Exposition sur les loups à Autun

Hier, nous sommes allés visiter le muséum d’histoire naturelle d’Autun avec deux enfants, 7 et 3 ans. Certes, il ne s’agit pas d’un grand musée, d’un moment qui marquera leur vie pour des décennies mais il s’agit d’un petit lieu bien sympathique, agréable et nous avons passé un très bon moment (environ 1 heure pour être précis).

L’exposition sur les loups, exposition temporaire que l’on peut visiter jusqu’au 17 décembre 2021, permet de voir quelques beaux spécimens, de comprendre l’organisation sociale de ces mammifères si présents dans notre imaginaire, les différentes espèces de loups, leur langage… C’est présenté avec goût même s’il manque peut-être une animation spécifiquement jeunesse, avec un jeu, un parcours…

Les collections permanentes ne manquent pas d’intérêt avec trois passages qui ont retenu l’attention de nos lascars : dinosaures, collection de pierres et salles spécifiquement consacrées à la mine !

Si vous passez par Autun, si la météo est moyenne et vous dissuade de passer l’après-midi au grand air dans les ruines romaines, n’oubliez pas ce musée d’histoire naturelle et son exposition sur les loups…

Nature et poésie…

« O vous dont le travail est joie,
Vous qui n’avez pas d’autre proie
Que les parfums, souffles du ciel;
Vous qui fuyez quand vient décembre,
Vous qui dérobez aux fleurs l’ambre
Pour donner aux hommes le miel… »

 

Victor Hugo

Angoulême nous envoie son message…

Cette année, 2021, il n’y aura pas eu de véritable festival international de la bande dessinée à Angoulême… Mais il y aura quand même un Grand Prix qui vient enrichir les différents pris déjà distribués en janvier dernier…Et c’est pour moi un véritable bonheur car je considère que Chris Ware est un grand qui a beaucoup influencé d’auteurs du monde entier…

J’aime écouter les belles et grandes histoires…

Est-ce qu’écouter une histoire est équivalent à la lire ? Est-ce que l’été est aussi fait pour écouter des histoires ? On pourrait même se demander où sont passer les disques de notre enfance, ceux que l’on écoutait avec beaucoup d’attention, religieusement presque…
Je ne me prononcerai pas sur le fond mais affirmerai avec pragmatisme, qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse, l’ivresse du récit, la magie des mots qui nous transportent et nous font rêver…
Interdire les récits écoutés ce serait comme vouloir interdire les contes racontés à la veillée, demander de se boucher les oreilles au moment où maman nous raconte une histoire et, surtout, faire comme si tout le monde pouvait lire, savait lire, avait des livres…
Pour moi, certains de ces grands récits sont en plus associés à de grandes voix, de grands acteurs et j’aime les écouter encore et encore…

Abondance de biens ne nuit jamais ?

Sans que l’on sache bien si on sort de la crise sanitaire, si on en est sorti ou si on y restera – car tout est bien fragile et on manque d’éléments fiables pour assurer quoi que ce soi – force est de constater que de nombreux Français veuillent se comporter comme si tout était terminé… Et ne comptez pas sur moi pour aller dans un sens comme dans un autre… Non, je souhaite juste réfléchir sur certains aspects de cette « reprise » de la vie ordinaire, celle d’avant… ou pas.

Parlons tout d’abord des spectacles vivants. J’appartiens à ceux qui ont souffert de la diminution drastique des spectacles depuis plus d’un an… De février 2020 à juin 2021, je n’ai pu assister qu’à six spectacles et cela fait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé… Aussi, depuis la reprise progressive, je suis de très près tous les éléments positifs qui sont donnés, en particulier l’annonce des saisons à venir à Chalon-sur-Saône, Dijon, Lyon, Paris… Certes, on ne peut pas tout s’offrir mais choisissons ce qui nous convient le mieux…

