La serpe de Philippe Jaenada

La serpe de Philippe Jaenada

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Christian Palvadeau, le 3 août 2017 (Inscrit le 19 janvier 2011, 53 ans)
La note : 9 étoiles
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La Serpe hier

Dans un livre plus court que son précédent (seulement 625 pages cette fois-ci), Jaenada oriente le projecteur sur le nommé Henri Girard, sacré drôle de type ! Il est issu d’une lignée prestigieuse de bourgeois, châtelains en Dordogne, à Escoire (12 km de Périgueux). Son père, négligé, dénote un peu dans la famille et sa mère, anarchiste et athée, la honte de la famille, décédera rapidement de la tuberculose sans que les Girard n’acceptent de lui verser une aide financière pour ses soins. Henri est un gosse de riche, rebelle, en rupture, et sa vie sera pour le moins agité. Il fera quatre mariages, dilapidera en un rien de temps l’énorme héritage de son père, s’enfuira en Amérique du sud pour se refaire, y fera pléthore de petits boulots et rentrera en France misérable, connaîtra alors le succès littéraire avec son roman « Le Salaire de la peur » sous le nom de Georges Arnaud, adapté au cinéma par Clouzot, palme d’or à Cannes en 1953, outre romancier deviendra journaliste pour défendre les justes causes… Quelle vie ! Reste juste un détail…
En 1941, à 24 ans, il est accusé d’avoir occis son père, sa tante et la bonne à coups de serpe sur le crâne. Il réussira à ne pas être condamné grâce à la défense de Maurice Garçon, le plus grand avocat du 20ème siècle pour certains. Cette vie est racontée de façon brillante dans les 200 premières pages qui suffiraient pour former un livre emballant, mais c’est qu’il en reste plus de 400 ! L’auteur va passer 10 jours sur place, voir les lieux, potasser les archives. Il s’empare de cette matière, la pétrit avec délectation, s’arrête sur les moindres détails, se torture l’esprit, cherche les failles (car dans celles-ci peut percer la lumière) jusqu’à l’obsession et propose au final une autre hypothèse que celle du coupable idéal. Pas très convaincante au départ et puis… Bizarrement il fait le choix de modifier le nom de famille de la personne concernée pourtant bien connue notamment des auditeurs de l'émission L'Heure du crime de Jacques Pradel. Il termine véritablement en osmose avec cette histoire, ces lieux. Comme lors de son précédent ouvrage sur l’affaire Dubuisson, il n’est pas avare en apartés et digressions qui me semblent moins agaçantes (on s’habitue ?) et en ton potache, la construction est peut-être moins fluide, moins réussie, c’est un peu long et redondant sur la fin mais ça suscite tout de même encore sacrément l’admiration. Une immersion pour votre prochain week-end.

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  Femina 5 Patman 9 novembre 2017 @ 15:05

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