Territoires de Olivier Norek

Territoires de Olivier Norek

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Ayor, le 13 janvier 2016 (Inscrit le 31 janvier 2005, 44 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (928ème position).
Visites : 1 012 

Un deuxième volet réussi

Ce deuxième volet concernant l'équipe du capitaine Coste est plaisant à lire. Le style est dynamique, l'enquête tout à fait crédible, d'autant plus quand c'est un lieutenant de police qui la couche sur le papier.
L'histoire se situe dans la banlieue de Malceny, une ville fictive de la banlieue parisienne, où règnent les caïds du trafic de drogue, un commerce illicite et dangereux mais qui donne du travail à une population que l'on désire garder loin des projecteurs. L'auteur inclut des personnalités politiques de la mairie de cette ville, qui, pour acheter la paix sociale, non seulement laissent faire mais pour certains y prennent une part active. On ne peut s'empêcher de prononcer certains qualificatifs peu reluisants concernant ces personnages, mais cette sombre histoire n'est que le reflet d'une triste réalité.

Concernant les éléments de l'équipe de Victor Coste, Olivier Norek les rend tous attachants et développe un peu plus leurs profils. Il nous démontre, si besoin est, qu'il est nécessaire d'avoir des équipes solides et soudées face à ces enquêtes toutes plus sordides que les autres, et capables de résister à des luttes de pouvoir internes et à des pressions hiérarchiques plus qu'insistantes.

Il s'agit donc d'un bon roman avec une équipe de flics que l'on a hâte de revoir.

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La police au coeur de nos vies

10 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 77 ans) - 19 mai 2017

Ce n'est pas tant l'originalité de ce livre qui me touche que sa capacité à me faire pénétrer dans un monde dont j'entends parler de manière continue et où je n'ai jamais mis les pieds. Il y a donc une double description. Les délinquants, leurs méthodes (épouvantables), leurs comportements, leurs motivations (le fric). L'équipe de policiers avec leurs humeurs, leurs enthousiasmes, leurs déceptions et, surtout, leur sens du service. Par dessus tout cela se dessine le rôle trouble des autorités municipales focalisées sur leur prochaine réélection et, pour cela, prêtes à beaucoup de compromissions. Je connaissais cela du point de vue des soutiens à courte vue accordés, pour des raisons électoralistes et derrière des discours lénifiants, par des municipalités à des acteurs religieux conscients et organisés. Ici, c'est le trafic de drogue qui est en cause. La transposition est aisée et montre à quel point certains édiles ont, avec le soutien des pouvoirs publics, contribué à faire émerger une partie de nos problèmes. En ce sens, ce roman policier dépasse de loin les limites du genre et constitue le pendant de livres plus universitaires, comme ceux de Gilles Kepel ou de Mathieu Guidère. Le reste, la vie de l'équipe des policiers, les amours de son patron, les motivations de chacun, ses relations avec sa hiérarchie, relève plus du déjà-vu mais construit un cadre plus habituel et crédible.
A mon sens donc, à lire comme autre chose qu'un roman policier.

"Territoires" : Sang pour cent thriller !

8 étoiles

Critique de Lettres it be (, Inscrit le 7 mai 2017, 23 ans) - 7 mai 2017

Territoires
de Olivier Norek

Une banlieue parisienne qui se la joue Jeanne d’Arc et qui menace de s’enflammer à tout moment, trois barons de la drogue qui fleurent bon le ter-ter et qui se font éparpiller façon puzzle, des élus qui fricotent avec le côté obscur … Après « Code 93 », Olivier Norek déboule avec « Territoires » et c’est dire si ça fait mal !


# La bande-annonce

Victor Coste, capitaine au Service Départemental de Police Judiciaire du 9-3 pense pouvoir couler des jours paisibles après la résolution d’une affaire plus que compliquée (voire « Code 93 », le précédent livre de Sieur Norek). Mais ce qui va bientôt couler, c’est le sang sur les trottoirs de Malceny, banlieue sensible de Seine Saint-Denis, poudrière saveur « street ».

// « Le job de dealer, c’est comme celui de footballeur, les carrières sont courtes et il faut assurer l’après. Passer nos journées assis dans un coin de hall à écouler notre came, barrette après barrette, gramme après gramme, vous pensez vraiment que c’est notre but ? » //

Trois caïds sont assassinés, trois dealers en chef fraîchement promus, trois jeunes régnant sur un territoire pas plus grand que leur espérance de vie. Qui est derrière ce massacre en règle ? Qui en veut aux barons locaux façon « En bas des blocs » ? L’enquête démarre avec ces quelques questions, mais elle s’enchaîne très vite avec la découverte de pains de cocaïne cachés chez des retraités et la mise au grand jour de relations en eaux troubles du côté des administrés du coin …

C’est avec une équipe plus soudée que jamais que le capitaine Victor Coste va mener l’enquête au cœur d’une banlieue en proie à la guérilla. Entre assassinats crades et jeux de dupes en col blanc, Coste n’est pas au bout de ses surprises.


# L’avis de Lettres it Be !

Après un « Code 93 » qui avait impressionné de nombreux lecteurs, Olivier Norek continue son arrivée en fanfare dans le cercle fermé des spécialistes du thriller à la française. L’auteur toulousain, lieutenant en activité au sein de la SDPJ du 93, livre là un récit qui fait sortir l’enquêteur romanesque d’un cadre bien trop souvent policé. Victor Coste est, sous les traits acérés de Norek, un lieutenant de police sans commune mesure avec ses semblables. Il est très loin du Navarro de la petite lucarne, le policier G.O Club Med de Djerba, et tout aussi éloigné du Horatio Caine des Experts qui retrouve sereinement l’assassin d’une veuve pleine aux as à l’aide d’un relevé d’empreintes anales laissées sur un emballage de barre chocolatée.