Seulement voilà, le choix est surabondant !!! Pour ne pas dire plus… Les artistes ont travaillé l’écriture de nouveaux spectacles et tous ceux qui auraient du jouer depuis février 2020 sont prêts à venir présenter leurs spectacles… Les théâtres, les scènes nationales et autres institutions font tout pour rattraper le temps perdu et continuer à aller de l’avant… Du coup, par exemple à l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône, une programmation qualitative et quantitative de septembre à décembre 2021 ! Du cirque, du théâtre, de la danse, de la musique… Qu’il devient difficile de faire son choix tout en gardant un œil sur son porte-monnaie… En écoutant Nicolas Royer, directeur de l’Espace des arts, présenter la future saison, on ne pouvait qu’être pris d’une sorte de malaise des cimes…

Un directeur de scène nationale annonçant la future saison 2021-2022

Côté édition, le même vertige s’empare du lecteur qui découvre le catalogue des sorties à venir, par exemple de la maison Delcourt en bande dessinée… Impossible de tout lire, tout acheter et, pourtant, tout ou presque fait envie… C’est terrible ! Je dis bien terrible c’est-à-dire que la peur de manquer le meilleur s’empare de nous…

Certes, je souris un peu aussi et j’apprécie de voir cette surabondance dans les domaines que j’aime. Mais je m’interroge aussi… Quand tout était normal, dans le monde d’avant, les jeunes auteurs, les nouvelles compagnies, les nouveaux spectacles et autres ouvrages de bédé avaient bien du mal à se faire connaitre et trouver leurs publics, leurs lecteurs… Comment cela va-t-il se passer maintenant ? Combien de jeunes artistes resteront sur le carreau ? Combien de chefs d’œuvre ne passeront pas dans mes mains, combien de spectacles ne vais-je pas voir ? Combien de créateurs n’arriveront-ils pas à vivre de leur travail pourtant remarquable ?

Alors, bien sûr, ici en particulier, je viendrai régulièrement vous parler de tout ce que j’aurai pu voir et apprécier mais je sais bien qu’il y aura des oublis, des ratés, des créations artistiques qui disparaitront avant d’avoir pu exister… Mais nous tenterons de nous réjouir avec ce qui ne nous aura pas échappé car dans tous les cas Show must go on !

Les spectacles reprennent… parfois et il faut en profiter !

Une pièce de théâtre historique peut sombrer facilement dans le didactique et pédagogique et endormir tous ses spectateurs…

Une pièce de théâtre militante peut noyer toute l’histoire dans les bons sentiments, les sentences bien pesées et ennuyer profondément les spectateurs…

Une pièce de théâtre sur le football peut dissuader le spectateur classique qui préfèrera regarder ce soir-là, exceptionnellement, la télévision, sur Arte bien sûr…

Une pièce de théâtre féministe risque de faire fuir tous les hommes et lasser ceux qui seront quand même venus…

Et tout cela aurait pu s’appliquer à Féminines, pièce de Pauline Bureau, jouée à Chalon-sur-Saône, à l’espace des arts cette fin de semaine…

Car cette pièce parle bien de foot, est basée sur un fait réel, est bien féministe, militante et, pourtant, on ne s’y embête pas du tout !!! D’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé et a applaudi longuement les acteurs à l’issue du spectacle…

Pourquoi ?

Mais parce que le texte est juste, la mise en scène excellente, la scénographie remarquable, le jeu des acteurs de très bonne qualité, la bande son adaptée, narrative et immersive… Bref, un excellent spectacle !

On mesure à travers cette histoire de la section foot féminine de Reims, le chemin qu’il a fallu parcourir pour arriver à voir des équipes de football féminin évoluer à la télévision française à l’heure de grande écoute… on comprend que ces filles et leur entraineur ont été des pionnières (oui, quand les filles sont plus nombreuses, on peut mettre au féminin, non mais…) et on ne peut que leur dire merci !

Pas merci pour le football, merci pour avoir permis aux filles de pratiquer le sport qu’elles veulent sans se soucier de l’avis des hommes !

Merci Pauline Bureau d’avoir fait ce travail de mémoire et de mener un combat artistique de qualité qui nous a réjouis !!!

Show must go on ! Après tout, le spectacle pourrait bien s’arrêter plus vite que prévu à cause de la pandémie alors profitons-en tant que l’on peut !!!

