son record historique en octobre 2012, et les bons du Venezuela sont parmi les plus performants dans les marchés émergents.


•Les plus importantes étapes économiques de ces dix dernières années comprennent la réduction du chômage de 11.3% à 6.4% (décembre 2012) ; la multiplication par deux du nombre de personne bénéficiant de la sécurité sociale.

•Le taux de mortalité infantile est passé de 25 pour 1000 (1990) à seulement 13/1000 (2010) ;

•96% de la population dispose à présent d’eau potable (ce fut un des objectifs de la révolution) ;

•En 1998, on comptait 18 médecins pour 10.000 habitants, on en compte actuellement 58 pour mille, et le système public de santé en emploie 95.000 ;

•S’il a fallu plusieurs décennies aux gouvernements antérieurs pour construire 5.081 cliniques, en 13 ans à peine le gouvernement bolivarien en a construit 13.721 (soit une augmentation de 169.6%) ;


«Je crois, pour ma part, que Chavez n'a pas été totalement mauvais, ce qui, en Amérique Latine, suffit à en faire un dieu.
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz du monde et Chavez les a nationalisées. Il a manœuvré pour faire monter les prix dans la proportion de 1 à 10 ce qui contribue à nous étrangler. Mais nous sommes tellement imprégnés de charité chrétienne que nous trouvons ça génial. »


   •   Je me sens pas imprégné, mais je trouve cela génial, effectivement. Nous devons nous libérer du joug du pétrole, ainsi que celui de la voiture par la même occasion. Béni soit le celui qui nous y aide.


«Il a distribué beaucoup d'argent aux pauvres mais, il se dit par ailleurs que cette prodigalité a provoqué une inflation incontrôlable, qu'elle a augmenté la dette d'une façon difficilement récupérable,...»


   •   Son rapport dette/PIB est beaucoup plus bas que celui des États-Unis et du Royaume Uni et meilleur que celui des pays européens ; l’inflation qui fut endémique pendant plusieurs décennies, atteignant des taux de 80%, a suivi une courbe descendante depuis quatre ans, atteignant 13.7% pour le dernier trimestre de 2012.


«Enfin la corruption et la simonie se sont institutionnalisées au point de rendre l’État ingouvernable. »


   •   Tout à fait. C'est un fléau.



«et que rien n'a été investi dans les installations pétrolières qui commencent à se dégrader dangereusement.»


   •   C'est possible. Si c'est vrai, c'est une négligence qu'on ne lui pardonnera pas.


«Toutes ces informations seront toujours contradictoires selon le camp qu'on a choisi ; mais l'attitude des États-Unis est bien compréhensible étant donné que Chavez a clairement choisi le camp ennemi, qui, apparemment, est le camp ami de Le Monde. »


   •   Quand tu mentionnes «l'attitude» des États-Unis, tu parles de celles qui consiste à financer toute tentative de déstabilisation du régime, qu'elle soit légale ou interlope, pernicieuse ou violente ? Où de celle qui persiste à décrire Chavez comme un dictateur, qui selon les critères des institutions internationales (ça fait toujours très sérieux de dire ça), fût, à maintes reprises, démocratiquement et sans contestation élu par son peuple ?

Pieronnelle

avatar 15/04/2013 @ 17:32:03
Ouf, merci Mr Smith !

Je rajouterai que concernant les investissements sur les installations pétrolières il est clair qu'on ne peut être au four et au moulin en même temps. Chavez a privilégié le peuple dans un premier temps, il est bien regrettable qu'il n'ait pu faire les deux, mais cela devrait se faire dans un deuxième temps même si peut-être ces investissements auraient pu être déjà engagés. Cela gène beaucoup les américains qui achètent beaucoup de pétrole au Vénézuéla...et oui :-)

Provis

avatar 15/04/2013 @ 19:20:43
Il a distribué beaucoup d'argent aux pauvres mais, il se dit par ailleurs que cette prodigalité a provoqué une inflation incontrôlable, qu'elle a augmenté la dette d'une façon difficilement récupérable, et que rien n'a été investi dans les installations pétrolières qui commencent à se dégrader dangereusement. Enfin la corruption et la simonie se sont institutionnalisées au point de rendre l’État ingouvernable.
Donc, bilan probablement très mitigé !