De mieux en mieux

9 étoiles

Critique de Seb (, Inscrit le 24 août 2010, 40 ans) - 23 mars 2017

Le premier opus ne m'avait pas laissé une impression impérissable mais l'attachement aux personnages m'avait poussé à continuer la série ... Et j'ai bien fait! Cette suite est palpitante et l'univers décrit fait froid dans la dos quand bien même il n'y aurait qu'une once de vérité. Le roman est court , direct, percutant et c'est avec délectation que je vais ouvrir le troisième opus

Mieux que le 1er roman

8 étoiles

Critique de Fourkid (, Inscrit le 27 juillet 2010, 40 ans) - 31 août 2016

Comme les autres critiques, j'ai préféré ce second ouvrage versus Code 93
Très bon polar mettant en évidence une triste réalité jamais mise en avant par les journalistes : les compromis politico-narco-bandit pour mener à bien les intérêts individuels de chacun avec les fonds publics et les malheureux habitants pris en otages dans ces tirs croisés
Une lecture captivante qui nous tient en haleine jusqu'au bout

Un très bon polar !

9 étoiles

Critique de Daoud (LYON, Inscrit le 8 février 2011, 42 ans) - 8 août 2016

Une belle découverte que cet auteur qui nous plonge dans un univers d'un réalisme effarant... J'ai été bluffé également par le scénario si bien ficelé. Chapeau !

Quartiers manipulés

8 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 37 ans) - 23 juillet 2016

Mon premier contact avec Olivier Norek m’avait laissé un goût d’amertume. Dans « Code 93 », j’avais adoré la part de réel que l’auteur mettait dans son histoire mais un peu moins l’histoire elle-même. C’était une enquête policière alambiquée dont le dénouement était révélé beaucoup trop tôt à mon avis et qui perdait de son intérêt premier.

Avec « Territoires », le propos est différent. La révélation du coupable n’est pas la priorité. On entre dès les premières pages dans les rouages des quartiers chauds. En alternant entre les différents acteurs de cette tragédie moderne, l’auteur nous plonge en immersion dans la dure réalité des arrangements malhonnêtes, qui semblent contrôler ces territoires obscurs de nos villes. On voyage des rues malfamées du 93 aux bureaux d’élus locaux et d’un commissariat débordé aux appartements de retraités…pour vivre au plus près du mécanisme du drame.

En sortant de cet épisode, je comprends enfin l’engouement autour d’Olivier Norek. Le réalisme de son roman, bonifié par son expérience professionnelle, fait vraiment merveille. Tel un Olivier Marchal littéraire, il m’a dévoilé des vérités que je n’imaginais pas et qui me font, il faut bien l’avouer, un peu peur ! Car outre le fonctionnement des banlieues et de la police, il m’a fait découvrir le milieu de la politique locale et ses manœuvres. Je ne connaissais ce monde qu’à travers les médias. J’en ressorts beaucoup plus perplexe quant à l’identité des véritables responsables des incidents dans ces zones de non-droit. C’est donc un livre utile pour nous ouvrir les yeux et se faire son propre avis. Et avec cette deuxième aventure, je commence aussi à m’attacher à l’équipe d’enquêteurs qui fait tout son possible, souvent avec humour, pour juguler les événements.

Je suis donc ravi d’avoir persévéré avec Olivier Norek. Au vu des réactions sur son nouvel opus « Surtension », il apparaît comme un auteur de policiers ambitieux, qui n’hésite pas à modifier son style et offrir des romans aux multiples facettes, afin de retranscrire au mieux la réalité de son métier…et j’en redemande!

Omerta

9 étoiles

Critique de Pytheas (Pontoise - Marseille, Inscrit le 5 avril 2012, 52 ans) - 13 janvier 2016

Je n'avais pas trop apprécié code 93, polar sans réelle originalité, je ne sais donc pas pourquoi j'ai voulu lire la suite des aventures du commissaire Costes, peut être parce que ce manque d'originalité, justement, laissait transpirer un fond de réalité et que cette réalité m'effraie et me fascine.
Bien m'en a pris, ce deuxième Roman de O Norek est une réussite. On y voit la main mise des trafiquants sur les banlieues, les guerres de pouvoir entre gangs et les élus qui au mieux comptent les points, au pire marchent main dans la main avec la racaille. On comprend comment nos gouvernants achètent la paix sociale à grands coups de subventions, comme un mouchoir jeté sur sa mauvaise conscience.
Je voudrais ressortir un passage qui me semble expliquer notre politique de la ville, la Maire de Malceny discute avec son conseiller et lui explique comment fonctionne une ville de banlieue
"Nous sommes le Paillasson de Paris, toute la politique est centrée sur la capitale, quand ça brûle en banlieue, l'odeur arrive jusque sous leurs fenêtres. Nous sommes trop proches du Coeur pour qu'ils acceptent que la situation s'envenime. Regardez comme on laisse Marseille et la Corse à la dérive. Juste parce qu'ils sont loin du centre et considérés presque comme indigènes. et encore c'est la métropole. Dans toutes les Antilles, les mouvements sociaux ont été ignorés et ont dégénéré, mais depuis rien n'a véritablement changé. Vous savez que cette année, il y a eu 2 fois plus de règlements de compte en Guadeloupe que dans les Bouches du Rhône? Et pourtant le battage médiatique s'est cantonné à Marseille" ... Tout est dit

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