Crédit photos : Féminines © Pierre Grosbois

Samedi après-midi à Angoulême avec Shelton…

L’après-midi de ce samedi au festival international de la bande dessinée d’Angoulême ne se déroule pas tout à fait comme prévu mais finalement l’essentiel sera fait sans trop de difficultés…

J’aurais, bien sûr, apprécié que pour l’entretien avec Zelba, il y ait un maximum d’étudiants mais avec le malaise et le passage à la case urgences, avec trois interviews décalées dans la journée, nous nous sommes surtout tous concentrés sur les interviews… Une seule ne sera finalement pas honorée, une performance compte tenu de la situation…

Je fus donc seul pour rencontrer Zelba et parler de son dernier album, Dans le même bateau. Oui, peu le savaient mais Zelba, de son véritable nom Wiebke Petersen, a été une championne de haut niveau, en aviron… Je vous passe tous les détails mais si vous lisez ce dernier album, justement, vous saurez tout sur l’aviron et son titre de championne du monde junior… et pas que ! En effet, elle parle aussi des garçons, de la réunification de l’Allemagne, des garçons, du dopage, des garçons… Que voulez-vous, il fallait bien que jeunesse se passe !

Pendant ce temps-là, Tom réalise seul l’interview de Sylvain Ferret, le dessinateur de l’histoire Les Métamorphoses 1858, un très beau triptyque. J’aurais aimé être avec lui d’autant plus qu’il a eu du mal à bien comprendre la fin du troisième album… C’est ainsi, il a fait de son mieux et je ne peux que le féliciter car ce n’était pas si simple !

Aussitôt ces deux mises en bouche terminées, Il nous faut travailler sur trois rencontres simultanées : Aurélie Neyret, Arthur de Pins et Sobral. Personnellement, c’est avec Sobral que je me retrouve. Il faut dire que depuis la création de la série Les légendaires, en 2003, nous nous sommes rencontrés de très nombreuses fois, je suis son travail et j’admire sa constance, sa persévérance, sa réussite aussi. A la sortie du premier tome, peu croyaient en lui et maintenant, il est devenu un auteur dont les tirages en font rêver plus d’un…

Par la suite, je rencontre Alessandro Pignocchi pour son troisième volume du Petit traité d’écologie sauvage mais je dois avouer que je n’ai pas senti un bon tempo entre nous… Pourtant, j’ai bien aimé son travail mais je ne suis peut-être pas assez radical dans ma vision du monde, dans mes idées politiques… Pas assez zadiste en quelque sorte… Pourtant…

C’est avec beaucoup de plaisir que je rencontre ensuite Nicolas Otéro, un auteur que j’aime beaucoup. Nous parlons ensemble de trois ouvrages, la série Le réseau Papillon, 24 heures de la vie d’une femme et On est chez nous… Donc, on parle bande dessinée pour la jeunesse, adaptation d’une grande œuvre classique et engagement politique… Pas mal en une seule rencontre !

Après, l’équipe se reforme un peu, les urgences sont quittées, et le rendez-vous avec Patrick Prugne est tout simplement abandonné… On se rattrapera une prochaine fois car son album Vanikoro est de très grande qualité… D’ailleurs, tout est tellement chamboulé que j’oublie mon ordinateur en salle de presse et que quelqu’un doit courir me le récupérer… Décidément, une sacrée journée !

On finit en rafale et dans la tension car successivement, on va rencontrer Zidrou et Gobi (Ducobu), Fabien Toulmé (L’odyssée d’Hakim), Philippe Buchet (Sillage)… Pour moi, aucun problème, je suis avec Philippe Buchet et je parle d’une série que j’aime beaucoup… La série est née en 1998 mais je pense l’avoir lue et suivie qu’à partir du tome 4… C’était en 2001… Aujourd’hui, nous en sommes au tome 20 !

Enfin, pour clore la journée, j’ai rendez-vous avec deux amis de longue date, Maryse et Jean-François Charles. Nous ne nous sommes pas vus depuis quatre ans si j’ai bien compté mais j’ai le sentiment de reprendre la discussion là où on l’avait laissée… Il parait que c’est cela l’amitié !