SJB, qu'est-ce que la simonie vient faire dans cette histoire ?
(Chavez trafiquait les images saintes ?? .. :o)

En tout cas, on peut trouver son bilan assez positif, surtout pour les pauvres de son pays, et à mon avis il ne mérite pas plus le nom de dictateur que Bush, son ex-voisin d'en face ?

DE GOUGE
avatar 15/04/2013 @ 19:54:28
Je rejoins SBJ lorsqu'il explicite la difficulté qu'on a, à cerner quelqu'un comme Chavez :
Réellement intéressé au peuple ou populiste ?
Braillard ou spontané ?
Sauveteur ou naufrageur ?
En tout cas, pas pire que tant d'autres ! Mieux, plus que probablement pour les "petits" de son peuple, mais je ne saurai le dire quant au devenir du pays ...

Quiqu'il en soit, l'acharnement des US me rappelle facheusement l'attaque injustifiable contre un autre pays sud américain ou le Président était aussi démocratiquement élu : le Chili ....!
Les habitudes ont la vie dure !
LAS !

Saint Jean-Baptiste 15/04/2013 @ 23:26:10
Ouf, merci Mr Smith !


Moi aussi je te dis, « merci Mr Smith », merci d'avoir émis ton opinion, mais pas « ouf » ! je ne vois pas ce que ce « ouf » vient faire dans cette aventure.
;-))
Je souhaite bien évidemment, comme tout le monde, que le peuple vénézuelien ait les moyens de vivre correctement. Ce serait le comble que le peuple du pays qui détient les plus grandes richesses du monde soit parmi les plus pauvres.

Ce que je reproche à Le Monde c'est de dire, une fois de plus, voilà ce qu'il est obligatoire de penser pour penser correctement. Et les journaux qui disent autre chose sont fatalement « à ordre ».

Pour en revenir à Chavez, on dit qu'il a distribué des billets de banque aux pauvres gens ; si c'est à la veille des élections, les mauvaises langues y verront une intention... plutôt intéressée – comme nos bourgmestres qui offrent des repas saucisses-compote à la veille des élections communales.
Si il a développé l'enseignement, les activités sociales, l'administration et la justice c'est encore mieux. En fait, on ne sait pas qui croire.

Je trouve que c'est très frappant de voir que son fils spirituel ait gagné les élections avec seulement 0,66 % de voix de préférence. Ce serait intéressant de savoir ce que Le Monde va en conclure !

Personnellement, je ne lui reproche pas tellement de s'être allié à des gens peu recommandables mais de l'avoir fait contre les Américains qui sont nos alliés. A quoi ça rime de se déclarer l'ennemi des E-U alors qu'ils lui achètent un tiers de son pétrole ! Ça sent la frime !

Pour répondre à De Gouge, les habitudes ont la vie dure, mais le temps des Pinochet est bien révolu, je crois. C'était le temps où le communisme était l'ennemi numéro un, et paraissait terriblement menaçant aux yeux des Américains, surtout depuis « les missiles de Cuba » où ils avaient eu le sentiment d'avoir frôlé la catastrophe nucléaire.

Et pour répondre à Provis, c'est assurément très louable de voir des bondieuseries partout mais ici, la simonie, selon moi, consiste à nommer les petits amis de mes amis à des postes clefs où ils sont parfaitement incapables ; c'est comme ça se passe dans la République des Petits Camarades où j'habite aujourd'hui. Et au Venezuela, s'il s'agit des petits amis d'un militaire, on doit s'attendre au pire...

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